CONJONCTION
CONJUGAISON
a rénnis en un
mais Torthographe moderne les seul.
Aussi (vieui français alsi, du latin aHud-sic). — Cependant, de ce et pendant, littéralement ;>e?t</a;i/ cela : a Nous lisons, et cependant la nuit vient. »
— Encore (vieux français ancore, à cette heure, du latin hanc koram). -- Lorsque (de lors et que). Cette locution est encore séparable : lors même que.
Néanmoins f vieux français néantmoins, de n^^n/ et de moins. Néant signifie littéralement non, rien. C'est dans ce sens que La Fontaine Ta encore employé : « J*ai maints chapitres vus, qui pour héant se sont tenus. » Néant-moins est l'équivalent de ne pas moins : « Il est jeune et néanmoins sérieux, » c est-à-dire il n'en est pas moins sérieux.
— Plutôt {plus et tôt). — Puisque (pws et que). Les principales locutions conjonctives sont :
parce que, afin que, tondis que, alors que, sans que, dés que, avant que, après que, etc.
Remarques pour corthographe et l'analyse. — 10 Que est pronom relatif quand il signifie lequel, laquelle; 2» adverbe lorsqu'il signifie comoitn; '\* conjonction lorsqu'il sert à Joindre deux membres de phrase, comme d&ns : Je crois que Dieu est saint.
Quand est conjonction et signifie quoique, lorsque. Ex. : Je viendrai quand même il pleuvrait.
— Je partirai quand j aurai fini.
Quont suivi de à est une locution prépositive
qui signifie pour, à l'égard de. Ex. : Qucmt à moi, je n'en ferai rien.
Où, aaverbe, marque le lieu et prend un accent grave ; ou, conlonction, signifie ou bien et ne prend pas d'accent : Mon frère ou moi.
Si est adverbe lorsqu'il signifie tant, tellement; dans les autres cas, il est conjonction : « Je sorUrai si le temps est beau. »
U ne faut pas confondre parce que et par ce que.
Parce que (en deux mots) est une locution conjonctive qui signifie par la raison que. Ex. : Je me tais, parce que je crains.
Par ce que (en trois mots) est une locution qui signifie par la chose que, d'après la chose que. Ex. : Je suis insti^uit par ce que mon père m'a dit (C'est-à-dire par cela que mon père m'a dit). Il ne faut pas confondre quoique et quoi que. Quoique (en un seul mot) est une conjonction signifiant bien que. Ex. : Quoique paresseux, il réuisit asssez bien.
Quoi que (en deux mots) signifie quelle que soit ta chose que : Ex. : Quoi que vous disiez, il fait la sourde oreille.
Exercices. — La distinction de que pronom relatif et de que adverbe ou conjonction est un des sujets sur lesquels on ne saurait trop appeler ni trop retenir l'attention des élèves ; il faut des exercices multipliés pour leur rendre familière cette distinction qui est logiquement très simple, mais ^ui, dans la pratique, ne leur apparaît par aucun signe sensible.
Voici un exemple de dictée qui, sans multiplier artificiellement les difficultés, donne lieu à un nombre suffisant de questions sur les conionctions et particulièrement sur les trois sortes de que (qde, adverbe ; que, conjonction ; que, pronom relatif) :
tnfance de Cyrus, — Un jour que le Jeune Cyrus assistait à un repas très somptueux, que donnait son grand-père Astyage, celui-ci lui permit de disposer à son gré de tous les mets qu on avait servis; l'enfant les distribua à tous les officiers du roi, mais il ne donna rien à Sacas, Téchanson d'Astyage. Le roi se montra sensible à cet affront, et reprocha vivement à Cyrus d'avoir manqué d'égards envers un officier si distingué par son dévouement et par l'adresse merveilleuse avec laquelle il lui serrait à boire. « Ne faut-il que cela, repartit Cyrus,
pour mériter vos bonnes fir&ces? Je les aurai bientôt gagnées, car Je me fais fort de vous servir mieux que lui. » Aussitôt on équipe le petit Cyros en écbanson. Il s'avança gravement, d'un air sérieux, la serviette sur l'épaule, et tenant la coupe délicatement de trois doigts, il la présenta au roi avec une grâce et une dextérité qua tout le monde admira. Quand cela fut fait, il se Jeta au cou de son grand-père, et s'écria plein de Joie : « O Sacas ! pauvre Sacas 1 que Je te plains 1 te voilà certainement perdu I J'aurai ta charge. » Astyage lui dit en lui témoignant beaucoup d'amitié : « Je suis très content, mon fils, on ne peut pas mieux servir. Vous avez cependant oublié une cérémonie qui est essentielle, c'est de goûter la li()ueur qœ vous m'avez présentée. — Ce n'est point du tout par oubli, reprit Cyrus, que J'en ai usé ainsi. — Et pourquoi donc ? dit Astyage. ~ C'est çt^e J'ai craint que cette liqueur ne fût du poison. — Du poison ! s'écria le roi, et comment cela ? — Oui, mon père, répliqua le Jeune prince, car il n'y a pas longtemps que dans un repas que vous donniez aux grands seigneurs de votre cour. Je m'aperçus qu'après qu'on eut bu de cette liqueur, la tête tourna à tous les convives. On criait, on chantait, on parlait à tort et à travers. Vous paraissiez avoir oublié, vous, que vous étiez le roi, et eux, ^'ils étaient vos sujets. Enfin, quand vous voulûtes vous mettre à danser, vous ne pouviez pas vous soutenir. — Comment I reprit Astyage, nWive-i-il pas la même chose à votre père? — Jamais I répondit Cyrus : quand il a bu, il cesse d'avoh* soif, et voilà tout. » (Kollin.) [J. Dussouchet.]
C0> JUGAISON.— Grammaire, XIII. — Dans son sens général, ce mot désigne l'arrangement ou la suite ordonnée des diverses formes du verbe pour exprimer les voix, les modes, les temps, les nombres et les personnes. La conjugaison forme la pièce la plus importante du mécanisme gram-, matical : c'est ce qui explique la place qu elle occupe dans les grammaires et l'importance qu'on y attache dans les exercices scolaires pour l'étude de la langue.
Ce n'est point id le lieu de faire une théorie complète de la conjugaison : on la trouvera dans toutes les grammaires. U nous suffira d'appeler l'attention sur les faits mis en lumière par U philologie moderne et notamment par MM. Littré, Egger. G. Paris, Brachet et Chabanean. Ils fournissent l'explication de ce qui paraissait jusqu'alors des anomalies ou de pures bizarreries de langage.
Le principe fondamental de toute conjugaison est de faire suivre le radical ou lo thème du verbe d'une partie variable appelée terminaison ou flexion: Aimer, J'aime, nous aimons, tu aimaù, vous aimiez, il aima, ils ûmèrent, etc.
Le radical exprime l'idée générale de l'attribut (action d'aimer) ; la terminaison marque les rapporU subjectifs de cette idée (modes, temps, nombres, personnes).
Dans les langues classiques anciennes, le grec et le latin, la conjugaison présenuit une grande variété de terminaisons. Ainsi, à l'actif, le latin avait pour les différents temps : amo, amabam, amavi, amaveram, amabo, amavero, ama, nmem\ amarem, amaverim, amavissem: au passif les diverses personnes du présent de l'indicatif étaient : omor, omaris, amatur, amamur, amamini, amantur. Dans le passage du latin au roman, puis au français, les terminaisons se sont assourdies et beaucoup ont cessé d'être distinctes. Un nouveau système de conjugaison s'est alors formé. « La conjugaison, dit M. Gaston Paris, est peut-être la partie de la langue latine que les langues romanes ont traitée avec le plus d'originalité, qu'elles ont le plus profondément renouvelée. Des voix se sont perdues ; des modes, des temps ont disparu»
CONJUGAISON
CONJUGAISON
d'antres ont été créés que ne connaissait pas la langue mère ; les conjugaisons ont été mêlées Tune avec Tautre et classées d'après d'autres principes ; enfin la décomposition a été complète et c*est bien un édifice nouveau qui est sorti des débris de Tancien. » {De taccent iatin, p. 63.)
Le français n*a pas de forme pour exprimer la Toix passive. Il v supplée par une conjugaison composée du yerbe être et du participe passé.
Nous n*avons plus ni le supin, ni le gérondif, maifl nous avons un nouveau mode, le conditionnel^ qui a été formé de Tinfinitif, comme le futur.
Deux modifications ont été introduites dans les temps : 1* les temps passés, au lieu d'ôtre exprimés par des désinences {amavi, amaverom, amavero, anumerim, amavissem), le sont par des temps composés de l*auxiliaire avoir et du participe passé (j'ai ûimé, f avais aimé, f aurai aimé^ que j'aie aimi^ que f eusse aimé) ; 2* le futur s'exprime en Joignant à l'infinitif les formes ot, as, a, etc., du verbe avoir, de sorte que j'aimerai = aimer j'ai ou j'ai à aimer. C'est ce qui est rendu évident par certaines formes non encore agglutinées de ce temps en espagnol et en provençal. Le conditionnel exprimant l'avenir par rapport à un passé, comme le futur exprime Tavenir par rapport à un présent, ce sont les terminaisons ais, ais, ait, etc.» de l'imparfait du verbe avoir ajoutées à l'infinitif qui ont formé ce temps nouveau.
La terminaison s est restée affectée, en français comme en latin, à la deuxième personne du singulier. Quant à la troisième, elle a eu longtemps pour flnalo un /, même dans les verbes en er; on écrivait tï aimet^ qu'on no prononçait pas autrement que il aime : de là l'apparition de ce / dans les formes interrogatives aime-t-il, viendra- i-on? La première personne n'avait d'abord jamais d>; on écrivait je eroi, je voi, je tien, comme on écrit faime. Vs final n'apparaît qu'à partir du xiv* siècle et n'est admis que vers 16*20 : dans la poésie on se dispensa encore souvent de l'écrire.
L'imparfait du subjonctif n'a pas été formé du temps correspondant en latbi, mais du plus-queparfait auquel on a attaché le sens de l'imparfait. Ainai ^'aimasse ne vient pas de amarem, mais de amavissem, par contraction amassem.
On remarquera que le latin n'avait qu'une forme : amavi, pour rendre les trois parfaits français ij'aimait foi aimé, j'eus aimé. C'est une constatation du caractère analytique des langues 'romanes ou néo-latines.
11 a été d'usage assez longtemps de distinguer quatre conjugaisons en français : en er, en ir, en oir, en re, et cela parce que les grammairiens latins avaient aussi quatre classes de verbes : en are, en ire, en ire et en ire.
Aujourd'hui on est ffénéralement d'accord pour y subsutuer une autre classification qui consiste à reconnaître deux conjugaisons vivantes ou modernes, l'une en er, l'autre en ir avec allongement en iss, il une conjugaison morte ou arcftafque, comprenant des verbes en ir sans allongement» les verbes an oir et en re.
M. Chabaneau rend parfaitement compte des faits sur lesquels repose ce classement. « La première et la quatrième conjugaisons latines offraient à la majeure partie de leurs formes des flexions accentuées ; aussi, quand la nouvelle langue commença à avoir conscience d'elle-même et que, distincte enfin du latin dont elle s'était sensiblement séparée, elle sortit du chaos des transformations confuses où les lois phonétiques Jouaient le principal rôle, et que la loi de l'analogie prit à son tour la prépondérance, les seuls modèles en entier dont elle se trouva alors en possession et qu'elle dut, par conséquent, se proposer exclusivement, unt pour la création ou l'appropriation de ses nouveaux verbes que pour la régularisation de ceux
qui existaient déjà, furent d'abord la première conjugaison (er=ar«î) et ensuite la c^uatrieme {irs=ire). Les verbes appartenant originairement à la troi« sième et à la seconde, c'est-à-dire dérivés de verbes en ire ou en ire, qui n'avaient pas été ramenés par le latin vulgaire à la conjugaison en ire, continuèrent d'être en usage, mais le nombre ne s'en accrut pas et beaucoup, au contraire, furent successivement délaissés.
« Ces conjugaisons vivantes en er et en ir sont les seules qui aient Jamais servi et oui servent encore à former de nouveaux verbes, la première avec des substantifs (boiser^ draper) ; la seconde avec des adjectifs {grandir^ chérir). Ce sont aussi les seules sur lesquelles se soient modelés les verbes empruntés aux langues étrangères, soit anciennes, soit modernes. Etant les seuls moules à verbes de la langue française, elles devaient être et elles furent, dès le début, des moules complets. Elles devaient être aussi des moules complètement distincts, puisqu'elles devaient servir à des usages différents. » (Histoire et théorie de la conjugaison française, p. 54, 59.]
Les verbes en er forment les quatre cinquièmes des verbes français ; les verbes incboatifs en ir sont au nombre d'environ 330. Les verbes de la conju-
Siison morte ne sont au plus que 120 et composent vers groupes.
On avait proposé, d'après une distinction venue des langues germaniques et dont nous parlerons bientôt pour l'allemand et l'anglais, de diviser les verbes français en verbes forts et en verbes /"ûtô/e*. Mais M. Gaston Paris a parfaitement démontré que cette division ne reposait pas sur les faits, et que s'il y a des verbes a formes fortes ou accentuées sur le radical : croître, dites, tins, et des verbes à formes faibles ou accentuées sur la terminaison : dormir, devez, aimai, on ne trouve pas de verbes français qui soient complètement forts.
Toutefois les conjugaisons vivantes sont surtout composées de verbes faibles, tandis que la conjugaison archaïque comprend la plupart des verbes forts. On voit que cette distinction correspond à celle de verbes régxdiers et de verbes irréguliers.
« Le verbe fort, dit M. Littré, répond, en un certain sens, au verbe irrégulier, le verbe faible au. verbe régulier; mais, tandis que la notion d'irrégularité et de régularité ne fait que constater un fait, ceci pénètre plus avant et est une théorie. A ce point de vuo, l'ancienne notion d'irrégularité disparaît pour ne plus rester qu'aux verbes anomaux, défectueux ou véritablement irréguliers, et le verbe fort est considéré comme une autre manière de conjuguer. L'idée d'irrégularité fait supposer des formations qui, pour une cause quelconque, ont été déviées de leur type ; or, ce ne serait ici nullement le cas. Le verbe fort serait aussi régulier que tout autre, seulement il obéirait à une loi différente. Il faut, en effet, qu'il y ait autre chose que l'iiTégularité pour que la langue d'oil ait pris à son compte les formes que les grammai^ rions nomment présentement verbes forts, et les ait appliquées en tant de cas où le latin ne lui en fournissait pas le modèle. C'est sans doute une euphonie, un balancement entre le radical et la terminaison qui déterminent cette sorte de conjugaison. »
A l'appui de cette distinction en verbes forts et verbes faibles, M. Littré cite la division des verbes en ir en deux classes. • La première classe comprend les verbes simples, comme partir, mentir, servir; la deuxième comprend les verbes inchoatifs (dans leur forme et non dans leur signification] : fleurir, languir, attendrir. Les premiers se conjuguent simplement en ajoutant au radical les lettres de flexion, je partais, je mentais, je servais; lea seconds, qui répondent au latin florescere, lan-guescere, etc., et à l'italien fiorisco, intercaleni
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