CROMWELL
encore qne les Européens rapportèrent le blé de Turquie, Tusage des mouline à vent, la fabrication du Terre, etc. ; le feu grégeois conduisit à l'invention de la poudre à canon. Après avoir demandé aux intermédiaires les épices, les pierreries de Textrème Orient, on songea à les y aller chercher et on s*achemina sur les routes de Tlnde. L'Italie, qui n'apporta aux croisades qu\m enthousiasme religieux très modéré, devait en retirer les fruits les plus positifs. Cest de là que datent la
Prospérité des républiques maritimes de Pise, de rênes et surtout de Venise, qui semèrent de leurs comptoirs les échelles du Levant, et ce prodigieux mouvement d'affaires qui par répercussion se faisait sentir dans les villes de Flandre et dans les ports hariséatiques. Le change, les banques, la création des valeurs fiduciaires changèrent les conditions du commerce.
8* Il ne se pouvait faire enfin que ces expéditions, guerrières ou commerciales, n'établissent un grana courant d'idées entre TOcddent et TOrient : on emprunta aux Grecs la connaissance de Tantiquité ; aux Arabes les sciences exactes, le papier, la boussole et des connaissances médicales nouvelles ; les hauts faits des chevaliers inspirèrent la poésie des trouvères et des troubadours» et ce sont les croisades qui nous ont donné nos deux plus anciens historiens français. Villehardouin et JoinvUle. L'architecture navale et l'hydrographie des côtes furent perfectionnées ; et ces nombreux voyages cntrepns dans des buts pieux ou intéressés contribuèrent à élargir démesurément le champ de la géographie. De tels résultats compensent assurément les sacrifices que les croisades ,ont coûtés ot les ruines qu'elles ont faites. Il serait donc oiseux de se livrer à des récriminations à propos d'événements si lointains. Et cependant on ne peut s*empècher de regretter qu un esprit plus pratique et des vues mieux concertées niaient pas présidé à l'organisation des colonies chrétiennes de Syrie. Combien cette avant-garde, en refoulant l'islamisme dans ses déserts, n'eût-elle point hâté l'œuvre de la civilisation que les nations modernes poursuivent aujourd'hui en Orient I N'est-il point également regrettable que ce manque d'intelligence politique ait empêché l'empire Latin de s'asseoir sur les rives du Bosphore ? Par là eût été arrêté dans son germe cet empire Ottoman qui, après avoir stérihsé l'une des plus belles contrées du monde et épouvanté l'Europe, met à chaque instant en péril auiourd'hul, par sa décadence même et son incurable faiblesse, l'équilibre de l'Occident. [Léon Puiseux.}
▲ oonsulter ; Getià DH ptr Franeot, de Bongin ; — VBUtoirt d€» Croiiodêt, par Hiebaiid, édition de Hoilltrd- BréhoUes, 4 vol. ia-S; ^ Mùmtnuntt de tareMteeturê de$ Croisés en Syriet par 6. Rej, 1 toI. in-4.
CROMWELL.- Histoire générale.XXIV,XXVni.
— « Un honmne s'est rencontré, d'une profondeur d'esprit incroyable, hypocrite raffiné auunt qu'habile politique, capable de tout entreprendre et de tout cacher, également actif et infatigable dans la paix et dans la guerre, qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance, mais au reste si vigilant et si prêt à tout, qu'il n'a jamais manqué les occasions qu'elle lui a présentées ; enfin un de ces esprits remuants et audacieux qui semblent être nés pour changer le monde. » Ainsi s'exprime Bossuet dans le portrait fameux qu'il a tracé d'Olivier Cromwell (Oraisw funèbre de la reine (T Angleterre). Le portrait est ressemblant, sauf en un point ; il ne parait pas que Cromwell ait été un hypocrite ; sa correspondance intime, aujourd'hui publiée, atteste la sincérité de ses croyances reUgieuses.
Olivier Cromwell naquit en 1699 dans le comté de Huntingdon. Il entra dans la vie publique en 1640, comme membre du Long Parlement (Y. Char-
le$ /* dt Angleterre), Lorsque la guerre eut éclaté entre le roi et le parlement, il se distingua à la tête d'un régiment ae volontaires; puis, ayant reco un commandement dans Tannée du Nord, il gagna sur les royalistes les batailles de Màrston-Moor et de Newbury (1644). L'année suivante, 11 remporta la victoire décisive de Naseby, qui acheva la ruine de la cause royale. Ces brillants succès valureat à Cromwell une grande popularité : elle s'accrut encore lorsque, après l'exécution de Charles I* et la proclamation de la république, il eut comprimé la révolte de l'Irlande, et vainca à Dunbar (1650) et à Worcester (1651| les Écossais soulevés eu Saveur du prétendant Charles II.
Le Long Parlement, d'où les presbytériens avaient été expulsés en 1C48, et qui ne se composait plus que ^indépendants ou puritains^ gouvernait la république anglaise. Mais il avait contre lui deux partis : celui des niveleurs, qui réclamait des institutions plus démocratiques, et celui de» presbytériens, qui désirait la monarchie constitutionnelle. Voyant le prestige du parlement diminué, Cromwell, assuré de la faveur de l'armée, entrevit pour lui-même la possibilité d'un nouveau rêle. Le 30 avril 1653, il entra dans la salle des séance» du parlement, à la tête d'une compagnie de soldats, et la fit évacuer par la force ; la salle vide, il en mit la def dans sa poche, et fit placer sur la porte un écriteau avec ces mots: Maison à louer.
Devenu le maître par ce coup d'État, il nomma de sa cropre autorité un nouveau parlement, composé a'hommes obscurs qu'il pensait trouver dociles à ses volontés. Mais cette assemblée lui ayant paru gênante, il s'en débarrassa, comme il l'avait fait pour le Long Parlement, au moyen d'un peloton d'infanterie ; puis, s'appuyant sur on conseil d'Éut Qu'il avait institué, il se fit décerner le titre de Lora Protecteur d'Angleterre, avec on pouvoir analogue au pouvoir royal.
L'acte constitutionnel du protectorat contenait les dispositions suivantes : le gouvernement réside dans une seule personne et un parlement; — le
Parlement comptera 460 membres, dont 400 pour Angleterre et 60 pour l'Ecosse et l'Irlande; — sont électeurs les citoyens qui possèdent la valeur de 200 livres sterling.
L'usurpation de Cromwell souleva de vives op-^
Eositions ; plusieurs républicains protestèrent puliquoment, entre autres le poète Hilton. Les élections pour un nouveau parlement (16S4) se fiirent en général dans un sentiment d'hostilité contre le Protecteur. Celui-ci avait déclaré d'avance que « les élus n'auraient pas le pouvoir de chanser le gouvemeosent tel qu il était actuellement établi en une personne et un parlement. » La chambre décida néanmoins de discuter cette question ; pour l'en empêcher, Cromwell en fit exclure 150 membres. Le parlement ainsi épuré rejeta néanmoins,, par 200 voix contre 63, une proposition tendant à assurer l'hérédité du protectorat dans la famille de Cromwell : aussitôt il fut dissous.
Des complots royalistes fournirent au Protecteur un prétexte pour prendre des mesures destinées à mieux assurer son autorité : l'Angleterre fut divisée en douze districts, gouvernés militairement par des majors généraux ; les journaux furent supprimés, sauf deux feuilles appartenant au gouvernement. En même temps, une alliance avec la France et des victoires remportées sur l'Espagne donnaient à l'Angleterre, au dehors, une situation propre à flatter l'amour-propre national : la gloire militaire remplaçait la liberté.
Des difficultés intérieures décidèrent toutefois Cromwell à convoquer un nouveau parlement (lfiâ6). Une forte minorité républicaine fut élue ; le Protecteur, habitué aux procédés sommaires, lui interdit l'entrée de la chambre; puis il se fit ofltrir
CRUCIFÈRES
CRUCIFÈRES
la covronne par les dépuu's qu*il avait admis à siéger : mais il n^osa pas la prendre, à cause du méconleotement que manifesta Vannée.
L*anDëe suirante, il fit un nouveau pas vers le trône, en rétablissant la Chambre des lords, qui avait été abolie en 1^9.
Mais entouré de complots sans cesse renaissants, Tesprit assombri par les soupçons et des chagrins doœeetiqnes, affaibli en outre par une longue maladie, îl expira avant d*avoir pu atteindre au but final que s*6tait proposé son ambition (IGTiS).
Son fils Richard lui succéda comme Protecteur, mais abdiqua an bout de quelques mois. Les membres survivants du Long Parlement reprirent alors le pouvoir, et proclamèrent de nouveau la république (16S9}. Bfais le eénéral Monk. qui méditait la restauration des Stuarts, fit rentrer au Long Parlement les membres presbytériens qui en avaient été exclus en 164B : ceux-ci^ servant le projet de Monk, votèrent la dissolution définitive de cette glorieuse assemblée. Ello fut remplacée par une nouvelle Chambre des communes, élue sous la pression des soldats de Honk, et qui. d'accord avec la Chambre des lords, décida le réublissement de la royauté et le rappel de Charles H* (1660). Le cadavre d*01ivier Cromwell fut déterré et attaché, au gibet.
CaUGlFEBES. — Botanique, XXUI.— Définition, — Les plantes dont Tensemble forme la famille des Crucifères appartiennent aux Phanérogames dicotylédones sngiospermes et, parmi celles-ci, aux Dialypétales hypogsmes. M. Brongnlart les place dans sa 40* classe dite des Cruciférlnées, avec les Résédas et les Câpriers.
Garaetèrea botaniqrciM. — L Graine. — Les graines des cmcifères sont généralement petites, globuleuses, lisses. Leur tégument, dont la surface se change en mudlage sous racûoa de l'eau^ a pour rôle de fixer la graine au sol, en même temps iu*il protège un embryon volumineux pourvu de Jeux cotylédons bien développés. Dans quelaues espèces, les deux cotylédons, profondément divisés, simulent quatre ou même six cotylédons. L*embryon des crucifères est toulours courbé et, selon les genres, la tigelle vient s appliquer sur la ligne de séparation des cotylédons, auquel cas ces derniers sont qualifiés d'accombants, ou, au contraire, la tigelle vient s'appliquer sur le dos de Fun des deux cotylédons, auquel cas ces derniers sont dits ineombantt. Les cotylédons inoombants peuvent se présenter de quatre manières : 1* plans; H^ plies en gouttière et embrassant la tigelle ; 3* enroulés eti spirale; 4* ondulés ou repliés plusieurs fois sur eux-mêmes. L*albumen des crucifères est très peu développé.
Les graines des crucifères sont employées pour fabriquer de Thuile (cameline, colza), ou pour faire des farines qui, délayées avec de Teau et du vinaigre^ donnent les moutardes, employées comme condiment.
n. Racine. — La racine des crucifères est pivotante, ses radicelles sont disposées sur deux rangées verticales; elle atteint quelquefois un Tolume considérable, se renfle et devient comestible; celle du raifort, qui est dans ce cas, se mange en salade; celle du crambe des Tartares, appelée pain des Tartares, se mange cuite ou crue assaisonnée de sel, d'huile et de vinaigre; celles des radis et des navets sont connues de tout le monde.
III. Tige. — La tige des crudfères est herbacée, rarement ligneuse, toujours dressée; elle se ramifie seulement à une certaine distance du sol, et tons ses rameaux se terminent par un groupe de flrurs. Dans la plupart des cas, la tige principale s'élève du centre d'un bouquet de feuilles formant une rosette à la surface du soL
lY. Feuilles, — Los feuilles des crucifères sont
toujours simples ; elles peuvent être entières, simplement dentées ou profondément divisées ;. toujours dépourvues de stipules. Généralement alternes sur la tige, les feuilles de la partie infé-rieure, dites radicales, sont rapprochées en rosette, tandis que celles des rameaux, dites cou-' linaires, sont éparses. Dans quelques cas, les feuilles oaulinaires diffèrent un peu des feuilles radicales par leur forme : elles sont plus petites,, moins découpées, et peuvent présenter des auricules.
Les feuilles d*un grand nombre d*espèce8 de crucifères sont comestibles.
V. Appareil floral^ ^ Les fleurs des crudfères,. Jaunes, blanches ou roses, sont disposées en mppes corymbiformes dépourvues de bractées. Elles présentent de l'extérieur à Tintérieur :
1* Un calice formé de quatre sépales verts, bossus à leur base, souvent caducs; deux sont exté* rieurs et deux intérieurs;
2* Une corolle formée de quatre pétales étalésen croix, qui ont fait donner aux plantes le nom de crucifères, c'est-à-dire porfeur^ de croix: chacun de ces pétales se compose d'une partie large et étalée, supportée par une sorte de pédoncule nommé onglet (d'où leur nom de pétales onguiculés) ; les Quatre onglets sont enveloppés par le calice et alternent avec les sépales de ce dernier;
8* Deux étamines courtes;
4* Quatre étamines plus longues, te qui fait en tout six étamines; cette disposition spédale des étamines au nombre de six, dont quatre longues et deux courtes, est désignée sous le nom de tétrar dunamie, et les six étamines elles-mêmes sont dites tiiradynames;
5" Un pistil formé de deux carpelles avec deux placentas pariétaux, qui portent les ovules; une cloison, oui va de l'un des placentas à l'autre, divise l'ovaire en deux loges. Les ovules sont anatropes et bitégumentés.
Yl. Fruit. — Le fruit des crucifères est sec, déhiscent, s'ouvrant au moyen de deux valves qui se détachent tout près des placentas et de bas en haut ; les placentas forment alors un cadre isolé portant les graines; sur ce cadre est tendue la membrane simple ou double qui divise le fruit en deux cavités longitudinales distinctes. Quand ce fruit très étroit est en même temps très allongé, comme dans le chou-colza, il porte le nom de silique; s'il est court et assex large, il est nommé silicule.
dasBllloatlon des oraoifères. — La subdivision des crucifères en sous- familles est basée sur la
Position relative de la tigelle et des cotylédons de embryon, et sur le mode de plissement des cotylédons.
Dans chacune de ces diverses sous-familles, nous citerons quelques-unes des plantes les plus usuelles.
/Giroflée dM jardins.
[Quarantaine.
1 Giroflée des murailles on violier
ir« tons-famille.
Pleuro^hixéet.
Cotylédons plans , g«lle latérale.
jaune.
Irt'sson officinal.
Toarette.
.. \G«rdamine des prés.
lAlyssoo jaune ou corbeille d*or.
ICochléaria officinal.
(Cotylédons •ccombants.)[^^V;;;jj*;
Rose de Jéricho.
^Thlaspi des champs,
•> sooi-lkmille. .AUiaire.
(Erysimam orfldnal.
Notkarhixiet. iCUimeline cultivée.
/Cresson alénois.
Cotylédons plans, tigelleJThiaspi officinal, dorsale. (Bourse à pasteur.
(Cotylédons incombsnts.)\ Pastel ou guède.
CRUCIFÈRES
CRUCIFÈRES
/Chou caltiré, — yert.
S* sous-famille.
Orthoplocéei,
Cotylédons condupliqu< lonffitudinalement et embrassant la tigelle dorsale.
<CotyI6doiis incombants.)
- choiï-flenr.
- cfaou-ra^e.
- chou champêtre.
- colza.
- naTct.
- turneps on rabiouU.
NaTette.
Roquette.
Moutarde.
Chou marin et crunbe des Tar-
tares.
Radis.
Radis BoSr.
Senebière pbmatifide.
— corne de cerf.
4fi sous-famille.
Spirolobées,
CotrUdoot BnW»..»-!»"^,*' »«*»» (»"»'" ^- . roulis transversale-f **o"/"
ment sur eui-mémcs,l
tigelle dorsale. j
(Cotylédons incombants.)
0* soui-famille.
Dipléeolob^t,
Cotylédons linéaires , plies deui fois en traders sur eux-mêmes, tigelle dorsale.
(Cotylédons incomlMmts )
Usages des orooifèrM. — Les seules craclf^s <lont nous ayons & dire quelques mots ici sont les suivantes :
1* La giroflée des jardins, la qtiarantaine, le violier, la corbeille cTor, cultivées comme plantes d'ornement.
2* Cresson officinal ou cresson de fontaine. — ■Ce cresson croît naturellement dans les eaux courantes peu profondes ; à Senlis et aux environs de Rouen, on le cultive dans des Jardins à demi inondés fiommôs cressonnières. Il est excitant, antiscorbutique ; c'est le meilleur et le plus recherché de tous les cressons que Ton mange en salade.
8* Cochlearia officinal. — Le cochlearia est une herbe bisannuelle qui habite le littoral maritime •et le rivage des lacs salés du nord de TEurope ; •elle est fort recherchée comme antiscorbutique. "Ses congénères des Alpes européennes, de la région méditerranéenne, de l'Asie et de l'Amérique septentrionale, possèdent des vertus analogues, mais à un moindre deeré.
4* Raifort, — Le raifort est vivace, on le cultive dans tous les Jardins de l'Europe moyenne; sa racine contient beaucoup de sucre, de fécule, d'huile grasse et d'albumine ; on la mange comme condiment. Le principe acre qu'elle renferme et
âui se développe sous l'action de l'eau lui donne es propriétés antiscorbutiques.
5* Rose de Jéricho. — On donne ce nom & une petite plante annuelle, haute de 8 à 12 centimètres, qui croit dans les lieux sablonneux de l'Arabie, de r£gypte et de la Syrie. Lorsque ses fruits sont mûrs, les feuilles tombent, les rameaux s'endurcissent, se dessèchent, se courbent en dedans et se contractent en un peloton arrondi. Les vents déracinent la plante et l'emportent Jusqu'au tord de la mer; c'est là qu'on la recueille toute desséchée ; si. alors, on la place dans une atmosphère huiniae, ou si on plonge sa racine dans Teau, ses rameaux s'étendent, la plante semble revivre, ses fruits s'ouvrent et les graines peuvent ^tre disséminées.
6" Alliaire. — On donne ce nom à une crucifère vivace qui croit le long des haies et dont la racine et les feuilles ont l'odeur d'ail; elle a été employée comme vermifuge, diurétique et dépura tive. 7* Erysimum officinal. — L'éryslmum ou vélar
est annuel, il croit dans les lieux incultes ; ses feuilles sont astringentes; on les emploie en infusion contre le catarrhe pulmonaire ; elles forment la base du idrop d'érysimum.
8* Cameline cultivée. — Cette plante est cultivée dans le nord de la France ; on retire de ses graines une huile fixe propre à l'éclairage. On peot la semer depuis le printemps Jusqu'au mois de Juin ; elle a ainsi Favantage de pouvoir remplacer le colxa quand celui-d a été détroit par les gelées tardives de mars et d'avril.
9* Pastel des teinturiers. — La guède ou pastel est commune dans toute la France ; ses feuilles fournissent une matière colorante bleue snalogne à l'indigo, mais d'une qualité inférieure. Les Pietés et les Celtes l'employaient pour se peindre le corps en bleu ; depuis, le bleu est resté la couleur nationale du manteau des rois de France. Le pastel a souvent, été proposé comme plante fourragère, parce qu'il pousse sur tous les sols, et que, résistant aux froids les plus intenses, il peot donner un fourrage vert à une époque de Tannée où Ton en manque constamment, c'est-à-dire eo février et en mars.
10* Choux. — Les choux pommés, le chou de Bruxelles^ le chourfleur^ le chou brocoli, sont comestibles et connus de tout le monde. Dans les deux derniers, on mange les Jeunes inflorescences; dans les premiers, on mange les feuilles non encore développées et étalées, mais réunies en une masse arrondie ou bourgeon. La culture de ces choux varie un peu de l'un à l'autre. Les choux pomniés sont d abord semés en pépinière 00 sur couche, ou en pleine terre (qusnd les gelées ne sont plus à craindre), puis on les replante quand Us sont âgés d'un mois environ, en licnei suffisamment espacées (de 1 mètre à 1*,65) dans un terrain convenablement préparé. L'époque des semis varie avec les variétés de choux. Ainsi le chou de Vaugirard se sème exclusivement à la fin de Juin, et se met en place du 8 au 15 août Le chou d'York, qui est très hâtif, se sème à la fin d'août ou au commencement de septembre, et se replante en octobre ou novembre. On peut aussi le semer en février ou en mars, mais alors sur coudie, en prenant soin de Tabriter contre lei gelées tardives. Les autres choux pomméi se sèment à la fin de Juillet ou dans le courant d'août. Le plus souvent alors on replante le Jeune chou sa pépinière et on ne le met en place qu'en février ou en mars. SI le sol n'est pas numide et exposé à geler, il est beaucoup plus avantageux de mettre en place avant l'hiver. Les semis d'août sont les plus fréquents ; cependant on peut faire encore plusieurs semis, surtout en mars et en avril ; dans ce dernier cas, les Jeunes plants sont mis en place dès qu'ils ont atteint la force nécessaire. Les Jeunei plants de printemps et d'été ont à redouter la sécheresse, et certains msectes tels que le tiquet, contre lequel on les protège en les saupoudrant de cendre. Leur pivot, à la naissance des racines, est aussi quelquefois piqué par un insecte qui y dépose sa larve et occasionne une tumeur. Quand on replante le chou, on ouvre cette tumeur et on tue la larve qui l'habite.
Le chùu de Bruxelles se sème du 15 avril ta 15 Juin. On fait d'ordinaire des semis successifs, et, comme ce chou résiste fort bien aux gelées, on le cueille depuis l'automne Jusqu'à la tn de l'hiver.
Le chou- fleur se semé en trois saisons, de façon que les différentes récoltes se succèdent du printemps à l'automne. On le sème en autonme, en hiver et en été. Les semis d'autonme se font dans le courant de septembre sur couche; quand les Jeunes planu sont âgés de 15 Jours environ, on les replante sur une autre couche abritée par un mur et on les hiverne sous cloches en recouvrant ces dernières de paillassons et même de litière pen-
CRDGIFÉRES
CRUSTACÉS
duit les gelées, en ayant soin d*aérer pendant le jour tontes les fois que le temps le permet. Les plants sont mis en place en mars et produisent en mai. Juin et quelquefois Juillet. Les semis d'hiver Be font de la fin de janvier au 15 février; les soins sont les mêmes que pour les semis d'automne, seulement les semis eux-mêmes se font sous docbes. On les met en place en mars ou en avril ; ils donnent en juin et juillet. Les semis d'été se font dans le courant de juin sur une plate-bande formée de terreau ; on les met en place en juillet. Dans cette culture, qui est fort simple, on a à redouter la sécheresse : aussi a-t-on soin de semer à Tombre et d'arroser fréquemment quand on a replanté. Ces semis produisent depuis U fin d'août jusqu'en novembre.
Le chou brocoli n'est qu'une variété du choufleur; il en diffère surtout par ses feuilles qui •ont ondulées, tandis que celles du chou-fleur sont lisses.
Le chou- rave et le chou-navet ont une racine charnue, riche en sucre et en albumine, comestible ; leurs mines contiennent une huile fixe employée pour l'éclairage.
Le colza est cultivé dans le nord de la France et en Belgique ; on retire de ses graines une huile propre à Teclairage. Quand on le cultive pour ses graines, on le sème du 15 juillet k la fin du mois d'août; les semis doivent être sarclés et bien entretenus pendant un mois et demi ou deux mois, puis on les replante en lignes espacées de 32 centimètres ; il faut ensuite rechausser les plants. Les graines sont mûres l'été suivant ; on fait la récolte avant la maturité complète, quand les siliques sont faunes, parce que, ces dernières s'ouvrant avec la plus grande facilité, on risquerait de perdre une bonne partie des graines. Lorsqu'on cultive le colza comme plante fourragère, on le sème aussitét après la moisson, sur un chaume de blé que l'on retourne à cet effet. Ce semis donne quelquefois en hiver, mais surtout au printemps, un fourrage vert que l'on fait manger sur place ou que l'on coupe pour l'étable.
La navette^ de môme ^ue le colxa, est cultivée soit pour ses graines, soit comme fourrage. Dans le premier cas, on peut la semer de la fin de juillet au commencement de septembre ; le semis est fait tout de suite en place et à la volée ; on bine, on sarcle, on éclaircit les plants et on récolte l'été suivant quand les siliques sont jaunes. Sa culture comme fourrage est la même que celle du colza.
11<* Moutardes. — Sénevé noir ou moutarde noire. Sa graine pulvérisée est employée comme condiment ou appliquée sur la peau comme médicament rubéfiant (sinapismes). Ses vertus excitantes sont dues à l'huile volatile très acre qu'elle renferme, huile qui n'est mise en liberté que sous l'action de l'eau. Il en résulte que, quand on veut employer la farine de moutarde pour faire des sinapismes, on doit la délaver dans l'eau. La moutarde noire se sème au printemps et se récolte en été avant la maturité complète des graines.
La moutarde blanche a des propriétés analogues à celles de la moutarde noire, mais moins actives ; sa graine entière peut être administrée pour exciter les fonctions digestives. Dans certains pays, on l'appelle la plante au beurre, parce qu'on la cultive surtout pour fournir du fourrage vert aux vaches depuis la fin de Tété jusqu'aux gelées. On la sème alors après les moissons sur les chaumes labourés.
12* Chou marin, — Il habite le littoral de Tocéan Atlantique et de la Hanche ; il est cultivé comme plante potagère : on mange ses jeunes pousses qu'on fait blanchir au printemps en les privant de la lumière. Nous avons déjà parlé du erambe des Tartures, qui est une plante voisine du
chou marin ; elle habite les champs sableux de la Hongrie et de la Moravie.
18* Radis. — On cultive deux espèces de radis» l'une à racine noire en dehors et blanche en de dans, l'autre à racine blanche ou rose ou violette ; toutes deux sont originaires de la Chine et employées comme condiment. Le radis noir (appelé aussi raifort cultivé) se sème à la fin de mai; on doit l'arroser fMquemment; on le récolte en hiver. Le radis rose, ou blanc ou violet se sème presque toute l'année; en hiver sur couche, en été, en plehie terre; il aime l'ombre et l'humidité.
rC-E. Bertrand.)
CRUSTACES. ^ Zoologie, XXVI. - Dernière classe du sous-embranchement des Articulés.
Nous avons indioué, au mot Articulés^ les caractères généraux aes Crustacés.
Le nom de ces animaux vient de la dureté de leur svstème tégumentaire, due à ce que leur
Êeau s incruste fortement de carbonate de diaux. le là, la nécessité de mues fréquentes pour permettre l'accroissement du corps, renfermé dans une gaine inflexible.
Les Crustacés sont presque tous marins ; quelques-uns pourtant habitent les eaux douces. Une seule famille, celle des cloportes, est terrestre.
Une particularité à signaler, c'est que, lorsqu'un crustacé vient à perdre une patte par un accident quelconque, le membre ainsi perdu repousse ; tout le monde a pu voir des crabes, des homards, des écrevisses ayant une de leurs grosses pinces antérieures beaucoup plus petite que l'autre : la petite pince est un membre nouveau qui a repoussé pour en remplacer un autre, et qui n'est pas encore arrivé à croissance complète.
Glassif ication des Crastaoès. Espèces de Francs les plus Importantes. — Les CrusUcés se divisent en une dizaine d'ordres, auxquels on peut encore rattacher le groupe des Cirripèdes, dont quelques naturalistes font une classe à part.
Ordre des Décapodes. » Cet ordre comprend des crustacés munis de dix pattes, d'où leur nom. Leurs yeux sont portés sur des pédoncules mobiles ; les branchies sont placées à la base des pattes, dans deux chambres internes. On subdivise les Décapodes en deux sections, suivant la grandeur et la forme de l'abdomen. Ceux qui ont l'abdomen très court, replié sous le céphalo-thorax« de telle façon qu'il ne se voit que si Von renverse l'animal sur le dos, forment la section des Brachyures, c'est-à-dire courtes queues (type : le crabe) ; ceux dont l'abdomen est long et développé s'appellent les Macroures, c'est-à-dire grandes queues (type : l'écrevisse).
A. Brachyures. — La plupart des Brachyures ou Crabes sont marcheurs, et le dernier article de leurs pattes postérieures se termine en stylet, tandis que la première paire est munie de pinces souvent très grosses. Citons parmi ceux-là le Tourteau ou Crabe poupart (Platycarcinus pagurus, flg. 1), de très graînde taille, ovalaire, d'un brun rouge en dessus^ devenu rare tant on le recherche pour la table à cause du goût délicat de la chair do ses grosses pinces et surtout de son foie jaunâtre (farce), oui remplit presque tout l'intérieur du corps et que 1 on estime beaucoup pour faire la sauce du homard ou de la langouste ; le Crabe enragé {Carcinus nuenas), courant de côté et assez vite, s'enfouissant dans le sable à marée basse, de couleur verditre, de chair médiocre ; le Maia squinado , dit arai^ gnée de mer, à longues pattes grêles, à carapace ovoïde et allongée, rétrécie en avant, hérissée d*épines, se vendant sur les marchés de toutes nos côtes de l'Ouest D'autres Crabes sont nageurs et ont les pattes postérieures terminées par un article aplati en rame, élargi, cilié sur les bords. Tels sont les Fortunes, qui ne viennent pas sur U côte contre terre^ mais nagent à distuçei pv*
CRUSTACÉS
CRUSTACÉS
fois atseï loin, libres ou soutenus sur des algues flotuntes. On estime beaucoup, pour le goût fin de sa chair et de son foie, VEtrillt (PortunuspU' ber)f d*uo gris brunâtre, qui se cuit au courtbouillon, comme Técrevisse. On ya chercher ce crabe, à la marée basse, sous les rochers et sous les pierres, qu'on fouille avec des crocs. Sur les côtes de la Méditerranée on mange les Calappes (Calappa granuhta)^ à bouche triangulaire sur laquelle s'appliquent les pattes antérieures comprimées en largos crêtes tranchantes. Citons encore des petits Crabes de la grosseur d*un pois, à contour circulaire, les Pinnothères^ qui Tivent dans les moules, dont les anciens les regardaient comme les gardiens. Ordinairement la moule renferme à la U)is le mâle et la femelle, celle-ci plus grosse, à carapace plus bombée, moins consistante. Ces Crabes épuisent le mollusque par leurs morsures, le font beaucoup maigrir, et rendent sa chair peu savoureuse. Les Crabes ont pour la plupart des métamorphoses. En sortant de Tœuf, ils ont une forme très différente de celle de Tadulte, avec des pattes lamolleuses et de grandes épines courbées h la tète et au thorax; on y avait vu longtemps des Crustacés particuliers qu*on appelait des Zoés.
B. Macroures.
-* L'abdomen est muni d'appendices servant soit à la natation, soit à retenir les œufs, qui restent quelque temps attachés en grappes sous le ventre après la ponto.
Cet abdomen à muscles puissants constitue dans diverses espèces une importante ressource alimentaire pour rhomme. Les Macroures sont des nageurs, ne marchant que peu au fond de l'eau.
Fig. l. — Platyearcinut pagwrus (toittteao).
Tisse, et leurs œufs sphériques, très gros eu égard à la taille de la femelle^ne sont qu'en petit nombre. Les cours d'eau de la France, si richec autrefois en écrevisses, en sont bien dépeuplés aujourd'hui ; le marché parisien n'est guère approvisionné que par la Meuse, le Rhin et les exportations de la Silésie.
L'écrevisse la plus estimée [Astaeui fluoiaiilis) est de couleur brun verdAtre, avec aes pattes rougeâtres au bout ; 11 y a des variétés bleues et certaines rougeâtres, peut-être par suite d'une insolation. VAstacus pa//ipe«, à pattes blanchâtres, a la chair bien moins savoureuse et se Tend à moindre prix sur les marchés.
Les Homards^ qui atteignent une grande taille, sont marins. A l'état vivant, leur test offre des nuances variées d'un bleu sombre. Chaque femelle produit un nombre immense de très petits œufs, jusqu'à 12 millions, dit-on ; mais beaucoup sont perdus. Cette fécondité prodigieuse retarde la disparition sur nos côtes de cette précieuse espèce, qui atteint un prix élevé. VHomarus marinus ou tmlgaris se plaît sur nos côtes rocheuses,
surtout sur celles de Bretagne.
On le pèche avec des amorces de viande avancée, dans des paniers d'osier immergés, ayant une ouverture en nasse, ou sous dei caisses de bois, retenues par de fortes pierres et que le flot delà muéemontante soulève, de sorte que le crustacé se glisse en dessous et reste prisonnier quand la mer se retire.
On va aussi chercher les homards à marée basse, en fouillant avec des crocs sous les grosses pierres et à la base immergée des rochers.
Les Anglais font
mais se lançant en arrière dans l'eau avec une 1 une consommation énorme de homards, fis abon grande vitesse par les mouvements puissants de dent sur les côtes d'Ecosse et d'Irlande ; ce sont
leur addomen, que termine une large nageoire à cinq lamelles étalées.
La tribu des Astaciens (Ecrevlsses et Homards) comprend des espèces sans métamorphoses. Les pattes antérieures sont fortes et terminées par une énorme pince de préhension, les pattes de la seconde et ae la troisième paire également avec pince, mais grêles ; celles des deux dernières paii*es terminées par un seul ongle en stylet. Les Astaciens deviennent d*un beau rouge après la cuisson.
Les Ecrevisses habitent les eaux douces, vivant sous les pierres. Elles sont omnivores ; on les nourrit très bien dans les viviers avec des ronds de carotte ou des orties hachées ; elles aimont beaucoup les chairs un peu avancées dont on munit les balances ou filets tendus sur un cercle de fer avec lesquels on les pêche la nuit ; le jour on les recherche souf les pierres. Il est très important d'interdire aux enfants la pêche des ecrevlsses trop jeunes. Ce précieux crusUcé, qui a de ^ ,, ^w,,«v>» „« V.*«,CV^CB rwuBoo t..
fréquentes mues, est de croissance fort lente ; il cuisson), â chair fort estimée. Les Crangons (Ci (aut huit à dix ans pour former une belle écre- 1 gon vulgaris) ou Crevettes grises, deviem
surtout les côtes de Norvège, celles des lies Shetland et Orcades qui les fournissent au commerce britannique. Les navires de pêche ont des réservoirs annexés à la carène où on les garde vivants. Ils sont ensuite emmagasinés par miluers dans des viviers qu'alimente l'eau de mer.
La tribu des Paiémoniens offre sur nos côtes des petites espèces en nombre immense, connues sous le nom général de Crevettes (fig. î). On les pêche dans un grand filet en demi-cercle qu'on pousse devant soi, avec un manche, à travers le sable, quand la mer monte. Il faut recommander aux enfants de ne pas enlever les crevettes trop petites, car nos côtes se dépeuplent rapidement. Ces CrusUcés nagent contre la côte. Leur test à demi transparent laisse voir les viscères intomes.
Les Palémons proprement dits (Patemon serratus) ont en avant un long rostre dent^ en scie, et les deux premières paires de pattes munies d'une pince grêle. Ce sont les Chevrettes, Bouquets, Salicoques ou Crevettes rouges (après
fonsiCrandeviennent
GRUSTAGËS
CRUSTACES
gris par la cnisson. Us n*ont pas de rostre et ont les pattea antérieures terminées par un seul doigt replié en griffé. Leur petite taille et leur chair moins savoureuse que celle des Sallcoaues les maintiennent à bas prix. Sur les côtes de la Hédir terranée on mange les Pénéa^ dont une espèce, dite Caramote^ a la chsir très délicate. Comme les écreTisses, ils ont les pattes des trois premières paires terminées en pinces, mais grêles, et leurs téguments sont peu solides.
La tribu des Palinuriens nous présente une es-
f^èce. importante, a Lan^mute [Puihnirus mUgari») <iui atteint la grande taille du homard ; toutes les pattes sont terminées par un seul doigt ou ongle conique, ceU l('S de la première p;iire étant seulement un peu plus fortes que les autres. On ilistineiie surtout immédiatement la langouste du homard k son céphalothorax fortement épineux en dessus, à sa couleur d*un brun rougeatre. Même pèche que
f»oar le homard. La diair de la langouste n*a pas e goût un peu prononcé de celle du homard et est, en général, plus recherchée en France pour la uble.
Les métamorphoftos des langoustes sont fort curieuses. Elles commencent par avoir la forme de Crustacés translucides, aplatis comme une feuille, ayant un abdomen rudimentaire , des pattes très grêles et blramées. On en a fait longtemps un eroupe à part sous le nom de Phyllotome» (corps en feuilles). Ils nagent loin des côtes et en haute mer, puis reyiennent contre les côtes rocheuses et donnent les langoustes , qui ne quittent pas les nvages.
Un dernier grotipe de Macroures présente Tabdomen mou et non cuirassé. Oe «ont les Pagurn ou Bernurdê-CHermite, Ils ont Tinstinct d'enfermer cet abdomen dans des eoquilles univalves vides, comme des BuéciaS,des TVoques, des Murex, etc., en i'auachant an fond de la coquille par leurs pattes postérieures très courtes et en crocheu. ne laissant sortir que la région antérieure de leur corps et leurs grosses pattes ou pinces à téguments très durs.
On recherche maintenant beaucoup ces Pagures comme excellentes amorces des lignes de fond, surtout pour U pèche des Squales (Anges, Roussettes, Chiens de mer).
Ordre des Stoiufodks. » Yeux sur pédoncules . mobiles ; branchies extérieures et en houppes, eu
Fig. t. — Palémon et Oangon.
dedans des pattes de Tabdomen. A citer : les Si/utilei de la Méditerranée, dont les pattes antérieures, très longues, sont conformées en pinces ravisseuses, comme ches les Mantes (insectes Orthoptères), la Jambe repliée contre la cuisse, saisissant leur proie entre une double rangée d'épines acérées.
Les Crustacés qui suivent ont les yeux sessiles, ^ c*est-à dire insérés, immobiles de chaque côté de la tète.
Ordre des Au- PHipooBS. — Respiration par de grandes vésicules membraneuses attachées à la base des pattes. Abdomen long et développé , se débandant comme un ressort au saut.
A citer les Crevettes deruisseau^ nageant de côté, dites Puces d'eau, abondantes dans les eaux douces, qu^on trouve souvent à rintérieur des bottes de cresson ; les Talitret ou Puces de mer, enfouis dans le sable pendant le jour, sortant le soir et sautant avec vivacité, en myriades, la nuit, sur les algues amoncelées sur le rivage, faisant entendre conmie un bruissement par le saut simultané de leurs multitudes. Les Talitres font disparaître avec rapidité tous les débris animaux rejetés par la mer et dissèquent les petits cadavres qu'ils réduisent en squelettes à la façon des fourmis. Ordre des Isopodes (Cloportes).— Les Crustacés de cet ordre ont presque tous sept paires de pattes thoraciques, égales entre elles, et portées sur des anneaux distincts. L'abdomen n'est jamais terminé par des organes propres au saut ou par une nageoire.
Lès Qoportes vivent en terre, mais toujours en des lieux humides, de sorte que leurs branchies ne puissent se dessécher. Le genre Oniscus ne se roule pas en boule; à ce genre appartient le Qoporte ordinaire ou des jardins (0. murartti^Xdesmnrset des troncs durbre, se cachant entre les ^lierres, sous les écorccs, derrière les tiges des arbustes en espalier, sous les pots à fleur. Il est très nuisible aux plantes de serre, ronge beaucoup de fruits, de bulbes, de racines. On attire les cloportes dans de petits amas de mousse, des pots renversés, des pommes de terre creusées, des sabots de cheval, etc., en un mot des abris contre la lumière, que craignent ces Crus; tacés. Il faut les écraser ou les échauder à l'eau bouillante.
Les ParcelUons se roulent à demi en boule parmi eux est le Qopone des caves, PorceUio