ÉCONOMIE POLITIQUE
ÉCRITURE
Mais ancan travail, et à plus foite raison aucun échange, n^est possible sans l'existence de certaines conditions de sécurité^ dWdre^ de circulation^ qui ne peuvent être procurées et garanties autrement que sous la forme de scvicet collectifs. Pour assurer ces services* d*autant plus nombreux et plus considérables que les sociétés sont ])lus avancées, des dépenses, pareillement collectives, sont indispensables, et il y faut pourvoir. C*est Tobjet des contributions, souvent appelées encore, d un mot qui a le tort d^éveilier une idée différente, du nom aimpôts. Il ne peut convenir, dans un enseisnement élémentaire, d'entrer dans le détail des diverses formes d'impôts ni de se livrer à une discussion comparative de leurs mérites respectifs et des systèmes proposés pour les remplacer. Mais il est de la plus grande utilité de bien mettre hors de doute la vraie nature et le vrai principe des charges publiques en faisant bien comprendre qu'eues no sont pas, comme le disait Turgot, « une charge imposée par la force à la faiblesse, » mais bien la rétribution et la compensation d'avantages équivalents : la part de chacun, en d'autres termes, dans l'acquittement des frais généraux de la société. C'est une cotisation, pour tout dire, que le progrès des institutions doit rendre, autant qu'il est possible, proportionnelle à ce que chacun, à raison de ses Intérêts, recueille de services. Là, comme pour le régime du travail, il existe un abîme entre les institutions du passé et celles du présent, quelque imparfaites que soient encore celles-ci ; et n ne sera pas inutile d'en faire la remarque en montrant, par quelques traits au moins, ce qu'était autrefois l'impôt.
Avant de terminer, et afin d'aller au-devant de f&cheuses impressions, il conviendra de Jeter un coup d'oeil rapide, maïs ferme, sur les souffrances dont les sociétés modernes ne sont pas exemptes, et de s'arrêter un instant sur le fait douloureux de la misère.
On rappellera, d'abord, qu'en ce point, comme en d'autres, le passé n'a pas été supérieur au présent ; et, sans se montrer Injuste envers les iges firécédenu, sans diminuer en rien ni les maux ni es fautes du temps actuel, on fera, par quelquesuns des côtés les plus simples et les plus accessibles, la comparaison de la condition de nos pères avec la nôtre. On dira, par exemple, ce qu'était la vie autrefois et ce qu'elle est de nos Jours sous le rapport du logement, de la nourriture, du vêtement, des moyens de communication et de transport, de l'instruction, de la salubrité et de la sécurité. On énumérera ensuite les principales causes de la misère, soit publique, soit privée, et en regard on placera Tindication des principaux remèdes. D'un côté, c'est le désordre, l'inconduite. l'imprévoyance, les dépenses inutiles et irréfléchies, le cabaret avec ses influences fatales, l'oisiveté avec ses entraînements; et aussi, parmi les circonstances qui paraissent au premier abord plus étrangères à l'action de la volonté individuelle, mais qui en réalité n'y échappent pas, les crises intérieures et extérieures, les transformations d'outillage, les chômages, les accidents, les maladies ; et, Sar dessus tout, l'ignorance, source de la plupart es impuissances et des fautes. De l'autre côté, c'est l'instruction et la moralité, oui, en donnant à l'homme plus de valeur et plus d'empire sur luimême, le rendent plus apte à se bien diriger et à se bien employer; l'ordre, l'économie, la modération dans les désirs, grâce auxquels, à chances égales, on tire meilleur parti de ses ressources ; les instittdions de prévoyance^ enfin, sous toutes les formes, assurances sur ia vie ou contre les accidents, société* de secours mutuels, caisses de retraites, bibliothèques, associations <f instruction, etc qui n'ont pas sans doute la vertu de préserver toujours du mal, mais qui en atténuent au moins
les conséquences et procurent, dans une mesure toujours incomplète, mais plus considérable chaque Jour, le plus précieux de tous les biens, la sécurité.
Deux conditions, pour que cette sécurité ne soit pas à tout instant troublée, sont avant tout nécessaires : Vordre intérieur et la paix extérieure. L'oo n'est possible qu'avec des habitudes sérieuses de respect mutuel et d'obéissance aux lois ; Vautre De 80 peut obtenir que par des notions plus JastM des devoirs des nations les unes à Tégarï dm autres et des véritables conditions de leur grandeur et de leur puissance. Ni les révolutions ni la guerres, quels qu'en soient les premiers résnluu spparents, ne rapportent en somme ce qu'elles coûtent, et elles arrêtent plus de progrès qu'elles n'en réalisent. La solidarité, désormais si visible, qui unit les uns aux autres non-seulement le* membres d'une même société, mais les diverses parties du monde civilisé, tend à faire mieux com*
Prendre de Jour en Jour les intérêts commun! de humanité; et l'extension des échanges internationaux, en mêlant à toute heure les destinées des nations les plus éloignées, devient l'un des plQ$ puissants oostacles aux entraînements trop fréquents encore de l'esprit d'aventures. On peut, sans Jamais toucher en rien aux questions uendiDtes, faire comprendre la haute importance de cen^ évolution tout économioue, et mettre ainsi en relief le véritable caractère ae ces docirlnes de libertt commerciale qui tendent à faire du globe entier. par une application plus large de la division du travail, un même atelier et une même famille.
Tout ce qu'il y a d'essentiel dans la science économique est, croyons-nous, contenu dans ce rapid> expose. Nous osons l'offrir, au nom d'une eipcrience déjà longue, à ceux qui seront appelés t répandre renseignement de cette science, avec l'espoir qu'il leur pourra être de quelque seooar<. [Frédéric Passy, de Tlnstitot] ECRITURE et CALLIGRAPHIE. — a Le bat de l'instruction primaire étant de mettre tous les enfants en possession des premiers instrumeou indispensables au développement de leur imelli* gence, » il est évident que l'écriture en est ooe partie essentielle. C'est par l'écriture que noi per>sées prennent de la fixité, se classent et se précisent. C'est aussi par l'écriture que nous comonniquons avec les absents et que nous étendoos » loin notre influence.
Si de tout temps l'écriture est entrée dam le programme de 1 enseignement primaire, U l'en faut bien que tous les élèves l'y aient toi^mrs suffisamment apprise^ Quand l'école était placée dans les réduits obscurs que nous ont dépeints Us rapports de M. Lorain. et des premiers visitean nommés par M. Guizot en 1833, quand le mobiliî? n'en consistait qu'en quelques bancs le long d^? murs et tout au plus une ou deux tables aicn vains, quand le taux de la rétribution scolaire Tariait selon que l'élève n'apprenait que la lecture, ou la lecture et l'écriture, il y avait bon nombre I d'élèves qui quittaient l'école sans savoir écrire, souvent même sans savoir signer leur nom. On distinguait alors, entre ceux qui savaient lire, ceox qui le pouvaient faire seulement sur la lettre moulé' et ceux qui déchiffraient l'écriture. Il n'est pu bien sûr qu'on ne rencontre pas encore, eo quelques cantons de la Bretagne, du Limousin oo des Cévennes, des écoles où les enfants ne doireot apprendre à écrire qrue lorsou'ils lisent counioment et savent bien leur catéchisme. On tronTait encore, il n'y a pas quinze ans, des maires et des curés qui recommandaient cette gradation dans la première instruction de renfant,'et, dans maintes écoles congréganistes de filles, les petite! classes n'avaient pas de tables k écrire. C'était là snrtost la condition des élèves gratuites : les familles oe
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poavant faire la dépense do cahiers et de plumeSi on n'enseignait pas i*ëcritare à leurs enfants.
Il n'est plas guère d'écoles dirigées par des maîtres intelligente, sortis des écoles normales, où l'on ajourne récritare jusqu'à ce que les élèves lisent couramment. On comprend aujourd'hui que ces deux branches doivent marcher ensemble et se prêter un mutuel concours. Il est bon que le Jeune élève sache, en émettant un son ou une articulation, u^er le signe alphabétique correspondant, et à ce sujet noQs ne saurions trop recommander la méthode récemment publiée à la librairie Hachette sous ce titre : Enseignement simultané de la lecture et de Vécriture (i livre du maître et 2 livrets de l'élève). D'ailleurs il existe d'autres métliodes conçues sur le même plan : celle de M. Magnat, directeur de l'école des sourds-muets de l'avenue de Viltiers (Sandos et Fischbacher, éditeurs), et celles de MM. Mougeol et Théodore (Delagrave, éditeur).
L'enseignemaot do l'écriture se généralisant, on a dû abandonner les anciens procédés. Autrefois le maître faisait lui-même en tête de chaque page an modèle qui était reproduit Jusqu'au bas par relève, c'est-à-dire de douxe à quinse fois. Parfois il ▼eoait lui prendre la main et le diriger dans lo tracé des lettres difficiles. Il devait aussi tailler les plumes pour la plus pr^nde partie de la classe. Aujourd'hui tout ce travail fastidieux lui est enlevé par U publication à bon marché des cahiers de calque et des modèles d'écriture, et par l'usage des plumes métalliaues.
Néanmoins if s'en faut que l'écriture se soit améliorée en proportion des facilités procurées pour l'enseigner. Beaucoup de maîtres n'y apportent plus autant d'intérêt; ils en font une partie machinale qu'ils surveillent de loin et ne dirigent ^ère. Les dlèves copient les modèles sans attention parce que les défauts dans l'exécution ne sont point relevés et qu'aucun principe ne leur est donné pour les guider. Ils voient rarement le maître tracer devant eux la lettre qu'ils ont manquée et leur donner la clef d'une écriture régulière.
Autrefois il existait des méthodes d'écriture à principes bien déterminés. Aujourd'hui il n'y a guère que des cahiers dont les modèles, quoiqlie généralement font soignés, ne sauraient suffire. Les élèves n'aperçoivent pas la raison des formes qui leur sont offertes ; ils ne s'intéressent pas à les reproduire, et on le voit bien par tes fautes qu'ils commettent dans le texte copié.
Une des causes qui nuisent aussi à la bonne écriture dans les écoles primaires est la multiplication des devoirs à faire dans la famille. On a peu à peu glissé sur la pente tant reprochée à l'ensei-
{;nement secondaire, et les conséquences ont été es mêmes : l'irrégularité, rillisibilité de beaucoup d'écritures. 11 y a, à notre avis, une réforme à opérer sur ce point : il faut restreindre les tâches toutes mécaniques, pour faire appel à l'invention, à la réflexion, à la comparaison, et tenir toujours compte de la netteté et du soin apportés à un travail écrit rendu moins considérable.
Cahiert et Méthodes décritHre, — > Le nombre des collections de cahiers préparés pour les leçons d'écriture augmente de Jour en Jour. Chaque librairie classique, chaque maison importante de papeterie veut avoir la sienne. Nous donnons ici, pv ordre alphabétique d'auteurs, celles dont Vvl" *«ge est le plus répandu.
1* VÉcriture pratique démontrée rapidement por le système de calques et de modèles à imiter: «cahiers de cursive par Charraux, chez Maugars. '^ n'y a pas de direction pour l'exécution ; la pente est marquée seulement sur 3 cahiers en lignes pomtillées.
2. L'Ecriture des écoles et des familles^ par Uergety ancien professeur à l'école normale et au
lycée de Dijon, chez Delagrave : 12 cahiers, 6 de cursive, 1 de ronde, 1 de eothioue, 1 d*écriture française, 1 de bâtarde et d expédiée et 2 d'écriture allemande.
Les principes de la méthode sont imprimés sur la couverture des cahiers et réunis dans un album de modèles gravés avec soin, à l'usage des maîtres.
8. Cours progressif d^ écriture contenant des ejcer" cices propres à conduire Vélève à une bonne expédiéCf par V. Colombel, inspecteur de l'enseignement primaire, chez Fouraut; 10 cahiers, 8 de cursive dont S avec calque en noir, et 1 de bâtarde, de ronde et de gothique.
Les principes généraux et les directions particulières sont contenus en 8 pages de la couverture.
4. Nouvelle méthode d'écriture française, par Ed. Flament, professeur au lycée et aux écoles normales de Douai, chez Eugène Belin : 1 1 cahiers, 8 d'écriture française dont 4 avec calque en bleu clair, 1 de ronde, 1 de bâtarde et 1 de gothique. Quelques conseils sur les couvertures.
5. Nouveaux cahiers (Récriture ou modèles gradués imprimés en noir et en bleu, méthode Garnier frères : 8 cahiers, 7 de cursive et 1 avec des modèles de ronde et de gothique.
6. Méthode d'écriture des frères des écoles chrétiennes, par F. P. B., chez Godchaux : 12 cahiers, 8 de cursive dont 8 avec calque, 1 de ronde, 1 de bâtarde, 1 de gothique et 1 d'exercices varicsl
7. Cahiers a écriture réglés avec modèles gravés et oraduéy, par Godchaux : \2 cahiers, 8 de cursive, 2 de ronde, I de bâtarde, 1 de gothique. Pas de calque, ligne de pente pointiilée sur 4 cahiers de cursive.
8. Méthode générale d^écriturest par Gédalse jeune : 12 cahiers, 8 d'anglaise, 2 de ronde, 1 de bâtarde et l de gothique ; calque en noir sur 2 cahiers et ligne de pente pointiilée sur 4.
9. Méthode rationnelle décnture^ par L. Maire, chef d'institution ; chez Aug. Boyer, éditeur: 9 cahiers, dont 8 de cursive, 1 de ronde, 1 de bâtarde et 1 de gothique. Pas de calque, ligne de pente sur 4 cahiers.
10. Méthode perfectionnée d'écriiure,pKtTh. Massicault, en vente chez Bazin (nudson Vanblotaque) : 10 cahiers, 7 de cursive, 1 de ronde, 1 de bâtarde,
1 de gothique. Directions pour la position du corps et la tenue de la plume.
1 1 . Cours complet d'écriture ^ par M*"* A. Quema, chez Papillon et Herment, 76, boulevard Saint- Germain: 10 cahiers de cursive, dont 6 avec calque en bleu, le 7* avec ligne de pente seulemeni.
12. Cahiers ctécriture conduisant rapidement à une bonsM expédiée commerciale, par Paul Reverdy, chez l'icard-Bernheim : 10 cahiers, 8 de cursive dont 6 avec caloue en bleu» 1 de bâtarde, 1 de ronde et de gothique.
18. Vécriture rendue facile, par L. Rollin, chez Th. Lefèvre, rue des Poitevins, 2: 10 cahiers, 7 de cursive dont 5 avec calque en bleu clair, 1 de bâtarde» 1 de ronde, 1 de gothique.
1 4 Cahiers préparés d exercices d'écriture d'après la Méthode élémentaire de citoqraphie^ par J. Taiclet, chez Paul Dupont: 10 cahiers de cursive dont 6 avec calque en bistre. M. Taiclet a publié à la même librairie les conférences qu'il a faites dans les écoles normales primaires, depuis 1860, sur l'enseignement de l'éàiture.
15. Ecriture cursive : nttuvecntx cahiers Taupier, chez Hachette : 16 cahiers oblongs, 10 de cursive,
2 de ronde, 2 de bâtarde, 2 de gothique.
M. Taupier avait été chargé, ainsi que M. Taiclet, do faire à la Sorbonne, en 1867, une conférence sur l'enseignement de récriture, aux instip tuteurs venus à rExposition universelle.
16. Catners préparés pour leçons d'écriture f méthode A.-V. Thiolat, chez Hachette : 8 cahiers; 6 de
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carBWe avec calqae, 1 de ronde et de bâtarde, 1 de gothique.
n. Méthode pratique cTécritvre, par le frère Victorin , chea Godchaux : 12 cahiers, 8 de coralTe dont 5 avec calque en bleu, 2 de ronde, 1 de bâtarde et 1 de Kotnique.
18. Nouvelle méthode d'écriture des flrère$ Maristes, chez Hachette: 12 cahiers oblongs, 8 d*anglaise dont 5 avec calque en pointillé noir» 2 de ronde, 1 de gothique et 1 de bàurde.
19. Cahiers d'écriture de V école Monge, par Crapelet, chea G. Masson : 9 cahiws avec tracés pour tableau noir et lignes de pente.
20. Méthode d'écriture française, d'après les procédés du calque et de l'imitation, par Manonry, chez Hacliette, 12 cahiers in-4 couronne, dont 10 de cursive, 1 de ronde, et 1 de bâtarde et de gothique. Dans cette méthode, le procédé du calquo est employé d'abord, puis viennent les modèles à imiter.
On ne trouve point dans ces collections un ensemble de principes rendant compte des proportions des lettres. Aussi ne fauMl pas y voir de vériUbles méthodes comme celles qu'ont publiées BAM.Werdet père et Taupier à la librairie Hachette, MM.Régnier jeune et Clerget à la librairie Delagrave. MM. Colomoel et Flamentont bien donné quelaues directions sur l'exécution de leurs modèles, et MM. Massicault, Rollin, Crapelet et les frères Mariâtes, sur la position du corps et la tenue de la plume ; mais il n'y a pas là un ensemble de principes bien liés.
L'écriture la plus généralement enseignée est U cursive ou anglaise ; M. Flament seul fait exception dans toutes les collections énumérées plus haut. Mais cette cursive n'a pas dans tous les cahiers les mêmes caractères. Depuis M. Werdet, qui présente le plus ancien type de l'anglaise (voir aux spécimens, n* 1), Jusqu'à MM. Régnier (n* 4] et Golombel (n* 6), elle passe par une série de formes plus ou moins penchées, plus ou moins arrondies, MM. Glerget (n* 2) et Taupier (n *5) marqc^Mit les degrés intermédiaires.
La pente qui dans M. Werdet, comme dans les cahiers du frère Victorin et des frères Maristes, est la diagonale d'un rectangle ayant 3 de base et 4 de hauteur, s'incline peu à peu et devient chei MM. Taiclet (n* 3), Taupier et surtout Colombel, la diagonale même du. carré. Les Jambages se trouvent nécessairement plus écartés et les rondeurs moins marquées à mesure que la pente augmente. La liaison, au lieu de partir du milieu du Jambage, part alors du pied même du jambage.
Ce genre a l'avantage de mieux se concilier avec le besoin d'une écriture rapide, mais on lui reproche parfois d'être peu lisible et de tenir beaucoup de
S lace. C'est par réaction que s'est produit le genre 'écriture des cahiers Flament (n* 7), l'écriture dite française, mélange de la bâtarde et de la coulée. La pente n'est euère que la diagonale d'un rectangle ayant 5 de base et 3 de hauteur, et les formes sont plus lourdes encore que dans la bâtarde pure. Cette écriture est certainement plus lisible aue celle des cahiers Taupier et Colombel, mais elle est moins propre à l'expédiée, parce qu'un mot peut rarement s'écrire sans relever la
Siume. Aussi se répand-elle peu dans les maisons e commerce, qui lui reprochent encore la forme lourde de ses chiffres.
Ici, comme en bien d'autres choses, il faut savoir prendre un moyen terme entre les extrêmes, comme ont fait les auteurs de quelques cahiers.
La ronde et la bâtarde sont, après la cursive, d'un usage très courant. Nous donnons des modèles de ces deux genres, ainsi que de la coulée et de la gothique, d'après les excellents modèles de Werdet (n» 8).
M. Flament a modifié la ronde classique en adoptant pour les lettres m et n des formes tirées ae la bâtarde, afin de ne pas les faire confondre avec
Tu. Nous croyons qu'il ne faut pas tM&r ainsi ce deux genres d'écriture.
La méthode du calque fixe, ii emp&oyée anjour* d'hui, ne doit pas être trop généralisée. Elle peut servir utilement à apprendre aux Jeones élères la forme exacte des lettrée, mais elle suppose que le maître a d'abord indiqué la direction aeloii laquelle chaque lettre doit être exécutée. Noua ne croyons pas, par exemple, que ces cahiers puissent idn l'objet de devoirs dans la famille : le ieone élè?# non guidé ferait souvent de gauche à droite ou de haut en bas ce qui devrait se faire de droite à gancfae ou de bas en haut.
n ne faut pas que l'élève soit trop exchisîvemÊni occupé aux cahien préparés; il doit s'exercera imiter librement des modèles et a'babituer, en quelque sorte, à miicher sans lisières. Dans les classes du cours supérieur, les cahiers préparés oc doivent venir que de temps à autre pour corriger des formes devenues irrégulières et ramener àTapplication des principes.
Dans toute leçon d*écriture le maître doit :
I* Rappeler les règles pour la position du corps et la tenue de la plume ;
2* Faire lire le modèle, qui doit être le mdme pou toute la classe ;
I ;i* Montrer au tableau la manière d'exécuter les lettres les plus difficiles ou celles qui sont le plu souvent mal formées;
4* Enfin passer de Uble en table pour redresser lus positions mauvaises du corps et de la plume et corriger les formes bizarres.
Lécriture dam les écoles normales primaim, -^ Le programme dressé pour renseignement dus les écoles normales primaires, le 31 Juillet 18Si. avait fait, selon nous, une place trop grande! récriture. Cela n*a rien d'étonnant sous le réginie de la loi du 15 mars 1850, qui tendait à abaisser le niveau de l'enseignement primaire et à substitaer aux connaissances solides aes arts ou des procédés tout mécaniques.
Il y éuit dit:
a L écriture comprendra les cinq genres d*écritmt^ qu'on est convenu d'appeler gothique, bâtarde, j ronde, coulée et cursive. i
« L'écriture devra toujours être nette et fidie à lire.
« L'écriture cursive. étant d'un usage plus général, sera plus particulièrement cultivée.
« Les modèles d'écriture contiendront des ouximes religieuses et morales, des traits remarquables de l'histoire de France, ou des notioDs scientifiques utiles aux instituteurs et aux élèves.
« On exercera les élèves à dresser des étatt pareils à ceux qui sont en usi^e dans les mairies et dans les écoles, des mémoires, des factures, etc.
« Les élèves donneront tous leurs soins, aass bien à l'écriture de leurs compositions et de leurs rédactions, qu'à celle des pages qu'ils auront i faire dans la leçon spéciale d'écriture.
« Il y aura par semaine cinq leçons d'écriture dans chacune des deux premièrôs années, et deux dans la troisième.
« On se servira pour ces leçons des cours et modèles de Werdet, de Taupier et de Taiclet. »
C'était donner beaucoup de temps à l'écriture quand rhlstoire et la géographie n'avaient chacoM qu'une leçon d'une heure par semaine, et dans la troisième année seulement.
On remarquera que, d'après le règlement ds 15 février 18&3, sur les examens pour le brevet de capacité, comme plus tard dans ceuxda ajoiUet 1866 et du 5 Janvier 1881» l'épreuTe d'écritare ne porte que sur les trois principaux genres : récriture cursive, la bâtarde et la ronde (art. 8). Dès lors à quoi bon inscrire, au programme des écoles normales, la gothique et la coulée ?
Dans la circulaire du lO mai 1855, sur les ex»-
N" 1. — CUHSIVS WKRDKT.
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