ÉGLISE
mens du breTOt, M. Fortoul faisait obtenrer que « rexamen des copies d'éeritiire dénote, ches prèsqae tous les candidats qui n^ont point passe par les écoles normales, Tignorance absolae des principes »« et ti demandait aux conmiissiona' « de fuser cette épreave plus sévèrement que par le passé ». Il faut bien reconnaître, en effet, one la caillera^ phie, cette partie importante des études des anc&ns maîtres d*éeoIe,n*est plus aussi en honneur parmi nos insUiateurs. Cependant les administrations publiques, les maisons de commerce et surtout les banqnes tiennent pins que iamals en haute estime les écritures régnlières; elles i>rérèrent les formes simples aux fioritures et la lisibilité facile à rélégsnee. Il faut donc ramener Tattention du personnel enseignant sur cette branche essentieUe des étndes primaires.
L*arrèté du 8 août 1881 a fixé le nombre des heures de leçons d*écriture, dans les écoles normales dlnstitutenrs et d'institutrices, à trois par semaine en V année, et à une par semaine en 2* année ; il n'y en a pas en 8* année.
Une bonne écriture se rattache étroitement au dessin, et on a remarqué depuis lonstemps que ces deux branches gagnent à être enseignées concurremment. Uélève rendu attentif à la symétrie, aux Justes proportions des formes géométriques, le deTient anssi au parallélisme des lignes, au tracé gracieux des courbes composant les majuscules : en un mot il s'accoutume à unir l'élégance à la simplicité. Aussi avons-nous remarqué à Boston que les leçons éléinentoires de dessin d'après la méthode Walter Smith s'appuient beaucoup sur Tétude des formes géométriques entrant dans la composition des lettres. [ B. Bergei»]
ÉOBNTBS. — Zoologie, XII. — Les âentés constituent parmi les mammifères un ordre peu bomogèno : quelques-uns, en effet, méritent bien le nom qui leur a été donné par les naturalistes, et sont presque complètement privés de dents ; d'autres possèdent un très grand nombre de ces organes, qui, toutefois, par leur structure, diffèrent toujours plus ou moins des dents des autres quadrupèdes. Chea certains Edentés, dont le régime est exclusivement végétal, le museau est court, la langue épaisse, l'estomac conformé un peu comms chez les ruminants; ches d'autres au contraire, qui se nourrissent d'insectes, le musead est allongé en forme de groin, U langue filiforme, l'estomao semblable à celui d'une taupe ou d'une musaraigne. Mais chei tous le corps est plus ou moins difforme, la démarche gauche et embarrassée.
En tête de l'ordre des Edentés se placent les Poretsetix de l'Amérique méridionale, animaux à la tète arrondie, aux bras longs, aux doigta munis d'ongles robustes, à la queue presque atrophiée, à la fourrure grossière. UUnau et l'Jf, deux espèces que Ton voit de temps en temps dans les ménageries, sont, en capuvité, d'une lenteur extrême, mais déploient, paralt-il, à l'état sauvage une certaine activité et grimpent sur les arbres pour dévorer les feuilles et les bourgeons.
Ensuite viennent les Tatous, qui vivent également en Amérique, et dont la tète, le tronc, parfois même la queue, sont revêtus d'une cuirasse constituée aux dépens de la peau et des poils. Cette cuirasse se compose d'une série de bandes articulées, de telle sorte que l'animal peut, à 1 approche du danger^ se rouler en boule à la manière des cloportes. Les Tatous, qui étaient représentés, aux époques antérieures à la nûtre, par des formes gigantesques, et qui comptent encore de nos Jours des espèces de grandes dimensions, ■e nourrissent principalement de cadavres. On voit fréquemment dîans nos Jardins soologiques le Tatou ficoubtrt, le ratau eaba$$au et le C/ilamypkare wwiçMë. — D'autres Edentés, les Pangolins, qui habitent Tlnde et l'Afrique, ont aussi le corps pro-
tégé en dessus par une carapace, mais celle-ci ofi^, au lieu de bandes mobiles, des pièces cornées, imbriquées comme les tuiles d'un toit. — Les Oryctéropei^ au contraire, qui par leur aspect extérieur mentent asses bien leur nom vulgaire de cochoM de terre, ne présentent à la surface de leur corps que des poils clairsemés. Dans leur pays natale en Nubie, en Abysslnle et au cap de Bonne- Espérance, ces animaui passent leurs Journées dans des terriers et ne sortent au'à la tombée de la nuit pour se mettre à la recherche des fou> miUères, dont Us éventrent les parois avec leurs pattes et dont ils saisissent les habitanta avec leur langue visqueuse. — Enfin les Fourmilière de l'Amérique tropicale, qui se nourrissent aussi de fourmis, ont les formes moins massives que les Oryctéropes, le pelage touffu, la queue en panache et les doigta armés d'ongles puissanta.
[K. Oustalet.
BDIT. — Histoire générale,. XXXIX-XL ; Histoire de France, XXXVIU-XL. — Ge nom fut d abord donné, chei les Rosiains, à une ordonnance ]udidahre rendue chaque année par le préteur ou Juge au moment de son entrée en charge. En l'an 131 de notre ère, sous le règne d'Adrien, le Jurisconsuite Salvius JuUanus, par ordre de l'empereur, codifia tous les anciens édita p?étoriens et en forma Védit perpétuel^ qui devint la base perma^ nente de la Jurisprudence romaine.
Le mot edit s'appliquait aussi, à Rome, à une ordonnance du souverain, et c'est dans ce sens qu'il a été employé également dans l'histoire du moyen âge et des temps modernes.
Parmi les édita les plus célèbres, nous citerons :
Uédit de Milan (818X par lequel l'emporeur Constantin accorda aux chrétiens la liberté du culte.
Védit de 1087, rendu par l'empereur d'Allemagne Henri lUr qui déclara les fiefs d'Italie héréditaires, immédiate et irrévocables, et détruisit ainsi la puissance des grands vassaux dans ce pays.
Vidit de Chdteaubriant (1561), par lequel le roi de France Henri II proscririt le culte protestant.
Védii de Nantes (1598), sons Henri IV, qui assura aux protestante la liberté de conscience et une liberté nartielle de culte.
Védit de FmUette (1601) qui tire ion nem d« Glh. Paulet, secrétaire du Parlement, et par lequel les membres ae ce corps reçurent le privilège de transmettre leur charge à leurs héritiers moyennant le paiement d'une redevance annuelle.
EDOUARD LE CONFESSEUR. — Histoire générale, XVIU. — Roi d'Angleterre, fils d'Ethehred, monta sur le trône à l'extinction de la dynastie danoise (1042). H était Saxon par son père. Normand par sa mère, et avait des liens de parenté avec le duc Guillaume de Normandie : aussi celui-ci réclama-t-il son héritage lorsqu'Edouarà mourut sans enfanta en 1066. Son règne avait été paisible. Edouard fût un prince pieux> et l'Eglise l'a mis au rang des sainta.
EDOUARD V\ U, lU, rois d'Angleterre. — V. Piantagenet.
EDOUARD IV ET V, rois d'Angleterre. -* Y. Plantagenet et Guerre des Deux-Roses,
EDOUARD VI, roi d'Angleterre, — V. Tydor.
EGLISE (Etym. : du grec ekkUsia ou ekklisia^ assemblée). — Histeiro sénérale, XVi-XXXVHI; Histeire de France, HI-XL. — Nom donné à l'ensemble des personnes qui professent la foi chrétienne.
■ Nous avons, à Tartide Christianisme^ fait l'histoire de l'Eglise primitive* Lorsqu'un schisme, dont les origines remontent à la querelle des iconociaS' tes et à rélection du patriarcne Photius à ConstantlnoDle, et qui fttt dénnltivement consommé ea 1054 (V. ScMsmes), eut séparé le siè^ de Constantino-
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Slo de celui de Rome, TEglise chrétienne se trouva ivisée en deux fractions : l*Eglise d'Occident ou Eglise latine, qui s^appela rEglise catholique, apostolique et romaine, et qui reconnut pour chef le pape; et TEglise d'Orient ou Eglise grecque, dont le chef fut le patriarche de Constantlnople.
On trouvera Thistoire de rEcplise romaine aux mots Popauiéj Ctmciles, Hérésies, Schismes^ Réforme, Quant à TEglise grecque, elle vit se séparer d'elle successivement VEgiise grecque unie, qui s*est rapprochée de TEglise romaine en adoptant la formule signée au concile de Florence (1439), et VEgiise russe, qui se donna dès 1588 un patriarche distinct, celui de Moscou, et dont le chef, depuis Pierre le Grand, est le tsar de Russie.
Plusieurs communions chrétiennes indépendantes ont . aussi pris le nom d'Eglise : telles sont VEgiise arméntenne et VEgiise copte, qui ont adopté la doctrine d'Eutychès ou le monophysisme
SV. Hérésies), et les diverses confessions, dissientes qui se sont séparées de l'Eglise romaine au XVI* siècle : VEgiise luthérienne, VEgiise onglicane, VEgiise calviniste ou réformée, VEgiise presbytérienne (V. Réforme). VEgiise gallicane ou Eglise de France, tout en reconnaissant Tautorité du pape dans les choses spirituelles, avait revendiqué dans la célèbre déclaration de 1682 certaines franchises connues sous le nom de libertés gallicanes (V. Louis XIV.)
EGYPTE. — Histoire générale, III; Géographie générale, III. — L'Egypte était appelée par ses habitants Kimit, Kimet, plus tard, par chute du t féminin, Kimi, KttnCj « la Noire », par opposition au désert, Dôskirtj Dôshir, Dâshi, « le rouge ». Le Delta et la vallée Jusqu'au sud de Memphis étaient To-mouri, a le pays des canaux », ou To-mih, « le pays du Nord > ; la vallée depuis Memphis Juson'à Syène, To-ris ou Pathros. a le pays du Sud », OuiSt, « la Thébalde ». Les deux parties réunies formaient Toovi, « les deux pays »« d'où le titre Nib toouï, tt maître des deux pays », pour los rois. Le nom sémitique Mazor, chez les Assyriens Mous'our et Mous'ri, ÈSoudrayd chez les Perses, aujourd'hui, sous la forme Mi^r, nom ofQciel de l'Egypte arabe, était inconnu aux Egyptiens; le Mizraim des Hébreux en est la forme auelle calquée sur la division en deux pays des indigènes. Le nom grec Aigyptos, d'où Egypte, paraît dériver d'un des noms communs de Memphis, Hatt-kou-ptah, avec chute du t féminin Hai-kou-ptah, « la demeure de Ptah », appliqué au pays entier.
Géographie ancienne. — L'Egypte est proprement Ta vallée du Nil, de la première cataracte à la mer. Au delà de la première caUracte, on ren
(Ouadg Natroun), et même l'oasis d'Ammon [Syouah); à l'est, le pays monUgneux situé entre le Nil et la mer Rouge, et la côte de la Méditerranée Jusqu'au torrent d'Egypte {OuadyU Arish).
L'Egypte éuit divisée en nomes ou districts, dont le nombre et l'étendue varia selon les temps. On en trouve le plus souvent quarante-quatre, dont vingt>deux pour la Haute et vingt- deux pour la Basse-Egypte, chacun d'eux administré par un gouverneur et ayant son culte local. Les villes principales étaient : dans le Delu, Mannofri (Memphis), On du Nord (Héliopolis), Poubasti (Bubastis), Tanis, Mendès, Sai (Sais;; dans la Haute-Egypte, Hàkhninsouten (Héracléopolis), Otm (Hermopolis), Siout (Lycopolis), Aboud (Abydos), Ooubti (Coptos), Ouitt ou T. ope (Thèbes, Diospolis Magna), Souannou (Syène) et Abou (Eiéphantine).
La race égyptienne pure était blanche, et succéda à une race noire qui fut en partie refoulée vers rintérieur de l'Afrique, en partie absorbée dans
la race conquérante. Dans le Delta eUe se mèU d'éléments sémitiques et libyens, qui en modifièrent profondément la physionomie. La langue était apparentée de loin aux lanicues sémitlqueev et parait se ratucher à une famille encore mal connue à laquelle appartiennent les dialectes berbère» ec certains idiomes, ^mA<»^', Barea^ Hadendoo, etc.,
Sarlés aujourd'hui encore entre le Nil et la nxer louge, sur les confins de l'Abyssinie. (Pour Técnture, V. l'article Hiéroglyphes.)
Religion et morale. — La religion, d*abord polythéiste, ne tarda pas à aboutir à un monothéisme pratiqué par les classes instruites. Le Soleil, U Lune, le Nil, autant de dieux différents adorés selon les lieux sous des noms divers : ainsi le soleil était Rd à Héliopolis, Anhour dans Abjdos, Hor et Shou dans certaines villes du Delta. Dès les premiers monuments qui nous aient été conservés, tous ces dieux n'étaient plus que des formes secondes, et comme le nom, d'un seul ôtre, qui les résumait tous et qu'on nommait simplement a dieu », noutir, ou « le dieu grand », pa noutir da, Ptah ou PfUah était le nom de ce dieu à Memphis, Ammon son nom à Thèbes. Sovek son nom à Ombos : l'étiouette changeait, l'être adoré resuit le même. Il était le « un unique, aux bras multiples. » le tt père des pères », la « mère des mères », le a vieillard toujours rajeuni. » Unique en substance, il n'était pas unique en personne, mais se fai* sait père et mère, mère et fils, et composait nne véritable trinité : Ammon, le oère. Moût, la mère, KhonsoUfÏQ fils, à Thèbes; Osifis, Isis, Hor dans Abydos; Phiah,Sokhit et Imhotpou {Imouihés) à Memphis. Ce dieu se crée lui-même à chaque instant de son existence, et, se créant, crée le del et la terre. Ss vie et la vie du monde ne sont donc qu'une création perpétuelle, et par suite une lutte perpétuelle contre les puissances mauvaises qui tendent à faire rentrer le monde dans le néant. C'était la euerre du dieu Soleil contre le serpent Aphophl, la guerre d'Osbls contre Set-iypnon. Osiris. surpris en trahison par son adversaire, démembré par lui, ressusciuit par les soins d'Isis, et, prenant le nom d'Hor, triomphait à son tour, mais sans Jamais détruire l'ennemi. Sa destinée divine devenait le type de la destinée humaine. L'homme, qomposé du corps, du double (Aa), et de l'âme, devenait au moment de la mort ioentique à Osiris : on disait VOsiris Séti, comme on dit chez nous défunt Jean. Sous cette forme* tandis que le corps et le double allaient s'enfermer dans le tom« beau, où le double continuait nne sorte de vie spectrale, Tàme continuait dans l'autre monde la série de ses existences on plutôt de ses devenirs {khopriou). Elle avait à lutter contre les puissances mauvaises, et le chapitre GXXV du Livre des Morts nous apprend les vertus qu'elle devait avoir possédées sur terre afin de pouvoir arriver plus tard à la félicité suprême. « Jamais, disaitrelle devant le jury infernal chargé de la juger, Jamais Je n'ai commis de péché contre les hommes I Je n^ai pas tourmenté la veuve 1 Je n'ai pas enlevé le lait de la bouche des nourrissons I Je n'ai pas porté de faux témoignage I Je ne connais pas le mensonge l... Je n'ai pas calomnié l'esclave auprès de son maître 1 Je n'ai pas affamé I Je n'ai pas fait |>leurerl Je n'ai pas tuél... Je n'ai pas fait de gains frauduleux!... Je suis pur. Je suis pur, je suis pur. » Et ailleurs, il ajoutait avec plus de force : < Ttâ donné des pains à qui avait faim I J'ai donné de l'eau à qui avait soifl J'ai donné des vêtements an nu ». Le culte égyptien était peu sanglant : rarement des victimes, le plus souvent des fleurs et des frulU. La plupart des cérémonies se pratiquaient dans l'intérieur des temples, où les profanes n'étaient jamais admis ; à de certains jours seulement, l'arche sainte, qui renfermait parfois l'image du dieu et le plus souvent ne renfermait rien, sortait en
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prMession sur les épaules dei prêtres, et parcourait les cours du temple, les rues do la TiUe, les campagnes eiiTironnantes. Les statues des dieux araient tantOt la forme humaine, tantôt la forme animale, tantôt une forme miite résultant de la confusion de Tbomme et de la bête. Hor était tantôt un homme, tantôt un épervier, tantôt un homme à tète d'épervier on un éperrier à tôte humaine. L*anlmal ainsi choisi deyenait le symbole vivant du dieu, et prenait la dignité d'animal sacré Le plus connu des animaux sacrés était le bœuf Hapi, qui procédait à la fois d'Osiris et de Phtah. Vivant, Il était « la seconde rie de Phtah » et « Tàme d*Osiris » ; mort, il devenait Osiri-Hapi ou Sérapis. On le x^connaissait à certaines marques spéciales qa^il avait sur le corps : la vache qui Tavait porté passait pour vierge et concevait par une opération diTine. H résidait pondant sa vie dans le grand temple de Phtah à Mempbis, et après sa mort était enterré dans le Sérapéum avec les autres Hapis, ses prédécesseurs.
Mœurs et coutumes. — L*Eg3rpte était un pays féodal, dont le sol était divisé entre le roi et les temples ou les princes qui tenaient du roi, à titre héréditaire, des villes, des portions de nomes et des nomes entiers. Ces princes (At^) devaient au roi nn tribut et le service militaire ; les femmes héritaient au môme titre que les hommes, et faisaient passer les biens de la famille au mari qu'elles se choisissaient et à leurs enfants. Ces petites dynasties locales étalent pour la dynastie qui régnait sur tonte TEgypte un sujet d'inquiétudes perpétuelles. Qaand le souverain vivant avait la main ferme, il les maintenait dans Tobéissance sans trop d^ peine ; sinon les princes refusaient le tribut, se déclaraient indépendants, essayaient de déposséder la famille régnante et y réussissaient quelquefois. Le reste de la population se divisait en classes ouvertes, qne les auteurs anciens ont confondues par erreur arec les castes. Il est vrai que certaines fonctions se perpétuaient dans certaines famille)^, oue souvent le fils du prôtre était prêtre et le fils du soldat soldat ; mais ce n'était pas par obligation, c'était par hérédité d'usage ou de convenance, comme chev nous le fils d'un D.éiedn ou d'un professeur devient médecin ou professeur à son tour. Les inscriptions prouvent que toutes les professions pouvaient se trouver réunies dans la môme famille, et c'est un lieu commun de la rhétorique é^ptienne que le scribe, c'est-à-dire, l'homme instruit, arrive à tout. Aussitôt donnait^on les plus grands soins à l'éducation des enfants, et les écoles publiques étaient-elles fréquentées par les garçons et par les flUes, au moins pondant les époques brillantes. Les bourgeois, les paysans et les esclaves n'étaient pas dans des conditions da vie malheureuse : les ouvriers des grandes villes, telles que Thèbes et Hemphis, souffraient davantage. L impôt pesait sur la terre et sur les produits des manufactures, sans qu'on sache au Juste dans quelle proportion. Le commerce se faisait par échange, ou bien, la monnaie n'étant pas connue, au moyen de lingots d'or, d'argent et de cuivre qu'on pesait chaque fois. L'unité couranto était i ottf en, environ 92 grammes. Peu d'administrations ont été misai fuqterassiéres que l'était l'administration égyptienne : chaque opération du trésor exigeait renvoi de lettres, de rapports, d'ordres écrits, ont nn grand nombre sont parvenus Jusqu'à nous et nous permettent de rétablir petit à peut tout le système du gouvernement. La loi était équitable et douce : elle n'ordonnait que rarement la peine de mort, et ne connaissait pas les supplices cruels usités dans tout le reste de l'Orient. Elle était appliquée par des Juges locaux, assistés d'un Jury, et relevant d'un grand conseil suprême dont chaque membre était élu par un des nomes de TEgypte. L'armée se recrutait par les contingents des prin- 1
ces et des temples, par des levées faites sur les terres du roi, et par l'adjonction de troupes auxiliaires composées de prisonniers noirs ou de mercensUres asiatiques et libyens. Elle comprenait de l'infanterie de ligne pesamment armée, de l'infanterie légère, et des chars. La marine militaire était formée de matelots indigènes, et en partie d'auxiliaires phéniciens. Les monuments nous font connaître en détail la vie privée des anciens Egyptiens. Leurs maisons étaient petites, étroites; leur train ordinaire et leur nourriture des plus simples. La famille était très unie ; la polyganue était permise, mais rarement pratiquée : seuls , les Pharaons avalent, par nécessite politique, un harem bien rempli. La femme égyptienne était d'ailleurs aussi libre que la femme moderne. Elle héritait au môme titre et dans la môme proportion que ses frères, conservait dans le mariage la libre disposition doses biens. Son titre comme femme mariée était nibt (î/, « la maltresse de la maison ».
Histoire : l'Egypte pharaonique, — On n'a pas encore réussi à construire une chronologie absolue qui permette de dire exactement en quelle année avant J.-C. se passa tel ou tel événement de l'histoire d'Egypte ; mais la chronologie relative des faits est bien éublie. Vers l'an 5000 avant notre ère, un prince do Tliinis, dans la Moyenne- Ésypte, nommé Mini (Menés), réunit toutes les principautés indépendantes qui se divisaient le pays, et en fit un seul État, auquel il fonda une capitale- nouvelle, Momphis. A partir de lui lusqu'à la conquête d'Alexandre, l'historien Manéthon comptait trente dynasties. Le titre officiel de chacun des rois était Souten, « le roi », ou Pherô (d'où. Phar»on)f littéralement « la grande maison. » Par une fiction religieuse^ il était appelé St-Ad, « fils du Soleil 9, et était censé descendre du dieu. Le» trente dynasties passaient pour ne former qu'une famille, et cette prétention était justifiée en partie au moins : le chef de chaque dvnastie nouvelle épousait lui-mèoie ou faisait épouser à ses fils les princesses héritières de la dynastie précédente. On partage les trente dynasties en quatre fractions correspondant à quatre périodes : la période Mempnite (i*-x* dynasties), peo» dant laquelle M emphls fut la capitale de l'Egypte ; la première pé'ioae Thébaine (zi*-xvi* dynasties)^ séparée par l'Invasion des Pasteurs de la seconde période Thébaine (xvn*-xx* dvnasties), périodes pendant lesquelles Thèbes devint la capitale ; enfin la période Satte (xxi*-xxx* dynasties), pendant laouelle les différentes villes du Delta, et surtout Sais, furent le siège'des familles régnantes.
Les descendants directs de Mini fournirent les deux premières dynasties (Thlnites), pendant lesquelles la constitution religieuse et politique de 1 Egypte acheva de se former. A l'ouest les tribus libyennes, à l'est les nomades du désert, au sud les nègres d'Ethiopie, furent vaincus et soumis au tribut; la péninsule du SlnaX fut colonisée pour l'exploitation des mines de cuivre et de turquoises qu'elle renfermait, et devint partie Intégrante de rempire. Sous les trois dynasties suivantes (Memphites), des Pharaons conquérants et constructeurs. Snofrou, Khoufi (Khéops), Khftfri (Khephren), Menkourl (Mykérinos), qui édifièrent les trois grandes pyramides, firent de l'Egypte le pays le plus puissant et le plus prospère qu'il y eût à la surface du globe. Non seulement les arts, mais la littérature étaient florissants : nous avons, de cette époque, un traité de morale : les Instruction», de Phtahhoffou, des livres de médecine, et de nombreux fragments d'hymnes. Sous la vi* dvnastie (Eléphantlne), les expéditions heureuses de Pipi P' mirent pour un moment la Nubie, et peutp être une partie de la côte syrienne, sous l'autorité immédiate des Pharaons. Mais des troubles éclatérenti pendant lesquels Mempbis perdit la prépoft*
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dérance. Le centre de gravité de TÉgypte te déplaça et descendit vers le and. Il 8*arrèta un ina tant à Khninsoaten (iz* et z* dynaatiea, Héracléopolllaines], et, après quelques oscillations, Tint se fixer à Thèbes, où il resta près de deux mille ans.
La XI" dynastie d*abord, puis la xu«, firent de Thèbes la capitale du pays entier, vers 8500 avant J.-C. Tous les souverains de la xii* dynastie furent à des titres divers des hommes remarquables. Us portèrent surtout leur attention vers le Sud. Ousirtasen I**, Amenemhalt II, Ousirtasen II refoulèrent, en un siècle, les tribus qui occupaient la Nubie, et leur substituèrent des colons égyptiens. Ouslrusen III fixa la frontière à la seconde cataracte. Amenemhalt III régularisa le système des canaux qui couvraient TËgypte, et agrandit dans le Fayoum le célèbre lac Mœrls. Sous la xiii* dynastie, la conauète de l'Ethiopie fut achevée jusqu'à la Quatrième cataracte ; mais des guerres civiles affaiblirent TÉgypte et la livrèrent presque désarmée aux pasteurs cananéens (Shot) qui menaçaient la frontière syrienne. Le chef de ces pasteurs, Shalit (Salatis), prit Memphis; ses successeurs réduisirent les princes thébains (Zv* dynastie), qui se maintenaient encoro dans le sud, et Us lormèrent, sous le nom de Hyk-shos. « rois des pasteurs », une dynastie nouvelle (zvi*), qui régna plusieurs siècles sur TÊgypte.
Vers Van 2000, les princes thébains se soulevèrent, et pendant cent cinquante ans (xvii* dynastie) reconquirent pied à pied le territoire que leurs ancêtres avaient perdu. Les Pasteurs chassés d' Avaria (Ha-ouar) par AhmOs I**, la xviii* dynastie ouvrit rère des grandes conquêtes. ThoutmOs I*' soumit la Syrie et pénétra Jusqu'à TEuphrate. Ses successeurs, et parmi eux surtout Thoutmôs III, Amenhotpou (Aménophis) II et Amenhotpou III,
Eortèrent la puissance de TÉgypte à son apogée, a Mésopotamie, la Syrie, la Phénide, l'Arabie Pétrée, les Libyens, toute la vallée du Nil Jusou'à la région des grands lacs, payèrent le tribut : 1 Assyrie et la Cnaldée elles-mêmes forent entamées (V. Assyrie), Des guerres religieuses ruinèrent, après trois cents ans, la grandeur émUenne. Mus ce ne fut que pour un moment. Les rois de la zix* dynastie, Ramsès 1% Séti I«>^, Ramsès II, ramenèrent à l'obéissance les provinces qui s'étaient •oulevées; Ramsès II surtout, le Sésostris des Grecs, dont le long règne de soixante-sept ans fut peut-être le temps le plus heureux de l'Egypte.
l'usurpation de quelques princes ambitieux et l'invasion des peuples syriens, remirent tout en question. Ramsès ul, le dernier des grands conquérants égyptiens, sauva encore une fois l'Egypte. Sous ses successeurs (xx* dynastie), le pays, épuisé par huit siècles de luttes, perdit successivement et sans secousses toutes ses provinces extérieures. Les grands-prêtres d'Ammon thébain profitèrent de la ffdblesse des derniers Ramsès pour ceindre la couronne ; mais les villes du Delta n'acceptèrent pas leur Joug. Tandis que Thèbes et l'Ethiopie demeuraient aux mains des prêtres d'Ammon, Memphis et le Delta proclamaient la xxi* dynastie (Tanite).
Elle ne fit que passer sur le trOne. Le premier roi de la xxii* dynastie (Bubastite), Shlshonq I«', essaya de recouvrer la Palestine, s'allia avec Jéroboam qui venait de fonder le royaume d'Israël, prit et pilla Jérusalem. Après lui, l'Egypte ne tarda
Cas à se diviser en vingt Etats indépendants. Les anites de la xxiii* dynastie, attaqués par les rois d'Ethiopie descendants des grands-prêtres d'Ammon, qui essayaient de reconstituer a leur profit le royaume des Ramessides (Piônkhi-Miamoun et Kashto)» cédèrent la place au Safte Bokenranf
(Boechoris, xznr* dynastie), qui lui-même fut détrôné parShabakou, roi de Napata (Sabacon, Sua). L'Egypte devint une annexe de PEtbiopie <xxv< dynastie). Ses nouveaux maîtres ne sivent pas la protéger contre les Assyriens (V. Assyrie) qui, après avoir conquis la Palestine, venaienC d'arriver aux confins du Delta. Shabakou fut battu par Sanroukin à Raphia (7S0) ; son second saceesseor, Tabarqou (Téarcon, Tirbakah), fut moins baoreux encore. L*Egypte, conquise par AssonraUiéidis (672), reconquise par Tabarqou, envahie de aoiveau par Assourbanhabal (666), devint un champ de bauille dont Assyriens et Ethiopiens se disputèrent la possession. Psamitik l*', de Sala, eidé par des mercenaires ioniens et cariens, la délivra et lui donna une dynastie nouvelle (la xxvi*), qui régna non sans gloire pendant un siècle et quirL Néko II, vainqueur de Josiah à Mageddo, vaincu par Naboukoudouroussour (V. Chaidée) à Karfcémisch (610), ne put conserver la Syrie qu*il avait un moment reprise ; Ouhabrl 'Apriès, Ouaphrls) se rendit maître de la Phénicie et do €hypre et fat détréné Sar Ahmôs II (Amasis). AhmOs, menacé par les haldéens, puis, après la chute de la Chaldîée, par Cyrus et les Perses (Y. Perse), sut maintenir stm pouvoir intact pendant plus de cinquante mus (577-&25). L'orage éclata aussitôt après sa mort. Psamitik III, vaincu à Péluse, pris dans Memph», fut détrôné : Cambyse se proclama roi et rEgvpie devint une province de l'empire perse (S3S). fiUe ne se résigna pas à sa défaite. De nombreuses révoltes sous Darius, Xerxès, Artaxenèe I*% préparèrent l'avènement en 408 d'un roi national, Amyrteos (xxviii* dynastie, Saite), auqael succédèrent deux autres dynasties nationales, la zxix* et la XXX*. La défaite de Nakhtnibf (Nectanébo) par Ochus ramena les Perses (xxxi* dynastie) pour quelques années seulement. En Sfo, Alexandre conquit l'Eeypte, et fonda Alexandrie sur remplacement du bourg égyptien de Rhakotls.
L'Egypte gréco-romaine, — La conquête de l'Bgypte par les Grecs rendit au pavs une nouvelle vigueur. Après la mort d'Alexanore le Grand, qd do ses généraux, Ptolémée, fils de Lagus, maintiat le pouvoir de la famille du conquérant sous le nom de Philippe Arrhidée et d'Alexandre JEgan (xxfir dynastie. Macédonienne), et après le mort de ce dernier, prenant le titre de roi, devint le chef de la dernière des grandes dynasties égyptiennei (xxxm*), celle des Lagides. Il Joignit à la Tallée da Nil la Palestine, la Phénicie, la Gœlésyrie, Chypre, la Gyrénalque, les cOtes de la Mer Rouge, une partie des Cyclades. Il développa le commerce, et fit d'Alexandrie, par la construction du port, le marché du monde oriental ; par la fondation du Musée et de la Bibliothèque, le centre de la vis intellectuelle de l'époque. Ses deux successeurs Ptolémée II PhUadefphe (384-246) et Ptolémée m Ever^te (246-221) portèrent au plus haut point la puissance égyptienne ; après eux la décaoencs commence. Ptolémée IV Phllopator (221-204), battit encore Antlochus de Syrie à Raphia, maii son fils Ptolémée Y Epiphane (20t-161) ne fat sauvé de la captivité que par Vinterventlon do sénat romain. Dès lors ce ne forent plus qoe guerres civiles et révolutions intérieures. Les Ptolémées avaient laissé aux Egyptiens leur administration, leur religion et leurs coutumes : ili avaient pris tous les titres des Pharaons et s'étaient bornés à fonder deux colonies, dont l'ane, Alexandrie, dominait le Delta, tandis que l'autre, Ptolémals, commandait la Haute-Egypte. Cependant, les Egyptiens se soulevèrent plus d*uoe fois, et essayèrent de chasser les Grecs pour rétablir leurs dynasties nationales. Dans la dernière de c«s révoltes, Thèbes, déjà bien réduite, soutint un siège de trois ans (87-84) après lequrt elle fat détruite par Ptolémée X : désormais, œ ne M
EGYPTE
EGYPTE
plas qQ*Dne dtë minée, sur remplacement de U-
3aelle s*éleirèrent plusieurs bourgades. An mûieu e ces troubles, la puissance romaine doTenait de plus en plus menaçante; Pompée, puis Gabinias, intervenaient officiellement dans les querelles de la dynastie. César, assiégé dans Alexandrie (47), faisait et défaisait les rois. La dernière Lagide, Qéop&tre (52^30), après avoir, par Tascendant du triumvir Antoine, dominé plusieurs années sur rOrient, vaincue avec lui à Actium et prisonnière d'Auguste, se donna la mort pour ne pas survivre à la perte de la rojrauté (SO). L'Egypte fat réduite en province romaine.
Sous la domination des Césars, rEgvpte devint an des greniers de Rome. Quelques révoltes aussitôt réprimées marquèrent Tagonie de Tesprit national : Tesprit religieux subsista plus longtemps. La race indigène s'enfonça dans l'ignorance et le fanatisme, et les maîtres latins, comme auparar tant les maîtres grecs, Vj enconragèrent de leur mieux. Les grands temples d*Bdfou, de PbUœ, de Oendérah, d Ombos, d'Esnèh, sont le témoignacne le plus splendide qu'on puisse imaginer delà lervear pieuse de ce dernier âge. Us n étaient pas encore terminés quand le christianisme survint. Importé de bonne heure à Alexandrie, vers l'an 63 de notre ère, il se répandit de là dans la flaute- Egvpte. La lutte fut longue entre lui et le vieux coite. Dès le milieu du in* siècle, les grandes constructions de temples étaient arrêtées ; TArabe Philippe est le dernier empereur qui ait fait transcrire son nom en hiéroglyphes. Au temps de Dioclétienet de Constantin, l'Egypte était plus qu'à moitié chrétienne, et prenait une part ardente aux discussions théologiques qui divisaient alorsrfiglise. Elle éuit alors ortnodoxe, et les deux évèques d'Alexandrie, Alexandre, puis Athanase, furent les défenseurs de la foi contre les Ariens d'abord, puis contre Julien. Moins d'un siècle plus tard, elle se séparait de l'Eelise orthodoxe et embrassait l'hérésie d'Eutychès (451), qui domine encore aujourd'hui dans TEslise copte. Cependant, la vieille religion, k peu près anéantie dans le Delta et dans la Thébaide, se maintenait encore à Philœ avec le culte d'isisi grâce à la protection de la tribu des Blemmyes, ennemie de l'empire. Elle ne disparut que vers 5S4, dans les dernières années du règne de Jastinien I**. Quant à la vie politique, elle était morte depuis longtemps, et l'Egypte n'étsit plus qu'on membre inerte de l'Etat byxantin. Envahie par Chosroes, en 619, et soumise aux Perses pendant dix ans (619-639), elle ne fut reprise par Héraclius I** que pour tomber bientôt après entre les mains des Arabes. Anuvben-el-As, lieutenant du khalife Omar, l'envahit en 634, prit Memphis, en face duquel il fonda Postât, qui devint plus tard on quartier du Caire, enleva Alexandrie après un long siège (611), et fit de TEgypte une province de Vempire musulman.
VEgypU arabe et turque, •— Elle suivit d'abord la fortune des khalifes, et fut administrée par des gouverneurs dépendant des Ommeyades (661-750) et des Abbassides (750-870). Colonisée par des tribus arabes et syriennes, une partie de sa population devint musulmane : le reste demeura cnrétien et fot d'abord traité avec douceur. En pou d'années, les Grecs disparurent, et la seule langue qui subsista à côté de l'arabe» langue des vainqueurs, fut le copte, dialecte abâtardi dérivé de la langue des anciens habitants du pays. Les Coptes, employés par les Arabes comme marchands, scribes, commis aux finances, devinrent riches et prosrôrea. Vers 870. le gouverneur de l'Egypte, Ahmed-ibn- Touloun, se souleva contre le khalife de Bagdad et M rendit indépendant. Sa dynastie, celle des Toulonnides, n'eut qu'une courte durée (870>904) ; après quelques années» elle fut remplacée par les Fatimites de Tunis, dont le cheL Moesi, fonda Masr-
el-Qahhrah, plus tard le Caire (« la Victorieuse »],
Zui devint dès lors la capitale du pays (969-978). es premiers Fatimites furent des princes puissants, qui encouragèrent l'agriculture et le commerce. Mais à partir de Hakim (996-1020), le fondateur de la secte des Druses, leur domination ne cessa de décliner. En 1096-1100, les Croisés conquirent Jérusalem et la côte syrienne : leurs rois Beaudoin 1*' et Amanry I** portèrent à plusieurs reprises la guerre dans le Delta. Après plusieurs guerres sanglantes, le dernier Fatimite, réduit à l'impuissance, mourut, laissant pour successeur son ministre Salah-eddin (Saladin), qui fut le chef de la dynastie Eyyoubite (1171-1250). Vainqueur des chrétiens à Hittin (1187), Saladin leur reprit Jérusalem et réunit la Syrie à l'Egypte. Après sa mort (1193), ses successeurs Malek-el- Adel (1193-1218) et Malek-el-Kamel (1218-1238), régnèrent avec éclat. Mais bientôt la milice des Mameloucks, formée desclaves circassieos et turcs et qui servait de garde aux princes, détrôna les Eyyoubites et mit son chef Malek-es-Saleh sur le trône (1240-1249). Ce prince eut à repousser la neuvième croisade : ce fut lui qui battit à Mansourah et fit prisonnier saint Louis (1V49). Après lui, l'Egypte resta près de trois cents ans sous la dominauon des Mamelouks (1249-1517).
Les Turcs, après avoir détruit l'empire grec, se retournèrent contre TEgypte. Le sultan Sélim I*' battit successivement les princes mamelouks El- Ghouri (1501-1516) et Toman-Bey (1517), et fit de l'Egypte un pachalik turc; Les Mamelouks continuèrent de dominer, sous l'autorité souvent nominale d'un pacha. Jusqu'à l'arrivée du ffénéral Bonaparte on 1798. Les Français occupèrent l^gypte quatre ans (1798-1801) sous Bonaparte, Kléberet Menou. Chassés par les Anglais, ils se retirèrent eu laissant dans le pays des germes de drilisatlon
2ui ne tardèrent pas à se développer. Un Turc *orig|ino macédonienne, Méhémet-Ali, né on 1769, réussit en 1 805 à se faire nommer pacha d'Egypte par le sultan. Il se débarrassa des Mamelouks par un massacre en 1811, et commença résolument la réorganisation de l'Egypte. Aidé par des ofBdert et des ingénieurs français, il créa une armée et une flotte dont il se servit d'abord pour soumettre l'Arabie (1811-1819), la Nubie, puis plus tard, en 1832, la Syrie. Vainqueur des Turcs à Nisibi en 1839, il fut forcé par les Anglais (1841) à reconnaître l'autorité au sultan, et dut se contenter d'obtenir en E^pte une sorte de rice-royauté presque indépenduite pour lui et ses successeurs, fin môme temps» il essayait dlntroduire en Egypte la civilisation européenne, créait des manufactures, creusait des canaux, établissait des routes. Après sa mort en 1849. le pouvoir passa à son petit-fils Abbas (1849-1854), puis à son fils Sald (1854-1863) qui continua Tœuvre commencé» par son père. La grande entrepnse du canal de Suez, commencée sous lui en 1858, n'a été terminée qu'en 1869 sous son successeur Ismail. Ce dernier a été remplacé en 1879 par son fils Tewflk. , ,
Géo^aphU de CBgypte actuelle. — Aujourd nui, la vice-royauté d'Egypte comprend la Basse-Egypte, le Sald, le Dongolah, et la province de Soudan, à laquelle des conquêtes récentes ont ajouté le Darfour et les prorinces de l'équateur. Toute la vallée du Nil, depuis le lac Victoria-Nyanza Jusqu'à la Méditerranée, et tout lo pays à l'est du Nil jusqu'à la mer Rouge, sauf l'Abyssinie, relève du Khédive : c'est l'empire africain de Thoutmôs 111. Cette vaste étendue de territoire et divisée en provinces (moudiHyhé) gouvernées par un préfet {moudir), assisté par un conseil de fonctionnaires civils, miliuires et religieux. Les provinces sont divisées en cantons administrés par des kashefs. La population est d'environ 17 000000 d'habitants.