ESPAGNE ET PORTUGAL — 700 — ESPAGNE ET PORTDGAI
dei
[n'a Gènes, et fat Gascogœ françtite, à en Juger par les noms de localités qn*on trouve (Uns ces régions et qui apf»rtieniieiit évidemment à cet idiome différent de toutes les langues actuellement parlées en Europe. Les Phéniciens^ Les Grecs, les Carthaginois^ ent fondé des eotoaies florissaates dans la Péninsule, V9askt que les Romains la fissent entrer dans leur empire. Dans le flot de ^invasion des barbareos elle fut traversée par les Alains qui ont laissé quelqiies descendants dans le Portugal, s'ils n*ont point entièrement disparu, par les Sttèveft, qui sont les ancêtres d*ane portie des habitants de la Galice, par les Vandales» dont TAddakmslfl conserve le nom, par les Vlsi^ths enfin, qui y ont fondé un empire durable et florissant jusqu'à ce qu'ils fussent refoulés à lenr tour parles Arabes et les Maures venus d' Afrique. A côté de ces races dont le sang s'est plus on moins mêlé, on trouve encore en Espagne des juifs, convertis à Tépoqua de l'inquisition qui les prescrivait en masse, et des Gitanos semblables à nos Bohémiens de France, qui, dans phisienrs vliles^ forment la population exclusire d'un quartier.
Les habitants des diyerses provinces de l'Espagne ont du reste leur caractère propre résultant des conditions bâstoriqnes de lenr origine, de leur déreloppemeot, des conditions climatériqoM et économiques dans lesquelles ils vivent.
Les Basques, qui ne fusiomieut avec aucune antre race, sont très Jalonx de leurs privilèges, de lenrs ftieros, comme on les appelle, qui leur ont été octroyés par les anciens seuverains de la Camille, mais qui doivent diq»arakre aujourd'hui dans l'intérêt temuwin de toute la raonarchâe^
Les Catalans se rapprochent des Provençaux, avec nui lis n'ont longtemps formé qu'un seul peuple. Ce sont des travailUmrs actifs et industrie«x, vantards, querelleors, mais audacieux et entreprenants pour aller cbereher fortune.
Les Galiciens sont aussi portés à l'émigration à cause de la population surabondante de leur province. Ce sent les Anrergnats de rBspacne ; ils est, dans toute l'Bepagne, le monopole des métiers d'hommes de peiné, portefaix, etc.
Les Andaloufl MMitcenx a«i ont conservé le plus de sang manre dans: les veinem. Bs. en ont tiré un très grand orgueil.
Les CaeOllans, q«i sont générafesasent détestés dea antees Espagnols, sur qui ils ont établi snc^ œssiivement lenr supréoutie, imposent de pins en plus leur Uagun à tonte l'Espagne^ csnune ils lui ont iaqiosé leur dominatiom
En généml, les Espagnols sont de petite taille, musouleux, sobres, tns endurcis à la fatigue, soldats excellenta par leur obstination dans la lutte, par lenr résignation pour endurer toutes les privations (fi. R^un). En revanche, ils sontvindicams, •upentitieux,. souvent cruels.
tenant perdu lapins grande nartie de rimmense empire eolottial qui iUsait dire a Charies-Quint «que le soleil ne se oeoehaitiamais sur ses Etats. » Si elle en avait tiré d'immenses richesses, S4 milliards de ftancs de métaux précieux pendant les deux premiers sièdes <|ui ont suivi la conquête, de 1^ à n02, elle u avait perdu ses enfants les plus au- .dacieux,et le caractère national se trouvant amolli par l'iaidolence, cette grande fortune coloniale a été pour l'Espagne l'origine de la décadence, dont elle semble en train de se relever.
De ces immenses domaines* où du moins se conserve encore l'usage de la langue castillane, il ne reste à l'Espagne que Cnbaet Porto-Rico dans les Antilles (V. Amérigue)^ les Philippines et Quelques arcbipeis voisins dans TOcéanie (V. Ocrante), les Canaries, des Iles dana le golfe de Guinée et quelques établissements sur la côte du Maroc (V. Afrique) et enfin les lies Baléares dans
la Méditerranée ; l'ensemble de ces possession» cou> vre une superfide de 300000 Idl. carrés peuplée de 8 500 000 habitants.
Iki B«Uéare$, -^ Les Baléares, qui tirent lenr nom de l'habileté de leurs anciens habitants pour lancer la fronde, forment une prolongation des montagnes de TEspagae méridionale vers le N. B. Iviça, Ta plus rapprochée de la oûle, est k 8â kil. du continent. Piïs d'Iviça et an sud est la petite lie de Fotmentera. Ces deux lies s'appelaient les Pityuses, à. cause des pins qui en couvraient une oartie. Au N. E. d'Iviça viennent successivement Maj'orgue , la plus grande Ile dn groupe , puis Minorque, Les montagnes, qui ne dépassent pas 400 m. d'altitude dans Iviça, forment anr la G6te N. O. de M^orque une sorte de rempnrt qnî s'élève Jusqu'à 1 OUO ou 1 500 mètres, pour s*abais$«r de nonvcan dans Minorqne. Cette demlére île est celle qui reçoit le plus de pluie. Les antres, malgré leur situation insulaire, ne sont pan auffisamment arrosées par lea pluies, et si on y récolte en abondance des oranses, dea vins^ des oiives, des légumes, c'est grâce a des canaux d'irri^tion bien ménagés et à cette activité propre anx habitante, qnl les lait rechercher conune jardiniers d^s les contrées voisines.
Minerque renteme un bon port, celai de Mahim (1 5000 hab.), qui sert d'escale sur U route de Fmnce en Algérie, car U est situé à pen près sor la ligne directe qui relie Marseille à Alger.
La capitale de imorque«Palma, où réside le capitainn général, a une popuIaLion pins ooosidérable(4000ahab.).
Les Ues Baléares Jouissent d'un climat ealubre. et les habitante, en dehors de leurs produiu agricoles, ne manquent pas d'industrie. Ce sont eux qui ont donné leur nom aux laiences dites majolifitei,
Oèogimpliie politique et èoonomiqon do Port» gnl. — Hégions agricoles. — Sur la frontière de l'Espagne, le Portugal forme, an nord dn Taare, nnt région montagneuse, dont la Siem d%stre!lj renferme les sommets culminants et qui est principalement occupée par des pâturages. A Fouest, le territoire s'abaisse en formant de petites montagnes couvertes de chitaignciers et des coteaux revêtus de riches vignobles, au milien desqa^b s'étendent des vallées très fertiles, où Ton caltivd surtout le mais.
L'Eatramadure, qui occupe les deux rives dn Tage, renferme des montagnes stériles, un Gttonl sablonneux, mais offrant de richos marais salants, et le long du Tage des terres d'alluvioo très fertiles cultivées en riz, en mais, en froment. A l'est de l'Estramadure, sur la rive drt^te du Gai> dîanayl'Alemtejo offre des plateaux souvent couverts de landes qui ne conviennent qu*à la cnituro pastorale. C'est là que les troupeaux traniJinmants passent l'hiver, tandis qu'ils remontent pendait Tété dans le Boira et le Tras-os-montes au iu.rj du Tage et du Douro.
Eafin TAlgarve, au midi^oifre de beûns forets de chênes et des champs de blé fertiles au-dessus des Jardins dn littoral qui regarde F Afrique.
Productions agrieolei. — Jua principale production du Portugal est le vin. La réÂon qui est sur la rive droite du Douio, entre se& deux affluents, le Tua et le Tamega^ est si riche en vignobles qa elle porte le nom caractérlstiquo de Paiz. do Vinho. Les produits en sont exportés par le port de Porto, dont ils portent le nom, et sont principalement consommes en Angleterre. Les oranges et les citrons do Lisbonne et de TAlgarve forment une source importante de commerce. A ces produits U faut ajouter les huiles, les noix, amandes, figues et autres fruits.
Productions minércdes. — La principale richesse minérale consiste dans le sel qu'on recueille en grande abondance sur les rivages, et particulière-
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xnent autour de Sétuvalf dont la baie 8*0Qrre tin peu au sud de femboucfaure du Tage.
Le minerai de cuirre est actirement exploité & San Domingo^ entre le Gnadiaùa et son affluent de gauche, la Qianza, qui sert de frontière aux deax royaumes de Portugal et d*Espagne. Un cbemin de fer, x^m de la mine aboutit au confluent des deux rivières, sert de débouché à Toxploitation, dont les produits sont ensuite embarqués sur le fleuve pour gagner TOcéan.
I^éche. — Gomme les côtes de la Galice, celles du Pox-tugal sont le thé&tre d'une pèche très active. On y trouve des sardines, des thons, des huîtres, dont on élève un grand nombre dans des parcs pour les expédier ensuite au dehors. Les eaux des fleuves nomrlssent aussi beaucoup de poissons.
Commerce. — La construction des chemins de for est encore très peu avancée en Portugal. A superficie égale, on n'y compte que le quart de ceux qu'on trouve en France. Lisbonne ne communique encore avec Madrid que par Badajoz; il pourrait être relié directement à la France et servir de tète de ligne vers TÂmérique pour FEurope entière. Les fleuves du Portugal ,'plus considérables qu'en Espagne, conviennent à la navigation, et à leur embouchure se trouvent des ports où les marchandises sont transbordées des bateaux de rivière sur les navires de TOcéan. Porto (90000 hab.) est la. première ville du royaume par Vimportance de son commerce et de son industrie. Malheureusement la barre du Douro, sur laquelle il n'y a quelquefois que 4 mètres d'eau, en interdit Taccès aux navires qui ont un tirant d*eau plus fort. Le Douro est en outre sujet à des crues subites qui y rendent la navigation dangereuse. On trouve à Porto, à côté des immenses celliers, des raffineries de sucre, des filatures et diverses autres usines.
Lisbonne, la capitale du royaume (350000 hab.), est dans une situation admirable. Bien que séparée de rembouchure du Tage, de manière à être à I*abri de l'agitation des vagues et facilement défendue contre les. attaques du dehors (cependant la flotte française, sous Tamiral Houssin, en a forcé rentrée en 1831), elle a devant ses quais une profondeur de 25 ou 80 mètres d'eau, où peuvent mouiller les navires les plus forts, et s^ rade immense en peut contenir des milliers. Tandis que sur la rive gauche s'étendent des marais, les alentours de Lisbonne, sur la rive droite, sont escarpés et sont revêtus d'une luxuriante végétation d'orangers, de palmiers, de nopals.
Gouvernement^ population, ~ Le gouvernement du Portugal est une monarchie constitutionnelle. La religion catholique est celle de la majorité des habitants. La population du royaume est de 4 millions d'habitants, ou 44 habitants par kilomètre carré en moyenne. C'est plus qu'en Espagne, c^est encore beaucoup moins qu'en France (70 habitants par kilomètre carré). Lapopulation laplus dense est dans la partie nord-est du royaume, qui alimente une assez nombreuse émigration. De tous les Européens, les Portugais, en effet, sont ceux qui s'acclimatent le mieux dans les pays chauds. Cette disposition est quelquefois attribuée au sang nègre qu'ont introduit les noirs d'Afrique, dont un grand nombre ont été amenés en Portugal, avant d'être transportés comme esclaves en Amérique. Les Maures ne se sont pas éublis en Portugal aussi solidement qu'en Espagne, et y ont laissé beaucoup moins de traces.
Colonies. — Par sa situation maritime, le Portugal était appelé à Jouer un rôle colonial, aussitôt que ses manns eurent découvert la route de l'Amérique méridionale et celle de l'Inde par le cap de Bonne-Espérance. Après avoir eu en Orient un grand empire colonial, ils ont été supplantés presque partout par les Hollandais; et le Brésil, leur plus belle possession en Amérique, s'est déclaré indépendant en 1822. Il ne reste actuellement au
Portuffal que l«8 lies Açeres, Madère, et du cap Vert dans l'Atlantique, l'Ile Saîn^Thomas et l'Ue du Prince dans le golfe 4e Guinée, Géba dans U Sénégtrabie, une parHe de la Gviaée méridionale et le Mosambfque dans TAlHqve méridionale (?. Afrique) ; Dlu et Goa dans l'Bindeustan, et Macao en Qdne (V. Asie) ; une paartie de l'Ile Timor (?. Ocrante); en teot 1 825000 kilomètres carrés, peuplés de 8 600 000 habitants. fG. Heissas.l
Pour l'histoire et la littéraiture du Portugal, V. Portugal
ESPAGNE. — HlMoire. — Histoire générale, XXIX. — De l^Bspagne suilout on peut dire mie la géographie y régrt l'histoire. « Une posiuon continenule aussi isolée, une forme aussi montagneuse ne sont pas les plus favorables aux communications ni au mouvement. On pénètre difHc»lement d'Europe en Espagne : la grande muraille des Pyrénées en ferme Taccès. On ne passe point aisément d'une partie de TEspagne dans l'autre ; les chaînes intérieures s'y^ opposent. L'isolement extérieur et l'isolement intérieur sont donc les caractères généraux de Tfispagne. Pour Tunhr au reste du monde, et i)our lier ses provinces entre elles, il a fallu l'invasion du dehors, et la conquête au dedans. » (Mignet.)
Le peuple espagnol est formé d*lbère8 auxquels se sont d'abord mélangés des Celtes ; puis quelques colons grecs de Jfarseille, des Phéniciens et des Carthaginois; puis des Romains, qui dominèrent quatre siècles, durant la fin des temps antiques ; puis des Goths, des luifs, des Berbers et des Arabes, dont la défaite en 1492 ferme en Espagne le moyen Age et la période des invasions. Aux temps modernes, TEspagne a étonné le monde pendaut un siècle par sa monstrueuse grandeur, depuis 1598 par la rapidité et la profondeur de sa chute.
Antiquité. — !•• période (f invasion. — Les premiers envahisseurs furent les colons carthaginois. Dos comptoirs de la côte orientale s'embarquaient les lingots d'argent des mines espagnoles, et U foule des Barbares, Ibères ou Celtes, qu'enrôlaient pour défendre leur avarice les riches négociants de Carthage. Plus tard, c'est en Espagne que le grand Hamilcar fonda l'empire des Barcas^ assex loin de Carthage pour être indépendant, assez riche pour payer la populace punique, assez brave pour fournir une armée contre Rome ; Carthagène en rat la capitale. La Péninsule soumise Jusqu'à TÈbre devint la base des opérations d'Annibai, malgré Sagonte, digne déjà de Saragosse. Après son frère, Asdrubal put s'échapper encore et franchir la Gaule pour passer en Italie (20H). Depuis dix ans les Espagnols, mobiles et pauvres, flottaient entre les deux partis de Rome et desRarcas. En 202 ils furent le prix du vainqueur. Mais ce fut pour Rome deux siècles de guerre acharnée à soutenir. Les prisonniers, embarqués comme esclaves, perçaient la cale du navire et coulaient dans les flots avec leurs nouveaux maîtres. Un pfttre de la Sierra Morena, Viriathe, fut neuf ans invincible ; un instant, il y eut une paix a conclue entre le peuple romain et Viriathe » ; et le berger battit les légions Jusqu'au Jour où on l'assassina (140). En 134, il fallut Scipion Emilien, 60 000 légionnaires et la famine pour réduire à se tuer 4000 Numantihs emprisonnés dans leur ville. SousSertorius (82-72), ils battirent Métellus et Pompée; à Munda (45) ils affrontèrent César et tinrent une Journée sa fortune en balance; sous Augnste, ils remuaient encore dans les gorges des monts Cantaîbres et des Asturies.
Mais, comme le reste du monde, comme Rome elle-même, ils allaient entrer dans la grande paix de l'empire. Leurs trois provinces, Zusitanie au sud-ouest, Bétique au midi, Tarraconaise au nord, se peuplaient de villes aux noms romains, Mérida, Cordoue, Séville, Lugo, Saragosse, à côté des an*
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dennes, Gadèt, Garthagène, Sagral» al BoiMk Les temples, les cirques, les bains, les aqaedttcs» m ponts se multipliaient dans les Tilles. Depuis IT60 ans, la tour bitie sur le pont d*Alcantara domine le Tage de 64 mètres, la hauteur de Notre-Dame. LiTrée au commerce, à Tagriculture, à Tindustrie, la Péninsule éuit pacifiée; le long des routes romaines, à la suite ae ses préteurs, de ses armées, de ses publicalns, de ses commerçants se répandaient partout les idées et la langue du Tainqueur. Fondue dansTemplre romain, l'Espagne lui donna ses gloires : Pomponius Mêla le géographe, Tagronome Columelle, le rhéteur QuinUlien ; Florus écrivait une histoire romaine: Martial aiguisait 1500 épigrammes ; surtout, Séneque et son neveu Lucain mirent en latin la raideur stoïcienne et Temphase espagnole. Moins d*un siècle après Auguste, la province donnait des maîtres à Rome môme; Traian (98 après Jésus-Christ) commençait la dynastie des empereurs espagnols, Adrien, Marc- Aurèle, dont la vertu réalisa lidésl antique, enfin Théodose qui le dernier tint sous ses lois 1 Orient et rOccident, de l'Euphrate à TAtlantique.
Moyen aob. —It* période d'invasion, — Mais Théodose emportait Tempire romain dans sa tombe En 409 le flot dévastateur aes Alains, vandales et Suèves roulait des Pyrénées au détroit de Gadès. Après vingt ans les Vandales partirent pour TAfrique, ne laissant d*eux en Espagne que dos ruines et le nom d'Andalousie. Les Suèves étaient refoulés en Galice et les Alains en Lusitanle par do nouveaux venus, les Visigoths, établis sur les deux flancs des Pyrénées commo soldats de Tempire. Sans cesso ébranlée par les discordes des rois et de Taristocratie, par la haine des indigènes catholiques contre leurs maîtres ariens, rapidement afl'aiblie par ramollissement des Barbares sous le soleil du Midi, la nouvelle domination ne fut jamais bien assise et il suffit d'une Journée — celle de Xérès (7 1 1 ) — pour la balayer de la Péninsule devant les escadrons des Arabes. Arrêtés à Tours en 732, ceux-ci se replièrent derrière le mur glacé des Pyrénées, et en 752 fut fondé le Khalifat de Cordoue. « Ils y introduisirent leur civilisation, qui fut, comme leur croyance, le résultat d*un emi)runt. Mis en rapport par le commerce avec les Juifs de la Palestine et les chrétiens de la Syrie, ils avaient enfanté Tlslamisme; mis en communication par la conquête avec les Grecs, les Hindous, les Chinois, ils créèrent cette civilisation mélangée, sans originalité et sans profondeur, mais non sans éclat ni sans utilité, qui rattacha les unes aux autres les découvertes de trois civilisations isolées, et rétablit le mouvement suspendu de l'esprit dans le moyen &ge. 9 Cest par eux que rOcdaent reçut les premiers manuscrits d'Aristote. C'est dans leur voisinage et par leur influence que se réveilla l'esprit scientifique. Astronomie, géométrie, algèbre, physique, médecine, géographie étaient alors enseignées dans de nombreuses écoles espagnoles. L'agriculture fut cultivée comme une science, et la fécondité du sol multipliée par des irrigations merveilleuses ; la vigne, 1 olivier, la canne k sucre, le cotonnier couvraient les provinces méridionales ; les lonOOO palmiers d'Elche près d'Alicante ont été plantés par Abd-er-Rhaman. Séville comptait 600(i0 métiers à tisser la soie au xii* siècle ; il n y en a pas aujourd'hui 20 oOO dans toute l'Espagne. Et la Péninsule reçut encore des mains des Arabes la poudre à canon, le papier de chiffon, l'art des préparations chimiques, de la distillation, l'usage des chifi'res dont nous nous servons aujourd'hui, les orgues, les horloees à sonnerie, les almanachs, la boussole, le pendule. De tout cela, nous ne voyons plus que quelques monuments: la Giralda de Séville, qui fut un observatoire astronomique et ui est devenue un clocher catholique, la mosquée e Cordouo qu'éclairaient 46u0 lampes et dont plus
de mille colonnes en marbre soutenaient les 3t nefs; surtout l'Alhambra do Grenade arec ses dABtelles de pierre, ses frais Jardins, ses claires tontatna>> « Mais ce qui s'arrête recule. Le Khalilat de CordeM «était déuché de celui de Bagdad ; les diverses parties de l'Espagne se déuchèrent di Khalifat de Cordene. Loiiique le lien de la conquête se brisa, la puissance dee Ueux reparut, et la oa- l ture divisa ce que la force avait un moment ré- i uni.» (Mignet)AprèslachutedttK]ieUfat(i044}.les ' émirs érigèrent leurs provinces eo nqr^n™^^ ; ^ l'anarchie livra les débris de Fempire arabe aux attaques des chrétiens.
Formation territoriale. — Cependant chaque pas de la décadence arabe avait marqué un procès des chrétiens. Dès 711, l'Espagne était dcveoM le champ clos des deux religions. Quelques fugitifs de Xérès, sous le comte Pélaee, s*éuient maintenus libres dans les sorges des Asturles. Leurs fils descendaient peu à peu des montagnes ; en 760 ihi fondaient Oviédo, en 914 Léon, et leur frontière se hérissait de châteaux forts, dont le pays reçut bientôt le nom de Castille. En même temps la Marche d'Espagne, fondée par Cbarlemaçne, devenait le royaume de Navarre ;S57), dont le roi. Sanche le Grand, uni à celui de Léon, frappait sur le Khalifat de Cordoue l'irréparable désastre de Kalat-Anosor (1002). Les chrétiens, disent les chroniques, se battirent comme des loups afifamés. Des trois fils de Sanche le Grand, l'aîné. Gardas, agrandissait la Navarre, le deuxième, Ferdinand, unissait les royaumes de Léon et de Castille (1037), le troisième, Ramire, prenait TAragon sur les Maures (10351063).
Vainqueurs à Tolède, mais vaincus àZalacca (1086) par les Maures Almoravides, puis à Uclès (1108), les Croisés espagnols n*en conquéraient pas moins deox royaumes nouveaux, en Portugal sous Henri de Bourgogne f 1139), à Valence sous le Qd, qui fat le Roland ae la Péninsule et que chanta le romancero. Désormais les chrétiens, solidement adossés aux Pyrénées, soutinrent contre les Musulmans une croisade régulière, grâce aux ordres miliuires deCalatrava(1158), deSaint-Jacques(l 161), d'Aléastara (1176). En 1212, malgré les chaînes oui reliiico: entre eux les premiers rangs dos Almohades, m:l-
Se lé Coran que tenait on main leur émir. l«i aurps vinrent se briser sous les haches d'armes des Espagnols aux Navas de Toloss. I^e destin de la Péninsule était fixé ; têt on tard les Musulmans en devaient sorth*. Dépouillés de Cordoue, de Séville, de Jaen, de Cadix par les Castillans, de Valence par les Aragonais, des Algarves par le Portugal, ils ne possédaient plus en 1248 que Gr^ nade et son territoire.
Mais les barons espagnols, terribles aux Maures, ne l'étaient pas moins à leurs maîtres. L'anarchie déchirait les quatre royaumes chrétiens. LesCo:tès. formées des députés du clergé, des ri lies et de h noblesse, possédaient le pouvoir. En Aragon, le Justiza, choisi par les barons, surveillait les actes du roi ; et voici le serment que les sujets prêtaient à leur prince : « Nous^ qui, chacun en particulier, sommes autant que vous, et qui, tous réunis, sommes plus que vous, nous vous lurons obéiNsanoe et fidélité, si vous observez nos fois ci coutumes ; sinon^ non. » Et la liberté du langage ne surpa^tsait point celle des actes, et les discoïdes des princes s'ajoutaient à la désobéissance des barons. Copeodant à la fin du moyen &ge (1453), la bannière aragonaise flottait sur les Baléares, la Sardaigne, Malte, et les Deux-Siciles enlevées aux Angevins français.
Trois princes ont alors entrepris d'établir l'unité sous le pouvoir absolu en France, en Angleterre, en Espagne. Ferdinand d'Aragon fut le Louis XJ ospa. gnol. L'unité politique et religieuse de la Pénin. suie fut le but de ses talents et de sa perfidie.
ESPAGNE
ESPAGNE
Mari d'Isabelle de Castille, il eoosaere Tunion des deux grmndB royaumes espagnols par la victoire de Toro remportée sur les nobles et les Portugais /1476). En 1492, après onse ans de Ruerre, il entre à Grenade ; Boabdil, le dernier des rois maures, pleure «omme une femme le royaume qu*il n*a pas sa détendre comme un Homme. En 1493, Ferdinand obtient de Charles VIII le Roussillon ; en 1512 il conquiert la Navarre, dont Ximenès achève la soumisflion (l&ie-1518).
En même temps il transforme la milice des villes (Sainte Hermandad), et la tourne contre la noblesse. Il attribue à la couronne la erande maîtrise des ordres militaires. Enfin il crée llnqulsition, organisée parTorquemada. Dix-sept tribunaux ecclésiastiques, dirigés par le grand-inquisiteur, veillent sur la conscience religieuse des Espagnols, ils chassent les Juifs (1493) et les Maures (1499). Maître de TEspagne, Ferdinand s*occupa d'établir sa prépondérance au dehors. En 15f(0, il s*alliait à Louis xn contre le prince aragonais de Naples, et en 1501 Gonsalve de Cordoue lui assurait rentière possession de la conquête commune. En 1492 Isabelle avait donné trois navires à Christophe Colomb ; et celui-ci en retour avait donné on monde à TEspagne.
Enfin un habile « système d*alliances politiques » enfantait le monstre autrichien qui devait an xvi* siècle écraser rEurope de sa suprématie. L'Espagnole Jeanne épousait Philipoe le Beau d'Autriche et donnait le Jour à Charles-Ouint.
Temps modernes. — Apogée de tEspagne. — « Gharlee-Quint (1516-1556) a été le souverain le plus puissant et le plus grand du xvi* siècle. Issu des quatre maisons d'Aragon, do Castille, d'Autriche et de Bourgogne, il en a représenté les qualité» variées et h plusieurs égards contraires, comme il en a possédé los divers et vastes Etats. » (Mignet.) « Il éuit à lui seul une coalition, » dans laquelle TEspagne se trouvait fondue et subordonnée. Entre ses mains, elle ne ftit plus qu'un instrument puissant pour obtenir la maîtrise du monde ; elle dépensa sa force au service d'intérêts qui n'étaient point les siens. Ses trésors et ses soldats s'usaient à combattre la France, à contenir les protestants d'Allemagne, à vaincre les Turcs, à maintenir péniblement le faisceau d'une monarchie dans laquelle le soleil ne se couchait Jamais. Aussi, désintéressée des triomphes, qui lui éuient inutiles, elle partagea la défaite dans la crise suprême de 1555 qui mit à néant Tœuvre de Charles-Quint. En vain le peuple espagnol avait-il voulu des garanties. Les comuneros vaincus à Villalar (1521), Padilla fut décapité et avec lui l'esprit natlonaL Cest pourunt en Estramadure que vint mourir le vieil empereur au bout de ses succès, de ses forces et de sa vie. De ce règne, l'Espagne
Krdait l'Amérique, conquise par Cortex et Pizarre, i Pays-Bas, la Franche-Comté, le Milanais, les Deux-biciles, Talliance de l'Angleterre, dont la reine Marie Tudor venait d épouser le -fils de' Charles- Quint, Famitié docile des Médicis à Florence, des Doria à Gênes, l'épée de Philibert-Emmanuel, duc de Savoie, enfin son nouveau maître, le taciturne et hautain Philippe II.
C'éuit l'apogée de l'Espagne, féconde dans les lettres et les arts comme dans la politique et la guerre. Herrera « le divin » chantait ses odes sublimes; la Vega s'illustrait par ses sonnets avant de mourir à trente-six ans ; Mendoza donnait son histoire des fçuerres contre les Maures. Après eux, Cervantes (1547-1616; écrivait son immortel don Quichote et ses drames moins célèbres; Guillen de Castro mettait en scène le Cid Campéador qui inspira notre Corneille ; Lope de Vega composait ies 1 HOO drames ; enfin Calderon méritait d'être surnommé le Shakespeare espagnol. L*éclat de la peinture fut postérieur à celui des lettres;
Velasqnez, Znrbaran, surtout Mnrillo vécurent an XVII* siècle. Ainsi donc, par sa littérature comme par ses armées, l'Espagne alors dominait l'Europe.
a Quand l^Espagne remue, la terre tremble, » disaient les contemporains. Du fond de l'Escurial, palais et monastère tout ensemble, Philippe II remuait le monde, avec l'Espagne pour levier. Chef du catholicisme armé, confondant le triomphe de la relisrion et celui de son ambition même, U médiuit 1 asservissement de l'Europe dans l'unité de son empire et de sa foi. Pour atteindre ce but, il livrait à ITnquisition le reste des Maures andalous et il proscrivait avec eux ragricuUure et Tindustrie espagnoles (1568]. Don Juan, son frère, auquel il « permettait la gloire à défaut de la puissance », écrasait les Turcs à Lépante (1571). Luimême avait vaincu les Français à St-Qucntin (1558), etsignélapaixdeCateau Cambrésis (1559). Il allait conquérir le Portugal. (1580). Mais la réforme était une enclume oui déjà avait usé bien des marteaux. Après Marie Tudor^ Elisabeth avait implanté le protestantisme en Angleterre et mis à mort Marie Stuart( 1587). L'invincible Armada dirigée contre les Anglais était vaincue par les vents (1588) : les Provinces-Dnies étaient victorieusement révoltées sous le prince d'Orange ; enfin, en France, après les espérances* de la Ligue, le triomphe d Henri IV obligeait l'Espagne à la paix de Vervins (1598). La même année mourut Philippe IL L'Espagne s'était épuisée sans retour dans son effort gigantesque; de fatigue, elle entrait dans sa décadence.
Décadence. — Sous Philippe m (1598-1621), le repos ne taX que langueur, et TAndalousie s'appauvrit encore de 8n0,000 Maures chassés en 1609. En 1618 commença la guerre de Trente ans. L'orgueil de Philippe IV (1621-16C5) et de son ministre Olivarez coûtait à leur pays le Portugal (1640), la Hollande (16481, Dunkerque et la domination des mers dont héritait l'Angleterre, l'Artois, le Roussillon, la prépondérance en Europe qui passait à ht France (traité des Pyrénées, 1659). Charies II (1665-1700), impuissant et débile, était l'image de son empire, démembré par chaque guerre (Flandre, 1668, Franche-Comté, 1678) et dont, sous ses yeux, ses héritiers se disputaient les lambeaux.
Quand mourut ce pauvre prince, il n'y eut plus de Pyrénées ; le Bourbon Philippe V allait régner à Madrid, soutenu par l'amour des Espagnols. La
firemière fois que les Autrichiens entrèrent à [adrid, les maisons étaient fermées en signe de deuil, et l'on ne ramassa point l'or qu'avait jeté l'archiduc Charles dans les rues. Chassé deux fois de sa capitale, Philippe y rentra déflnitivement après la victoire d'Almanza(1707}, et celle de Villa- Viêiosa (11 10), qui lui fit un lit de drapeaux autrichiens. Mais pour conquérir son roi, l'Espagne avait perdu toutes ses possessions européennes et Gibraltar par les traités de 1713.
Le regret de cette déchéance et Tambition do sa reine Elisabeth Farnèse l'entraînaient aussitôt dans l'intrigue d'AlbéronL Vaincu en 1720, Philippe V obtint cependant pour ses fils les Deux-Siciles, (1738), et Parme et Plaisance en 1748.
L'avènement de Ferdinand VI (1746-^59) donna le pouvoir au ministre Ensenada. Celui-ci ranima l'agriculture et l'industrie, mit de l'ordre dans les finances, dans l'administration, et laissa à son successeur une armée, 5^ vaisseaux et 60 millions d'économies. Sous Charles III, prince habile et libéral (1759-1788), Aranda et Campomanès. s'inspirant des idées françaises, essayèrent de renouveler l'Espagne. La réforme des couvents, l'expulsion des Jésuites (1767), désarmèrent Klnquisition 2ui depuis cinq siècles avait expulsé 2 80u 000 infièles et rendu 347 000 condamnations. Le pacte
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de famille (1761) ayalt donné à VEspagne la Louisiane, mais lui atait codté la Florido (1768), que lui rendit bientôt, arec Minorque, le traité de Ver- •aUles (1783). Après eux, Florida Blanca (1174) fboda un grand nombre die fabriques, favorisa Tapiculture, perça des canaux et des routes, institua la banque royale.
Mais Charles IV (1788-1808) abandonna bientôt ces réformes pour lutter contre la rérolutîon française sur les conseils de son ministre Oodoy. Vaincu, il signa la paix de Bâle, qui llyrait Saint- Domingue à la France. Dès lors il fut le docile instrument de Napoléon contre TAngleterre et le Portugal. La flotte espagnole périt avec la nôtre à 'Trafalgar (1805), et Jugeant la nation par son roi, Napoléon résolut d'annexer la Péninsule à son empire. En 1807, Junot conquérait le Portugal; en 181)8, Napoléon arrêtait à Èayonne Charles IV et son fils révolté ; Joseph, nommé roi d*£spagne, entrait victorieux à Madrid. Mais le peuple espagnol était debout derrière ses montagnes, soutenu par les Portugais de Wellington, et bientôt Dupont capitulait i Bavlen en 1808. En vain Napoléon luimême poussait victorieux jusqu'à Maarid (1909); Massé na reculait devant les lignes de Torrès- Vedras (1812), et Joseph perdait laPéninsule à Vtttoria (1813). La chute de Tempereur délivra le flls de Charles IV, Ferdinand VU ^1814).
PÉRIODE COlfTKMPORAINB. — 1814-1879. — « La nation replace sur votre tête la couronne qui en était tombée, et qu*elle a su reconquérir pour vous et sans vous. La patrie ne met à vr^.re autorité d*autres limites que celles qui ont été posées par la charte constitutionnelle. Le jour où TOUS les franchiriez, le pacte solennel qu*eUe forme aujourd'hui avec vous serait rompu. > Ainsi parla à Ferdinand le président des certes, au, nom de la nation Justement fiëre de ses efforts héroïques pour repousser Tétranger. Ferdinand VII jura d'observer la Constitution de 181*2 ; mais queloues semaines après, les Certes étaient dissoutes, rinquisitioit rétablie, les prisons pleines de patriotes, et TËspagne perdait ses colonies insurgées contre ce régime vers 1820.
La même année Riego souleva Tannée à Cadix ; Ferdinand Vlï dut ouvrir les prisons et convoquer les Cortès. CcUesci, imiUnt notre grande assemblée constituante, déclarèrent les biens ecclésiastiques propriété nationale et abolirent les droits féodaux. Aussitôt la noblesse et le clergé insurgés appelèrent Tintervention étrangère ; et Louis XVIII déclara la guerre au nom de la Sainte-Alliance (18V3). « En 1812, répondirent les Cortès, lorsque l'Europe avait à repousser un conquérant redoutable, les souverains approuvèrent notre constitution. Us pensaient alors que la meilleure garantie de l'indépendance est la liberté. Aujourd'hui tous se réunissent pour étouffer en Espagne la liberté comme Tindépendance. Nous défendrons l'une et l'autre. » Mais l'armée française entra à Madrid, puis à Cadix après la prise du Trocadéro. Riego fut pendu, avec un grand nombre de libéraux. 45,000 Français montèrent la garde autour du trône de Ferdinand jusqu'en 1828. Ce prince mourut en 1833 après avoir aboli la loi salique introduite par les Bourbons.
Deux candidats se disputaientle trône, don Carlos, frère de Ferdinand, et Isabelle, fille du feu roi, sous la régence de sa mère Christine. Carlos était soutenu par les partisans de l'ancien régime, nombreux dans le nord. Christine dut s*appuyer sur les libéraux. Le ministre la Rosa rédigea une constitution (Statut roval de 1834) et signa la quadruple alliance avec 1 Angleterre, la France et le Portugal. Après les discordes des christinos, la guerre reprit avec énergie contre les carlistes, et Espartero les contraignit à signer la capiiolation de Vergara (1838), qui terminait la lutte
Mais Espartero renversa la régente Christine, (1840), et fut à son tour remplacé par NarvBex( 1841}. La reine Isabelle, devenue majeure, avait rappelé sa mère ; suivant rinfluenee firancatse, elle épousa son cousin François d'Assise et donna aa sœur sa duc de Hontpensier , fils de Leuis.Pbilippe (1H46 . Jusqu^n septembre 1868, elle a gewenié ta milieu des intrigues. Chassée alors parime ÎBCurrection militaire victorieuse à Aleolea , elle ft place à un gouvernement provisoire, diricé par le maréchal Prim. La constitution rédigée, Prim offrit la couronne d*Espagne à un prince d« h famille de Hobenzollem, et mit tSnn aux prises h France et l'Allemagne (juillet 18701. En décembrf, Amédée I, flls du roi dltalle VictorCmmanoel, accepta la couronne. Mais après le neuitre ds maréchal Prim et le commencement de Insurrection cariiste (1872), le nouveau roi abdiqua (février 1H78), et la république f^ proclamée. A la guerre carliste se Joignit bientôt rinsurreetion des fédéralistes, concentrés dans Cartbagène. Le 8 janvier 1874, le ffénéral Paria dispersa les Cortès et donna le pouvoir au maréchal Serrano qui reprit Cartliagène (1874). Mais an mois de dMembre, le pronunciamiento militaire de Sagoote, osuvre dq
Sénéral Martines Campos^donna le trône «q Is dlsabelle, Alphonse Xn, et la monarc^iie constitutionnelle fut rétsblie, avec M. Cinoras del Castillo à la tète du ministère.
[Paal Scbifer.l Llttèratore. — Avant de présenter le taUéaa de la littérature espagnole, il ne nous parait pu hors de propos de jeter un coup d*œil rapide ur la formation d'une langue que nos voisins dW delà des Pyrénées ont écrite et écrivent enom avec tant d^élégance, et qu'ils ont portée et répandue dans le Nouveau-Monde. Si Ton trouve qaeJques restes de phénicien, de grec et de carthaginois dans les dialectes de la péninsule ibériqae, on pout néanmoins affirmer, sans erainte d'être contredit, que la langue latine importée par U domination romahie y a laissé les traces les plus durables et a fini, à travers les siècles et pardei transformations successives, par devenir la langsa nationale de l'Espagne. Nous n'avons pas à nooi étendre ici sur les modifications plus oa saotaw profondes que les envahisseurs gotbs et arabes flrsm nbir à la pureté du latin ; ni à montrer comment du mélange des divers idiomes des populations »• digènes est sorti le roman vulgaire et le casiilan moderne ; qu'il nous suffise d'observer qw « castillan s^est rormé surumt du latin dont il a coaservé, avec la graviié, une sonoriu* Oe pronoucution qui u*appartient à aucune des laâguet a»
latines. , ,,
Un fait qui ne doit pas être passé sons sUsoee au début de cet exposé, c'est TexiateaeB et le développement de deux littératures, l'uiso oontiaoa* tlon de l'antiquité savante et classique, l'anirs rd gaire et sponunée, ne devant rien qu'à eUe-mèoia. Celle-là cultivée par les moines, les ecclésiastiques et le petit nombre de sécuUers adonnés aai lettres ; celle-ci appartenant oxduaivement au peuple. L'une ne représentant rien du présentât secoasumant en vains efforU, l'autre expressîM d* sentiments populaires, se montrant pleine de vie et d'espérance. La première finit bien par adopter l'idiome national, mais de mauvaise grâce ; elle rerta le reflet d'une civilisation éteinte, pendant que la seconde se consacrait au dévoloppemeotd'une civilisation nouvelle, à Texpression des gnods sentiments du peuple espagnol, la religioB, l'hooneur et la galanterie, les trois grandes Boaresade la littérature au moyen âge ; aussi floit-elto P» faire oublier son adversaire et rester la ttttsratare vraiment nationale, parce qu'elle était i'e^P""!!!! de8 idées, des doctrines, des désirs et des intért» de tous.
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Le plas ancien monument de la langue espagnole écrite, moitié latin, moitié espacnol informe, c'est la confirmation de la Carta-puebla d'Avila (charte jt- répartition des terres, des impôts, des privilèges) Jans les Astaries en 1155. La poésie fait anssi son ipparition vers cette même époque et trouve son expression dans le Poème du Cid, dont le principal personnaee est Raiz Diaz, le Cid Campeador, ce grand héros populaire de TEspagne chevaleresque. L'aateur nous reproduit les mœurs et les seniliDcnts de l'époque avec toute la rudesse et Ja riolcnce du caractère national, dans une langue k moitié développée et se dégageant à peine dos liens da latin, mais avec une liberté et une hardiesse d'esprit qui s'harmonise bien avec le sujet principal du poème« la lutte contre les Maures. Après le Poème du Cid viennent des compositions inonjmes, parce qu'on ne connaît ni les auteurs, Di le lieu de leur composition : telles sont le L'vre iÀpollonius,U Vie de Notre-Dame, la Vie de sainte Uarie <f Egypte, VAdoratinn det trois taints rois ; puis les treize mille vers de Gonzalo de Berceo, sur ki sujets religieux : la Vie de saint Dominique if Silos y les Miracles de la Vterge, les Douieurt Ula Vitrine, etc., récits appartenant aux idées reli- ;icase8 du moyen &ge et dont le but était d'exciter es sentiments de dévotion. Un des écrivains qui ont le plus contribué aux procès et au développement de la nrose castillane, iest le roi Alphonse le Sage ou le Savant, non seulenent par les nombreux ouvrages qu'il composa, elâ que la Chronique générale a Espagne, une Hisoire uniterselle, le Livre du Trésor, les Tab/es ilphonsines, YHisxoire d'outre-mer, le Spéculum lu Miroir île tous les droits, le Septénaire ou les )ept Parties, etc., mais surtout par la Version de a Hibit en langue castillane dont il fit une langue lationale en prescrivant son usage dans toutes es procédures légales. Il avait cependant composé es Cantiques en dialecte galicien, et dans ses vers e retrouvent les traces de la poésie provençale ont il aimait d'avoir les représentants à sa cour. n autre poète, J uan -Laurent Se gura. nous a laissé il mille vers sur la Vie cT Alexandre le Grand, his- )ir6 généralement racontée avec la pesanteur une chronique» mais respirant parfois un souffle Dctique. Des ouvrages d'un neveu d'Alphonse le âge, l'un des plus turbulents Espagnols de son tmps, D. Juan Manuel, il ne nous reste que CûtrUtf de Lucanor, collection de quarante-neuf >ologues, contes et anecdotes. Un contemporain i D. Juan Manuel, Juan Ruiz, vulgairement apilé luchiprètre de flita, composa sept mille vers tvIroD avec une variété de mesure, de ton et énergie jusqu'alors inconnus à la poésie castil- QB. Ses Cantigas de Serrana sont des chansons istorales très animées, à la manière des Pastotas ou Pastorelles 'des troubadours provençaux, i couleur de ces poésies est excessivement vak) ; l'esprit satirique l'emporte, mais non sans ( mélange de bonne "humeur au milieu des contes des apologues, exprimés avec un naturel et une racité charmante. Vers laSO, nous trouvons le rieui poème intitulé Ubro de raàOi don Santoà, i engage plus d'une fois Pierre le Cruel à ne s mépriser des conseils, parce quMls lui viennt d'un Juif. Dans le même manuscrit se lisait Doctrine chrétienne, la Vision ctun ermite, la inse i/e la Mort, peinture espagnole saisissante et •toresque, et un poème sur Josrph en langue )agnoIe et en caractères arabes. Le dernier ces spédmens primitifs de la poésie castil- ;e, c'est le Rimado de Palacio, ayant pour jet les devoirs des rois et des nobles dans le uvernement de l'Etat, esquisse des mœurs et 9 vices du temps, par Pedro Lopes de Ayala, mort
S. l'on veut bien comprendn rorigjbalité et le t* Pasth.
véritable caractère de la littérature populaliv e«tiilane, au moment où elle prend son essor et se dégage de Técole provençale, italiemie et de cour, pendant la seconde moitié du quatorsième siècle, tout le quinzième et tout le seisième, il fuit se reporter aux Romanceros et aux Cancionerost aux Chronigues, aux Livres de chevalerie et au théâtre. Il faut, dans les premiers recueils, étudier les Romances, subdivisées en chevaleresques, historiques, mauresques et relatives à la vie privée et aux mœurs des Espagnols eux-mêmes, contemies dans les collections publiées en 15^0, 1598, 1597, 1608. dans les Cancumeros de Baena, de Stunlga de Martinez de Burgos, dans le Caneionero pênerat de Castilloy publié en 1511. Il faut saisir les sujets de ces dfiverses romances dans les cfironi" ques générales, les chroniques royales qui commencent par Alphonse X et se perpétuent Jusqu'à Ferdinand et Isabelle ; voir dans les chroniques de faits particuliers, El paso hanroso, El Seguro de Tordesillas; dans celles de personnaj^s particuliers, les chroniques de D. Pedro Niâo, d'Alvaro de Luna, de Gonzalve de Gordoue ; dans celles de voyages, les chroniques de Ruy Gonzalez de Clarijo, de Christophe Colomb, de Balboa; enfin ne pas négliger les chroniques fabuleuses qui marquent la transition aux fictions romantiques de chevalerie, fictions qui commençaient déjà à inonder l'Espagne. En effet, de certaines ehroninues aux Livres de chevalerie, il n'y a qu'un pas. Aussi dès que Montai vo eut traduit YAmadis de Gaule, le goût se développa avec une étonnante rapidité, en Espaene, pour toutes ces allé- Î^ories extravagantes, alambiquées, absurdes et àstidieuses , dont le génie immortel de Cervantes devait plus tard faire bonne et prompte Justice.
Quant au théâtre, ce n'est guère que vers le milieu du xiii* siècle qu'il prit naissance en Espagne, sous le patronage de l'Eglise, et pas* des sujeto religieux. Mais pour apprécier sa valeur, dans ces temps, il ne nous reste aucun fragment de ces mystères mimés ou dialogues, et il nous faut arriver à la seconde partie du xv* siècle sans rien trouver qui porte le caractère d'une composition dramatique profane. Des essais s'aperçoivent 4ims les copiai de Mingo Revniço, dans le dialogue de Cou entre l'Amour et un Vieillard : ce n'est toutefois que dans la Célestine qu'on peut voir le point de départ du théâtre espagnol. Cette œuvre, roman dramatique plutôt que drame, est une composition pleine de vie et de mouvement, en vingt et un actes, où les caractères des personnages sont développés avec énergie et vérité, en style vif et brillant et avec toutes les ressources qui constituent le mH et le pur castillan. Elle a exercé une véritable influence sur la fondation du drame national. Après la Célestine viennent les Reprësdiatiom de Juan de l'Encina : ce sont des églogues qui devaient ^tre représentées devant des protecteurs et des amis de la Cour, et oui l'ont été réellement: puis quarante-deux petits drames du Tortugais On Vicente, et les comédies de Terres "Nabarro t^ui, le premier, appelle les actes jomadas; donne à la pièce six personnages au moins, douze au plus; la fait précéder d'un introït ou prologue; introduit le rôle du gracioso,' observe Tunité d*aotion, ot fait reposer l'ensemble sur les mœurs nationales. Après lui vient Lope de Bueria, auteur et aaeur, donnant, avec ses troupes ambulantesi, des représenutions à Sévi lie, â Valence, à Ségorie, et méritant, malgré sa profession de comédien, d'être enterré dans la grande cathédrale de Cor doue. Juan de Timoneda recueille les comédies les coloquios pastoriles, les pasos que Lope Jeuaii non pas dans les églises, ni dans les palais des grands, mais sur les places publiques, suivant le goût et rhumeur de la multitude, et il fait fairt
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quelques pas de plus à Fart dramatique naissant, comme le prouvent ses i>€ux aveuoles; et par les efforu de Viruès et de Leonardo de Ârgensola se ferme la période primitive du théâtre espagnol, et Tépoque de Lope de Vega et de Caldéron est préparée.
Disciple de Técole iulienne, Lope de Vega ne doit sa réputation qu'au drame national, dont il expose la théeVie dans son AH nouveau de faire des comédies. Il commence par des églogues représentées devant des grands, par des moralités Jouées dans les catliédrales, et il finit par ces drames sans nombre, d'une facilité inconcevable, où 11 flatte le goût du peuple et établit définitivement le théâtre national. Que ce soient des comédies de cape et d*épée, des pièces roulant sur des sujets historiques fournis par Thistoire ancienne, par l'histoire contemporaine, par Thistoire nationale ou par Thistoiro étrangère; que ce soient ces drames si nombreux tirés de la vie commune ; les comédies de ruido et les comédies de apariencias ; les succès de l'auteur et le goût populaire pour les représentations profanes alarment TEglise toute puissante qui fait fermer les théâtres. Lope de Vega s*adonne alors aux comédies qu'il tire de la vie des saints populaires, aux comédies de SantoSf aux Autos Sacrameniales dont la Iba, Veniremes avec la Tarasca, les Gioantones et les CatTos font les délices de la population madrilègne, les Jours de la fête du corpus Christi, Lope sacrifie tout au goût du public. Pour plaire aux spectateurs, il foule tout aux pieds, histoire, géographie, convenances morales, régularité du drame D'un autre côté il relève ses pièces par rintrigue comique, par ses graciosoSf ses picaros qui n'en sont qu'une variété dramatique, par son style, par le charme de ses vers où il mêle habilement les vieilles romances qui flattent tant Torgueil national.
 côté de ce monarque absolu de la scène apparaissent les poètes des écoles de Séviile et de Valence, et les disciples de Lope de Vega qui, pour se faire une réputation, accourent tous à Madrid, devenue la capitale de la monarchie espagnole. Au milieu d'eux nous distinguons Guillen de Castro, qui inspire le Cid k Corneille ; Montalvan, à qui Raynouard doit les Templiers; Tirso de Holina, dont le Burlador de Sevilla est le t3rpe primitif du Don Juan Joué sur toutes les scènes d'Europe et parmi nous entre autres dans le Festin de Pierre de Molière; Alarcon, dont la Verdad sospechosa sert de modèle au Menteur; et tous ceux qui, appartenant au clergé ou à la noblesse, et ne voulant pas être connus, composent pour la scène, sous la dénomination discrète de Ingénias de esta cor te.
Le rival le plus éminent de Lope de Vega n'est pas Cervantes, qui appelait ce roi du théâtre un monstruo de la mituraleza^ mais bien sans contredit D. Pedro Caldéron de la Barca. Ce poète, distingué dans les concours poétiques dès l'âge de vingt ans, se vit attaché à la cour sous le règne do Philippe IV, avec l'obligation de fournir des drames aux théâtres royaux. Durant une existence de quatre-vingts ans, il écrivit un grand nombre de pièces pour Tolède, pour Séviile, pour Madrid, loas, entremeses, autos, toutes allégoriques, tirées tantôt des Ecritures saintes, tantôt mêlées à l'histoire nationale: des comédies de Santos, des comédies dévotes, des comédies de cape et d*épée. Si, dans les drames de Lope, on peut voir paraître Adam et Eve vêtus à la française et les Espagnols débarauer sur les côtes de Hongrie, on peut dire que Thistohre et la géographie sont également absentes dans les pièces de Caldéron. Conolan est un général de Bomnlus, le Danube coule entre la Suède et la Russie, Jérusalem est située sur les bords de la mer. Malgré ces erreurs, Caldéron charmait son
public. Ses drames sont remplis d'aventares extraordinaires, de retours de fortune inattendus, de déguisemenu, de duels, de méprises de toot genre. Pour augmenter la vivacité de l'action et Tintérèt des personnages, il met en Jeu des ressorts inconnus Jusqu'à lui. Il représente surtout les Espagrx^ de son temps, avec des allusions flatteuses pour le> personnes et en rappelant des événements agrt«bles pour les auditeurs tant de la cour que op. la ville. Plus que tout autre, dans une vcraiflcaûQa riche et harmonieuse, il provoque la curiosité c; attire l'attention par la peinture extravagante de l'amour, de la Jalousie, du point d'honneur, d«t droits domestiques portés au suprême degré <ie l'exagération .
Pendant que le théâtre s^élève à une hauteur qui a pu être égalée depuis, mais oui n*a pas été a^-
f>a8séc, tous les autres genres littéraires se dereoppent à leur tour soit en poésie, soit en prove. L'épopée produit VAraucana d'Ercilla, que Voltaire a fait connaître à la France ; les Larmes eTAsgéliquCf dont Cervantes aurait pleuré la perte, et ces immenses compositions épiques sur les expioiu de Charlcs-Quint, de D. Juan d'Autriche, de Fernaud Certes, qui arrivent Jusqu^à 90000 vers. A côté de l'épopée nationale, nous trouvons les traductions de VIliade de ÏÉnéide^ de Dante et da Tasse, et les épopées burlesques de VAsneida^ &t !a Mosguea et ae VEntierro de la gâta de Jiten ChrespOf « l'enterrement de la chatte de Joia Chrespo. »
La poésie lyrique s'étudie surtout dans les recueils si connus des HomanceroSt dans les acceou des troubadours provençaux, soit à la cour d'An-
fon, soit à la cour de Castilld et aux Jeux Flonvi e Barcelone ; dans les vers des frères Manriqne « des Urreas ; dans les sonnets, les copias, les caczones de toute une pléiade de poètes que rinfloesoe de l'Italie partage en deux écoles: l'une uni préfère, comme fray Luis de Léon et Fernando de Herren, l'ancien mètre castillan, pour reproduire des seov ments populaires vraiment espagnols, et où se tnnvent les défenseurs de Tespiit national CristoU. de Castillejos, Villegas; Tautre» qui est conduis par BoBcan et Garcilaso de la Vejga, ces pèirv quistes qui introduisent dans leurs compositù»! les mesures et les formes préférées des Italiess- Les Lamentaciones de Silvestre, les Silves de Rieji, les Endechas de Quevedo, et les élégies de Vill^^fti nous font connaître les transformations du genre élégiaque, pendant que les vers de Saa de Mirandi nous déroulent les occupations de la vie champétn et que les églogues de Lope de Vega nous initiesi à la vie pastorale de la Péninsule ; pendant que les preguntas y respuestas ingénieuses on puéhles, savantes ou absurdes nous donnent, avec ({uel<jii£f traités, le vrai caractère de la poésie didactiqi:f à cette époque, depuis les six cents proverbes i& Marquis de Santillane Jusqu'aux vingt-qnatre miliÉ refrains de Juan Yriarte.
Jusqu'au règne de Juan n, le dialecte castiDu: s'était contenté d'étendre sa domination sur testes les autres provinces de l'Espagne, et de se substituer au galicien, au provençal, au catalia. On n'avait jusque là rien fait, on presque rien, pour l'enrichir, l'élever et le purifier. Sous le règne de Juan II, le style commence à être regardé cornae une chose importante ; le choix des mots, comme le premier pas vers son amélioration. H avait été grave, digne et pittoresque, mais peu riche. Jun de Mena prit hardiment les mots qui répondaiesi à sa pensée partout où il les trouva, soit dans le latin, soit dans d'autres lansues^ elle vocabulaire castillan acquit par son travail plus d*étendue, plu de vigueur, plus de noblesse et plus de variété. Dès lors Palencia peut composer son dictionnaat, Antonio de Lebrija sa grammaire^ un inconnu, soo Dialogue des Umgues, pour nous faire comulus
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triglne et le caractère de ridiome castillan et le ns des mots fixés par Tusage de Tolède. Avec cet strument ainsi perfectionnéf Francisco de la Terre !Ut nous donner sa Fûion deleitable; Hurtadode endoza, son Lasarillo de Termes^ roman satirique 1 genre picaresque qu'ont suivi le Guzman cfAlirache^ le Grand Tacano^ le Gil Bios. La prose istorale peut, par la Galatée de Cervantes etl'ilridie de fiope, nous tracer les ravissants tableaux £ la Tie champôtre, nous initier aux récréations ue prenaient les esprits à la cour de Philippe II t de Philippe m, et permettre à Gongora de faire cole, avec les Cultoristos, ou amis d'un style idiculement cultivé, et les Conceptistos^ ou parisans de toutes les extravagances dans la pensée !t r expression ; le roman historique peut trouver »on véritable caractère dans les Guerres civiles de Grenade^ par Ginez Ferez de Hita. Alors peuvent paraître les livres de chevalerie, dont les récits singuliers charmaient tant les esprits, et dont un des derniers est le Diablo cojuelOy « le Diable boiteux » ; liors le genre épistolaire, si varié dans les lettres d'un auteur vrai ou supposé, Fernand Gomez de Cibdareal,de Fernando del Pulgar,de Christophe Colomb, prend uq antre caractère dans la correspondance de sainte Thérèse, d* Antonio Pères, ce ministre de Philippe II qui a, un des premiers, introduit en France le goût de la langue espagnole. La composition historique peut aussi révéler les qualités qui distinguent les Annales de Zurita, la Guerre de Grenade de Hendoza, les historiens des Indes et la Conquête du Mexique d'Antonio de Solis. La prose mdactique peut nous donner le Relox de principes f « THorloge des princes, » d* Antonio do Guevara, dont Tobjet est de placer sous les yeux de Cbarles-Quint le modèle d*un prince plus parfait qu'aucun autre de Tantiquité par sa sagesse et sa vertu ; le Guide des Pécheurs, de Luis de Grenade, \ivTe traduit dans toutes les langues; les œuvres des mystiques et les traités politiques à T usage des seigneurs et des princes.
Enfin c'est dans ce castillan que Cervantes nous fait lire son Persiles et Sigismonde, ses Noveias ejerNplareSf ces contes qui respirent une fraîcheur puisée au sol vigoureux du caractère national, pages écrites avec une richesse de langue, une vigueur et une grâce telles qu'ils sont restés sans rivaux pour le succès. C'est dans ce castillan qu'il a écrit son inimitable Don Quichotte^ livre sans rival pour le fond et pour la forme, que le monde entier lit et relit dans ses innombrables traductions, sans pouvoir décider ce qu'il y a de plus admirable, ou de rintelligence raffinée de Don Quichotte, ou du bon sens populaire de Sancho Panza.
\3n changement politique porte en 170S un prince français. Philippe, duc d'Anjou, sur le trône d'Espagne. Philippe V aimait les lettres, il connaissait toute l'influence qu'elles peuvent exercer sur la régénération d'un peuple. Un de ses premiers soins fut de fonder des sociétés savantes, l'Académie royale espagnole, TAcadémie d'histobre, et il favorisa le développement des institutions analogues. Alors il s'opéra, en Espagne, un travail d'émancipation intellectuelle par l'influence française. D. Ignacio LDzan fonda un système poétique sur les do'étrincs critiques d'après Boileau et Lebossu. D. Bonito Feijoo publia son Théâtre critique et ses Lettres irûdites, Ferdinand VI fit des efforts pour combattre l'esprit d'incrédulité, d'intolérance et de superstition ; il favorisa les académies du Bon Goût et les réunions littéraires. Le règne de Charles III donna des résultats sensibles par l'amélioration des plans d'étude, la réorganisation de Tëducation populaire, l'élévation de finstruction publique et l'introduction de nouvelles méthodes d'enseignement. L'expulsioa des Jésuites laissa plus de li- ^mé à Vesprit, comme le prouvent la Juventud ^unfante du P. Isla, son Histoire du fameux
prédicateur Fray Gérundio et son Gil Blas, Sedano, Sanchez et Sarmiento font revivre les anciens maîtres par leurs travaux de littérature et de linraistique . Moratin le père adopto les opinions de Luzan et réforme le goût de ses concitoyens. Dans le salon de la Fonda de San Sébastian on discute librement les productions littéraires des autres nations et les'moyens d'élever la culture intellectuelle du peuple espagnol. Cadahalso publie sa charmante satire des Eruditos d la Violeta, Yriarte et Samaniego donnent leurs collections de fables, pendant que d*autres écrivains se précipitent vers l'école française du xvin* siècle. Mais une réaction s'opèro. Melendez fonde l'école de Salamanque, suivie par Diego Gonzalez Forner, Iglesias, Cienfuegos. L'invasion française arrive et alors apparaissent les Ames fermes des Jovellanos Mufîoz, Leandro Moratin, Quintana, que les vicissitudes de la politique et les faiblesses de Ferdinand VII envoient sur la terre d'exil.
Le règne d'Isabelle semble ouvrir une ère littéraire nouvelle, et des écrivains remarquables se produisent dans tous les genres. L*art dframatique est surtout d'une fécondité remarquable, soit qu'il mette en scène les imitations des pièces étrangères, traduites et arregladas, c'est-àrdire accommodées au goût d'une nation qui n'a ni les mœurs, ni les usages des autres, soit qu'il représente aux yeux des contemporains les vices et les travers du temps dans des oeuvres des plus originales. C'est ainsi que Martinez de la Rosa nous donne la Méi^e au bal et la fille à la maison , Aben Humeya qu'il fait représenter à la Porte-Saint- Martin, qu'Eugenio Ochoa traduit Hemani, que Ventura de la Vega donne El hombre de Mundo, Hartzenbusch les Amants de Téruel, et Breton de los Herreros ses cent cinquante comédies. Tous les genres sont cultivés et ont leurs représentants, Campoamor avec son poème de Colon et ses Dolorau Zorilla avec ses Orientales et son poème de Granada, le marquis de Pezuela avec sa traduction du Tasse, Espronceda avec le Diablo Mundo, le duc de Rivas avec le Moro exposito, Quintana avec ses odes et ses Vies des Espagnols célèbres, le marquis de Mollns avec ses poésies lyriques, Antonio Amao avec ses hymnes et ses melancolias ; V. Ruiz Aquilera avec ses satires. Balmès, Donoso Certes, le comte deToreno, le marquis de Pidal représentent la prose historique et philosophique ; Amador de los Rios, Eugénie Ochoa, l'histoire littéraire; Fernandez y Gonzalez, surnommé l'Alexandre Dumas de l'Espagne, (écilia Bohl, sous le pseudonyme de Fernand Caballero, Antonio de Trueba avec ses Ctientos colorderosa, Cuentos campesinos, le roman historique et le roman de mœurs contemporaines ; José de Larra, le spirituel Figaro, par ses articles satiriques, Ramon Mesonero Romanos par ses Escenas matritenses, la critique politique et littéraire ; enfin les discours de réception aux Académies, au lieu d'être de brillants tournois de critique et d'éloges du récipendiaire, nous fournissent des pages des plus instructives sur la langue, la littérature, l'histoire nationale et rdconomie politique.
Telle est l'esquisse de ce vaste tableau de la littérature espagnole dont nous ne donnons que les lignes principales. En indiquant les traits des personnages qui ressortent dans les divers grou-
5 es, nous avons cherché à faire saisir le caractère e l'ensemble, composition qui ne peut être connue et appréciée que par l'étude des livres spéciaux s'occupant de rhistoire littéraire. Cest par ces derniers qu*on peut connaître les détails et s'expliquer comment l'Espagne, en conservant sa part d'originalité, a subi 1 influence des civilisations diverses avec lesquelles les événements politiques la mettaient en contact, comment elle a, à son tour« exercé la sienne sur les autres, produit les œuvres remarquables que TAngleterre et