ESPAGNE ET PORTUGAL — 699 — ESPAGNE ET PORTUGAL
En face de Gibraltar, dans la même baie, Algé- Bîras nous rappelle nn saccès d& notre pavillon sar mer, tandis que, de Tautre eàté du détroit, Trafa.1^ar a été témoin de la raine de notre marine son s le premier empire.
Plus loin. Cadix (60000 liab.) est une des rares ▼îUes dont la prospérité se soit continnée dans tons les temps, gr&ce à sa situation privilé^ée. BJitîe dans une lie et occupant une position avancée à l'extrémité du continent, elle a Joué un rôle important sous les Phéniciens et les Romains. Plus tard, elle a eu le monopolo du commerce de TEspagne avec ses riches colonies d^ Amérique. Malheureusement, le Gnadalète, qui débouche près de son port et sur les riTOs duquel s*étendènt les riches celliers de Xérès (35 OOO nab.), y Jette beaucoup de sables.
Sur le Guadalauivir, la marée se fdt sentir jusqu'à Séville, ou remontent les nsTires de 100 ou 200 tonneaui. Plus bas, les rives marécageuses, couvertes d*oau pendant les crues, se dessèchent en été. A Tembouchure du fleuve, sur sa riTb gauche, San Lucar de Barrameda a tu partir en 1Ô19, sous les ordres de Magellan, le premier navire qui ait accompli en entier le tour du globe. Puis, au delà d*une plage saiblonneûse, on rencontre, sur les deux rives opposées du même petit fleuve, Palof, où s*embarqua Christophe Colomb pour aller découvrir le Nouveau-Monde, et Huelva au riche bassin minier.
Sur la mer de Biscaye, Samt-Sébaitient près de la frontière de France, est plus fréquenté comme séjour do bains de mer que comme place commerçante. Santctfider est le grand port de cette région, parce qu'au sud de cette ville le passage de Reinosa ouvre aux Castillans une route facile vers la mer. Ce passage est utilisé par le chemin de fer de Madrid et Valladolid à Santander. C'est ce qui a fait rattacher la province de Santander à la Castille plutôt qu'aux Asturies. Santander a 80 000 habitants. Son port exporte les farines de Castille, les laines du Léon et des minerais. Les navires transatlantiques, qui se rendent de France dans le golfe du Menque, y font escale ; et c'est un des moyens de transport économique entre Paris et Madrid. Dans la Galice, le Ferrol est nn excellent
Sort de guerre, la Corogne (20000 hab.] et Vigo eux porta de commerce.
Les eaux qui baignent ces rivages sont remar-
Suabiement poissonneuses, probablement à cause es courante, venus de ré^^ons très différentes par leur climat et leur faune, qui s*y rencontrent, et les pécheurs de sardines, notamment, s'y livrent à une industrie très active.
Grandes villes. — C'est dans l'Andalousie, la proTince la plus remplie du souvenir et des œuvres des Maures, qu*on trouve le plus de villes considérables à l'intérieur de l'Espagne. Se» ville (80 000 hab.), renommée par la beauté de ses jardins d'orangers et la gaieté de ses habitante, a conservé des Maures la merveilleuse teur de là Giralda. Elle passe pour la plus belle ville de l'Espagne.
Grenade^ qui avait 400 000 habitante sous les Maures, n'en a plus que 60000. Mais il lui reste le palais de VAlhambra^ le plus beau chef-d'œuvre de l'architecture arabe, et la riche vallée du Génil, qui Tarrose, mérite sa réputation. C'est une des plus belles huertas de l'Espagne. Cordoue, qui eut un million d'habitante, une industrie très florissante, et dont la bibliothèque renfermait les trésors de science accumulés par les Arabes, ne renferme plus que 45 000 habitante. Mais il lui reste l'anUque mosquée, le plus beau temple de l'art arabe, dont les voûtes sont4>ortées par une véritable forêt de piliers, près d'un millier, provenant de tous les pointe de l'empire musulman où se rencontrait un l^eau marbre.
Bans r Aragon, Saro^OMe, dont le nom est insépa-
ial, qui borde la rive de l'Ebre en amont et en 1 de Saragosse, sert à la navigation en même ps qu'à rarrosage. Saragosse a de 50 à 60 0000
rable de la bravoure de ses habitante défendant leurs maisons pied à pied en 1808 , occupe la position centrale du bassin de TEbre. Au sud-ouest le Jalon, affluent de l'Ebre, lui ouvre une route facile vers Madrid. Au nord-est et au nord, la Sègre et le Gallego, autres affluente de l'Ebre, conduisent de Saragosse vers les Pvrénées. Le canal Impérial, qui borde la rive de l'Ebre en amont et en aval ' temps . .
habitante.
Dans la région de la Vieille-Castille, Valladolid (60 000 hab.) occupe également une position centrale. C'était la capitale des chrétiens d'Espagne, lorsque les Khalifes * régnaient à Cordone. A SégO' vte, on admire un aqueduc; à Alcantara^ sur le Tage, près de la frontière portugaise, un pont construit sous l'empereur Trajan, deux beaux spécimens des œuvres d'art utiles dont les Romains, avant les Maures, avaient doté l'Espagne, turgas a one superbe cathédrale.
Dans le bassin du Tape, Madrid (880000 hab.) ne doit son rôle de capitale qu'à sa position centrale et au caprice d^un souverain irrité contre Tolède, Celle-ci, qui (ùt la capitale des Visigoths avant la domination maure, et qui était déjà importante sous les Romains, n'a conservé sa suprématie qu'au point de vue religieux. Son archevêque est le premier de TEspagne. Mais sa merveilleuse cathédrale et ses autres monumente anciens en font la ville la plus curieuse, peut-être, de toute lai péninsule.
GOUVEBNRMBIIT. POPULATION. — L'EspSgUO formO
une monarchie constitutionnelle et parlementaire.La religion catholique y domine, mais les autres cultes sont tolérés. Le territoire est divisé en douze capitaineries générales correspondant à peu près aux répions naturelles ; la Nouvello-Castille, 1 Andalousie, Grenade, Valence et Murcie, les lies Baléares, r Aragon, la Catalogne, la Navarre, les grovinces basques, la Galice, la Vieille-Castille, urgos et l'Estramadure. Ces capitaineries se subdivisent en ouarante-sept provinces portant le nom de leur cheMieu.
La population de l'Espagne s'élève à 16 260 000 habitante. Cette faible population est très inégalement répartie sur le territoire. La prorince la plus peuplée est celle de Pontevedraàuiê la Galice, sur la rive droite du Minho. Elle renferme 167 habitants par kilomètre carré. La moins peuplée est celle de Ciudad Réal^ qui occupe une partie de la Manche, au sud de la Nouvelle-^Iastille. La population kilométrique n'y est que de 13 habitante. La moyenne de tout le royaume est de 83 habitante. Cette proportion est dépassée sur les rives de la mer de Biscaye, où Santander, les Asturies et la Galice ont «3 haoitanta par kilomètre ; dans la Navarre, la Biscaye (Bilbao) et Logroôo (haut bassin de l'Ebre), où la moyenne est de 48 habitante ; dans Valence et Murcie où elle est de 41. L'Andalousie avec 88 habitants, la Catalogne et l'Aragon avec 34, sont les provinces moyennes. Les Gastilles, Léon et l'Estramadure, avec 21 habitants, représentent les régions les moins peuplées. On peut conclure de ce tableau que contrairement à ce qui se passe en France, où Paris Joue le rôle de pOIe d'attraction par rapport aux populations, Madrid occupe la région la moins peuplée de l'Espagne, et c'est au pourtour, dans les régions plus numides, an climat plus tempéré, sur les rivages inritant au commerce et aux entreprises maritimes, que se groupent de préférence les populations.
Ethnologie. — Racfis primitives. — Les Espagnols actuels sont issus de bien des races différentes. La plus ancienne est celle des Ibères, dont les fiasques actuels paraissent être les derniers représentante, et dont la domination s'étendait sur toute l'Espagne, le littoral de la Méditerranéo Jus