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Les étoiles sont des soleils» — Une consë

2uence immédiate ressort de ce fait^que la disunce es étoiles dépasse des centaines de mille fois li distance du Soleil : c*est qu'il est de toute impossibilité que la lumière dont elles 1)rillent soit eiapruntée au Soleil, et réfléchie vers nous. Eo supposant le Soleil lui-même reculé à la distance de 2 du Centaure, il aurait à peu près Téclat d'âne d€S moins brillantes jparmi les étoiles de premier^ grandeur ; éloigne jusqu'à Sirius, il serait à peics visible à l'œil nu. Gomme d'ailleurs les étoiles .'es plus brillantes, vues dans les télescopes les piD« puissants, se réduisent à des points lumineux de dimensions tout à fait insensibles, il est nécessa re d'admettre que leur éclat est celui d'une lumière qui, comme la lumière du Soleil, est duo à l'incandescence de la matière qui les compose.

Les physiciens, en analysant cette lumière à faide du prisme, en la comparant à la lumière solaire, ont du reste mis cette vérité hors de toute contestation. Ils sont allés plus loin : ils ont pu reconnaître la nature cliimique des substances doot l'incandescence produit la lumière des étoiles. Dans un grand nombre, le gaz hydrogène prédomine : en outre, elles contiennent divers métaux^ le fer, le magnésium, le sodium, etc.

Les couleurs des étoiles sont loin d'6tre identiques, ainsi qu'on peut s'en assurer en les comparant entre elles, à la simple vue. Un grand nombre paraissent blanches; d'autres sont rouges; d'autres, jaunes, vertes, bleues. On pense que li couleur ost un indice de la plus ou moins haata température des atmosphères incandescentes on photosphères des étoiles, et aussi probablement de la nature des éléments chimiques prédominants dans chacune d'elles •

Si les étoiles sont des corps célestes semblables à notre soleil, disséminés dans Tespace à des distances mutuelles comi>arable8 à la distance qoi sépare le soleil des étoiles les pins voisines, l'analogie nous porte à les considérer comme antsnt de systèmes pareils au nôtre. Il est donc probable qae

ÉTOILES

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des planètes plus ou moins nombreuses, des sa* tellites de ces planètes, et des comètes, circulent autour de chaque étoile, suivant les lob de gravitation qui régissent les corps du monde solaire. On a da reste des ]>reuves directes de Texistence de (a loi de gravitation dans le monde sidéral.

6. Etoiies doubles et multiples. — En effet, en étudiant au moyen de télescopes puissants les étoiles qui paraissent isolées, on a découvert ce fait important qu'un certain nombre d'entre elles sont formées de deux ou même de plusieurs étoiles séparées. C'est ce (^u'on nomme les étoiles doubles et les étoiles multiples ^ et Ton donne cette dénomination à tous les couples ou associations d'étoiles dont les composantes ne sont éloignées l'une de Tautre que d'un petit nombre de secondes (32^). On connaît aujourd'hui des milliers d'étoiles doubles, triples, etc. Il y a un siècle, on ne connaissait qirune vingtaine d'étoiles doubles; les catalogues actuels en contiennent plus de 10 000. A la vérité, tous les couples d'étoiles doubles ne sont pas nécessairement des couples physiques, c'est-à-dire des groupes de deux étoiles réellement voisines et associées. Il en est qui ne se trouvent ainsi réunies que par un effet d'optique ou de perspective, et on donne à ces groupes apparents le nom de couples optiques.

On distingue en général les étoiles doubles physiques des étoiles doubles optiques en ce que les composantes des étoiles doubles physiques ont un mouvement propre de même amplitude et de même sens; mais le caractère le plus important est celui qui provient de l'observation du mouvement de révolution de l'une d'elles autour de l'autre. Il est prouvé aujourd'hui que de tels mouvements ont lieu, et 1 on a calculé les périodes de révolution de plusieurs systèmes. Leurs durées varient entre un quart de siècle, et des centaines d'années. Tout prouve que les lois de ces mouvements de deux soleils ont lieu selon les principes de la gravitation universelle, tout comme les mouvements planétaires.

7. Etoiles variables et temporaires. — Nous terminerons cet aperçu sur l'univers sidéral par quelques mots sur les étoiles dites variables.

Ce sont des étoiles dont Téclat change, augmente ou diminue, tantôt d'une façon périodique et régulière, untôt d'une façon brusque, irréeulière et sans périodes déterminées. La première qu'on ait observée ainsi (en 1596) est une étoile de la Baleine, qu'on nomme pour cette raison la merveilleuse [mira) . Tous les onze mois environ, elle passe par une série de phases alternativement croissantes et décroissantes, jusqu'à devenir invisible à l'œil nu. Une autre étoile, Algol (de Perséo), «effectue ses variations périodiques avec la plus grande régularité, tous les 2 jours 20 heures 49 minutes. On connaît aujourd'hui près de 100 étoiles variables dont les périodes sont connues et varient entre deux jours environ et plusieurs années.

Ces variations dans l'éclat lumineux des étoiles de ce genre sont-elles dues à des chaneements physiques analogues à ceux des taches de notre soleil, ou à des mouvements de rotation ^ui font que l'astre tourne successivement et périodiquement vers nous des faces différentes, inégalement lumineuses; ou encore, tiennent-elles à des occultations ou éclipses que des satellites obscurs produisent en circulant autour de l'étoile et en la masquant comme la lune nous masque le soleil pendant des éclipses ? Les savants sont parugés à cet égard, bien que la seconde des trois hypothèses semble la plus vraisemblable.

A des époques, d'ailleurs assez rares, on a vu aussi apparaître et briller dans le ciel, avec un grand éclat, des étoiles jusqu'alors inconnues. Ce sont les étoiles temporaires, dont la plus célèbre,

la Pèlerine a été observée par "rycho-Brahé, en 1572. Il y a une douzaine d'années, une étoile a fait ainsi son apparition dans la Couronne boréale. L'étude de sa lumière a prouvé que l'accroissement d'éclat était dû à une combustion subite de gaz hvdrogène, qui n'a d'ailleurs duré qu'un temps limite : la nouvelle étoile est redescendue à la neuvième grandeur, où elle persiste depuis cette époque.

Ainsi, le ciel est loin d'être, comme le croyaient les andens, le domaine dos choses incorruptibles et immuables. Les étoiles ne sont pas fixes; on a constaté qu'un grand nombre sont affectées de mouvements propres en divers sens, qui, à cause de l'énormité de la distance, ne deviennent sensibles qu'au bout de longues années, et ne sont mesurables qu'à l'aide des observations les plus

Srécises. Elles ont des mouvements de rotation et e révolution; et enfin, comme le soleil, elles sont sujettes à des changements physiques, quelques-unes à des révolutions soudaines.

Notre étoile, le soleil, n'échappe pas à la loi commune. Il se meut dans l'espace, entrdnant avec lui son cortège de planètes, de satellites et de comètes, vers une direction qui est celle des étoiles de la constellation d'Hercule, et avec une vitesse approximative de 7^,6 par seconde.

[A. Guillemin.]

ETYMOLOGIB. - Grammaire, VIII. -• Uétymologie, qui a pour objet la recherche de l'origine des mots et leur véritable signification, a fait depuis trente ans de très grands progrès.

C'est aujourd'hui une véritable science, qui a ses règles fixes, durables, et qui procède dans ses recherches d'après des principes certains, avec thistoircj la phonétique et la comparaison comme instruments d'étude (V. l'article Etymologie dans la Impartie).

Cette science évidemment ne saurait être introduite dans l'enseignement de nos écoles primaires. •

Mais, à côté de Vétymologie savante, qui, prenant le mot tel qu'il existe aujourd'hui, remonte le cours des àees, retrouve les diverses formes par lesquelles u a successivement passé, et établit ainsi son origine et sa signification primitive, fondamentale, il y a une autre etymologie, usuelle, facile^ qui, étudiant les mots dans leur composition, permet de les srouper par familles et de passer alors du sens de l'un à la signification de tous les autres. Cette etymologie pratique, tout à fait à la portée des enfants des écoles primaires, est éminemment propre à rendre compte de la fonction de nos mots, de leur orthographe, du sens intime et de la portée de chacun d'eux, des rapports et des différences de sens qui peuvent les réunir ou les séparer.

C'est cette étymologie-là que nous voudrions voir enseigner dans nos écoles, et que plusieurs systèmes d'organisation pédagogique ont déjà fait, du reste, entrer dans leurs programmes.

Nous allons exposer comment, à notre avis, l'instituteur pourrait donner cet enseignement. Nous prendrons chaque division, c'est-à-dire chaque cours en particulier, montrant l'esprit, le ton qui convient pour chacun, et indiquant aussi les limites dans lesquelles le maître devra se renfermer.

Cours élémentaire. >

Nous n'aurons pas, dans le cours élémentaire, do leçons d'étymologie spéciales ; nous ne ferons point ces exercices de signification de mots à des heures régulières, fixées à l'avance. Ces notions se donneront quand l'instituteur le jugera opportun ou utile, à propos d'une lecture, d'une dictée, d'une classe do grammaire le plus souvent; quand il se présentera, par exemple, un mot dont le sens pourrait ne pas être compris des enfants, ou bien

ÉTYMOLOGIE

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lorsque le mode de composition, Torigine de ce mot pourraient présenter quelque intérêt.

Nous venons, je suppose, de rencontrer dtns la lecture, dans ia dictée ou dans Texemple de grammaire cité par un enfant le mot battre. Nous faisons écrire ce mot au tableau noir. Puis, après en avoir fait donner la siunification, nous demandons aux enfants s*ils ne connaissent pas quelques mots encore ressemblant beaucoup à celui-là. « N^avez- ▼ous pas rencontré souvent, leur dirons-nous, ne vous èteS'Vous pas servis vons-mdmes d'expressions semblables à celle-là, et par le sens et par la composition, cVst-à-dire par les lettres qui les forment? — Voyons, cherchons ensemble. Combattre, débattre, rebattre, abattre: ne sont-ce pas là des mots qui ont tous Tair d*ètre formés de W/re? — Cherchons encore. — Comment appelle-t-on l'action que font parfois de mauvais enfants qui se battent? Une batterie, — Et lorsque ce sont deux armées ennemies qui se rencontrent et qui se disputent la victoire? Une batnilte. — Et lorsque les deux armées n*ont pas engagé toutes leurs forces, lorsqu*une partie seulement de ces armées s'est battue, ce qui arrive ordinairement avant une grande bataille? Un comhat, — Cherchez donc encore ?» Et les enfants, à l'envi, nous donnent : batailler, batailleur, bataillon, battue, batteur, battement, battoir, etc. Tous les composés et les dérivés du verbe battre défilent avec rapidité.

Après avoir ainsi fait écrire cette série de mots et donné leur signification, en montrant comment le sens primitif de frapper, exprimé par le root battre, se retrouve dans tous, modifié dans les uns par la syllabe qui les termine: battEVK, battow, etc., dans les autres par celle qui précède le simple, comme coubath^e, Rabattre, etc.^ Tlnstituteur envoie un autre enfant au tableau.

« Voyons, dit-il, essayons de recommencer pour le mot montagne, que nous avons aussi rencontré dans notre dictée, ce que nous venons de faire pour le mot battre. Et dVbord, ne connaissez-vous pas un mot plus simple, plus petit que moutaane, et lui lui ressemble beaucoup? car, dans la rocherche ie ces réunions de mots, il faut toujours commencer par le simple, par celui qui très probablement a servi à former, à composer les autres. Qu'est-ce donc qu'une monugne ? Voulez-vous rappeler la définition que nous avons étudiée en

féographie ? — Une montagne, c*est une grande lévation de terre ou de rocher qui domine un pays. — Vous connaissez des montagnes? Quelles sont les plus remarquables de France? — Les Alpes, les Pyrénées, lesCévennes. —Toutes ces montagnes occupent, vous l'avez vu sur la carte, une grande étendue : c'est une suite d'élévations qui tiennent l'une à l'autre. Lorsqu'on veut désigner une de ces masses détachée des autres; si l'on veut parler, par exemple, d'un point, d'un sommet de ces montagnes, ae quel mot se sert-on? Quel est, par exemple, le point le plus élevé des Alpes? — C*est le ^on/-Blanc.

» Pour désigner un des sommets, une des élévations particulières d'une chaîne de montagnes, on emploie donc ie mot mont, qui est, en effet, le terme le plus général et le plus simple. Ecrivez le mot mont et cherchons tous les mots formés avec mi. »

L*cxpérience nous a appris que les enfants prennent goût bien vite à ces exercices et à ces recherches; et tous les composés et les dérivés de mont sont immédiatement trouvés et écrits iu tableau: mont, mantueux, montagne, mon tagnettx, montagnard^ monticule, monta; mon- *ant, montée, monteur, mouture, promontoire, imont, démonter, démonteur, remonter, êurmon- S0r,etc., etc.

Quand les enfants ont fait ainsi deux ou trois .'oUecUons de mots de ce gonre, ils sont aptes à |

comprendre ce que c*est qu'une fltmUle de moU,

« Vous savez bien, leur dira rinstititteury ee que c'est dans le monde qu'une famille 7 Oo mp^Xï» ainsi la réunion des personnes du même sang, des parents^ comme le père, la mère, les enfants, 1» frères, les sœurs, les nièces, les neveux, les cousins, qui souvent vivent en communauté sous un même chef, le père de la famille. Or« vous avez remarqué qu'il y a presi|ue toujours entre les individus d'une même fanuUe une certaine ressemblance physique, soit dans les traite du visage, le geste, le son de la voix, etc., ce qu'on appelle un air de famille, et aussi une ressemblsnce morale, résultant de la conformité des idées, des penduuits, de ce qu'on appelle en général le caractère. Et cette communauté d'origine est parfois tellement indiquée qu'en apercevant un individu pour la première fois, nous Jugeons tout de suite qu'il doit appartenir à telle nmiile, que nous connaissons, dont nous avons été à même d'étudier le type, les mœurs, les habitudes.

a Eh bien, continue l'instituteur, regardez un peu tous ces mots que nous avons écrite sous le mot battre. Ne retrouvez-vous pas, dans tous, les lettres principales et- la prononciation du mot battre? C'est là leur ressemblance physique. Ne voyez-vous pas aussi, d'après l'explication que nous avons donnée du sens, oe la signification de ducun d'eux, que tous renferment également lldée de battre? C'est leur ressemblance morale. Tous ces mote peuvent donc être considérés comme venant, comme formés du mot battre: le mot battre eA leur père, et ils en constituent la famille, s

La môme analogie de forme et de signiflcatioD se retrouve entre tous les mots de la seconde série : c'est la famille du mot mont.

Nous n'irons pas plus loin dans le cours élémentaire. Nous nous garderons bien de fUre quoi que ce soit qui ressemble à de la science. Nous ne nous servirons pas môme des mote techniques affizei^ préfixes et suffixes. Non ; les enfante savent ce que c'est qu'une syllabe: cela suffit. Nous dirons: les syllabes oui commencent ou Us si/llabes initial^ les syllabes ^ terminent les mote ou les tesmi- NAisoifs. Mais nous ne laisserons pas de donner, ou mieux, de fairo découvrir aux enfante le sens de ces syllabes, qui viennent ainsi modifier le sens du mot primitif, du simple.

Ainsi, nous voulons, par exemple, faire eomprendro aujourd'hui le sens de la syllabe Initiale ai (éveillant une idée de négation). Nous envoyons un élève au tebleau, et nous lui faisons éoire les mote suivants sur une môme colonne verticale: égcd, abordable, fidèle, humain, certain, saluhrt, etc.: puis, en regard, les mote mégot, mabardttbte, m fidèle, nthumain, ntcertain, mseUuàre, etc. Nous demandons d'abord le sens des premiers, et nous aidons, par des exemples, les enfante à le trouver. Immédiatement après. Ils nous donnent eux-mêmes, sans embarras aucun, le sens des composés de la seconde colonne, et ils en déduisent la signification de la syllabe initiale nr.

Voulons-nous, un autre jour, rechercher la modification de sens apportée a un mot primitif par la terminaison able, un enfant écrit au tebleau, sons la dictée du maître ou de ses condisciples, les mots suivante: atmASLB, huASUi,' «ii^ablc, /bisiSLE» 6/dmABLE, détestiMM, agréhXLR, etc. £t nen n'est plus facile au maître que de faire découvrir à ses élèves que la terminaison able maraue une disposition, une aptitude, une mcmière éétrej une guetiité; que le sens peut en ôtre rendu par l'expression : qu'on peut ou qu^on dtdli otmABLE, qu'on dût aimer ; 6/dmABLE, qu on doit blâmer ; faissMut, qu'on peut faire, ete.

C'est à cela que devront se borner les ezercicei étymologiques dans la division élémenteire. La facilité avec laquelle les enfante réunissent les mots

ÉTYMOLOGIE

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d*un« même ftmilto les ëclairert rar rortboKnphe et le sens de beaucoup d^expreesions ; un mot de cette famille qu'ils connaissent suffira pour les mettre sur U Toie. Quant aux svllabes initiales et aux terminaUans des composù et des dérivés, comme elles sont en somme peu nombreuses, ils tes rencontreront très souTent les unes et les autres : leur signification so gravera facilement dans leur esprit.

Le maître, bien entendu, dans ces notions quHl paraîtra donner d'une façon tout à fait imprévue, sans ordre et sans méUiode arrêtée k Tavanco, suivra cependant une marche régulière, on plan logique et raisonné ; mais Télève ne sera point averti. Il ne sUmaginera Jamais qu'il suit un cours méthodiqne et régulier; il fera de Tétymologie sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la proso : excellent moyen pour apprendre avec intérêt et retenir sans effort.

Voici plusieurs mots encore dont la famille

Pourra être recherchée, ainsi que nous venons de indiquer :

PoBT : porte, portier, portail, portique ; porter, porteur; apporter, apport; rapporter, rapporteur; colporter, colporteur; déporter, déporution; emporter ; remporter ; exporter, exponation ; importer, imporutton, etc.

Pose : poser ; composer, composition ; décomposer, décomposition, décomposable, indécomposable ;

déposer ; imposer ; proposer ; supposer,

supposable...; transposer etc.

Ecrirb: écrit, écriture, écritoire, écriteau; écrivain ; décrire, description, indescriptible ; inscrire ; prescrire ; transcrire ; etc.

La nature et le genre des exercices d'application, par lesqueU le maître s'assure que ses élèves ont compris et retenu, rarieront naturelle-

Ainsi, tantôt il fera chercher, comme nous Ta*' vons fait plus haut, tous les mots d'une famille et fera trouver et formuler la définition, la signification de ces composés et de ces dérivés ; tantôt, au contraire, il donnera la signification d'abord et fera trouver le mot.

Nous empruntons à la grammaire Larive et îleury deux modèles de ce dernier genre d'exercices:

1. Trouva les mois de la famille de mont désignant au signifiant:

Un petit mont... ~ One élévation de terre très élevée et tenant ordinairement à d'autres élévations semblables... ~ Aller au haut d'un mont, se U^nsporter en un endroit plus élevé... —La qualité d un pays où il y a beaucoup de montagnes... " Un haoitant des monugnes... — Une pièce de bois, une colonne en pierre ou en fer posée verticalement et soutenant une partie transversale... — L'endroit par où Ton monte sur une montagne... — La partie du cours d'un fleuve située au-dessus du point où l'on est... — Un ouvrier qui monte les bijoux... — L'action de monter une machine, un appareil... — Désassembler les pièces dont une machine est formée... — Monter de nouveau.., etc.

2. Remplacer par un terme de la famille du mot »iBDa les ejpre^sions suivantes:

Une petite fleur. — L'époque où les plantes fleurissent. — Celui qui cultive, qui vend ou qui fabrique des fleurs. — La déesse des fleurs. —Là qualité de ce qui est dans un état prospère. — Perdre ses fleurs. — L'action de fleurir de nouveau, etc.

CUmrs Intermédiaire ou moyen.

Bans le cours intermédiaire, comme nous nous aoressona à des élèves déjà préparés par les exercices du cours élémentaire, nos leçons présenteront un caractère plus régulier, plus suivi. Nous

De chercherons plus à dissimuler la méthode : les classifications, au contraire, apparaîtront; et l'élève découvrira, dans les exercices qui lui seront donnés, la logique et la filiation des idées qui existaient déjà dans ceux du cours précédent, mais qu'il n'avait pas remarquées.

Les leçons seront très simples encore, très pratiques toujours ; et le plan que nous suivrons ne sera que le développement sagement restreint de celui que nous avons adopté pour le cours élémentaire.

Supposons, par exemple, que nous donnions notre première leçon sur les familles de mots. Nous prendrons le même exemple que celui que nous avons choisi pour le premier cours, la famille du mot battre : batterie, battement, battoir, batteur^ bataille, combat, batnillon, combattre, débattre, rebattre, abattre, s'ébattre, etc.

Tous ces termes étant écrits an tableau, comme nous l'avons exposé précédemment: « Voici des mots, dirons-nous, que nous avons reconnus appartenir à une même famille, parce Qu'il y avait : entre eux tous une ressemblance de forme et de sens. Voulez-vous dire en quoi consiste d'abord la : ressemblance matérielle, la ressemblance de forme qui existe entre eux? — C'est que les lettres principales du mot battre et sa prononciation se retrouvent dans tous; plusieurs même ont dans leur composition le mot battre tout entier. — Pourriez- vous dire maintenant en quoi consiste la ressemblance de sens; quelle est Vidée cornmune renfermée dans tous ces mots? Et pour cela, rappelons-nous la signification que nous en avons donnée. Une batterie, c'est?.... une querelle où l'on se bat, une réunion de gens qui se battent, ou bien encore une rangée de pièces de canon qui battent un mur. — Un battoir, c'est... ? un instrument avec lequel on bat le linge; — un batteur? c'est l'homme qui bat habituellement; — le mot bataille exprime ?..•• l'action de deux armées qui se battent. Dans Forigine, ce mot désignait le corps d'armée oui allait se battre, et ce sens est resté au mot Bataillon, oartie d'un régiment, d'un corps de troupe. — Combattre, comhatf,., action de se battre avec son ennemi; — débattre?,., lutter, contester, discuter; — rebattre?,., battre de nouveau; — ébat, ébattement, s'ébattre?... prendre ses ébats, se livrer aux caprices de la Joie, comme si on se battait pour Jouer, etc., etc.

« C'est donc aussi ce mot battre, vous le voyez, qui représente également l'idée commune éveillée par tous les termes de cette famille. Eh bien, le mot battre, que nous pouvons considérer comme étant l'origine de tous les autres, qui se retrouve ainsi dans tous les mots de la même famille, et qui exprime l'idée commune qui sert à les grouper, est ce qu'on appelle la racine, ou mieux le radical de cette famille.

« Maintenant, examinons les différences qui distinguent tous ces mots les uns des autres.

a Et d'abord, au point de vue de la forme, quelle différence remarquez-vous? Les premiers sont tous formés de la même racine batt,,..; mais Us sont terminés par une syllabe différente: erie, ment, otr, eur, aille, on... et les derniers, au contraire, ont chacun, devant le radical battre, une syllabe différente : com, dé, re, etc. — Eh bien, la différence de sens que nous venons de remarquer entre tous ces mots tient Justement à la présence de ces diverses syllabes, oui modifient ainsi la /«rminaison du mot ou précédent le radical.

« Les syllabes ou particules que l'on place en tête des mots radicaux pour en modifier le sens, comme com, dé, re, etc., s'appellent initiales ou PRÉFIXES ; celles que Ton ajoute à la fin des mots radicaux, et qui en modifient û forme et la signification, comme : etHe, ment, oir, eur, aille, etc., s'appellent terminaisons, oésirencbs ou surnxss.

ÉTYMOLOGIE

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« Les mots comme batterie^ bataille, batteur, bat' toir , battement , etc. , formés ainsi du radical battre par le changement de la sjllabe finale par Taddition d*un Suffixe à la racine, se nomment des DÉRIVÉS, et le mot battre, par rapport à eux, s'appelle psimitip. Les mots formés par l'adjonctfon d*ua préfixe, comme combattre, débattre, rebattre, abattre, etc.^ sont des composés, et,, par rapport à eux, le mot battre se nomme simple. »

Ainsi, les mots se forment les uns des autres par dérivation ou par composition : c*est là toute la science étymologique que nous étudierons dans récole primaire. L^usage a donné aux élèves la signification de la plupart de nos primitifs et de nos simples; quand lis connaîtront la valeur des préfixes et des suffixes , ils pourront déjà découvrir eux-mêmes l'exacte signification d'une grande quantité de mots.

Le maître, après ces explications, ou dans une IcQOn suivante, pourra faire reproduire, à propos de la famille des mots mont, port, pose, écrire, que nous avons fait connaître précédemment, toutes les notions qu'il vient de donner. 11 fera, par exemple, inscrire tous les mots de ces familles au tableau, puis il les fera ranger sur deux colonnes : dans Tune seront les dérivét, dans l'autre les composés, et il pourra classer ensuite tous ces mots selon leur espèce : noms, adjectifs, verbes, participes et adverbes.

Après ces notions préliminaires, sans cesser d'étudier, comme nous l'avons dit, les familles de mots à mesure que l'occasion se présente dans les dictées, dans les lectures et les leçons de grammaire, ritisti tuteur, avec les élèves du cours moyen, pourra passer en revue, à certains jours, d'une façon régulière et méthodique, les principaux éléments de la dérivation et de la composition.

Il prendra, l'un après l'autre, les principaux suffixes ainsi que les préfixes les plus usités ; il en fera connaître la valeur, le rôle qu'ils jouent dans la composition et la dérivation des mots, et il mettra ainsi, peu à peu, graduellement, ses élèves à même de comprendre le sens exact et

{>récis de la plus grande partie des termes de notre angue.

Dans l'étude de ces éléments, le maître ira naturellement plus loin qu'il ne l'a fait dans le cours élémentaire. Ainsi, dans l'exemple d'initiales que nous avons pris précédemment, pour le premier cours, nous n'avons considéré que le préfixe m ayant le sens négatif. Avec les élèves du cours moyen, le maître fera d'abord voir les différentes formes de ce préfixe : im dans immérité, impatient ; il dans illettré, illimité; ir dans irresponsable, irréligieux, etc. ; puis il donnera les autres sens de ce préfixe : en ou dans, comme incarcérer, incor» porer; vers, à, sur, contre, comme incliner (pencher vers), etc.

Voici un exemple de la marche et de l'ordre que l'on peut suivre dans la détermination des mots d*une même famille, emprunté aux Etudes sur la signification des mots de Michel.

Soit à étudier le mot inactivité, L*examen du mot conduit à la racine act, d'où acte, actif, action, acteur, actuel, etc. ; acte, actif, mènent à activer, comme activer à actionner. Acte et action rappellent naturellement agir, agile, agent, d'où une nouvelle forme de racine, ag. L'étude des mots de cette forme : agir, agiter, agencer, conduit aux verbes exiger, transiger, intriguer, qui s'en rapprochent par la signification et par la forme, et manifestent une troisième forme de racine, iQ. Ces trois formes ag, act, ig, constituent comme les trois branches d'une même famille parfaitement mises en apparence dans le tableau auivant:

agir, iistnt,!...

ag enoer, ençaot.

dé s ag eocer

aff iter.. a •■•••. .

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