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ÉTATS GÉNÉRAUX

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rien d« rem«rqnftble. En 1M6, les Etats de Tevrs décidèrent Leura XH à casser les traités de Blois et à refuser sa fille à Charles d'Autriche pour U donner h Frtmçois d'Angonltaie, qui Att François I*'. CTest dïins I« mftme session <|ii*Us donné* rent à ce bon roi le titre de Père du Peuple.

François I*' et Benrt II, soureraiina absolus déjà, ne convoquèrent pas les Etctsv eni'o» *e vête repa^ raltre qne lorsqtie les guerres de religion eurent tout mis en périt. En* 1560s *<>^ Gbarles IX« ceux •d'Orléans présentèrent «a chancelier de tllôpital de remaarquables cahiers qui Inspirèrent les ordonnances royales sur lecomineree et rindustrie. Ceux de 1576, de 1586 et de 1593 ne peuvent être con>sidérés comme de vtSrltables Buts, une partie de la nation seule y ayant été représentée; Les pve<* miers, réunis à Btois; furent une assemblée de li-

rurs factieux qui répondit brutalement à Henri M veiller à l'extermlnstion de Thérésie. Les se- •conds ne sont cdlèbres gue par raesaesinat du due •de Guise et dU' eardlnai! de Lomrine» auquel ils toussèrent peut-èti^ le même roi par Texeès de leur audace et die leurs insultes. Enfin, les trolslè^ mes, réunis à Paris et connus sous le nom d'Etats •de la Ligae, où l'on préposa rabolltion de la loi sa* Kque' en faveur de la fille de Philippe II, et où on finit par donner la couronne au ciurdinal Charles de Bourbon, oncle d'fitenri IV, Airent rendue ridl- «ules et odieux par la satire Ménippée.

Henri IV ne centoqutt pas les Btats ; ce n'est que pendant les troubles qui suivirent sa mort que la régente Marie de Médtcis crut devoir les appeler on 16 14. Mais la royauté avait trop grandi. Ces derniers Etats ne furent que la parodie de l'institution et paraissent bien pâles auprès de leurs devanciers. lie tiers y fut continuellement humilié par les deux autres ordres. Pourtant on ne peut nier qu'il ait fait quelques efforts pour s*y faire écouter, ni que ses demandes témoignent qu'il renfermait de suffisantes capacités, à qui tout le mal était connu. 'Q eut môme le courage d'y dire « que les trois ordres étaient trois frères, enfants de leur mère commune la France ; que l'ordre nobiliaire, quoiqu'il ttit comme Tatné du tiers, ne le devait donc 4)as mépriser; qu'il se trouvait bien souvent que, dans les familles, les aînés ravalaient les maisons et les cadets les relevaient ot les portaient au plus naut point de gloire. » Mais oe n'étalent que des paroles, prononcées sous la pression d'un outrage, qu'on retirait bientôt après pour reprendre une posture plus humble. Dans ces conditions l'assemblée ne pouvait qu'être impuissante. Aussi n'en reste-t-il guère que quelques vers, sorte de prophétie renfermée dans le quatrain suivant :

0 noblesM, à clergé, les aînés de la France, Puisque l'honneur du roi si mal tous soutenei. Puisque le Tiers-Etat en ce point tous devance, II faut que vos cadets devicuoent vos aînés.

Le temps de la révolution n'était effectivement pas venu, car c'est de Yhonneur du roi et non de l'Aorm^rn/i^oTia/ qu'il s'agit encore. Il fallait que l'exercice de la royauté absolue eût accumulé assez de misères sur la France pour que l'esprit public se formât et pom* que la nation donnât à ses représentants mission de s'emparer de la souveraineté et de reprendre, en l'accommodant aux temps modernes, la tradition de la vieille Gaule. Ce fut l'œuvre des Etats Généraux de 1789, qui surent être une véritable assemblée nationale (V. Révolution fran^aiee).

A conexiltar : Recueil général deê EttaU tenus en France, l65i, iD-4; — Savarori, Chronologie des Etais- Généraux, 161», in-S; — Ratherr, Histoire des Etats-Généraux, 1845, in-«; — Iteeueil de Mever, publié en 1780 ; — Histoire des Et€Ut^Généf*aux, par' Picot. oan-aM couronné par l'Acadàmie française, 1872, io-8.

[P. Vincent]

BTAT8*ir2fl»« ^ Géographie génénl», ÏT \ Hl«tofare générate, XXIX ; Lictéittures étrangères, XSB. *^ 1. OèdgMMpbâe i^^vlqae. ~ Sifcsofioit. LfuniUs. — Les Etats-Unis de 1 Amériqu«'Septentrlooal«, qui 8*éSe&deni depuis. XOeém AtUoètifoe jusqu'à rOeéan Pacifique^ sont séparés des possessimM britanniques» de YAmUrmue angia^ke^ au nord, par le Saint-Laiurent (avant d'stteindve Montréal, le Saint- Laurent cesse d'6tre la limite ea«re le Canada et les ËËits-Unis. et le Canada s'étend sur Ie« deux rives du fleuve), et par les grands Ikcs aazq[iieU 9 sert d'écoulMiieat, et du- Mexiq>u;e^ au sud, par U Rio-GrandeHlel'Norte; Le goifo du Ifexiquer àxam lequel tombe se (feuve, baigne leurs côttts méridionsiles. A Tenace ainsi délimité il fauf^ ajooter Tandenne Amériuue russe, aufouj^^lkuî terrltoipe u'Alaska, que les Etat»-^nis ont auUeté eu itM»;. Nous en narlerons k part.

Em' latitude lit sont compris entre 3S* de latitude nord, ce qui correspond à Canton, à Bénarès et au Sahara africain, et 49^ de latitude nord, ce qui eor> respond à Paris. En longitude, ils sont compiîs encre 10* et 127« à rouest de Paris.

Étendue. — Leur superficie est de 7,660,009 Ui. carrés. En y ajoutant les 1,500,000 klL carrés du territoire d'Alaska, on trouve pour l'Union tout entière une étendue supérieure à celle du ftrésil. La Russie et la Chine forment seules de plus vastes empires. CMes, golfes^ iles, fleuves: P CWan ÂHaniiçve. — ' Du côté de l'Atlantique, les traits les plus saillants du littoral sont, en descendant du nora au sud, la baie de Massachusetts abritée par le cap Ced, nie Longue (Long-isiand) qui s'étend au devant de New- York et de rembouchure de VHudson, la baie de Delawarst qui reçoit le fleuve de même nom, celle de CMesopeake o& débouchent la Susguehamna, le Potomac et le Jamef River; le cap Hatteras^ formé par une rangée du cordon* litioraiix bas et sablonneux, qui séparent de la pleine mer les bal<» de la Caroline du nord, et enfiU' la presqulle de la Floride^ qui sépare le golfe du Mexique de TAtlantique et se termine au sud par le cap Satde.

Avec les fleuves que nous venons de nommer, les principaux cours d'eau que les États-Unis envoient directement à l'Océan Atlantique, sont lo- Conneeticutf au nord de Long-Uland, elle SavaAnche, qui sépare la Caroline de la Gcorgie.

2" dolfe du Mexique, — Sur le golfe du Mexique, le littoral est généralement bas et marécageux, séparant souvent des lagunes de la pleine mer. Les principaux cours d'eau que reçoit le golfe è l'est du Mississipi, sont V Âpalathicota^ <|ui sépare la Géorgie de l'Alabama, et le fleuve qui a donné son nom à ce dernier état. Puis vient le Mississipi^ le premier fleuve des États-Unis par l'importance de son débit (en moyenne ?0 OOO mètres cubes par seconde, c'est-à-dire 8 à 9 fois le Rhdne) comme par la longueur de son cours (5 000 kil. depuis 11 source du Mississipi dans le lac de la Biche, Jufl> qu'au golfe du Mexique, et 1 600 kil. de plus en remontant à la source du IMfssourl).

Les alluvions qu'il dépose à l'embouchure sur la barre, à travers laquelle les ingénieurs ont Ineo de la peine à maintenir le passage libre pour les grands navires, allongent sans cesse son delta fSO à 100 mètres par an) et lui donnent la forme d'un cap avancé dans le golfe. A l'ouest du Mississipi débouchent, sur un littoral couvert de laganes, les fleuves du Texas, le Brazos et le Colorado, et enfin le Rio^rande.

3"* Océan PaHfique. -^ Du côté du Pacifique, riln anglaise de Vancouver est séparée du territoire américain de Washington par le détroit de Juan de Fuca^ où débouche le Fraser^ le fleuve aux placer* d'or de la Colombie anglaise. Puis vient l'estuaire de VOrégon aux eaux puissantes, la bafe de San» Francisco, réputée comme une des merveilles àû monde et où débouche le Sacramento. Les einx

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^« la GnBformie méridionale, à*xine partie àe rUtrii, o« TArizona et des territoires voisins se déversent ^A.x38 rOcéan Paciflqiie par le Colorado^ qui a son emboochure dans le golfe de Galiferaie «ir le terri:t4>ire mexicafai.

4* Le Saint-Léturent. -* (hitre les fleuves que i«ai Euu-Onis envoient an Pacifique, au golfe du fiftexiqne et à TAtlantique, ils sont arrosés par d'autres rivières qui sont des trilmtaires des lacs Sm»éx-ieur, Michigan, Boron, Erié et Ontario, ou des amnenu directs du Saint-lisurent, de manière à ^tre toutes entraînées par ce fleuve dans TAtlaati<)iie.

5* La iMde d'flÎM^oft. ^ La Rivière rouge du nerd, dont les sources sont voisines de celles du Mississipi, osais qui coule en sens inverse de ce fleuve, va se dëverser par le lac Winnipeg et le fleuve Ifelson dans la baie d'Hudson . Le territoire des Etats-Unis s« partage donc en quatre versants principaux : cehu de TAtlantique» celui du golfe du Mexique, celui du Pacifique et celui de la baie d*fludson.

Grand bcusm intérieur. — Il comprend en outre un Teste bassin fermé compris entre les montagnes Ro<:hea8es, les bassins de l'Or^n» du Sacramento et du Colorado, et qui ne communique avec aucooe

Le Mississipi. — Le bassin duBIississipi comprend 1» plue grande partie des États-Unis. Ses deux principaux affluents : à droite, le Missaim, que lui en- Toient les Monugnes Rocheuses; à gauche, TOAio

2QÎ se forme dans les Alleghanys, sont eux-mêmes e grands fleuves comparés à nos cours d*eau de l'Europe. Le Missouri se grossit lui-même du YellùUh êtone, du Nebraska^dn Kanscu, toutes rivières descendant des Montagnes Rocheuses pour se réunir à sa rive occidentale. Sur sa rive gauche ou méridionale, rOhio reçoit le Keniucky, le Cumàerland^ le Tennessee, et sur sa rive droite, le Waàash. Avant de se grossir des eaux du Missouri et de TOliio, le Mississipi, qui est navigable depuis Saint-Paul, sur les confins du Minnesota et du Wisconsin, leçoit sur sa rive gauche ou orientale le Wiecatuin et ViHinois.

Le Missouri, dont le cours est plus long que celui du Mississipi proprement dit, est aussi d'un volume plus considérable. Le fleuve formé de la réunion du Missouri et du Mississipi roule au pied des monts Osarfc, qui le forçaient autrefois à former une chute puissante comme le Niagara et où il s'est ouvert un passade, puis il mélange ses eaux bourbeuses aux eaux hmpides de l'Ohio. Dès lors, son cours devient tortueux, il s'en détache un mad nombre de branches secondaires appelées ù«fyou8t qui courent d*une manière indécise dans la plaine basse, maréoaçeuse, malsaine, brûlée pendant Tété par un soleil torride. Pour se défendre contre les inondations, on est obligé de maintenir le fleuve entre de hautes digues, dent k rupture amène trop fréquemment des désastres et des épidémies. Remplissant sans cesse son lit des dépôts quMl charrie, malgré sa profondeur de S à Ih mètres et sa*largeur de 2 4 8 kilomètres, le fleuve va toujours en s'exhaussent et domine le pays environnant comme le Pô le fait en Lombardie. 11 reçoit encore à droite, sur sa rive occidentale, deui grands cours d'eau, VArkansêe et ht Rivière Rou^e du 9ud, Comme le MIssisMpi lui-même, ceMe dernière rivière charrie une grande quantité d'arbres déracinés dans les plaines de TOuest. Des radeaux, des lies flottantes, se forment et se défont sinsi, au gré des courants et des obstacles qu'ils rencontrent. Enfin le Mississipi arrive à la NdUn^elle" Orléans, qui, par les lacs voisins Pontchartrain et Borgne, communique avec le golfe du Mexique, tandis que le fleuve continue encore pendant une trentaine de lieues avant de mélanger ses eaux troubles è celtes du golfe.

Auêi^m fleuvee, — Pour être m<dB8 eeneidérahles

que le Mississipi, d'autres fleuves des États-Uni» n'en sont par moins imposants. Avant de former l'admirable port de New-York, l'Hudson pfsse a» pied de hautes et superbes falaises senommées sous le nom de palissades. Le Delaware permet aux navires de mer de remonter Jusqu'à Philadelphie. Le Colorado roule pendant des centainesde kilomètres au fond de Vahane d une sauvage grandeur, à plu sieurs centaines de mètreaau-dessous des plateaux qui le bordent. LOrégen, beaucoup plus abondant, a aussi %w éeLiU»^îd\tSam grandioses revêtues de msgniflaues Ibrèts.

Montaçnee, Mcnù AHéukmm* -^ Les monU Alléghanysfin Apalaches sont les premières cimes oui frappent les yeux des Eunapoens débarquant dans un des ports de l'Atlan^que. Us s'allongent en chaînes multiples et parallèles, orientées du nord-est au sud-ouest, et qui, par leur apparence et leur constitution géologioue, rappellent le Jura. Leur altitude movenne est de 1000 à 1300 mètres, leurs sommets les plus éii^jéA atteignent ^00 mètres. Us séparent le bassin des fleuves aboutissant directement à l'Atlantique ou au golfe du Mexique decein du Saint-Laurent et de TOhio.

Au nord des Etau-Unis, 11 n'y a pas de ligne de faite bien tranchée entre les rivières qui descendent au Mississipi et celles qui aboutissent aux grand» lacs.

M^mUtgnes Rocheuits. — Mais à l'ouest, les Montagnes Rocheuses forment l'arête principale du con» tinent. C'est un énorme bourrelet, plus rapproché de rOcéan Pacifique que de l'Atlantique, et dont l'altitude absolue est considérable ; mais vues des prairies qui s'étendent à leur pied, elles sevblent^ moins imposantes qu'on ne s y serait isttendu k cause de l'altitude ou Ton se trouve déjà. Les monts Pike et Long, dans le Colorado, sMit des géants comparal>les à notre Mont Blanc. Les Montagnes Rocheuses, riches en métaux prédeusL renferment des sites si pittoresques par leur végétation forestière, les sources jaillissantes, les geysers, les cascades qui s'y rencontrent, que le Congrès des Etats- Unis a résolu de les conserver à rsdmiration des générations futures, en en ûJeant des Para natùh nauWfffae doivent respecter Is hache du bùcheroi» et le pic du ndneur.

Sierra Nevada. -^ A l'ouest dn bassin intérieur, le long de la côte du Pacifique, s'élète une chaîne dont les sommets sont encore plus élevés que ceux des Montagnes Rocheuses. C'est la chaîne des Cascaites, continuée au sud par la Sierra Néno/da, où lea monts Whitmeg et Shaeiat pour ne citer que les plus remarquables, atteignent de 4 à 5000 mètres. <:e sont les cimes les plus élevées de toute l'Union. Le chemin de fer dsi Padfi^qne franchit cette chaîne par des cols de 2500 mitres de hauteur, où l'on ne sait ce qu'on doit aomirer le plus de U magnificence dn paysage, on de la hardiesse avec laquelle les ingénieurs y ont élevé leurs travaux d'art.

Les monts (hark^ dont nous avons parlé à propos du Mississipi, s'étendent du nord- est an sud-ouest depuis Saint-Louis sur le Mississipi jusqu'au Texas^ Us ne paraissent élevés qu'à cause des plaines basses qu'ils dominent.

Clùnat. — A latitude éeale, U dilTérence est grande entre le climat de rAmérique et celui de l'Europe. Le nouveau continent est beaucoup plus lk>old que l'ancien.

A New-York, situé sur 1 température moyenne i' Paris. En outre, Técart <

et les chaleurs de l'été est bien plus considérable de l'autre côté de l'Atlantique que dans notre pays. C'est que le long des côtes aroéricainea de TAtlan* tique descend un courant froid venant du pôle, au lieu des flots échauffés du Gui f-Stream qui viennent élever la température anr les côtes eccMlentales de

«r le parallèle de Naples, le

n'est pas plus élevée qu'à

t entre les froids de Thiver

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TEurope. Aucune montagne ne sépare les froides régions du pôle des borda du golfe- du Mexique, et les yents glacés font sentir leur influence pendant YhÏY&p sur tout le bassin du Mississipi Jusqu'à la Nouvelle-Orléans. L*élévatlon du sol dans toute la région qui s*étend entre les Montagnes Rocheuses et la Sierra Nevada est une autre cause d'abaissement de la température. Mais sur le versant du Pacifique, abrité contre les frimas du pôle, on retrouve un climat d'autant plus analogue à celui de TEurope, que le littoral en est réchauffé par le courant du Kouro-Sivo, venu des côtes du Japon à travers le Pacifique, et tout à fait analogue au Gulf<Stream.

La quantité de pluie reçue par le sol varie aussi beaucoup d*une rénon à Tautre des États-Unis. Sur les côtes du golfe du Mexique et de la Floride, Teau versée en abondance par des orages diluviens comme entre les tropiques, remplit des cours d'eau, des lacs, des marais nombreux, près desquels sévit la fièvre jaune, fléau de la race blanche, mieux supporté par les nègres. Les côtes du Pacifique reçoivent des pluies très fréquentes, d'autant plus abondantes qu'on avance vers le nord, et qui y entretiennent une superbe végétation. Les montagnes retiennent aussi sur leurs sommets une grande masse de neige ou de pluie.

Du côté de TAtlantique, les> nuages, pompés par le soleil dans les flots du Gulf-Stream, se condensent à la rencontre des vents froids venant du pôle, et tombent sur le littoral en pluies abondantes. Il en résulte que cette région n'est pas seulement la plus rapprochée de l'Europe : c est encore celle ou les premiers émigrants anglais ou hollandais se fixèrent le plus volontiers, parce qu'ils y retrouvaient un climat analogue à celui

2u'ils venaient de quitter. C'est cette abondance e pluies qui fait l'importance des fleuves envoyés par les Âlléghanys à l'océan Atlantique, malgré le peu d'étendue de leur bassin. Ayant à tomber d'une grande hauteur sur un faible parcours, ils forment une série de cascades qui n'offrent pas seulement des tableaux pittoresques, mais qui, mgénieusement mises à profit par les Américains, leur fournissent de nombreuses et puissantes forces motrices. Les chutes d'eau du seul Etat du Maine équivalent, diton, au travail que pourraient effectuer 24 millions d'hommes dans la force de l'âge travaillant vingt^quatre heures par jour.

Sur le versant opposé des Alléghanys, le bassin de rOhio est encore sufQsamment arrosé et offre des terres très fertiles. Mais à mesure qu'en avançant vers l'ouest on s'éloigne de la mer, le climat devient de plus en plus sec. Le nord du bassin du Mississipi forme une vaste prairie, ancien domaine du bison, qui se couvre rapidement aujourd'hui de fermes. C'est le fond d'un ancien lac remontant au temps où le Mississipi se déversait dans l'Atlantique par le SaintrLaurent. La terre y est prodi- Sieusement fertile et fournira longtemps encore es récoltes sans réclamer d'engrais. Mais en descendant au sud, on trouve les mauvaises tenues du Nébraska, les solitudes du désert américain et les plateaux monotones du Llano estncado^ sur les confins du Texas et du Nouveau Mexique, où l'horizon offre une si grande uniformité ^u'on ne saurait s'y retrouver sans les pieux qui jalonnent la route. Les rivières qui s'y forment reçoivent si peu d'eau de pluie, que souvent leur large lit se trouve entièrement à sec, malgré l'étendue du bassin qu'elles drainent.

A l'ouest des Montagnes Rocheuses, dans l'Arisona, où les cactus forment la végétation la plus répandue, la sécheresse est encore plus grande, et c'est ce qui explique la disette d'eau du Colorado, qui ne verse pas duu le golfe de Californie plus

d'eau que la Seine, malgré son cours de 2500 kilomètres.

L'Utah participe aussi à cette sécheresse, tandii au'au nord, le bassin de TOrégon est couvert de forêts où la végétation atteint un développemest superbe, et qu'à l'ouest, la Californie est une des régions les plus heureuses de la terre pour la dcmceur du climat, la fertilité du sol, la richesse minérale, la magnificence de la végétation. C'est là qn'oD trouve ces séquoias ^gantesques âgés de miùien d'années, dont le tronc est assez gros pour qn'no cavalier puisse circuler à cheval dans rintériev de l'arbre abattu comme dans un tunnel, et dont h cime dépasse les plus hauts monuments de la terre.

Régions physiques. — Les Etats-Unis se diTiaent, d'après ce qui précède, en trois grandes régions physiques : à l'est, le versant de TAtiantique ; au centré, la plaine du Mississipi ; à l'ouest, la haute rég;Loo des Montagnes Rocheuses et de la Sierra NéTidL

Chacune de ces régions se subdivise à son unir en plusieurs groupes d'États ou de territoires. (Les territoires ne sont admis au rang d'État par le congrès, que lorsqu'ils ont atteint une certaine population.)

A l'est, les Etats riverains de TAtlantique oooi' prennent trois groupes, savoir :

Au nord, les États de la NouveUe'Angîeterrty u nombre de six : Maine, New-Hampsliire, Yermost, Massachusetts, Rbode-Island et Connecticut.

Au centre, depuis Long-Island jusqu'à U baie de Chesapeake. cinq Etats : New-York, New-JeK?T, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, et le district de Colombie, avec la capitale fédérale, Washington.

Au midi, cinq Etats : la Virginie, la Caroline di nord, la Caroline du sud, la Géorgie et la Floride.

Les Etats de la plaine centrale qui s'étend depuis les lacs du nord jusqu'au golfe du Mexique, comprennent aussi trois groupes : au nord, cinq Etats riverains des lacs : i'Ohio, i'Indiana, TUlinois, le Wisconsin et le Michigan ; au sud. eotn rOhio, le Mississipi et les Alléghanys, cinq Euu : la Virginie occidentale, le Kentucky, le Tennessee, TAlabama et le Mississipi ; à l'ouest, sur la rive droite du Mississipi, cinq Etats : le Minnesota, riowa, le Missouri, l'Arkansas et la Louisiane.

La grande région des MonUgnes Rocheuses, qui comprend plus de la moitié du territoire de IXnion, se subdivise orographiquement en qnatre groupes d'Etats ou de territoires. Trois Etits et deux territoires occupent la haute plaine, par et l'on s'élève depuis les rives du Mississipi et da Missouri Jusqu'au pied des MonUgnes Rocheuses. Ce sont : le Dakou (terr.), le Nébraska, le Kansas, le territoire indien, et le Texas. Trois territoires et un Etat occupent la région montagneuse proprement dite. Ce sont : les territoires de Montana, ds Wyoming, et du Nouveau-Mexique, et le Colorado. Trois territoires et un Etat occupent le bassin in* térieur. Ce sont : les territoires d'Idaho, dXtali et d'Arizona, et l'Etat de Nevada. Enfin, deux Euta et un territoire couvrent le littoral du Pacifique. Ce sont : le territoire de Washington, et les Euu d'Orégon et de Califonûe.

2. Oèographie agrioole et indastriélle. — Âgn cuUure, — Les Etats-Unis sont un pays très riche sous le rapport agricole. A Test, depuis rocéaa Atlantique jusqu'au Mississipi, au nord, le kag du Saint-Laurent et des lacs, les premiers émigrants trouvèrent le sol revêtu presque partout ds superbes forêts. Au delà, Jusqu'aux MonUgnes Bocheuses, c'était la prairie, où les Indiens chassaient le bison. Aujourd'hui, les forêts de l'est sont bteo éclaircies. si bien que le Congrès songe à régler leur exploitation pour ne pas dépouiller llJnioa de cetto source de richesses. Les principales ebseiices qu'on y rencontre sont les cèdres et cyprès de la Floride, de la Caroline, et de U »

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ginîe, rérable à sncre, le chêne, le noyer, le plaunc, le charme.

Dans ces forêts nonvellement ddfrichées, dans la prairie que n*aYait Jamais entamée le soc de la charrue, le sol fertile produit de superbes moissons. La terre ne fait pas défaut aux émierants qui se portât de plus eo plus à Touest sur des espaces encore inoccupés. Aidé par de puissantes et ingénieuses machines, chacun d*euz ensemence et moissonne un domaine étendu, où il trouTO des ressources abondantes pour sa porsonne et de nombreux produits à exporter. A la Tariété des climats répond aussi la variété des cultures. Le mais et le froment sont les deux principales. Le domaine du premier comprend presque tout le territoire de FUnion, sauf la région des montagnes, mais est surtout répandu dans le bassin de robio, où il sert à engraisser les milliers de cochons qu'on abat annuellement à Cincinnati (Porcopolis) . On estime à 2 milliards et demi ou 3 milliards de francs la valeur de la récolte annuelle du mais sur le territoire de TUnion. Le froment avec les autres céréales donnent un produit presqu'aussi élevé. Le froment domine dans la Nouvelle-Angleterre, dans la région des lacs et les plaines du Haut-Mississipi, dont Chicago est le grand entrepôt, et dans la Californie. Le seigle, l'orge, l'avoine remplacent le froment dans les terres plus froides ou moins fertiles. Le riz a fait la réputation de la Caroline, la canne à sucre fait, avec le coton, la fortune de la Louisiane.

Le coton couvre les Etats du Mississipi, d*Alabama et de Géorgie. La Nouvelle-Orléans est le plus grand entrepôt du monde pour ces balles qui Tont alimenter les filatures de Manchester, de Rouen et de Mulhouse. Au nord, les plantations de coton font place à celles de ubac, qui s'étendent sur les deux versants des AUéehanys depuis Tocéan Atlantique jusqu'au Mississipi. La Virginie, le Maryland, le Kentucky, le Tennessee produisent des espèces variées très estimées des fumeurs. C'est le chanvre qui est cultivé comme textile dans cette région du tabac. Il donne des produits importants dans la plaine de TOhio et du Mississipi.

Les Buts du sud produisent les fruits des tropiques, les oranges, les limons, les grenades. Mais c'est en Californie qu'on récolte les meilleurs vins. Bien que la vigne croisse à l'état sauvage dans les Etats de la Nouvelle Angleterre, ce qui fit appeler ce pays Viuland par les navigateurs Scandinaves qui y abordèrent deux siècles avant Christophe Colomb, elle n'y mûrit pas ses fruits, et c'est le houblon qui y est cultivé pour fabriquer la bière et remplacer le vin.

Le bétail est très nombreux aux États-Unis. Les pâturages ne manquent ni dans les montagnes du nord-est, où l'on fabrique beaucoup de fh>mages, ni en Californie, où l'on produit une énorme quantité de laine, ni dans la prairie du centre, autrefois domaine du bison. Là on élève de grandes quantifiés de bœufs, de porcs, de moutons, pour saler leur viande, fondre leur suif, et expédier en outre leurs cuirs et leurs laines, en attendant que les moyens de transport deviennent assez rapides et économiques pour qu'on puisse amener en Europe le bétail vivant. Les Américains aiment beaucoup les chevaux; ils en possèdent une grande quantité, et la race en est renommée pour la rapidité de son allure au trot. La production du foin, du beurre, du fromage, du lait est évaluée annuellement à 3 milliards.

Mines, — Les États-Unis tirent des richesses unmenses de leurs mines, qui comprennent à la fois les méUux les plus précieux et les plus utiles.

Les bassins nouillers y occupent une région douxe fois plus étendue qu'en Europe. Ils sont tompris entre les Alléglianys et les hauts pla-

teaux du Nébraska , du Kansas et du Nouveau- Mexique. Le territoire de Washington et l'Orégon Êossèdent, en outre, des bassins isolés de ceux-ci. ien qu'on n'en retire pas annuellement autant de combustible que des puits de la Grande-Bretagne, les houillères des Etats-Unis semblent être, avec celles de la Chine, les plus riches dépôts du globe en combustible minéral. Pour l'importance de l'extraction, elle viennent immédiatement après celles de l'Angleterre. A cette source de richesse s'ajoute l'huile de pétrole, qui Jaillit en Pennsylvanie de puits creusés sur le versant occidental des AUéghanys en quantité si prodigieuse que le pays en a pris le nom de pays de l'huile.

Le fer, aont l'extraction est plus importante que celle de l'or même, abonde dans les Alléghanys et sur les bords du lac Supérieur, où existent en même temps des dépôts de cuivre pur, uniques au monde. Co dernier métal se trouve en outre dans le Missouri. Le plomb est exploité dan> le haut bassin du Mississipi, le Michigan, le Wisconsin, l'Illinois, l'Iowa, le Missouri ; le sel dans l'Utah. Les métaux précieux, bien que se rencontrant le long des Alléghanys, se trouvent en abondance surtout à l'ouest des Montagnes Rocheuses; l'or dans la Californie, le Colorado et les États voisins, qui en produisent pour 500 millions de francs par an. Cependant ce produit est en diminution depuis Quelques années. L'argent a été trouvé en si grancie quantité dans le Nevada, que la valeur relative de ce métal a baissé sur les grands marchés monétaires d'Amérique et d'Europe. La Californie produit 2 millions de kilogrammes de mercure, qui servent à extraire l'or des sables aurifères et viennent faire concurrence en Europe aux produits d'Almaden et d'Idria.

Manufactures. — Pendant longtemps les Américains se sont contentés de vendre à l'Europe les matières premières fournies par leur pays et d'en tirer en échange des produits manufacturés. Mais depuis la guerre de sécession, pour amortir l'effroyable dette contractée par l'Union, ils ont frappé les produits étrangers de droits d'importation énormes. Il en est résulté de tels avantages pour leurs manufactures que celles-ci se sont considérablement multipliées et développées. Non seulement elles sont aujourd'hui en eut de soutenir la concurrence étrangère sur les marchés américains, où elles sont protégées par les droits douaniers, mais elles expédient leurs marchandises sur les marchés de l'Asie, de l'Australie, de l'Europe même, pour prendre la place des produits anglais, français ou allemands. C'est surtout dans les états de la Nouvelle Angleterre et dans les villes que se concentrent les manufactures. Elles fabriquent des étoffes de laine, de coton qui rivalisent avec celles d'Angleterre, des soieries comme à Lyon ou à Zurich, de la cordonnerie, des objets en cuir, de la Quincaillerie, des armes, des machines à coudre qu aucun constructeur n'a encore pu dépasser, de l'horlogerie comme en Suisse et en rranche-Comté, des machines outils, des machines à vapeur aussi puissantes qu'agiles. Le Massachusetts est le premier Eut de ITJnion pour ses filatures et ses étoffes de laine et de coton. Le Connecticut occupe ce rang pour les soieries, et les rubans de soie de Patterson, dans le New-Jersey, ont valu à cette ville d'être appelée par les Américahis le Lyon des ÉUU-Unls. A côté de ces manufactures proprement dites, on trouve, près de l'Atlantique, de nombreuses minoteries qui expédient en Europe des barils de farine.

La Pennsylvanie, giftce aux mines de houille et de fer qui s y rencontrent, a des hauts fourneaux, des forées considérables. Pittsbourg, au confluent de l'Alléghany et du Monongahéla,qui s'y réunissent pour former l'Ohio^ mérite d'être comparé à Bir-

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œingliam ou à Sheffleld pour son acti?itë métallurgiqae, et a déjà plus d« lOisOOO habiUnts. Philadelphie est la première ville manafactui-ière de TUnion et la seconde pour sa population, gr&ce aux usines diverses qu*elle renferme pour le travail des métaux, à ses filatures et à ses fabriques d'étoffes et de confections. Pittsbourg et Philadelphie fabriquent des locomotives pour TAxaérique entière et pour quelques pays étrangers.

Eta dehors de cette région manufacturière, Chicago et Cincinnati ont de grands établissements pour abattre et dépecer les bestiaux et préparer les divers produits ()u*oo en retire. Dans les plantations de la Louisiane, on écrase les cannes qui donnent le sucre. Dans les forêts de la Caroline on prépare du goudron , de la térébenthine, de la poix. Le Maine a des scieries nombreuses et d'importants chantiers de construction maritime. Chicago fabrique des machines agricoles qui sont exportées dans le monde entier.

Une petite ville de Tltlinols, Elgin, fabrique mécaniquement des montres avec un outillage si perfectionné que la production est d'une montre par jour et psr ouvrier.

L'industrie de la pèche s'exerce activement sur les côtes. L'État de Delaware, entre les deux baies de Delaware et de Chesapeake, est particulièrement favorisé sous ce rapport. Nulle part au monde l'ostréiculture n'est aussi développée que dans la baie de Ghesapealie, d'où l'on retire annuellement 40 milliards dhultres. Le long des côtes de l'Orégon et du territoire de Washington, on poursuit les phooues. Les États-Unis envoient en outre en Europe beaucoup de homards, de saumons, et autres poissons conservés en bottes.

8. Gommeroe. — Voies navigabfes. — Il est peu de pays au monde aussi bien desservis que les Etats-Unis par les voies de communication naturelles. L'AÎnazone et le Parana sont navigables pour les navires de mer à de plus grandes distances de l'océan que les fleuves de l'Amérique du nord. Mais le Missouri, qui porte bateau presque depuis sa source, offre la plus longue ligne de navigation fluviale du globe. Par le Saint-Laurent et les lacs, les grands navires remontent jusqu'au fond du lac Supérieur, et lorsque pendant 1 hiver les glaces barrent cette route aux expéditeurs de Chicago, ils ont, pour y suppléer, le canal qui relie leur ville avec le Mississipi, ou le canal du lac Erié qui, tournant les Alléghanys par le nord, èe joint à l'Hudson. Le Saint-Laurent, le Mississipi, le canal de TErié avec i*Hudson, forment les trois grandes lignes de navigation intérieure des Euts-Unis. Mais ce ne sont pas les seules. L'Hudson est encore relié par le lac Champ lain et la rivière Richelieu, qui sert de déversoir à ce lac, avec le bas Saint-Laurent. Plusieurs canaux relient le lac Erié avec la rive droite de l'Ohio. Sur tous ces fleuves, THudson, l'Ohio, le Mississipi, le Missouri, les steamers luttant de vitesse transportent continuellement passagers et marchandises, tandis que sur leurs rives et d*un bassin à l'autre courent les trains rapides de chemins de fer, dont le réseau forme une infinité de mailles de plus en plus serrées, surtout dans les Etats de l'est.

Chemim de fer. — Ce réseau est aujourd'hui ûe r?5,000 Idiometres, les 5/6 du réseau européen pris dans son entier, plus de trois fois la circonférence de la terre & Téquateur. La ligne la plus remarquable relie New- York, sur l'Atlantique, à San Francisco, sur le Pacifique. D'autres chemins doubleront bientôt cett*' ligne en reliant sur d'autres points les dexn. océans.

Grondes villes et ports de l'intérieur. — Cest le long des fleuves, ou sur les rives do la mer, que se trouvent les villes les plus populeuses et les plus commerçantes. Chicago, sur la rive méridionale du lac Michigan et dans l'Etat d'UUnois,

offre le plus prodigieux exemple du np&de déve loppement de quelques cités américaines. En ISia, elle n'avait i|ue 550 habitants. Mais les émignnts commençant à se porter dans ces régions du Far- West, elle est devenue, gr&ce à sa Mtoation, on immense entrepôt pour leurs crains, leurs larioet, leurs salaisons qu elle expédie chaque jour eo Europe. Dévorée par un Immense incendie en 1^*1. elle s'est relevée do ses cendres avec une rapidî;é surprenante. On estime sa population actuelle i plus de 400,0011 habitants. Son commerce est le double de celui de Marseille, son entrepôt de grains le premier du monde après celui de Londres. Sur la même rive du lac Michigan, MHwa'^ka, dans l'eut de Wisconsin, s déjà 100,000 habitants.

Dell oit, dans Tétat de Michigan, sur le canal qui relie le lac Huron au lac Erié, a 80.000 babiunis. Sur la rive méridionale du lac Erié se rencontrent successivement de Touest à l'est dans TEut d'Ohio: Toledo avec 30,000 habitants, dont le port est relié par des canaux avec Cincinnati et avec le bai Ohio par la rivière Wabash ; puis CleveUmd. rilie de 100,000 habitants, qui est reliée par can40x avec Pittsbourg; enfin, dans l'Etat de New-York. Buffalo, qui est encore plus peuplée, grâce k aa position à l'extrémité du canal de TErié et au voi sinage de la frontière du Canada, qui eo fou Tcntrepôt du commerce de ce pavs avec J'^ew-YcrL Sur le lac Ontario, la plus grande ville, Bi>chester, dans l'eut de New-York, a déjà plus de 80,0Jil habiunts.

Le canal de l'Erié rejoint THudson à Troy, qv a une cinquantaine de mille âmes. En descendant le fleuve, on passe devant Aibany, la capiule de l'Etat do New- York, dont la population dépasse 80,000 habiUnts. Et enfin on arrive à New-Tork, que nous décrirons avec les poru de l'Atlantique.

Le long de TOhio se trouvent : Pi/^6ottr^, dom nous avons déjà parlé, puis Cincinnati^ la métropole de TEtat d Ohio et de toute U région msine, où plus de VUO,()00 habitants se sont groupés; Louisville, dans le Kentucky, qui en realense plus de 100,000.

Le Mississipi arrose deux villes considérablei. toutes deux d'origine française : Saint-Louis du Missouri, située un peu en aval du confloeLt de la rivière de ce nom, au centre du bassia du Mississipi, actuellement la troisième ville ëe l'Union par sa population de 450 ou ^00,000 hJ»- Unts, autrefois Tentrepôt du commerce dei fuJ^ rures des territoires de l'ouest, aujourd'hui eou«> pôt de leurs grains, de leurs salaisons, de Ifvr béuil et des produits manufacturés ou des deoréet coloniales qu ils reçoivent en échange ; et la \ouvelle-OrléaTiSf qui a grandement souffert pendant la lutte des éuu confédérés du sud contre les fédéraux du nord, mais qui est encore le centre d*i commerce du bas Mississipi et des EtaU rirerains du golfe du Mexique, et renferme plus de 200,000 habiUnts. Nous avons dit que le coton et le sucre éuient les principales denrées expédiées par son nort, qui est un aes premiers de l'Union.

Grands potts de mer, — On ne trouve for le

golfe du Mexique d'autre port important que celai e Jlfo6t7e (30,000 hab.), à l'embouchure de I'AIabama et dans l'Eut du même nom.

Sur l'Atlantique, les ports sont excellents el nombreux. Charleston (50,000 hab.) exporte le coton et les buis de la Caroline. Richmond, ior le James River, qui débouche dans la baie de QktUr pcake. est un peu plus peuplé. Cette ville est li caplule de la Yirp;inie, et pendant la guerre de U sécession elle était le chef-lieu de la confédérattoD du sud, ce oui en a fait l'objet d'une lutte lan* glante entre les deux armées opposées.

WashV'gtoHf sur le Potomac, la capitale de ^^' nion, n'est qu'à une petite distance de Richmoni Elle renferme 110,000 habitants. Baltimon^ daoi

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• >K«r3fUnd,aii nord de la baie de Chesapeake, a près e aOO OUO babitanU. Philadelphie, but la Delaware, . ^ les Américains ont récemment célébré le oen- ^me anniversaire de la proclamation de leur indécn<I«.iice, en renferme plus de 800000. Où trouer aUUeivrs quen An^eterre un pays où les Ta.n<le8 agglomérations humaines se touchent raiiiBsl prèsîCesten quelques heures que le cheaîn de fer traverse successivement Rlchmond, '^'asliington, Baltimore, Philadelphie, New-York.

iVeio- rorik.— Cette dernière ville porte fièrement c nom de c cité impériale ». Sa position est ini<|iie aa monde. Dix Jours suffisent maintenant iux steamers partant du Havre ou de Livorpool ;>ovur se rendre à New-York. En trente -six heures, le cbemin de fer conduit de là à Chicago. Par i*Hiadson, New-York communioue, ainsi que nous \* aurons expliqué, avec la région des lacs et lo Canada. Les plus gros navires Jettont l'ancre dans ce fleuve aux eaux profondes dont l'embouchure est protégée contre les tempêtes de TOcéan par rile de Leng-Island qui la couvre à Test. Entre cette lie et la terre ferme s*ouvre au nord-est le détroit qu^on nomme rivière do TEst, et au*on vient récemment de débarrasser des bancs de rochers <liii Tencombraient, pour ouvrir aux navires une route plus directe vers TEurope. Les quais de la rivière de TEst et de THudson se couvrent de plus en plus de docks, d'usines, de constructions de toute nature, qui agrandissent sans cesse la ville. £ntre ces deux rivières, la ville proprement dite de New-York a déjà plus d'un million d'habitants. BrookijfTi, qui lui fait face dans Long-Island et lui est relié par un pont suspendu des plus hardis audaciensement jeté sur la rivière de TEst, en a 500,000. Hoboken et Jersey-City, b&tis dans TEUt de New-Jersey, sur la rive droite de THudson, renferment à eux deu\ une centaine de mille âmes. A quelques kilomètres de là, Newark, dans le même Etat, est encore plus peuplé. Cela fait un total de près de 1 700 000 habiunts pour Tagglomératioii New-Yorkaise. Dès aujourd'hui c'est la ville la plus considérable et le premier port de l'Amérique. Si elle continue à s accroître aussi rapidement qu'elle l'a fait depuis le commencement de ce siècle, elle surpassera bientôt Paris, et peut-être fin jour Londres.

Au nord de New-York, Neu;-0at;en, dsns le Gonnecticut, a 50 000 Ames ; Providence, dans le Rhode- Island, 100 000 et d'importants ateliers de construction; Boston, dans le Massachusetts, 350000. » C'est une ville très industrielle, la seconde place de t rUnlon pour l'importance de son commerce. En ' mèaie temps, elle a mérité le surnom d'Athènes . américaine à cause des établissements scientifiques ' qu'elle renferme. C'est II Cambridge, l'un des fau- . bourgs de Boston, que se trouve l'université d'Har. vard. Dans le Maine, où l'industrie des constructions navales est très développée, Portiand, la ville et le port les plus considérables, ne dépasse guère 30000 habiunts.

Du oftté du Pacifique, l'activité commerciale se concentre à San-Franciseo^ oui, simple bourgade en 1848, est devenue, gr&ce à la découverte des placera californiens, une des grandes et riches villes du globe. Elle renferme 150 ou 200 OOo habiUnto, dont un grand nombre de Chinois Elle est le terme du grand chemin de fer transatlantique et le port d'atuche des steamers qui relient les États- Lais au Japon, à la Chine, à 1 Australie, à Panama. De San-Francisco à Yokohama, dans le Japon, la traversée du Pacifique est d'une vingtaine de Jours, le double de eeile de l'Atlantique entre New-York et l'Angleterre.

Marme, •— La marine de commerce est une des plus importantes du monde. Elle comprend environ 25000 navires Jaugeant 4 millions de tonnes. Cest «aviron quatre fois la marine marchande de la

2« Partie.

France, les deux tiers de celle de la Grande-Breta gne, mais la moitié de celle de l'ensemble des diverses colonies anglaises. Cette marine comprend plus de 4000 bateaux à vapeur, dont lo tonnage dépasse à lui seul celui de toute la marine de commerce française. 8000 navires de 500 à 600 ton« neaux chacun, en moyenne, se livrent au commerce de long cours, 20 000 de cent tonneaux chacun, au csbotago; 2000 navires, dont la plus fande partie ne sont que des barques, s'occupent la pèche cètière, à la pèche de la morue sur le banc de Terre-Neuve ou à la poursaite de la baleine dans les mers arctiques.

Cwnmerce extérieur. — Parmi les pays étrangers, c'est l'Angleterre qui tient le premier rang par l'importance de ses relations commerciales avec les Éuts-Unis. Elles sont cinq fois aussi considérables que celles de l'Allemagne ou de la France qui viennent à peu près au même rang Tune et 1 autre. L'Amérique anglaise, les Antilles, la Chine et le Japon, la Belgique, le Brésil, les Pays-Bas» l'Espagno se suivent ensuite.

Les principaux objets d'exportation sont en première ligne le coton, les grains ou farines, puis les salaisons et les conserves, les métaux pré cieux, les graisses, huiles et résines, le tabac, les machines et outils, les bois, les cuirs ouvrés, les tissus. Les Américains importent en édiange des denrées coloniales, des vins et liqueurs, des tissus, des matières colorantes, des cuirs bruts, des textiles à filer pour leurs manufactures^ des bijoux, des articles de mode ou de fantaisie.

IV. Population. — On trouvera à l'article histori<}ue ci-dessous, le mode de développement de rUmon américaine et l'origine de . chacun des États qui la composent. Nous parlerons seulement ici des races qui forment sa population et de leur distribution géographique.

Les Indiens, ~ Tout en étendant leurs frontières, les Américains avaient plus d'une conquête à faire à l'intérieur de leur territoire. Chassés par les colons européens de leurs anciens terrains de chasse, refoulés sans cesse par le flot des nouveaux immigrants, usant sans doute des ruses et de la cruauté inhérentes à leur état d'infériorité relative, mais perfidement dépouillés de territoires dont los traités leur avaient solennellement reconnu la possession, les Indiens ont courageusement lutté

f^ted à pied pour défendre le sol dont Us éuient les égitimes possesseurs contre une civilisation qui est la mort de leur race. Transportés à l'ouest du Mississipi, dans un pays qui a pris d'eux le nom de territoire indien, campés dans des réserves od la chasse ne leur fournit plus des ressources suffisantes, obligés de prendre des habitudes laborieuses et sédentaires dont ils sont incapables, ils vont en dépérissant. Peut-on voir s*éteindre sans un regret, sous préteite qu'ils appsrtlennent à une race inférieure, ces hommes qui possédaient les nobles vertus du courage personnel, de la loyauté, du respect de leurs chefs, et dont les Français, pendant qu'ils occupaient le Canada et la Louisiane, avaient fait des alliés si utiles et si fidèles?

Immigration, — La population des Etats-Unis, qui était de 4 millions d'habitants en 1776, de 5 millions en 1800, de 32 millions en 1860, de 38 millions au dernier recensement de 1870, doit dépasser aujourd'hui 40 millions. C'est l'immigration qui a été la principale cause de cet accroissement. Insignifiante Jusqu'en 1820, elle a amené depuis sur le territoire américain plus de 9 millions de tète». Sur ce nombre la moitié vient du royaume de Grande-Bretagne et d' Irlande. Il est sana doute parti des ports de la Grande-Bretagne beaucoup d'émigrants de nations étrang^ères; cependant les famines de l'Irlande ont été suivies d'un exode considérable vers les États-Unis. L'Allemagne a envoyé les deux tien environ de ce qu'avait fourni.

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VAngleterre, près de 3 millions d'émlçrants. La part de la France et celle des Euts SeandinaYes, à peu près équivalentes, ne sont qne la dixième partie du contingent de l'Allemagne, 300 000 environ. Puis viennent la Suisse, Tltalie, TAutriche, TËsnagne, la Russie, les Pays-Bas et la Belgique. Tous les Euts de l'Europe ont donc pris part au peuplement de l'Union américaine.

Les Chinois, — Depuis quelques années, la Chine et le Japon, entrant dans le courant des relations des peuples de l'Europe et de l'Amérique, ont envoyé à leur tour des émlgrants aux Etats-Unis, surtout dans la Californie, sur les bords du Pacifique. L'envahissement des Chinois est même devenu si considérable que les Californiens réclament du congrès leur exclusion ou le refus d'en admettre de nouveaux. Aucun blanc ne peut soutenir la concurrence que lui font ces Chinois. Vivant de rien, n'ayant ni femmes ni enfants à entretenir, ils se contentent du plus modeste salaire, ne reculent devant aucune tâche. Ils ont construit une grande partie du chemin de fer du Pacifique, glanent dans les placers abandonnés par les blancs comme trop pauvres, font d'excellents domestiques, des blancnisseurs, des hommes de peine, et arrivent, grâce h leur remarquable talent d'imitation, à reproduire les divers objets dus h l'industrie européenne ou américaine. Par leur travail, leur économie, ils amassent des épargnes considérables qu'ils emporteront dans leur pays natal, où ils sont résolus à rentrer vivants ou morts. Les navires qui font le service do San-Francisco en Chine emportent à chacun de leurs voyages une cargaison de cercueils de Chinois qui, en quittant leur patrie, se sont fait garantir à l'avance le retour de leurs cendres dans la terre des ancêtres. C'est en Californie et surtout h San-Francisco que les Chinois sont nombreux. Dans les Etats du sud. Us remplacent aussi sur les plantations les noirs que fournissait autrefois la traite et qui ne travaillent plus depuis que l'abolition de l'esclavage leur a rendu la liberté.

Après les Euts de TEurope et la Chine, l'Amérique anglaise du Nord a fourni aussi à l'Union américaine un assez grand nombre d'émigrants attirés par les manufactures des Etats voisins de leur pays, mais qui rentrent chez eux, ouand les crises industrielles rendent de nouveau le travail agricole plus profitable. On trouve, du reste, dans la variation de l'immigration aux Ëtat8-Uni8,le reflet des crises qui ont agité l'ancien ou le nouveau monde. Avec les progrès do la navigation à vapeur rendant les voyages moins longs et moins pénibles, les famines et les révolutions politiques chassant de chez eux les Européens, la découverte de l'or en Californie appelant les mineurs et les aventuriers, l'immigration augmente sans cesse de 1820 à 1860. La guerre de la sécession amène un ralentissement pendant les années qui suivent 1860. Mais avec le retour de la tranquillité en Amérique, correspondant aux guerres qui imposent le service militaire obligatoire dans plusieurs États de l'Europe, l'immigration prend des proportions considérables. Il arrive près d'un demi-million de personnes aux Etats-Unis en 1872. Mais depuis cette année une crise industrielle sévit dans ce pays et le chiffre des émig^ ants détournés par les déboires de leurs prédécesseurs va sans cesse en s'abaîssant.

Les Yankees. — Les hommes d'origine anglosaxonne dominent aux Etats-Unis, mais les Allemands, les Scandinaves, les Français et autres Européens se fondent rapidement avec eux en une race spéciale, celle des Yankees^ qui se distingue par une activité fiévreuse, la hardiesse poussée jusqu'à la témérité, un amour effréné du lucre et la présomption la plus vaniteuse, mais aussi par une Indépendance personnelle absolue.

Population actuelle. Races différentes. — Sur les 10 millions d'âmes que renferment «ctnellement

les Etats-Unis, on compte S8 millions de blase» .nés en Amérique, 5 millions de noirs ou de mulâtres, S millions et demi d'étrangers nouvellement immigrés (dont 2 millions et demi d'Anglais, 1 million et demi d* Allemands, 1 demi-million d'Eon* péens d'autres nations, 1 demi-miliioD da Cinadleos) et enfin 400,000 Indiens.

Distribution de la f)opulatUm. — Avec une superficie de 1 659 000 kilomètres carrés sans compter l'Alaska, la population kilométrique moyense des Euts-Unis n'éuit en 1870 que de 7 habitanu. Elle est très inégalement répartie. Les Euts rîferains de l'Atlantique, au sud de la Noavelle-Andeterre, renferment une population quatre fois plas dense que la moyenne. Dans la NouveUe-Angteterre, où la proportion est un peu plus faible, le Massachusetts renferme 72 habiunts par kilomètre. C'est l'Etat le plus peuplé de l'Union amut densité, avec le Rhode-Tsland qui compte plos Ai 64 habitants par kilomètre. La moyenne de VUnico correspond aux Etats riverains de l'Atlantique de sud, ou au bassin central du Mississipi. La popalation la plus clairsemée se trouve dans les Moctagnes Rocheuses.

Les races sont aussi inégalement réparties. Les Indiens sont cantonnés dans leur territoin.lfi Chinois en Californie ; les noirs, répandas dai» toute rUnion, sont groupés principalement dans le sud. L'emportant en nombre sur les blancs dans la Caroline du Sud, ils sont à égalité avec ceni-ci dans la Louisiane, l'Alabama, le MlBsissipi, la Fbride, et presque aussi nombreux que les bbacs, quoique en nombre inférieur, dans fa Géorgie et U Virginie. Ce sont ces divers Etats qui ont voohi &e séparer de l'Union en 1 860 pour conserver dans Tesclavageles noirs nécessaires à leurs cultores. L-^s hommes de couleur Jouissent aujourd'hui à?* mémos droits politiques que les blancs. MiL« quoique siégeant dans les assemblées^ ils soot aussi dédaignés des hommes du nord que de leurs idciens maîtres du sud.

Le territoire d^ Alaska. — A l'extrémité nord-ooea du continent américain, l'ancienne Amérique rosse, devenue le territoire d'Alaska, occupe une éteadue triple de la France, où errent 70 ou 75 fc) Indiens, Esquimaux, Tchouktchis on autres. Li pointe de Barrow, qui en forme le point 1? plus rapproché du pôle, s'avance sur rOcèsa Glacial au delà du 71* degré de lat. Le cap :Iq Prince de Galles, qui fait vis-à-vis sur le détitJ de Behring au cap Oriental, pointe extrême du cttitinent asiatique, dépasse le 170** à l'ouest de Piris. Au sud l'ancienne Amérique russe descend jusqu'au 55* de lat. Le littoral est bordé de noabreux archipels. Au sud-ouest la presqu'île d'AUslt se continue par la chaîne des lies AléoutienDes,qd sépare la mer do Behring du grand océan Pacifiqss et va rejoindre le Kamtchatka. Cest sans doute U route par la(|uelle les indigènes trouvés en Amérique par Christophe Colomb avaient passé du continent asiatique dans le Nouveau Monde. Dans U mer de Behring, au littoral découpé par plusieof^ presqu'îles, débouche le Youkon, fleuve puiss^rj de 2 ou 3 kilomètres de largeur, qui route ses eaux impétueuses, après la débâcle des glacer. ^ travers un pays désert et inhospitalier. Sur le« bords du Paciiique, le mont Saint-Elie et le moot Beautemps dressent à 5000» d'altitude leurs cim^ majestueuses d où descendent d'immenses glaciers.

Cependant ce pays est moins inclément que oe pourrait le faire croire sa latitude. L'air y est réchauffé sur le littoral par le courant chaud TtnQ des côtes du Japon. Les côtes sont montagneuses et couvertes de belles forêts, malheureusemcat ensevelies dans la brume. La pèche des phoques, des baleines et des morues, sur l'Océan, des saamons dans les rivières, la chasse des b&tes à fourrures, constituent avec les bois et les mioes quel-

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quofl resBonrces pour les habitants clainemës qni y séjournent.

V. Gonélusion. — La f^uerre de sécession, qui a désolé r Union pendant plusieurs années, y a amassé bien des ruines et engendré d'implacables inimitiés. Les habitants du nord reprochent aux anciens confédérés d'avoir causé par leur rébellion tous ces désastres et Teffroyable dette qui en a été la suite. Ceux-ci se plaignent à leur tour de la dore oppression que font peser sur eux leurs vainqaeurs. La Tiolence des passions dans toutes les querelles politiques et dans les luttes sociales, parfois sanglantes, que commencent à faire naître les crises industrielles, est faite pour donner quelque inquiétude aux amis les plus optimistes de rUnion. Mais on vante avec raison les institutions politiques des États-Unis, et le respect que leur témoignent tous les partis ; l'intérêt que la nation entière porte au développement de l'instruction publique ; la libéralité avec laquelle les riches particaliers encouragent les travaux scientifiques et les voyages do découvertes, ou dotent leur patrio des institutions les plus utiles. Il y a là l'indice de qualités morales qui semblent promettre encore un bel avenir à une nation dont le développement a été si li&tif, qu'on n'en trouverait pas un second exemple dans 1 histoire. [G. Meissas.]

VI. Histoire. -— L'histoire des Etatfr-jUnis remonte au xvi" siècle, au temps où des colonies européennes vinrent successivement s'établir sur les côtes occidentales de l'Atlantique. Les institutions de la grande république et les crises qui ont marqué le premier siècle de son existence s'expliquent par les caractères si divers des peuples qu elle réunit sur son immense territoire. On y trouve représentées toutes les races non seulement de l'Europe, mais du monde entier. Ce sont d'abord les Anglo-Saxons avec an double esprit : puritains et indépendants au nord-est, monarchistes et féodaux au sud ; les Hollandais, les Suédois et surtout les Allemands^ dans les Etats du centre et de l'ouest, tous représentant les diverses sectes protestantes ; les Français venus de la Louisiane et du Canada, les Irlandais répandus partout^et les Espagnols de la Floride, du Nouveau Mexique et de la Cahfomie, professant le catholicisme. Enfin dans les réserves ou jetés çà et là subsistent les anciens maîtres du soi, les Peaux-Rouges ou Indiens ; sur les rives de l'océan Pacifique amuent les Chinois ; et partout se rencontrent les représentants de la race noire. Aussi est-il vrai de dire que les Etats-Unis ne sont pas une nation, mais un monde.

On peut distinguer trois périodes dans leur histoire : la première, de 1524 à 1688, est l'époque de la colonisation ; la seconde, de 1688 à 1783, est celle de la lutte des colonies entre elles et avec leur métropole ; enfin la troisième, de 1788 à nos jours, est la période d'organisation et d'exten-

BiOQ.

Les preoiiers établissements des Européens dans rAmérique du Nord furent ceux des Espagnols, au sud, sur les côtes du golfe du Mexique, et ceux des Français, au nord, près de l'embouchure du Saint-Laorent.

£n 1512, le Jour de Pâques fleuries. Ponce de Léon aborda en Floride, venant de Porto-Rico, et en 1531 Ferdinand de Soto découvrit les bouches du UisBlssipi. Les deux premières villes furent Saint- Augustin, fondée en Floride, sous le 30* degré de latitude, par Malendez, en 1565, et Santa^Fé, dans le Nouveau Mexique, due à un moine du nom de Ruyz.

Le roi de France François I*' avait chargé, en 1S24, le Florentin Veraxzini de reconnaître les c6tes de l'Atlantique entre la Delaware et le cap Cod. Eu 1534, Jacques Cartier pénétra dans le Saint-Laurent et le remonta Jusqu'à l'tle où il fonda Montréal. Plus tard. Samuel Ciiamplain

étendit les possessions de la Nouvelle-France et fonda Québec, en 1C04, dans une importante situation.

Sous l'Inspiration de l'amiral Coligny, des huguenots français tentèrent, en 1562, de s'établir en Floride avec Jean Ribault de Dieppe, mais ils furent bientôt après exterminés par le gouverneur espagnol Malendez, qui se faisait dans le Nouveau Monde l'exécutour des desseins de Philippe II contre le protestantisme.

Pendsnt le règne d'Henri Vn, Jean Cabot avait exploré pour les Anglais les côtes de l'Amérique du Nord, mais ce ne fut qu'en 1585, sous le règne d'Elisabeth, que sir Walter Raieigh vint tenter un essai de colonisation au sad de la baie de Chesapeake. Il donna au pays, en mémoire de sa souveraine, le nom de Virginie, mais son essai resta infructueux.

Jacques I*', successeur d'Elisabeth, concéda par lettres patentes les terres comprises entre le 34* et le 45* degré de latitude nord, à deux compagnies dites de Londres et de Plymouth ; la première eut du 34* au 38* degré, la seconde du 41* au 45*. Il restait un espace intermédiaire que parcourut sir Henri Hudson en 1607 et où vinrent s'établir des colonies hollandaises (New -York, d'abord Nieuw-Amsterdam) et des colonies suédoises (New- Jersey).

Le premier établissement de la compagnie de Londres eut lieu, en 1607, sous la conduite de Christophe Newport qui fonda, en Virginie, la ville de Jamestown.

La compagnie de Plymouth céda des terres aux puritains qui avaient quitté l'Angleterre en 1608 et avaient passé à Amsterdam, cherchant un lieu où ils fassent plus libres de professer leur foi. C'est le 21 décembre 1630 que leur navire May-Flower (Fleur de mai) vint aborder auprès du cap Cod sur les rochers où s'éleva bientôt la ville de Plymouth. Ils donnèrent naissance à TEtat de Massachusetts, et la ville de Boston fut fondée en 1630 par leur gouverneur John Winthrop. Ces colons sont restés célèbres sous le nom de Pilgrim Fathers : ce sont réellement les pères do la Nouvelle-Angleterre, et leur Influence a toujours été considérable dans la république américaine.

Pas plus que Calvin à Genève, les puritains ne pratiquaient la tolérance religieuse. En 1635, ils chassèrent un Jeune n^nistre, Roger Williams^ pour ses opinions hétérodoxes. Le fugitif trouva asile chez les Indiens de la baie de Narragansett, et fonda la ville de Providence. Bientôt il y fut rejoint par mistress Anne Hutchinson, persécutée pour le mémo motif que lui. Ce fut le commencement du Rhode-Island.

Le Connecticut fut aussi colonisé à la même époque, et les fondements des villes de Hartford et de NewHaven y furent Jetés.

En 1632, Georges Calvert, plus connu sous le nom de Lord Baltimore, qui était catholique romain, obtint de Charles !«' des terres sur les bords du Potomac. Il y fonda l'état de Maryland et la ville de Baltimore, le premier archevêché catholique des Euts-Unis.

Un homme d'un grand nom dans l'aristocratie anglaise, William Penn, qui appartenait à la secte des amis ou des quakers^ reçut du roi Charles U, en paiement d'une dette de l'Etat envers son

Eère, une concession de terros à l'est de la Deiware. De là sortit l'étet de Pensylvanie (1682) et la ville de Philadelphie. Penn montra beaucoup d'humanité et de Justice envers les Indiens et accueillit les proscrits de tous les cultes.

La colonie de Jamestown, en Virginie, eut des commencements difQciles par suite des rivalités entre les colons et des déprédations des Indions. L'esclavage y pénétra en 1620 : vingt nègres amenés par un vaisseau hollandais ftvent vendus aux

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planteurs de tabac. Les gouverneurs de la colonie, nommés par le roi d* Angleterre, exerçaient un pouvoir despotique et tenaient le peuple dans Tignoranee. L'un d'eux, le trop célèbre Berkeley, disait en 1676 : « Je rends grâces à Dieu de ce qull n*y a ici ni écoles publiques ni imprimerie, et j^espère bien quHl en sera encore ainsi dans cent ans. » Précisément cent ans plus fard, la Virginie émancipée se donnait une constitution républicaine : elle Joua un rôle glorieux dans la guerre de Tindépendance, et eut rhonneur de donner aux États- Unis Washington et Jefferson.

Les Carolines furent colonisées en 1663 par lord Clarendoa et sept autres gentilshommes, et la Géorgie en fut détachée au profit de James Ogletborpe (1732). Ces états du sud avaient un régime monarchique et féodal, qui contrastait avec le régime libéral et démocratique des états du nord.

A côté des colonies anglaises, il existait sur le Saint-Laurent (Canada) et dans les vallées de TOhio et du Mississipi (Louisiane) des établissements français dont les aroits avaient été reconnus par le roi Charles 1*' dans le traité de Saint-Germalnen-Laye (1<>32). Les Français avaient su gagner Tamitié dos Indiens, ce qui leur donnait un avantage sur les Anglais, toijjours si durs envers les races inférieures.

Les deux peuples devaient nécessairement se trouver en lutte à Touest des monta Alléghanys. Aussi chaque fois que la guerre éclatait on Europe entre la France et rAngleterre, les colons du Canada se précipitaient avec les Indiens sur la Nouvelle-Angleterre et Fétat de New- York.

Trois guerres précédèrent la grande lutte connue sous le nom de guerre de sept ans, qui amena, sous Louis XV, la chute de la puissance coloniale de la France. En Amérique, on les appelle la guerre du roi Guillaume (1688-1696), la guerre de la reine Anne (170*2-17 1&) et enfin celle du roi Georges (1744-1748). Elles correspondent aux guerres que nous appelons, en France, de la ligue <f Augsbourg, de la succession d'Espaigne, et de la succession d* Autriche. Le traité d*Utrecht (1713) enleva à la France TAcadie et Terre-Neuve, et celui d*Aix la- Chapelle (1748) la possession de Louisbourg dans l'Ile du cap Breton.

La guerre dite de Sept ans, qui entraîna la perte du Canada et des soixante établissements que La Salle avait formés sur le cours de TOhio et du Bfississlpi (Louisiane), commença en 1754 à propos de la possession du fort Duquesne, au confluent de rAlléghany et du Monongohela, là où se trouve aujourd'hui limponante ville de Pittsbourg. Les colons de la Virginie et de la Pensylvame voyaient avec oelne aux mains des Français cette clef de la vallée de rObio. U y eut d'abord des négoriaUons, auxquelles furent mêlés Georges Washington et Bentamin Franklin, mais elles ne

Surent empêcher louverture des hostilités. Les eux partis se disputaient aussi le fort Niagara entre les iacs Erié et Ontario, Ticonderoga au nord du lac Champlain, et enfin Québec.

Les Français montrèrent beaucoup de valeur, mais rhérolque Montcalm ne reçut pas du gouvernement de Louis XV les secours nécessaires. Québec tomba aux mains des Anglais le 13 septembre 1769 et Montréal Tannée suivante.

Letmité de Paris (1763) enleva à la France tout ce qu'elle possédait encore sur le, continent américain, moins la Nouvelle-Orléans. Lé territoire de la Louisiane fut partagé entre TAngleterre et TEspagne.

Les tribus indiennes alliées do la France^ sons un chef nommé Pontiac, reprirent la ffuerre avec furie aprèa le traité de Paris et, envahissant les postes auglaia à Touest de l'Ontario, elles portèrent partoui la dévasutlon; mais bientôt Pontiac tomba

assassiné par un des siens, et les colonies anglaiia furent alors libres de s'étendre vers Fouest.

Ces colonies, oui Jusque-là avaient formé tnbe Éuts distincts, différents de religion, de mœan et d'intérêts, avaient appris dans la perre du Caïuda a s'unir contre un même ennemi. Elles formaiem une population de plus de deux millions dliomfflei, et plusieurs villes étalent d'importantes places de commerce. Elles avaient d'habiles ofBciers et paovalent au besoin défendre leurs droits

L'Angleterre, à qui la guerre de Sept ans anit coûté des sommes énormes, voulut établir sur les colonies des taxes diverses. Gellee-ci revendiquèrent le droit de ne payer que les impôts qu'ellei mraient votés ; or elles n'étaient pas représeotées au parlement anglais. Elles se plaignaient aaui di préjudice que leur causait l'acte de navig&tioo de 1660, qui leur interdisait le commerce par d'iotrei navires que ceux de la métropole.

L'éublissement du droit de timbre en I76Sg(n. leva les Anglo-Américains. Les délégués de neal colonies se réunirent à New^York en octobre, « rédigèrent une déclaration des droiu qui futcoaune le prélude de la fameuse Déclaration de l'indépeadance. La loi sur le timbre fut retirée, mais en juin 1767 des taxes nouvelles frappèrent le thé, le papier, le verre, etc. Des troupes furent envo^éei d'Angleterre pour occuper le Massachusetts, <iQi éuit lo centre de l'opposition. Des émeutes eureat lieu à Boston et dans la Caroline du Nord, et le lao; coula. Des cargaisons de thé venant d'Angletene furent pillées ou Jetées à la mer.

Un congrès colonial tenu à Philadelphie le & cep* tembre 1774 vota une adresse au roi et à la nitioD anglaise et, en attendant la réponse, il déddi la suspension de tout commerce avec la métropole.

La guerre devenait inévitable. Elle commenta

Far l'escarmouche de Lexington (avril 177S) et;»r engagement plus sérieux de Bonkers-Hill, près de &>sion, le 17 Juin. Les Américains y prirent h conscience de leur force, et ils s'encourtgèrent à la lutte.

Le second congrès colonial, alors réuni, nommi George Washington général en chef. En sccRp- Unt cette redouuble mission, ce gnnd paunotefit connaître qu'il renonçait à tout traitement pour ne pas ajouter aux charees de ses concitoyens. Qoatre jours après la bataille de Bunkers-HiU, il imnit au camp devant Boston et y trouvait 14000 homoes sans organisation et sans discipline.

Le 4 Juillet 1776 , la cloche d'Independio» Hall, à Philadelphie, fit connaître ane le congrèi avait adopté la Dielaration de rindépeudma rédigée par Thomas Jefferson, et elle appela tou les citoyens à la défendre parles armes. Lestrebe colonies confédérées, devenues dès lors les Euts* Unis d'Amérique, furent reconnues par la Franee, l'Espagne et la Hollande. Elles obtinrent, grice ï Franklin, leur habile représentant à Paris, Tappoi de la France qui trouvait une occasion de Tenger les désastres de la guerre de Sept ans. Lafayeue était accouru dès 1770 comme volontaire, et en tVi un corps d*armée conduit par Rocbambeas débarqua en Amérique (V. Guerre ifAménqve, p. 939).

Pendant six années, Washington soutint la latte avec une infatigable persévérance, an milieu d( difficultés de tout genre. Les forces de l'AnçIetem se renouvelaient chaque année et s'accrouiaient de troupes allemandes. Les ressources floaodèrei manquaient à Washington, et un de ses lieoteoanu, Arnold, trahissait la cause nationale. Sa perséférance triompha enfin, et la capitulation de York- Town (octobre 1781) lui livra l'armée anglaite. U paix ne fut conclue que le 8 novembre t7S3 par le traité de Versailles. Fidèle à ses engasemenU, Washington se retira alors à sa terre de Mont- Vernon en Virginie.

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n fallait organiser la R^pabllque. La constitution Ait rédigée en 1787 et soamise à Tacceptation des divers ÉUts.

Le pouvoir législatif est confié au Congrès, eomposé du Sénat et de la Chambre des représentants. Les sénateurs sont nommés pour six ans par les législatures des divers États ; chaque État, quelle que soit sa population, fournit deux sénateurs. Les représentants sont élus par le peuple pour deux années, en nombre proportionnel à la population de chaque État.

Le pouvoir exécutif est confié à un Président nommé pour quatre années par le Collège électoral. Les membres de ce collège sont élus par le peuple de chaque Etat, en nombre égal à celui de ses représentants et sénateurs. Le président commande en chef les armées de terre et de mer, et en cas de décès il est remplacé par un vice -président élu en même temps que lui. Le président a le droit de veto sur les lois votées par le Congrès. Mais si chaque Chambre, à la majorité des deux tiers des voix, confirme de nouveau la loi ainsi repoussée, le veto du président est annulé.

Dans chaque État, il y a une législature particulière formée d*un Sénat et d'une Chambre des représentants, un gouverneur élu chargé du pou- Tonr exécutif, et des tribunaux élus. Chaque État est régi par sa Constitution propre.

La Constitution fédérale ne peut être modifiée qu'à la majorité des deux tiers des voix du Congrès et des trois quarts des législatures de chaque Etat. Dans ces conditions, il y a déjà eu quinze amendements à la Constitution de 1 787.

Georges Washington fat élu président à Tunanimité en janvier 1789, avec John Adams comme vice-président. Réélu en 1792, Washington refusa en 1796 une troisième réélection. Il recommanda à ses concitoyens comme un objet de la plus haute importance les institutions destinées à propager les lumières : c Plus Vopinion publique, dit-il, tire de force de la nature du gouvernement, plus elle (toit être éclairée. »

Aux treise premiers Etats (New-Hampshire, Massachusetts, Rhode-Island, Connecticut, New- York, New Jersey, Pensylvanie, Deiaware, Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Garolinn du Sud, Géorgie), où le recensement de 1790 constata une

Population de 3 930 000 habitants, vinrent s'ajouter Eut de Vermnnt (1791) et celui de Tennessee (1796). Le troisième État admis dans rOnion fut le Kentucky (1799).

Sous la présidence de John Adams, la guerre faillit éclater entre la France et les Éuts-Unis, à cause du refas des Américains d'entrer dans une lisue contre TAngleterre. Le renversement du Directoire par Bonaparte apaisa le conflit.

Georges Washington mourut le 14 décembre 1799, à l'âge de 67 ans. Il est resté le type de l'homme d'Etat loyal et dévoué, « le premier dans U paix, le premier dans la guerre, le premier dans le cœur de ses concitoyens. » L*anniversaire de sa naissance est, dans l'Union, un jour de fête nationale*

Le censîu de 1800 constata la prospérité de la République : la population était montée à plus de 6 millions ; le nombre des bureaux de poste, de 75 à 90H ; tes exporutions, de 20 millions à 61 millions de dollars.

En décembre IBOO, le congrès se réunit pour la première fois à Washington, capitale de la Confédération, bâtie sur les bords du Potomac, entre le Maryland et la Virginie. La population de cette ville éuit alors de 8 à 9 000 habitanu.

Thomas Jefferson fut le troisième président. Son administration dura huit années : elle fut marquée par l'acquisition de la Louisiane espagnole, que l*Espagne avait rendue à la rranceen 18 JU. et que , Itapoléon vendit aux ÉUU-Dnis en 1803 moyennant ]

15 millions de dollars. Ce territoire, beaucoup pln« étendu que l'Eut qui norte actuellement le même nom, comprenait le Missouri avec Saint-Louis. L'Ohio fat admis dans l'Union en 1802. Une^exp^dition heureuse fut dirigée contre le bey de Tripoli oui avait capturé des vaisseaux de TUnion et jeté

les équipages dans les fers. La guerre que se faisaient alors la France et TAngleterre porta «u grand dommage au commerce des États-Unis,

Sous la présidence de Madison, la guerre fut déclarée à TAngieterre le 19 Juin 1812» et le majorgSnéral Dearborn fut nommé commandant en chef. Ile eut surtout pour théâtre le Canada, et se termina par le traité de Gand (14 décembre 1814). Tous les partis saluèrent la paix avec Joie. La Louisiane (1812) et l'Indiana (1816) furent admis dans l'Union.

Monroè fut le cinquième président (1817-1875) : il traita avec l'Espagne pour l'acquisition de U Floride» et le nombre des États fut porté à vingtquatre par l'admission duMississipi, de minois , do rAlabama, du Maine et du Missouri (1817-1831). Quand les colonies espagnoles rompirent leurs Hens avec la métropole, le président déclara dans son message de 1822 que « toute entreprise faite par une puissance européenne pour établir en Amérique un gouvernement colonial serait combattue par les Etats-Unis ». C'est ce qu'on a appelé depuis la doctrine de Monroe : elle fut invoquée dans la malheureuse tentative de l'établissement d'un empire au Mexique sous Maxlmllien (1864). En 1824, Lafayette fit aux Etats-Unis un voyase marqué par des démonstrations enthousiastes. A l'occasion de l'admission du Missouri dans l'Union, il fut décidé oue l'esclavage ne serait pas reconnu au nord de la limite méridionale du nouvel Etat <36 degrés 30') > qui est la ligne de séparation entre la Virginie et la Caroline du Nord, et entre le Kentucky et le Tennessee.

L'administration honnête de John Quincy Adams disparaît entre celle de Monrod et de Jackson. Ce dernier (1829-1837) montra une grande énergie et prévint les tentatives de sécession oui se manifestaient déjà dans la Caroline du Sud à propos des tarifs de douane. Le vice-président Calhoun attacha son nom à cette doctrine, que tout Etat a le droit de déterminer jusqu'où il lui convient d'obéir au pouvoir fédéral. Elle fut vigoureusement combattue par le grand orateur du Massachusetts, Daniel Webster. La prolongation des privilèges de la Ban- <^ue nationale^ contre laquelle se prononça le président, causa aussi une crise financière des plus graves. L'Union s'augmenu de deux nouveaux Etats, l'Arkansas et le Michisan (1836).

Du président Jackson date le système de rotation d'après lequel à chaque élection de président se renouvelle entièrement le personnel administratif.

Les trois présidents suivants : Van Buren,Harrison et Tyler, passèrent au pouvoir (lH37-i845) sans se signaler par des actes importants. La question financière divisait toujours les esprits. Les Mormons, qui s'étaient établis d'abord dans le Missouri, puis dans nilinois, durent s'enfuir devant la répulsion que soulevait la polygamie, et ils passèrent sur les bords du lac Salé, dans rUtah. La Floride et l'iowa furent admi» dans I Union (1845).

James Polk fut le onzième président. L'Union s'augmenta en 1846 du Texas et du Wisconsin. L'annexion du Texas amena une guerre contre le Mexiqne, guerre qui eut pour théâ re le Mexique et la Californie. Le général Scott s'y distingua et entra à Mexico le 14 septembre I8t7. La paix fut conclue en juillet 1848, et le Rio Grande devint la limite entre les deux puissances : l'Union y gagna le Nouveau- Mexique et la Californie, qui formèrent deux noovt^aux Etats. ^^^-

Sous la présidence du général Taylor (1849-1850) une grande agitation fut causée par la question ds

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re8C«av«ge, à propos de radmission de la Caliiornie dans inDnion. Un compromis, inspiré par Henri Clay, eut lieu entre les deux partis ; mais une de ses clauses ezciu bientôt de nouvelles difficultés : c'était celle qui donnait le droit d'arrêter les esclaYes fugitifs on tout Etat et de les livrer à leurs maîtres. Plusieurs fois les Euts du nord refusèrent de s*y conformer. A cette époque eut lieu un» expédition des ilibustiers contre Cuba, et le Japon ouvrit ses ports aux navires des l^ut^-Unin. Mort en 1850, Taylor fut remplacé par le vico-président Fil] more.

i^a presiacnce du général Picrce (1863-1857) fut marquée surtout par les débats auxquels donna lieu la question de Tesclavage, à propos de la formation de deux nouveaux territoires, le Kansas et le Nébraska. Une violente contestation se produisit entre les États du sud et du nord, à

Êropos du maintien de la limite septentrionale des tats à esclaves. Sous le président James Bucbanan, deux incidents donnèrent à ce différend le caractère le plus grave. Dred Scott, esclave fugitif arrêté dans le Minnesota, prétendait être libre, mais la Cour suprême admit la réclamation de son maître et décida que nul esclave ni ses descendants ne pourraient devenir citoyens des États-Unis. John Brown, homme libre du Kansas, s'empara de Tarsenal de Harper's Ferry, appelant à lui les esr davet. Cette tentative échoua ; Brown fut pris et exécuté comme traître (1859).

L'élection présidentielle de 186U se 6t donc sur la question de l'extension de l'esclavage. Abraham Lincoln, du parti anti-esclavagiste, fut élu, et de ce moment les États du sud résolurent leur séparation. Ils étaient au nombre de sept : la Caroline du Sud, le Mississipi, la Floride, TAlabama, la Géorgie, la Louisiane et le Texas. Leurs délégués, réunis à Montgomery dans l'Alabama, proclamèrent l'indépendance des Etats confédérés d'Amérique, avec Jefferson Davis pour président. Les hostilités commencèrent parla prise du fort Sumter par les confédérés.

Une guerre civile de quatre années couvrit les EUte-Unis de ruines et de sang. La Virginie, la Caroline du Nord, le Tennessee et l'Arkansas s'étaient joints à la confédération du Sud. A 1 appel de Lincoln, convoquant sous les armes 75000 hommes, 800 000 volonuires du Nord éuient accourus. Du côté des sécessionnistes se distinguèrent les généraux Evans, Beauregard et Lee, et du cêté des fédéraux Mac-Clellan,Butler, Sherman, Sheridan, et surtout Grant; dans la marine, le capitaine Sommes sur VAlabania causa de grands dommages au commerce du Nord, mais l'amiral Ferragut força les passes du port de Mobile. Lincoln, réélu en 1864, continua de lutter avec une confiance inébranlable pour le maintien de l'Union, et il venait de voir tomber Richmond aux mains de Sheridan et de Grant, quand le poignard d'un assassin frappa le second fondateur de l'Union (avril 1865).

Le vice-président André Johnson prit alors le pouvoir executif. Les circonstances étaient des plus difficiles : une dette de 3 milliards de dollars avait été contractée, et le congrès avait déclaré qu'elle serait Intégralement payée; en outre il fallait licencier une armée nombreuse et opérer la reconstitution de l'Union en réparant peu à peu dans le Hod les ruines de la guerre civile, ktiiré Johnson se trouvait peu propre à cette tAcho. U fut constamment en lutte avec le congrès, qui le mit en accusation ; mais la majorité des deux tiers des voix ne put être réunie contre lui. Sous son administrauon eurent lieu la fin de l'expédition des Français au Mexique, l'acquisition de l'Alaska ou Amérique russe, et le traité de commerce avec la Chine.

Le général Grant fut élu en 1868 comme dixhuitième président. Alors curent lieu l'achèvement

de la grande ligne de chemin de fer du Pmcillqae

3 ni réunit New- York à San-Frandsco, le règlement e l'indemnité due par l'Angleterre pour les donmages causés par YAtabama^ et enfin U grande exposition du centendre de l'Indépendance. Malheureusement des faits de corruption se révélèrent contre des membres du congres et des personnes de la famille du président. D'an antre côté, la guerre contre les Sioux s'était rallumée et avait donné lieu à la défaite du général Guater.

Les républicains ne triomphèr«ini que difficilement dans Télectian du président Hayes (l8Ti»;. La candidature de Garfleld (1880) fut une carididature de conciliation t mais en Joillet 188i )«> nouveau président tomba vicUmij ae lauemai u Guiteau. U a été remplacé par le vice-présidcui M. Arthur. L'Union avec ses 88 Euts et ses 10 territoires compte aujourd'hui 40 millions d'bi5itants. La tâche est devenue difficile de diri^r cette nation composée d'éléments fort disparate», mais elle n'est pas impossible à ceux qui sauront s'inspirer des grands exemples de Washington et de Lincoln.

VU. Litièratnre. — Ce n'est pas lorsqu'une société lutte poar se constituer un territoire et sa créer des moyens d'existence qu'elle peut produire une littérature. Elle est alors toute à l'action ; \f'^ loisirs lui manquent pour donner à ses pensée» use forme réfléchie. On ne saurait donc s'attendre à trouver une littérature aux Etats-Unis pendant la période de la colonisation. Cependant 1^ Piigrim Faihers, dans le soin qu'ils apportaient à l'étude de la Bible, avaient un puissant moyen de culture intellectuelle. Leurs ministres connaissaient les langues anciennes et tenaient l'instruction en haute estime. C'est à eux que l'on doit la fondation, en 16^. de l'université de Cambridge, aux portes de Boston, appelée Htward Collège^ du nom d'un ré nérable pasteur qui légua à l'établissement u bibliothèque et 700 dollars. Taie Collège , à Nev- Haven dans le Connecticut, fut créé en 1702 dacs de semblables conditions. C'est de ces deux foyen que la vie intellectuelle s'est répandue dans toute la Nouvelle- Angleterre. Une imprimerie fat dès le commencement établie à Boston : on y împriim les Psaumes pour le culte, ot une traduction de la Bible en dialecte indien due à John Eliot. Quelques années après, le savant Cotton MatLer (1623-1728) publia sous le titre de Magnolia ChrUti americana une histoire des établissements dss

Euritains, et dans un discours éloquent il rendit ommage à la mémoire d'Ezekiel Cneever, le premier maître de latin qu'eut le Nouveau-Monde, Dans le New -Jersey, le professeur Jonathan Edwards (1703-1738) publia un livre de philosophie : Recherches sur la liberté de la volontés qui est resté très estimé. Les quakers ne négligeaient pas non plus l'instruction dans laPeosylvanie, et au mois de décembre 1683 on si-

tnale laj>remière école de Philadelphie, tenue par noch Flower dans une hutte en planches. Li chane donnée par William Penn, en 1711, organisait un comité de surveillance des écoles et proclamait ce principe que « la prospérité et le bieoétre d'un peuple dépendent dans une large mesm de la bonne éducation de la Jeunesse ».

Quand les colonies combattirent pour défendre leurs droits méconnus et conquérir leur indépeodance, des hommes éminents soutinrent cette do ble cause par leur parole et par leurs écrits. O Alt surtout l'époque des publicistes et des oratean. Au premier rang figure Benjamin Franklin, né à Boston en 1706, mort à Philadelphie en 1790. qni s'éleva de la condition la plus humble à une grande renommée politique et scientifique. Ses écrits, traduiu dans toutes les langues, sont un modèle exquis de simplicité et de bon sens. Puis Tiennent doux hommes qui travaillèrent activement

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à rorganisation de la répabliqoe amériesine : Thomas Jefferson, le gloneux rédacteur de la Déclaration de rindépendance, et Alexandre Hamilton qui, après avoir exposé dans ie Fédéraliste les principes de la constitution, organisa sous IVaahington les finances de l'Union. Patrick Henry est reste célèbre par son éloquence, et surtout par le discours Téhément qu'il prononça contre Tacte du timbre dans le congrès colonial de 1774.

Les lettres de George Washington et celles de mistress John Adams présentent le plus grand intérêt et méritent d'être citées comme des modèles.

Cette époque compta aussi un poète, Joseph Hopkinson^ qui composa Tbymne patriotique Haii Columbia.

La société américaine, une fois constituée, ne tarda pas à produire dans tous les genres des écriviins remarquables. Si leurs écrits révèlent parfois quelque inexpérience ou une imitation trop marquée des littératures européennes, on y sent cependant un amour viril de la liberté, un généreux dévouement à toutes les grandes causes.

Toutefois les États-Unis n*ont pas produit de poètes épiques et dramatiques. Ils concentrent leur admiration sur le Paradis perdu de Milton et sur les drames de Shakespeare. Mais ils comptent beaucoup d*imitateurs ae Pope, de Thomson ou de Wordsworth.

William GuUen Bryant est le plus célèbre, et il vient de mourir à un &ge avancé avec le titre de poète national. Après lui viennent Henry Wadsworth Longfellow, qui a donné, entre antres poèmes estimés, Evangéline et une traduction de la Divine Comédie du Dante; James Russell Lowell, John G. Whittier, Nathaniel P. WilUs, tous originaires de la Nouvelle-Angleterre ; enfin Edgar Poe, de Baltimore, et les sœurs Alice et Phœbé Cary, de Cincinnati. Dans leurs vers, ils célèbrent surtout les merveilles de la nature et la puissance du Créateur.

Dans le genre fantaisiste ou humoristique, on distingue surtout Bret Harte et Joaquin Miller : Us avaient vécu en Californie et se sont plu à peindre les aventures de la vie des mineurs et des pionniers.

Pour les ouvrages en prose, deux noms populaires se présentent tout d'abord : Fenimore Cooper (1789-1851), qui s'est placé dans le roman à côté de Walter Scott, et dont les œuvres ont été traduites en français : le Pilote, la Prairie, le Dernier des Mohicans sont ses ouvrages les plus connus ; puis M"« Stowe (Harriet Beecher) qui a produit une si grande émotion en 1862 par la publication de la Cabane de l'oncle Tom, et qui a donné depuis d'autres romans estimés. On peut citer ensuite Edgar Poe, déjà nommé, plus connu comme conteur que comme poète ; et Natlianiel Hawtborne, esprit fécond et aventureux en môme temps qu'écrivain élégant. Enfin au-dessous de ces quatre écrivains un grand nombre d'essayiste» on de conteurs: Bayard Taylor, mistress Le Vert, miss A. Wetherell, auteur du Vaste Monde, misB Louise Ëlcott, Edward Haie, Trowbridge, etc.

Le genre historique a beaucoup attiré les hommes de lettres d'Amérique. Outre le désir qu'ils avaient de célébrer leurs grands hommes, ils voulaient pénétrer les secrets de la politique euro- λéenne et prémunir leurs compatnotes contre les àotes des monarchies. Washington Irving (1783- 1859) a acquis une grande popularité par sa vie de Washington et Y Histoire de New- K. r*. Le Massachusetts a produit comme une pléiade d'historiens qui devinrent ministres des Etats-Unis auprès des diverses puissances de l'Europe : George Bancroft, Lothrop Motley, William Prescott, enfin George Tlcknor. Leur talent d*écrivain s'est développé et s'est surtout poli dans le contact avec les lettrés

européens et ils ont contribué à fidre q^neler Boston l'Athènes du Nouveau-Monde.

La discussion des intérêts publics ne pouvait man()uer de susciter des orateurs éminents. Ce n'était pas seulement dans le Congrès qu'ils se faisaient entendre ; ils parlaient souvent dans les grandes assemblées populaires, et c est là surtout qu'ils montraient leur éloquence. Le Massachusetts est la terre classique des orateurs comme des historiens. Il a produit successivement : Wendell Philipps. qui fut en 1836 un des grands promoteurs de l'agitation contre Tesclavage; Daniel Webster, l'éloquent adversaire de la doctrine séparatiste de Calhoun, et l'orateur du centenaire de la naissance de Washington ; Alexandre et Edouard Everett, amis d'Horace Mann et propagateurs de l'instruction populaire; enfin Charles Sumner, qui est mort récemment honoré de tous les partis.

L'éloquence du barreau compte aussi en Amérique des noms illustres ; trois sont ceux d'hommes nés dans la condition la plus humble : William Wirt, du Maryland, qui fut attorney-générid ; Henry Clay, de la Virginie, élu cinq fois président du Congrès ; enfin le grand Abraham Lincoln, de rillinois, le plus illustre de tous.

Le journalisme tient de près au barreau. Le

Élus distingué des publidstes américains est [orace Greeley, fils d'un pauvre fermier du New- Hampshire, qui se fit par son travail un nom dans les lettres et fonda un gi*and journal de New-York, la Tribune, Il fut le concurrent du général Grant à l'élection présidentielle de 1872,

On sait combien sont nombreuses en Amérique les diverses communions religieuses. Il est donc fort difficile à un prédicateur, si distingué qu'il soit, de se faire un grand nom en dehors de son église. Cependant trois pasteurs unitariens de Boston ont acquis une réelle célébrité tant par leur caractère que par leur éloquence; ce sont Channing (1780- 1842), Théodore Parker (1810-1860) et Emorson , ce dernier, retiré aujoura'hui à Concord, a abandonné la prédication pour s'occuper de philosophie et de littérature.

La chaire catholique a eu, dans Mgr Hughes, archevêque de New- York, mort en 1864, un controversiste remarquable. Mais le plus célèbre prédicateur des États-Unis est actuellement Henry Ward Beecher, recteur de Plymouth-Church, à Brooklyn, frère de M"^ Beecher Stowe. Sa réputation égale en Amérique celle du P. Lacordaire en France.

L'enseisnement a toujours compté aux États- Unis des nommes distingués. L'Université d'Harvard revendique comme sien le grand professeur Louis Agassiz, mais il lui a é& donné par la Suisse romande. A côté de cet esprit éminent, la science américaine peut justement placer le professeur Mitchell, fondateur de l'observatoire de Cincinnati ; le commandant Maury, célèbre par ses travaux d'hydrographie : James Dwigh Dana, un grand géologue; Asa Uray, un savant botaniste : tous ont écrit des ouvrages estimés. Dans les lettres, on trouve Lindley Murray, auteur d'une grammaire très suivie ; Noah Webster, dont le dictionnaire se trouve partout, sous tous les formats ; Joseph Addison Alexander, du séminaire de Princeton, qui connaissait jusau'à vingt-cinq langues ; White, le savant éditeur des œuvres de Shakespeare; Whitney, professeur de sanscrit à Yale-CoUege ; Francis March, dont les travaux sur l'anglo-saxon sont fort estimés, etc.

A côté de ces savants, nous devons placer une pléiade d'esprits élevés, de nobles cœurs qui travaillent à rinstruction populaire. Depuis le mouvement suscité par Horace Mann, en 1837, les États-Unis ont toujours compté des propagateurs dévoués des common schools, U suffira de citer d'abord Henry Barnard, le grand éditeur en Amérique de tous les ouvrages de pédagogie ; John

ETHNOGRAPHIE

ÉTOILES

Eaton, VhMle directeur du Bureau d'éducation de Washin^n ; les profesBears Phelps, Wickersham, Galkins, Monroè, Swinton, Sheldon, qni, par leurs ouvrages, répandent les meilleures mélhoaes d*enseigneroent; enfin des surintendants comme MM. Pbilbrick, de Boston; Kiddle, de New-York ; Harrls, de SaintrLouis ; Rickoif, de Cleveland, eU., dont les rapports annuels sont autant de plaidoyers en faveur de Téducation populaire, répandus à des milliers d*exemplaires.

Au delà de rAtlantique, la poursuite des progrès matériels est énergique, fiévreuse; néanmoins la vie intellectuelle et morale s'y développe, et Ton ne saurait désespérer de Tavenir d*un pavs qui s'avance vers ses destinées avec cette noble oevise : Dieu et liberfé. [B. Berger.]

ETHNOGHAPHIE, rmifOLOGIR. — On confond souvent ces deux termes, qui représentent chacun une des parties de l*étuae des peuples. M. LIttré dit : « L'ethnographie est la science qui a pour objet l'étude et la description des divers peuples. L^etbnologie traite de 1 origine et de la description des peuples. » En fait, ces deux sciences ne sont elles-mêmes que des branches de l'anthropologie, et Tethnogniphie n*est que le complu ment de l'ethnologie. Tandis que cette dernière envisage les peuples dans leurs généralités, étudie leur groupement, leur formation sociale, leurs idées philosophiques ou religieuses l'ethnographie s*occape spécialement des détails : elle examine la tribu, elle étudie les mœurs, les coutumes, les rites, les costumes, le gouvernement, la langue.

Dictée ethnologique, — « Le tvpe sémite est Tun des plus répandus, à l'état d'infiltration en quelaue sorte. Les anciens Assyriens, Syriens, Phéniciens et Carthaginois, et les modernes Arabes «t Juifs, sont rangés sous ce chef. Une langue polysyllabique, à flexion, mais sans relation de vocabulaire ni de grammaire avec les langues aryennes, en forme le principal lien ethnique. Rawlinson décrit en ces termes le type représenté sur les monuments assyriens : « Le front droit, mais pas élevé, le sourcil plein, l'œil grand ot en forme d'amande, le nés aquilin, un peu gros du bout et trop réprimé, la bouche ferme et forte avec des lèvres assez épaisses, le menton bien formé, la chevelure abondante et la barbe fournie, l'une et l'autre noires, tout cela rappelle les traits principaux des Juifs, plus particulièrement de ceux des contrées méridionales. » Les traits moraux du Sémite sont également caractéristicfues : une activité dévorante sur mer chez les Phéniciens, sur terre ehes les Israélites ; Tamour du gain, qui engendre leur esprit commercial; une vie nomade (interrompue chez les Hébreux, de la prise de Jéricho à la destruction de Jérusalem), et qui se perpétue encore avec les modifications Introduites par la vie sociale ; Tégoisme de secte, l'attachement à leurs institutions séculaires, le besoin d'un IMeu propre, national, exclusif. » (P. Topinard, FAnthropolo^ie).

Dictée ethnographi^fue, — « Le nom de Banjari ou Lombadi est appliqué dans toute l'Inde à une tribu ou pour mieux dire à un peuple dont la seule occupation consiste à transporter d'un point à un autre, au moyen de bœufs, des approvisionnemenu de gnitts soit pour leur compte, soit pour celui 'des gouvernements ou des particuliers. Ces Ban- Jaris alimentent ainsi toutes les provinces de la péninsule. Ils exercent depuis un temps immémorial ce commerce et sent revêtus par la tradition d'un caractère presque sacré ; ce sont eux, en effet, qui accourent à l'aide d'un pays frappé de disette, et leurs immenses caravanes apportent partout Vàbondance. En temps de guerre, ils occupent une position nue Je ne pourrais mieux comparer qu'à celle conférée aux ambulances par la convention de Genève. Leurs convois circulent à travers les

armées belligérantes sans avoir à eraindre attaque et sans que Ton cherche à les détonner de leur destination. Le parti qni les attaquerait se verrait bientôt abandonné à lui-même, sans espoir de se ravitailler. Ces Indiens sont absolument nomades et ne se fixent Jamais dans les villes ; Tété, ils campent sous des tentes ; Hiiver, dans des huttes de branchages.

« Les Banjaris sont une superbe raee dliomaï^s . Leurs traits bien dessinés et fins, leur nez aquilin, leurs cheveux longs et bouclés leur donnent une ressemblance frappante avec les Bohémiens ou Tùganes dont ils représentent probablement le tronc primitif. Grands, bien faits, doués d'une force musculaire remarquable, ils sont courageux, firrs» ot mènent une existence laborieuse et raremf^nt exempte de danger. Leur costume est celui des chameliers rajpouts : la longue tunique et le turban tressé. Leurs armes sont la lance, le tanrar. le bouclier, quelquefois le match lock, et souvent aussi la rondache, la masse et la grande épée àdeux mains accrochée en sautoir. Ils ont le monopole d'une belle race de chiens, grands lôvriers poilus, avec lesquels ils chassent le sanglier, le loup et même le tigre.

« Les femmes Banjaris, quelquefois très belles, sont toujours remarquables par leur haute stature et leurs admirables proportions. Leur allure est généralement un mélange de grâce et de fierté inimitable. Elles sont vêtues d*u& corsage qui couvre tout le buste en en dessinant nettement les formes, et d'un large Jupon plissé tomlMiit k mi> Jambe ; une large draperie recouvre la tête et enveloppe tout le corps. Chaque femme porte sur elle les épargnes de son mari sous forme de bijoux d*or et d^argent, tels que pendants d'oreilles et de nez, bagues et chaînes de coifltere ; autour de son cou s'enroulent de nombreux colliers de coquillages ; ses bras, du poienet au coude, sont cachés^ Car de larges cercles d'ivoire teint en rose ou en leu ; enfin ses chevilles supportent de lourds anneanx de métal ornés d'une infinité de grelots. L'existence de la femme Banjari est encore pins

1>énlble ope celle de Thomme ; c'est elle qni guide es bœufs, leur donne la provende, trait les vaches et fait la cuisine de la famille.

« Il est peu de specucles aussi pittoresques que celui de ces caravanes en marche, avec leurs milliers de bœufs escortés par ces hommes à Ta}lure guerrière, et ces femmes étrangement parées. Toute la famille est là : le nourrisson pendu au cou de sa mère, las Jeunes enfants Juchés sur les vaches laitières, qui portent en outre les ustensiles déménage; au vieillard, membre du conseil, est réservé I honneur de monter quelque maigre poney de petite taille. Les bœufs n^ont ni selle ni licou ; leur chargement, placé dans un double sac, est simplement Jeté en équilibre sur le dos. Quelquesuns portent des glands rouges et des cloches de bronze pour écarter les bêtes féroces. En tête de la trouiM marche un magnifique taureau, couvert de draperies éclatantes, de sonnettes et d'ornements en cauris : c'est le bœuf Hattadéo, le diou des Banjaris. C'est lui qui dirige la marche de la caravane ; le lien où il s'arrête sera celui du campement. C'est à ses pieds que Ton apporte les malades, que les femmes répandent les oArandes de lait pour détourner des leurs ou do leur troupeau la peste et les maladies, et que se célèbrent les unions ; à cela se borne le système religieux des Banjaris. Ils enterrent les corps de eeux d'entre eux qui meurent avant le mariage et brûlent les cadavres des gens mariés, a (L'/nde des BafoMt). [Louis Ronsselet.] ETOILES. — Cosmographie, V et VL — t. tixtU relative, claseiflcation, nmnbre tfee étoiieM, — Oo donne, en astronomie, le nom d*étolles à cette multitude de points lumlneoi, de dUmeoitog apps-

ÉTOILES

ETOILES

rentes Insensibles, qui sont disséminés dsns la Toùte céleste, et dont le caractère distinctif est de tonêerwtr pendant un long intervalle de temps les mêmes positions, les mômes distances relatlres.

G*e8t à cette invariabilité, qni du reste n*est point absolue, qne les étoiles ont dû Tandenne dénomination é'éloUe$ fixes on simplement de /Ixer , par opposition aui étoUes errantes on planètes. Le déplacement de celles-ci snr la Yotkte céleste est sensible dans Tintervalle de quelques nuits ou même dans une seule nuit. La lune, le soleil, les comètes subissent de pareils déplacements dus, comme les mouvements des planètes^ à la combinaison de leurs mouvements propres avec le mouvement de translation de la terre.

La raison de cette dilTérence entre les étoiles et les planètes est Timmensité de la distance qui sépare les étoiles de la terre et de tout le système du monde solaire. Cette distance est infinie pour ainsi dire en comparaison de celles des planètes et du soleil à la terre. Il est bon de faire observer que ce caractère de fixité des étoiles a ein et a encore une haute importance en astronomie ; pour les anciens comme pour les modernes, les étoiles ont servi et servent encore de points de repère pour la mesure précise des mouvements planéuires.

Tout le monde peut consutor que les étoiles sont très inégales en éclat lumineux ; et, pour les distinguer aisément les unes dos autres, on les classe en ordres ou grandeurs, qui vont en décroissant de la 1'* à la 6* ou '•, pour les étoiles visibles à l'œil nu. Comme le télescope fait découvrir, dans le del, un nombre considérable d'étoiles encore plus petites, les astronomes ont continué, pour ces étoiles téloseopiques, le même mode de classification, dont retendue varie avec la puissance des instruments. On enreoistre dans les catalogues Jusqu'aux étoiles de 1 1* a U* grandeur : on est même parvenu à distinguer des étoiles dont le rang, à cette écbelle, est le 30*.

Le nombre des étoiles visibles à l'œil nu, dans le del entier, est beaucoup moindre qu'on ne se l'imagine communément. En se basant sur les catalogues d'Argelander et de Heis pour le del boréal, et du docteur Gould pour l'hémisphère austral, on arrive è un total de 8000 à 10 UOO étoiles (le maximum dépend de la vue plus on moins perçante des observateurs).

Quant au nombre total des étoiles visibles dans les télescopes, il se chiffre par millions ; il va d'ailleurs en croissant à mesure qu'on descend l'échelle des grandeurs : Argelander évalue à 13000 celui des étoiles de 7« grandeur, à 40000 celles de la 8* grandeur, à 143000 celles d ' la 9«. Struve porte à 30 millions le nombre total des étoiles Ti%ibles dans le télescope do 30 pieds de sir W. Herscfael. Un astronome français, M. Chacomac, évaluait enfin à 77 millions le nombre des étoiles dos 13 premières grandeurs.

?. Co7istettrttions. — La fixité apparente des étoiles est cause que les groupes formés psr les étoiles voisines les plus brillantes conservent

Eradant des siècles une configuradon Invariable, epuis la plus haute antiquité, ces groupes arbitraires ont reçu des dénuroinations parii- Cttlières ; ce sont les cùnstellatUms de la voûte céleste, dent l'usage s'est conservé Jusqu'à nos Jours parce qu'il est commode pour indiquer la région du del où se trouve tel ou tel astre donné.

Ce n'est pas le lieu de faire l'énumération complète des 117 constellations aujourd'hui resonnues et qu'on trouve tracées sur les cartes ou snr les globes célestes. 48 de ces groupes appartiennent exclnslvement à l'hémisphère boréal, 64 à i'hémisphèrs austral et 16 sont situées à la

fo's sur les deux hémisphères. On en trouvera 1» liste dans tous les traitos de cosmograpnie.

C'est une première étude qui captive asses aisément les enfants que celle qui consiste à re> connaître, dans le ciel, les constellations les plus importantes : la petite et la grarute Ourse formant chacune, par leurs sept étoiles principales, une figure semblable : la Polaire sera surtout à noter* comme le pivot autour dnouel tourne le ciet entier, et comme le point d où l'on peut partir pour rbtrouver, par des alignements aisés à retenir», les étoiles des constellations circumpolaires et successivement cellee de la zone équatoriale visibles sur l'horizon du lieu, la Chèvre dans le Cocher, le Bouvier et Arcturus, le Cysne, la Lpe» Pégase,' Andromède, Persée. En venant la saison ou l'heure, on verra défiler ainsi toutes les étoiles du ciel, le Lion, le Petit et le Grand Chien, Orion, le Taureau. Dès que les principales étoiles de première et de seconde grandeur seront ainsi reconnues dans leur situation relative, cela suffira pour retrouver tous les autres détails que la mémoire aurait de la peine à retenir; une petite carte du del aidera à ces recherches, ou encore un globe céleste.

8. Mouvement diurne: coordonnées des étoiles. — Par le fait de la rotation du globe terrestre sur son axe, d'ocddent en orient, toutes les étoiles semblent entraînées dans un mouvement commun, uniforme, de 'sens contraire au premier, c'estràdire d'orient en ocddent. Chaqne étoile décrit en 34 heures sidérales, ou ce qui revient aa même, en 33 heures 56 minutes de temps mo^en,. un cerde autour de deux points du del qui paraissent immobiles, les pôles. Plus l'étoile considérée est éloignée du p61e de son hémisphère, plus le cercle qu'elle décrit est grand ; le cercle maximum est celui que décrivent les étoiles situées à éffale distHUce des deux pôles, c'est-àdire sur roquateur céleste*

Pour un même lieu, dont la latitude n'est ni (I* ni 90*, le del se divise en trois zones, l'une comprenant les étoiles qui restent toujours sur 1 horizon, ne se levant ni ne se couchant jamais : c'est la zone circumpolaire boréale, dans Thémisphère nord ; la seconde zone, séparée de la première par le cercle de perpétuelle apparition, comprend les étoiles qui coupent l'horizon dans, leur mouvement diurne, c'est-à-dire se lèvent et se couchent; la troisième zone renferme les étoiles qui ne se montrent Jamais au-dessus de Thorizon du lieu : c'est la zone circumpolaire australe, pour l'hémisphère nord.

Cette description sommaire du mouvement diurne pourra être présentée aux élèves d'une façon très précise, et le maître insistera sur le passage au méridien qui parta|;e en intervalles égaux le temps que met une étoile à parcourir l'arc de sa trajectoire compris entre son lever et son coucher : pour les étoiles circumpolaires, il y a deux, passages au méridien, l'un supérieur et l'autre inférieur. ^,^ ,

La position d'une étoile quelconque S|9 définit

Far deux coordonnées : l'une, la cUclinaison, est arc do grand cercle mesurant sa disunce à l'é

passe par le point équlnoxial du printemps, ou point vemaL Le cercle horaire d'une étoile passe par l'étoile et par les pôles célostes ou l'axe du monde. En un jour sidéral, le mouvement diurne 1 i f it fahre une révolution entière, ou 360% de sorte qu'en une heure sidérale, il parcourt IS*. Les passages successifs dos divers cercles horaires pur le plan du méridien s'effectuent à des heures dfférentes, et si, pour compter ces heures, on se sert d'une pendule réglée sur le passage du point

ÉTOILES

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vemal au méridien, Theure du passage d*une étoile convertie en degrés, minutes et secondes d'arc, donnera précisément Tascension droite de cette étoile. On comprend donc la raison de la dénomination de cercle horaire, appliqué au cercle en question. On fera aisément comprendre ces notions aux élèyes, si Ton possède un globe céleste, ou si Ton fait saisir l'analogie complète qui existe entre les pôles, réquateur, les cercles horai[res et les parallèles célestes, et les pôles, Téquateur, les méridiens et les parallèles géographiques. La déclinaison correspond alors à la latitude terrestre, et Tascension droite à la longitude.

Les astronomes rapportent aussi les positions des étoiles à Técliptique et aux pôles de Técllptioue : les coordonnées qui y correspondent sont, dans ce cas, la longiiwte et la latitude célestes, au'il ne faut pas confondre avec la déclinaison et rascension droite.

4. Parallaxes et distances des étoiles. — Les étoiles, on l'a vu plus haut, sont situées à des distances de la terre immensément grandes, si considérables môme que la plupart peuvent être considérées comme infinies.

On est parvenu, toutefois, à en mesurer approximativement un certain nombre. Nous les rapportons dans un tableau qu'on trouvera plus loin, mais auparavant il nous parait très utile de faire voir comment il est possible à l'instituteur de donner une idée nette de la façon dont on peut mesurer de telles distances.

Quand nous examinons un objet éloigné, puis que nous nous déplaçons d'une quantité suffisante relativement à sa distance, nous observons qu'il semble se déplacer lui-même: il va vers la gauche, si nous nous portons à droite ; vers la droite, si nous nous portons à gauche; il semble monter si nous nous approchons de lui, descendre vers l'horizon, si nous nous éloignons. Tout cela revient à dire que le rayon visuel, qui marque la direction de 1 objet par rapport à nous, change de place avec nous. L'angle d'une direction avec la direction suivante est ce qu*on nomme une parallaxe. La parallaxe d'un objet éloigné dépend évidemment et de sa distance à nous et de la grandeur de notre déplacement en comparaison de cette distance ; or la géométrie permet de calculer la distance d'après le déplacement et d'après la parallaxe.

Sur le globe, nous pouvons nous déplacer de manière a mettre entre deux observateurs une distance qui ne peut jamais dépasser, en ligne droite, le diamètre même de la Terre, mais qui est suffisante pour mesurer la parallaxe de la Lune, l'astre le plus voisin de nous. On est parvenu ainsi à calculer les parallaxes des planètes et celle du Soleil, avec de grandes difficultés, il est vrai, parce

3ue les distances du Soleil et des planètes sont éjà si considérables que leur parallaxe est d'une extrême petitesse.

En appliquant aux étoiles la môme méthode, on ne peut trouver aucune parallaxe sensible. La base dont il vient d'ôtre question est tout à fait insuffisante ; en un mot, les dimensions du globe terrestre sont des quantités trop petites pour qu'on puisse, par des déplacements à sa surface, constater aucun changement apparent dans les positions relatives des étoiles.

Heureusement, la Terre se meut autour du Soleil, et nous avec elle, de sorte qu*en six mois nous nous éloignons de manière à mettre entre nos deux positions extrêmes une distance de près de 300 millions de kilomètres. Telle est la base à Taide de la(|uelle les astronomes ont essayé de mesurer les distances des étoiles. Même avec un tel déplacement, le plus grand nombre des étoiles n ont pas donné de parallaxe sensible. Leurs distances sont donc le plus souvent comme infinies

en comparaison de cette distance énorme de 300 millions de kilomètres.

Cependant on a réussi pour quelques-unes, et i'on a trouvé que la plus rapprochée était à une disunce au moins égale à 300 000 fois la distance du Soleil à la Terre, ou à 300 000 f jIs 148 millions de kilomètres. L'étoUe en question est l'éloUe désignée par la lettre grecque a (alpha) dans la constellation australe du Centaure.

Donnons maintenant quelques distances calculées et évaluées, soit en rayons de l'orbite de la Terre, soit en années de la lumière, c'est-à-dire d'après le temps que met la lumière à venir de ces étoiles jusqu'à nous, avec la vitesse de 800 000 kilomètres par seconde :

BTOILBS. ^ "

an ramafl de ea aaa^ei

Torbite terreftlr». ds la loBÛèf^

«Centaure 226000 3axisS

6i«Cygne 551000 8 — 7

s Dragon 825 000 12 — S

aLyre 1 33i 000 ïl — 0

Sirius 1375000 tl — 3

i Grande Ourse 1550000 t4 — 4

Aicturiu 1628000 » — 5

Polaire 1950000 30 — 6

Chèrre 4500000 70 — 5

Il ne faut pas oublier que ces étoiles sont certainement parmi les plus rapprochées. Les plus petites, celles que les télescopes les plus paissants parviennent seuls à discerner dans les profondeurs du ciel, sont à des distances incomparablemtnt plus grandes. Il on est dont la distance est telle, que la lumière met certainement des milliers d'années à parvenir jusqu'à la Terre.

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