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FÉCULE

ta mdello de bœuf, rbuile, etc. 81 Toii «]onte au caeao torréfié det noisettet griiléea, des amaodes, il faut recourir à des procedéa compliqttéa pour découTrir la fraude; mais quand il s^agil de coques ae cacao broyées, de sciure de bois en poudre, d'ocre, etc., il suffit de dissoudre le chocolat suspect daos de Teau et de décanter: les matières ajoutées forment un dépôt qu*on isole complètement par des larages.

Café, — Le café eu grains est asses souvent manipulé pour faire disparaître des traces d'araries «n mer. On le Uye, on le sèche et on le colore avec de l'indigo, du sulfate de fer ou du bleu de Prusse. Des lavages enlèvent assez facilement cette coloration artificielle.

Un grand nombre de marchands vendent du café grillé recouvert (efirobé) de caramel pendant la torréfaction. Il y a Ueu de défalquer la différence de prix du caramel et du café. Cet enrobage offre du reste Tavantage de former sur chaque grain un Terni qui conserve rarome ; de plus il donne à Tinfnsion une couleur foncée qui plaît à rœil, mais le jEoftt du caramel dénature celui du café.

Quelquefois on mélange au café moulu du marc de cafâ épuisé. Pour s*en assurer, on fait une infusion concentrée et on Tévapore. Le bon café donne eoTiron le tiers de son poids d^eUrait; si la proportion est moindrot On doit soupçonner une iraude.

La falsification la plus commune du café moulu consiste à le mélanger de poudire de racine de chicorée. Pour découvrir cette frande, vous faites tomber doucement à la surface d'un verre d*eau un peu de café à examiner, ^is vous laisses en «repos quelques minutes. La chicoréêt qui absorbe l'eau beaucoup plus facilement oue le café, s'alQurdit la première et tombe au fond du liquide Qu'elle colore bientôt en jaune-brun. Après Tinfùsion à chaud, on distingue facilement les parcelles de chicorée de celles du café, parce qu'elles sont molles, spon- ^eoses, se laissent aisément écraser.

L'addition de chicorée au café est tout à fait inofTensIve. Bien plus, il serait à souhaiter que l'usage s*en répanalt de plus en plus, afin de dimiauer la consommation de cet excitant dont on fait an usase abusif. Son emploi est d'ailleurs très éconoBuque. [D' Saflray.]

FATALISME. -» V. Volonté, FÉCULE. — Chimie, XXII. — (Etym. : du latin ^4Rc, lie). ^ On appelle fécule la subsunce blanche iue l'on rencontre en abondance dans les pommes ie terre, les marrons d'Inde, les fèves, les haricots, etc., ainsi quo dans les graines des céréales, telles jue le blé, l'orge, l'avoine ; mais la fécule extraite les céréales est mélangée à de grandes quantités le gluten et s'appelle plus spécialement amidon, L amidon s'extrait principalement du blé, et la fé- :ule des pommes de terre.

CaractirÊê de la féaUe. — L'amidon et la fécule Je diffèrent pas essentiellement; ils ont la même ormule, c'est-à-dire lamème composition, CiSHiH)i«>, 9t les mômes caractères chimiques ; ils bleuissent 'un et l'autre par l'iode et forment un empois avec *eaa ; ce sont là leurs caractères spécifi<]uos comnuns. Le grain d'amidon est plus ou moins irrégu* ièrement sphérique, celui de fécule est plus allon- ^ et plus gros.

ConstittUionde la pomme de ^erre d'après Payen •

Eau 75 67

Fécttlo 20 »

£piderme, cellulose 1 60

Albumine et matières azotées diverses 1 50

Malamide et matières grasses 0 22

Sucre, huile essentielle, sels divers

à bases minérales 1 01

La fécule se trouve dans les cellules de la pomme de terre ; il faut les déchirer pour l'en extraire, le lavase ne suffit pas. Quand les pommes déterre ont été nettoyées et décortiquées, puis râpées de manière à être réduites en pulpe très ténue, on lave la matière dans un tamis sous un filet d'eau ; la fécule passe à travers le tamis, entraînée par l'eau ; on la dessèche et on la broie : on petit ainsi en préparer soi-même quelques kilogrammes.

Extraction de la fécule en grand, — On commence par faire barboter les pommes de terre dans de grands cvlindres tournant dans l'eau ; le nettoyage terminé, on enlève mécaniquement l'enveloppe corticale, qui a une constitution assez semblable au liège et qui noircirait la fécule. Les pommes de terre sont ensuite rftpées mécaniquement, puis lavées sur des tamis en toiles métalliques.

La fécule recueillie est égouttée dans des baquets à jour et enfin desséchée sur une aire en plâtre. Elle contient encore après cela 45 p. 100 d'eau. C'est la fécule verte du commerce ; elle est ensuite divisée en pains, puis soumise dans i'étuve à un courant d'air chaud; elle ne contient plus alors que 18 p. 100 d'eau.

^cfion des acides sur les fécules, — La fécule, chauffée dans de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique, puis desséchée à 108*, devient soluble dans l'eau. Si l'action des acides et de la chaleur se prolonge, la fécule se transforme en dextrine (V. Amidon)^ puis en glucoise (V. Sucre).

Si, après avoir chaufl'é de la* fécule à 110*, on la traite par un mélange de deux parties d*acide sulfurique et d'une partie d'acide azotique concentj^, on obtient une poudre explosible appelée pyroxam. Chauffée longtemps avec de l'acide azotique, la fécule, comme la doxtrlne et le sucre, se transforme en acide oxalique.

Action des bases, — L'empois de fécule ne se forme dans Teau que vers 75* ; au contraire, dans la potasse ou la soude il se fait à fk-oîd, parce eue l'alcali gonfle et décidre les enveloppes foliacées du g^ain de fécule.

Conservation de Vempois» — En été principalement, il est assez difficile de conserver rempoie de fécule ou d'amidon ; on y ajoute du sulfate de cuivre, de l'alun, du chlorure de zinc; cette dernière substance est préférable.

Usages des fécules. — Aujourd'hui on fabrique des Quantités considérables de glucoses par l'action des acides étendus sur la fécule (V. Amidon et Sucré). On fabrique en plus grande quantité encore et de la même manière la dextrine, qui sert à encoller les tissus et à épaissir les couleurs. On fait entrer les fécules, mélangées à des savons de résines, dans la composition du papier. Depuis quelque temps on se sert de fécule en poudre nour saupoudrer les moules où on coule les statues ne bronze; elle empêche la matière d'adnerer au moule et remplace ainsi avantageusement la poussière de charbon de bois qui était nuisible aux ouvriers. Dans lès laboratoires, la fécuie est le réactif de l'iode et des iodures (V. Amidon). En médecine on l'emploie contre les affections dartreuses; enfin elle fait partie d'un nombre considérable de produiu alimenuires : topioca, pâtisseries, biscuits. Il faut se rappeler néanmoins qu'elle n'est pas un aliment nutritif, n'étant point azotée : c'est un aliment respiratoire (Y. Aliments) .

Les résidus de pulpes de nommes de terre, provenant de la préparation de la fécule, salés et mélangés à du fourrage, constituent une excellente nourriture pour les bestiaux.

Les eaux des féculeries, d'une odeur si repoussante, sont aujourd'hui mélangées à du sulfate de chaux (plâtre), puis utilisées comme engrais.

FEMMES

FEMMES

Pain de fécule. -^ Les farines employées à faire lo pain sont surtout formées de gluten et d'amidon ; on a essayé de faire du pain à base de fécule exclusivement, mais on obtient un produit très imparfaitement nutritif; néanmoins dans beaucoup de pays, surtout lorsque le blé est cher, on mélange à la pâte destinée à la fabrication du pain une bouillie de pommes de terre cuites, qui donne au pain une très belle apparence et le conserve frais sans en changer sensiolement ni le goût ni les qualités. [Alfred Jacquemart.]

FEMMES. — Histoire générale, XXXVlfl. ~ L^histoire de la condition des femmes chez les différents peuples et dans les différents âges du monde est 1 histoire môme de la civilisation. Leur condition 8*est toujours ressentie de Tétat social où elles vivaient, et réciuroquement, Tétat social s'est modifié selon la condition qui leur était faite. Car c'est la femme qui donne à la famille son vrai caractère, et Torganisation de la famille nUnflue pas médiocrement sur les institutions civiles et politiques et sur le niveau moral des nations.

Il est difficile de dire exactement quelle était la condition des femmes dans les siècles antérieurs à rhistoire, puisqu'aucun monument n'est arrivé jusqu*à nous de ces origines obscures de notre race. On peut néanmoins en reconstituer Quelques traits, d'abord par certaines traditions que 1 an tiquité a recueillies, et puis par Tanalogie probable des temps primitifs avec 1 état des peuplades barbares que les voyageurs ont découvertes dans les temps modernes. La famille n'existait pas; on ne connaissait pas le mariage.

Le père étant inconnu, les enfants appartenaient à leur mère ; en certains pays, on les attribuait plus tard à l'homme auquel ils ressemblaient le plus. Dans plusieurs lies de la Polynésie, c'est le nom de la mère que les enfants portaient; c'est par les femmes que se comptaient les généalogies. En même temps que ces mœurs réduisaient les femmes à une honteuse abjection, elles leur créaient une sorte d'indépendance dont on retrouve vaguement les traces. Les premiers peuples étaient nomades, toujours en course pour pourvoir à leurs besoins ; les femmes prenaient leur part des travaux de la poche, de la chasse et même de la guerre. La tribu des Amazones, dont parlent 1q3 anciens, ne paraît pas avoir été une simple fable : il y a du vrai au fond de ces récits qui montrent la femme Hbre, rruerrière, enrégimentée pour le pillage et le combat. Ôri rencontre encore aujourd'hui des régiments de ■ 4'mmes soldats chez certains rois noirs de l'Afrique. Mais rindépendance ne pouvant être fondée chez de tels peuples que sur la force, on peut affirmer que le lot habituel de la femme était la servitude, bt qu'elle était astreinte à tous les travaux grossiers, pénibles, dont les hommes se dispensaient. L'Indien, en dehors des combats, passe sa vie à fumer et à dormir; la femme est chargée do le nourrir; elle est l'esclave et la bête de somme.

L'un des progrès les plus considérables et les plus féconds fut la constitution de la famille ; elle dut coïncider avec la fin de la vie nomade, avec la résolution de s'établir & demeure et de cultiver le &ol. Les premières habitations stables abritèrent les premiers foyers domestiques. Ce n'est plus maintenant la femme qui donne son nom aux enfants, c'est l'homme, c'est le père. La propriété crée l'héritage ; l'héritier devient l'objet de la sollicitude ; c'est en lui que se prolongent la possession et la jouissance du bien acquis. La femme gagne en sécurité et en dignité ; elle donne h l'homme son héritier; elle devient l'épouse, la mère de famille.

Alors commence ce qu*on peut appeler l'état patriarcal. DppuislorSjle père est le maître^le monarque de son petit royaume, le dieu de son petit monde ; tout gravite autour de Ini, tout dépend de sa volonté.

Vivant, on lui obéit; mort, il est l'objet d'un culte. Il trace autour de son domaine et de sa famille une limite infranchissable. Sa femme, ses fils, ses filles, ses esclaves, ses troupeaux et ses champs sont à lui au même titre- Il en fait ce qu'il lui plaît ; il fait vivre ou mourir à son gré. Il vend et il achète selon ses besoins et ses goûts. Sa femme, il l'a achetée ; il a payé une dot à un autre père de famille pour l'avoir ; si elle ne lui donne pas de lUs, il en prend une autre : il a des enfanu de ses concubines. Néanmoins, c'est la première femme qui reste l'épouse, qui est considérée comme la mère, qui Jouit du respect et des honneurs dus à la compagne du maître. Prenez les tableaux de la période patriarcale aue vous trouves dans U Bible, voyez la famille d Abraham, d'Isasc, de Jacob, et le rang élevé qu'y occupe la mère de famille, Sara, Rebecca, Rachel. Les récits d'aomère dans Yiiiadb et VOdyssée ne sont pu moin» significatifs : Hécube, réponse de Priam, Andromaque, l'épouse d'Hector, Pénélope, réponse .d'Ulysse, sont entourées de déférence et de respect; elles prennent part au conseil; elles exercent une sorte d'autorité; tous s'inclinent devant elles. Les grands tragiques grecs noas montrent par leurs héroïnes Alceste, Clytemnestre, Electre, Antigène, Iphigénie, la place considérable que la femme occupait dans les traditions populaires, dans la famille des chefs et même dans la vie publique.

Dans les grandes monarchies despotiques del'O rient, qui sont pour ainsi dire l'état patxiareai s'étendant à des peuples entiers, faisant de multitudes immenses la famille et la propriété d'an seul, les femmes dht participé à rabaissement universel. Les hommes réduits à l'état de troupeau, les femmes perdaient toute individualité et toute indépendance ; la polygamie les ravalait an même degré d'abaissement où le despotisme laisaii descendre les hommes. Les plus riches avaient le plus de femmes comme ils avaient le pins de moutons ou de chevaux. Le sérail des rois est l'une des marques de leur rang et de leur opulence. Le monde oriental n'a guère changé à cet égard; les mêmes institutions ont conservé les mêmes mœurs.

Là au contraire où la vie patriarcale s'est développée dans le sens politique et a fait place à ua état social plus avancé, là où la cité s'est constituée

f>ar l'association des familles, la femme a conservé a dignité que lui avait confé^ son titre d'épouse, titre que lui garantissait la monogamie imposée par la législation des républiques anciennes. Mais es même temps Ut femme rentre dans l'ombre, elle s'enferme dans la maison; elle n'a plus d'autre domaine que le gf/nécé^ (appartement des femmes); la vie publique, où elle faisait Jadis des échappées, lui est interdite maintenant, étant réservée exclusivement aux hommes. Arrêtons-nous par exemple dans la cité d'Athènes, ce point lumineux de la Grèce^ le type immortel de la société antique la plus cultivée, la plus raffinée. La femme y est considérée comme une mineure; elle ne sort jamais de tutelle. Elle est d'abord sous Is puissance de son père, puis sous celle de son mari, et, en cas de veuvage, elle dépend de l'héritier de son père ou, à défaut, de l'héritier du mari. Elle ne dispose Jamais de ses biens. Son père la cède à un époux avec une dot; l'époux à son tour peut l'aliéner en cédant à la fois la dot et la femme ; les deux ne se séparent pas, et c'est même là une des causes qui rendaient le divorce assez rare à Athènes. Le mariage était obligatoire ; lo père ou le tuteur qui ne mariait pas une fille était puni par les lois ; c'est lui qui choisissait l'époux^ car Ta Jeune fille, enfermée dans son gynécée, ne connaissait personne. Dans cette retraite dont elle ne pouvait sortir qu'à des jours déterminés, pour des processions réii-

FEMMES

FEMMES

gieoseB, ayant comme après son mariage, elle 8*occapait aux oiivrages domestiques, surYsillait les csclaTea, TiTait dans Tignorance et Tlsolement. Le mari, le père, les frères ne menaient pas animer la maison, n'y apportaient pas un élément d'intérêt et d^entretien : ils passaient presque tonte la Journée en plein air, dans les rues et sur Tagora (place publique), où ils siégeaient comme magistrats, où ils agissaient comme membres de rassemblée politique dont tons les citoyens faisaient partie ; lis cM>n8acraient le reste de leur temps aux exercices du corps ou de Tesprit et aux représentations théâtrales. Leurs joyeux festins se prolongeaient assez ayant dans la nuit en compagnie de femmes

2ui n*étaient ni ne pouvaient être leurs flUes, leurs pouaes ou leurs mères: c'étaient les courtisanes, nommées « hétaïres i (compagnes), femmes de conduite légère, quelques-unes d'un esprit cultivé ^ s'intéressant aux lettres et à la philosophie, de manières séduisantes, d'une beauté digne de cette patrie des arts, mais qu'un Grec n'eût jamais consenti à introduire dans sa famille.

Voici comment Xénophon décrit le r61e de la femme grecque, de l'épouse légitime : a Elle doit ressembler a la reine aes abeilles : ne pas sortir de la oaaison^ exercer une active surveillance sur les esclaves, leur distribuer leurs tâches, recevoir les provisions et les disposer en ordre, mettre avec soin de côté ce qui n'aura pss été employé, ranger les ustensiles de cuisine et les tenir propres, etc. » Au fond la condition de la femme dans la Grèce ancienne, même à Athènes, ne différait pas essentiellement de celle de l'esclave, qui du reste éuit généralement traité à Athènes avec douceur. Le plus prand philosophe de l'antiquité, Aristote, classait la femme entre l'esclave et l'enfant, et la croyait aussi incapable qu'eux de se conduire elle-même. L'infériorité intellectuelle et morale que les Grecs attribuaient à la femme devait rester chez eux un obstacle insurmontable à son affranchissement.

D'Athènes passons à Rome. Ici la femme est dans une sujétion plus complète encore. L'homme, père et mari, est le maître sans réserve. Il a droit de vie ou de mort, sans exception, sur tous les membres de la famille: la femme coupable est exécutée dans un coin de la demeure. A en juger par les lois, cette condition de la femme est terrible; il en était autrement dans la réalité. La femme romaine, la mère de famille, la matrone, vit dans sa maison, comme la femme grecque, mais elle n'y est pas aussi rigoureusement renfermée ; ello sort, couverte d'un long voile et accompagnée de ses gens qui écartent les importuns ; elle assiste aux repas, aux fêtes, aux spectacles. Sa chambre est le centre de la maison romaine ; c'est la salle commune dans laquelle on reçoit les amis et les hôtes, où brùlo le foyer de famille, où les dieux lares ont leur autel, où sont placées les images des aïeux. C'est là qu'elle rassemble les serviteurs, qu elle préside à Téducation des enfants, qu'elle confectiunne les ouvrages de laine. On lit cette simple et sévère épitaçhe sur quelques tombeaux de matrones romaines : « Elle a été bonne fileuse, pudique et gardant le logis. » Voici le tableau que fait le poète Ovide de l'intérieur de Lucrèce, la femme de Tarquin Col latin : « Elle filait; devant son lit se trouvaient des corbeilles remplies de laine moelleuse. A la faible lueur d'une lampe, ses servantes tissaient 1 ouvrage qu'elle leur avait partagé. Elle leur disait d'une voix douce : Hâtez- vous, mes filles, U nous faut envoyer au maître au plus vite ce manteau fait de notre main. > Dans une comédie de Plante, une femme tient ce langage : « Ma dot, c'est la chasteté, la pudeur et la crainte des dieux ; c'est mon amour pour mes proches, c'est d'être soumise à mon époux, bienfaisante aux bons, serviable aux gens de cœur. »

On sait le mot historique de Cornélie, la mère des Gracqucs. Comme une dame de la Campanie venait de lui montrer ses riches parures et lui demandait en échange à voir les siennes, la fille du grand Scipion la conduisit au berceau où dormaient ses deux fils, Caîus et Tibérins : « Voici mes bijoux, » dit-elle.

Peu à peu, cette simplicité de mœurs s'altéra. On vit les femmes prendre part à toutes les débauches qui amenèrent la décadence de la République. Les odieuses fêtes appelées Bacchanales se signalèrent par les déportements non seulement de courtisanes ou d'esclaves, mais de femmes libres, de matrones romaines. Les lois se multi-« plièrent contre le luxe, contre l'adultère, contre la débauche, et à mesure qu'elles semblaient témoigner un souci plus grave de la moralité publique, elles accusaient, au contraire, une chute de plus en plus profonde. Le divorce était devenu un fou. L'exemple de la corruption la plus éhontée était donné par les femmes du plus haut rang. Sans insister sur les mœurs abominables qui ont déshonoré les premiers siècles de l'Empire romain, on peut se demander où se serait arrêtée cette décadence sans l'apparition du christianisme et l'invasion des barbares, deux événements qui ont singulièrement relevé la condition des femmes dans le monde.

Ce n'est pas que chez les Juifs, au milieu desquels la religion chrétienne a pris naissance, la condition des femmes fût bien différente de celle qui lui était réservée dans les républiques anciennes. Elle y était sans doute traitée avec égards ; le mariage y était en honneur; l'adultère y était très sévèrement puni. Mais la polygamie, institution commune à tout l'Orient, y était permise, sous la réserve de ne pas prendre de femmes étrangères. Le divorce était extrêmement facile; il suffisait que le mari renvoyât sa femme en lui donnant une a lettre de divorce », pour que le ma» riage fût rompu. Après la mort du mari, s'il ne laissait pas d'enfant, la veuve appartenait au frère ou au plus proche parent de l'époux, obligé de l'épouser pour « susciter lignée à son frère. » L'idéal que les Hébreux se faisaient de la femme, de la mère de famille, ne s'éloigne pas extrêmement de celui que nous venons de remarquer chez les Romains ou les Grecs. Un petit poème acrostiche, placé à la fin du livre des Proverbes, trace le tableau suivant : a La femme vertueuse est à plus haut prix que les perles ; son mari triomphe dans toutes les luîtes par la confiance qu'elle lui inspire. Elle se lève avant le jour pour assigner leur tâche à ses servantes, et ne laisse pas sa lampe s'éteindre la nuit. Elle tient en main la quenouille et le fuseau, tisse des UpU, des vêtements de pourpre pour sa famille et des ceintures qu'elle vend aux marchands de la Chaldée. De ses économies elle achète des champs et plante des vignes. Elle étend sa main secourablo vers le pauvre. Vêtue de force et de beauté, elle marche en riant au-devant du lendemain. Elle ouvre la bouche avec sagesse et des garoles pleines de grâce planent sur ses lèvres, es fils se lèveront pour la bénir ; son mari fera son éloge ; elle arrivera à la gloire 1 » S'il faut en croire TEcclésiaste, cet idéal était rarement réalisé, et la femme était habituellement tenue en médiocre estime : « La femme, dit-il, est plus redoutable que la mort; son cœur est un piège et ses mains sont des filets. Un homme entre mille, oui, j'en ai trouvé un ; mais une femme entre toutes, noni 9

Cette opinion de l'infériorité de la femme s*est prolongée très longtemps chez les Juifs. On so rappelle le mot un peu dur de Jésus : « Femme,

3u'y a-t-il entre toi et moi? » L'apôtre Paul, juif e Cilicie, déclare que la fnmme doit être subordonnée à l'homme comme l'homme l'est au Christ,

FEMMES

FEMMES

son chef; il veut que les femmes se taisent dans les assemblées ; il considère le mariage comme une faiblesse et comme une concession, comme un obstacle à la sainteté parfaite. Cette idée s'est développée et aggravée dans les premiers siècles de TÉglise au point de jeter sur la femme une sorte de défiance, en la faisant considérer comme une occasion de chute dont les saints devaient s^éloigner avec crainte.

Néanmoins il y avait dans le christianisme naissant des Inspirations d'une autre nature, qui devaient donner à la femme une place plus haute et plus digne d'elle. En effet, il établit avec une entière clarté l'égalité de toutes les ftmes devant Dieu, sans distinction de sexe, de classe ou de nation. Il consacre le mariage par la bénédiction divine, et il en déclare Findissolubilité. Il condamne absolument la polygamie. Il assigne un but sublime à toute existence humaine ; il ne confine pas la femme dans la pratique des devoirs inférieurs, mais il l'appelle à pratiquer, comme Thomme, les plus nobles vertus, à s élever, comme lui, par la foi, aux plus hautes spéculations et à participer au même titre que lui au salut éternel. Le mari et la femme occupent le même rang dans la famille chrétienne, ont la môme autorité sur les enfants, la même responsabilité morale, les mômes devoirs réciproques d'amour et de fidélité.

Ce progrès serait resté longtemps à Tétat d^exception et n'aurait modifié que bien lentement la condition des femmes, au milieu de la corruption de TEmpiro romain, sans l'intervention de peuples nouveaux^ qui couvrirent de ruines le sol de la civilisation, balayèrent sous leur impétueux torrent les sciences, les arts et les religions du vieux monde, mais v déposèrent aussi les germes de mœurs nouvelles, et à certains égards plus pures. Le plus considérable de ces peuples, les Germains, a imprimé en partie ces mœurs au monde nouveau

Sui s'est forme sur notre Europe du mélange de la Ivilisation antique avec le Jeune sang des barbares. Comme les Grecs et les Latins, les Germains n'admettaient pas la polygamie ; tout au plus était-elle permise aux seuls princes, a comme une marque de noblesse. » La femme occupait chez eux un haut rang, y était revêtue d'une sorte de dignité morale que les anciens ne lui avaient attribuée qu'aux temps héroïques. Dans la famille, au conseil, dans les mystères de la religion, comme mère, comme femme, comme prêtresse, elle était partout écoutée, respectée, suivie. Et elle le méritait « Chez ce peuple, dit Tacite, les mariages sont chastes. Les femmes sont enveloppées de leur pudeur comme d'une forteresse. L adultère y est extrêmement rare et puni des châtiments les plus sévères. La séduction n'y est pas décorée de noms flatteurs } le vice n'y prête pas à rire. » Voici comment le même auteur dépeint la vocation et U vie de la femme chez ces peuples : « Chez les Germains, ce n'est pas la femme, c'est le mari qui apporte la dot. Les parents et les proches viennent pour en apprécier la valeur. Elle ne consiste pas en frivolités, en parures pour la fiancée ; ce sont des bœufs, un cheval bridé, un bouclier avec la hache et l'épée. De son côté la femme apporte des armes à son mari. Telle est la cérémonie sacrée. Sous de tels auspices, la femme devient la compagne des travaux et des périls de son mari ; elle est appelée, dans la paix et dans les combats, à oser et à souffrir comme lui. C'est ainsi qu'il lui faudra vivre ; c'est ainsi qu'il lui faudra mourir. »

Cette communion de pensée et d*existence entre le mari et la femme créait évidemment à celle-ci une situation bien supérieure à celle qu'elle avait dans la société romaine de l'empire. Les barbares ne la croyaient pas frappée d'infériorité intellectuelle et morale, mais, sauf la force physique, |

l'estimaient leur égale. Aussi, « ils rassoâaient à tous leurs périls, ils rappelaient à toutes lenn fêtes. Dans ces banquets décrits par les s^os, où la harpe et la corne remplie de bière drcalaient tour à tour dans les rangs des convives, les femmes prenaient place à c6té des hommei : c'étaient elles qui remplissaient les coupes et sosvent qui présidaient aux festins. C'étaient elles encore qui recevaient l'étranger et le (aisaîent asseoir à la table hospitalière. Elles suivaient leors époux ou leurs frères dans leurs expéditûas aventureuses, et partageaient avee eux les plaisirs de la chasse ou les fatigues des camps. Le Germain marchait avec plus de plaisir au-devant do péril quand il sentait derrière lui sa femme ou sa sœur ; il se croyait mieux protégé par leur mystérieuse influence que par son casque et son bmclier, et quand il se voyait près de périr, il s'imaginait que leur nom murmuré tout bas suflUait pour attirer sur lui la faveur des dieux et le sauver du danger. On retrouve, même après l'iovsnsa, des traces naïves de cette croyance, et, au vi* nede, on voit Célimer appeler les femmes dans soo camp pour relever le courage abattu de ses seldats. » (P. Gide.)

On trouve là les origines du culte chevaleresque consacré à la femme par le moyen Age. Cette rude époque de barbarie et d'Ignorance, qui ftit le règne de la force brutale, vit naître une institniioB qui avait pour principes la protection des MUes et l'obéissance à la femme : c'est la chevalerie. Les chevaliers se déclaraient les très humbles esclaves de leur dame ; pour elle ils acoeoiplissaient les plus longs voyages, tes plus rudes travaux ou les plus périlleux exploits. Cestdaas ses mains qu'ils prêtaient serment ; ils se paraient de ses couleurs. Les tournois. Jeux guerriers de cet âge, nous font voir d'une manière sensible U condition éminente qui était faite alors à la femme. Ces passes d'armes étaient le rendez-vous de tsvt ce que la noblesse comptait d'illustre et de vaillant. Elles avaient toujours lieu sous les yeux et soos la présidence des dames. « Des dames et des demoiselles amenaient quelquefois sur les rangs ees fiers esclaves attachés avec des chaînes qu*eUn leur étaient au moment de s'élancer dans la lice. Le titre d'esclave ou de serviteur de la dame qse chacun nommait à haute voix en entrant an toornoi était un titre d'honneur qui ne pouvait être acheté par de trop nobles exploits. Il était regardé par celui qui le portait comme un gage assuré de la victoire et un engagement à ne rien faire qui ne (Ht digne d'une qualité si distinguée. A ce titre les dames daignaient Joindre ordinairement ce qu'on appelait une faveur ou enseigne ; c'était une écharpe, un voile, un nœud, une boucle, quelque pièce de leur vêtement ou quelque ouvrage tissa de leurs mains, dont le chevalier ornait son ar mure, b (Sainte-Palaye.)

Les dames présidaient aussi à des tournois d'us autre genre, des tournois poétiques, des « cours d'amour ■ : tels furent à Toulouse les jeux floraux (restaurés au xvi* siècle par Clémence Isaore). Enfermées dans leurs chAteaux-forts, elles s'entouraient de ménestrels, de troubadours qui leur récitaient ou leur écrivaient leurs poèmes, et elles acquéraient ainsi une instruction qui manquait à leurs rudes époux.

La féodalité leur permettait d'hériter des titres et domaines à défaut de descendance mile, et Ton a vu des dames gouverner d'une main vigoureuse leon propres États, lever des troupes, faire la guerre, prendre une part importante uans l'administration des royaumes et dans la destinée des peuples. Ce serait ici le moment de nommer notre Jeanne d'Arc*, cette héroïque personnification de la patrie française, si cette glorieuse fille do peuple n'était pas une exception, non seulement dans son temps.

FEMMES

FÉODALITÉ

nuls dans ThUtoire, une apparition aussi brillante qne fiigitiT6.

Ce calte chevaleresque de la femme, qui s*esl continué dans la c galanterie > française, n'éuit pourtant pas le dernier mot du progrès. Il plaçait quelques femmes trop haut — car elles ne sont pas plus supérieures quMnférieures à Thomme — et laissait toutes les antres trop bas. Il n'*accordait aux femmes que le sceptre de la grâce, et à quel^ quea femmes seulement, à celles que leur naissance avait éleyées au-dessus des autres. Le reste du sexe était généralement tenu en profond dédain, regardé comme indigne et incapable de s*éleTer au-dessus des plus humbles trarauz du ménage. Un auteur du xvi* siècle, faisant le procès aux femmes, a résumé ses griefs en neuf chefs d'accusation, et il ajoiute en y applaudissant : « Monseigneur Saint- Augustin disait que la femme est une beste qui n*est m ferme ni stable, et nourrissante de mauvayseté. » On trouverait chez les écriTains une foule de passages où Ton reproche à la femme d*6tre léeère, variable, cruelle, indiscrète, etc., etc., délkuts dont en pourrait dire sans crainte avec le fabuliste : « Bon nombre dliommes sont femmes sur ces points. » Mais ce sont là railleries sans conséquence. Sous une forme badine, le mot de Chrysale dans Molière était plus sérieux, lorsquHl déclarait, se faisant certainement rinterprète de Topinion commune, qu'une femme en sait toujours assez

Quand la capacité de son esprit se hausse

X connaître un pourpoint d^ree un haut-de^hansse.

En eifet, tout est là. Ce u*est pas la nature, es ne sont plus auJoura*hni les lois, c*est Téducation qui seule établit entre les deux sexes une différence de niveau. Ils ont sans contredit des aptitudes diflérentes, mais d*égale valeur en réalité. Instruisez les femmes et négliges Tinstructlon des hommes, ceux-d ne tarderont pas à tomber dans un état d'infériorité d^autant plus sensiUe qu'aujourd'hui ce n^est plus la force du poignet, mais celle de rintelligence et de la volonté qui décident toutes les questions. Aussi le devoir le plus impérieux de la société moderne à Tégard des femmes, et le seul inoyen de les placw au rang qui leur i«rient de droit naturel, est-il de développer autant que possible les moyens d'éducation pour leur sexe aussi bien que ceux qui sont destinés au sexe masculin. C'est 1 intérêt bien entendu de la société elle-même, car il est impossible de méconnaître rinfluence considérable qu'exercent les femmes sor leurs enfants, leurs époux et leur entourage : cette influence, provenant d'esprits attardés et ignorants, s^exerce contre la vérité et le progrès; Técart dans la culture intellectuelle des deux sexes est une cause de troubles, de tristesses, de divisions et de recul. Qu'au contraire les fils et les maris soient encouragés et soutenus par la femme instruite, développée dans le mémo sens qu'eux, et la marche de la civilisation s'accélérera au bénéfice de tous. C'est dans cette absolue communion intellectuelle et morale des deux sexes que se trouve, à notre avis, la plus haute émancipation que puisse ambitionner la femme.

Déjàj à l'heure actuelle, la condition extérieure de la femme s'est améliorée sensiblement. La tutelle du mariage ne pèse plus sur elle du même poids : si elle ne Jouit pas dans cet état d'une absolue liberté, c'est que les devoirs de la famille commandent un certain partage d'attributions qui n^est pas une sujétion, mais une raisonnable organisation du travail. \ euve ou sans époux^ la femme est maîtresse de ses biens comme de sa personne, et jouit des mêmes droits civils que l'homme. Quoique plusieurs carrières soient encore fermées ^ Vactivité des femmes, combien ce siècle n'en a-t-il pas vu ouvrir devant leurs pas I Elles peuvent

gagner honorablement leur vie dans certaines administrations, dans le commerce, rindustrle, l'enseignement, la science, les arts libéraux, et tra^ verser le monde, respectées de tous, sans autres protecteurs que la loi, le progrès des mœurs et la dignité de leur conduite.

Quelques-unes vont jusqu'à réclamer pour elles le droit de suffrage politique, et même Téligibilité. Nous n'avons pas à nous prononcer ici sur ces innovations qui paraissent encore fort éloignées de notre époque, et qui seraient sans contredit (peutêtre plus en apparence qu'on réalité) le dernier degré possible des conquêtes sociales de la feuune.

[Jules Steeg.}

FBIfELON. — V. Fénehn dans la I** Part».

réODALlXE. — Histoire générale, XVIU ; Histoire de France, VII-XV. — (Etym. : Des deux moto germains fee^ salaire, et oàt bien, propriété.) — On appelle de ce nom un système de relations

Politiiuiês et sociales qui tient une large place dans histoire de tous les peuples européens, car ce qratème, avec des différences secondaires, a été commun à tous.

En France, le système féodal apparaît comme entièrement formé à la fin du ix* siècle. U est en pleine vigueur de cette époque au xui* siècle, temps auquel les rois d'un cété, les communes éà l'autre, commencent à le miner ; sa décadence se précipite au xv* siècle, par l'invention des armées permanentes, par l'usage dos armes modernes, la poudre et le canon ; et néanmoins il en subsiste des restes fort onéreux aux populations jusqu^en août 17119, où la révolution française anéantit ces restes d'un, seul coup.

Si on le considère alors qu'il est entier et flo« rissant, au xi* siècle, par exemple, ce système se montre très complexe, et on lui trouve plusieurs aspects assez différents.

il n'y a eu France aujourd'hui qu'un gouvememenjt, et tons les nationaux obéissent sans fartage à ce gouvernement unique. L'administration s'exerce sans doute par un grand nombre de mains, des fonctionnaires levant i'impét, d'autres jugeant les procès, d'autres accomplissant des fono< tiens diverses; mais cette multiplicité d'agents ne détruit pas l'unité fondamentale, parce que tons font ce qui leur est ordonné et ne font que cela« Ce type de gouvernement existe depuis la destruction du système féodal ; il a été même le principal agent de cette destruction. U existait également avant la formation du système féodal. Inventé par les Romains, maintenu à grand' peine jusqu'à Charlemagne et dans ses parties essentielles seulement, il fut» après ce grand homme, détruit par le système féodal. C'est mre que ce dernier se présente dans l'histoire comme l'opposé, comme la négation du gouvernement unique et uniforme pour tous, tel que l'antiquité romaine et le monde moderne l'ont également conçu. Dislocation de ce que nous appelons l'Etat, dispersion des pouvoirs publics entre une multitude de personnes les exerçant en leur propre nom et dans leur propre intérêt« c'est bien là, en effet, l'aspect le plus saillant et le plus important du régime féodal.

Au moment où il est pleinement établi, c*est4dire vers le xi* siècle, la France offre, pour un esprit moderne, le spectacle le plus singulier; elle apparaît toute découpée en petits Etats qui souvent n excèdent pas la grandeur d'une paroisse rurale, et sont quelouefois moindres. Le maître de chacun de ces empires en miniature, le seigneur, habite une maison fortifiée sise sur quelque escarpement, ou entourée de fossés remplis d'eau. C*est un soldat que ce maître ; il est habitué à manier le gUive et la lance, à monter le cheval de guerre, à porter la cotte de mailles, et il vit entouré d'autres soldats qui tiennent garnison permanente dans son ch&teau. En rapport avec l'étendue de la seigneu-

FÉODALITÉ

FÉODALITÉ

rie, cette gtrnlflon n*e8t pas nombreuse en général; cependant, elle suffit à maintenir dans IV béissance nn penpie où nul n^est autorisé en temps ordinaire à porter des armes, et surtout n'est familiarisé avec leur maniement; ce qui n*emp6* che pas, la guerre suryenant, que les hommes libres de U seigneurie, et môme, en un besoin urgent, les serfs, ne soient appelés au château, enrô* lés, armés, et contraints de suivre la bannière de leur seigneur. Cest que ce seigneur a droit de vivre avec les seigneurs voisins ses égaux sur le pied qu*U veut ; il est le maître de rester en paix ou de faire la guerre contre eux, exactement comme un roi absolu ; et c'est là pour la seigneurie une première possibilité de çuerre. Biais en second lieu, et en sus des entreprises conçues par le seigneur pour son propre compte, il se peut que le seigneur soit requis de faire la guerre pour lo compte de son suzerain. Retenons ce mot, il nous met en présence d'un des traits les plus originaux du .système.

Règle générale (nous verrons les exceptions tout à l'heure; le seigneur a un suzerain; cela signifie qu'il existe un second seigneur dit suzerain, qui est d'une ceruine manière au-dessus du premier, envers qui le premier, appelé vassal dans la langue du temps, est tenu à remplir certaines obligations.

Le vassal est tenu d'abord, nous venons de le dire, à faire la guerre pour son suzerain, et à ses côtés, quand celui-ci le requiert. Secondement, il est tenu de se rendre au ch&teau du suzerain pour garnir ta cour, c'est-à-dire pour y faire l'ofâce de juge conjointement avec les autres seigneurs qui dépendent du même suzerain. Ce tribunal do seigneurs subordonnés, sous la présidence du suzerain, Juge spécialement les disputes et les procès qu'ont entre eux les seigneurs.

Il est tenu à Yhommaoe, Cela signifie que lorsque le vassal, à la mort ae son père, entre en possession de la seigneurie, il doit se rendre encore au château du suzerain, et reconnaître son infériorité, sa vassalité, suivant un cérémonial déterminé. A cette occasion, le vassal paie au suzerain nn droit de mutation appelé lo relief ou l'acapt, selon les pays ; c'est un impôt dont la valeur égale les revenus prodoits dans une année par la seigneurie vassale. Quand le suzerain vient à mourir, l'hommage est réitéré par le vassal entre les mains du nouveau suzerain.

Ces devoirs du côié du vassal, ces droits do côté du suzerain, ne crevons pas qu'ils fussent attachés à la personne ae l'un et de l'autre. C'étaient aux seigneuries et aux domaines matériels qu'ils adhéraient. La hiérarchie était entre les terres, non entre les personnes; ou, si l'on veut, elle n'était entre les personnes qu'en raison de ce aue ces personnes détenaient les terres. Le vassal n a qu'à délaisser la terre sujette, le fief vassal ou servant, il ne doit plus rien ; il est tout à fait libre de sa personne à l'égard du fief suzerain ou dominant ; tandis, que d'autre part, le fief suzerain continue à réclamer du fief servant, entre les mains du nouveau possesseur, les services accoutumés. La vassalité, la suzeraineté sont choses si peu personnelles, si terriennes, qu'on voit souvent un seigneur être vassal pour une terre et suzerain pour une autre terre à l'égard d'un second et même seigneur.

Ce n'est pas tout : voici un suzerain ; il se peut, et cela même se présente généralement, que ce suzerain soit vassal d'un autre suzerain et rien a'em pêche que ce dernier ne dépende d'un quatrième encore plus haut placé 1 Le cas le plus commun, c'est que la seigneurie tout à fait infé- ."ieure^ élémentaire, si l'on peut dire, a par dessus 3lle deux suzerains, l'un immédiat, l'autre médiat. Ainsi toute seigneurie était comme un anneau, I

haut ou bas placé, dans nne chaîne. Toutes ce» chaînes se termhiaient dans un petit oombfre de mains vraiment suzeraines, en ce sens aa*elles étaient pleinement indépendantes : le duc de Bretagne, le duc de Normandie, le comte de TooIoum, le duc d'Aquitaine et le roi de France. Enocnre les premiers éuient-ils censés être avec ce dernier dans un certain rapport de vassalité; mais il n'y avait pas de leur part dépendance réelle et effective, au moins au beau temps de la féodalité, au zii* siècle; la suzeraineté générale du roi sur toute la France n'était alors qu'une sorte d'Idéal Juridique.

Examinons d'un peu plus près le seigneur chez lui. Nous avons déjà vu que c'est un guerrier, une sorte de capitaine. En même temps il est Juge, tant au civil qu au criminel. Si de bonne heure le seigneur se fait remplacer généralement à son tribunal par un magistrat dont il dispose, c'est toujours au nom du seigneur que ce magistrat rend la justice, qu'il décide entre deux parties, qull condamne un voleur à la potence ; et les amendes, les confiscations qu'il décerne, sont pour le seigneur.

Le seigneur légifère, soit seul, soit avee des conseillers qu'il choisit comme il veut; la coutume, c'est ainsi que s'appelle alors la loi, le seigneur la recueille souvent de la bouche du public, mais parfois aussi il la modifie, il la crée. Le seigneur administre, il ouvre des routes, réglemente Je commerce, régente Tindustrie, surveille ragricolture. Le seigneur lève des impôts, c'est là un office qu'A ne néglige pas ; et comme il est l'Etat» c'est à lui qu'il applique le produit de l'impôt.

Enfin^ et ceci est un des points les plus singuliers du régime, ce petit Eut est, aux mains du seigneur qui le gouverne, un domaine au moins autant quun Etat; le caractère de propriétain; vient s'ajouter assez bizarrement dans la personne du seigneur au caractère de gouvernant; et ce dernier n'est pas selui des deux qui y prédomine.

Imaginez que la s^gneurie est divisée en deux parties soumises à un régime différent. L'une d'elles, la moindre, qui comprend le château et s'étend autour de lui plus ou moins loin, n'a de fruits, de récoltes que pour le seigneur; c'est le domaine direct dont le seigneur a la propriété intégrale, et que pourtantil fait cultiver d'une façon assez singulière, car les habitants de la seigneurie sont tenus de le travailler pour rien, de donner à cette besogne tant de Journées chaque semaine ; ces presutions s'appellent les corvées. L'antre part de la seigneurie est aux mains des habitants sous des conditions assez diverses. Il y a des hommes libres qui ne doivent pour leur tenure que le cens, qui est probablement l'ancien impôt jadis établi par le gouvernement romain, dont le gouvernement féodal a hérité. D'autres paient le cens et la renie, comme si leur tenure avait été détachée du domaine direct, et donnée à ferme perpétuelle, car la rente est une sorte de prix de fermage. D'autres, à qui on donne le nom de serfs, paient annuellement un impôt assez fort, d'un chifi're déterminé, tandis que d'autres, encore plus malheureux, sont taxés à la volonté du seigneur, en même temps qu'ils ne sont libres ni quant au mariage, ni quant à la disposition de leurs biens. Tous enfin, hommes libres et serfs, paient un impôt appelé la taille, en quatre ou cinq occurrences déterminées (guerre ~ mariage de la fille du seigneur — quand le fils aîné du seigneur est armé chevalier — quand le seigneur est prisonnier -^ ou qu'il part pour la croisade). Tous paient encore des impôts indirects, péages et tonlieux, pour la circulation et U vente des marchandises.

Ce régime si étrange pour un Français da XIX* siècle, et d'autant plus étrange qu'on y réilc-

FÉODALITÉ

FER

chit daTantage, quelles causes Tont pa produire? comment s^estpU formé? CouTenons que 1 obscurité règne encore sur les origines de toutes ses parties, plus épaisse seulement sur quelques-unes d*entre elles. On s*eiplique asseï bien Téyolution qui a priTé le gou?èmement central de ses pouTOirs au bénéfice d'une multitude de seigneurs. Ces partages du pays qui se faisaient à chaque mort du sourerain entre ses enfants, sous les GarloTingiens, et les guerres continuelles suites de ces partages entre les princes, mais par dessus tout les incursions réitérées, multipliées de tous côtés des pirates normands, finirent, en rendant les communications périlleuses et parunt très rares, par rompre, Eour ainsi dire, les liens qui rattachaient ensemle les diverses parties du pays. Les gooYemeurs de provinces, de cantons, ces fonctionnaires qa*on appelait alors ducs, marquis, comtes, vicomtes, en profitèrent pour se rendre peu à peu indépendants. Leur grand moyen pour cette fin, ce fut d'obtenir que leurs enfants leur succédassent dans leurs fonctions, ce qui leur fut accordé souvent en fait avant de Tètre en droit par le capitulaire de Qoierzy en 877 (sous Charles le Chauve). Ainsi ce qui avait été une mission publique devint une propriété privée. Dans le même temps et par les mêmes causes, Thérédité s'éublissait dans un autre ordre fort important de relations. Les rois barbares, tant Mérovingiens que Carlovingiens, qui d'abord possédaient en France, dans tous les cantons, ces immenses étendues de terre qui avalent appartenu au fisc, c'est-à-dire à l'Etat, sons les Romains, s'en étaient pou à peu dépouillés, donnant tantôt à l'un, tantôt à l'autre un domaine plus ou moins grand, à charge de service militaire et de services spéciaux à lour cour. Ces dons de terre s'appelaient des bénéfices. Ils furent d'abord temporaires, révocables, tout au plus viagers; mais enfin, comme les fonctions publiques, ils devinrent héréditaires. Ainsi l'Etat perdit la disposition des fonctions publiques et celle des terres qui avaient été publiques. Avant ces pertes, il en avait fait une autre plus considérable peut-être et qui pourrait bien avoir fait plus que toute autre cause pour le mener à sa ruine : il avait perdu à peu près entièrement la jouissance des impôts.

Dès oue les rois barbares furent convertis au catholicisme, ils commencèrent à doter l'Eglise, surtout en fonds de terre, exemple d'abord suivi par les grands propriétaires barbares. Non seulement les rois donnèrent à TEglise des biens considérables, mais ils leur accordèrent dans ces biens une situation exceptionnelle qu'on appellait Vimmunité. Au fond c'est la pleine indépendance à l'égard de TEtat. L'évèque, l'abbé, immttneSt sont rois chez eux ; ils Jugent les habitants de leurs terres ; ils lèvent sur eux l'impôt et se l'appliquent ; ils administrent; aucun officier royal ne doit, sous aucun prétexte de service public, s'immiscer dans leurs affaires. Qu'est-ce que cela, sinon le type de gouvernement qui tout à l'heure avec la féodalité prévaudra partout? N'est-il pas visible que voilà posé devant les yeux des grands propriétaires laiques et des grands fonctionnaires le modèle d'indépendance qu'ils s'efforceront tous d'atteindre I Et non seulement l'immunité de l'Eglise a dû être un exemple hautement contagieux et influent, mais un autre effet considérable est certainement sorti de là. Les populations voyaient dans les évêques, les abbés, à cette époque, plus de douceur, de raison, d'honnêteté que dans les princes et les grands laiques ; dépendre des premiers pour le gouvernement et pour l'impôt dut être le rêve de tous; comment le réaliser ? en se donnant soi etses terres, au moins en apparence, à l'Eglise. Celle-ci trouvait son compte à accepter, à recevoir ces biens, ces domaines en propriété nominale, et à les associer par là à son immunité, puisqu'à défaut de la

propriété réelle et plénière, elle en avait au moins la souveraineté et qu'elle en retirait l'impôt.

En voilà assex pour s'expliquer la ruine du pouvoir central, de l'Etat proprement dit. Les autres aspects, secondaires par rapport à celui-ci, du régime féodal, tels que la subordination des flefs entre eux, et les relations des seigneurs avec leurs sujets, sont loin de pouvoir être encore rapportés à leurs causes certaines, qui peut-être remontent beaucoup plus loin qu'on ne le croit, ayant leurs dernières racines dans le régime antique du clan gaulois, ou do la communauté de village en Germanie. D'ailleurs les limites de cet article nous interdisent de nous engager dans ces recherches laborieuses.

[Paul Lacorobe.]

FER. — (Etym. : du latin ferrum; en grec, le fer 8 appelle sidérus), — Connaisoauces usuelles»

1. Eztraotioo, préparation ot usages industriels du fer. — Le fer est un métal généralement d'un gris foncé ou bleu, se rapprochant de la couleur de l'argent quand il est pur. Son poids spéciilque est en moyenne 7,7, c'est-à-dire que le décimètre cube de ce corps pèse 7^,7. Il s'oxyde facilement à l'air sous l'influence de l'humidité, et donne la rouille. On le garantit contre cette action destruc> tive en le galvanisant, c'est-à-dire en le recouvrant d'une couche de zinc qui ne s'oxyde pas à l'air à la température ordinaire. C*est un des métaux ma* gnétiqnes, c'est-à-dire attirés par l'aimant et susceptibles de devenir eux-mêmes des aimants ; nous reviendrons plus loin sur cette propriété.

En dehors de ces propriétés physiques et chimiques, le fer en possède beaucoup d'autres qui,, au point de vue industriel et pratique, le mettent au premier rang parmi les métaux.

A ce point de vue les qualités du fer sont : 1* Sa dureté, qui varie avec la quantité plus ou moins grande de carbone qu'il contient et le procédé employé pour sa préparation. Cette dureté diminue quand on le chauffe. Il est fusible, mais avant da fondre il devient assez mou pour prendre sous le marteau toutes les formes et être percé facilement; il peut même, au rouge blanc, se souder à luimême sans laisser trace de cette soudure ; — 2« Sa malléabilité, c'est-à-dire la propriété qu'il possède de pouvoir être réduit en feuilles plus ou moins minces, depuis la tôle avec laquelle on forme les tuyaux de poêle, Jusqu'aux plaques plus épaisses employées dans la fabrication des chaudières pour les machines à vapeur, ou celles plus épaisses encore qui servent à blinder les vaisseaux cuirassés ; — 3* Sa fusibilité quand il est à l'éUt de fonte, qui permet de le couler dans les moules pour la fabrication des ustensiles de toute sorte, des statues, des colonnes si utiles dans la construction; — 4* Sa ductilité, propriété de pouvoir être réduit en fils plus ou moins fins (art de la tréfllerie); — 5» Enfin sa ténacité, propriété, quand il est réduit en fils, de pouvoir supporter des poids assez considérables sans se rompre.

Le fer se trouve en grande quantité dans le soL à l'état de combinaison, principalement uni à- Toxygène, au carbone, au soufre.

On appelle fer natif celui qu'on rencontre eu grains isolés dans les pierres qui tombent de l'atmosphère. Ces chutes de pierres sont assez fréquentes; en France, la première qui ait été ofAciellement constatée est celle de la pierre dite da l'Aigle (26 avril 1803). Le fer s'v trouve allié à deux autres métaux, le nickel et le chrome.

On rencontre aussi, presque à la surface du sol et sur des terrains de toute nature, même sur la terre végétale, dos blocs de fer, dit fer erratique. Ces dépôts, d'après leur situation, doivent provenir aussi de l'atmosphère; d'ailleurs plusieurs chutes de ter erratique ont pu être observées près d'Agram en Croatie (16 mai 1751), à Lahore en In-

FER

FER

doustan (3G mai 16}1). Le plus célèbre de ces gisemenU a été découyert à Jéniséisk en Sibérie : ee bloc de fer erratique, connu sous le nom de fer de Pallas, pesait 700 kilogrammes. (Il a été trouvé par Pallas, célèbre naturaliste et voyageur, né à Berlin en 1741, mort en 1811.) On en connaît maintenant plusieurs autres: à Oljrmpa, près Saint* lago, un bloc pesant 14 000 kilogrammes; un autre de 19 000 kilogrammes près de Durango, au Meiique; et enfin de plus considérables encore sur les bords du Sénégal.

Les principaux minerais de fer que Ton exploite sont d'abord le fer oligUte^ sesquiox^de de fer, gris à rétat cristallisé, rouge plus ou moins foncé mns les autres états. Il constitue des dépôts souvent cimsidérables, quelquefois même des montagnes entières comme en Laponie, dans le Brésil et sur quelques points de la Bretagne. C'est un minerai très important, donnant des fers très purs; il en existe des mines à Tlle d'Elbe, ainsi que dans FArdèche et dans les Vosges. Quelques variétés terreuses sont employées dans la fabrication des couleurs communes, le rouge de Prusse, Tocre rouge ; les plus argileuses form<»it la sanguine et les crayons rouges; enfin les variétés stalactiques qu'on nomme kénuUitet sont recherchées pour faire les brunissoirs qui servent à polir Tor et l'argent. Ce minerai donne environ 69 p. 100 de Ifer.

Un second minerai, également un sesqnioxyde de fer, est désigné sous le nom de limonite, fer hydraté, ou mine de fer en grains. Cest une substance brune on Jaune, donnant par calcinatlon de Tean et un résidu d'oxyde rouge. La limonite se trouve dans les terrains de sédiment, puis dans les tavitéset les fentes du terrain lurassiquej aussi ce rainerai alimente-t-il les usines de Normandie, du Berry, 4e la Bourgogne, de la Lorraine et de la Franche- CiHnté. Il donne environ 55 p. 100 de fer; les variétés terreuses mélangées à l'argile et à l'alumiiiium forment Tocre jaune.

Le troisième minerai à l'état d'oxyde est Yaiffumit «n fer oxydé magnétique. Il est formé de peroxyde de fer, combiné avec du protoxyde. Il contient jusqu'à 72 p. 100 de métal : c'est par conséquent le minerai le plus riche. L^aimant appartient entièrement aux terrains de crisUllisation ; il est quelquefois disséminé en cristaux dans diverses roches^ d'autres fols il se présente sous forme de montagnes entières. C'est particulièrement en Norvège et en Suède que ee minerai est abondant 11 donne le fer le nlus pur; c'est le seul qui fournisse le bon acier rendu.

Le seul minerai important pour la fabrication du fer, en dehors des oxvdes, est le carbonate de fér. Il est connu en minéralogie sous le nom de fer carbonate, fer apathique, mine d'acier. Il se présente dans les gisements sous forme de rognons, en dépôts mamelonnés, et aussi sous la forme de tiges de plantes ; enfin en masses lamellaires, et quelquefois sous la même forme que dans la limonite en grains. En France, on exploite des mines de cette espèce en Dauphiné et dans les Pyrénées. Les variétés compactes et terreuses de ce minerai, qu'offrent les terrains houillers, se trouvent surtout en Angleterre. Leur exploiution est facilitée par le voisinage des mines de houille. En France on les exploite aussi aux environs de Saint-Etienne et dans lAveyrori.

En Angleterre, le minerai, essentiellement du fer carbonate, est grillé. Sa teneur est de 40 p. 100, son prix de revient varie entre l',50 et 2',50 les 100^

En France, le minerai est lavé ; sa teneur est en moyenne de 36 p. loo, son prix de revient, charrois compris, est de i',32 les 100*.

Nous donnerons brièvement une idée du traitement qu'on fait subir au minerai pour obtenir le

fer sous les différents éuts où il est livré k l'nidu»> trie.

Il existe deux méthodes principales, la méthode catalane et la méthode du haut-fourneau.

Dans la première» on extrait directement le fer du minerai; elle ne peut être appliquée avanugeusement qu'k certains minorais très riches et d'une nature particulière. La transformation s'opère dans des fourneaux qui n'ont pas une grande hauteur; on y mélange du charbon de bois et du minerai; un rif courant d'air, lancé par des tuyères, active d'abord la combustion ; puis, pendant les diverses phases de l'opération, il est réglé de manière à modifier . U nature du fer obtenu d'après la nature da fbu et la Quantité de carbone laissé en combinaison avec le fer.

Les fers- fabriqués par cette méthode sont connus dans le commerce sous les noms de fer ordinaire, fer fort, et racler naturel ou fer cédât.

Voici le prix de revient de 100* de fer forgé dan« une usine de l'Ariège pour 1,000 feux faits pendaat l'année :

310* de minerai..,. 6^,20

302* de charbon U ,76

Main-d*fl9uvre et frais généraux. . 9 ,67

WM

La seconde méthode, dite des hauts foomeaux, tire son nom de la forme et des dimensions des fourneaux employés ; elle consiste dans la traDâi<^ mation. du minerai en fonte, puis dans l'affinage ou le puddlage de la fonte, c'est4i-dlre la fabficatk(»i du fer ou de l'acier.

On mélange le minerai (oxyde de fer) avec da charbon et un fondant qu'on appelle castine s'il est de nature calcaire, et erbue s il est de nature argileuse. Un courant d'air puissant, lancé par uns tuyère qui est alimentée par une machine soufflante, traverse le mélange, active la combustion, et aide aux combinaisons. Le principe général consiste à désoxygéner le fer par l'action da carbone, de iaouelle résultent de Tacide carbonique et de l'oxyde ae carbone qui se transforme lui-même en acide carbonique. Les couches successives ayant ainsi des températures différentes, une partie du carbone s'unit au fer et f(tfme le carbure de fer, appelé fonte.

Les produits obtenus dans les fourneaux sont la fonte et les iaitiers, résidus provenant des matières contenues dans le minorai et le fondant. Quand l'opération est bien conduite, les laitiers contiennent une quantité insignifiante de fer; oo les utilise quelquefois pour la fabrication de briques communes.

On allume d'abord du charbon dans le fourneau;

Suis, lorsqu'il est suffisamment q^ud, on introuit par la partie supérieure et par couches, ou préalablement mélangés, le minemi, le fondant et du charbon. On emploie soit du charbon de bois, soit du coke, soit enfin de la houille sèche; on semble renoncer au bois vert ou desséché dont oo avait d'abord préconisé l'usage.

Quand le laitier arrive à la partie inférieure appelée crtusetf on le fait couler par une ouverture pratiquée au-dessus d'une plaque de fonte appelée dame. Quand il est retiré et l'ouverture fermée, la fonte remplit le creuset; on pratique des ouvertures sur les coins pour la Idsser couler et former des sortes de linsots appelés gtteuses, quand la fonte doit servir à raffinage. Dans le cas où la fonte est employée à la construction de divers ustensiles, vases, chenets, griUes, etc., les ouvriers puisent la fonte à l'aide de poches et de cuillères spéciales, et la portent dans les moules

Les fontes contiennent de 2 à S p. 100 de carbone, c'est-à-dire que dans 100 kil. de foute^ileatre 08 ou 95 kil. de fer et 2 ou 5 kil. de carbone. Oo

FER

FER

distingae deux espèces de fonte, la fonte grise et la fonte blanche ; p«r leur mélange on obtient les tontes intermédiaires. Si la fonte a été refroidie brusonement, elle est blanche : c'est la fonte trempée. Si, au contrairei elle est refroidie lentement^ elle donne la fonte grise on fonte recuite.

Le prix de revient de la fonte en France est donné dans le tableau suivant :

Minerai, 300* 3',97

Castlne,80* 0,16

Charbon, 110» 7,70

Main-d*œuTre et frais généraux. . . . 3,17

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