FERDINAND
FERMENTATION
Dégoder la paix de Westphalie, qui termina la guerre de Trente ans (1648). Par les modifications Que ce traité amena dans la situation intérieure de 1 Allemagne, l'autorité impériale fat presque entièrement annulée. Ferdinand III mourut en 1667, laissant la couronne à son fils Léopoid **
2* Autriche.
Ferdinand!, — Histoire ffénérale, XXVI et XXVII, — second empereur d'Autriche, succéda en 1835 à son père François I** *. Son règne fut paisible Jusqu'en 1846; mais cette année-là éclata rinsurrection de Galicie, qui fut Toccasion de sanglants massacres, et à la suite de laauelle la République de Cracovie fut annexée à l'Autriche. En 1847, l'Italie, où l'Autriche possédait le royaume lombard- vénitien, commença à s'agiter ; enfin en 1848 éclatèrent coup sur coup les Insurrections de Vienne, de Milan, de Venise, de Cracovie. Ferdinand se réfugia à Innsbhick, après avoir promis la convocation d'une Assemblée constituante. Cette assemblée se réunit à Vienne en Juillet, et Ferdinand revint alors dans sa capitale. Mais une nouvelle insurrection éclata quand l'empereur voplut faire la guerre aux Hongrois. Ferdinand abandonna de nouveau Vienne (octobre), qu'il fit bombarder par Windischgraetz Peu après, il abdiqua en faveur de son neveu François-Joseph (2 décembre 1848), empereur régnant.
3* Espagne.
Ferdinand V le Catholique. — Histoire générale, XXI et XXIX. — Né en 145?, fils de Jean H, roi d'Aragon et de Sicile, ce prince épousa en 1469 Isabelle, héritière de Castille. Isabelle devint reine de Castille en 1474, mais les Castillans ne permirent pas à son époux de prendre le titre de roi. En 1479, Ferdinand hérita des Etats de son père ; puis, avec les forces réunies de l' Aragon et de la Castille, il chassa les Maures de Grenade (1492). En 1504, il enleva Naples aux Français. Ainsi fut fondée la puissance espagnole. A la mort d'Isabelle (1504), l'union de la Castille et de l'Aragon fut rompue un moment, Philippe d'Autriche, gendre d'Isabelle et époux de Jeanne la Folle, ayant été proclamé roi do Castille. Mais ce prince mourut en 1506, et la couronne de Castille passa alors sur la tète de Ferdinand, qui s'appela désormais Ferdinand V. En 1512, il conquit la Navarre espagnole. A sa mort (1516), il légua à son petitfils Charles toutes ses couronnes, accrues encore des possessions américaines qu'avait données à VEspa^ne le eénie de Christophe Colomb.
Ferdinand le Catholique établit dans ses Etats l'inquisition, consolida le despotisme royal, et par sa politique habile, mais peu scrupuleuse, fit de l'Espaene une grande puissance. <« C'est à lui que nous devons tout », disait de lui Philippe II.
Ferdinand VI, — Histoire générale, XXV et XXIX, — fils et successeur de Philippe V *, do la maison de Bourbon, régna de 1746 à 1759. Il eut pour ministre le marquis de la Eiisenada, qui fit d'utiles réformes dans l'administration et encouragea l'industrie et le commerce. Il mourut sans enfants, laissant le trône à son frère Charles III *.
Ferdinand vn, — Histoire générale, XXVI et XXIX, — fils et successeur de Charles IV*, devint roi en 1808 par l'abdication de son père, qu'avait amenée un soulèvement populaire. Mais Napoléon l'ayant attiré, ainsi que son père^ à une entrevue à Bayonne, le retint prisonnier, et donna la couronne d'Espagne à Joseph Bonaparte. Les Espagnols se soulevèrent; les Certes, réunies à Cadix, ne voulurent pas reconnaître d'autre roi que Ferdinand VU, et rédigèrent une constitution libérale, qui fut promulguée en 1812. Après avoir vainement cherche à soumettre l'Espagne, Napoléon fut forcé par SCS revers à rendre la liberté à Ferdinand VII,
qui rentra à Madrid en 1814. Aussitôt qmH M rétabli sur le trône« ce prince abolit la constkDtisn de 1812, qu*il avait Juré de maintenir, rétaUH l'inquisition, et persécuta cmellement les libéraux. Les colonies d'Amérique s'étaient révoltées : il ne put les remettre sous son obéissance. Bientôt me insurrection libérale éclata en Espagne mftme (182(0, et Ferdinand, feignant de céder, prèu de nouveau serment à la constitution de 1812 ; miis ayant obtenu contre ses sujets l'appui de la Satote- Aliiance, il put, grftce aux troupes qae loi envc^ le gouvernement de Louis XVIII, écraser le parti libéral et reprendre le pouvoir absolu (1828). Eb 1830, il about la loi salique, que les Boerboas ^valent introduite en Espagne, assurant par là n succession à sa fille Isabelle, née la même année. Don Carlos, frère du roi, protesta, et ses partisans prirent les armes : ainsi commença la longue série des soulèvements ceurlittes. Ferdinand VU mourut en 1833, laissant la régence à sa veuve Marie- Christine.
FERMAGE. » V. Exploitation (Systèmes d*).
FERMENTATION, FERMENT. — Chimie, XXIH — Il n'y a pas- dans la langue scientifique de mots ayant acquis une plus grande importance que les mots f&tnentation et ferment^ aussi bien à cause du grand nombre de phénomènes divers enxqu^ ils s'appliquent aujourd'hui, que parce que les travaux çiui ont été faits à notre époque sur ce sujet. Principalement ceux de M. Pasteur, en ratlacbeot interprétation à une des questions capitales de la philosophie naturelle : la question de roiigiBe de la rie, qu'on appelle encore quelquefois la question des générations spontanées.
Historique. — Il est très probable que la fermentation de la bière, du lus do raisin, de pommes, etc., étaient connus dès la plus haute antiquité, au delà même des temps historiques. As moyen âge, les mots fermentation et ferment sont souvent employés. Arnaud de ViUeoenve dit
âue Tàme est un ferment, a qu'elle vivifie le corps e l'homme, ainsi que le ferment anime le corps mort et altéré par la nature ». Ainsi, au commencement du XIV» siècle, la décomposition putride d'un cadavre était appelée une fennentation.
Au XVI* siècle. Van Helmont, célèbre alchimiste, reconnaît que le gas de la combustion (acide carbonique) est le même que celui de U. fermentation, qu'il définit : « la mère de la transmutation, divisant les corps en atomes excessivement petits. » 11 affirme en outre que la fermentation a besois de l'air : a Une grappe de raisin non endommagée se conserve et se dessèche ; mais une fois que l'épiderme est déchiré, le raisin ne se conserve plus, se mettant à fermenter : c'est là le commencement de sa métamorphose Le moût de via,
le suc des pommes, des baies, du miel, etc., éprouvent, sous l influence du ferment, comme un mouvement d*ébullition, dû au dégagement de ce gax. Ce gaz, étant comprimé avec beaucoup de force dans les tonneaux, rend les vins pétillants ei mousseux. » A côté de ces observations exactes, on trouve des affirmations qui touchent au grotesque. « L'eau de fontaine la plus pure, dit Van Helmont, mise dans un vase imprégné de l'odeor d'un ferntentt se moisit et engendre des vers. Les odeurs qui s'élèvent du fond des marais produisent des grenouilles, des limaces, des sangsues, des herbes... Creuses un trou dans une brique, mettez-y de l'herbe de basilic pilée, appliquez une seconde brique sur U première, de façon que le trou soit parfaitement couvert, exposez les deoi briques au soleil, et, au bout de quelques Jonn, l'odeur de basilic, agissant comme ferment, chutgéra l'herbe en véritables scorpions. » Ce qu'il j a de plus curieux, c'est oue Van Helmont aifinne l'avoir vu. Continuons à le citer : « Si Ton comprime une chemise sale dans l'orifice d'un vaisseao
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^n tenant des gnins de froment, le ferment sorti ^ l«i. chemise sale, modifié par Todeur du grain, onrfte lieu h la transmutation du froment en sou- ^A ai près vingt et un Jours environ. »
A.insi, au xvi* siècle, les mots ferment et fermentât zt^n représentent quelques observations exactes, QAls aussi des idées vagues et quelquefois extra- '^S&ntes. Néanmoins il semble que l'alchimiste ^aLche dans ces énormités le senUment qu'il y a ^«Jis les fermentations et dans les ferments qvLellue chose d'inconnu, de profondément caché, mais lont; la découverte expliquerait bien des choses. Jk. la fin du XVII* siècle, la découverte du microscope vint révéler aux savants, dans certaines eaux, BUT la . terre, et principalement dans l'air, l'existexftcse d'un monde vivant nouveau, celui des infiniment petits. Cette pande découverte, aidée des progrès de la chimie et de l'habileté des expérimentateurs modernes, a aujourd'hui en grande pax-tie déchiré le voile épais qui a recouvert, Jus- -qu^au milieu de ce siècle, les phénomènes si nombreux, si variés, que l'on désigne sous le nom de /iermentatUm.
Nous allons résumer ici, le plus succinctement •et le plus clairement possible, les faits principaux sur lesquels la lumière a été portée depuis vingt <ans; mais auparavant, c'est un devoir pour nous -de dire que les travaux qui qiit presque exclusivement contribué à faire connaître ces phénomènes si obscurs, si importants à tous les points de vue, sont dus à un Français, M. Pasteur. De l'aveu des savants étrangers les plus distingués, par ses expériences et par les conclusions qui en résultent, H. Pasteur s'est mis au premier rang parmi les illustrations de la science au xix* siècle.
Définition ePune fermentation^ — On appelle aujourd'hui fermentation toute transformation qui s'accomplit dans une substance organique, animale ou végétale, sous Tinfluence d'êtres vivants (animaux ou végétaux) toujours microscopiques, •qu*on appelle des ferments. H. Schfltzenber^r, professeur de chimie au Collège de France, spécifie davantage l'action des ferments en disant que : « les fermentations ne sont que des cas particuliers choisis dans l'ensemble des phénomènes chimiques dont les organismes vivants sont le siège ; elles se présentent & nous, ainsi que toutes les réactions biologiques, comme des manifestations de la force spéciale qui réside dans ces organismes, ou plutôt dans leurs éléments cellulaires. » Ailleurs le même savant définit une fermentation : une réaction chimique dans laquelle un composé organique (la mattére fermenteseible) se modifie dans un sens déterminé sous tinfluence d*un autre composé organique {le ferment) qui ne fournit rien de sa propre substance aux jiroduits de la réaction^ ceux-ci étant formés uniquement aux dépens de la matière fermenteseible.
Conditions générales des fermentations, — Pour qu'une fermentation se produise, il faut toujours la présence d'un ferment vivant, une certaine humidité, une température qui soit supérieure & 0* et inférieure, généralement du moins, à 100". La
Î présence de l'air n'est point toujours nécessaire à a fermentation, comme on l'avait cru d'abord d'après l'expérience suivante qui est due à Ga^'- Lussac: on introduit quelques grains de raisin mûr dans une éprouvette pleine de mercure et •complètement purgée d'air; on les écrase au moyen d'une baguette de verre, le jus n'éprouve aucun changement; mais dès qu'on y laisse pénétrer quelques bulles d'air, la fermentation commence, le mercure est refoulé par le gaz acide carbonique, et on trouve que le Jus transformé n'est plus sucré, mais qu'il contient de l'alcool.
Toutes les fois qu'on tuera le ferment, ou qu'on en suspendra la vie par un moven quelconque (température trop basse ou trop élevée, action des V Paatib*
substances chimiques dites antiseptiques, etc.), on empochera ou on arrêtera une fermentation. C'est là le principe général de la conservation des viandes, conserves, etc. (V. Conserves alimentaires.) Fermentation alcoolique ou vineuse. - L'expérience que nous avons rappelée ci-dessus prouve ce qu'on savait depuis longtemps, que dans la fermentation alcoolique le sucre du moût (jus de raisin, de pommes, etc.) est transformé en alcool et en acide carbonique. C'est Lavoisier qui a le premier interprété ce phénomène au point de vue chimique ; et Gay-Lussac en a donné la formule :
CisHiiOit + HO = 2C*H«0«-f- 4C0*.
sacra eau aleool aeide earbmiqoeb,
En 1856, M. Dubrunfaut fit voir que la quantité d'alcool et d'acide carbonique n'éuit pas toujours en rapport avec celle du sucre qu'on avait mis fermenter. M. Pasteur démontra depuis que, sur 100 parties de sucre, 95 seulement se convertissent en alcool et en acide carbonique, 4 parties du reste donnent de la glycérUie (V. Corps gras) et de l'acide succlnique, et la centième se porte sur la levure qui prend naissance dans la fermenution. Le phénomène est donc plus complexe que ne semblait l'exprimer l'équation chimique donnée par Gay-Lnssac.
Levure de bière. — La transformation d'un* liqueur sucrée en alcool et en acide carbonique s'accomplit sous l'action du ferment connu sous le nom de levure de bière; aussi l'étude de ce ferment a-t-il été le point de départ des travaux de M. Pasteur.
Cagniard de Latour et Scbwann ont les premiers étudié la levure de bière sans pouvoir expliquer son rôle dans la fermentation alcoolique. La levure, d'après M. Pasteur, est un organisme vivant oui consomme pour vivre de grandes quantités aoxygène; en présence du sucre elle peut se passer de l'oxygène de l'air, parce qu'elle décompose le sucre en mettant en liberté de l'oxygène qui sert à sa respiration. Il y a donc, comme le dit M. Schûtzenberger, un rapport évident entre la fermentation et le développement ou la nutrition de la levure. Des expériences remarquables font voir qu'il y a d'autres ferments que la levure capables de produire la fermentation alcoolique. Dans les fruits qui n'ont pas eu le contact de rair, dans les grains d'orge abandonnés au sein de l'eau, il s'établit une fermentation incontestable; ce serait dans ce cas, d'après Frémy, la cellule vivante ellemême, grice à son activité spéciale, qui serait le ferment. Quoi qu'il en soit du rôle de la levure, elle est constituée par un végétal microscopioue en forme de cellule plus ou moins ronde, renfermant un liquide et portant à l'intérieur de ses parois une couche mucilagineuse.
« Si l'on observe pendant plusieurs Jours, dit M. Regnault, le système de globules qui ont acquis leur développement complet, on reconnaît qu'il se forme à l'intérieur de chaque globule des granules beaucoup plus petits, dont le mouvement rapide prouve qu'ils nagent dans un liquide. Après un temps suffisant, ce liquide intérieur s'est complètement transformé en granules. »
Quand la levure a été desséchée dans le vide ou fortement refroidie, elle est sèche, dure, et ineapaUe de provoquer la fermentation ; mais si on la mouille avec de l'eau tiède, elle retrouve immédiatemment ses propriétés.
La bonne levure fraîche, comme on doit l'employer pour faire fermenter le pain, a l'aspect d'une masse demi-solide, grise, a'une odeur de bière, d'une saveur amère ; elle rougit le papior de tournesol. Une température de 100*> lui enlève ses propriétés en tuant le forment. Les acides, les alcalis et tous les agents antiseptiques (antiputrides), produisent le même effet,
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iHversfis espèces de ferments et de fermentation*. — Le nombre des phénomènes de transformation des subsunces organiques, qo'on désigne aajoard^hui soas le nom de fermentation, est immense. Toutes sont caractérisées par l'espèce du ferment
3ui leur donne naissance, ainsi que par la nature es produits qui résultent de la fermenution. Outre la fermentation alcoolique (fermenution du jus de raisin, du cidre, du poire, de la bière, etc.)« nous citerons principalement :
La fermenution lactique^ par laquelle le sucre de lait est transformé en acide lactique (acide du Uit tourné^ aigri) ; le ferment lactique est constitué par de petiu globules très couru, isolés on en masses, mais beaucoup plus petlU que les cellules de la levure de bière.
La fermenution butyrique^ qui produit l*acide but3rrique, cause de Todeur du beurre rance.
La fermenution acétique, dont le produit est le TÎnaigre ou acide acétique, qui résulte de l'oxydation de Talcool sous l'influence d*un ferment végéul appelé Myco'ierma aceti ou vulgairement « mère de Yinaigre ». Les anguillules du vmaigre constituent «n forment de nature animale qui prend souvent naissance pendant la fabrication du vinaigre d'Orléans.
La fermentation visquause^ qui donne à certains idns une consistance huileuse.
On considère aussi comme une vériuble fermenution l'action de la pepsine du suc gastrique sur les aliments qui passent dans l'estomac, ainsi que eellc de la ptyaline de la salive sur les alimenu amylacés. (V. Aliments.)
Origine des ferments. — Quand M. Pasteur eut démontré, par des expériences aussi indiscuUbles que variées, que toutes ces transformations chimiques qu'on regardait comme sponunées éuicnt l'œuvre des fermenU, et qu'il ne se produisait Jamais d'altération au sein d'une liqueur organique quelconque,, pourvu qu'elle fOit pure de tout ferment, it fut amené à conclure que les fermenU se trouvent, quelques-uns du moins,répandus àprofusion sur la terre et principalement dans l'atmosphère. Us y sont charries dans toutes les directions, semés partout, vivent et se développent quand, par halard, ils tombent sur une subsUnce qui leur convient. Cette explication générale des fermenutions est h peu près universellement admise aujourd'hui, sous le nom de panspermie^ grâce aux travaux de H. Pastcarj, et en opposition avec la théorie dite des gmérations spontanées, qui supposait que les fermenu prenaient spontanément naissance au sein des subsunces en fermenution où on les rencontre. Quelle que soit la vérité absolue sur l'origine de la vie à la surface de la terre, on ne peut guère contester, après les expériences de M. Pasteur, que toutes les fois ^ne nous voyons apparaître des êtres vivants au sem des matières organi.,ues en décomposition, ils proviennent d'œufs. d'ovules, de germes qui 8*y sont déposés antérieurement. Non seulement la panspcrmie explique tous les phénomènes de ce genre, mais grâce à elle, M. Pasteur a pu prévoir qu'il éuit possiblo d'empôcher cerutnes transformations nuisibles que subissent les vins, en considérant celles-ci comme des fermenutions dont il fallait tuer le ferment; et il a complètement réussi dans cette voie Ainsi beaui'oup de vins facilement altérables se conservent lors^iu'ils ont été portés à 60 , parce que cette température a rendu le ferment inactif.
L'idée de M. Pasteur, sans être admise dans toutes tes conséquences qu'il on tire, a pris un rùle prépondérant dans l'explication des phénomènes, SI obscurs jusqu'ici, çiue présentent les maladies virulentes et épidémiques on conugieuses (V. Épidémies.)
Elles seraient dues, cela parait du moins démontré pour la plupart, à des ferments de na-
ture spéciale, propagés par l'air, par l'eau om par des objeU quelconques ayant été eo commsnication avec un animal conUminé ; et, chose sia-
fullère, mais qui a une grande importance dais explication de cerUines particularités qa^ pr^ sentent les maladies dont nous parlons, «^enains fermonu capables de se développer ches tel animal en l'empoisonnant, restent inertes et fnoffea* sifs cfaex un autre d'une espèce difTérentc. Cet maladies se propagent donc comme les pansites. Le docteur Klein a pu reconnaître dans tes germes du la variole ovine des micropbytes dé£nis qui croissent et se multiplient avec une rapidité effrayante dans les canaux et ttasns de b peau. Le célèbre médecin William Budd, dans sœ beau travail sur la fièvre typhoïde, s'exprime ainsi : « Il est humiliant de penser ^ue de teU désastres sont dus à l'action d'un organisme auprès duquel la moisissure qui pousse sur un morceaa de bois pourri est un ^tre supérieur. » M. Pasteur a déjà démontré, en s'appuyant sur des preures pérempusres, que plusieurs maladies étaient dues à la pfésence d'organismes, par exemple la maladie ites vers à soie, le choléra des poules, le cbarbeo. Il en a trouvé l'organisme producteur, il Ta coluTe pendant des jours, des mois, il l'a même fait s« re-
f produire, et a inoculé à volonté à des animaBX a maladie dont ce petit organisme éUlt le représentant et la cause.
Il n'est pas nécessaire d'ajouter qae bien des poinU restent et resteront obscurs, peut-6tre longtemps encore, dans ces questions d'une utilité pratique qui n'a d'éçale que leur importance pbiûmophique; néanmoms, il faut admettre aujourd'hui que H. Pasteur y a projeté une vive lumière, n qu il a ouvert de nouvelles voies aux investigitions de la science. [Alfred Jacquemart.]
FEUILLE. — BoUnique, VII. — (Etym. : es latin /b/tum, en grec phyllon,)
1. Définition. — On appelle feuilles ceux d» appendices de la tige qui présentent un plan (k symétrie passant par l'axe de Torgane qui les porte. On peut ajouter, comme caractère complémentaire, que dans l'angle formé par la tige et la feuille, do remarque très souvent des àowy,eons axUiâim symétriquement disposés de part et d'autre da plan médian de la feuille. Ces bourgeons axiUaÎRs se développeront ou non ultérieurement ; ils tirent leur nom de leur position dans Vaisselle et la feuille, car c'est par ce mot aisselle (en lads axiWt), que l'on désigne l'angle que la feuille fais avec la tige.
2. Extérieur da la feuille; nomendature de sas parties. — Une feuille, considérée iaoléœeot comprend : 1* une lame terminale, mince, verte, nommée limbe (en latin, limbus) ; 2* un pédoncsie grèle, généralement cylindrique, le pétiole (en lalin petiolus). Le limbe est fixé à l'extrémitc sapèrieure du pétiole ; ce dernier s'atUche à la tige par son extrémité inférieure, très souvent élargie et qu'on désig^ne alors sous lo nom de gaî^e (tnigiffal La disposition que nous venons de faire connaître a pour but de donner plus de mobilité au limbe dont la surface, perméable aux gaz, se trouve ainsi en I onUct avec un nouveau milieu qu'eMe n'a pas épuisé. Chacune des parties de la feuille peot ne pas se développer. Une feuille sans pétiole est dite Sfssile; l'absence de limbe fait désigner la feuille sous le nom depftyllode.
La I kyltodmation des feuilles se produit de deux manières, selon qu'elle s'opère sous l'influeno» d'un milieu sec, .on sous l'influence de Teau. La pbyllodination dans un milieu sec, ou plus brièTsment la phyllodination sèche, s'observe dans tous les dimaU où l'air est très sec et la lumière très intense. La lumière, en agissant directement sar la chlorophylle de la feuille, provoque une transphration dont Tintensité, dans ces climats, ne te-
FEUILLE
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rait pas en rapport avec le développement de Tappa.reil aquifère des plantes, si leurs feuilles pourvues do limbe recevaient directement Faction dta soleil. Réduites à leur pétiole, et transformées &n l;iine8 verticales, mobiles, très mincoR, à surface solide peu perméable^ les feuilles ne reçoivent lamais directement l'action des rayons solaires; Leur transpiration ne dépasse donc pas la puissance de Tappareil aquifère qui les alimente. Cette dis»position du teuillage des arbres se voit surtout en Australie; c*est elle qui donne aui forêts de ce pays cet aspect singulier si désafj^éable aux voyageurs européens. Au sein des forêts les plus épaisses* le sol est Inondé de lumière pendant tout le jour; car les feuilles suivent le mouvement du soleil, en tournant sur elles-mêmes, à mesure que cet astre se déplace* de façon à ne jamais lui présenter que leur tranclie ; le feuillage ne donne donc pas d ombre; ajoutons à cela nue la lumière frmppant directement la surface blanche cireuse du tronc de tous ces arbres, se disperse en tous sens, et éclaire jusqu'au moindre recoin. Comme exemple de végéuux à phyllodes secs, citons les Eucalyptus, les vrais acacias.
La phyllodinntion humide s'observe sur les plantes immergées dans Teau, lorsque la profondeur de ce liquide augmente et surtout lorsque son courant devient plus rapide. La feuille se présente alors sous deux aspects; ou bien réduite exclusivement au pétiole transformé en un long ruban ; ou bien composée d'un pétiole court et d'un limbe réduit à ses nervures, et figurant une touffe de filaments grêles flotunt cête à côte. La feuille la plus singulièrement modifiée par son séjour dans Teau est celle de VUuvirandra ffivi' tra/is, de Madagascar, dont les cêtes anastomosées sont séparées par des espaces vides, et forment des dessins qui l'ont fait comparer à une dentelle. Certains végétaux présentent des feuilles de formes très différentes sur le même pied ; ce phénomène, qui a quelques rapports avec la phyllodination, est connu sous le nom de polymôrphoie des feuilles.
11 y a peu à dire sur la forme du pétiole ; le plus souvent il est cylindrique, d'autres fois légèrement aplati, avec ou sans côtes saillantes; parfois aussi sa face supérieure est concave, sa face inférieure est convexe. Lorsque la base très élargie du pétiole entoure la tige, la feuille est dite engainonte (ex. les graodnétu). On appelle ligules les expansions foliacées qu'on remarque à la face su-
[térieuredu pétiole (ex. le blé) ; ces ligules reçoivent e nom de gaine, lorsqu'elles entourent la tige (ex. la biêtorte) ; il ne faut pas confondre cette gaine provenant des ligules avec la gaine formée par rélargissement du pétiole, bien que toutes deux soient désignées par le même mot. Oo appelle stipules des expansions foliacées des bords de la base du pétiole (ex. les rosacées). Les stipules peuvent être persistants ou caducs; lorsqu'ils sont persistants, ils prennent parfois l'apparence d'épines (ex. i* arbre de Judée on Gleditschi» feror, l'épine-vinette),
La famé ou limbe est étalée; ses lignes de maximum d'accroissement sont indiquées intérieurement par des filaments appelés faisceaux flbrovasculaires, dont la présence s'accuse à l'extérieur par des côtes saillantes qu'on appelle nerrures. Ces filaments ou faisceaux forment la charpente solide de la feuille ; ils sont symétriquement disposés par rapport à un plan médian qui passe par l'axe de la tige. La distribution des nervures dans les feuilles se rapporte à deux gran s types. Dans le premier, les nervures, très nombreuses, sont toutes parallèles l(*s unes aux autres; c'est à
Peine si quelque petit filet secondaire va de l'une à autre, les mettant en communication. Ce mode de distribution des nervures, qu'on appelle nervation
paraflélef a été considéré comme un des caractères importants des végétaux monocotylédonés. Des nervures peu nombreuses, abondamment ramifiées, et s*unissant fréquemment l'une à l'autre, tel est le second mode do nervation, que Ton a qualifié de nerv'tinn réticulée; ce mode de nervation est re» gardé comme plus particulièrement propre aux végétaux dicotylédones.
Dans la nen'ation réticulée, on a distingué trois principales manières d'être :
1* La nervation pennée, dans laquelle, a'une nervure médiane, partent des nervures secondaires généralement groupées par paires et à des hauteurs différentes; cette disposition, qui rappelle celle des barbes ou pennes d'une plume sur son rachiH, lui a valu le nom àapennéi
20 La nervation palmée, dans laquelle la nervure principale et les nervures secondaires, en nombre variable, sont également développées et partent toutes d'un même point, à peu près comme les doigts s'écartent de la paume de la main.
8* La nervation pédalée. Celle-ci débute comme la nervation palmée, c'est-à-dire que trois nervures, uno médiane principale et deux secondaires latérales, partent d'un même point; mais les nervures qui s'insèrent sur les deux secondaires ne se développent que d'un côté de celles-ci, du côté extérieur.
L'emploi des caractères tirés de la nervation est d'un grand secours aux paléo-botanistes, lorsque ceux-ci cherchent à déterminer les plantes fossiles conservées à l'état d'empreintes. MM. de Saporta et Grand'Euiy en France, M. Heer en Suisse, M. Consuntin Ettinghausen à Vienne, ont pu k l'aide de ces caractères reconstituer la flore des temps anciens depuis l'époque houillère jusqu'à nos jours.
Le bord du limbe est tantôt entier, d'autres fois légèrement échancré. Si les échancrures sont nombreuses et peu profondes, on les nomme dents; divisions, lorsqu elles sont plus prononcées; lobes , lorsqu'elles ont un certain volume ; les feuilles sont alors nommées : feuilles dentées, feuilles divisées, feuilles lobées, etc. Par opposition, si le bord de la feuille est continu sans aucun sinus, la feuille est dite entière et simple. Lorsque les échancrures d'un limbe sont extrêmement profondes, que ses lobes sont bien distincts les uns des autres et rappellent chacun une petite feuille, la feuille est dite composée; chacun de ses éléments constituants s'appelle une foliole.
Les découpures d'une feuille ne se produisant qu'entre ses nervures, les folioles d'une feuille composée sont disposées comme les nervures se« conaaires, selon les types : pennés, palmés, pédales ; d'où les noms de feuille composée pennée, feuille composée palmée, feuille composée pédalée. La nervation de chaque foliole rappelle celle de la feuille entière. De même le contour de la foliole peut être entier ou échancré. Si le degré de division est poussé assex loin pour que chaque foliole semble à son tour composée de folioles plus petites, la feuille est dite décomposée. On ne connaît pas la raison physiologiqae de la division des feuilles. En général, sur une même plante, les feuilles semblentd'autant plus compliquées qu'elles se sont formées à une époque plus éloignée de la germination ; toutnfois, après avoir atteint un ceruin maximum de complication, les feuilles vont se simplifiant de plus en plus à mesure qu'elles approchent des fleurs, ou du bourgeon qui termine la tige, et finalement prennent l'aspect d'écaillés très réduites qu de pièces brillamment colorées. C'est sur cette modification des feuiUef que repose la théorie do la métamorphose, dont nous parlerons à l'ariicle Fleur,
Dans quelques cas, la feuille semble manquer, parce que, réduite à une simple écaille, elle
FEUILLE
FEUILLE
tombe presque anssitôt après son apparition (ex. : ouelques echinocacius, les opuntia, etc.). Dans a'autret cas, elle se transforme en une épine caduque ou non, et sort alors d*organe de défense.
On appelle ^réfoliation ou vemation Tarrangement des feuilles dans le bourgeon. La vernation considère chaque feuille soit isolément, soit dans ses rapports avec ses voisines. Nous résumons en tableaux synoptiques les remarques qui peuvent être faites dans l'un et Tautre cas.
1 0 Vernation considérée dans chaque feuillo isolément :
Feuilles planes. . . .
en deux
Feuilles pliées ;
Feuilles roulées
transrersaleroent . .
longitudinalement.
plusieurs fois
une moitié latérale autour de
l'autre
les deux moitiés ( en dehors
roulées égale- {
ment f en dedans
sur leur c6te en manière de
crosse d'évèque
Planei, Béclinéeâ.
Condupliqu^s»
Plissées.
ConvoltUéeg, Mévolutées.
Involutéet.
Cireinéet,
3* Vernation considérée quant à la position relative des feuilles :
F^uiUes
Feuilles pliées es deux
M touchant seulement par leurs bords juxtaposés
se touchant de même, mais roployant plus ou moins leurs oords en dedans
se recottfrant plus ou moins Tune l'autre par les cétés. .
une feuille embrassant celle qui est placée Tis-à-TÎs d'elle (comme à chenal sur elle) . .
une feuille embrassant seulement la moitié de l'autre. . .
Valvairet.
Indupliquées.
Imbriquées,
Equitantes, Demi-équitantes,
La consistance de la feuille est généralement molle, charnue; elle devient coriace lorsque la plante est soumise à une transpiration chlorophyllienne intense, eu égard au développement de son appareil aquifère ; elle devient sècne lorsque la feuille se réduit à une écaille.
Le revêtement superficiel de la feuille présente de très grandes variations : ici c'est une substance cireuse (arbre à huile), là des poils simples ou mmeux ; ailleurs ce sont des glandes pémcellées ou sessiles, ailleurs encore c'est un mélange de toutes ces productions.
On désigne sous le nom d'ascidies celles des régions de la feuille où se localisent les organes glandulaires, lorsque ces régions sont creusées en capsules. Les feuilles pourvues d'ascidies sont fréquemment contractiles en tout ou en partie. Grâce à cette faculté, elles peuvent saisir les insectes qui viennent se reposer à leur surface; les captifs sont bientôt englués par une liqueur visouense émise par les glandes de l'ascidie; leur rapide décomposition au soin de cette liqueur a fait croire que les plantes pourvues d'ascidies se nourrissaient de matières animales. M. Darwin a popularisé cette idée dans sa fameuse théorie des plantes carnivores. Les plantes les plus remarquables parmi les plantes à ascidies sont les iVepanthes, les Sarraceniaf les Darlvtgtonia, les utrieulaires. On rapproche des feuilles et ascidies les feuilles des Drosera, des Dionœa^ etc.
En général, la coloration de la feuille est verte ; les villosités' de sa surface ou l'air contenu dans se» intérieur peuvent la faire paraître blanche. Des substances colorées, encore incomplètement connues, peuvent lui donner une teinte rouge, Jaune ou bleue, qui font rechercher certains Teuillages pour l'ornementation. Quelle que soit la coloration première de la feuille, vers la fin de sa vie elle devient Jaunâtre ; sa chlorophylle ou
matière colorante verte disparait, et à sa place se développe une matière grasse d'une couleur jaaae très belle. La coloration particulière de la feuille, à cette époque de sa vie, a reçu le nom de ieinre automnale. Lorsque la feuille est encore enfermée dans le bourgeon, elle est blanche, incolore ; telle est aussi la teinte des feuilles développées àl'obscurité dans une atmosphère humide. Lei unes et les autres ne prennent leur teinte verte caractéristique que sous l'influence des rayons en soleil, la chlorophylle ou matière verte A^ feuilles ne se développant que sous Taction de la lumière.
La durée de Texistence des feuilles varie beaucoup d'une plante à l'autre. On les nomme fuçaca ou caduques loraqu'elles tombent peu après leur formation (plantes grasses), annuelles lorsqu elks tombent chaque année ; cette chute a lieu en été dans les pays chauds, en hiver dans les pays froids et tempérés (magnolias, châtaigniera, etc.). Oa les nomme marcescentes loreque leur chute est déterminée par le développement des jeunes
{mousses de l^nnée suivante (chêne) ; persistantes onqu'elles vivent plusieun années (arbres veru ou conifères).
La chute des feuilles se fait de deux façons : o& bien la feuille se sépare nettement de la tî^, laissant une cicatrice comme trace de sa prés«oce (platane, etc.); ou bien la feuille se détroit sar place, demeurant adhérente à la tige Jusqu'au jour où une décortication générale de la surface de cet organe l'enlève en même temps que Técorce ^palnuera]. Loraque la feuille se détruit sur place, son tissu se désagrège sous l'action des agents atmosphériques ; ses filaments ou faisceaux deviennent libres, et produisent ainsi une filasse très employée av^ourd hul dans la fabrication de balais en crin végétal, d'étoffes grossières et de tapis; ce commerce de fibres végétales a reçu dans ces derniera temps une grande extension, depuis qu'on emploie certaines d'entre elles comme faux Gheveui. 3. Anatomio de la feuillo. — D'une manière générale, la feuille se compose, comme éléments anatomiques, d'un certain nombre de faisceaux orientés comme ceux de la tige et presque toujoun réduits à leura productions primaires. L'intervalle demeuré libre entre les faisceaux est rempli par un tissu lâche ou parenchyme; ce tissu recouvre également la surface des faisceaux. Le tout est protégé par une couche épidermique. Chaqce faisceau d'une feuille présente, de sa face supérieure à sa face inférieure : 1* du bois primaire caractérisé par des trachées ; 2* du liber primaire caractérisé par des cellules grillagées. Parfois on trouve intercalée entre le bois et le liber ooe mince couche cambiale. (Pour la significatioa des mots bois, liber, cambiwn, parenchyme, etc., V. l'article Tissus véqétaux.) Lorsque la structure de la feuille se simplifie, le nombre de ses faisceau diminue, en même temps que la quantité des éléments ligneux et libériens de chacun d*eax. Aa contraire, loraque la structure de la feuille se complique, le nombre de ses faisceaux augmente, et dans chacun d'eux la zone cambiale produit une certaine quantité ue bois secondaire et de liber secondaire : le bois secondaire sera placé entre la zone cambiale et le bois primaire ; le liber secondaire sera placé entre la zone cambiale et le liber primaire. De même, le parenchyme de la feuille ï structure compliquée se différencie en zones de structure et de rêle très différents. Yen la face supérieure de la feuille, c'est une itSunion de cellules prismatiques serrées les unes contre les autres, toutes gorgées de chlorophvlle ; c'est là que sous l'action de la lumière blanche se produisent les substances assimilables et les matières de réserve, hydrates de carbone comme ramidoo. If glucose, ou carbures d'hydrogène comme les huiles.
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Vers la face inférienre de la feuille^ le parenchTme foliaire est une réunion de cellules rameuses laissant entre elles des vides considérables, et ne se touchant Vune Tautre que par quelques points ; c'est là que se fait la circulation active des gas dans rintérieur de la plante. La zone supérieure du parencbvme foliaire a été nommée parenchyme en palissackt la zone inférieure a reçu le nom de parenchyme rameux. Entre les deux zones, on rencontre parfois une zone de cellules très allongées, en rapport intime avec les appareils aquifèro et circulatoire de la feuille, et que pour cette raison on a nommé tissu de transfusion. — Outre ces éléments, quelques feuilles présentent encore dans leur parenchyme, près de la surface épidermique et dans le Toisinage des faisceaui, des amas de fibres à parois très épaisses, qu'on appelle des fibres mécaniques. Ces derniers éléments sont aujourd'hui très recherchés, car ils fournissent à Tindustrle d'excellentes fibres textiles. Ex. : ïagave, Valfa^ etc. (Pour plus de détails sur cette structure du parenchyme foliaire, voyez l'article Tisstis végé taux.) Enfin Tépiderme des feuilles à structare compliquée peut être différent d'une face à Tautre de la feuille.
Tout ce que nous venons de dire de la structure de la feuille s'applique surtout à la structure de son limbe. La structure du pétiole, quand cet organe existe, est toujours plus simple que celle du limbe ; on y retrouve les mômes éléments ; toutefois il arrive souvent que les faisceaux y sont disposés sur une ligne circulaire, au lieu d'être étalés dans un même plan . Les faisceaux du pétiole viennent de la tige, et, d'une manière générale, on peut dire que les faisceaux de la feuille ne sont que les terminaisons supérieures des faisceaux de la tige.
— Si les faisceaux de la feuille, à leur sortie de la tige, sont tous parallèles entre eax et situés dans on même plan, ils cheminent côte à côte, se divisant peu, s'anastomosant encore moins; il en résulte pour la feuillo une apparence rubanée et une base qui embrasse largement la tige ; la feuille est engainante (graminées, ombellifères). — Si les faisceaux de Ta feuille, tout en restant parallèles entre eux, sont réunis dans un espace restrpînt, ils s'y disposent comme ils peuvent ; la feuille, toujours composée pennée, présente un long pétiole cylindrique (cycadées). — En dernier lieu, si une feuille de grande surface ne reçoit de la tige qu'un très petit nombre de faisceaux, ceux-ci, dans leur parcours, se divisent un très grand nombre de fois, s'anastomosent fréquemment et 1^ feuille appartient au type à nervation réticulée (lierre).
— Les trois exemples que nous venons de voir montrent suffisamment qu'en étudiant la distribution des faisceaux dans le pétiole, et la manière dont ils s'y ramifient, on a pu trouver d'excellents caractères pour reconnaître la feuille et même les principales formes de feuilles, parmi tous les organes d'apparence foliacée dont la signification morphologique était demeurée jusqu'alors douteuse. Nous ne pouvons montrer ici l'application détaillée de ces caractères, dont l'emploi demande des connaissances botaniques très approfondies. A titre d'exemple, nous dirons pourtant que c'est en faisant usage de cette méthode qu'il a été possible de distinguer les eladodes ou tiges aplaties, des phyliofies ou pétioles aplatis.
Pour en finir avec l'anatomie de la feuille, un mot de l'origine de cet organe et de son développement. La feuille se montre d'abord comme un mamelon cellulaire hémisphérique à la surface du point de végétation de la tige; bientôt le sommet de cet organe cesse de croître, et c'est surtout vers sa région inférieure, près de son point d'insertion sur la tige, que son accroissement semble localisé. Ce que nous venons de dire de la feuille par rapport ^ la tige n'aurait qu'à être répété de la foliole par
rapport au pétiole, pour avoir Thistoire de la formation des parties aune feuille composée.
4. Ph3rsiologia de la feuille. — Los principaux rôles que la feuille est appelée à jouer dans U vie de la plante sont : 1" le rôle d'organe d'absorption de Tair et de la lumière ; 2» le rôle d'organe de transpiration; 8* le rôle d'organe de réserve; ce dernier allant presque toujours de pair avec le rôle d'organe de dissémination ; 4* le rôle d'organe de protection et de défense; 5* le rôle d'organe de natation ; 6* le rôle d'organe préhenseur eu suspenseur. Quelques mots d'explication sur chacun de ces rôles.
I. Plusieurs faits ont montré que la feuille peut être considérée comme Vorqane d'absorption de Fair et de la lumière, l* Lorsqu'on fait passer de l'air à travers les membranes épidermiques supérieure et inférieure d'une feuille, ce passage s'efl'ectue très rapidement, et le gaz qui a traversé n'a plus la même composition après qu'avant le passage. En examhiant ensuite ces surfaces, on trouve qu'elles sont pourvues d'orifices très petits dont les bords sont garnis de glandes spéciales, de nature subéreuse ; chacun de ces petits appareils a reçu le nom de stomate; ce sont eux qui modifient la composition de l'air quand ce gaz les traverse. En opérant dans de mauvaise^ vonditions sur des membranes mourantes, on avait eU canduit à penser que l'écoulement de l'air à traver» les épidermes des feuilles se faisait plus rapidement par une membrane continue que par une membrane
{>erforée et garnie de stomates. Ce ne sont là que es résnluts d'expériences défectueuses et que contredit formellement l'observation de membranes bien vivantes. 2* La répartition des stomates à la surface des feuilles est encore une preuve indirecte du rôle de ces organes. Dans les feuilles nageantes, les stomates sont localisés à la face supérieure de la feuille ; sur les feuilles submergées, ^ respiration aquatique, les stomates font défaut, soit qu'ils ne se développent qu'incomplètement, soit qu'ils ne se développent pas du tout. 8* Oa doit à M. Garreau, de Lille, d'avoir montré que les gaz qui entrent dans la plante sont l'oxygène, l'azote ; que les gaz qui s'en échappent sont l'azote, la vapeur d'eau et l'acide carbonique, le volume d'oxygène disparu étant rigoureusement égal as volume d'acide carbonique produit. Toutes les fois qu'on fait l'expérience dans une atmosphère limitée, on n'observe aucune variation de volume. L'addition d'une petite quantité de potasse caustique qui absorbe i'acide carbonique suffit à montrer le changement subi par cette atmosphère. L'échange gazeux caractérise par une absorption d'oxygène et une émission d'acide carbonique, qui se fait à toute époque de la vie de la plante, est ce que l'on appelle la respiration végétale; elle ne difl'ère en rien de la même fonction chez les animaux. 4* Dans les plantes pourvues de chlorophvlle et soumises à l'action de la lumière blanche, le phénomène de la respiration végétale est complètement masqué par un autre phénomène de nutrition : La chlorophylle absorbe la lumière blanche, et la transforme en chaleur obscure ; cette propriété détermine la combinaison directe de l'acide carbonique et do l'eau ; il en résulte des hvdrates de carbone et des hydrogènes carbonés ; la production de ces deux sortes de substances est toujours accompagnée de la mise en liberté d'une certaine quantité d'oxyçène qui s'échappe par les stomates. A la lumière directe du soleil, lorsque celle-ci offre une intensité suffisante, les plantes vertes sembleat rejeter de l'oxygène et absorber de l'acide carbonique ; c'est à ce phénomène qu'on a quelquefois donné le nom de respiration diurne des plantes, bien qu'il diffère complètemeut do tous les phénomènes respiratoires. La distinction de ces deux phénomènes n'est possible que depuis les recber-
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cbes de M. Wiesner sur le rôle de la chlorophylle dans les plantes. Jusqu^à ce Jour, en acceptant •rosGo modo le résulut d'expériences mal dirigées, les physiologistes, à la suite de Bonnet et de Théodore de Saussure, répétaient à lenvi que les plantes vertes présentaient deui respirations : Tune nocturne, caractérisée, comme la respiration animale, par une absorption d'oxygène et une émission d'acide carbonioue ; l'autre diurne, ne commençant que lorsque la lumière solaire avait acquis une intensité suffisante, et caractérisée par une absorption d'acide carbonique et une émission d'oxygène. Cette respiratbn diurne des végétaux a été invoquée pendant longtemps comme un des caractères diflférentiels enire les végétaux et les animaux. (V. Végétai, p. 2270).
II. Le raie que les feaUlvs jouent dans la trnnspirntion des plantes n'est connu que depuis les expériences deM. Ve8que{18T6-1877). Nous n'entrerons pas ici dans tous les détails do l'expérimentation de ce savant; nous nous contenterons d'indiquer les principaux résultats de ses recherches.
1* Chez une plante donnée, la transpiration ne commence qu'à une température déterminée. La transpiration augmente à mesure que la température s'élève, et cela jusqu'à une température déterminée, qu'on peut considérer comme la limite maxima des températures les plus élevées oue puisse supporter la plante ; toute température plus élevée que cette limite maxima amène rapidement la mort do la plante, en provoquant chez elle une sorte de fièvre caractérisée par des variations brus-
2ues dans les quantités de liquide absorbées penant un môme temps.
2* La transpiration des plantes s'effectue dans une atmosphère sèche aussi bien que dan.s un milieu saturé de vapeur d'eau, et par là les phénomènes de transpiration, c'est-à-dire de perte d'eau, se distinguent complètement des simples phénomènes d'évaporation.
3" La lumière blanche agit sur la transpiration comme une élévation de la température, ce qui s'explique, puisque M. Wiesner a montré que la chlorophylle a pour rôle de transformer la lumière blanche en chaleur obscure.
*4° Un refroidissement trop intense, quoique de courte durée, engourdit la plante. Si l'on soumet alors celle-ci aux températures entre lesquelles elle transpire habituellement, elle ne fonctionne plus ; ■on activité ne se réveille qu'à une température supérieure à la température maxima qu'ell» pouvait supporter dans les conditions normales. Une fois qu'elle est rentrée en activité, sa transpiration s'accélère, bien qu'on laisse la température aller en diminuant, et ce n'est qu'au bout de quelques heures seulement que la plante reprend son état normal.
Les conséquences immédiates de ces résultats sont des plus importantes. Eljes imposent aux essais d'acclimatation cette condition stne qua non que toute tentative d'acclimatation d'une plante soit précédée de la détermination préalable des limites supérieure et inférieure de température entre lesquelles cette plante est en activité. En outre, elles révèlent chez les plantes une sensibilité beaucoup plus grande que celle qu'on leur attribue g3nérafement.
III. Lorsque la feuille doit Jouer le rôle d^organe de réserve, son parenchyme prend un développement considérable, eu égard au volume de ses faisceaux, et c'est dans les cellules ou les alvéoles du réservoir ainsi formé que s'accumulent Vamidon et l'eau (ce liquide étant toujours retenu par des substances analogues à la gomme). Lorsqu'au rôle d'oreane de réserve s'ajoute pour la leuillo le rôle aort/ane disséminateur, il se développe sur la surface de cette feuille des points de végétation accidentels ou bourgeons
adventifs; elle se détache alors facilement de t» tige, roule sur le sol, et produit une notiTfU«
Slante lorsqu'elle trouve les conditions lavonMes sa végéution {Bryopfiylfum).
L'horticulture a su tirer parti de cette propri*Hé de certaines feuilles pour multiplier rapidcmoni plusieurs végétaux rares ou très recherchés Bégonias). Cette opération s'appelle le bouturait inir feuille.
IV. Pour louer le rôle d'organe proteaear. U feuille se réauit souvent aune simple écaille dont U consistance, la coloration et le revêtement cii^nx suffisent à assurer la conservation des pvtitrs Jeunes qu'elle recouvre (écailles des bourgi^oes des arbres à feuilles annuelles). Lorsque la feuille doit Jouer un rôle actif dans la défense de la plante, ou bien elle se transforme en épine (pUoies {tasses), ou bien sa surface ou ses bords se gamis&ent d'épines (houx, épine-vinette, etc.). Plus rarement, ce mémo but est atteint par Tapparition. à la surface de la feuille, de glandes émettant des liqueurs corrosives ; et, selon les plantes, oa biêr. ces glandes très petites, séparées les unes d^ autres, sont terminées chacune par on poil trè& aigu qui se brise dans la plaie en mémo tein{a que le liquide de la glande s'y épanche {ortie ; o« bien les glandes sont réunies, et leur ensemble se cache au fond d'une coupe ou d'un entonnoir à couvercle mobile, piège tout préparé pour l'imprudent qui vient irriter la feuille [népeuthès, sarracenia). Ces plantes à pièges, et quelques sntres dont les feuilles exécutent des mouvements très étendus^ et qui sont citées comme exemples df plantes extrêmement sensibles, ne présentent en réalité que des phénomènes de tui^gescence sor lesquels nous reviendrons à l'article Vet^^ui (p. 2Î74).
V. Pour jouer le rôle <ï organe de natation, terni ou partie du parenchyme foliaire se creuse de lacunes qui s'emplissent d'air ; chaque lacune t% séparée de ses voisines par des cloisons étanch»: les plus volumineuses sont situées à la face infê Heure de l'organe; toutes ces lacunes oommoni-
2uent entre elles par des pertuis eztrômeoieot troits qui permettent pourtant à l'air de cirail?r de l'une à l'autre ; mais dès que l'eau entre dasi l'une d'elles, toutes les cloisons se gonflient et 1rs pertuis se ferment hermétiquement, empèchatt l'eau de pénétrer plus avant. Dans lo Ponted^ns, la région de la feuille qui est transformée en Gtgane de natation est la partie inférieure du pétiole ; dans VHydrocharis niorsus ranM^ c'est J< point d'insertion du pétiole sur le limbe qui es transformé en vessie natatoire; dens le h^fâ siratioteSf c'est le limbe tout entier.
VI. Pour remplir le rôle d*organe préhrnsev, certaines nervures de la feuille perdent leur parenchyme, et, ainsi réduites à l'état de filaments grêles, elles s'enroulent autour des corps voisi^ii, les enserrent de leurs spires, ou s'accolent i leur surface par des pelotes adhésives; ces orpo» préhenseurs des plantes sont désignés sous le nos de vrilles.
6. Appendioes. ^ On étend quelquefois U qualification de feuilles aux appendices membraneux de l'axe den cryptogames vasculaires. Ces organes qui sont caractérisés par l'absence de plan de symétrie, par des variations continuelles de forme, pendant toute la durée de leur vie. dilTèrent à tous égards des appendices de la tige que nous venons de faire connaître. Leur étude est trop incomplète encore pour qu'il soit utile de nous y appesantir; on les désigne maintenant soas lo nom de frondes.
Quant à la phyllotaxit, c'est-à-dire Tarrançe ment des feuilles sur la tige, nous en dir«)i quelques mots en faisant connaître la tige *.
[C.-E. Bertrand.)
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FIGUBES DE STYLE. — Littérature et style, V. — Quand rhomme se sert de la parole ou <le récriture pour communiquer aux autres sa f>en8ée, sa première préoccupation est de se faire <:om prendre.
Aussi, son style (nous entendons par ce mot la ananière soit parlée, soit écrite, dont il exprime sa pensée) doit avant tout être clair. Il faut donc apporter le plus grand soin, quand on parle ou quand on écrit et surtout quand on enseigne, à donner & son style la clarté ot toutes les qualités qui s*y rattachent, la correction du langage et la précision <les termes.
Autrement, on risque de n*ôtre pas compris, et l^on s*expose à se voir adresser ces reproches que le moraliste La Bruyère adressait au xvii* siècle à l^un de ses contemporains : a Que dites-vous? comment? Je n*y suis pas : vous plairait-il de recommencer? J'y suis encore moins; je devine enfin : vous voulez, Acis, me dire qu'il fait froid ; que ne disiez- vous : il fait froid? Vous voulez m'apprendre qu'il pleut ou qu'il neige; dites : il pleut, il neige. Vous me trouvez bon visage, et vous désirez de m* en féliciter ; dites : je vous trouve bon visage. Mais, réjpondez-vous, cela est bien uni et bien clair : et aailieurs, qui ne pourrait pas en dire autant? qu'importe, Acis? E^t-ce un si ^and mal d*ôtre entendu quand on parle, et de parler comme tout le monde ?» Le même défaut provenant du manque de clarté et de simplicité est encore spirituellement critiqué par ces vers du poète Maynard (1582-1646) :
Mon ami, chasse bien loia Celle noire rhétorique.
Tes écrits auraient besoin D'un devin qui les eiplique.
Si ton esprit Teut cacher Les belles choses qu'il pense.
Dis-moi, ^ui peut t'empécher De te servir du silence ?
Hais, si Tliomme n'a besoin que d'être clair et correct pour exprimer les idées simples qui se présentent d'elles-mêmes à son esprit, et pour être compris de ses auditeurs, il n'en est plus de même
auand il éprouve un sentiment plus vif, et quand veut agir d'une manière plus profonde sur l'esprit de ceux auxquels il s'adresse. Son style change alors de nature ; tout en restant clair et correct. Il prend une allure moins froide, plus rapide, et qui correspond mieux aux sentimenr^ secrets qu'il a dans l'âme ou qu'il veut faire pf*'tager aux autres. Alors on voit s'introduire dans la phrase des tournures plus éloquentes, plus imagées, que les grammairiens et les auteurs do traités d'éloquence ont appelées Figures de style. Ce ne sont pas, comme on l'a dit quelquefois, aes manières de parler éloignées de celles qui sont naturelles et ordinaires. Non : rien n'est plus naturel et plus ordinaire que les figures de style. Il s'en rencontre dans l'entretien le plus simple et le plus familier. Le pêcheur qui, regardant la mer, s'écrie : « Il y a vingt voiles à l'horizon », pour dire « il y a vingt bateau Xf » fait une figure de stvle, sans s*en douter, et s'exprime cependant d'une façon claire et naturelle. Il y a longtemps que Dumarsais a dit qu'il se faisait plus de figures, en un jour, à la Halle, que dans plusieurs séances de l'Académie française. Seulement, ces manières de parler sont plus vives et expriment la pensée d'une façon plus saisissante. Comment peindre d'un mot le sommeil d'un enfant harassé de fatigue ? Si vous dites : « il dort, » vous rendez le fait d'une manière froide et molle; mais vous faites une figure, sans le savoir, en disant : « il est plongé dans un profond sommeil. » Et cette figure si simple, si ordmaire, exprime plus énergiquement votre pensée.
On partage les figures de style en deux grandes «lasses : V les figures de pensées; 2o les figures
de mots. Nous nous bornerons .à indiquer ici los figures principales, sans avoir l'intention d'en dresser une nomenclature complète, et en renvoyant aux traités spéciaux de littérature, où l'on a souvent multiplié les divisions sans réel profit poor l'esprit.
I. Figures de psnsèas. — On donne le nom de figures de pensées aux figures qui tiennent à la tournure donnée à la pensée et qui subsistent indépendamment des mots que l'on emploie. Par exemple, ^apostrophe est une figure de pensée, parce que la figure subsiste toujours, que l'auteur s'écrie : « 0 Fabricius I qu'aurait pensé votre grande âme?... » ou qu'il mette d'autres mots, en conservant le mémo mouvement, et qu'il dise par exemple avec le poète Gilbert : a Salut, champs que j aimais!... >• On partage les figures de pensées en trois classes :
1* Figures (^ui tiennent à la passion, c'est-à-dire qui sont inspirées par un mouvement violent de l'âme : ce sont V interrogation ^ Vapostrophe, VexclO" motion^ Vépiphonème ou réflexion sentencieuse, l'ponte, Vhyperbole ou expression exagérée de la pensée, la litote^ qui est, au contraire, l'atténuation de la pensée.
4* Figures qui tiennent à l'imagination : la prO' sopopée, qui fait parler même les objets insensioles et les personnifie ; Vhypotyvose ou tableau qui met sous les yeux la scène qu on raconte ; la comparaison,
a« Figures qui se rapportent olutôt au raisonnement : ce sont la gradation^ où 1 expression devient de plus en plus forte, ou s'abaisse au contraire
Far degrés ; la prolepse^ qui prévient adroitcmeot objection pour la réfuter d'avance ; la prétérition, qui dit les choses en ayant l'air de vouloir les passer sous silence ; la réticence^ qui est une intesrapUon momentanée de la phrase, pour rendre l'i* dée plus forto en la faisant deviner ; Vantitftès^ qui oppose les mots aux mots, les pensées aiu
fiensées ; la périphrase, qui décrit l'objet au lieu do e nommer, ou le désigne par une ou plusieurs de ses qualités.
Quelques-uns de ces termes s'expliquent d'euxmêmes ; d'autres ont besoin d'exemples qui montrent avec précision en quoi la figure consiste et ce qui la distingue des antres figures. Aussi le passage suivant, où Harmontel s'est étudié à réunir h) plus grand nombre possible de figures de pensée, aura l'avantage d'en faire connaître les noms et l'emploi. « Essayons, dit-il, de réunir toutes les figures dans le langage d'ud homme du peuple ; supposons qu'il est en colère contre sa femme :
c Si je dis oui, elle dit non ; soir et matin, nuit et jour, elle gronde (accumulation et antithèse). Jamais, Jamais de repos avec elle [répétition). C'est une furic,un démon (hyperbole). Mais, malheureuse, dis-moi donc (apostrophe) : que t'ai-ie fait (interrogation) ? O ciel 1 quelle fut ma folie «n t'épousant (exclamation) 1 que ne me suis-Je plutôt noyé (optation ou souhait) ! Je ne te reproche, ni ce que tu me coûtes, ni la peine que Je me donne pour te suffire (prétéririon) ; mais Je t en prie. Je t'en conjure, laisse-moi travailler en paix (obsécration on prière) ; ou que je meure si... (réticence). Tremble de me pousser à bout (imprécation) ! Elle pleure ! ah I la bonne âme I Vous allez voir que c'est moi qui ai tort (ironie). Eh bien, Je suppose que cela soit. Oui, Je suis trop vif, trop sensible (concession). J'ai souhaité cent fois que tu fusses laide. J'ai maudit, détesté ces yeux perfides, cette mine trompeuse qui m'avait affolé {astéisme, ironie qui déguise le blâme sous le voile de la louange, et réciproouement). Hais dis-moi si, par la douceur, il ne vaudrait pas mieux me ramener (commu7iication)» Nos enfants, nos amis, nos voisins, tout le monde (éfiumération) nous voit faire mauvais ménage. Ili entendent tes cris, tes plaintes, les injures (accm-
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mulation) dont tu m^accables ; iU t'ont vne les yeux égarés, le visage en feu, la tète éche?elée, me
{ïoursuivre, me menacer {description); ils en parent avec frayeur. La voisine arrive, on le lui raconte ; le passant écoute et va le répéter {hypotypose). Ils croient que je suis un méchant, un bratalj que je te laisse manquer de tout, que je te bats, que je t*as6omme (gradation). Mais non, ils savent bien que je t'aime, que j'ai bon cœur, que je désire te voir tranquille et contente {correction). Va, le monde n'est pas injuste : le tort reste à celui qui l'a (épiphonème ou sentence). Hélas ! ta pauvre mère m avait tant promis que tu lui ressemblerais I Que diraitrcUo ? que dit-elle ? car elle voit tout ce qui se passe. Je crois l'entendre qui te reproche de me rendre si malheureui : c Ah ! mon pauvre gendre, dit-ello, tu méritaii un meilleur sort iprosopopée) I »
II. Figures de mots. — Par opposition aux figures de pensées, on appelle figures de mots les figures qui dépendent des mots que l'on emploie, de sorte que si les mots sont ou changés ou déplacés, la figure disparaît. On partage les figures de mots en deux classes : 1* les figures ae mots proprement dites ou figures de construction; 2' les troftes.
V Les figures de construction^ comme leur nom l'indique, dépendent de la construction de la phrase et de la disposition que l'on a donnée aux mots. Il y a figure de construction, lorsque, sans violer les lois de la grammaire, on s'écarte de la tournure rigoureusement grammaticale.
Telle est Vinversion^ dont voici un exemple emprunte à Bossuet : « Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne . >
Vellipse supprime dans la phrase des mots que l'esprit supplée facilement :
Je t'aimais inconstant, qu'aurais- je fait fidèle^ (Racine.)
La pensée est plus rapide et plus vive que si Racine avait dit : « qu'aurais-jo fait, si tu avais été fidèle?»
La sullepse fait accorder un mot avec l'idée plutôt qu avec le mot auquel il se rapporte :
Entre le pauvre et tous, vous prendrei Dieu pour juge ;
Tous soutenant, mon fils, que, caché sous ce lin,
Comme eux vous Tûtes pauTre,etco}nm«eiix orphelin. (Racine.)
Comme eux se rapporte à l'idée collective des pauvres, au lieu de s'accorder avec le mot exprimé au premier vers.
Le pldonasme a pour but d'insister sur une idée ; il ajoute ce que la grammaire rejette comme superflu, et répète plusieurH fois le même mot :
Je l'ai vu, dis-je, vu, Je mes propret yeux vu, Ce qui s'appelle vu. (Molière.)
C'est de même pour insister sur l'idée qu'on répète certaines particules conjonctives ou certains pronoms personnels. Cette figure s'appelle conjonction:
On égoree à la fois les enfants, les Tieiilards, Et la sœur et Je frère, Et la fille et la mère.
Le fiis dans les bras de son pèret (Racine.)
La figure opposée à celle-là, où l'on supprime au contraire les particules pour donner plus de rapidité h la pensée, s'appelle disjonction :
Français, Anglais, Lorrains, que la fureur rassemble, Avançaient, combattaient, frappaient, moaraienl ensemble.
(Voltaire.) 2" Les iropes sont les figures qui changent la signification des mots. On les nomme ainsi du mot pec tropé qui veut dire changement. Dans toutes les langues, il ^ a beaucoup de mots qui ont deux sens. Ils ont d abord leur sens propre ou primitif c est-à-dire, qui exprime l'objet ou l'idée pour les-
2uel8 ils ont été créés. Ils ont ensuite on se» érivé, quand on les emploie pour désigner un autre objet ou une autre idée. Ainsi le mot « berceau » signi^e au sens propre on lit d'enfantmais quand on dit « un berceau de verdure, » oq détourne le mot de son sens primitif pour rappliquer h une ceruine disposition du feuillage qoi n'« Su'une ressemblance lointaine avec un berceau 'enfant. Cette modification du sens primitif est ce que Ton appelle un trope. Voici les prindpiux tropes : . «^ r—
La métaphore est une figure par laquelle on fut passer un mot de sa signification' propre à nw autre signification, en vertu d'une compartisoa ooi se fait dans l'esprit. Toute métaphore renferme donc une comparaison, mais elle ne la déTeloppe pas, elle ne fait que l'indiquer. Quand Homèredit d'Achille ; «il s'élance comme un lion, » il fait nce comparaison; quand il dit : « ce lion s'élance, b j] fait une métaphore.
Vallégnrie est une métaphore continuée. Elle arrête resprit sur les idées et les images qui doivent saisir l'imaçinatîon ou toueher le cobut. Ainsi La Fontaine fait une allégdrie en comparant La prospérité passagère d'un courtisan à uii TO)a;« accompli sur mer par un beau temps :
Lorsque sur cette mer on Togne à pleines voiles. Qu'où croit avoir pour noi les vents et les étoUei» 11 est bien malaisé de r(>gler ses désirs : Le plus sage s'endort sur la fui des Zéphirs !
La catachrèse, ou mot contre l'usage, est nue espèce de méUphore à laquelle on est rcdaii, faute de trouver dans la langue un terme qui exprime sa pensée. C'est ainsi qu'on dit un cbe^J fen^é d'argent; une feuiile de papier; aller à cA'val sur un bâton.
La métonymie est un changement de nom. Ke consiste : 1» à prendre la cause pour l'effet, qowi on dit les travaux de Mars, pour les travaux de U guerre ; 2» à prendre l'effet pour la cause : % la forèi n'a plus d'o»i6re, » pour dire que les arbres non plus de feuilles ; 3» à mettre le contenant pour le contenu : « cette coupe est empoisonnée, » poar dire le vin contenu dans la coupe ; 4» le signe poar la chose signifiée : a quitter la robe, » pour dire renoncei'à la magistrature ; 5" à employer le ffi« abstrait pour le concret; exemple :
Que ton effronterie a aurpris ma vieUUuel (Coraeill*.)
pour dire : Tu es un effronté qui a trompé ia vieillard comme moi.
La synecdoque vient d'un mot grec qui sîznifiî comjorrfAenston. C'est une métonymie qui fait entrer dans un mot tantôt plus, tantôt moins qu'il necooporte. Elle désigne !• le genre pour l'espèce:!»
gulier pour le pluriel : Y Américain pour les Aœê ricains; 4* le nom de la matière pour la chose qui en est faite : « Vairain sacré qui retentit, » ponr désigner la cloche.
Vantonomase, ou substitution de mot, rempiafô un nom commun par un nom propre, ou un nos propre par un nom commun ; on dit un ûcàct
Pour désigner un bon orateur, ou bien l'on n»t orateur romain au lieu de nommer Cicéron.
Vantiphrase dit le contraire de la vérité. Les anciens appelaient les furies du nom d'Euminidaf qui veut dire déesses bienveillantes. C'est paratiphrase qu'on dit : u modeste comme un Gucon.» C est par antiphrase aussi qu'on avait appelé Philopator (qui airAe son père), un Ptoléméed%pM qui avait empoisonné son père.
Les exemples de figures de constmctioo et de mots que nous avons cités suffisent à montrer coabien l'emploi des figures est ordinaire. Il est mèiDe
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des eas où elles sont nécessaires; et certaines idées ne peuvent s^exprimer qu'avec leur concours. Telles sont les idées abstraites. Elles ont besoin d*ètre matérialisées, en (quelque sorte, par les mots dont on se sert, pour amter Jusqu'à Te^rit. Comment même caractériser le style d*un écrivain, sans aToir recours à des figures? Qu'est-ce que dire d*ane phrase: elle est auref froide , languissante? ou bien, le style en est vtA rapide^ etc., sinon faire des comparaisons abrégées avec des objets matériels, ou des êtres animés, auxquels ces épithètes sembleraient devoir convenir exclusivement ? Ne sont-ce pas des figures, les expressions suivantes auxquelles nous sommes tellement habitués que nous ne les remarquons même pas: c la pénétration de Tesprit, la rapidité de la pensée, la dureté du cosnr; Y aveuglement des passions; le poids de l'autorité; le joug du despotisme; la fleur de l'Age, la glace de la vieillesse, le fardeau des années ; bouillir d'impatience, être enivré de colère, glacé d'effroi; se bereet^ d'espérances, flotter entre la crainte et l'espoir, » etc. li ne faut donc pas médire des figures de grammaire et de rhétorique, comme on le fait trop souvent par ignQrance ou par irréflexion. Quelques-unes ont, il est vrai, des noms étranges pour les personnes qui n'ont pas étudié les langues anciennes, mais toute science a besoin de ses mots techniques, et il est plus facile de se moquer des catachréses que de s'en passer. Que seraient, en effet, Tôloquence et la poésie, si l'art n'avait pas à sa disposition cette ressource précieuse qui, seule, donne de la force et de la vivacité à l'expression du sentiment et de la pensée?
Hàtons-nous toutefois de faire des réserves. Il est facile d'abuser des figures et de les employer d'une façon vicieuse. C'est un défaut que de bous écrivains eux-mêmes n'ont pas toujours su éviter. On connaît le mot d'Henri IV : c Je veux qae tous les dimanches, chaque paysan puisse mettre la poule au pot. » Estril rien de plus déplacé que de rendre cette pensée par ces périphrases ambitieuses :
Je Teux aue dans ces jours consacrés au repos, L'hête laDoiieui des modestes hameaux, Sur sa table moins humble, ait, par ma bienfusanee, Qoelques-mis de ces mets réserfés à l'aisaoee.
On cite encore comme exemple de périphrases énigmatiques ces vers où de Belloy, l'auteur de la tragédie ie Siège de Calais (1765), a voulu dire que les habitants de la ville, pressés par la famine, ne trouvent même plus de chiens pour se nourrir :
Le plos vif aliment, rebnt de la misère,
Uais aux derniers abois ressource horrible al chère,
De la fidélité respectable soutien.
Manque à Tor prodigué du riche citoyen.
L'auteur a reculé devant le mot chien, il a cru embellir ses vers, il a fait une phrase ridicule, on peut même ajouter : inintelligible. Cependant il connaissait ces vers si justes de Molière où Alceste, le misanthrope, critique avec tant de raison l'abus des figures et s'exprime ainsi :
Ce stTle figuré, dont on fait vanité
Sort au bon earae*ère et de la Térilé ;
Ce n'est que jeu de mots, qu'affeetafion para.
Et ee n'est point ainsi que parle la nature.
L'emploi abusif des figures, le goût pour les périphrases, se remarquent souvent dans la conversation et le style des personnes qui ont une demiinstruction, surtout si elles se trouvent en présence de gens plus instruits. Elles veulent montrer qu'elles sont aussi initiées au beau langage, et ne point paraître au-dessous de leurs interlocuteurs. Au lieu de se contenter d*exprimer simplement des idées simples, elles vont alors chercher des tournures prétentieuses et guindées, elles usent
de métaphores et de périphrases alamblquées. Elles croient éblouir lenrs auditeurs, elles les font rireà leurs dépens. Elles ne peuvent se résigner à dire Parts : elles l'appellent la capitale de la France, le foyer des fumiéres. Si elles écrivent au maire de leur village, elles trouvent vulgaire de le désigner par son titre, elles I9 traitent de premier magistrat mimicipal. Enfin elles espèrent qu'on leur supposera d'auUnt plus de science et d'esprit» qu'elles parleront d'une façon moins simple et moins naturelle. C'est de leur part un manque de Jugement; La Bruyère ajoute même : un manque d'esprit.
Aussi nous ne pouvons mieux conclure cet article, qu'en reproduisant la fin du passage dté plus haut, où ce grand écrivain donne de si sages conseils, et sous une forme si piquante, k ceux qui ne veulent pas parler simplement, qui emploient à tort et à travers les figures de style. « Une chose vous manque, ditril, Acis, à vous et à vos semblables, les diseurs de phébus (paroles prétentieuses) ; vous ne vous en défiez pas, et Je vais vous Jeter dans l'étonnément. Une chose vous manque, c'est l'esprit : ce n'est pas tout; il v a en vous une chose de trop,, qui est l'opinion d'en savoir plus que les autres t voilà la source de votre pompeux galimatias, de vos phrases embrouillées et de vos grands mots^ qui ne signifient rien. Vous abordez cet homme, ou vous entrez dans cette chambre ; Je vous tire par votre habit, et Je vous dis à l'oreille : no songez point à avoir de l'esprit, n'en ayez point, c'est votre rêle : ayez, si vous pouvez, un langage simple, et tel que l'ont ceux en qui vous ne trouvez aucun esprit; peut-être alors croira- ton que vous en avez. » [Victor Cucheval.]
FLEUR. — Botanique, VIII. ^ On appelle fleur,. chez les végétaux phanérogames, une réunion é'or^ gants reproducteurs, accompagnés ou non d'enve-^ loppes aestinées à les protéger. L'ensemble des pièces protectrices d'une fleur est désigné sous le nom ée périanthe.
1. Organes reproducteurs» — Les organes repro» docteurs, chez les végétaux phanérogames, sont de deux ordres : les organes mâles (d) désignés sous le nom d'étamines, les organes femelles ($) désignés sous le nom de pistils.
Une éUmine est formée de deux parties : un pédicelle de longueur variable, nommé filet, por» tant une glande nommée anthère. Cette glande est creusée de deux ou trois sacs, dans lesquels sont contenus les grains de pollen. Le tissu qui agglutine les loges de l'anthère reçoit le nom de connectif. Les grains de pollen sont de petites cellules libres ou agglutinées par deux, par quatre, par huit ou en plus grand nombre; une agglomération de grahis de pollen est une poUinie, Chaque grain de pollen présente une paroi cellulaire souvent différenciée en zones douées de propriétés différentes : les zones extérieures, rigides, imperméables, désignées parle mot extne; les zones intérieures, élastiques, perméables, nommées intine* Le contenu protoplasmique des grains de pollen, ou substance fécondante du végétal, est souvent désigné sous le nom de fouilla. A l'époque de la fécondation, les parois des sacs de 1 anthère se perforent ou se déchirent pour mettre en liberté les grains de pollen : cette opération a reçu le nom de pollinisatton. En général, les anthères d'une fleur sont indépendantes les unes des autres; parfois néanmoins elles sont plus ou moins adhérentes, et sont alors dites sgngénèses. Les fileta de plusieurs étammes voisines sont ordinairement libres; plus rarement ils adhèrent les uns aux autres : alors ils sont dita adelphes. Selon que les étamlnes d'une fleur, ainsi aonérentes par leurs fileta, forment un, deux, ou plusieurs . groupes, elles sont'dites mono, di, poiyadelphes. Le transport du pollen sur le pistil peut s'opérer à l'aida
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dtt vent ; fréquemment alors les g^r&lns de pollen sont pourvus d^ailes; ou bien, ce qui semble la règle générale dans la nature actuelle, ce transport a lieu par les insectes, lorsque ceux-ci viennent butiner dans les fleurs ; plus rarement le pollen est lancé sur le pistil par le mouvement de contractilité que possèdent quelques étamines.
La partie essentielle glandulaire du pistil est nommée ovule. Cette glande se montre soit comme un mamelon cellulaire arrondi, sans enveloppe spéciale ; soit plus ordinairement comme un mamelon revêtu par un ou deux replis membraneux nés de sa base. Le mamelon cellulaire central de toute glande femelle, si simple soit-il, est le nucède; les téguments qui le revêtent parfois ont reçu, Textérieur le nom de prtmme, l'intérieur celui de secondine. Il importe de signaler cette différence entre la nomenclature et la réalité, à savoir que lors du développement des replis tégiimentaires de Tovule, celui des deux replis qui se forme le premier est la socondine. Lorsque Tovule, au lieu de présenter deux enveloppes protectrices spéciales, n*en présente qu'une, celle-ci esc désignée par le nom de tégument^ sans qualificatif. L'ouverture de la coupe formée par la primine s'appelle exostome; celle de la secondine, endostome. L'ensemble de l'exostome et de l'endostome forme le canal micropylaire; Toriflce extérieur de ce canal est appelé micropyle. Lorsque l'endostome et l'exostome ne se correspondent pas directement, l'ovule est hétérotrope, La base de l'ovule s'appelle hile. Tout ovule droit est dit orthotrope ; les ovules courbés sont dits anatropes. Les ovules orthotropes ne se rencontrent que très rarement en dehors du groupe des végétaux phanérogames gymnospermes. Dans les ovules anatropes, on appelle raphé les faisceaux qui se répandent dans l'ovule, chalase le point d'épanouissement de ces faisceaux dam Tovule. Les cellules sécrétées par les glandes ovulaires se nomment vésicules embryonnaires : ce sont des cellules à parois épaisses, presque fluides, qui se laissent facilement perforer par le boyau pollinique.
Deux cas doivent être soigneusement distingués dans l'étude des parties accessoires de l'appareil pistillaire, selon que l'ovule Joue en plus de son rôle particulier celui d'appareil collecteur et incubateur des grains de pollen, ou selon que ce rôle est rempli par un organe particulier, distinct des OTuIes et les enveloppant. Lorsque l'ovule Joint à sa fonction particulière le rôle d'appareil collecteur et incubateur des granules poliiniques, nous avons affaire aux végétaux phanérogames gymnospermes ; dans l'autre cas nous avons affaire aux végétaux phanérogames angiospermes. Chez les végétaux gymnospermes, à 1 extrémité supérieure du nucelle se forme, par déchirement dos tissus de cette région de l'ovule, une cavité dans laquelle les grains de pollen viennent s'accumuler; ce n'est qu'au bout de plusieurs mois qu'ils semblent sortir de leur torpeur, et qu'ils émettent les boyaux poliiniques (V. Conifères), Ghex les végétaux angiospermes, les ovules sont enfermés dans une cavité désignée sous le nom d* ovaire. Les parois de l'ovaire se prolongent en un tube ou style, terminé supérieurement par une coupe ou cornet, le stigmate. La surface de la coupe stigmatique est couverte d'un duvet papilleux formé de très petites glandes, qui laissent exsuder une liqueur sucrée et visqueuse à laquelle les grains de pollen adhèrent fortement. Cette humeur provoque bientôt le gonflement, puis la germination des grains de pollen. Le boyau pollinique, émis par le pollen à la surface du stigmate, parcourt le canal stylaire dans toute son étendue ; il est nourri pendant ce trajet par le tissu du style ; il entre dans la cavité ovarienne ; et selon que les ovules enfermés dans cette cavité sont ortnotropes ou anatropes,
le tube poUinioue descend directement dans les mlcropyles, ou bien il suit la paroi ovarienne et rampe sur les ovules avant de pénétrer dans leur intérieur. La région glanduleuse de l'ovaire qui porte les ovules est nommée placenta.
On rencontre souvent, à la base du pistil, des glandes à nectar, ou nectaires, qui sécrètent un suc mielleux : ces organes spéciaux, de même que les vives couleurs qu'offre d'ordinaire le périanthe, ne sont pour la plante que des moyens d'attirer les insectes, dont l'intervention fa^lite le transport du pollen sur le stigmate.
2. Périanthe. — • Par le nom de périanihe, nous avons désigné l'ensemble des piè^s qui servent à protéger spécialement les organes reproducteurs dos plantes; chaque pièce du périanthe est un tépale. Lorsque les pièces d'un périanthe se laissent facilement distinguer en enveloppes extérieures vertes et enveloppes intérieures brillamment colorées, la partie extérieure du périanthe est nommée calice et ses pièces constituantes sont alors des sépales; la partie intérieure du périanthe a nom corolle, et les pièces de la corolle sont nommées pétales. Extérieurement à la corolle et au calice, on trouve parfois des enveloppes accessoires nommées calicutes, dont les pièces constituantes ont nom bractées, braetéoles, etc. Toutes les pièces que nous venons de nommer peuvent exister ou faire défaut; ce dernier cas est connu sou s le nom d'apétcUie; lorsque ces pièces existent, elles peuvent être libres et indépendantes, ou au contraire elles peuvent adhérer entre elles sur une longueur variable. Lorsque les pièces d'un calice sont adhérentes, celui-ci est dit gamoséptile ou (mais très improprement) monnsépale; lorsque les pièces d'un calice sont libres, celui-ci est niatysépale; on dit parfois, mais à tort, polysépale. Lorsque les pièces de la corolle sont adhérentes, celleci est gamopétale fou monopétale); lorsque ces mêmes pièces sont aistinctes, la corolle est diaJtypélale (ou polypétale).
3« Disposition des parties dans la fleur. — Réduite à sa plus grande simplicité, la fleur ne comprendra qu'une étamino ou qu'un pistil ; plus compliquée, chaque fleur contiendra un certain nombre d'organes miles ou d'organes femelles; si elle se complique encore, les organes reproducteurs seroui enveloppés par un périanthe; enfin, comme dernier terme do complication, dans rintcriear d*ua périanthe différencié en calice et corolle, nous trouverons les organes reproducteurs des deux sexes, éta«-nlnes et pistil. Selon que les fleurs sont unisexuées, ou au contraire qu'elles réunissent les deux natures d'organes reprodubteurs, elles sont, dans le premier cas, dielines, dans le second, hermaphrodites.
Les plantes à fleurs dielines sont divisées en plantes monotquet et en plantes dioiques, selon que les fleurs k étamines et les fleurs à pistil sont portées par le môme pied ou qu'elles sont portées sur des pieds différents.
Dans une fleur aussi compliquée que possible, on rencontre, en allant de la périphérie au centre : P le calice; 2** la corolle; 3* les étamines, dont l'ensemble a reçu le nom d*androcée; i* au centre de la fleur, les pistils, dont la réunion forme le gynécée. Les pièces de chacune des régions d'une fleur complète sont disposées tantôt sur un, tantôt sur plusieurs rangs ; chaque rang a reçu le nom ds verticilte floral. Les pièces de chaque vertidlle floral sont disposées tantôt sur un cercle, tantôt sur une ligne spirale. Quelle que soit leur disposition, il est de règle que les pièces de deux verticilles floraux consécutifs alternent régulièrement entre elles; aussi les pétales alternent avec les sépales, les éumines avjDC les péules, etc., et par suite les éumines sont généralement superposées directement aux sépales.
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La règle ci-dessas offre poartant un assez grand nombre d^exceptions. Cenaines dispositions parUculièrea de qaelqaes fleurs méritent d'6tre mentionnéea; telles sont : les androcécs didynames, composés de quatre étamines, dont deux sont plus grandes que les autres ; les androcées iétradynameSf composés de six étamines, dont quatre sont plus longues que les deux autres ; les androcées gynojp' dreSj ainsi nommées parce que les anthères sont filées sur la surface des pistils adhérents entre eux. Dans une fleur on nomme réceptacle la surface sur lanuelle e^insèrent les différentes parties de la fleur. On distingue trois modes principaux dans la disposition de 1 insertion des pièces d*une fleur: l" Vinsertion hypoyyne^ dans laquelle les étamines Tiennent 8*Ui8érer sur le réceptacle au-deesvu» du gynécée: les ovaires sont dits libres ou supères; 2* Vinsertion épigyne, dans laquelle les étamines Tiennent e^insérer au sommet du gynécée : les ovaires sont alors adhérents ou infères; 3* Tt/Ufrtion périgyne, que M. Brongniart a réunie à l'insertion epigvne, dans laquelle les étamines sont insérées surla corolle et autour du gynécée. Ce dernier mode d'insertion, asses mal défini, sert de transition entre l'insertion épigyne et Tinsertion hypogyne. Selon les formes particulières qu'affectent le calico et la corolle, certaines fleurs ont reçu des noms spéciaux ; mais cette nomenclature est beaucoup trop compliquée pour trouver place ici.
4. Théorie de la métamorphose, ~ En examinant une fleur de nymphéa, de magnolia ou de renoncule, on remarque facilement qu'on passe pour ainsi dire par une transition insensible des feuilles les mieux caractérisées de la plante aux bractées ; de celles-ci, toujoun par une gradation des mieux ménagées, on passe aux sépales du calice, puis aux pétales de la corolle, et enfin aux éumines. Si, par une cause quelconque, le développement de la fleur est entravé, on remarque soutent, à la place des étamines, de petites feuilles. Ce que nous disons des étamines arrive également pour les sépales,- les pétales, les brac^ tées ; il semble donc légitime de conclure de cette étude superficielle que les bractées, les sépales, les pétales, les étamines ne sont que le résultat de la transformation des feuilles de la plante. En raisonnant par continuité, nous serions conduits à admettre que les pistils sont formés par des feuilles reployées en cornet et portant sur leurs bords les ovules. Cette manière de voir semble d'ailleurs pleinement Justifiée par de nombreux exemples de pistils remplacés par des feuilles dont les bords étaient garnis de corps comparables à des ovules, voire même do véritables ovules. Toutefois, il faut bien le dire, cette théorie de la constitution foliaire de la fleur est loin d'être démontrée pour toutes les fleura. Elle est due en partie aux observations de Goethe, et a été complétée par les travaux de Moquin-Tandon, d'Au^ste Sain^Hilaire , qui ont admis qu'une pièce quelconque de la fleur pouvait, quand besoin était, se dédoubler radialement et tangentiellement, ou au contraire se souder aux pièces voisines. Toute métamorphose qui a pour effet de rendre à une pièce de la fleur la structure foliaire primitive, est appelée métamorphose régressive; inveraement toute métamorphose qui a pour effet d'élever pour ainsi dire le degré de transformation d'un organe, est appelée métamorphose tronsgres" sive; tel serait le cas pour un pétale transformé en étamine.
Puisque le gsrnécée, de même que Tandrocéo, est composé de feuilles transformées, la manière dont ces. folioles se réunissent entre elles présente quelque intérêt. En premier lieu les fouilles ovariennes, nommées carpelles, repliées en tomet, sont adhérentes Tune à l'autre par leur face inférieure; U en résulte un gynécée pluriloculaire
(à plusieura loges ou compartiments), dans lequel les ovules occupent l'angle central de chaque loge. La placentation, c'est-à-dire la disposition des ovules sur le placenta, est dite axile; les styles sont d'ail leuré plus ou moins confondus en une colonne unique. D*autres fois les carpelles non fermés adhèrent les uns aux autres par leura bords, les ovules sont insérés sur les parois d'une grande cavité centrale ; l'ovaire est uniloculaire, et la placentation est pariétale. On distinguo encore sous le nom de placentation centrale libre une disposition dans laquelle, au centre d'un ovaire uniloculaire, on voit se dresser une colonne libre chargée d'ovules. Jusf^u'ici la théorie de la métamorphose n'a pas expliqué cette disposition d'une manière satisfaisante.
En résumant notre sentiment sur la théorie de la métamorphose, nous dirons quelle ne nous parait pas rendre suffisamment compte des faits observes.
5. Diagramme de la fleur, — On appelle dtaoramme ou plan de la fleur un dessin sur lequel les différentes pièces de la fleur sont indiquées dans Tordre et les rapports qu'elles affectent dans le bouton. Selon les auteura, les diagrammes donnent plus ou moins de détails sur la fleur qu'ils représentent; plus ils donnent d'indications, plus ils sont compliqués. Los points principaux à indiquer sont: I* le nombre des pièces de chaque verttcille floral; *2* les rapports des pièces entre elles dans le bouton ; 3* la oéhiscence des anthères ; celles-ci sont dites introrses lorsqu'elles s'ouvrent vera le gynécée, eztrorses lorsqu'elles s^ouvrent vers la corolle ; 4* le nombre des loges de l'ovaire ; 5* la placentation ; 6* l'orientation par rapport à l'axe qui porte les fleurs.
6. Fleuraison, — La flewaison ou la production des fleure est déterminée par diverses Influences telles que l'âge du sujut, une disposition naturelle qui lui vient de ses ancêtres, la fatigue, le pincement, la taille en vert. Parmi les influences extérieures qui influent peut-être le plus sur la fleuraison, il faut citer au premier rang la chaleur. La durée de la fleuraison varie d*une espèce à l'autre ; dans certains genres elle est très rapide ; ailleurs elle dure presque toute l'année : telle est la vigne dans les pays chauds. En drossant dans un pays déterminé la liste des plantes selon l'époque à la- Quelle chacune d'elles fleurit, on forme un catenarier de Flore. De même, si l'on note les heures auxquelles les différentes fleurs s'épanouissent dans la Journée, on a une horloge de Flore. Linné a qualifié de fleurs équinoxiaies certaines fleura qui peuvent s'ouvrir et se fermer plusieurs fois ; les éauinoxiafes sont diurnes ou nocturnes selon qu*elles s'ouvrent le Jour ou la nuit; ces alternatives d'épanouissement et de fermeture des fleura sont désignées parfois sous le nom de sommeil des plantes, un petit nombre de fleura seulement se montrent sensibles à l'état hygrométrique de l'air : tel est le Calendula pluvialis. L'épanouissement des fleura est souvent accompagné de l'émission d'odeura et de chaleur; ainsi, d'après M. Rivière» le Cattleya bulbosa fait sentir son odeur suave de six heures à onze heures du matin; VAnyrecum disti" chum est odorant de onze heures du matin à six heures du soir ; VAmorphf /phallus Rivieri répand une odeur infecte Jusqu'au moment de la pollinisation. Quant à la production de chaleur pendant la fleuraison, M. Duchartre, Lamarck, et Sfnebier dès 1777, ont constaté un excès de température de 8* sur le milieu ambiant dans une inflorescence d'Arum itcUicum; Hubert vit le thermomètre différentiel dépasser 25* dans une inflorescence de Co- Incasia Boni, autre espèce d'aroldée.
Pour tout ce qui concerne la disposition des groupes de fleurs, V. Inflorescence.
[G.-E. Bertrand.]