‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 463 sur 562 · FLUOR · texte numérisé non relu

FLUOR

FORGE

FLUOR. — Cliimie, Vm. — Ce nom, emprunté à Vancienne chimie, avait autrefois une signification vaRue ; on rappliquait aux aeides très liquides et à certaines substances minérales seliaes, mais susceptibles de fusion, comme le spath fluor. On disait môme alcali volatil fluor, pour désigner Tammoniaque en dissolution dans Teau. Les diverses sieniflcaUons de ce mot venaient de son étymologie latine (le verbe /Itio, qui veut dire couler) .

Aujourd'hui on appelle fluor, en chimie, un corps simple de la famille du chlore, dont les propriétés sont très peu connues, parce qu'on Tisole très difficilement et qu'il atuque tous les corps avec lesquels il vient à être en contact. M. Louget et M. Frémy passent cependant pour l'avoir isolé. Il est gazeux.

Spath fluor. — On donne en minéralogie le nom de spath fluor kMXïB pierre blanche assez commune, dont la composition chimique est analogue à celle du chlorure de calcium, le chlore de celui-ci s'y trouvant remplacé par le fluor. Le spath fluor est donc un fluorure de calcium. Quand on le traite par l'acide sulfurique concentré, après l'avoir pulvérisé, il s'en dégage, môme à froid, mais surtout quand on chauffe tant soit peu, des vapeurs blanchâtres qui attaquent instantanément le verre ; ce sont des vapeurs d'acide fluorhydrique s'hydratant en arrivant à l'air; il reste, dans le vase où Topération s'est faite, du sulfate de chaux. La réaction est tout à fait analogue à celle qui se passe quand on traite un chlorure par Tacide sulfurique; c'est co qui a fait considérer les fluorures comme contenant un radical simple de la famille du chlore, avant même qu'on ne l'eût isolé.

^ Acide fluorhydrique. — On l'appelait autrefois acide fluorigue, parce qu'on le supposait oxygéné. C'est un gaz qu'on peut obtenir faciloment liquide, ou bien en dissolution dans l'eau ; liquide, il lM>ut à 25** et donne à lair d'épaisses fumées blanches, très pi<iuantes et mauvaises à respirer. Une goutte de l'acide liquide tombant dans l'eau y produit un petit sifflement. Les vapeurs d'acide fluorhvdrique attaquent instantanément le verre en le décomposant, ainsi que la porcelaine et les métaux avec lesquels il forme des fluorures qui ont de grandes analogies chimiques avec les chlorures, les bromures, les iodures et même avec les cyanures.

Préparation de Cacide fluorhvdrique. Gravure sur verre. ~ On a utilisé la très rare propriété qu'a ce corps d'attaquer le verre et la silice pour graver sur verre. On s'en sert surtout pour graver les cloches , les éprouvettes, les thermomètres.

Pour obtenir l'acide fluorhydrique liquide, on chaufTe un mélange de spath fluor pulvérisé et d'acide sulfbrique dans une cornue de plomb, formée de deux parties qu'on adapte hermétiquement après l'introduction de ces matières dans la partie inférieure de la cornue ; le col recourbé est refroidi dans do la glace ; on chauflTe doucement au bain de sable. On remplace quelquefois le spath fluor par de la créolitke, fluorure double d'aluminium et de sodium, assez commun au GroOaland.

L'acide ainsi obtenu est conservé dans des flacons de plomb, ou mieux encore dans des flacons de gutta- percha. Quand on veut l'avoir en dissolution, on met quelques gouttes d'eau dans la partie refroidie ^u col de la cornue. Quand on veut l'obtenir à l'état de vapeur pour graver sur verre, on chauffe le même mélange au bain de sable, dans une capsule de plomb au-dessus de laquelle on expose les objets préparés.

Il est bon, dans toutes ces opérations, d'avoir les mains gantées de gants de caoutchouc, car l'acide fluorhydrique irrite fortement la peau.

Pour graver sur verre, on recouvre l'objet d'une

mince couche de dro ou d'un vernis spécial uip«lé vernis des graveurs, puis avec on burin d'acier on enlève la cire ou le vernis sur les traits qui forment le dessin que l'on veut obtenir. Le verre, éUnt mis à nu, sera attaqué par l'acide, et restera intact sous la couche de cire, qu'on enlève après l'opération par un lavage h l'essence de térébenthine. Les dessins ainsi obtenus sont opaques et très visibles. Si, au Heu d'exposer l'objet ainsi pré» paré aux vapeurs anhydres d'acide, on lave ledMsÎB avec la dissolution aqueuse du même acide, raetion sur le verre est différente : les traits sont creux, mais transparents et beaucoup moins visibles que par le premier procédé. '

Action de Vacide fluorhydrique sur tieonemie onimafe. — C'est le plus énergique des poisons dits irritants. Une goutte qui reste quelques secondes sur la peau y produit une inflammation ; un peu plus tara il s'y forme une pustule profonde, entourée d'une auréole rouge, et enfin un ulcère qui ne guérit qu'après une longue suppuration. Si les mains restent trop longtemps exposées à son action, il se produit, à rexbrémité des doigts, un ponflement très douloureux qui peut durer plusieurs heures (Wflrtz). Etendu d'eau, il perd, comme les autres acides, la olupart de ses qualités dangereuses. [Alfred Jacquemart.]

FOIE. — V. nigestion.

FORGE. — Physique, II. — On nomme force toute cause qui met en mouvement on corps d'abord au repos ou qui le ralentit et l'arrèu s îl était en mouvement. Il est facile de se convuncre que chaque fois qu'un corps se meut, il y a une cause particulière en dehors de lui qui a déterminé ce changement dans son état: si l'on arrête leaa

aui va frapper une roue de moulin, celle-ci cesse e tourner et ne reprend son mouvement que quand l'eau retombe sur ses palettes on qu'on agit sur {elles d'une autre manière. Il n'est pas moins évident qu'un corps en mouvement ne peut pas, de lui-même, modifier ce mouvement, et que s'il se ralentit ou s'arrête, c'est que des résistances extérieures sont venues s'interposer ; il suffit de faire rouler la même boule d'abord sur un sol caillouteux, puis sur un plancher uni, puis enfiii sur un plan poli, et de constater que son mouvement est rendu plus facile à mesure que les aspérités diminuent. On peut donc énoncer ce principe expérimental, que tout corps est impuissant à modifier de lui-même son état de mouvement on de repos; et les forces peuvent être définies les causes de mouvement ou de modification du mouvement.

Les forces diffèrent entre elles par leur origine. Elles peuvent provenûr de l'action musculaire de l'homme ou des animaux, de l'action d'un corps déjà en mouvement qui en rencontre un autre, comme dans le cas d'une quille qui se meut sous l'action de la boule qui l'a frappée. Ou bien encore c'est l'élasticité qui entre en ieu, comme dans on ressort d*acier tendu qui se déroule. Enfin ce peut être la cause inconnue de l'électricité qui provoque le mouvement des corps légers, ou celle des aimants capables d'attirer le fer et l'acier.

Quelle que soit leur diversité d'origine, les forces produisant toutes le même effet sur les corps, c'est* a-dire le mouvement ou l'arrêt do mouvement, peuvent être comparées les unes aux autres. Qu'un petit chariot soit placé sur une table, on pourra lui imprimer un certain mouvement en le poussant avec la main, en le tirant à l'aide d'un poids suspendu à une corde passant sur une pouUe et fixée au chariot par une de ses extrémités; le mèmd mouvement pourra encore être obtenu par no ressort tendu poussant le petit chariot et même par un aimant attirant un morceau de fer cooveoablement placé. Ces forces pourront être plus gtaodes les unes que les autres. Ce sont donc lies quantités que 1 on peut mesurer en les comparant

FORCE

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à Tune d^entre elles prise pour nnité. C'est la pesanteur que Ton a choisie pour terme de comparaison.. Su rrant leur Tolume et leur nature, les corps pèsent plus ou moins, produisent par l'effet do leur poids des pressions ou des tracuons plus ou moins considérables. On prend pour unité de force reffôrt arec lequel un poids de 1 kilogramme tend le cordon auquel on le suspend, de sorte qn^une force qui en agissant de bas en haut soutient un poids de 10 kilogrammes est égale à 10 fois Vunité de force. On peut donc éraluer les forces en kilogrammes : tout se réduit à connaître combien il faut de kilogrammes pour obtenir la même pression ou la même traction que celle développée par la force à mesurer.

Pour effectuer cette comparaison, bien des moyens peuvent être employés; le plus simple est de prendre le dynamomètre ou peson à ressort. C/est une lame d acier recourbée en forme de V, dont les deux branches se rapprochent quand on les tire, et reprennent leur première distance, en vertu de leur élasticité, quand on les abandonne. A Textrémité de chaque branche est fixé un arc de cercle en fer oui passe librement dans l'autre branche, et dont run d*eux porte une graduation

Sui indique le rapprochement des deux branches. In suspend le peson par un.de ses crochets, et en mettant à Tantre successivement des poids de 3, 3f 4 kilogrammes, etc., on marque sur Tare les points où s'est arrêtée la branche. Après cette graduation, pour évaluer une force, il suffit de la faire agir an crochet où étaient les poids : elle rapproche les deux branches comme le faisait le poids auquel elle est équivalente. En modifiant la forme et la puissance de cet appareil, on a pu estimer des forces très diverses et trouver que l'effort musculaire des deux mains d*un homme tirant sur le ressort est d'environ 60 kilogrammes, que l'effort de traction d'un cheval approche de 300 kilog.

Dans toute force on distingue trois choses : Tmtensité, c*e8t-à-dire l'énergie avec laquelle la force agit et que Ton exprime en kilogrammes ; le point (fapplication, c'est-à-dire le point du corps sur lequel la force produit directement son effet; la direction, on la ligne droite suivant laquelle la force tend à entraîner et entraîne réellement son point d'application si elle agit seule sur le corps.

Il résulte de ces notions que Ton peut représenter les forces par des lignes droites. Le point de départ de la hgne indioue le point d'applica^ tien, sa direction donne celle que la force ferait suivre au corps, et enfin sa longueur contient autant de fois une longueur unité que rinteneité de la force contient de fois l'unité do force, c'est-à-dire le kilogramme.

Forces concourantes et résultante. — U arrive le plus souvent que le même corps est sollicité à la fois par plusieurs forces : ainsi une voiture attelée de trois chevaux, un bateau tiré à l'aide de cordes par deux hommes marchant sur les rives opposées d'un canal; dans ce cas, le corps ne prend qu'un seul mouvement, bien qu'il obéisse à la fois à tous ceux que chaque force seule lui imprimerait. Ce mouvement unique pourrait lui être communion^ par une force unique convenablement choisie; c'est cette force, qui à elle seule pourrait produire le même effet que toutes les autres, qu*on appelle leur résultante; celles-ci sont les composantes. Dans bien des cas, la résultante n'existe pas réellement, elle n'est qu'idéale; mais sa considération aide beaucoup à Vétude de l'effet des forces.

il est de toute évidence que quand plusieurs forces concourantes, c'est-à-dire appliquées au même point, ont la même direction, leur effet ft'sjoute Uitégralement, et leur résulunte, dirigée comme elles, est égale à leur somme. Si les forces

3 ni concourent sont, les unes d'nn sens, les autres n sens opposé, leur résultante 9M égale à la

somme des unes diminuée de la somme des autres» et elle est dirigée dans le sens de la plus grande somme. Gela résulte de ce que chacune des forces agit comme si elle était seule. II est en effet facile de se convaincre par l'expérience que l'action d'une force sur un corps ne dépend en aucune manière de rélat que ce corps a pu recevoir auparavant d'autres forces : tout le mondo sait que les différentes pièces d'une montre continuent à se mouvoir de la même manière les unes par rapport aux autres quand on fait subir à la montre un déplacement, comme lorsqu'on la laisse au repos.

Quand deux forces concourantes font entre elles un angle, leur résultante est représentée en direction et en grandeur par la diagonale du parallélogramme ayant pour côtés les longueurs qui représentent ces forces. Cet important théorème, que l'on démontro en mécanique, peut être vérifié par l'expérience avec facilité. Le cas le plus simple est celui où les deux forces, que nous appelons F et P, font entre elles un angle de 90* ; le parallélogramme devient un rectangle, et sa diagonale, qui donne la direction de la résultante Rdes deux forces primitives, peut être facilement calculée. Si, en effet, on suppose pour F une intensité de 5 kilog.,

pour F' 12 kilog., la diagonale sera \/5* -f 12* ou 13 kilog. Le corps soumis à l'action de ces deux forces suivra donc la direction de* la diagonale du rectangle qu'elles forment, et il sera tiré avec un effort équivalent à 13 kilogrammes.

Lorsqu'on sait trouver la résultante de deux forces appliquées au même point, on peut avoir celle de trois, quatre, cinq forces, etc. ; il suffit de prendre d'abord la résulunte de deux d'entre elles; puis, comme elle remplace les deux premières, on cherche sa résultante avec la troisième force et ainsi de suite. On arrive ainsi à comprendre comment toutes les forces qui agissent sur un corps peuvent être ramenées d'abord à deux, et ensuite à une seule qui est la résultante de toutes.

On peut se proposer le problème inverse : décomposer une force unique en deux autres de directions données, situées dans son plan, et ca-

{>ables à elles deux de produire le môme effet que a première. Il suffit, pour obtenir la longueur de chacune, de mener par l'extrémité de la force unique deux parallèles aux directions données qui les limitent. La décomposition d'uno force en deux autres est d'un usage continuel pour reconnaître l'action d'une force qui n'agit pas dans la direction du mouvement que suit son point d'application. Ainsi un bateau est halé obliquement à l aide d'un câble sur lequel on agit do la rive^ et cependant il reste constamment parallèle au rivage et ne suit pas la direction de la force qui aslt sur lui; c'est que sans cesse de l'intérieur^ à laide du gouvernail, on fait naître une force perpendiculaire à la rive qui n'a d'autre effet que do tenir le bateau sur une direction et npn de le faire avancer. Cette dernière force et celle qui représente le mouvement du bateau sont les deux composantes capables de remplacer la force appliquée le long du câble, la seule que l'on voie.

La décomposition d'une force en deux autres de directions données se résout avec facilité graphi-

âuement ou par le calcul, quand on connaît l'angle e ces deux directions et celui que l'une d'elles lait avec la force à remplacer.

Forces parallèles. ~ Les forces qui agissent sur un corps solide peuvent avoir des directions parallèles : c'est le cas des deux plateaux d'une balancot qui représentent l'un et l'autre une force verticale appliquée à l'extrémité du fléau; c*est aussi le cas des deux t)*aits d'un cheval tirant sur un palonnier. Ou ne peut songer à chercher la résultante par le moyen précédemment indiqué pour les forces concourantes, la construction d'un parallélogramme

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n*est pas possible. On a trouvé que la résultante de deux forces pnrallèles a une intensité égale à lettr somnvi quand elles sont de même sens, à leur différence si elles sont de sens inverse: elle est paralièle aux forces et son point a'appUcaiiou par^ tage la distance des deux autres en deux pariies invers^nent proportionnelles aux forces. Pour fixer les idées, supposons deux forces parallèles et de xnèm^ sens aux extrémités d'une barre A B ; Tune F de 5 kilog. appliquée en A ; Tautre F' de 9 kilog. appliquée en B. La résultante aura une intensité de 5 + 9 ou 14 kilog. ; elle sera appli-

3uée du côté de la plus grande force, c*est-à-dire u côté de B ; et pour trouver son point d'application, on partagera la longueur AB en 2 parties, l'une valant 5 du côté de B, l'autre valant 0 du côté de A. ,

On peut d'ailleurs facilement vérifier ce résultat par l'expérien e. On prend une règle légère portant 14 divisions égales do A vers B. On suspend un poids de 5 hectogrammes en A, un autre de 9 hectogrammes en B. Il faut accrocher le dynamomètre à la division 9 de la règle et v suspendre celle-ci ; l'instrument accuse, pour la résultaote des deux poids, un poids de 14 hectogrammes. *

Quand les forces parallèles sont de sens contraire, il peut arriver qu'elles soient égales en intensité: alors leur résulunte est nulle ; et comme chaque force a néanmoins son action intégrale, si le corps n*est fixé que par un point, les deux forces ont pour effet de le faire tourner autour de ce point; cet ensemble prend le nom de couple. Il suffit au corps sur lequel un couple est appliqué de deux points fixes pour annuler TeiTet des forces.

On peut composer en une seule, non seulement deux forces, mais un grand nombre de forces parallèles; il suffit de chercher la résultante des deux premières, de la composer avec la troisième, et ainsi de suite. Ce problème présente quelque intérêt dans le cas où Ton considère les actions de la pesanteur sur les difl'érentes parties d'un corps. Le point d'application de la résultante de toutes ces actions est le point qu'il faut soutenir pour que le corps ne tombe pas ; c*est lui qui suit toujours la verticale ouand le corps tombe ; c'est, en un mot, le centre de gravité.

Les forces comparées par leurs effets, — Au lieu de ne considérer les forces que dans leur intensité et de ne les mesurer que par des poids, on peut les comparer par tous leurs effets. Elles ne sont agissantes que quand elles déplacent leur point d'application dans leur direction propre; on dit alors qu'elles travaillent. Un poids aussi lourd qu'on voudra, soutenu par un support fixe, est sans effet, il ne travaille pas. Une boule qui roule sur un plan horizontal est également sans effet, puisque son poids , qui agU de haut en bas , ne fait pas descendre le corps. Qu'un cheval soit attelé à un mur inébranlable, il pourr»» en tirant, dépenser une force considérable, mais son effet sera nul puisqu'il n'y aura pas de déplacement du point d'application. Il y a donc lieu de considérer les forces d'après les mouvements qu'elles impriment aux corps sur lesquels elles agissent.

Quand une force n'agit sur un mobile que pendant un temps extrêmement court, elle est dite instantanée; elle imprime au corps un mouvement qui e^t uniforme, si aucune autre cause ne vient le modifier.

Si au contraire la force agit pendant un temps plus ou moins long, on dit qu elle est continue^ comme la pesanteur ou la pression du vent sur les voiles d'un navire. Le mouvement produit ne peut pas alors ètro uniforme, il se modifie à chaque instant; et si la force continue est constante, il s'accélère ou se retarde uniformément sous son action.

On ne considère comme agissantes que lei forces qui accompagnent sans cesse le corps en laoavement, et on les suppose constantes, car on peut toujours les ramener à l'être si elles ne relaient pas, en partageant en petites parties le temps de leur action.

Les forces constantes peuvent alors être comparées par le travail qu'elles produisent, la quantité d^ mouvement qu'elles développent, on la forte t;ive, autrement dit Vénergie, qu'elles possèdent.

Le travail est le produit de l'iotensité de U force ou de la résistance vaincue» exprimée en kilogrammes, par le chemin qu'a parcouni \r point d'application sur U direction de la force, exprimé en mètres. On se rend compte, en effet, que U force dépensée croit en proportion du parcours et qu'elle croit aussi en proportion de la résistance surmontée. Une force de i5 kilogr. transportant à 4 mètres la résistance sur laquelle elle agit, développe un travail exprimé par 15 X 4. Un poids de lô kilogr. tombant de 4 mètres de hauteur a acquis une certaine vitesse sous Taction de la pesanteur; ceUe-ci a produit un travail aussi représenté par IS X 4. Une autre force de 1? kilogr. transportant sa résistance à 5 mètres a produit un travail équivalent 12 X 5.

L*unité de travail est }e kilogrammrtre, ou la force nécessaire à élever à un mètre de hauteur un poid» d'un kilogr. Dans les fortes machines, on se sert d'une unité plus considérable, le ehevai-vapeur, qui vaut 7à kilogrammètres, et quand on parle d'ooe machine à vapeur do 10 chevaux, on vent dire que la force avec laquelle la vapeur y agit sur les organes moteurs est égale à celle qui élèverait an poids de 75(1 kilogr. à 1 mètre de hauteur en une seconde.

La quantité de mnuvfment est une idée moins simple oue l'idée de travail. C'est le produit de la masse du corps sur lequel agit une force coosunte, par l'accélération que cette force lui imprime. Pour comprendre comment ce produit peut servir à mesurer ou à comparer les forces, u faut remarquer que de deux forces constantes F et F', U seconde doit être double de la première ai elle imprime à une même masse une accélération double, et triple de cette première si elle agit sarun^ masse trois fois plus grande pour produire une mèm^ accélération. On conclut facilement que si la forc« F ' agit sur une masse triple et lui imprime une accélération double de celle oue la force F imprime i une masse unité, la force F'devraêtre3 X^ on <3 fois plus forte que la force F. Elle est donc mesurée, par rapport à la première, par le produit de la masse par la vitesse imprimée au mobile.

La tot'ce vive, ainsi appelée par Leibnitz, par opposition au nom de force morte qu'il appliquait à une force ne produisant pas de moavement, est le

f produit de la masse du corps en mouvement par e carré de sa vitesse. A un poids double d'an boulet heurtant un mur correspond un choc de valeur double ; à une vitesse double correspond un choc de valeur quadruple ; de sorte que de deux boulets, Tun double de l'autre et marchant avec une vitesse double du premier, la puissance d'effet du Second sera *2 x 2< ou 8 fois plus considérable que celle du premier.

On rattache facilement la force vive aux deux notions précédentes en y introduisant la notion du temps ; elle représente alors le double dn travail que la forco accomplit pendant une seconde en agissant sur un corps entièrement libre. Mais elle a sur l'expression de travail et sur celle de quantité de mouvement un avantage, c*est de désigner la puissance mécanioue ou, comme on dit souvent, Vénergie qu'une force peut développer, totalement ou en partie, quand elle agira, uudis que les deux dernières expressions ne convies* nent qu'à l'eut d'activité de la force agissante. Réaction. — Chaque fois qu'un corps soumis k

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Tactiorv cTune force agit sur un autre pour le

{presser, le distendre ou le mettre en mouvement, e second réagit dans un sens directement opposé sur le premier et avec la même intensité. Et ce résultai a lieu aussi bien dans Tétat de mouvement que dans l'état d'équilibre. Ainsi un homme qui fait monter un poids de lOO kilog. en tirant une corde qui passe sur une poulie, eierco un effort égal seulement à lOO kilog. {si Ton néglige

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le frottement de la poulie), comme s1l ne faisait que soutenir le poids sans Télever. Si la corde qui soutient le poids est attachée à un obstocle fixe, ce dernier représente par sa résisUnce l'effort exercé. Un aimant attire le fer; si le fer est fixe, c est V aimant qui marche; s'ils sont tous deux mobiles, sur deux flotteurs de liège, ils marchent Tun vers Tautre. Ainsi donc, comme Newton Ta lo premier précisé, quand deux corps agissent Tun sur l'antre, la réaction est égale et contraire à Faction.

Cxpérienoea et applioations. — I. Enlever à la main un corps lourd. Pour estimer Teffort ainsi exercé, faire passer sur une poulie suspendue la corde attachée à ce corps et, au bout libre de la corde, attacher un petit plateau où l'on mettra des poids Jusqu'à ce que le mouvement d'élévation du corps soit, sous l'influence de ces poids, à peu près le môme qu'il était.

3. Placer deux aimants de manière qu'ils fassent un angle, et vers le sommet de l'angle une

Fetite balle de fer ; en supprimant successivement action de chaque aimant, constater que la balle obéit à Taimant resté ; quand les deux aimants agissent ensemble la balle suit une direction que Ton marque et que Ton reconnaît être la diagonale du parallélogramme construit sur les deux premières directions.

.1. Tirer un corps à deux, suivant deux directions angulaires : le corps suit une direction plus voisine de la plus grande force que de l'autre.

4. Faire passer une corde sur deux poulies fixes suspendues à une certaine distance l'une de l'autre; suspendre au milieu de la corde un poids de 4 kilogrammes, à l'une des extrémités 1 kilogramme et à Tautre un poids de 2 à 3 kilogrammes qui établisse Téquilibi^e. Faire mouvoir les deux poids extrêmes et consuter la direction que suit le poids central.

5. Suspendre à un dynamomètre une romaine chargée et déjà équilibrée qui porte sur son plateau un poids de 4 kilogrammes. Constater qu'elle indique au dynamomètre ce poids, augmenté de celui de son curseur et 'de celui de la romaine, et que ces trois forces verticales ont ainsi une résultante égale à leur somme.

(>. Poser sur un support une règle légère dont les deux bouts sont inégalement chargés, et vérifier que le point d'appui partage la règle en deux parties inversement proportionnelles aux poids.

7. Pour vérifier le mouvement qu'imprime à un corps un coupiez suspendre à une licefle un vase muni à sa portion inférieure de deux tubes dianictralcment opposés,, recourbés et ouverts. Verser de l'eau dans le vase : elle s'écoule par les deux ouvertures latérales, et le vase tourne d'un mouvement continu fHaraucrtnri.l

F4MIKTS. — Botanique, Tl, XVI. — Définition, — Les fnrèts sont de grandes réunions d arbres qui couvrent de vastes étendues de terrain On désigne souR le nom de boi* les forêts de moindrn surface. Dans les pays civilisés, les arbres dont la ^é\lDion constitue la forêt sont cultivés surtout en tue de la matière ligneuse qu'ils produisent ; ce n'est que rarement qu'on leur demande des écorces ou du liège.

Déve Offpemtfnt et étendue des forêts. — Depuis longtemps, on a remarqué que 1 étendue des forêts qui couvrent un pays est en raison inverse I

de sa civilisation. La Gaule était revêtue d'un manteau continu de forêts, alors que ses habitants étaient encore sauvages. Peu à peu, la population augmentant, ses besoins ont grandi, les arbres ont été abattus d une façon aveugle et désordonnée ; les forêts amoindries ont graduellement reculé leurs limites, et beaucoup d'entre elles ont disparu. La disparition des forêts entraîne avec elle, dans nombre de localités, la stérilité du sol, les brusques variations do température, et par suite les inondations. Si l'on en Juge par l'histoire • de la Grèce, de l'Italie et du nord de l'Afrique, il semble que la décadence des nations qui habitaient ces contrées ait coïncidé avec la disparition complète des forêts qui les couvraient.

La surface totale du territoire français recouverte par les forêts est actuellement de plus de neuf millions d'hectares, sur lesquels six millions d'hectares appartiennent à des particuliers ,* deux millions appartiennent à des communes, et un million cent cinquante mille hectares environ au Domaine. Lo revenu de ces forêts est aujourd'hui , de quarante millions de Iran es.

Sssenc'fi forrgtiéret, ^ Les principales essences que l'on rencontre .dans les forêts de l'Europe centrale sont : le hêtre, le chêne, le charme, le boul*fau, le tremble, le sapin^ le pin eylvestre^ Vipinff, le Loudrier, le mélèze, V érable et l'acacia.

Le biais, — Le iprand développement de l'axe on ti^ des végéuux que nous venons de nommer, développement qui leur vaut le nom d'arbres, est la conséquence delà production abondante et longtemps continuée de la substance qu'on appelle bois ou ligneux.

N'ayant pas consacré d'article spécial à l'étude du bois, nous entrerons ici dans quelques deuils sur la structure du tissu ligneux (V. aussi Tissus vé» gétaux), les propriétés des différents bois, et leurs* principaux usages.

Si pour reconnaître la position et la structure du bois ou ligneux qui entre dans la constitution d'un arbre, nous pratiquons une section transversale dans la tige de celui-ci, nous rencontrons en allant du centre à la périphérie :

1* Dn tissu central composé de grandes cellules à parois minces an moins pendant les premier» temps de la vie, mais qui peu à peu épaissit ses pa» rois et prend une consistance parfois très solide ; ce tissu se nomme moelle ou médulle interne;

V* Un cercle de tubes très étroits qui présentent dans leur intérieur un ou plusieurs filaments enroulés en sphrale ; chacun de ces tubes s'appelle trachée, et leur ensemble forme Vétui métiuUaire; la présence de ces éléments n'est fadlo à constater que dans les tiges encore Jeunes ;

.)* Autour du cercle médullaire, on distingue une série d'anneaux concentriques adhérenu les unsanx autres ; chaque anneau est le résulut de la végétation d'une année : c'est un composé de fibres très «àîlofigées et de tubes volumineux ou vaisseaux. Les vaisseaux sont d'autant plus volumineux et d'auunt plus nombreux qu'ils se sont formés au commencement do la végétation. Inver^ sèment, les fibres sont d'autant plus nombreuseset par buite d'auunt plnn étroites qu'elles se forment plus près du temps pendant lequel la végéution est interrompue : hiver pour les pays froids» saison sèche pour les pajrs chauds. Selun les conditions dans lesquelles la plante végète, la zone ligneuse oui se forme chaque année e^t plus on moins épaisse ; dans les sapins de Norvège, son épaisseur ne dépasse pas un millimètre De l'inégale densité des diverses régions de chaque couche annuelle résulte une difl'érence d'aspect entre le bois d'hiver d'une année ot le bois de printemps de Tannée suivante. Telle est l'origine des zones concentriques que Ton remarque sur la section transversale du bois des arbres de nos lorêtA

FORÊTS

FORÊTS

On nomme boU Tensemble de ces fibres et de ces vaisseaux. On appelle bois de contr ou duramen le bois le plus anciennement formé, c'est-à-dire celui qui entoure la moelle ; et aubier le bois nouvellement formé; celui des dernières années.

4* Vient ensuite une xone de tissu générateur ou cambium^ qui fournit chaque année une couche de bois par sa face interne, et une couche de liber ou écorce fibreuse par sa face externe.

5* Extérieurement à la zone cambiale, on trouve Véeorce fibreuse^ puis le liège ou. suber; ce dernier tissu résulte de Tactivité d'une sone génératrice appelée phellogène.

Pour terminer la nomenclature des différentes ' parties de la Use des arbres, il faut encore citer les lames parenchymatenses qui vont de la moelle à récorce, en traversant toute l'épaisseur de la xone ligneuse dans le sens d'un rayon, et que Ton nomme rayons médullaires,

La disposition des fibres et des vaisseaux, leurs dimensions, fournissent des moyens de distinguer les boip les uns des autres ; ainsi le chêne, lo châtaignier, ont des vaisseaux très gros ; ceux de l'orme et du frêne le sont un peu moins ; viennent ensuite, par ordre de grandeur, ceux du bouleau^ des érables ; les conifères sont complètement dépourvus de vaisseaux. Quand le calibre des vaisseaux diffère peu de celui des fibres, on a des bois homogènes : tels sont ceux du charme, de Vérable et des bols blancs.

Quand le diamètre interne des vaisseaux et dos fibres est sensiblement le même, et que de plus il «st très petit, on a des bois susceptibles d'un beau poli (poirier). Les bois composés de fibres longues groupées en faisceaux^ comme cela se voit chez le chêne, sont très propres à^la fente.

Les principales propriétés physiques et mécaniques des bois qu'il nous importe de connaître sont : leur densité, leur résistance et leur puissance calorifique,

La densité réelle de la matière ligneuse est un peu supérieure à celle de l'eau ; on le montre en Jetant dans l'eau une pincée de sciure de bois: au bout de quelque temps, on la voit descendre au fond du vase. Les bois en bloc ne flottent à la surface de l'eau que parce onlls contiennent une Quantité d'air notable. Voici les densités apparentes es principales essences de bois : chêne, 0,86 à 0,78 ; pin, 0,80 à 0,48 ; frêne, 0,78 à 0,69 ; chftuignier, 0,65 ; nètre, 0,84 à 0^64 ; alisier blanc, 0,75 ; érable sycomore, 0,74 ; charme, 0,69; bouleau, 0,54 ; aune, 0,47; orme, 0,68 ; saule, 0,41 ; peuplier, 0,41 ; peuplier d'Italie, 0.33. La densité d'une même essence Tarie avec le climat, le sol, l'exposition, l'âge et la partie de l'arbre que l'on considère ; elle est plus grande au midi qu'au nord, dans les terrains «ecs que dans les sols humides, au cœur et à la partie inférieure d'un arbre qu'à l'aubier et aux rameaux.

Les qualités du bois au point de vue de la résistance se laissent diviser en résistance à l'écrasement, résistance à la rupture et fissibilité. Rondelet rapporte qu'un cube de chône sur la face supérieure duquel on place des poids dont la pression s'exerce dans le sens des fibres, ne s'écrase que sous une charge d'environ 400 kilogrammes par chaque centimètre carré de surface pressée. La résistance à l'écrasement décroît avec la hauteur delà pièce comprimée, la surface pressée demeurant constante. Dans la pratique, par mesure de prudence, malgré la grande résistance des pièces de bois à l'écrasement longitudinal, on ne leur fait guère supporter qu'une cbarge permanente égale seulement au dixième de celle qui occasionnerait leur rupture.

La résistance d'une pièce de bois à la rupture transversale est bien inférieure à sa résisUnce à l'écrasement. Pour s'en faire une idée, on place une pièce de bois sur deux appuis éloignés et on dispose des poids soit sur son milieu, soit dans

toute sa longueur. Selon la pression exercée, .trois cas peuvent se présenter : 1* la pièce» après avoir fléchi sous la pression, reprendra sa position première lorsque le poids cessera d'agir ; 2* la pièce pressée restera plus ou moins infléchie ^rès Tenlèvement du poids ; 8** elle se rompra. Dans le premier cas, la pièce de bois a repris sa forme ea vertu de son élasticité; dans le second, cette propriété a été altérée partiellement ; dans le troisième, le nombre de idlogrammes qui occasionne la rupture représente la limite de résistance des bois à la flexion. D'après M. Gbevandier, un madrier de sapin de 4",25 de long, sur 0"»245 mill. de large, et 0",055 mill. d'épaisseur, se rompi sous une charge de 900 kilogrammes appliquée en son milieu,, la mstance des appuis étant de 3 mètres. Un chevron de chêne de 4 mètres de long, de 0^,075 mill. de large et de 0"b,08 cent, d'épaisseur se rompt sous une pression de 640 kilogrammes appliquée «o son milieu, la distance des points d'appui étant de 3 mètres. Il semble donc d'après cela que les bois résineux et les bols blancs possèdent une plus grande élasticité que les bois secs et dura.

Si Ton frappe la section supérieure d'une bûche placée debout, du tranchant d'une hache lancée avec une force suffisante, la bûche se fend dans sa longueur. On a donné le nom de fissibilité à la facilite plus ou moins grande qu'ont les boia d'eue fendus dans le sens de leur longueur. Le degré d'humidité et la température exercent une grande influence sur cette propriété. Les bols verts venus sur un sol fertile sont les plus faciles à fendre selon leur longueur. Les essences très p^ropr» à la fente sont le sapin, le pi», le châtaignier; celles qui se fendent assez bien sont le chêne, U hêtre, le frêne, l'aune, le saule. Les bois qui se fendent mal sont : l'orme, le poirier, le chamae.

J^ puissance calorifique des bois, c'est-à-dire U

Suantité de chaleur ou'ils dégagent en brûlant, épend du carbone et ae l'hydrogène qu'ils renferment en excès. D'une manière générale on peut dire que les bois les plus denses sont ceux qui dégagent le plus de chaleur ; c'est ce que montre le tableau suivant dont nous empruntons lea élémenu àM. Frézard:

KATUEB

DBt BOIS.

Chêne rouvre..

Charme

Sapin

Aune

Pin

POIDS du stère da bois sec

«n kilogrammes

KOlfBRB de ealoriei coBtenaes

dans UB stère.

RAPrOBT

de 1a pnisBAac'.

CaloriSqoe des bois eetreeax,

celte du rondin de eb<e:

Dans le commerce les assortiments de bois de chauffage sont connus sous les noms : 1** de bois neuf : c'est celui qui arrive )>ar bateaa on par charroi ; il est subdivisé en bois pelard, dont Técorce a été enlevée pour faire du tan, et bois couvert, qui n'a pas été écorcé ; ce dernier^ comme puissance calor ifique, est inférieur au bois pelard ; 2** de boi^ flotté, qui se transporte par train ou à bûches perdues par les rivières. Le bois flotté qui n'a fait qu'un court trajet dans l'eau est dit 6oû de aravier.

Il importe aussi, pour bien apprécier les propriétés calorifiques du bois, de tenir compte de la manière dont la chaleur se déga^^e. Péclet a remarqué que les bois durs ne brûlent d'abord qu'à leur surface ; les gaz inflammables contenus dans la bûche se consument peu après Tintrodactioa

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du bois dans le foyer ; le centre du bois s'échauffe et toute la bûche est transformée en une masse incandescente. Pour ces raisons, les bois durs sont recherchés pour le chauffage des appartements. Les bols légers se déchirent sous 1 action de la chaleur, le charbon brûle tout entier en mdme temps que les gas, Tahr les pénétrant de toutes parts. Les industries où Ton a besoin d'une chaleur vive et d'une flamme longue et incessante, comme A boulangerie, n'emploient que des bois légers. Les causes qui peuvent modifier les propriétés physiques et mécaniques des bois sont ou accidentelles ou permanentes ; les premières sont plutôt désignées sous le nom de défauts.

Les principaux défauts au bois sont : la rot*- /ure, la gilivure ou géUitre, la cadranure, la torsion, la ïunure, la pourriture sèche. On entend par roulure la séparation de deux couches annuelles contiguGs sur tout ou partie de leur circonférence ; elle se produit au pied de l'arbre et ne s'étend pas sur une longueur de plus de deux mètres. Aucun signe visible à l'extérieur n'indique cet accident. La géliure est une fente longitudinale qui va du centre à la périphérie de l'arbre, où elle se manifeste d'une manière visible sous forme d'un double bour]:elet. La géliure se produit par les froids intenses, principalement au pied des arbres, et sur une longueur assez grande. Une pièce géliée est toujours de mauvaise qualité. La cadranure consiste en fentes oui vont du centre à la circonférence du bois ; ces fentes se distinguent de celles qui proviennentdela dessiccation du bols par leurs teintes noirâtres; la cadranure se manifeste sur les arbres dépérissants, et coïncide toujours avec un commencement de pourriture. Lorsque les fibres d'un arbre décrivent autour de son axe des hélices ou spires plus ou moins allongées, ces bois sont dits tors ou virants; ce défaut se reconnaît extérieurement parce que les cannelures de Técorce semblent tordues autour de l'arbre. La lunure consiste dans la présence de couches ligneuses parenchymateuscs très développées entre des zones ligneuses fortement épaissies. La pourriture sèche est une maladie qui attaque les arbres et qui a pour effet de transformer la partie attaquée en une poussière fine.

Les causes permanentes de détérioration des bois sont dues à la présence des substances albumineuses dont ils sont imprégnés; même après une dessiccation prolongée, le retour de l'humidité suffit à provoquer leur décomposition et par suite la désorganisation des tissns ligneux. La présence des substances azotées contenues dans l'intérieur des bois les rend sujets à être attaqués par les insectes, scolytes, etc. Un grand nombre de champignons et de bactériens attaquent le bois et le détruisent; les principaux sont le bacillus qmylo' bacter et Vachiya ligmcolfi. Pour préserver les bois des causes permanentes de destruction, on pratique l'opération connue sous le nom de conse>'vation des bois. On doit à M. Boucherie les premières tentatives de ce genre. Ayant remaraué que les arbres conservent leur force d'aspiration

Slusieurs Jours après l'abattage, ouand on a soin e leur laisser une quantité suffisante de branches earnies de feuilles, M. Boucherie plongea rextrémiié inférieure d'un arbre, placé dans ces conditions, dans une solution de pyrolignite de fer ; en trois Jours, ce sel avait imprégné toutes les fibres de l^bre. On ne tarda pas à reconnaître

3UH l'oxyde de fer, produit par la décomposition u pyrolignite, altère le bois ; ce sel ne possédait pas d'ailleurs des propriétés toxiques assez mar^ quées pour éloigner les vers et les tarets ; en outre, la manipulation de ces grandes pièces de bois rendait l'usage de ce procédé bien dispendieux : on y renonça bientôt. Depuis lors, M. Boucherie a remplacé le pyrolignite de fer par le sulfate de f Pan TiB.

cuivre. Malheureusement ce dernier sel coûte cher et rend le bois difficile à travailler. Los pièces de bois débitées en grume sont injectées sous l'influence d'une forte pression. MM. Légé et Fleury- Pironnet emploient un autre procédé. La pièce à préparer est placée dans un large et long cylindre en cuivre ; on fait passer un courant de vapeur d'eau dans ce cylindre, puis on y fait le vide pour faire sortir l'eau et les gaz du tissu ligneux ; après quoi^ on fait pénétrer le sulfate de cuivre sons une pression de dix atmosphères ; en trois quarts d'heure l'opération est terminée. Par ce procédé, la préparation d'un mètre cube de bois ne coûte que sept francs. Il est à remarquer que plus un bois a de propension à s'aller, plus il s imprègne rapidement de sulfate de cuivre.

Exploitation des bois, — La série des opérations dont l'ensemble constitue l'exploitation d'une coupe de bols peut se résumer ainsi qu'il suit : 1* Vabattage^ 2* le façonnage, s- VenUvement des produits. Disons tout de suite que par le nom de coupe on entend la partie d'une forêt dont le produit doit être recueilli dans l'année. Dans une exploitation régulière, la forêt est divisée en un certain nombre de coupes; et ce n'est guère que tous les vingt-cinq ans que la cognée repasse sur les mêmes points.

Passons rapidement en revue les diverses opérations d'une exploitation. Avant de procéder à l'abattage proprement dit, on commence par nettoyer le terrain en enlevant toutes les plantes rampantes telles que roneesy etc. Ce premier travail, sans résultat au point de vue de la vente, puisque ces menus liés en bottes se vendent à peine le prix qu'ils ont coûté pour la façon, a pour but de dégager la circulation. Dans les terrains humides, la première exploiution d'un tronc de Uillis doit être faite à 15 ou 20 centimètres du sol ; de cette manière on évite la pourriture de la souche et on provoque la formation de Jets vigoureux et nombreux. Dans les terrains secs, sablonneux, le taillis doit être coupé plutôt au-dessous qu'au-dessus du sol. Le bois doit être coupé lorsque les liouides nourriciers ont cessé de circuler dans la plante. L'expérience a montré que lorsqu'il s'agit d abattre des bois blancs sur un terrain humide, il vaut mieux le faire en février et mars. S'il s'agit de bois durs sur des terrains secs, on choisira octobre et novembre. Le bois abattu est réuni en ramiers ou tas. Sur les ouinze mois que dure l'exploitation d'une coupe, rabattage doit être fini le IS avril, si on ne fait pas d'écorce, et le 15 mai, si on écorce les chênes. Le taillis doit être abattu ras de terre. La futaie de moins d'un mètre de circonférence^ pouvant reproduire des rejets qui, sous le nom de cépées, donnent, à la coupe tuivante, beaucoup de bois de perches, il importe,pour favoriser la pousse dos rejets : 1* de ne pas détadier l'écorce de la souche, 2' de donner à la surface de l'entaille de cette souche une forme convexe, afin d'empêcher l'eau d'y séjourner. Pour les futaies qui dépassent un mètre de circonférence, à hauteur d'homme, on coupe l'arbre en tranchant ses racines ; on fait ainsi les copeaux dans ces derniers organes au lieu de les faire dans la tige, et souvent, par cette précaution, on obtient une pièce d'un classement supérieur dans la marine. Une fois l'arbre abattu, il convient d'arracher complètement ses racines, puis on comble le vide, et sur la terre ameublie on fait une nouvelle plantation. En principe, quelle que soit la taille de la futaie, l'abattage et les copeaux qui on résultent doivent tonjours être pris dans la culée de l'arbre, ou comme nous l'avons vu, si la souche doit rester Improductive, dans les racines.

Avant d'entailler l'arbre pour le faire tomber, âl convient de couper, sur l'arbre debout, les branches dont la grosseur, le poids ou la position pourraient provoquer des cassures dans la chute. £«

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chuto d*an arbre doit se fairo dans un sens déterminé par des circonstances telles que le vent, Tentourage à préserver, ies branches à ménager. Le façoimage oa YutUisaiUm des produits d'une Qoupe a pour but la meilleure préparation possible - des bois abattus. Gomme Indications générales , nous nous contenterons de mentionner les principaux usages des bols do taillis et des bois de futaie. Les plus gros brins de taillis servent à faire des sabots ; 3n recherche pour cet usage le bouleau et le hêtre ; on emploie parfois, à défaut de ces deux essences, Faune et le tilleul ; le cliône et le charme sont reietés comme trop flssibles. Les bois de hêtre et de bouleau ne sont employés à Tusage que nous venons d'indiquer qu'après avoir subi un commencement de fermentation. Les brins de taillis de 13 à 15 centimètres de circonférence sur 2 à 3 mètres de longueur sont transformés en perches ou convertis en échalas ; parfois ils servent à fairo des claies. Les essences les plus recherchées pour ce dernier usage sont Taune et le tilleul. La condition exclusive de durée pour ces bois ost Tenlèvement de Técorce sitôt après Tabatage. Les tiges grêles sont mises en bourrées ou transformées en hnrts; ce dernier usage, qui décuple la valeur

Su'elles auraient on bourrées, n*est applicable que ans les forêts situées & proximité des rivières. Le reste du bois est transformé en bols à brûler, en charbonnettes, ou en fagots. Les bois durs, tels que le chêne, le hêtre, n'exigent, pour être transformés en bois à brûler, que d être sciés à la longueur en usage dans le pays ; les bûches de bois blanc doivent être fendues aux mois d'avril et de mai pour leur permettre de sécher ; cette opération, qui leur fait perdre la moitié de leur poids, est indispensable pour qu'ils puissent brûler en dégageant quelque chaleur. Un stère de bûches régulières pouvant servir à faire des pieux ou des tuteurs se vend en moj^enne douze francs en forêt. Un stère de houpiers irréguliers vaut de sept à dix francs. Lorsque le chêne abonde dans le taillis d'une forêt, il y a lieu de l'écorcer; tout morceau dont le volume peut remplir la main de rabatteur doit être écorcé ; les brins destinés à Técorçage ne doivent être abattus qu'en mai. Au-dessous d'un diamètre de 20 centimètres, les brins de bois ne peuvent plus servir qu'à faire des fagots, des cotrets, des charbonnettes, ou des bourrées si les ramilles sont trop abondantes. Les belles pièces de bois de futaie doivent être offertes à la marine ; si elles manquent de longueur, on les transformera en merrains^ en lattes^ ou en bois de sciage et alors, selon le grain du bols, on en fera du parquet, de la membrure ou de la planche; ce n'est que dans les besoins extrêmes qu'on les transforme en bois de charpente. Les futaies de hêtres soigneusement réservéus sont iransformées en larges p/ateaur, en moules, en meubles, ou en traverses do chemin de fer; grâce à des injections de sulfate de cuivre, la durée de ces ti-averses est illimitée.

Vtn'rvement des produits ou la vidange d'une coupe doit être fait le plus rapidement possible. Le Code foestier accorde à l'exploitant jusqu'au IS avril de l'année qui suit l'exploitation. Le passage des voitures et des hommes dans une coupe, qui ' peut se faire impunément tant que la végeution est endormie, cesse d'être possible dès le mois de mai, lorsque la végétation a repris son cours. L'administration des Domaines, pour éviter les dégâts occasionnés par le passage des exploitants dans les coupes, fait abattre et façonner sur place les produits el les fait porter immédiatement sur les chemins. Ses coupes sont toujours vidées dès le mois do juin et parfois dès le mois de mai ; elle gagne ain.vi une année, et évite la destruction d'un grand nombre do sujets dans la coupe future. Pour terminer l'exploitation, il ne reste plus qu'à issainir la coupe, curer les fossés, en ouvrir do

nouveaux, puis repeupler les rides, places à durbon, ou terrains remués par Tarrachage.

Adminiatration des forêts. — Les bcis soumis au contrôle forestier de l'Etat, en France, sont divisés en triages^ brigwies et cantonnementi. U triage est une surface de forêt de S à 600 hecum. dont le surveillant s'appelle garde. Quatre vn^^-% forment la brigade^ dirigée par un brigadier. U cantonnement est une réunion de bng&des qui contient de 6 à lOOOO hectares de forêu, sous u surveillance d'un garde oénéral; ces derniers a^ots se recrutent parmi les élèves de l'Ecole fore»tièf¥: ils surveillent les gardes, les semis, les plantatians, les travaux de routes, Tarpentage, le balivage et la récolement des coupes. Des inspecteurs poursuivent les délits devant les tribunaux. Les eonsertaimrs réunissent tout le contrôle des diverses parties da service, et relient toutes les parties de l'administration au directeur général, L'Algérie a un serrice forestier spécial.

Liège. — A propos des forêts de l'Algérie, nm dirons quelques mots de l'exploitation da lié*e. Le chêne-liège ou surrier, en latin çuerau taber^ est l'arbre qui produit tout le liège eiplotti On le cultive en Algérie, dans toute l'Europe méridionale, et dans quelques départements français, en particulier dans le Lot-et-Garonne et éici k% Landos. Le chêne-liège doit être semé suranssl mi-partie argileux et mi-partie sableux; il craint l'humidité ; on ne peut songer à le repiquer; toates les tentatives faites en ce sens n'oot amené que des déceptions.

Lorsque le chêne-liège atteint sa vlDgûême année, on enlève sa première écorce nommée cinon. Le canon n'est propre qu'à faire da fea. Dix ans plus tard, on enlève de nouveau l'écorce du chêne ; cette nouvelle écorce ou rec'in n d'cj; propre qu'à faire des flotteurs pour les filets éa pêcheurs. A quarante ans, l'arbre donne ses prt* micrs produits marchands, encore sont-ce in rebuts de jeunesse. C'est seulement à partir > cinquante ans que le revenu de l'arbre derioai régulier, et qu'il va dès lors sans cesse s'atnélidrant. Pour écorcer le chêne-liège, un ouTrier fend l'écorce à coups de hache de haut en bu en un certain nombre de points, puis perpe.'idio laircment à cette direction ; la surface de Tarbfe est ainsi découpée en un certain nombre de pUques. Les fentes terminées, l'ouvrier introduit i^tre la peau et le liber le bout aiguisé du mmcbe de sa hache; l'arbre se laisse assez fadlemr.t dépouiller. Doux ouvriers sont nécessaires p-sa.* peler un arbre. Les ôcorces sont mises en tss oi marc.

En movenne tous les dix ans un chëne-Iit.'^ produit de 20 à 30 kilogrammes de liège isr* chand. Les chênes-lièges sont très sensibles m froids, aussi sont-ils fort éprouvés par les hivt-^ rigoureux. Un ennemi non moins redoutable p^c eux, c'est le Bombyx dispar, c^vd les dépouille li*fois complètement de leur feuillage.

Les quelques plantes qui produisent da li^-^ en quantité un peu considérable, en dehors n chêne-liège, sont l'aristoloche subéreux, et h^ riété d'orme champêtre dite subéreuse ; enoert pour cette dernière plante croit-on que son Uhp est une maladie de sa surface.

Forêts des territoires extra-européens. — Oa n'a guère de données sur les forêts autres qœ celles do l'Europe. Toutes présentent ce caractèn commun qu'elles sont spontanées; U culture ea l'exploitation rc^gulière de l'homme n'v intern«>*L'( nullement: aussi un grand nombre d entre elks soQt-ellcs menacées de disparaître chaque joard^ vant les défrichements entrepris par les colons européens. De toutes les essences forestières de l'Amérique du Nord, les Conifères sont les plas abondants et les plus développés ; on vroare a

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core dans les gorges des Sierras de la Californie des IVellingtonia gigantesques dont la hauteur dépasse 80 mètres.

Les principales essences forestières de TAmériqne du sud appartiennent aux Téribinthacée»^ woLx Malvacées et aux Palmten. Les lianes ou végétaux grimpants y prennent un développement extraorainaire. La forêt africaine est caractérisée par do nombreux Palmiers et par le Baobab, Les forêts de TAustraiie nous présentent les gigantesques Eucalyptus, les Protéacées, les vrais Aca- €sa«, toutes plantes à feuillage persistant, à bois résineux, souvent odoriférant et incorruptible ; la forêt australienne diffère de toutes les autres parce

3 ne, par suite d'une disposition spéciale des feuilles e ces nombreux Eucalyptus et Acacias (V. Feuille), U lumière du soleil peut pénétrer Jusque dans les fourrés les plus épais, on désigne souvent les forêts de TAfrique et de TAmérique du sud sous le nom de féréls vierges, [C-E. Bertrand.]

Notions do sylTlooltiiTo. — Agriculture, XX. — Les forêu sont naturelles ou artiflcielles. Les premières sont celles que l'homme n*a pas créées et qui se sont maintenues d^Âge en àgo sur une surface donnée. Les secondes sont celles qui ont été créées par des semis faits de main d'homme sur des terrains incultes ou vagues, ou sur des parties de forêts détruites par une cause ou une autre.

L* étendue des forêts est très variAble dans les diverses parties de la France. Dans quelques régions, les anciennes forêts ont été à peu près totalement détruites. Néanmoins la proportion de bols 3ue compte notre pays est d'environ 17 pour li)0 e la surface totale. Les départements qui comptent la plus grande superflcie boisée sont, par ordre d'importance : la Meuse, le Var, la Hautc-Saêne, la Drême, les Landes, le Doubs, la Cêted'Or, le Jura, les Vosges, les Alpes- Maritimes, l'Isère, TAin ; ceux, au contraire, qui ont les plus faibles surfaces boisées, sont : le Nord, le Pas-de-Calais, le Calvados, les Côtes-du-Nord, lUe-etr Vilaine, les Deux- Sèvres, la Creuse, la Mayenne, la Loire-Inférieure, le Morbihan, la Corrèze, la Manche, le Finistère et la Vendée. Les masses forestières les plus étendues sont : la forêt d^Orléans (Loiret), qui couvre 45,650 hccUres; celle d'Esterel (Var), avec 26,847 hectares ; celle de Fontainebleau (Seine-et-Marne), avec '22,298 hectares ; celle de Chaux (Jura), avec 19,503 hectares; celle de Compiègne (Oise), avec 14,385 hectares; celle de Rambouillet (Seine-et- Oise), avec 12,818 hectares ; celle de Larum (fiasses- Pyrénées), avec 12,000 hectares.

En Europe, les pays les plus boisés sont la Suède, la Russie, la Bavière et TAutriche ; ceux dans lesquels les défrichements ont pris les plus grandes proportions sont la Grèce, l'Italie, rEspagne, le Portugal, les Pays-Bas et les Ilcs-Briunntques. Le Nouveau Monde compte une étendue forestière beaucoup plus considérable que l'ancien continent. Les défrichements ont encore respecté la forêt vierge sur d'immenses étendues; mais, dans quelques parties de TAmérique du Nord, les anciennes forêts ont déjà diminué dans des proportions très considérables.

L'exploitation des forêts est une science particulière qui demande des connaissances spéciales. Il ne peut donc être question ici que de donner quelques principes généraux sur llmportance des forêts, leurs produits et les méthodes adoptées pour en tirer profit.

L'importance des forêts, au point de vue agricole, est très grande Leur influence est, en effet, immense sur le climat, et par suite sur la production du soi. C'est d'abord par l'atténuation des variations de la température que cette influence se produit; il résulte, en effet, d'observations prolongées faites avec soin, que si les variations de tem-

pérature se font sentir sons bols comme en pajpe découvert, elles se produisent plus lentement et leurs écarts sont moins grands. La forêt sgit, ca outre, pour attirer la pluie et condenser l'humidité ; il résulte des observations de Becquerel que le sol forestier reçoit un quart de plus d'eau de pluie que les autres terrains ; cette pluie infiltrée lentement dans le sol alimente les sources. On voit celles-ci souvent tarir quand la^brêt est défrichée

En même temps qu'elles assurent Talimentatlon des sources, les forêts, dans les parties supérieures des bassins et des fleuves, empêchent la formation et le grossissement subit des torrents qui amènent le terrible fléau des inondations. Elles retiennent les eaux surabondantes et ne les écoulent que lentement; tandis que, si ces eaux tombent sur un sol dénudé, celui-ci n'en absorbe qu'une faible proportion, et le reste grossit les rivières, et les lait trop souvent déborder. Un des ingénieurs qui, en France, ont le plus étudié ces questions, Surrcll, conclut ainsi dans son étude sur les torrents: c Partout où il y a des torrents récents, ii n'y a plus de forêts, et partout où on a déboisé, des torrents récents se sont formés. Les forêts sont capables de provoouer l'extinction des torrents déjà formés. » L'intérêt public commande donc la conservation des forêts de monugnes, et dans beaucoup de cas la reconstitution de celles qui ont été détruites sTec une imprévoyance tout & /ait regrettable.

Un autre avantage des forêts, c est qu'elles améliorent la couche arable du sol sur lequel elics végètent. Les racines vont puiser dans les couches inférieures du sol la nourriture dont les arbres ont besoin, tandis que les feuilles et le menu bois qui, chaque année, tombent à la surface, s*y décom-

posent et augmentent la proportion d'humus de la couche supcrflciello. C'est une observation qui a été faite souvent, que les snciennes forôts dé-

frichées donnent pendant plusieurs années de très belles récoltes, sans qu'il soit besoin d'avoir recours à des en ferais.

Quels sont les sols qui conviennent le mieux à la culture forestière ? La ({uestion ne se pose pas pour les monugnes : on vient de voir le rôle salutaire que les forêts sont appelées à y Jouer. Mais ailleurs, il en est autrement, et ii faut rechercher dans quelles conditions les forêts sont le plus utiles, soit au point de vue général du pays, soit au point de vue particulier du propriétaire du sol. M. Bouquet de la Grye, conservateur des forêts, a parfaitement exposé ces conditions dans les termes suivants : « Les pays couverts de forêts dont le sol est d'excellente qualité, dit-il, seraient plus prospères si on défrichait ces forêts pour^ y laire des céréales ou des matières premières de i industrie. Le seul cas où il y ait intérêt à conserver ces forêts en bon terrain est celui où elles sont constituées d'arbres susceptibles de produire des bois d'œuvre supérieurs, car ces bois sont rares et leur production mérite certains sacrifices. L'intérêt des nations commande donc de défricher les forêts dont le sol est de très bonne qualité, sauf à consacrer & la production des bois d'œuvre une surface suffisante pour satisfaire aux besoins du pays. Par contre le même intérêt commande de planter en forêts les sols de mauvaise qualité, lesquels absorbent une main-d'œuvre hors de proportion avec les produits qu'ils donnent. Mais si l'on est d'accord sur ces principes, on ne l'est pas en général sur leur application. La rémunération du capital ligneux est encore trop faible pour notre génération qui, désireuse de jouir promptement, aime peu les reboisements. Dans les pays de montagne, où la terre arable est entraînée chaque année par les pluies, le cultivateur préfère perdre ce capiul plutôt que de le sauver par un sacrifice de reboisement qui en assurerait la conservation. Par

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«ontre. Il est toujours disposé à défricher; il ne regarde pas le plus souvent si le sol est bon par lu^mfime, il ne voit qu'une richesse d*hamns accumulée par le fait de la végétation forestière richesse qu'il peut réaliser en quelques années. Quand il a défriché, et par suite épuisé cette provision d*humuSf le sol, réduit à ses éléments minéralogiques ordinairement très peu fertiles, est laissé inculte et devient aride et improductif. Le particulier qui a défriché dans de telles conditions peut s*ètre enrichi, mais le pays s*est certainement appauvri. Aussi, quand on dit qu'il faut défricher les terres de bonne qualité, 11 est bien entendu qu*il ne s*agtt que des terres susceptibles de donner encore de bonnes récoltes, quand elles auront perdu leur provision d'humus ; ces terres deviennent chaque Jour plus rares, attendu que l'agriculture est contrainte, par suite du rencliérissement de la main-d'œuvre, à abandonner les terres médiocres, pour reporter tous ses moyens sur les bonnes terres Qu'elle soumet à une culture intensive. Le défrichement des furets de plaine situées sur un sol de bonne qualité est déjà si avancé en France, qu'on peut prévoir l'époque prochaine où la culture forestière sera confinée dans les sols absolument impropres à tout autre mode d'exploitation. » Dans ces derniers sols, des résultats très importants ont déjà été obtenus par le boisement des landes ou terrains incultes, notamment dans Quelques parties de la Picardie, dans la Sologne et aans les landes de Gascogne (départements de la Gironde et des Landes).

Les arbres qui composent les forêts sont divisés en deux grandes catégories : 1* les essences dites feuillues, qui se dépouillent chaque année de leur feuillage; 2"* les essences résineuses ou à feuilles

Sersistantes, qu'on désigne encore sous le nom 'arbres verts.

A la première catégorie appartiennent le chêne, le hêtre, le frêne, l'orme, le charme, Térable, le bouleau, etc. ; à la seconde, le sapin, les diverses espèces de pin, le mélèze, l'épicéa, etc., pour ne parler que des arbres qui croissent le plus communément en Europe.

Chacune de ces essences préfère, pour son développement complet, certains climats, certains terrains, ou une altitudo déterminée. Ainsi le hêtre se plaît particulièrement dans les climats tempérés, sur les sols frais et divisés ; le bouleau, au contraire, supporte beaucoup mieux les froids. S'élève à toutes les hauteurs, et se contente de toutes les natures de terrains, pourvu qu'ils ne soient pas excessivement compactes.

Il est rare, pour ne pas dire à peu près impossible, do rencontrer une forêt formée par une seule espèce d'arbres. Le plus souvent, elle est composée par des mélanges d'arbres feuillus ou résineux, dont les proportions varient dans chaque circonstance. Néanmoins les mélanges les plus fréquents sont le chêne avec le hêtre ; le hêtre avec les autres bois durs, comme l'orme, le frêne. le charme et Térable ; le hêtre avec le sapin ; le sapin avec le nin et le mélèze; le pin sylvestre avec le mélèze.^Il faut toutefois faire remarquer que, sous les hautes latitudes de notre hémisphère, la plupart des essences disparaissent successivement, et que, dans les forêts du nord, le bouleau domine presque exclusivement.

On donne le nom de sytviculture à l'art de cultiver les forêts. Cellfîs-ci peuvent être divisées en trois sortes, d'après la méthode d'exploitation adoptée :

1* Les taillis, ou forêts dont la reproduction s'o-

f)ère principalement par les rejets de souches et es drageons. Ce système repose sur la faculté que possèdent les souches d'un ^and nombre de végétaux lifçneux d'émettre des bourgeons qui se d éveloppent autour de celles-ci, lorsque la tige a

été coupée. Les boargeons qui se dévèlo^ peut au niveau du sol sont les plus vigourem, parce qu'ils émettent des racines qui leur donnent une vie indépendante. C'est poorqnd, dans l'exploitation des taillis, on coupe toujowi les souches le plus près possible du sol. Ijk a^ bres feuillus seuls peuvent être cultivés en taiiU?, car les arbres résineux ne poussent pas de bougeons à leur base. Les arbres feuillus de nos dimats sont presque tous propres à être exploités en taillis.

2<* Les fiUaies, c'est-à-dire les forêts dans 1^ quelles la reproîduction se fait par la voie di semis naturel, ot où les arbres se dévelopi>eot dans les conditions naturelles de leur existence. Ce système, qui est le seul à adopter pour les résineux, est également très bon pour les art»<et feuillus. Au fur et à mesure que les arbres se développent, on en diminue par des édaircies le nombre existant sur une surface donnée

3^ Les taillis composés, dits encore taiUis «rts fiitaies ou futaies sur taillis. Ce système est une combinaison des deux précédents. Il est caractérisé par ce fait que la reproduction naturelle des bois a lieu à la fois par semences et par rejets. On réserve pendant plusieurs périodes de rexploiuti»!i d'un taillis des perches ou baliveaux destinés à former de grands arbres. Le taillis composé donne donc à la foii les produits de la futaie et ceux ds taillis.

Les règles de l'exploitation sont variables sejrxat chacune des espèces de forêts. Mais, dans prpsqae tous les cas, une forêt doit être divisée en un certain nombre de parties qui correspondent au nombre d'années qui séparent chaque eonne de bois. On donne le nom de révolution à cette période de temps, et celui d^aménagement à l'opération qui divise ainsi la forêt.

Pour les taillis, la durée des révolutions à adopter varie beaucoup suivant les sols, les climats, les essences et les besoins du commerce. Les souches ne conservent pas indéfiniment la faculté de pous!t«> des rejets, et il faut faire dépendre la durée des révolutions de cette faculté. Les durées les plos communément adoptées, d'après cette règle, ^ot de vingt à trente ans pour les taillis de bois dnr% de quinze à vingt ans pour les taillis mélanines, ei de huit à douze ans pour les taillis de bols bUccs et de châtaigniers.

Quand on crée un taillis composé, oa laitue à chaque exploitation un nombre déterminé de baliveaux (on appelle ainsi des brins avant Tàge da taillis). La durée de l'exploiution des taillis est d'ailleurs la même que dans le cas du taillis simple. Mais afin que les arbres réservés ne fonnent pas après plusieurs exploitations, un couvert trop épais qui détruirait le taillis, on élimine, à chaque révolution, un certain nombre d'anciens baliveaux, 3u'on choisit parmi ceux qui présentent des signes e dépérissement. L'habileté du forestier consista à bien apprécier ces arbres et à établir une proportion convenable entre les sujets à conserver ou à abattre^ et la nature du sol, de l'essence et le climat. Dans le commerce, le bois des arbres des futaies sur uillis est généralement plus est une qae celui des arbres des futaies pleines.

L'exploitation des futaies peut se faire de diverses manières Dans les futaies dites pleines, lorsque les jeunes arbres ont atteint un certain développement, ils se gênent mutuellement; on prot-éde alors à ce qu'on appelle un nettoiement, qui consiste à enlever les arbres les moins vigoureux de manière à donner plus d'espace aux autres; ce premier nettoiement s'opère généralement lorsque la futaie a atteint dix ans. On procède à des netwiements semblables de dix en dix ans. Au bout de trente ans, cette opération porte le nom d*écùnrne; elle se fait dès lors à des intervalles moins np*

FORÊTS

FOSSILE

proches. Lorsqae la futaie a atteint l'âge d*ôtre exploitée, on commence les coupes dites de régénération. La première se fait plus ou moins considérable suivant les esiences; une deuxième et une troisième la suivent à des intervalles réglés d*après la force du Jeune plant qui se développe pour remplacer la futaie qui disparaît. La durée des révolutions dépend des essences ; elle varie surtout suivant la production annuelle du bois. Dans ce système, une iorôt est divisée généralement en on certain nombre de cantons d*étendue variable, suivant la rapidité de la croissance dans chacun d'eux, et qui sont successivement régénérés pendant la révolution. Ces divisions sont faites de manière à obtenir une production sensiblement égale.

Un autre mode d'exploitation des futaies est celui dit dejardmage. Il consiste à abattre chaque année dans foute rétendue d'une forêt les arbres dépérissants, de manière à ne laisser aucun vide, mais à permettre aussi aux Jeunes brins de se développer d'une manière régulière. Il présente des avanuges sérieux pour les forêts d'une faible étendue, suiv tout parce qu'il maintient toujours le massif, sans laisser le sol découvert.

Quelle est rinfluence des diverses méthodes d'exploitation des forêts sur la valeur des bois ? Les futaies produisent ce qu'on appelle les bois d*œuvre, c'est-à-dire les pièces propres à la construction, à la menuiserie, etc. Les branches des arbres fournissent des bois de chauffage et des fagots. Les taillis donnent, do même, des rondins pour le feu ; leurs produits peuvent aussi servir comme bois de sciage, merlains, lattes, échalas, etc. En ce qui concerne les bois d'œuvre, la qualité des bois varie sensiblement suivant le sol, le climat, ou l'exposition. En général, les bois provenant des fuuies sur taillis ont une qualité supérieure à celle des bois de futaies pleines ; toutes les autres conditions éunt égales d'ailleurs, le grain est plus serré et le bois est plus dense.

Cest en hiver que se font eénéralement les travaux d'exploitation des forêts. Dans cette saison la main-d'œuvre est moins rare ; puis, comme la ▼égéution est en repos, les dégâu que le travail produit toujours sur les Jeunes arbres sont beaucoup moins considérables. On discute souvent sur t'influence que l'époque d'abatage exerce sur la qualité et la conservation des bois ; on prétend presque partout que les bois abattus en sève sont moins bons que ceux abattus hors sève. Des expériences scientifiques n'ont pas été faites pour Justifier ou condamner cette opinion.

Un grand nombre d'ennemis s'attaquent aux forêts. Ceux qui y font le plus de dégâts sont les insectes multiples qui vivent aux dépens des arbres.

Il reste à parler des produits accessoires de la forêt.

L'ccorce de chêne figure au premier rang de ces produits. On sait que cette écorce renferme, en grande proportion, une substance appelée tannin^

Zui jouit & la propriété de conserver le cuir, .'écorce de chêne a une valeur relativement considérable, et dans les forêts en taillis où cette essence est en proportion notable^ on a toujours soin de procéder à l'écorçage quand on abat le uillis. L'écorçage doit se falrô en pleine sève, autrement l'écorce ne se séparerait pas régulièrement de Tarbre. Il faut donc n'abattre les taillis ou les baliveaux à écorcer que quand la sève est en mouvement, et enlever Técorce aussitôt après l'abatage. L'écorce est immédiatement séchée^ puis livrée à la tannerie. Le rendement d'un hecure de Uillis varie de 200 à 860 kilogrammes d'écorce sèche, suivant la qualité du Uillis. Depuis ouel- ■ques années, on a imaginé un système dit d'ecor- ^age à la vapeur, qui permet d'opérer en toute saison Le bois écorce prend le nom de bois pelard.

Les écorces d'autres arbres que le chêne renfer» ment aussi du tannin et sont parfois exploitées. C'est ainsi ou'en Russie les écorces de bouleau sont employées pour la préparation des cuirs diu de Russie, caractérisés par leur odeur spéciale.

Avec l'écorce, le produit accessoire principal des forêu est le charbon de bois. On trouvera au mot Charbon des deuils suffisante pour qu'il soit inutile d'insister ici.

Les pins, et surtout le pin maritime , donnent de leur côté un produit accessoire d'une grande importance : c'est la térébenthine. Les procédés employés pour recueillir cette substance ont été décclta à l'article Conifères. [Henry Sagnier.]

Oayrages à consulter : Guide du Foretiiert par Bouquet de la Crje ; Cukvre de» Arbree, par Lorens et Parade.

FOSSILE. — Géologie, IV. — Ce mot est la traduction du latin fàsstlie, venant de (aetum, supin de fodere qui signifie fouir. Les fusiies sont donc les objeta enfouis. De fait on donnait anciennement ce nom h tout ce qui était enfoui dans le sein delà terre. Bernard Palissy, mort en 1589, écrivait: « Fossiles sont les matières minérales pour lesquelles recouvrer faut creuser la tarre. » Depuis lors on a dit couramment charbon fossile, sel fossile, etc., pour désigner le charbon et le sel qu'on thre de la terre. Mais la science, en s'agrandissant et en se développant, a entraîné avec elle la nécessité d'un langage plus précis. Le sel fossile est devenu sél gemme ; le charbon fossile, suivant sa nature, a été nommé ligpite, houille ou anthracite. Pour toutes les matières minérales, le mot fosnie se trouve trop général et trop vague ; aussi son emploi dans ce sens tombe-t-il en désuétude.

Actuellement on ne donne le nom de fossile qu'aux débris ou traces des êtres organisés qui ont vécu dans les temps géologiques, et qui par conséquent sont enfouis dans les diverses couches ou assises qui constituent la croûte terrestre. Comme les êtres organisés, dont ils sont le^ restes, les fossiles se divisent en deux grands groupes: les fossiles végétaux et les fossiles animaux.

Toutes les parties des êtres organisés ne se rencontrent pas également à l'état fossile. Dans les végétaux, ce sont les bois, les graines et les feuilles qui se présentent le plus habituellement. Les fruita charnus et les champignons mous ne laissent pas de traces. Dans les animaux, les parties molles, d'une décomposition facile et rapide, ne se fossilisent à peu près Jamais. Au contraire, les parties dures, solides, pierreuses, comme les os et les co-

auilles, se retrouvent en très grande abondance ans le sein de la terre. Les coquilles forment parfois à peu près à elles seules des couches entières et même des assises assez puissantes, comme les faluns.

Les chairs des grands animaux n*ont été trouvées fossiles que très exceptionnellement, dans les assises les plus superficielles et les plus récentes géologiquement parlant ; encore faut-il qu'une cause toute particulière de conservation, le froid, intervienne. Cest ainsi que dans les boues glacées du nord de la Sibérie, on a parfois trouvé des mammouths et des rhinocéros à narine cloisonnée si bien conservés, quo les animaux carnassiers se sont nourris de leurs chairs. Hors ce cas tout spécial, on ne trouve pas compleu de grands vertébrés fossiles, et tout ce qu'on a annoncé comme dos hommes ou des animaux pétrifiés, diairs et os, doit être relégué dans les bixarrerles, les accidents, les Jeux de la naturo. Au commencement de ce siècle, on montrait à Paris un homme h cheval pétrifié. La pièce fit un certain bruit. C'était tout simplement une grosse concrétion de grès de Fontainebleau, qui, par un effet du hasard, avait pris des formes qui figuraient asses bien un homme à cheval. Il faut se tanir en garde contre ces illusions.

FOSSILE

FOSSILE

les fossiles, tant végétaux ^u*aniinaux, ne sont donc en général que des débris d'êtres organisés qui, pour la reconstitution des espèces, nécessitent des études sérieuses. Cest cette rocunstitution qui a fait la grande gloire de Cuvior. Avec quelques ossements recueillis dans les carrières à pifttre de Montmartre, 11 est arrivé à refaire des animaux d^espèces complètement éteintes.

Les fossiles peuvent avoir gardé leur état naturel. Ainsi le tèt calcaire de coquilles terrestres et surtout marines se retrouve souvent parfaitenent conservé, si bien conservé que parfois l'aspect nacré de l'intérieur, et les ornements colorés de Textérieur, existent encore. Les os aussi se aSafervent très bien. On retrouve même de la gélatine dans certains d'entre eux d'un âge géologique fort ancien. Ainsi Ton raconte qu'à une certaine réunion de aavants Italiens, on servit un potage fkit avec des ossements dMcbthyosaure, grand reptile des mers jurassiques. Mais U faut ajouter que 8*il y avait un peu de gélatine dans ce fameux bouillon, il ▼ avait encore plus de bitume.

D'autres fols les fossiles ont changé complètement de composition. On dit alors qu'ils sont pétrifiés. Ces transformations se font lentement; c est pour cela que les matières qui se décomposent npidement ne se pétrifient pas. Pour que la pétrifleation ait lieu, U faut qu'une molécule pierreuse ait le temps d'arriver pour remplacer successivemont chacune des molécules organiques à mesure qu'elles se détruisent. Parmi les fossiles figurent fréquemment des bois siliciflés. Cela tient à ce que ces bois se sont trouvés dans des conditions telles que des molécules de silice pouvaient se •ubstituer aux molécules du bois à mesure que celles-ci se décomposaient. Ces dernières venues ont si bien pris le lieu et place des autres, que le fossile, en changeant complètement do composition, n*a pas changé de forme et d'organisation. Certaines coquilles se sont métamorphosées ainsi en limonite ou peroxvde de fer hydraté, etc.

Autrefois on confondait assez volontiers les fossiles et les pétrifications. Il ne doit pas en être ainsi. Les pétrifications ne sont qu'une manière d'être de ceruins fossiles. Les fossiles forment un tout, les pétrifications simplement une partie de ce tout.

U y a aussi les pseudo-pétrifications : ce sont les remplissages et les moulages. Quand un débris organique, comme une coquille, présente un vide, ce vide se remplit habituellement de matières étrangères qui en prennent exactement la forme. Si la partie organique vient à disparaître, il ne reste plus que le remplissage auquel on applique aussi par extension le nom de fossile. C'est ainsi que dans le calcaire grossier dont Paris est bftti, on rencontre très souvent des espèces de tire-bouchons en calcaire compacte. Ce sont des remplissages d'une coquille turrlculée qu'on nomme cénte. Dans la craie, les remplif«sages en silice reproduisent exactement l'intérieur de certains oursms. Ces remplissages peuvent parfois remplacer avantageusement les matières molles qui ne se Con- •ervent pas. Dans les gisements de phosphorites, •i activement exploités pour l'agriculture, on rencontre beaucoup d'ossements fussiles : et les remplissages intérieurs des cr&nes ont permis d'étudier le cerveau de nombreux animaux actuellement éteints.

Parfois le débris organique, après avoir été enfoui, se décompose et disparaît, laissant purement et simplement un creux. Des matières étrangères peuvent venir remplir ce creux et reproduire exactement la forme extérieure du débris organique disparu. C'est tout simplement un moulage.

Il arrive aussi que le creux ne se remplit pas. On a dans ce cas un fossile que l'on pourrait

'appeler négatif, qui ne donne que Tempreinie du débris organique. Pour l'étudier, U est toujoun loisilUe de faire un moulage dans le creux.

Mais un très grand nomore de fossiles ne se produisent que sous forme de simples empreintes plates, intercalées dans des roches plus ou moins feuilletées. Cest la manière d'être de presque tous les fossiles végétaux. On les rencontre aplatis dans le sol comme dans les feuillets d'un herbier.

Nous venons de faire rénumération des fossQei proprement dits. Il faut y ajouter ce qu'on a nommé les fossiles physiologiques. Ce sont de simples manifestations d'êtres organisés. Les ploi communes sont les perforations de roches par les mollusques saxicaves. Certahies espèces de mollusaues ont l'habitude de percer les roches des bords de la mer pour s'y loger. Les mollusques et leurs coquilles ont habituellement disparu; seulement les perforations restent et suffisent pour démontrer l'existence des animaux qui les ont produites. Les fossiles physiolo^ques ont d'autant plus d'importance que parfois ils nous révèlent des populations animales dont nous n'aurions ja mais eu connaissance sans eux. Ainsi U surface de certaines couches de grès nous montre les traces d'un grand nombre d*annélides et de ven qui ont complètement disparu : il no reste d'eu que les marques laissées par leur passage sur le sable fin et numide du rivage. De même des empreintes de pas sur le sable ont révélé, dani des terrains fort anciens, toute une populatloo de grands reptiles, d'espèces variées, dont on n'a pis encore retrouvé les os.

Enfin on range aussi, par extension, parmi la fossiles, sous le nom de fossiles météorologiques ou physiques, des ondulations produites sur le sable fin par les vagues des temps anciens, et des empreintes de gouttes de pluie laissées également sur le sable par les orages des époques géologiques.

L'étudo dos fossiles est devenue si vaste et si importante qu'on en a fait une science à part, la paléontologie. Elle nous montre que les plantes et les animaux qui ont laissé leurs débris dans les diverses couches géologiques appartiennent à des espèces et même à des genres complètement disparus. Pourtant, plante ou animal fossile n*est pas toujours synonyme, comme certaines personnes le croient, de plantes et d'animaux éteints. Dans les couches superficielles, les dernières formées, on trouve des fossiles appartenant à des espèces encore vivantes.

Généralement, les fossiles varient suivant le niveau des couches dans lesquelles on les rencontre ; aussi ont-ils été d'un très grand secours pour classer les divers terrains. On a dès lors donné le nom de fossiles caractéristiques à ceux qui dans chaque terrain sont tout à la fois les plus abondants, les plus tranchés et les plus spéciaux. N

Il ne reste plus Qu*à parler de Timportante question do l'homme fossile. Cette question, qui a si fort agité les esprits, il y a un certain nombre d'années, est pourtant bien simple. Elle se réduit à savoir si l'homme a vécu avant la fin des périodes géologiques. Ces périodes ont fini avec la disparition des grands animaux éteints, l'éléphant antique, le mammouth, le rhinocéros de Merck, celui h narine cloisonnée, le mégacéros, etc.; avec l'extinction des volcans du centre de la France; avec la fusion des glaciers qui avaient envahi une bonne partie de l'Europe ; avec la disposition actuelle des terres et des mers, et la distribution des animanr et dos plantes que nous voyons de nos Jours. On a trouvé les débris de Thomme et surtout de son industrie dans les mêmes assises qui contiennent l'éléphant antique, le mammouth et le

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