‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 473 sur 562 · FRUIT · texte numérisé non relu

FRUIT

du

FRUIT. — Botanique, XI, XII. — (Etym.

IsLtin fructus),

1. Définition, —On appelle /}*t<tï lo résultat de la transformation de ToTaire postérieurement à la fécondation. La paroi ovarienne prend alors le nom de péricarpe ; les ovules contenus dans Tovairc deviennent les graines. Les plantes sans ovaire n*ont donc pas de fruit : tel est le cas des phanérogames gymnospermes.

Parfois le mot fruit est employé dans un sens restrictif^ et sert a désigner seulement le péricarpe ; dans ce qui suit, à l'exemple de plusieurs botanistes éminents, ce sera dans ce sens restreint que nous prendrons le mot fruit. (Pour tout ce qui concerne V ovaire^ se reporter à Tarticle Fleur; et pour ce ^ui touche la ^ratne^ voir ce mot.)

2. Oraanisation du fruit, — Puisque le péricarpe nW Que Tovaire accru, il en reproduit Tor-

Îpanisation, à moins que, postérieurement à la écondation, il ne se soit opéré dans cet ovaire des développements spéciaux ou des suppressions plus ou moms complètes de ses parties constituantes.

En général on distingue dans l'épaisseur du péricarpe trois xones ou couches :

1 * Une zone externe superficielle nommée épicarpe, ou peau du fruit;

2** Une zone superficielle interne, d'épaisseur très variable et de consistance souvent ligneuse : c'est le noyau ou endocarpe ;

S** Entre ces deux zones, une couche de consistance assez molle, qui a reçu les noms de mésocarpe ou de chair.

Lorsque le fruit est uniloculaire, les trois couches du péricarpe s*enveloppent régulièrement l'une lautre ; mais dans les fruits à plusieurs loges, Tendocarpe forme la paroi propre cies cavités intérieures, dont l'ensemble est ensuite embrassé par le mésocarpo et l'épicarpe (ex. : pomme, poire, nèfle, etc. ). Toutes les parties du péricarpe, qu'elles doivent devenir molles et charnues ou dures et résistantes, sont dues au développement de tissus de même nature que le liège ou suber ; ces tissus se forment entre les régions superficielles de l'ovaire et le s3rBtème de ses faisceaux nourriciers.

Cette organisation est un remarquable exemple d'emprunt physiologique, puisque souvent dans les fruits les tissus subéreux, essentiellement protecteurs, fournissent un appoint aux organes de réserves et à l'appareil disséminateur. A mesure que ces tissus spéciaux se développent dans le fruit, le sucre s'y accumule, tandis que les acides, le tannin, l'amidon y diminuent ; c'est ainsi que des raisins qui contenaient, au '29 août 1874, sur 100 grammes de substance, 5*' 4 de sucre et 3" 1 d'acide, contenaient

le 7 octobre suivant 12*' 6 de sucre et flù d'acide.

a. Déhiscence des fruits. — Pour laisser écbap per les graines, au'ils enveloppent, bon nombre defruits s'ouvrent à la maturité: ils sont déhiscents.

La déhiscence s'opère par division du fruit eo pièces distinctes qu'on nomme des valves. Cellesci se détachent l'une do l'autre aux sutarea. Les sutures sont distinguées en vraies et fausses sutures. Les sutures vraies correspondent aux bords des carpelles unis pour former la cavité ovarienne. Les fausses sutures sont des lignes de rupture qui coupent longitudlnalement les carpelles à Tépoque de la maturité.

Par opposition aux fruits déhiscents, il en existe un très grand nombre qui ne s'ouvrent pas à la maturité : ces fruits sont dits indéhiscents. Dans ce cas les graines ne peuvent devenir libres que par la désorganisation du péricarpe.

On a distingué trois modes de déhiscence des fruiu:

1* Vol déhiscence poricide ou apicUaire. Dans ce cas, un ou plusieurs trous se forment vers l'extrémité supérieure du fruit (ex. réséda, muflier» pavot, œillet);

2* La déhiscence transversale. Elle résulte d^une rupture transversale circulaire du péricarpe, sans rapport avec les feuilles carpellaires qui entrent dans la constitution du fruit (ex. mouron rouge).

3* La déhiscence valvaire. Cette dernière s'accomplit de trois manières dilTerentes : a) Dans is déhucence valvaire septicide, les carpelles constituants se séparent à la maturité par dédoablement des cloisons communes (ex. tabac) ; 6) Dans la déhiscence valvaire loculicuie^ l'ouverture du fruit se fait au milieu de la paroi externe de chaque logo de l'ovaire (ex. tulipe) ; c) Dans la déhiscmce valvaire septifrage^ les parois externes des loges de l'ovaire se détachent des cloisons rayonnantes et de la columelle centrale. Ce dernier mode de déhiscence est assez rare (ex. acajou).

 la maturité du fruit, certains péricarpes déhiscents s'ouvrent brusquement avec une force assez srande pour projeter les graines enfermées dans leur intérieur à une grande distance (ex. balsamine,. Hura crépitons ou sablier).

I. Classification des fruits, — Chaque forme de fruit a reçu des botanistes et du vulgaire un nom particulier. Ces noms sont assez nombreux pour

âu'on ait cru devoir entreprendre un classement es fruits. Parmi toutes les classifications proposées, nous adopterons de préférence celle de M. F. Dachartre, comme étant la plus claire et la plus simple. Dans le tableau synoptique ci-joint, en regard de l'ensemble des caractères d'un fruit, nous

FnniTB

apocarpés

ou

unicarpellôs

indéhiscents

à une ou

I deux graines

' déhiscents et <

généralement .

à plusieurs

ffraines } de

plus ils pré- '

sentent

déhiscents

FaviTS

syncarpés

ou

pluricarpellés

ind'hîscents (L'empli 'i rigoureux de ces six dcr- | niers noms est as!«(>t diriicilc).

donnons son nom usuel et un exemple :

dont la graine est soudée au péricarpe .... Caryopse (ex. BU).

dont la graine est libre dans le péricarpe . Aeaaine (ex. Sorrasm).

aMec une ou deux ailes membraneuses Samare (ex. Orme).

charnus.. J)nq)e {tx, Péehet Cerise).

une seule fente à la maturi té Follicule (ex. Pivoine) .

deux fentes à la maturité Légume on Gousse (ex. ffaricot).

s'oavrant par deux valves longitudinales SUigue et Silicule (ex. CoUa).

8*outrant transversalement Pyxide (ex. Mouron).

sans aucun des caractères précédents Capsule.

fruit provenant d'un ovaire supère, dont les loges et les graines sont en partie atrophiées; sa base est

enfermée dans une cupule Gland (ex. Ckéiu),

fruit provenant d'un ovaire supère à mésocarpe charnu, à endocarpe membraneux formant plusi> urs loges

séparablcs sans dédiirement Orange.

fruit provenant d'un ovaire inrèrc et dont la consistance va diminuant de la périphérie au centre Melon ou Pépotu

fruit provenant d'un ovaire infère à pénearpe coriace

et a deux sérte« de loges superposées Grenade ou Balauste^

fruit provenant d'un ovaire infère et complètement

chiirtiii Baie {ex. Groseillier).

fpuit p'ovennnt d'un ovaire infère et à peu près com-

plctc(i)t:nt cliamu; l'endocarpe seul est membraneux. Pomme on Poire.

FUSION

FUSION

JAnné désignait encore par les noms do fruits -ngt^égis et de fruits anthocarpés deux classes de fruits qui méritent d'être mentionnées. La première de ces classes, celle des fruits agrégés, comprend les ensembles de fruits apocarpés qui succèdent à u.ne seule fleur. La seconde comprend des infiorescences fortement accrues : ce sont des assemblages de fruits, d'enveloppes florales, de réceptacles, voire même de bractées ; les fruits antbocarpés ne sont donc pas réellement des fruits dans le sens de la définition de ce mot. Parmi les fruits antliocarpes nous mentionnerons le cône ou strobile des pins ; le sycone ou figue, trxdt du figuier ; enfin le sryrtcorpe, dont on peut citer comme exemple le fruit <m miuier, de Tananas, de Tarbre à pain.

5. Rôles du fruit, — Le fruit a, dans la vie de la plante, un triple rôle & remplir : 1** Il protège la graine ; 2* il en provoque la dissémination ; 3* il sert -à fixer la graine au sol. De ces trois rôles, le dernier est le moins important. Ce que nous avons dit de la structure du fruit et de Vorigine de ses tissus montre suffisamment que cet organe est un appareil protecteur pour les graines enfermées dans son intérieur. Au point de vue de la dissémination des graines, il y a lieu de distinguer les fruits secs et les fruits charnus : les premiers provoquant la dissémination directe des graines; les f^eeonds ayant besoin, pour disséminer leurs graines, de Tintermention des animaux.

Par le fait seul de sa chute sur le sol à quelque distance de la plante qui l'a produit, le fruit provoque la dissémination des graines qu'il contient. Souvent au poids du fruit viennent se joindre, pour accroître sa puissance de dissémination : l^ des productions pileuses ; 2** des aigrettes (pissenlit) ; 3* des ailes (une aile dans Torme, deux ailes chez rérable) ; 4* la rupture brusque du fruit avec élasticité. Ces expansions pileuses, ces aigrettes, ces ailes ne se développent à la surface du fruit que chez les fruits secs.

La plupart des. fruits charnus, possédant un goût sucré, ou quelque odeur balsamique, ou encore -quelque propriété nutritive stimulante ou excitante, sont ingérés par les animaux. Tons ces fruits charnus présentent sous leur enveloppe molle un noyau ligneux très solide qui contient les sraines à son intérieur. La coque ligneuse de ces fruits résiste à Tactlon des sucs de Tappareil digestif ; elle est •évacuée avec les fèces. On remarque souvent que les graines des plantes ainsi organisées n'entrent facilement en germination que quand le noyau qui les protège a traversé certains organismes animaux.

Quant à la manière dont les fruits fixent la graine ■au sol, ils agissent : 1"* par leur poids ; 2* en offrant à l'humidité du sol une grande surface d'adhérence. Aussi tontes les dispositions qui ont pour effet d'augmenter ht puissance disséminative du fruit en augmentant sa surface augmentent-elles du môme coup sa puissance comme organe de fixation des graines. [C.-E. Bertrand.]

FUSION. —Physique, XVI. —On appelle fiision •le passage d'un corps solide à l'état liquide quand il a lieu sous l'influence de la chaleur. Un morceau de glace porté dans un milieu dont la température est supérieure à 0** devient liquide; le plomb ou le verre suffisamment chauffés fondent et coulent. €e (Rangement d'état s'effectue aussi pour certains corps par leur mélange avec des liquides appropriés: on rappelle alors dissolution. Le sucre ou lesalpôire, l alun et la plupart des sels minéraux disparaissent quand on les agite avec l'eau; le cotonpoudre perd rétat solide dans un mélange d'éther et d'alcool. Les deux phénomènes, bien que différents en apparence, entassez de points communs dans les circonstances qui les accompagnent et dans les lois nui les régissent pour qu en physique on ne les sépare pas. Leur étude commune peut s*y

Intituler : premier changement d'état des corps ou passage des solides à l'état liquide.

La plupart des corps solides peuvent être fondus lorsqu'on les chaufTe convenablement. La solidité ou la liquidité pour une même substance dépend uniquement pour ainsi dire de sa température. Mais il y a une dilTérence très grande entre les corps au point de vue de la température à laquelle s'ef^ fectue ce changement d'éut.

Un grand nombre de substances sont très facilement fusibles à des températures peu élevées : tels sont la glace, le phosphore, le suif, la cire, Tacide stéarique ; d'autres exigent plus de chaleur, ainsi l'étain, le plomb, le zinc ; la plupart des métaux ne fondent qu'à la température élevée des feux de forges, comme Targent, l'or, le fer. Le platine ne coule qu'à la plus forte température que l'homme sache produire. Le nombre des corps infusibles devient d'autant moindre que nous trouvons des moyens de chaufijage plus énergiques ; tel corps regarde autrefois comme infusiblo peut ai^ourd nui être fondu ; tel antre qui résiste à nos moyens actuels ne résisterait probablement pas à des fovers plus violents que ceux dont nous disposons. Nous pouvons donc dire que tous les corps solides deviendraient liquides si nous pouvions les porter à une température suffisamment élevée.

Il faut en excepter les substances qui se décomposent par la chaleur avant de changer d'état, comme le bois, la corne et beaucoup de corps d'origine organique. Lorsqu'on les chauffe à l'air libre, ils se transforment, disparaissent en çaz, brûlent en un mot et ne laissent comme résidu que leur portion minérale; l'air est venu aider à leur décomposition. Certaines matières minérales échappent à la fusion pour une raison analogue; telle est la craie ou la pierre calcaire ; elle ne fond pas dans le four du chaufournier ; elle donne comme résidu la chaux : c'est qu'elle a subi une décomposition et perdu le gaz carbonique qui était l'une de ses parties constituantes. Que l'on renferme cette craie dans un vase métallique très solide, dans un canon de fusil, comme le fit'Hall, et qu'après avoir hermétiquement fermé le vase, on le chauffe fortement, l'acide carbonique n'aura plus d'issue pour s'échapper; celui qui se produira d'abord, ne pouvant se dégager, fera pression et empochera la décomposition de la craie. Celle-ci fondra sans altération ; et si on la laisse refroidir lentement, on lui trouvera, lorsqu'on l'aura retirée du tube, l'aspect du marbre compact à cassure cristalline, preuve évidente qu'elle était devenue liquide.

Lois de la fusion. — La fusion d'un corps solide est assujettie à deux lois : 1* La température à la-

Suelle fond une substance est toujours la même ans toutes les circonstances ; on la nomme le point de fUsion ; 2* Pendant toute la durée de la fusion, la température reste constante.

Qu'on mette sur le feu un vase plein de glace, celle-d entrera on fusion à la température 0*, ni avant ni après; et quelle que soit Tardeur du foyer, le thermomètre plongé dans la glace indiquera seulement la température zéro, tant qu'il y ^ aura de la glace à fondre.

La connaissance du point de fusion des différen- ; tes substances peut présenter de l'intérêt, non ! seulement pour comparer leur fusibilité, mais môme pour Juger de leur pureté. En effet, tant que la substance est pure, son point de fusion reste le môme ; si elle est associée à des matières étran- • gères, son point de fusion s*élève ou s'abaisse ; et on peut affirmer qu'une substance est môlée de corps étrangers quand elle ne fond pas à son point de fusion normal.

Voici, dans l'ordre des températures croissantes, les points de fasion d'un certain nombre -de corps :

FUSION

FUSION

Snbitftncef.

tfercure

Essence de térébenthine

Glace

Eaile d'ollTe

Saif

Phosphore

Gre Tierge

Cire blanche . . . .

▲dde sféarique..

Soarre ,

Camphre

Étain

Point de fusion on degr.

eenti^.

Point de fusion en d«»gr.

eentigr.

Bismuth 26f

Plomb :t20«

Zinc 4Î2»

Antimoine 432*

Bronze MO»

Argent lOOO*

CniTTC 1000»

Fonte blanche i050*

— grise 1J00«

Or..... 1230*

Acier I400«

Fcrdoui 1500»

Platine 2000»

On TOit par ce tableau qne les diverses substances entrent en fusion à des températures très différentes de Tune à l'autre. Le mercure, liquide à la température ordinaire, doit être refroidi jusqu'à 40° au-dessous de zéro; alors il a Taspect du plomb solide et peut être martelé comme ce dernier métal.

Les alliages, formés par la combinaison plus ou moins intime des métaux entre eux, offrent une

} particularité remarquable : ils sont en général plus acilement fusibles que chacun des métaux qui les constituent. Mais on ne peut indiquer leur point de fusion arec précision, parce qu'il Tarie avec leur composition et môme avec leur mode de fabrication. La soudure des plombiers, formée de 2 d'éuin avec I de plomb, fond à 196", alors oue Tétain, le plus fusible des deux métaux> ne fond qu'à 330o. Le plus curieux à ce point de vue est Talliage de Darcet, formé de 8 de bismuth alliés à 5 de ploitab et à 3 d'éuin : il fond à 100°, dans Teau bouillante, e'est-2i-dire à une température bien inférieure à celle qui peut fondre le plus fusible des trois métaux entrant dans sa composition .

Fusion visqueiÂse, — Les corps fusibles peuvent 6tre partagés en deux groupes distincts : I* ceux qui par raction de la chaleur deviennent franchement liquides, coulent aussi facilement que Teau, comme la glace, la cire, le plomb, le fer ; 3" ceux, au contraire, qui se ramolhssent avant de devenir liquides, prennent un état visqueux qui n'est plus rétat solide et n'est pas encore l'état liquide, peuvent s'étirer en fils : tel est le verre. On profite de cette propriété pour courber, souffler, mouler le verre; pendant qu'il est mou, on lui donne la forme qu'on désire et qu'il conservera en reprenant Tétat solide.

Le soufre présente les deux espèces de fusion ; à lir, il est bien liquide et coule comme de l'eau; chauffé davantage, à 220*, il devient visqueux, s'é-

faissit fortement, et si on essaye de le couler dans eau il y tombe sous forme d'un filet continu. Le brusque refrDidissement lui donne des propriétés particulières : il reste quelque temps mou, élastique, susceptible d'être étiré en fils. Mais il perd peu à peu sa transparence et son élasticité pour reprendre la forme solide opaque du soufre ordinaire. Il en est de même de toutes les substances à fusion vis-

âueuse, et en particulier du verre. En vieillissant, perd sa transparence et devient peu à peu opaque. Les ustensiles de verre recueillis dans les tombes antiques semblent couverts à la surface d'une sorte d'étamage imperméable à 1» lumière ; on dit que le verre s'est dévitrifié.

Chaleur latente de fusion. — La température d'un corps qui fond reste la môme pendant toute la durée de la fusion : voilà la seconde loi du phénomène. Qu'on mette sur un feu vif un vase contenant du suif dans lequel plonge un thermomètre, on voit la température monter jusqu'à 83o ; arrivé à ce point, le thermomètre reste stationnaire, quelle que soit l'ardeur du foyer. La fusion s'effectue, et tant qu'elle dure le thermomètre se maintient invariable. Toute la puissance de la source de chaleur

fa

n'a momentanément qu'un effet, rendre la fusion plus rapide.

Qu'est devenue la chaleur <^ue le foyer a sans cesse fournie au vase, puisqu'elle n'a pas d'action sur le thermomètre? Elle a été employée à séparer les molécules du corps solide, à les maintenir à la distance nécessaire pour la liquidité ; elle a accompli un travail mécanique, et c'est la raison pour laquelle elle n'a pas agi sur le thermomètre; le travail de la liquéfaction l'absorbant tout entière, elle ne peut en produire un autre dans le môme temps, en dilatant le liquide du tube thermométrique. On la croyait autrefois dissimulée dans le corps fondu, et on lui avait donné le nom de chaleur latente^ par opposition au nom de chaleur sensible réservé à celle qui impressionne nos organes et nos appareils. On conserve encore cette dénomination, bien qu'on sache que la chaleur né« cessaire à la fusion n'est ni cachée ni dissimulée, puisqu'elle révèle sa présence par des effets éridents, par le travail difficile de la dissolution, de la séparation des molécules du corps qu'elle fait changer d'état.

L'invariabilité du point de fuàion de la glace, observée déjà en 1 763 par Black, a été mise à profit : les physiciens s'en servent pour déterminer l'on des deux points fixes des thermomètres, et ils en font le point de départ des divisions de l'échelle de ces appareils.

La connaissance de la chaleur de fusion de U glace, c'est-à-dire de la quantité de chaleur nicessaire à 1 kilogramme de glace pour passer à l'état d'eau, a une très grande importance pour l'explication des phénomènes météorologiques qui dépendent de l'eau congelée. Sa recherche expérimentale, facile à réaliser d'ailleurs, va nous permettre de définir l'unité de chaleur et de donner le principe de la méthode employée pour comparer les quantités de chaleur.

Mélangeons I kilogramme d'eau à 60" avec 1 kilogramme d'eau à 20'* : un thermomètre placé dans le mélange indique 40* pour la température commune aux 2 kilogrammes, c'est-à-dire exactement la moyenne entre les deux températures. L'eau U plus chaude s'est refroidie en cédant de la chaleur à la plus froide. Le kilogramme d'eau à 60*, qui s'est refroidi jusqu'à 40*, a abandonné la chaleur qu'il avait prise pour passer de 40* à 60* ; et cette chaleur a élevé le second kilogramme de 20* à 40*. On est donc autorisé à dire qu'il a fallu la même

âuantité de chaleur pour élever 1 kilogramme 'eau de 20* à 40* que de 40' à 60*. Et comme l'expérience réussit aussi bien entre des limites de températures plus rapprochées et prises n'importe où dans l'échelle thermométrique de 0<* à 100*, on est en droit d'en conclure que l'eau a un échauffement régulier. On la prend alors comme terme de comparaison et on définit l'unité de chaleur, que l'on appelle calorie, la quantité de chaleur née&saire pour élever 1 kilooramme d'eau d'un degré.

Si l'on mélange 1 kilogramme de glace à zér» et réduite en minces fragments avec 1 kilogramme d'eau à 79*, toute la glace fond, mais la température finale du mélange est 0*. Qu'est devenue alors la chaleur fournie par l'eau chauffée à 79* et qui se retrouve à zéro? Elle a servi à fondre le kilogramme de glace : elle a passé de l'état de chaleur sensible à celui de chaleur latente employée à la fusion du corps solide. On en conclut que la chaleur nécessaire pour fondre 1 kilogramme de glace sans élever sa température pourrait élever 1 kilogramme d'eau de 79* : c'est ce que Ton exprima quand on dit que la chaleur latente de fusion de la glace est de 79 calories.

Ce nombre ne frappe pas suffisamment l'esprit et ne donne peut-être pas de prime abord une idée nette de l'énorme quantité de chaleur quil faut à la glaco pour passer à l'état d'eau. Quels effets

FUSION

FUSION

thermométriqaes produirait cette chaleur de Aision si elle devendt clialear sensible ? Elle pourrait porter à près de 700", c'est-à-dire au rouge, 1 kilogramme do fer. Ainsi chaque kilogramme de glace qui se fond aux rayons du soleil absorbe, pour se liquéfier et sans augmenter sa température, auunt de chaleur qu'un kilogramme de fer chauffé au rouge dans un feu de forge.

La neige qui couvre le sol l'hiver, et les sommets des hautes montagnes perpétuellement, est très lente à fondre. L'une des causes et la principale, c*est la grande quantité de chaleur latente nécessaire pour la fusion. Cette lenteur règle la dépense des eaux continentales qui prennent leur source dans les torrents formés de (a fonte des neiges des cimes élevées; la distribution aux plaines est graduelle, à moins que la température n^aît trop accéléré la fusion en restant quelque temps élevée au commencement du printemps.

Dissofution, — La dissolution est le passage â*un corps solide à l'état liquide par l'influence d*un liquide approprié qu'on nomme dis^lvant, C*e8t, à tous égards, un cas particulier de la fusion. Dans le solide qui se dissout, les molécules se séparent, deviennent libres, acquièrent la mobilité oui constitue l'eut liquide, tout comme elles le feraient par l'action de la chaleur. De môme que certains corps n'ont pu encore être fondus, faute d'une température suffisamment élevée, de môme quelques autres n'ont pu être dissous faute d*on dissolvant. Comme il y a deux fusions, la fusion ordinaire et la Vision visqueuse, il y a également deux genres de corps solubles, ceux qui deviennent franchement liquides comme le sucre ou le snlpêtre, et ceux qui restent sirupeux comme les gommes; et cette remarque trouve son intérêt dans le retour à l'état solide.

L'analogie des deux phénomènes est plus complète encore. Il faut fournir de la chaleur au solide 2ue l'on fond, pour l'avoir liquide. Le solide qui se issout en a besoin également, et si on ne lui en donne pas, il en prend aux corps voisins qu'il refroidit ou h lui-même. Il faut, en effet, pour dissocier les molécules, une certaine quantité de chaleur latente ; si le corps se la prend à lui-même, elle ne compte plus comme chaleur sensible, c'est comme si on l'enlevait, et le corps accuse un refroidissement. D'après cette remarque, l'eau sucrée devrait être plus froide qu'avant la dissolution du solide ; mais le sucre absorbe assez peu de chaleur dans sa fusion, pour que ce refroidissement ne soit pas apparent. Toutefois il n'en est pas de même de tous les sels, et l'azotate d^ammoniaque. Jeté et agité dans son poids d'eau, abaisse la température du mélange de plus de 20"*. La neige et le sel de cuisine mélangés se liquéfient sans le secours d'un foyer ; il faut cependant à la neige beaucoup do chaleur pour fondre ; il en faut également au sel pour devenir liquide; aussi ce mélange se rcfroidit-il considérablement en accomplissant sa double fusion.

D'une manière générale, toutes les fois que deux corps solides peuvent se liquéfier mutuellement, ou qu'un corps solide se dissout dans un liquide, il y a transformation d'une partie de la chaleur sensible en chaleur latente indispensable à la fusion. Mais en même temps que les molécules du corps solide se dissocient et produisent un abaissement de température, une seconde influence, l'action chimique, peut entrer en Jeu ; comme elle est toujours une cause de chaleur, si elle est puissante la dissolution dégage de la chaleur au lieu d'en absorber. Tel est le cas du mélange d'une partie de noige avec quatre parties d'adde sulfurique. La neige se fond, ce qui est une source de froid ; mais la combinaison chimique de l'acide avec l'eau produit une quantité de chaleur considérable, et le résultat final est une élévation de température de près de 100*. Avec les deux mêmes corps, mais en

proportions Inverses, le résultat change ; la chaleur latente absorbée, portant sur quatre fois plus de matière, est bien plus considérable, tandis que la chaleur de combinaison est plus faible, et en définitive on constate un abaissement de 20*. Ainsi la dissolution est un phénomène complexe, dans lequel il faut considérer la transformation physique, cause d'un abaissement de température, et la combinaison chimique, cause de chaleur ; suivant quo l'un des deux effets l'emporte sur l'autre, le mélange M refroidit ou s'échauffe.

Les mélanges réfrigérants dont on se sert pour abaisser artificiellement la température sont fondés sur l'absorption de chaleur latente nécessaire à la liquéfaction d'un corps solide qui se dissout. Le plus fréquemment employé est le mélanse à parties égales de sel marin et de neige ou de glace pilée; il abaisse la température de 20**. Il peut servir pour faire des boissons glacées dans la saison chaude.

Le mélange de quatre parties de chlorure de calcium cristallisé en poudre avec trois parties de neige peut servir à faire congeler le mercure. '

La glace et la neige ne sont pas nécessaires à la production artificielle du froid par dissolution. On peut également employer parties égales d'axotate d'ammoniaque et d'eau, ou encore huit parties de sulfate de soude ou sel de Glauber, arrosées de cinq parties d'acide chlorhydrique. On se sert de l'un ou de l'autre dans de petits vases où l'on plonge les corps que l'on veut refroidir et que l'on nomme glacières artificielles.

So/tdi/îca^ton.—Jja solidification est le phénomène inverse de la fusion : c'est le passage d'un liquide à l'état solide, se produisant par un refroidissement convenable, ou bien par la disparition du dissolvant dans le cas des corps dissous. Elle a lieu {>onr chaque corps à une ^mpérature déterminée, a même que le point de fusion, et restant invariable pendant toute la durée du phénomène. Elle est accompagnée d'un dégagement de chaleur provenant de la chaleur latente qui repasse à l'état sensible.

L'eau devient glace à zéro, de même que la glace devient eau à zéro. Le plomb fond à 320", il redevient solide au même point. Il sufRt de simples observations thermométriques pour constater ce fait et vérifier la constance de la température pendant toute la solidification. Cette constance est précisément due au dégagement de la chaleur latente accompagnant le passage à l'eut solide, et si de l'eau mise dans un mélange réfrigérant cesse d'abaisser sa température en se prenant en glace, c'est que la chaleur dégagée par les portions qui se congèlent compense celle qu'enlève le réfrigérant. Si étrange que cola puisse paraître au {premier abord, il reste établi que la formation de a glace est accompagnée d'un dégagement de chaleur. La lenteur avec laquelle elle prend naissance l'hiver trouve là son explication.

On peut constater directement le développement de chaleur sensible qui a lieu au moment de la solidification. Lorsqu'on place dans un lieu tranquille, dont la température est de plusieurs degrés au-dessous de zéro, comme cela arrive l'hiver, un vase contenant de l'eau dans laquelle plonge un thermomètre, il arrive que cette eau reste liquide jusçiu'à 8 et 10* au-dessous de zéro ; mais alors le moindre ébranlement en détermine la congélation subite, et aussitôt le thermomètre plongé dans le liquide remonte à zéro.

Un fait du même genre, mais plus frappant par la température développée, se produit avec les sels dissous. On fait dissoudre à chaud, vers 33*, du sulfate de soude dans de l'eau, tant que celle-ci peut en tenir. Quand elle est saturée, on la fait bouillir quelques instants dans le ballon qui la contient ; elle se sursature. Pendant que le ballon est plein des vapeurs de la solution, on le bouche et

GALLINACÉS

GALLINACÉS

on le laisse refroidir. Le liquide ne se solidifie pas, bien qu'il conûenno plus de sel Qu'il n'en peut contr'.nir normalement. Mais quand le ballon est froid, si on vient à le déboucher, le liquide se prend instantanément en un bloc solide, et il s'échauffe assez pour que la main qui le touche en sente la chaleur.

Changements de volume accompagnant les changements d'état. - La plupart des corps, au moment où ils se liouéflent, subissent un accroissement de volume subit. L'acide stéarique des bougies augmente d'environ onze centièmes au moment- où il devient liquide; le soufre, le cuivre, le plomb, l'étain, la cire, une foule d^autres, se conduisent d'une façon analogue. Il est évident que ces substances qui se dilatent en se liquéfiant diminueront de volume par la solidification; versées fondues dans des moules, elles donnent en effet des masses poreuses.

Mais il y a quelques corps qui se comportent d'une manière tout opposée, qui se dilatent en devenant solides: telle est la fonte de fer, telle est l'eau. Cette propriété rend la fonte précieuse pour le moulage ; en se solidifiant elle reproduit les détails les plus fins des moules.

Quant à l'eau, il suffit de remarquer que la glace flotte pour conclure quelle occupe un volume plus grand que l'eau qui lui a donné naissance : sa dilatation, au moment de la congélation, est en effet de un douzième de son volume. Tout le monde sait que les carafes qii'on laisse pleines d'eau rhiver se brisent si 1 eau se congèle. La glace formée dans le goulot d'abord joue le rôle d'un bouchon, et quand la congélation de la masse survient, le volume ne pouvant se dilater, les parois cèdent et se brisent. Cet accroissement s'opère avec une force considérable que Ton évalue à iOOO kilogrammes par centimètre carré de la surface. Sous cette poussée énorme, les bassins en maçonnerie se crevassent, les tuyaux de conduite se fendillent, les rochers se brisent; de là l'expression populaire : a il gèle à pierre fendre. » C'est à la môme cause qu'il faut attribuer la destruction des plantes par les grands froids: l'eau se congèle dans leurs vaisseaux et en déchire les parois délicates. Des vases de fer bien pleins, hermétiquement fermés, et exposés à la gelée, ne résistent pas malgré leur solidité : ils se fissurent, accusant ainsi la puissance énorme avec laquelle le corps tend & augmenter son volume en devenant soliae.

Applications et expériences. — 1. Constater la fusibilité de l'étain en chauffant une feuille d'étain

étendue sur une feuille de papier an-dessus de charbons allumés : l'étain fond avant que le papier ne soit carbonisé. — Mettre en évidence la facile fusion du plomb eo chauffant an morceau de ce métal dans une cuillère de fer au-dessus d'an foyer : le métal devient rapidement et franchement liquide.

2. Faire fondre d'une part de l'acide stéarique des boueies, d'autre part le même corps mélangé d'abord de suif : constater que le point de fusiou du second liquide est pins faible que celui da premier.

3. Faire l'alliage de Darcet par fusion du mélange des métaux^ le coulor. Après refroidissement, en prendre ui\ morceau et le suspendre dans le cxÀ du ballon où l'on fait chauffer de l'eau; l'alliage tombe goutte à goutte dans l'eau quand elle est bouillante.

4. Chauffer par le milieu, dans des cendres chaudes, un tube de verre rempli de sable ; le tube se ramollit : on peut soulever peu à peu ses deux extrémités en les rapprochant et donner au tabe la forme d'un U réguher. — Chauffer du soufre dans un creuset de terre, jusqu'à ce que le corps devienne pâteux, le verser de haut dans une terrine d'eau : on forme ainsi le soufre mou, qui abandonDé à l'air redevient peu à peu cassant. — Constater que du sucre d'orge perd sa transparence primitive au bout de quelques jours, et de mou et plastique qu'il était, redevient cassant.

5. Laisser fondre dans un verre de la glace paU vérisée ou de la neige où plonge un thermomèire. En mettre sur un foyer dans un vase une égile quantité. Constater que la température de fusion est la même dans les deux cas, que le foyer ne fait qu'activer la liquéfaction.

6. Dissoudre du sucre, ou mieux du salpêtre; d'un autre côté faire une dissolution de gomme arabique. Filtrer chacun des liçiuidea pour constater leur différence de liquidité. Les évaporer séparément avec lenteur: le salpêtre en reprenant l'état solide cristallise; la gomme, après le départ de son dissolvant, donne une masse sèche sans forme régulière.

7. Faire l'un des mélanges réfrigérants indiqués. y plongor un tube de verre fermé par un bout et contenant un peu d'eau. On le retire contenant on cylindre de glace. ~ Mélanger une partie de sel de cuisine avec trois parties de neige; la masse fond et accuse !7* au-dessous de zéro; c'est le zéro du thermomètre Fahrenheit.

• [Haraucourc]

GALLICISMES. — V. Idiotismes.

GALLINACÉS. — Zoologie, XVIL — Pour ne pas sortir des données d'un programme élénrientaire et pour ne pas multiplier les subdivisions, nous avons traité, à l'article Echassiers, des autruches, des casoars, etc., qui pour tous les naturalistes modenics forment un ordre à part; de même, dans le présent article, à la suite des Gallinacés^ nous placerons encore, suivant Tancienne classification de Cuvier, les Pigeons^ qui s'éloignent cependant des poules, des dindons et des perdrix par leur structure intime et par leurs moeurs.

Les Gallinacés (les Pigeons étant mis à part) constituent un groupe naturel, parfaitement délimité, groupe bien digne d'intérêt, puisqu'il renferme un grand nombre d'espèces utiles, que l'homme a su réduire en domesticité et dont la chair entre pour une large part dans notre alimen-

tation. En général, les Gallinacés ont les formes massives, le corps épais, les pattes robustes, les ailes courtes, la queue tantôt fort réduite, tantôt singulièrement allongée ou recourbée gracieasemont en faucille. Ils volent asses mal, ce qoi n'empêche pas certains d'entre eux d'exécuter des voyages lointains. Leur bec est de longueur médiocre, voûté en dessus, et muni à sa base d*ane partie membraneuse dans laquelle sont percées les narines. La livrée varie beaucoup suivant les espèces et suivant les sexes : elle offre tantôt des teintos terreuses^ brunes, noires ou Jannitres. qui permettent à l'oiseau de se dissimuler au iniltea des sillons, tantôt au contraire des couleurs métalliques, du bleu, du rouge pourpre, du vert glacé d'or. Les m&les ont toujours un costume plus somptueux que les femelles; leurs pattes sont souvent armées d*éporons et leur tète est fréqueoiment ornée de crêtes et de pendeloques, c'est-k>

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^ire de lambeaux de chair diversement découpés, •et qui, recevant une grande quantité de sang, prennent une coloration très intense, surtout lors- <iue l'oiseau est animé par la colère, ou par quelque autre passion.

Nous laisserons de côté les Hoccos et les Péné^ lopes d'Amérique, dont la tète est surmontée parfois d*un panache de plumes frisées et d'un masque corné, les TalégaÙes et les Mégapodes de rOcéanie et de la Nouvelle-Hollande, qui* amoncellent du fumier et y déposent leurs œufs pour les faire éclore au moyen de la clialeur développée par la fermentation; les FrancoHns d'Afrique, qui ressemblent un peu à nos cailles ; bref une foule d* oiseaux exotiques qui n'ont pas encore été domestiqués, et qui, par conséquent, ne méritent pas d'attirer notre attention au même degré q«e certaines espèces européennes ou asiatiques.

Parmi celles-ci nous citerons d'abord les Faisans, qui présentent une variété de formes vraiment extraordinaire, mais qui se rattachent néanmoins les uns aux autres par un air de famille. Les faisans ont l'Asie centrale pour patrie d'origine, et l'espèce vulgaire, le Faisan commtm, se trouve encore à l'état sauvage sur les bords de la mer Caspienne. II ftit, dit-on, introduit en Grèce à la suite de la célèbre expédition des Argonautes dans la CoIcJiide. Son nom latin, Phasiantis, signifie oiseau du Phase (fleuve qui arrose la Golchide). En France il peuple surtout les grandes forêts de l'État, où son éducation exige toujours beaucoup de soins. Les parties supérieures de son corps sont d'an brun marron nuancé de pourpre, de roussàtre et de blanc ; sa tête est d'un vert sombre, sa gorge d'un vert beaucoup plus brillant et comme irisé, sa poitrine d'un pourpre çlacé de noir, son Tentre d*un roux plus ou moins vif; sur les grandes plumes de sa queue et de ses ailes des marques roussfttres, brunes, ou noir&tres, se détachent sur un fond brun ou gris olivâtre ; enfin les yeux, d'un jaune vif, sont entourés d'une membrane rouge. Par son dos nuancé de noir, de jaune et de blanc, son ventre noir, sa tète variée de vert et de fauve, sa gorge verte à reflets violets, et son col orné d un cercle blanc presque complet, le Faisan à collier se distingue facilement de l'espèce vulgaire. Depuis quelques années une troisième espèce, introduite en Europe à une époque beaucoup plus récente, tend à s acclimater dans notre pays : c'est le Faisan vénéré, au manteau beaucoup plus clair, offrant un mélange de jaune et de rouge cuivré, à la tète blanche avec le tour des yeux d'un rouge vif, à la queue démesurément allongée et du même ton que le dos, avec des marques foncées. Mais, en dépit de la beauté de son plumage, cette espèce ne peut lutter, sous le rapport de la richesse des couleurs, avec le Faisan doré, qui provient des montagnes de la Chine. Ce magnifique oiseau a la tète surmontée d'une huppe jaune d'or, le cou revêtu d'une fraise orangée, maillée de noir, le dos vert, la croupe jauno, le ventre d'un rouge éclatant, les ailes rousses avec une tache bleue, la oueue très longue, recourbée, d'un brun tacheté de gris. Le plumage que nous venons dô dépeindre est, bien entendu, celui du mftie, car la femelle porte un costume fort modeste, teinté de brun et de Jaunâtre. Chez le Faisan argenté, la livrée est pour ainsi dire mi-partie, tout le dessus du corps et la queue ^tant d'un blanc d'argent, tandis que les parties inférieures sont d'un noir de velours. Autour des yeux s'étend un espace dénudé, d'un rouge vermillon, et du sommet de sa tête s'élève une huppe de l'aspect le plus élégant. Le Faisan de laay Amherst off^e un mélange bizarre de caractères et rappelle à la fois le faisan doré et le faisan argenté ; son chef porte une huppe rouge et blanche son cou et ses épaules sont recouverts d'un ca-

roail do plumes vertes bordées de noir, sa poitrine et son ventre sont d'un blanc pur, ses ailes nuancées de brun noir et de blanc, et sa queue, très développée, ornée à la base de plumes rouges, est barrée de vert sur fond blanc. Mais nous ne pouvons évidemment décrire successivement ici toutes les espèces de faisans que l'on voit maintenant dans les Jardins zoologiques ou même chez de simples particuliers, et nous citerons seulement pour mémoire le Faisan de Wallich, le Faisan de Sœmmering, le Faisan versicolorCj le Foison prélat, le Faisan de Vieillot, le Faisan de Swinhoe, etc.

Les Coqs appartiennent à la même famille que les Faisans. Dans l'Inde et à l'Ile de Java on en trouve plusieurs espèces, le Coq de Sonnerai, le Coq Bankiva, et le C07 Ayamatas^ qui ont été tour à tour considérés comme la souche de notre coq domestique. Hais d'après des recherches récentes, il parait établi nue celui-ci descend d*une race autochthone dont les caractères étaient à peu près les mêmes que ceux de notre Coq gaulois ou Coq de ferme, et dont les restes ont été retrouvés dans des cavernes à ossements ou dans des sépultures anciennes. Le Coq de Sonnerai se reconnaît facilement aux plumes de son cou terminées par des sortes de disques, le Coq Bankiva à son camail à plumes dorées et effilées, le Coq Ayamnlat à sa crête sans dentelures, à sa gorge pourvue d'un petit fanon, et à sa collerette d'un vert cuivré, varié de noir ; quant au coq gaulois, il est tellement connu qu'il n'est pas nécessaire d'en donner une description minutieuse. Sa coloration varie du reste; mais on le reconnaît t ou- Jours à sa collerette de plumes effilées, à ses ergots puissants, à sa crête festonnée, d'un rouge vif, aux deux appendices charnus, de même couleur, qui accompagnent le bec inférieur, et à sa queue dont les plumes, au nombre de quatorze, sont disposées suivant deux plans inclinés, les deux médianes dépassant toutes les autres.

A côté de ces variétés^ il y a un certain nombre de races de coqs assez bien délimitées. Tels sont le Coq cochinchmois, le Coq de Bi^ges, le Coq de combat, le Coq de Campine, le Coq de Crèvecœur^ le Coq de Dorking, le Coq hu^é, le Coq nègre, le Coq nain, etc. La race cochxnchinoise, qui a été introduite en Europe il y a une trentaine d'années, et qui est actuellement fort répandue dans les fermes du centre de la France, se distingue par sa forte taille et par la coloration de son plumage, généralement assez uniforme^ blanc, rougeâtre ou Jaune ocreux. La race de liruges est estimée à cause du grand nombre d'œufs que la poule produit, presque sans interruption, depuis le mois de janvier Jusqu'au mois de septembre; elle diffère peu de la race commune. I^a race dite de combat est au contraire sans grande utilité an point de vue alimentaire ; elle n'a été créée par l'homme que pour servir à des jeux cruels : à Java, aux Philippines, et, chose triste à dire, en Angleterre même, on fait en effet combattre en champ clos les coqs de cette race, et on excite leur valeur naturelle en les grisant avec des liqueurs alcooliques. La race de la Campine est très féconde et passe pour avoir une chair délicate. La race de Crèvecœur, originaire du département de la Drôme, est généralement de couleur noire, avec la tête huppée ; elle s'élève facilement, acquiert en peu de temps un développement considérable et pond beaucoup d'œufs : aussi est-elle recherchée par les éleveurs. La race de Dorking se fait remarquer par la singulière conformation de ses pattes, termmées par cinq oa même six doigts au lieu de quatre comme chez les autres Gallinacés et chez la grande majorité des oiseaux. Dans la race huppée, la crête est remplacée par une touffe de plumes ; dans la race nègre^ la peau et les os eux-mêmes présentent uue

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coloration noire fort étrange; enfin dans la race nam€f la taille est réduite à des proportions fort minimes. Les poujes naines sont fréquemment employées pour l'incubation des œufs de faisans.

Toutes ces races, la race de ferme surtout, se montrent peu difflciles dans le choix de leur nourriture; la consommation d'une poule a été estimée par certains auteurs à 60 grammes, par d'autres à 120 ou même 180 grammes de blé on d'avoine car jour; mais on peut diminuer la quantité de grain, et par suite réduire notablement la dépense, en établissant des rerminières, c'est-à-dire des fosses où Ton accumule des matières en décomposition afin de faire développer des asticots dont les poules sont très friandes. Il faut éviter pour rétablissement d'un poulailler los terrains bas et humides, sur lesnuels les oiseaux no tarderaient pas à contracter des rhumatismes, et il est nécessuire d'accorder à chaque poule au moins <5 centimètres cubes d'air respirable.

Une poule bonne pondeuse peut produire pendant quatre ans environ, à raison de 50 œufs par an. Tantôt on abandonne l'œuf à la mère, tantôt on le lui retire, soit pour le livrer à la consommation, soit pour le faire éclore artificiellement dans des appareils nommés couveiues, que Ton maintient à une température constante et correspondant k celle du corps de la poule. Au bout de 21 jours environ d'incubation, les poulets percent la coquille avec un petit ap;)endice carré aont la pointe de leur bec est munie, et, à peine éclos, sont en état de prendre leur nourriture. Toutefois celle-ci doit consister d'abord en grain émietté, en larves de mouches, etc., le bec du jeune oiseau n'étant pas assez fort pour prendre des graines dures.

D'autres oiseaux du groupe des Faisans n'ont pu jusqu'à ce jour être acclimatés en France : tels sont les CrossoptUom ou Faisans oreillards, ainsi nommés parce que leur tète est ornée de chaque côté d'une touffe de plumes dirigées en arrière ; les Trapogaus ou Satyres, dont les m&Ies présentent l'aspect le plus étrange, ayant la gorge revêtue d'une sorte ae rabat brulamment coloré et la tête surmontée de deux prolongements en forme de cornes ; et les Lophophores, magnifiques oiseaux dont tout le corps resplendit de temtes vertes, cuivrées ou dorées.

Les Paohs, qui appartiennent à une deuxième famille de Gallinacés, ne sont pas plus que les Faisans originaires de nos contrées ; ils y ont été introduits à une époque fort reculée, probablement à la suite des campagnes d'Âlexanare le Grand. Du temps des Romains ces oiseaux étaient déjà fort reclierchés, et, au moyen Age, ils paraissaient avec honneur sur les tables royales. On en distingue deux espèces : le Paon commun, qui a pour patrie rinde septentrionale, et le Paon spicifère^ qui vient de Java, de Malacca et de l'Indo-Ghine. Ces deux espèces se distinguent facilement par la forme de la huppe, dont les plumes sont effilées chez le Paon spicifère, mais garnies de barbes dans toute leur longueur; à tige grêle et à extrémité élargie en

Salette chez le Paon commun. Ce dernier a 'ailleurs la gorge et le cou d'un 'bleu vert (bleu de paon) presque uniforme, tandis que le Paon spicifère a ces mêmes parties couvertes de sortes d ccailles vertes, frangées d'or et de bleu. D'autres difl'érences se remarquent dans la coloration du dos, des grandes pennes des ailes «t de la queue et de leurs couvertures. Dans les deux espèces, du reste, les couvertures de la queue, c'est-à-dire les plumes qui chez tous les oiseaux cachent l'insertion des pennes caudales, prennent un développement extraordinaire et changent de nature, leurs barbes se séparant sauf vers l'extrémité, od elles constituent des croissants ou des disques. Ceux-ci, gr&cc aux jeux de la lumière, paraissent ornés {

d'yeux^ d'anneaux concentriques légèrement colorés, .qui produisent un effet admirable lorsque l'animal, /aisnnt la roue, redresse les plumes de la partie postérieure de son corps.

Le ramage du paon n'est maihenreasement pas d'accord avec son plumage, et ne consiste qu'en un cri désagréable que l'oiseau fait entendre particulièrement lorsque le temps se met à la pluie.

Les Dindons sont de la même famille que les Paons.

Le Dindon commun est originaire des Etats- Unis, et a été introduit en Europe vers le milieu du xvi* siècle. Par la beauté de son plumage, d*un noir verd&tre, à reflet métalliques, cet oiseau pourrait prendre place immédiatement après les Paons et les Faisans, si sa tête n'était pas défigurée par ^es verrucosités, des excroissances charnues, qui chez le mâle acquièrent un développement singulier et affectent la forme de pendeloques, d'un rouge cramoisi. Dans leur pays natal, sur les bords du Mississipi, les Dindons vivent en petites bandes, à la lisière du bois, et se nourrissent de graines. Ils font leurs nids sur lo sol, avec quelques feuilles, et y déposent une douzaine d'œufs. En captivité, ces Gallinacés varient beaucoup de couleur; quelques-uns sont d'un bran-noiritre, d'autres d'un blanc pur. Lorsqulls sont convenablement engraissés, ils peuvent atteindre un poids de 10 à ri kilogrammes. Les petits sont plus difficiles à élever que les poulets et les canetons, et redoutent beaucoup le froid; on est oblieé de les nourrir dans les premiers jours avec du pain trempé et des œufstlurs, et de les entourer des plus grands soins Jusqu'à ce qu'ils aient pris le rouge, c'est-àdire jusqu'au moment où leurs caroncules ont poussé. A l'état adulte, les m&les sont fort méchants et se battent fréquemment. Lorsqu'ils sont en colère, ils redressent leurs caroncules qui sont fortement injectés de sang. Ils font la roue à la manière des Paons.

Il y a une seconde espèce de dindon, le Dindon ocellé, qui habite une région fort restreinte de l'Amérique centrale et qui est beaucoup plus remarquable oue le dindon vulgaire; maiheureQsemeDt jusqu à ce Jour elle est fort rare encore, même dans nos jardins zoologiques, et n'a pu conséquemment être acclimatée dans les basses-cours.

Les Pintades ressemblent un pca aux dindoni par la peau dénudée qui couvre leur tête et qui se prolonge souvent en forme de crête on de barbillons; mais elles n'ont jamais un plumage à reflets métalliques. Leur livrée est en général variée de noir et de blanc, et une espèce seulement, la Piit' tade vultunne, offre de magnifiques teintes bleues. Ces oiseaux habitent l'Afrique, et te tiennent de préférence dans les endroits marécageux. L'espèce vulgaire provient du Sénégal, et était déjà acclimatée en Europe dans l'antiquité. Les Romains faisaient grand cas de la chair des pintades, qui est en effet fort savoureuse. Dans les basses-cours on voit souvent des pinudes d'un gris pâle on môme d'us blanc pur. En captivité ces oiseaux sont d'an caractère fort querelleur et ne vivent pas en bonne harmonie avec les autres volatiles.

Une troisième famille de Gallinacés, celle des TÉTRAONiDÉs, S pour représentant principal le Grand tétras, ou Coq de bruyère, qui vit dans les forêts de sapins sur les montagnes des Alpes et Jet Vosges ; il se nourrit en été de framboises, de myrtilles, de fruits de ronce, en hiver de chatons de bouleau, de baies de eenévrier et de bourgeons de conifères. C'est un animal fort défiant et qui n'a jamais pu être gardé en captivité. Le plumage da m&Ie est d'un gris ardoise très foncé et rayé de noir, celui de la femelle d'un ton fauve, strié ds brun.

La Gelinotte ou Poule des coudtien est de uiUe sensiblement plus forte qu'une perdrix, et ports

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une livrée variée do bran, de blanc, de gris et de roux. Sa oueue est ornée, à quelque distance de l'extrémité, d'une laree bande noire. Le m&le a la gorge noire et la tète nuppée. Les mœurs de cette espèce rappellent celles du coq de bruyère, et sa chair est également très estimée.

LeA Lagopèdes, qui se reconnaissent à leurs pattes emplumées Jusqu'aux doigts, sont aussi fort recLerchés comme gibier. Ils vivent de préférence dans les régions froides, et subissent en hiver un changement complet de plumage ; ils passent du brun au blanc presque pur.

Les Perdrix ont au contraire les tarses et les doigts nus. La Perdrix grise^ qui habite Touest et le nord de TEurope, mesure environ 30 centimètres do long. Son plumage roux, rayé de brun et de noir sur la tète et sur les ailes, passe au fauve sur le front, les Joues et la gorge, et au gris cendré, rayé de zigzags noirs, sur la poitrine ; chez le mâle un large croissant rougeàtre marque le haut de Tabdomen ; sa queue est variée de roux, de blanc, de noir et de §fris. Chacun sait que les perdrix sont des oiseaux très sociables, qui forment de petites troupes, des compagnies, et qui se tiennent dans les champs de blé. Elles font leur nid à terre et pondent des œufs d'un gris verdàtre. Les petits se nourrissent de larves de fourmis, tandis que les adultes sont granivores. On chasse la perdrix grise au chien d'arrêt.

Autrefois la Perdrix rouge n'habitait pas les mêmes régions que la perdrix grisej mai» aujourd'hui elle tend à remplacer cette dernière dans plusieurs localités, parce que, se retirant volontiers dans les bois, elle échappe plus facilement à ses ennemis. Sa livrée est assez riche : le dessus du corps est d'un brun verdàtre, le front gris-bleuàtre, la nuque gris-rouee&tre, les joues, la gorge et le haut du cou d'un olanc pur; une bande noire partant des yeux descend en croissant sur la poitrino et se résout en arrière en une multitude do petites taches ; les flancs sont cendrés, avec des marques rousses, blanches et noires ; les pennes des ailes sont brunes, bordées de fauve; celles de la queue, les unes d'un gris brunâtre, les autres rouges. Le bec et les pieds sont rouges au lieu, d'être cendrés comme chez la perdrix grise.

On voit encore en France, principalement dans le midi, la Bartavelle ou Perdrix de radie, qui est plus grande que la perdrix rouge et de couleur plus cendrée.

Enfin les Cailles, dont on connaît plusieurs genres, sont représentées chez nous par une espèce de petite taille, dont le plumage est extrêmement difficile à décrire, offrant en dessus un fouillis de traits blancs et de taches rousses sur un fond brunâtre. Cet oiseau arrive en France au printemps et vit isolé dans les champs ; il pond de huit â douze œufs, assez volumineux et fortement tacliés de brun noir sur fond roux. A l'automne il nous quitte, et s^associant à de nombreux compagnons, exécute, malgré la faiblesse et l'imperfection de ses ailes, des voyages lointains, en Egypte, au Sénégal, et dit-on, Jusqu'au Cap de Bonne-Espérance. On prend souvent les cailles au filet, et on les garde en captivité pour les engraisser.

Les Pigeons. — Les pigeons méritent à tous égards de constituer un ordre particulier. Us diffèrent en effet des. Gallinacés par leur structure intime et par la conformation de leur bec et de leurs pattes aussi bien que par leurs mœurs. Ils volent bien et nichent pour la plupart sur les arbres ; ils vivent en couples parfaitement unis ; ils per> chent facilement; ils ne se vautrent pas dans la poussière, à la manière des Gallinacés. Enfin leurs petits, qui naissent dans un état d'imperfection extrême, sont pendant assez longtemps incapables de pourvoir eux-mêmes k leur nourriture ; ils reçoivent du bec de leurs parents une sorte de bouillie.

à demi fluide, qui est sécrétée par les parois du Jabot, et qui Joue le rôle du lait dans l'alimentation des Jeunes.

On trouve des pigeons dans toutes les parties du monde et il est presque inutile de dire que, suivant les réglons, ils affectent des formes particulières. De là une multitude d'espèces, les unes de grande taille, comme les Pigeons mangeurs de fruits ou Carpophages de TOcéanie, les autres extrêmement mignonnes, comme les Colombes passefHnes de l'Amérique ; les unes revêtues de teintes grises, blanches et fauves, avec quelques reflets métalliques sur la tête, la gorge ou les ailes, comme les Pigeons biset et ramier de nos pays, les autres d*un vert rehaussé de rouge vif, de Jaune d'or, comme les Ptilopes de la Nouvelle-Guinée et des lies avoisinantes. La plupart de ces pigeons, grâce à la conformation de leurs pattes, peuvent se poser facilement sur les branches; quelques-uns cependant semblent destinés à vivre sur le sol et sont plutôt marcheurs que percheurs; tels sont les magnifiques Gouras que l'on voit actuellement dans tous les Jardins zoologiques, et oui se reconnaissent facilement à leur grande taille, à leur tête ornée d'una crête de plumes élégamment découpée s, à leur livrée d'nn gris bleuté et d'un brun rougeâtro. En France, on ne compte que quatre espèces de pigeons vivant à l'état sauvage, savoir : le Pigeon ramier ou Palombe, le Pigeon colombin, le Pigeon biset ou de rocfie, et la Tourterelle des bois.

Le Pigeon ramier a la tête cendrée, la nuque d'un vert doré, les côtés du cou marqués d'un croissant blanc, la poitrine d'une teinte vineuse, les ailes grisâtres liserées de blanc, le reste du plumage cendré. Il arrive au printemps dans nos régions, et repart en automne pour des climats plus doux. Dans les forêts c'est un oiseau très farouche, mais I dans les Jardins publics des grandes villes, à Paris par exemple, où il se sent protégé, il montre la ; plus grande familiarité et vient prendre sa nourriture Jusque dans la main des promeneurs.

Le Cotombin est plus petit que le ramier et a le plumage d'un gris plus ardoisé, les côtés du cou d'un vert chatoyant, sans taches blanches, et les ailes marquées de taches noires. Il se tient dans les bols, et fréquente surtout nos départements de l'est et du midi.

Le Biset, ou Pigeon de i^che, se plaît, comme son nom l'indique, dans les endroits rocailleux; il se distingue facilement de l'espèce précédente par sa croupe d'un blanc pur, tranchant sur la couleur bise du reste du plumage, et par ses ailes ornées d'une double bande noire. Il émigré en automne, comme le colombin et le ramier, et est alors l'objet d'une chasse fort active. C'est du biset que sont issues certainement la plupart des races de nos pigeons domestiques, races qui sont actuellement au nombre de deux cents environ. Nous citerons seulement les principales :

1" Les Pigeons mondaine, bien étoffés, de nuances variables, mais ressemblant au biset par leurs caractères généraux;

2* Les Pigeons boulants ou grosse-gorge, chez lesquels le Jabot acQuiert un volume inusité et peut se gonfler d'air lorsque l'oiseau fait la roue ;

3*^ Les Pigeons queue de paon, dont la queue très développée, redressée, et même rejetée en avant, acquiert un nombre de plumes considérable:

io Les Pigeons turbits ou à cravate, qui sont ainsi nommés parce que les plumes de leur gorge sont frisées en forme de Jabot, et qui ont parlois les pattes fortement emplumées;

5** Les Pigeons culbutants qui, en volant, exécutent dans les airs des culbutes répétées, causées par une sorte de vertige, une affection cérébrale:

G"" Les Pigeons nonnains ou jacobins^ dont le col est entoure d'une véritable fraise;

GALLINACÉS

GALVANOPLASTIE

7» Le» Pigeons tambour, à la voix retentissante;

8" Les Pigeons pies, an plumage varié de roux, de noir, de Dieu et de blanc ;

9* Les Pigeons hirondelles, au corps blanc, avec la tôte et les ailes colorées, et les pattes généralement emplumées;

10* Les Pigeons volants ou messagers^ qui ne diffèrent pas oeaucoup du biset par leurs formes, et qui sont utilisés pour le transport des dépèches. Ces oiseaux ont, comme chacun sait, rendu d'importants services pendant le siège de Paris en emportant, attachées à une des pennes de leur queue et roulées dans un tuyau de plume, des photographies microscopiques de lettres, de dépêches officielles. On en élève maintenant un grand nombre dans des colombiers militaires.

11 • Les Pigeons à caroncules, véritablement hideux à voir, avec leur bec surchargé à la base d'excroissances verruqueuses et leurs yeux cerclés de rouge, etc., etc.

La Tourterefle des bois est de taille plus faible que les pigeons ramier, biset et colombin, et porte un manteau fauve^ varié do noir; elle a le cou bleu avec une tache noire et blanche de chaque côté. Elle arrive chez nous au printemps et fait son nid dans les bois les plus sombres, qu'elle fait retentir do ses roucoulements.

On volt souvent dans nos volières une autre espèce, la Tourtei^elie à cotlier, qui est originaire d'Afrique.

En Amérique, et particulièrement aux Etats- Unis, vivent des Pigeons voyageurs qu'il ne faut pas confondre avec la race domestique qui porte le même nom. Ces pigeons vovageurs ou Ectopistes ont la tôte d'un bleu ardoise, le dessus du corps d'une teinte analogue, avec des taches brunes et noires, le cou de nuances chatoyantes, vertes, dorées ou pourprées, le ventre et les pennes latérales de la queue d'un blanc pur, les pennes médianes noires. Ils vivent de fruits d'érable, d'orme, de chône, de bouleau, de grains de riz ou de froment, et exécutent, du golfe du Mexique à la baie d'Hudson, des migrations extraordinaires, aussi bien par leur étendue que par le nombre des individus, migrations qui paraissent provoquées non par la marche des saisons, mais par le besoin de nourriture. Le célèbre naturaliste américain Audubon. dont les calculs méritent toute confiance, n'estime pas à moins de 1,115,136,000 le nombre de pigeons qui composaient des bandes qui passèrent un jour au-dessus de sa tète. L'Ectopiste voyageur est probablement le Pigeon qui a le vol le plus rapide ; il parcourt vingt-cinq lieues à l'heure, ou un mille à la minute, ou vingt-huit mètres environ par seconde.

Tous les Pigeons pondent des œufs d*un blanc pur, à coquille lisse et luisante. Les petits naissent fort débiles, à peine couverts d'un faible duvet; ils doivent, comme nous l'avons dit, être nourris par leurs parents. De là résultent dans l'élevage des pigeons domestiques des difBcuItés que Ton ne rencontre pas dans l'éievage des poulets et des canetons. Une fois arrivés à l'âge adulte, les pigeons demandent encore certains soins, leur demeure doit être entretenue dans un état de propreté absolue, leur nourriture ne doit pas être trop échauffante, etc.; mais ces soins sont largement récompensés par le produit que donne la vente des jeunes pigeons. Depuis un siècle le prix de ceux-ci s*est considérablement accru, en raison du morcellement de la propriété et des lois restrictives qui ont amené la suppression de la plupart des grands colombiers. En effet, quoique les pigeons on liberté se nourrissent ])lut6t de vesces que de bon grain, on a cru devoir interdire de laisser vaguer ces oiseaux dans les champs avant la rentrée des récoltes, ce qui force les propriétaires à les tenir

enfermés une partie de Tannée, et ce qni rend l'élevage en grand à peu près impossible.

[B. Oustalet]

GALVANOPLASTIE. — Physique, XXIV. — La galvanoplastie est l'art d'appliquer une coucbe méuUloue sur une matière quelconque au moyen de la pile électrique. Elle repose sur la propriété qu'ont les courants électriques de décomposer les dissolutions salines. Quand le dép^t métallique se moule exactement sur les objets sans j adhérer, qu'il en reproduit tous les détails et peut s\n séparer, c'est la galvanoplastie proprement dite; quand au contraire le dépôt formé est adhér^^nt, qu'il constitue une couche protectrice faite d'un métal inaltérable ou précieux, c*e9ttéleciro-chimie, dont l'argenture et la dorure sont les plus intéressants exemples.

Ces deux applications de l'électricité sont toutes récentes ; elles ne datent que de 1838. An commencement de ce siècle, Volta, presque immédiatement après la découverte de sa pile, avait bien réussi i décomposer une dissolution saline et à déposer le métal an pAIe négatif; mais le conrant électrique dont il disposait était trop pen régotier pour que le dépôt opéré pût présenter de rhomogénéité ; ce n'est qu'avec le courant constant fourni

Bar les piles à deux liquides^ notamment la pile de laniell, qu'on a pu obtenir des dépôts méulliqaes réguliers, homogènes, ductiles, présentant en aa mot l'aspect et les propriétés oes métaux ordinaires. La première observation a été toute fortuite ; elle est de Jacobi, et entre des mains moins expérimentées elle serait vraisemblablement restée sans résultats, tandis que le savant physicien ru&ye en a fait la base d'une industrie nouvelle. Jacobi avait fait construire une pile de Daniell (V. Electricité) en enjoignant au fabricant de n'y employer Que du cuivre très malléable et très pur. Or, quand il l'eut fait marcher quelque temps, il remarqua que les lames de cuivre étaient devenues ragueuses et qu'on pouvait en détacher do petites lamelles cassantes. Amené à observer de près ces lamelles, il put se convaincre que c'était un dépôt moulé sur la surface primitive des lames et en re-

{>roduisant tous les accidents, traits de lime, érailures et coups de marteau. C'était donc du cuivre provenant du sulfate décomposé par le courant et qui présentait assez de ténacité pour qn'on pôt le confondre avec le cuivre laminé. Il recommença l'expérience en la variant de plusieurs manières; en remplaçant la lame de cuivre ordinaire par une plaque gravée, il obtint un dépôt de cuivre offrant en relief l'emprdnte très exacte des dessins gravés en creux sur la plaque originale. Le principe de la galvanoplastie était trouvé.

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