ALCALI
alcaloïdes
la sonde NaO, HO (K représentant un atome du métal, le potassium, et Na un atome de sodium). On voit que Tune et Vautre sont hydratées, c^est-àdire conuennent de Teau.
Leurs propriétés. -^ \* déliaueseenee. — Ces deux bases attirent Tbumidité de rair avec tant d'énergie, qu'exposées à Tair libre elles s'imprègnent d*eau et tombent rapidement en déliquescence.
2* Cttwtiiciié. — C'est une conséquence de leurs propriétés déliquescentes : ces deux substances Drùlent les tissus organisés, parce qu'elles enlèvent entièrement l'eau que ces tissus contiennent. Aussi ce sont des poisons corrosifs énergiques. On emploie surtout la potasse en chirurgie, comme pierre & cautères. Introduit dans la bouche, un fragment do potasse, ou une goutte de la dissolution de potasse, de soude ou d'ammoniaque, détruit instantanément l'épithélium et met à vif la muqueuse, la fait rougir et, au bout de quelques instants de contact, y produit des perforations et des ulcérations. Introauit dans l'estomac, l'alcali le perfore rapidement. Le contre-poison, autant Qu'il est possible, doit être dans des boissons acidulées.
Sels de potasse et de soude, — Ces deux bases forment avec les acides de nombreux sels, dont la thérapeutique et l'Industrie savent tirer parti. Les plus importantes sont les carbonates de potasse et do soude.
Potasse du commerce, — Ce que dans le commerce on appelle vulgairement potasse est un cnrbonate de potasse^ impur parce ^u'il est fabri-
2ué en grand et non avec la perfection des procées chimiques de laboratoire. Les végétaux terrestres contiennent une grande quantité de sels de potasse, qui par la calcination se changent pour la plupart en carbonates. Par conséquent les cendres de bois sont la source naturelle la plus abondante de carbonate de potasse. Comme ce sel est parfaitement soluble dans l'eau, on voit qu'il suffira de passer les cendres à l'eau bouillante pour en extraire une forte proportion de carbonate de potasse. Telle est la raison chimique de la fernne.
Stm rôle dans la lessive, — Mais en quoi la potasse alde-t-elle à laver le linge? Comment enlèvet-elle les taches de graisse ? C'est que tous les corps gras contiennent deux éléments, dont l'un est un corps neutre, la glycérine, et l'autre un acide gras, véritable adde pour lequel les alcalis ont la même affinité que pour tous les acides minéraux. La potasse des cendres, dans la lessive, décompose les corps gras, se combine avec eux et entraîne dans l'eau toutes les matières grasses qui peu à peu, avec l'aide du battoir de la blanchisseuse, se détachent du linge (V. Savon),
Outre cette propriété qui les rend précieux pour la fabrication aes savons, les sels alcalins, les carbonates surtout, entrent dans diverses industries, notamment dans la fabrication des verres et des cristaux. Il était donc naturel qu'on cherchât à les produire en grandes quantités et à bon marché.
1" Potasses extraites des cendres de bois, — Dans les pays où le bois n'est pas cher, dans ceux où les difficultés de communication ne permettent pas d*en tirer grand parti, on brûle du bois dans des fosses d'un mètre de profondeur, puis on en recueille les cendres ; on passe ensuite à l'eau bouillante ; on laisse évaporer l'eau de cette lessive : le résidu s'appelle le safin; on le fait recuire dans des fours particuliers. Ce qui en sort est la potasse brute ou potnssf perlasse, qu'on appelle, suivant les lieux d'où elle vient, potasse des Vosges, de Toscane, de Russie, de Dantzig, d'Amérique, etc.
2* Potasses extraites de mélasses de tetterave, ^ Depuis quelques années en France, notamment dans les départements du Nord, de l'Aisne, on extrait beaucoup de potasse (environ 3000 tonnes Par an), des résidus de la fabrication du sucre et de eau-ae-vte de betteraves : on calcine à cet effet le
résidu des mélasses fermentées, et on obtient un saiin de betteraves qu'on transforme, comme celai de bois, en potasse perlasse.
3* Potasses extraites des eaux de lavage des lai nés. — A Elbeuf et à Reims , où se lavent de grandes quantités de laines brutes, on utili<^e les eaux de suint, oui, concentrées, forment une sorte de sirop qu'on fait évaporer, puis calciner ; on en thre un carbonate de potasse oie bonne qualité.
4« potasses extraites de la lie de vin, — On a aussi obtenu de la potasse presque pure par la calcination des tartres renfermés dans les lies de vin, mais aujourd'hui presoue tout ce tartre est réservé à la fabrication de 1 adde tartrique.
Carbonates de soude, — La soude du commerce s'obtenait autrefois par le lavaçe des cendres provenant de la combustion de divers végétaux marins, et notamment du genre Salsola. C'était la soude des varechs. L'Espagne en livrait la plus grande quantité (soude d'Alicante). A la fin du demiei siècle, sous la Convention, à un moment où la France, en guerre avec l'Espagne, ne savait comment se procurer les provisions nécessaires de soude, un chimiste français, Leblanc, répondit b premier à l'appel de la Convention, découvrit etlh vra généreusement à la publicité un procédé de £ibrication artificielle qui opéra une véritable révolution dans cette industrie. Il était parvenu h fabriquer le carbonate de soude par l'action do sulfate de soude et de la crde pulvérisée et mélangée à du charbon. Le malheureux inventeur mourut dans la misère en 1800. mais aujourd'hui le procédé Lehianc (facilité par les fours spéciaui de d'Arcet) est le seul quon emploie en grand pour cette fabrication.
Le carbonate de soude entre dans la composition des savons dura ; le carbonate de povàsse dans celle du savon gras.
Bicarbonate de soude, — Ce sel, qui contient deux fois plus d'acide carbonique que le carbo nato, se rencontre dans quelques eaux naturelles, et principalement dans les eaux de Vichy : aussi porte-t-il le nom de sel de Vichy. Il est d'un usage très -fréquent en médecine et est l'agent de ce qu'on homme la médication alcaline: on le recommande comme facilitant la digestion et surtout comme combattant les sécrétions calcaires. En effiit il se décompose très-aisément en présence de la chaux ; son adde carbonique absorbe la cbaux qu'il trouve dans les sécrétions et donne lieu à du carbonate de soude qui est très-soluble, tandis que le carbonate de chaux ne l'est point: il s'accumule dans certains orguies, y produit des dépôts calcairei très dangereux.
Atcaliméttie, — Les potasses et les sondes do commerce sont toujoun impures, et leur valeur vénale tient surtout aux quantités de potasse oa de soude pure qu'elles contiennent; l'industrie a donc tout intérêt à apprécier très-exactement les quandtés qu'elles en contiennent. Les procédés employés pour arriver à cette évaluation constituent l'alcalimétrie. On détermine la quantité d'alcali pur qu'il faudrait pour neutraliser complètement une quantité déterminée d'acide sulfurique Sur. Si, pour neutraliser ensuite la même quantité 'acide sulftirique, il faut une quantité trois ou quatre fois plus grande de l'alcali du commerce^ c'est que celui-ci ne contient que le 1/3 ou le 1/i de son poids d'alcali véritable. Tel est le principe très-simple de l'alcalimétrie, imaginée par Gay- Lussac.
Pour les métaux alcalins, V. Métaux, — V. aussi Ammomaque, [A. Jacquemart.]
ALCALOÏDES. ^ CAtmte,XXV. — {Ètym, : analogue aux alcalis.)
Découverte des alcaloïdes na/tireZf. — En 1820, Pelletier et Caventou, pharmaciens à Paris, parvinrent à extraire, de l'écorce do quinquina, deux
ALCOOL
ALCOOL
principcf actifr, auxquels le précieux végétal doit tM pTvpriétés fébrifuges : ce sont la quinine et la {McAouse, substances blanches, solides, amères, loioUes dans Talcool, formées de carbone, d*oxygèae, dlijdrogène et d*asote.
Cest toajcNvs une Importante découverte que celle (Tnn principe médical qu*on parvient à isoler, car h Uiéiapentique peut mieux en varier remploi ; mais U découverte iaite par les deux savantt Irançaii éiait encore plus importante, à cause de ses ooBséqoences pour la chimie organique.
l\s coDstataie£t, en effet, que ces deux produits oooftnx bleuiasaient le tournesol roug^, et se eombiaaient aux acides comme les alcaUs métal- Bqies : la potasse^ la soude et l'ammoniaque T. Fartide précédent); de là le nom d*akalotdes qui leur fut donné pour rappeler leur principe cmctère chimique.
Eb 1804, Sertuemer avait déjà constaté dans Topfnm on principe possédant les propriétés chiftiipes des bases métalliques; on peut donc le coosidérw comme ayant trouvé le premier alcatede, quoiqu'il ne loi ait pas donné ce nom. Depoîs Pelletier et Caventou, le nombre des iloloides découverts dans des sucs végétaux s*acavL rapidement; on les appela alcaloïdes naturels, ftt apposition aux alealoiaes artificiels qu'on parroA lïas tard à fabriquer.
Os derniers sont extrêmement nombreux: on Je* Qoouse quelquefois ammonlaoues composées, paite qa on les considère comme ae Tammoniaque dans laquelle 1, 2, 3 équivalents d'hydrogène sont remplacés par d'autres substances.
Toatts les espèces d'alcaloïdes naturels et artiloeb coaiiennent de l'azote et donnent de l'am- BMQJaqu en se décomposant. La thérapeutique a ûii ua pand parti de l'action énergique que la plupart eiercent sur l'économie.
Eiempla tfalcaloides.— L'opium, qui est du sue de paioi épaissi et qu'on extrait des capsules de pavot par une simple incision, contient plusieurs aicaloides, entre autres la morphine et la narcotim, rabsUnces qui, pnses en très-petite quantité, proToqaent la somnolence, et, à doses plus fortes, nnKQsibilité, quelquefois des convulsions et le téuaos. Le laudanum est une liqueur pharmaceuuqne dont l'élément principal est l'opium.
La nintiHe est l'alcaloïde du tabac ; la caféine, celui da café. Vanûinej aujourd'hui très-employée en tôntarerie, est l'alcaloïde du goudron de houUle. Jfoder d^extraetùm» — Deux méthodes sont employées pour l'extraction de ces produits imporums:ceiix^ui sont liquides et volatils sont extraits pardifUllation, sur de la chaux ou de la potasse, de Is partie du végétal qui les contient; les autres s'obtiennent par des lavages avec de l'eau acidulée, de Talcool ou de l'étber. [A. Jacquemart.]
ALCOOL.— Chimie^ XXIIL— (i?fyin. : de l'arabe ii eoAo', le subtil.) — L'Académie écrivait a kohol JQsqaà sa 6* édition, où l'/i étymologique a été nppiimé.
1. Akocl prqpmBflnt dit» alcool vlniqua ou eqpritrds-vfn. — C'est le liquide obtenu par la éutiUiiion du vin.
{.'"icooi résulte de la fermentation. -— L'alcool ett la baie de tontes les liqueurs fermentées : le im, le cidre, la bière. Dans une cuve où fermente daios de raisin ou de pommes, le sucre se change M aâde carbonique et en alcool sous l'action des fennents (V. Fermentatioti). Gay-Lussac ayant introdoit quelques grains de raisin dans une éprouvet^ pleine de mercure et v ayant laissé pénétrer on pen d'air nécessaire à la fermentation, vit le nercnre chassé de l'éprouvette par la pression de Vidde carbonique naissant, et il put constater que, lafermenution terminée, U ne restait plus aucune ^ce de sQcre, tandis que le Jus aqueux contenait «ïilcooU
Alcool pur et alcools du commerce, -^ La formule de l'alcool absolu est C^H*0>. mais les liqueurs fermentées ne sont que de l'alcool très-étendu d'eau. Pour l'obtenir pur, on ^istille plusieurs fois de suite sur du carbonate de potasse fondu, corps trèfr«vide d'eau, l'alcool du commerce dont la richesse est indiquée par l'alcoomètre (V. Aréo' mètre). Dans l'alcool aosolu cet instrument marque 100" à 10" de température. Tous les alcools du commerce, les esprita, les eaux-de-vie, sont des mélanses d'alcool pur et d'eau. — V. ci-dessous Alcooîiques (boissons).
Découverte dr CalcooL — On attribue la découverte de l'alcool à Arnauld de Villeneuve, alchimiste, qui vivait à Montpellier vers 1300.
Raymond LuUe, autre alchimiste célèbre, a décrit la rectification de l'esprit-de-vin par la distillation sur le carbonate de potasse fondu.
Fabrication de l'alcool. — On obtient l'alcool en grand par la distillation des liquides fermentes, tels que le vin, le Jus de betteraves fermenté, le moût obtenu par la sacchariflcation de la fécule et du grain et soumis ensuite à la fermentation (eau-de-vie de grains). L'opération se fait aujourd'hui dans des appareils très-perfectionnés.
On obtient du premier coup, par une seule distillation, de l'alcool bon goût à 9d* centésimaux
Sroyez Aréomètre) ; bon goût, c'est-à-dire débarrassé e l'alcool amyltque (huile de pommes de terre, huile de betteraves), qui se forme en même temps
Sue lui et en petite quantité dans la fermentation es liquides sucrés.
Distillation et concentration. — L'alcool est plus voïatil que l'eau; par conséquent un mélange de ces deux liquides soumis à la distillation donnera d'abord un liquide plus riche que celui dont il provient ; il en sera de môme d'une deuxième, d'une troisième distillation : tel est le principe de la concentration des alcools ou esprits par distillation.
Aujourd'hui ces distillations successives se font pour ainsi dire en môme temps au mo^en des appareils perfectionnés de Derosno et Cail et de Laugier. Les vapeurs môlées d'alcool et d'eau sont forcées de s'élever dans une sorte de haute colonne où les vapeurs d'eau se liquéfient, celles de l'alcool continuant à monter; à mesure qu'elles montent, elles atteignent une région plus froide et se condensent à leur tour.
Propriétés. — L'alcool est un liquide incolore, volatil . doué d'une odeur spiritneuse ag^able. Sa densité est 0,79 à 15* centi^ades. Il bout à 78%4 sous la pression barométrique normale, 760"*. On n'a pas encore pu le congeler ; à 100* de froid il a la consistance oléagineuse. L'alcool se mêle à l'eau en toutes proportions. Le mélange produit de la chaleur, il en résulte une contraction après le refroidissement. Ainsi 1 litre d'eau mélangé à 1 litre d'alcool ne donne point 2 litres de mélange. La plus grande contraction se produit quand on mélange les deux liquides dans la proportion de 52,3 volumes d'alcool pour 47,7 deau. L'alcool attire l'humidité de l'air. Il déshydrate les sels contenant de l'eau.
L'alcool comme dissolvant. — L'oxygène, le cyanogène, l'acide carbonique se dissolvent dans l^cool. n en est de môme des résines, des corps gras, des bases organiques. La plupart des gaz y sont plus solubles que dans l'eau.
Les teûitures alcooliques des pharmaciens, telles que la teinture d'iode, ne sont antre chose que diverses substances en dissolution dans l'alcool. La potasse, la soude, un grand nombre d'acides minéraux s'v dissolvent. Quelques parcelles d'acide borique donnent une coloration verte à la flamme de l'alcool.
Combustion vive et combustion lente de l'alcool. — L'alcool prend feu à l'air au contact d'une allu-
ALCOOL
ALCOOL
mette enflammée et brûle avec une flamme bleuâtre peu éclairante.
Si on fait passer un courant de vapeurs d*alcool dans un tube de porcelaine chauflTé au rouge, elles sont complètement décomposées, on reçoit par l'autre extrémité du tube un mélange de vapeur d*eau, d*oxyde de carbone, d'hvdrogène, de gas des marais (hydrogène protocarboné) et d*bydrogëno bicarboné. Le tube est en outre recouvert d'une couche de charbon noir et quelquefois on constate la présence de bensine et d*hydrate de phényle. On le voit, la décomposition par la chaleur seule de ce corps, dont la formule est assez simple, G*H*Os, peut donner naissance à un trèsgrand nombre de produits, dont la nature peut encore varier avec la température à laquelle la décomposition s'opère. C*est qu*en eifet, comme nous Tavons souvent constaté (V. Chimie oraaniqueV les produits organiques ou leurs dérives formes de carbone ou d'hydrogène sont extrêmement nombreux.
Quand Talcool subit une combustion lente, c'està-dire une oxydation incomplète (V. Oxy^ène\ U se forme de \ acide acétique: c'est le principe de la fabrication du vinaigre.
Pour produire la combustion lente de l'alcool, on fait tomoer le liouide goutte à goutte sur du noir do platine : il se forme a'abord un produit d'oxydation intermédiaire et qu'on appelle aldéhyde ; ce corps manifeste sa présence par une odeur particulière, puis, l'oxydation se continuant,4*aldéhyde se transforme en acide acétique, suivant cette formule :
C*H«0« -f 0« = C*HK)« -f- 2H0.
Alcool Oxygène Aldéhyde Eau
C»H*0« -f- 0« » C*HK)*.
Aldéhyde Oxygène
Adde acétique
On peut encore réaliser la combustion lente de ralcool au moyen de la lampe sans flamme de Dosbereiner. C'est une lampe à alcool ordinaire, dont la mèche est surmontée d'un fil de platine en spirale. Quand la lampe est allumée, la spirale est portée à l'incandescence. Qu'on éteigne alors la flamme, les vapeurs d'alcool viennent au contact de la spirale encore chaude et éprouvent alors la combustion lente, ce qui donne assez de chaleur pour reporter rapidement la spirale à l'incandescence.
2. CSombinaiaons de l'alcool aveo dlTers oorps. — L'alcool peut s'oxyder vivement au contact des corps riches en oxygène, comme l'acide chlorique ; l'expérience est même dangereuse.
L alcool absolu est très^nersiquement attaqué par le chlore ; sous l'influence des rayons solaires chaque bulle de chlore peut déterminer une inflammation. En modérant la réaction il se forme de l'aldéhyde d'abord, ensuite de l'éther acétique et de l'acétal, puis enfin du chUnnil : OHCl'Os. Ce produit est aujourd'hui très-employé en thérapeutique.
Distillé avec du chlorure de chaux, l'alcool donne du chloroforme.
Chauffé avec une solution d'argent ou de mercure dans Tacido azotique concentré, il se manifeste une vive ébulliUon et au bout de ouelque temps on obtient un dépôt de fulminate d'argent ou de mercure, poudre explosive.
Action de Vacide sulfitrique iur ralcool. FormatUm de Véther. — Si on verse de l'acide sulfurique dans de l'alcool, et qu'on agite doucement, la masse s'échauffe ; il se forme une véritable combinaison entre les deux corps : c'est l'acide sulfovinique. Si on chauffe ce mélange à 140*, on obtient en condensant les vapeurs un liquide incolore : c'est Véther ordinaire, appelé encore éther normal. Sa formule est C^H'O ; elle ne diffère do celle de l'alcool que par les éléments de l'eau.
Si 1 acide sulfuriquo est en grand excès et qu'on
chauffe au-dessus de 140*, on obtient du çax oli' âantf c'estrà-dire de Vhyârogène bicarboné, C^H^ l'un des gaz principaux du gas d^éciairage.
8. ▲utres aloools o«i aloooto bomologuaa. — Les chimistes ont trouvé un assez grand nombre de corps, tous liquides, ayant des lonnales semblables à celle de l'alcool, et donnant lieu à des réactions analogues en présence des mêmes substances. Tel est, par exemple, l'esprit de bois ou alcool de 6o», découvert en 1812. par Taylor, dans les produits de la distillation du bois et étudié psr Dumas et Péligot. Les chimistes l'appellent alcool méthylique (CSHH)>;. M. Berthelot a pu le fabriquer artificiellement. A l'état de pureté, c'est un liquide incolore volatil, d'une odeur spiritooase. L'odeur empyreumatique de l'esprit de bois do commerce est due à des impuretés.
Quand on distille le marc de raisin, on obtient encore un alcool, que les chimistes ont appelé alcool propylique.
En 1&3, M. WQrU put extraire de l'alcool de betterave un alcool, particulier qu'on a appelé (miylique.
Dans l'huile de marc de raisins, dans l'huile de pommes de terre, dans l'huile de betteraves qui constituent les résidus de la distillation des alcools de marc, de fécule, de betteraves, M. Dumas s trouvé d'autres produits, que ses travaux, ainsi que ceux de Stas, uahours, Balard, ont fait considérer comme des corps analogues à l'alcool, aussi bien par leur formule que par les réactions et les produits auxquels ils donnent naissance. On connaît aujourd'hui un grand nombre de corps semblables^ qui constituent en chimie organique la classe si importante des alcools. Voici le tableau des dnq premiers, extrait de la chimie de M. Wortz.
VOMi.
ADTBCE3
delà
découTerte.
Alcool méthylique ou
CtHH)l
Taylor, 1812. '
esprit de bois.
CWO*
jIrnauM
alcool éth^lique, ou
de VillcneuTe, *
esprit-de-Tin.
Alcool propylique (ex-
C«HSOa
Chancel, 1853. !
trait des eaux-de-vie
de mère).
Alcool butylique (extrait
cmtoo*
Wsurti, i85i.
des alcools de bette-
ratf).
▲Icoor amyliqué (huile
Sebede, 1783.
de pomme de terre).
Et la série se continue ainsi, l'hydrogène (H; ayant toujours 2 équivalents de plus que le carbone (C) et les proportions d'oxygène restant 0^
Les produits dérivés de ces diiTérenU alcools ne sont pas moins rigoureusement homologues. Chacun d'eux, en perdant 3 molécules d'eau, devient un hydrogène carboné dont la formule dérive simplement de la sienne. C*HH)« devient C*H^ (puisqu'il a perdu 2H0), C«HH)« devient C«H«, et amsi de suite ; 2* chacun d'eux, sous l'influence de» oxydants, se convertit d'abord en un aldéhyde, pni» en un acide analogue à l'acide acétique ; 3* ^i> chacun d'eux, en se combinant avec les acidef. forme un éther composé lorsque l'acide est oxygéné (et alors il y a toujours élimination d'eau), un étber simple lorsque l'acide est hydrogéné; aest le caractère le plus constant des alcools.
Pour se rendre compte de toutes ces réactions, ainsi que de leur remarquable 'parallélisme, le* chimistes ont considéré toutes ces substances, alcools, éthers, etc., comme contenant une molécule typique Jouant le rôle d'un corps simple et carac-
ALCOOLIQUES
ALCOOLIQUES
ténsntU série alcoolique; c^est cette molécule qa on prend oomme point de départ, comme élé- D^at tie, M retrouTant dans tous les corps de la léfid, mais combiné dans chacun d^eux à des proportioni différentes des autres corps. On rappelle £ radical de la série : dans la série des alcools, le redieal est l'hydrogène carboné du gai d*éclairage qm le retrouve dans tous les alcools. Cette manière d'esvisi^ la théorie des innombrables réactions uiquelles ils donnent lieu n*est pas seulement 80 Bncienx fil conducteur pour les chimistes dans ce dédale de faits si compliqués ; elle a reçu la plus éclatante confirmation par les résultats auxqotlM ^e a conduit, notamment par les fameuses f^nthésa de M. Berthelot. Cet illustre chimiste, partant du radical C*H* (gas d'éclairage ou éthylène), a pa fabriquer de toutes pièces :
1* En y ajoutant 1 équivalent d*hydrogène, Téthyk on hyi&ure d'éthylène, C^H».
!• En ajoutant au précédent 1 équivalent d*oxyfèae, Véiher on oxrde d*éthyle C^H^O.
3' Enfin en j ajoutant 1 équivalent d'eau (HO), Talcool ordinaire ou hydrate d'oxyde d'éthyle C41H). HO ou, ce qui rerient au môme, C*H<0*. .V. Synthtse).
' Tout ce que nous venons de dire s'applique à tons les autres alcools, en remplaçant le mot nbrle par les noms : méthyle, propyle, butyle, Esyle, etc., qui représentent les radicaux des diffêfpates séries, on plus exactement leurs hydrures.
!ioQS avons insisté sur cet exemple des alcools, pute qae c'est un de ceux qui permettent le mieux de dooDer une idée générale des méthodes do la chimie organique, de ses principes de classificatkn, enfin des lois, des analogies merveilleuses qui président aum combinaisons en apparence les plu compliquées. [A. Jacquemart.]
àLCOOUQUBS. (Boissons). — Chimie, XXIII ; Hjgièoe.xn. — V. l'article Boissons,
i. (Odmie) : Composition des boissons aloooliqotÊ. " Nous croyons utile de donner une idée sommaire des proportions d'alcool pur contenues : 1* dans les eaux-de-rie ; 3* dans les rins ; 3* dans, d'antres boissons fermentées.
Eiux-M-viK. — On appelle ainsi des mélanges dilcool et d'eau dans lesquels la proportion de lalcool pur ne dépa^sse pas ôS ou 60 degrés, c'està-dire enriron la moitié de leur volume. Les eaux-de- Tie de Cognac sont renommées i>ar leur finesse de fo&t. On les iabrique avec des vins blancs qui ont fermenté sans la peau du raisin et par conséquent coQt pa se charger des sucs peu agréables au foùt que contient cette enveloppe. Elles ont de 49 à i'» degrés.
Lu troiX'Six sont des alcools qui marquent SS* centésimaux ; on les nomme ainsi parce que trait parties mélangées à poids égal avec de Teaa produisent six parties d eaux-de-rie potables d«U force de SO*.
Us ettux-de^me de marc, qui se fabriquent surtout en Languedoc et aussi en Bourgogne et en Champagne, sont le produit de la fermentation du marc de raisin avec un peu d'eau.
Depuis que la fermentation du sucre de bette- TaTe a pris en France une grande extension, on fabrique beaucoup d'eau-de^ie de betterave dans fe Nord, le Pa»-de-Calais, l'Aisne et l'Oise, en distillant des mélasses fermentées.
Le rAttm, produit de la fermentation des résidus on mélasses du sucre de canne, s'obtient aussi par disUllation.
Le Khums (ou péauet), dont on fait une grande consommation en Belgique, en Angleterre et dans le nord de la France, est le résulut de la distillation des liquides sucrés obtenus par la fermentation des grains de céréales, et principalement du «eiçJe.
Le gemtort de Hollande et le violent gin anglais
sont de l'eau-de-vie de grain parfumée p:^ le fruit du genévrier.
L^alcool de pomme de terre a une origine toute semblable : la fécule de pomme de terre est transformée en sucre par l'action des addes (V. Sucre) ^ puis fermentée et distillée.
Tous ces alcools et eanx-de^e contiennent toujours des principes étrangers qui en font des alcools dits mauvais goût. On les purifie par des distillations répétées et bien dirigées ou par l'emploi de certains désinfectants.
Le kirsch (abréria^ion de l'allemand kirschtoasser, eau de cerises) est un alcool contenant des traces d'acide prussique et provenant de la distillation des cerises fermentées; on en fait surtout dans les environs de la Forôt- Noire; dans les Vosges, et particulièrement aux enrirons de Plombière; en Lorraine, dans les Ardennes, en Suisse et dans d'autres pays. On peut obtenir abisi deux liqueurs tout à fait différentes, en distillant soit le produit des noyaux concassés et fermentes, soit la chair même du fruit.
Enfin Vabsinthe, qui est une distillation de Teaude-vie sur des tètes d'absinthe (plante commune dans le Jura), est riche en alcool : elle peut en contenir Jusqu'il 70 p. KiO. C'est la plus redoutable des liqueurs alcooliques, puisque aux effets de l'alcool elle ajoute ceux de la plante elle-même qui ne sont pas moins pernicieux.
Vins et autres boissons pibmkntAbs. — Les vins les plus alcooliques sont les rins secs d'Espagne. Mais certains vins sttcrés d'Espagne déguisent sous cette douceur apparente sans la rendre inoffensive, leur puissance alcooûqty*
Voici le tableau indiquant les proportions en volume d'alcool pur contenues dans 100 parties des différentes boissons fermentées. Vins (d'après M. Chevallier):
Porto 19 à 24 p. 100 d'alcool pur.
Madère 20 —
Constance.... 18 —
Xérès 17 —
Malaga 15 —
Chypre 15 —
Fkontlgnan . . . 11 •—
Champagne non mousseux 12,77
Grave 12,30
Beaune blanc 12,20
Angers 12,90
Champagne mousseux 11,77
Cahors.. 11,86
Mâcon blanc li,00
Volnay ll,Oa
Orléans 10,66
Bordeaux rouge 10,10
Côte-Rôtie 11,30
Pouilly blanc 9,00
Léoville 9,10
Vins vendus au détail à Paris 8,80
Ch&teau-Margaux 8,75
Chftteau-LafQtte 8,73
Chablis blanc 7,80
Les vins du Nord et des environs
deParis 7,00
Cidres :
Premier cidre Jusqu'à 9,87 p. 100.
Cidre ordinaire Jusqu'à. . . . 6,00 Poiré (cidre de poires) 12 à 16
Bières (d'après Payen) :
Aie de Burton 8,2
— d'Edimbourg... 5,7
Porter de Londres, de 8,9 à 4,5
Petite bière de Londres 1,2
Bière de Strasbourg et bières
d'Allemagne 2,5 à 5,0
ALCOOLIQUES
ALCOOLIQUES
Bière delille 2«9 8,5
— de Paris, double 2,5 3,0
— — petite 1,0 1,1
— deeArdennee 1,0 2,0
2. (Hygitae) : Usage et abus des boisaonealooo- Uques. — Montaigne a dit que chez nous « tout mal vient d'ànerie » : Tisnorance est certainement pour beaucoup dans Tabus de l'alcool ; bien des gens lui attribuent, de bonne foi, des vertus imaginaires. Les détromper est d*auunt plus difficile, que certains symptômes semblent leur donner raison.
Erreurs et préjugée. — Véritablei effets physiologiquu de takooL — On dit : Talcool combat le froid, — aide à supporter la chaleur, — donne de la force, — excite f activité. Ce sont là auUntd*illosions qui résultent d'une observation superficielle des premiers effets apparents des liqueurs fortes.
Voici ce que la science constate par ses expériences préclset:
1* Au premier moment, sous Tinfluence de la boisson alcoolique on éprouve une surexcitation de la sensibilité, de la force musculaire ; la circulation devient plus active ; la fatigue diminue, il se déclare un véritable accès de fièvre éphémère. 2* Mais cette surexciution de vitalité entraîne naturellement une certaine dépense de forces que ne compense pas le carbone fourni par la décomposition de Talcool, en sorte que le résultat définitif consiste en une perte qu^il faut réparer par des aliments. On pourra, sous l'influence, de 1 alcool, accomplir à un moment donné une tiche exceptionnelle : il produit Tefl'et d'un coup de fouet, mais il ne nourrit pas plus nos muscles que le fouet ne nourrit ceux du cheval. Plus a été vive cette excitation factice et passagère, plus est marquée la dépression d'énergie qui lui succède.
3* L*expérience prouve en outre que, dans les pays froids, 1 alcool, s il réchauffe momentanément, a pour résultat final un abaissement de la température ; dans les pays chauds on supporte mieux la marche, la soif et le travail si Ton s'abstient de boire de l'alcool.
\'' Pour ce oui est du travail, voici les résultats: 1?0 grammes d'eau-de-vie administrés à un homme robuste occupé à une tâche pénible ne produisent aucun résultat appréciable. Une seconde dose, quatre heures après^ diminue notablement les forces ; une troisième dose le rend incapable de tout travail.
5* Quant au travail intellectuel, l'alcool ne peut Jamais lui être utile. S'il surexcite Timagination pendant son action fébrile, il trouble le Jugement et la mémoire, et son usage prolongé ne peut qu'hébéter Tintelligence.
C* Enfin, et c'est le pire danger de l'alcool, comme il provoQue toujours et ne satisfait Jamais la soif, comme a'ailleurs le palais, à mesure qu'il s'habitue à sa forte saveur, a besoin, pour y rester sensible, d'une quantité toujours plus grande, c'est une nécessité inévitable que le buveur d'eau-devie aille en buvant toujours davantage; de telle sorte que l'habitude contractée devient presque fatalement, en un temps plus ou moins long, une irrésistible passion et engendre Y alcoolisme*.
Il ne faudrait pourtant pas par excès de zèle aller Jusqu'à affirmer que ralcool à n'importe quelle quantité est toujours absolument un poison. On a bien fait l'expérience que si l'on empoisonne un chien par exemple avec de l'alcool, on retrouve plusieurs heures après dans son cerveau de l'alcool non décomposé qui s'allume au contact d'une flamme ; mais il ne faudrait pas en déduire que l'alcooi ne subit dans nos organes aucune décomposition. Des analyses délicates ont prouvé, au contraire, qu'absorbé en petite quantité il est décomposé et utilisé par l'oreanisme à la façon du sucre et des corps gras. Chez l'homme adulte on
Rud«, SaM«, DMamark,
ne retrouve de traces appréciables de Talcool dans le^ urines oue s'il en a été absorbé quelques centimètres cubes.
Entre les mains du médecin ralcool est un remède précieux, par ses propriétés énergiques d'un effet immédiat et certain. Jadis c'était un produit de pharmacie que Ton ne pouvait acheter sans ordonnance. Le remède, hélas! est devenu trop po- Pulaire ; le lioulde qui tombait goutte à goutte de alambic du pharmacien forme chez nous, chaque année, un fleuve de deux millions d^bectolitres ! Chacun se l'administre à propos de tout et à propos de rien : il en résulte un empoisonnement èublic.
fD' Safïray,]
S. Statietiqaa. ~ Consommation des boissons alcooliques. — Aux détails que donnent les articles Vins et Boissons, il n'est peut-être pas sans intérêt d'ajouter ici pour les instituteurs le résumé d*un récent et très-remarquable travail publié par M. le D' Lunier. Nous empruntons les chiffres ci-dessous à un extrait de ce savant ouvrage publié dans le Journal de la Société de statistique de Paris, société dont le D' Lunier est président (n* de février 1878).
Consommation d*alcool en France et à tétran' ger, — Pour comparer les quantités do spiritueux consommés dans les divers pays, on les évalue par rapport aux quantités d'aleoolpur ou absolu qu'elles contiennent, et on fait la moyenne par tète d'habitant Cette moyenne n*a donc quWe valeur de comparaison et n'exprime qu'une approximation grossière.
Parmi les pays sur lesquels la statistique croit avoir des renseignements suffisants, on remarquera que les uns présentent une consommation croissante, les autres une diminution graduelle. C«miom$MtioH en Utm ^9,eool fur.
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DMamark l«.S0(ms), ?
ÉUU-Uait 18,00 (182S). 11,00(1840), 8.10(1810), 7,81(1871).
Allemagaa 8.00(1860). 7,00(1870).
BelKiqoa Ml(1878), 8,&6(1870)
Hollande 4.00 (1 870), 4,10 (1871), 4,78 (18TS).
Granda-Bralagae. 4.1i (1 8i5J, 4,80 (1810), 4,75 (1858) , «,06 (1878). Aatrieha...Tr. ',40(1875/
Moyennes pour la France. — Voici Mes quantités soumises aux droits, mises en regard de la population d'après le recensement.
Hectolitres Moyenne
d'aloool. par (été.
1876 36905 788 1004300 2,71 D'après la Statistique de la France, la consommation moyenne est depuis 1873 de 4 litres par habitant pour les communes à octroi, c'est-à-dire pour celles oui ont en plus de leur population normale la population flottante des Jours do f&te et de marche, et celle-ci, on le sait, consomme souvent en un Jour autant d'alcool que la population fixe en une semaine.
Moyennes par département. — Nous donnons cidessous d'abord le tableau de la consommation des alcools en 1 873, ensuite les observations aussi nettes qu'importantes qu'y ajoute le D' Lunier.
Nous n'avons pas besoin d'expliquer que ce tableau est destine à un double usage : d'une part, il fournit les éléments d'exercices et de problèmes arithmétiques, d'autant plus intéressants pour chaque département qu'ils le concernent directement ; d'autre part, il donne des renseignements positifs, comme il en faut à l'instituteur dans les nombreuses
Population.
ALCOOLIQUES
ALCOOLIQUES
tKcisians o& il peat être appelé à éclairer non-seu- 1 l.:^^t des élèTes, mais les populations sur cette | <|Be5Doo d'intérêt national.
Cvutmumation des alcools par département.
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l»* Jtégion : Nord^Ouest.
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*• Bégùm : Nord.
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