‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 513 sur 562 · GOMMES · texte numérisé non relu

GOMMES

GRAINE

une eonsistanee particulière appelée conslelance ffommeuse» Les matières dites mueilooineuses^ extraites d*an grand nombre de ?égetaax» et qn^il ne faut point confondre atec les gommes, se gonflent dans Feau sans H*y dissoudre. Traitées par l'acide axotique, les gommes se transforment en adde mucique (c*est là leur caractère chimique distinctiO* Psr ce traitement, elles donnent aussi de l'addâ oxalique, ?oire même de Tacide sacchajique et de Tacide tartriaue. Bxposées au soleil on à la chaleur, elles subissent certaines trans* formations et deviennent moins solubles dans reau.

Les gommes sont des substances concrètes, incristallisables, d^une saveur fade, sans aucune odeur; la plupart sont Jaunâtres, d'autres sont blanches ou presque incolores^ pures, presque toutes les gommes sont translucides.

On les rencontre dans le commerce sous divers aispects : tantdt, comme la gomme arabique, en petites masses arrondies, de la grosseur d'une

grosse noisette, à cassure conchoîde et vitreuse, e couleur blonde ou rouge; tantôt, comme la gomme adragante, en rubans tortillés ou en pla-

Î[ue8 plus ou moins larges et chagrinées à leur suràce.

On distingue trois espèces de gommes : la gomme arabique^ la gomme adragante et la gomme du pays.

Gomme arabique. — La gomme arabique, comme 8on nom l'indique, nous venait autrefois exclusivement de l'Arabie ; aujourd'hui presque toute celle que Ton consomme en Europe vient du Sénégal.

Elle se dissout en toutes proportions dans Teau ; cette dissolution dévie à gauche le plan de polarisation de la lumière ; mais après avoir subi l'action de Taeide sulfurlque, elle le dévie à droite (V. Polarisaiion). Cette gomme contient 80 p. 100 d'un principe immédiat auquel elle doit ses propriétés et qu*on appelle arabine. D'après les travaux de M. Frémy, il faudrait considérer la gomme arabique comme un mélange des sels de chaux et de gotasse d'un acide qu'il a appelé acide gummique. ;et acide, le savant chimiste du Muséum l'a isolé, sous la forme d'une masse amorphe d'un blanc laiteux, devenant vitreux par dessiccation. Porté à une température de 120 a 150*, il devient insoluble dans l'eau en se convertissant en acide metagummique»

Les métagummates, qui sont insolubles dans l'eau froide, se convertissent de nouveau en gummates solubles par l'ébullition avec ce liquide (Wurtz). On savait depuis longtemps que la céra- Bine, principe insoluble des gommes de pruniers et de cerisiers, se convertissait par l'ébullition en arabine ou principe soluble des gommes. Les travaux do M. Frémy nous expliquent cette propriété par la transformation des métagummates en gummates.

D'après M. Fermond, une solution de gomme arabique conservée pendant longtemps se convertit on une matière sucrée particulière.

Desséchée à 100<>, la gomme arabique a la même composition que le sucre de canne, C^sH^iO^i ; à 130", elle prend celle de l'amidon, C"Hi«0»o; traitée par l'acide sulfurique à chaud, elle devient du glucose, C»H«*0'^

La gomme arabique a de très nombreux usages. En pharmacie, elle est la base des pAtes dites de jujube, de lichen, etc. ; elle est employée comme adoucissant dans les maladies inflammatoires, soit en poudre, soit en sirop; elle sert comme intermède pour administrer les résines, le camphre, les huiles fixes ou volatiles. Dans l'industrie on en fait une consommation énorme pour la fabrication des vernis, principalement des vernis de voiture, dans l'apprêt des étoffes, le vernissage des estampes

coloriées, le collage du papier, la préparation dos couleurs, etc.

Gomme adragante. — Cette gomme provient de plusieurs espèces à'astragalei, principalement de Vastragale verus. Elle ne se dissout point complètement dans reau, mais s'y gonfle en donnant un ' sirop très épais et très consistant. Elle contiei^t des traces de substance amylacée, aussi bleui t-olio par l'iode; son principe essentiel, qui en forme I<'S 45 centièmes, est Vaaragantine, appelé aussi boxsorine parce qu'il constitue l'élément principal do la gomme de Bassora. La bassorine pure, gonflc« dans l'eau, donne une belle gelée transparente qui^ bouillie avec de l'acide sulfurique, se transforma complètement en glucose cristallisable.

La gomme adragante est blanche, un peu élastique, difficile à pulvériser; on la rencontre dans le commerce en rubans (gomme fine yermiculée), en plaques (gomme en plaques). Elle sert dans l'industrie pour l'apprôt des cuirs et des tissus; en fiharmacie, dans la confection des pastilles et des oochs; elle entre aussi dans la fabrication des crèmes et des gelées.

Les gommes dites pseudo^dragant, de Bassora^ de SassOf qu'on rencontre dans le commerce, servent à falsifier la gomme adragante, qui coûte généralement assez cher.

Gomme du pays, — Cette gomme est produite par plusieurs rosacées de notre pays, le cerisier, l*abricotier, le prunier ; on l'appelle encore gomme nostras. On la rencontre le long de l'écorce, dont elle exsude naturellement par les moindres crevasses; elle est en masses agglutinées, irrégulières, transparentes, d'un brun Jaune, plus ou moins salies par des matières étrangères; elle sa dissout difBcilement dans Teau. Son principe dominant s'appelle la céranne ; Al parait être de même nature que la bassorine . Les chapeliers emploient la gomme du pays mélangée à la gélatine pour apprêter les feutres.

Gommes résines. — Les sommes résines sont des mélanges naturels de résines et de gommes diverses. Elles proviennent de végétaux ombellifèrcs qui poussent dans les régions tropicales ; en général, elles sont plus riches en résine qu'en gomme. Elles sont insolubles dans l'eau et se dissolvent à chaud dans un mélange d'alcool et d'eau. On en connaît un nombre considérable de variétés; leurs propriétés et leurs usages varient comme leur origine.

Nous renvoyons le lecteur, pour plus de détails sur les gommes résines, k l'article Résines.

[Alfred Jacquemart.]

GOUT. — V. Sens.

60UVEBNEMENT. — V. Droit public.

GRAINE. —BoUnique, XII. — (Etym. : du latin grana^ corraption féminine de granum, le grain.)

Définition. — On appelle graine ou semence lo résultat de la transformation de l'ovule sous l'influence de la fécondation. Il n'y a donc de graines que chez les végétaux pourvus d'ovules; par conséquent, on ne rencontre des graines que chez les végétaux phanémaames.

Nomenclature des parties de la graine. — Puisque la graine n'est autre chose que l'ovule trensformé sous Tinfluence de la fécondation, nous devons retrouver, dans la nomenclature des diverses parties de cet organe, plusieurs des noms employés dans celle des uarties de l'ovule. Ainsi on appelle micropyle l'oriitce extérieur du canal micropylaire de l'ovule ; ce point marque le sommet de la graine, quelle que soit la forme de celle-ci. comme il mai^ quait le sommet de l'ovule. Selon les cas, près du micropyle, ou à quelque distance de ce point, f^n remarque une tache ou cicatrice, d'étendue tr6s variable, nommée hUe on ombilic: c'est là qu'était fixé le cordon funiculaire ou ombilical qui reliait l'ovule au pistil ; le bile marque toujours la oaso

GRAINE

GRAINE

de la graine* Duis un tilfs petit nombre de plantes seulement (gymnospermes, polygonées, quelques monocotylédonées), 1& liile et le micropyle sont dlamétralement'r opposés l'un à Fautre^ la graine est droite comme l ovule qui Fa produite. Plus ordinairement le hile est placé piîèa du micropyle, la graine est courbée.

Parties constituantea de /a graine. — Dans une graine, on distingue deux parttes : Tune externe, nommée spermoderme ou téffument séminal, qui résulte de. la transformation des enveloppes de Tovule; Feutre Interne, désignée sous le nom d'amande, qui s'est formée dans ce que Fon appelle le sac embryonnaire.

Que le spermoderme doive son origine à un té^-' ment ovulaire unique ou bien à la transformation d'une primine et d'une seeondinef on essaie souvent de le subdiviser en deux assises séparables mécaniquement après un séjour plus ou moins prolongé de la graine dans Feau. L'assise extérieure, dure, for^ tement colorée, a reçu le nom de testa; la zone intérieure, délicate, membraneuse, transparente, incolore, s'appelle tegmen. Une étude approfondie a montré qu u n^y a pas lieu de disUnç^uer le testa du tegmen^ ou plutôt que ce qu'on exprimait par ces mots désignait, en passant d'une graine à une autre, des couches d origine tout à udt différente. Les tissus du spermoderme appartiennent toujours à la classe des tissus épidermiques ou subéreux ; ils sont fortement gorgés de cellulose, de matières résineuses rouges ou noires, de cristaux d'oxalate de chaux, plus rarement de carbonate de chaux.

Lorsque le spermoderme, en plus de son rôle d'organe protecteur de la graine, doit Jouer un rôle important dans la dissémination de ce corps, 11 présente une série de transformations reman^uables sur lesquelles il convient d'appeler Fattention.

Deux cas sont I distinguer, selon que la dissémination est directe ou qu'elle est indirecte. Lorsque la dissémination est directe, c'est-à-dire Quand elle a lieu dans Fair, les tissus, superficiels de la graine émettent soit des prolongement} pileux (Ex. : les graines du cotonnier, i chez lesquelles ces poils ne sont autre chose que U substance appelée coton) ; soit des ailes membraneuses tantôt unilatérales (£x. : dyckia), tantôt bilatérales (Ex. : tulipes), plus rarement disposées sur trois côtés (Ex. : moringa). Ces tissus superficiels, uniquement destinés à augmenter le volume et la surface de la graine sans augmenter sensiblement son poids, sont toujoura formés d'éléments à parois très minces dans lesquels Fair a remplace le contenu cellulaire. La couche d'air ainsi immobilisée protège très efficacement la graine contre les variations de température, et aussi contre l'humidité. Le plus souvent, sous les zones superficielles dont nous venons de parler, on encontre une couche cellulaire dure, très soUde. formée de prismes juxtaposés dont l'axe est perpendiculaire à la surface de la graine. Cette couche .profonde est plus spécialement destinée à la protection de la graine. Toutefois il arrive que le spermoderme ne se divise pas ainsi en couche superficielle consacrée à la dissémination et en couche profonde protectrice.

Lorsque la dissémination est indirecte, c'est-àdire quand les graines ne peuvent être disséminées au loin que par Fintermédiaire des animaux, les tissus superficiels de la plupart d'entre elles se gorgent de substances sucrées, souvent très parfumées ; de plus leur surface présente des teintes très brillantes ; attirés par les vives couleurs rouges, orangées ou noires, par la matière sucrée qui recouvre les graines, ou par leur parfum, les animaux les dévorent ; les amandes recouvertes de Fassise protectrice résistent à Faction des sucs de Fappareil digestif et sont rejetées au dehors avec les fèces.

L« apennod«rme est soinrent. appelé à fournir à la graine l'organe qui doit fixer ce corps au sol. Tout ce qui a servi à accroître la surface diacénunatrice, comme les lâttes, les poils, sert aussi à augmenter la'surface de contact de U graine et du sol humide. Parfois, dans- le but d'augmenter Fadhérence de • la. graine wec le sol, on renarque que les couches superfldeUes du sp^modenne sont susceptibles de se -tnmsfonner' soua Fiafluence de Feau liquide en une sorte de gelée ou de mucilage très adhésif (Ex. : le mocilaçe produit par la eraine de lin). Un dernier dispositif des moyens de fixations des graines nous est offert par les lythrariées, chez lesoneUes la nirface du spermoderme est couverte de poils contractiles, gui, se tordant et se détordant sous l'influence des variations de l'état' hygrométrique de l'air, pénètrent dans ie sol .et y fixent la graine.

L*ftniande ewnprend généralement -deux parties : 1* L*€m6ryon, qui Représente la nouTelle individualité végétale, et qui résulte de H'aotien du poUen sur l'une des vésicules entbryDnnaires ; 2* une réserve nutritive plus ou moins développée, qui a pris naissance près de l'embryon dans Finténeur du sac embryonnaire. Cette réserve nutritive est. nommée albumen, parce qu*on Fa comparée à Falbumine de Fœuf de la poule.

Dans un embryon on distingue une région centrale axile qu'on nomme tigelle ou axe hypocet^U, Cet axe se fixe au sao embryonnaire par un prolongement filiforme très délié nommé suspenseur; la Rmite idéale du suspenseur et de la tigelle est quelquefois désignée sons le nom de radicule, ou'on supposait que cette partie en s'alion-

BQonnait la première racine ou pivot. La ran'existe pas ; quelques ouvrages descriptifs, par laisser-aller de lanme, désignent la tigelle entière sous le nom de radicule. A Fexti^mite supérieure de la tigelle, on trouve un bourgeon plus ou moins développé : c'est la gtmmuie, aussi appelée plumule. A la base de la plnmule, selon les plantes, on remarque un nombre Tariable d'expansions appendiculaires nommées cotylédons. En général il n'y a qu'un ou deux de ces appendices : de là la distinction des végétaux en végétaux dicotylédones et monocotylédonés. Toutefois, dans quelques dicotylédones gymnospermes, le nombre des cotylédons de Fembry on peut s'élever jusqu'à 2 1 . sans qu'on puisse <sonstdérer ces lanières comme les lobes de deux cotylédons très divisés. La forme des cotylédons varie, selon qu'ils doivent servir de réservoir pour les matières nutritiyes aecumulées pour l'embryon, ou qu'ils ne doivent sorvir qa'à l'absorption. Les cotylédons se présentent comma des corps de très grand volume, mais de ^rès petits surface, lorsqu'ils sont transformés en réservoirs ; au contraire, ce sont des organes foliacés de très erande surface, lorsqu'ils jouent surtout le rôle d'organes absorbants.

Chez un grand nombre de végétaux, Fembryon, dans la graine mûre et tombée sur le sol, est beaucoup moins développé que nous ne l'indiquons ci-dessus ; ainsi chez les orchidées, Fembryon se montre comme un globule celluleux informe dans lequel on ne reconnaît ni tigelle, ni cotylédon, :ni gemmule. Les pjrrola» les monotropa ont des embryons encore moins développés.

L'albumen ou la réserve nutritive qui entoure Fembryon est un tissu cellulaire dont tous les élémenu «ont gorgés de substances nutritives. Selon les plantes, la substance ainsi mise en réserve est de l'amidon, de la cellulose, des matières aleorîques. A ces trois natures de substances correspondent à peu près les dénominations a^èumeii amylacé ou fartneux; albumen ligneux ou corné; albumen huileux ou charnu. Le tissa qui forme l'albumen a pris naissance dans le- sac embryonnaire : c'est cette origine surtout qui le caractérise.

GRAINB

GRAINE

t>n désigne quelquefois l*albunien sous le nom û'endosperme, pour le distinguer d'une autxe réserve nutritive qui a pu se développer entre le sac embryonnaire et le spermoderme dans les tissus du nucelle (voir ce qui est dit de Tovnle à Tarticle Pleur), Dans les graines ainsi constituées, la réserve nulritire du nucelle est appelée ;>dr»;f«rf?ie. On dit que les plantes dont la graine est pourvue simultanément d'un endosperme et d'un pénsperme ont deux albumens ; tels sont le nénuphar, le poivre. Lorsqu'une graine a deux albumens, rintérienr, Tcndosperme, est toujours aleorique ; rextérieur, le périaperme, toujours amylacé. En général l'al-r bumen est d'autant moins développé que l'embryon l'est davantage, et viee versa* En principe, il semble que la quantité d'albumen placée à la disposition de l'embryon suCQt et au delà à permettre à l'embryon, lors de la gorminaition, d'atteindre le moment où il sera suffisamment développé pour se suffire à lui-même.

Les rapporte de position de l'embryon et de Talbumen dans la graine méritent d'être indiqués.

L'embryon peut être complètement entoui^ par l'albumen : tel est le cae du ricin ; ailleurs, comme dans le blé, l'embryon est couché sur l'albumen. L'embryon du ricin est dit intraire^ celui du blé est extraire, VXxkz rarement l'embryon^ tonloors extraire, entoure l'albumen à la manière d'une ba^e: tel est l'embryon courbé de la. belle de nuit. •

Un très petit nombre de plantes, parmi lesquelles nous citerons seulement les orangers etlescardisla, présentent plusieurs embryons dans chaque graine ; c'est que plusieurs vésicules embryonnaires ont éxé fécondées simaltanément.

Le spermoderme peut manquer chei quelques graines mi!ires : tel est le cas des véroniques, des justicia. Cette disparition du .spermoderme, qui n'a pas toujours manqué, tient a des phénomènes de développement dans le détail desquels nous ne pouvons entrer ici. Plus ordinairement ie spermoderme, et par suite la graine, est pourvu d'une enveloppe accessoire, sorte de cupule développée aux dépens du funicule et qui revôt la graine oomme d'un capuchon. Ces enveloppes accessoires sont désignées son^ le nom à'arules; selon leur consistance et leur disposition, les arilles sont secs, charnus, pileux ; citons comme exemple les fusains, et surtout les ravenala et les urmnia, plus connus sous le nom d arbras du voyageur. Les arilles sont surtout des organes de dissémination. On désigne par les noms d&«<ropAto/ef, do car<meMle$ quelques productions superficielles de la graine, sans imporunce.

Pour résumer toute cette description de la graine, il nous semble qu'on peut la considérer comme consistant dans la réunion : 1* d'une individualité nouvelle engourdie, enkystée aux premières pha* ses de son défeloppement ; 2* d'une réserve nutritive préparée pour subvenir aux premiers besoins de la Jeune plante ; le tout recouvert ot protégé

rir une coque imperméable à la lumière, à Veau et l'air. On peut donc dire que la graine est un kyste chargé de disséminer au loin les nouvelles individualités végétales.

Germination de la graine, — La dissémination est terminée ; les graines tombées sur le sol s'y fixent, leurs tissus s'imbibant d'eao. peu à peu. Selon les plantes, l'eau met un temps plus ou moins long à traverser le spermoderme «et à atteindre l'embryoni Si les conditions extérieures sont favorables, c'est-à-dire si la température est aases élevée, si l'oxfygène arrive en abondance, si rhQmidité est abondante, l'embryon augmente de volume et bientôt provoque la rupture du spermoderme.* L'embryon est aidé dans ce travail par l'augmentation brusque du volume de tous les tissus de l'ovule • qui ont été- transformés en tissus

cornés géliflables lors de la maturation de la graine. Une fois le spermoderme ouvert, l'extrémité inférieure de la tigelle s'avance au dehors, se courbe vers le sol; c'est à cet instant seulement qu'a lieu la rupture du filament suspenseur qui fixait l'embryon au sac embryonnaire. Selon les

filantes, la partie inférieure de la tigelle qui s'énonce ainsi dans le sol pour y fixer la jeune plante est plus ou moins développée ; bientôt on voit surgir, de l'intérieur des tissus de cette partie delà tigelle, la première racine. Les débris des tissus de la tigelle qui enveloppent le point d'insertion de la première racine forment la coléorrhize. Cette première racine remplit tout de suite son double rôle d'organe fixateur et d'organe absorbant. Plus rarement, comme dans les bégonias, la tigelle en touchant le sol se tubérifie et se fixe au sol par de petits poils qui remplacent les racines, et per* mettent à la jeune plante de se développer en attendant la production do ces organes. Exceptionnellement, comme dans les cuscutes, il ne se développe Jamais de racine à la pa^e inférieure de la tigelle.

Une fois la jeune plante fixée au sol, lorsque la

Eremière racine commence à se développer, l'emryon essaye de délivrer sa gemmule. A cet effet, la région inférieure dos cotylédons s'allonge beaucoup ; la genmiule, toujours placée entre les cotylédons, est entraînée hors du kvste embryonnaire, puis les bases des cotylédons s écartent et l'axe du bourgeon gemmulaire s'élance verticalement. Se« Ion que les cotylédons doivent demeurer dans la graine pour absorber l'albumen ou au contraire quitter le spermoderme et s'étaler dans l'air pour y verdir et y jouer le rôle de feuilles, on dit que les cotylédons, sont dans le premier cas hypogés, dans le second épigés. Lorsque les cotylédons sont épigés et qu'ils sont libres, la gemmule se dégage simplement par l'écartement Ses cotylédons qui l'enserraient; fréquemment alors, dès que la première racine fonctionne comme organe absorbant, la jeune plante, renfermant toujours un excès d'eau, laisse échapper ce liquide qui s'écoule à l'état do

gouttelettes par des stomates aquifères, véritables stules déterminées à l'extrémité des cotylédons par la réplétion aqueuse. Lorsque l'embryon laisse ses cotylédons enfermés dans le spermoderme pour absorber la réserve nutritive, selon la nature de celle-ci, l'absorption se fait de deux manières ; l'albumen est4l alenrlque> un ferment soloble semblable à la diastase agit sur l'aleurone et la dé- <V)mpose en graisse et albumine; en quelques heures, toute la réserve nutritive est dissoute; la germination de ces graines, dès qu'elle a commencé, doit ôtre très rapide. Lorsque la réserve nutritive est composée de matières amylacées et surtout de cellulose, l'embryon dissout l'albumen de proche en proche ; la germination peut alors durer un. temps très long.

Les causes nécessaires pour provoquer la germination sont, avons-nous dit : 1* une certaine humidité; 2* une quantité de chaleur déterminée; 3* la présence de 1 oxygène. Tout ce qui tend à accroîtra l'intensité d'une de ces trois conditions accélère le travail germinatif; il impoKe pourtant pour chacune d'elles de ne ps9 dépasser certaines li» mites. Certains corps, tels que les solutions chlorées très étendues, accélèrent beaucoup la germination ; iusqu'ici on ne peut donner de ce fait nne explication suffisante.

Les graines conservent plus ou moins longtemps, selon les espèces, la faculté de germer. Quelquesunes ne germent que si on les sème aussitôt après les avoir récoltées, à moins pourtant qu'on ne les stratifié. Pour stsatifier des graines, on les dispose dans des pots par couches minces ; celles^i alter^ nent avec des assises peu épaisses de terre très légère ou de sable entretenu légèremsnt humide*

GRAINE

GRAMINÉES

Les semences ainsi disposées lubissent lentement un commencement de germination et peuvent ensnito ôtro semées après plusieurs semaines on quelques mois. Par opposition à cette première catégorie de mines, il en est qui conservent pendant dos années la faculté de germer, soit quand elles sont gardées à Tair libre, soit surtout lorsque dos circonstances fortuites en ont amené Tenfouissoment à une grande profondeur. Diaprés Alph. de CandoUe, après vingt-cinq ans (1881 à 1856), sur .'tes espèces de graines 17 seulement ont germé; Home prétend que des graines de seigle ont germé au bout de 150 ans. Sans ajouter foi aux récits des observateurs qui affirment avoir tu germer les grains de blé trouvés dans les sarcophages des momies égyptiennes, on peut citer, lors du dessécliement ^cent du lac oe Harlem, la germination dn graines enfouies dans la vase depuis le douzième siècle.

Utilité des graines pour ^agriculture. — La production des graines est un des principaux buts do Tagriculture, et bon nombre des végétaux qu'elle cultive n^ont de valeur que .par là. (Test le cas de toutes les graminées : blé, seigle, avoine, orge, riz ; de quelques légumineuses : pois, haricots, lentilles; des plantes oléagineuses : arachide, olive, colza, œillette, sésame. Certaines graines sont consommées crues, comme les noix, les noisettes, les amandes, les pistaches. Il est des graines exotiques qui sont Tobjet d*un immense commerce : telles sont celles du cacaotier et du caféier. Cette grande importance des graines au point de vue agricole ou industriel s'explique par leur composition ; elles sont toujours gorgées do substances azotées et phosphorées, de sorte que sous un petit volume, Thomme et les animaux y trouvent une nourriture des plus substantielles. Ces matières alibiles varient suivant l'espèce de graines ; celles qui s'y montrent le plus fréquemment et qni y dominent sont : Tamidon, Taleurone, le gluten, le sucre, des huiles fixes et volatiles. Il est des graines qui contiennent des substances très actives connues sous le nom d*alcaIoîdes ; telle est la fève de Saint-Ipnace^ nommée encore noix vomique, dont on retire la strychnine et la brucine.

Conservation cfeç graines, — Pour conserver les graines, surtout les graines de céréales, 11 faut éviter : 1» la moisissure et la fermenution; 2« l'attaque des animaux nuisibles, insectes ou rongeurs. Deux systèmes sont en [)Pésence : le système algérien ou système des silos, dans lequel le grain parfaitement séché reste immobile dans un souterrain complètement clos; et le système européen ou système des greniers, qui consiste à nrévenir la destruction des graines en les agitant fréquemment, ce qui empêche la fermentation de s'établir et dérange les insectes. Pour conserveries graines en silofl, il faut : 1« que les graines soient très sèches au moment de l'emmagasinage ; 2* qu'aucune humidité extérieure ne puisse les atteindre ; 3** que la fermeture soit hermétique ; 4* que la température soit uniforme et comprise entre 12* et 0*. En Afrique, il est possible d'employer le système des silos à cause du remarquable état de siccité des graines, qui ne contiennent jamais plus de S^/o d'eau. En' Suède, en Norvège, et dans le nord de la Russie, pour conserver les graines en silos, on les fait passer préalablement dans des étuves dont la température varie entre 57* et 62* centigrades. D'après M. Thury, les meilleures dispositions il prendre pour installer un silo sont : 1* faire des silos de 100 hectolitres seulement; 2* donner à la voûte une forme ovoïde et rétrécir un peu le fond ; 3* loger les silos entièrement sous le sol, de manière à avoir au moins un mètre de terre sur les voûtes ; 4* garnir l'ouverture d'un revôtemont de béis pour éviter la dégradation des graines à l'em-

magasinage. Pour remplir les silos, îl faut : 1* avoir des graines très sèches ; 2* garnir le fond du silo de paillassons ; 3* descendre dans le silo un fourneau de charbon de bois bien allumé de façon à dissiper l'humidité et à remplir le silo d*adde carltonique; 4* faire passer les graines sur un crible incliné d*où elles tombent dans le silo et tasser lei graines pendant l'emmagasinage. Quand le silo est plein, on le ferme hermétiquement, on le plâtre et au besoin on le goudronne.

Quant au système des greniers, il y a d'abord le grenier ordinaire, dans lequel les graines sont agitées de temps à autre à la pelle. Dans le Limousin et la Bretagne, les graines passées au tarare et bien sèches sont enfermées dans de grandes jarres en terre, ou dans des caisses, ou dans des sacs. Les sacs sont ensuite dressés en lignes isolées. Depuis la fin du siècle dernier, on a donné le nom de greniers à des appareils qui sont plutôt des réservoirs de grains ; tels sont : le Vallery, sorte de cylindre tournant dans lequel le grain est agité facilement; le grenier Salaville, sorte de réservoir traversé par des tuyaux au moyen desouels on peut ventiler et au besoin noyer le grain dans une atmosphère délétère ; le grenier Sinclair et le grenier Pavy : ces derniers sont de grands coffres verticaux bien ventilés, pourvus de compteurs et d'ascenseurs. La plupart de ces détails sur la conservation des graines sont empruntés à M. L. Gossin, ragronomr bien connu. * TC-E. Bertrand.]

6R AMIPrÉBS.— Botanique, XXV. — Définitton.- Les Graminées sont des plantes dont l'embryon monocotylédoné très développé est appliqué sur la surface de l'albumen par une large expansion dor* sale nommée écusson ou scuteile. Leurs tiges, aériennes, sont arrondies ; de distance en distance, elles portent des nosuds renflés d'où partent des feuil^ les à gaine très ouverte^ disposées en ordre di&tiaue. Leur périanthe est nul. Leurs organes reproducteurs sont protégés par des glumes et des glumelles. Cette famille forme, avec celle des Cypéracées, la classe des Glumacées de Brongniart.

Caractères botaniques des graminées. — La graine des graminées n'est jamais libre ; elle est toujours soudée à un péricarpe papyracé dont on ne peut la séparer mécaniquement ; un tel assemblage forme le fruit désigné par le nom de C» ryopse{\. Fruit).

Dans l'intérieur do la graine on rencontre un embryon très développé et un albumen également très développé. L'embryon des graminées présente sur le dos de son cotylédon, directement appliquée contre l'albumen, une grande expansion, scatelle ou écusson, qui sert à absorber l'albumen pendant la germination. Quelques botanistes, et en particulier M. VanTeghem, regardent l'écusson comme le véritable cotylédon, et le cotylédon comme une sorte de ligule qui protège la gemmule. L'albumen est toujours amylacé chex les graminées. Cependant les cellules tout à fait extérieures de ce tissu sont dépourvues d'amidon ; on les appelle quelquefois les cellules à gluten, La durée de la faculté germinatlve des graines de graminées est très grande (V. Graine],

Leur germination s'accomplit dans nn temps très court; elle est favorisée par une élévation de température.

Pendant la germination, sous Taction du ferment diastaslque qui provoque la dissolution de l'amidon, la graine se charge de glucose; cette propriété est mise à profit pour fabriquer des Uqueurs alcooliques à l'aide de ces graines. Pour atteindre le sol lors de la germination, les premières racines percent la paroi du caryopse pres de son point d'attache.

Dans la planto développée, les racines sont fasciculées, grôles, très tortueuses. La tige présente les tailles les plus diverses, depuis 5 on 6 ceoti.

GRAMINÉES

GRAMINÉES

mètres de haut ]nsqa*à 10 mètres et plus (bambou) *, elle est fistuleuse, herbacée, plus rarement dure comme dans le roseau et le bambou, et toujours fortement incrustée de silice à sa surface ; le plus souTent cette tige est ramifiée dès la base, et forme ce que les agriculteurs nomment le talle-

Les feuilles, distiques, se prolongent inférieurement en une longue gatno qui enveloppe la tige sans souder ses deux bords ; au sommet de la gaine se trouve une ligule sèche et translucide. Sauf dans les bambous, où le limbe se rétrécit inférieurement en pétiole, cet organe se montre toujours comme une lame linéaire parcourue dans sa locgueur par un très grand nombre de nervures parallèles.

L.es fleurs sont disposées en épillels, qui se groupent en épis ou en panicules |V. Inflorescence) . Les épillets sont uniflores ou pluriflores, et selon les genres, toutes les fleurs de Tépillet sont complètes ou incomplètes; ces dernières, dites imparfaites, occupent dans Tépillet une situation déterminée ; ce caractère a servi à la distinction des deux grands types de cette famille. Lépillet tout entier est enfermé entre deux feuilles que Ton appelle les qtumes, Tinférieure embrassant la supérieure. Chaque fleur de Tépillet est aussi protégée par deux feuilles, Texténeure imparinerviée, l'intérieure ayant un nombre pair de nervures; chacune de ces deux feuilles est appelée paiiîette. et leur ensemble est nonuné giumelie ou baUe. Plus inférieurement, on rencontre à la base des organes reproducteurs soit deux, soit trois petites écailles t^ppeléespaléofes^souamules oviglumelluleSy dans lesquelles on voit généralement le véritable périanthe des graminées. L*androcée comprend trois étamines à longs filets, à anthères biloculaires

Î[ui, après leur déhiscence, écartent leurs deux oges; dans quelques genres, comme la flouTe, une des étamines peut manquer; chez le nard celtique, on ne retrouve plus qu*une étamine; inversement on en trouve six dans le riz, et Jusqu'à dix-huit dans les bambous. Le pistil des graminées est unique ; Tovaire, uniloculaire, à parois très épaisses, renferme un seul ovule légèrement courbé; il porte directement deux très longs stigmates plumeux insérés à quelque distance Tun de l'autre. La fécondation des fleurs de graminées se fait en quelques heures, et la maturation de la graine est assez rapide ; aussi beaucoup d*entre elles sont-elles annuelles.

On divise les graminées en treize tribus. Il faudrait entrer dans des détails trop circonstanciés pour faire connaître chacune d'elles.

Usage des Graminées. — I. Plantes nuisibles. — Cette famille renferme un très petit nombre de plantes nuisibles ; presque toutes au contraire sont utiles à l'homme ou aux animaux. Parmi les plantes nuisibles nous citerons d'abord V ivraie ^ dont les fruits mêlés à ceux des autres céréales (blé, seigle, etc.) proToquent chez l'homme l'ivresse, le vertige ou des vomissements. La mélioue bleue, lorsqu'elle est en fleurs, provoque chez les bestiaux le gonflement ; cette plante est commune dans les pâturages et les forêts, et il ne se passe pas d*année où elle n'occasionne des accidents.

La fétuque à quatre dents de Quito est un poison très actif. Avec des propriétés beaucoup moins énergiques, le rhizome de guilno ou bromus eatkarticus du Chili est un purgatif violent.

II. Plantes utiles. — P Chiendent. — Le rhizome du chiendent est employé en infusion comme apéritif; deux variétés sont usitées, le chiendent pied de poule et le chiendent commun,

2' Canne de Provence ou orand roseau {Arundo donax). — Ses tiges servent a faire des instruments à vent ; ses rhizomes charnus ont un goi!lt très sucré; on les emploie pour combattre la fièvre de

lait au moment du sevrage. Avec les tiges du ro^ seau commun (Arundo phragmites), on fabrique des tapis et des nattes ; ses panicules coupés avant la floraison servent à faire des balais. Le roseau aromatique de l'Arabie (Schoenanthe officinale) sert de fourrage et de litière pour les chameaux, dont il est la seule ressource dans les déserts de l'Arabie ; ses feuilles ont une saveur résineuse, amère, des plus désagréables ; c*est un sudorifique qui peut rendre de grands services.

3* Le vétiver, surnommé chiendent des Indes, produit un rhizome dont on fait un grand commerce; cette partie de la plante possède une odeur extrêmement forte, qui la fait employer pour préserver les étoffés des attaques des insectes. L'essence de vétiver très diluée est la base d'un très grand nombre de parfums.

4* Canne à sucre (Saccharum offieinarum). ^ La canne à sucre et le sucre sont connus de temps immémorial dans l'Inde et en Chine. La canne à sucre fut importée en Europe par les généraux qui avaient accompagné Alexandre dans son expédition des Indes ; elle fut conservée à grands frais dans les jardins des riches Athéniens, puis importée en Sicile et en Italie; Jusqu'au xv« siècle, les Vénitiens vendirent le sucre, usité comme médicament seulement, à toute l'Europe septentrionale. La canne à sucre fut plantée à Madère en 1401 ; elle y prospéra, et de là gagna les Canaries et l'Ile Saint-Thomas. En 1506, Pierre d'Arrança porta la canne à sucre à Hispaniolai aoiourd'hui Saint-Domingue ; en 1518, cette lie possédait déjà vingt-buit sucreries ; on prétend que les magnifiques jp&lau do Madrid et de Tolède, bâtis par Cliarles-Quint furent payés avec le seul produit des droits imposés sur les sucres d'Hispaniola. La canne à sucre ne fleurit pas en Amérique.

Dans rindoustan, la canne à sucre vient de boutures qu'on plante à la fin de mai et qu'on récolte l'année suivante en février avant la floraison. En , Amérique, la canne à sucre se multiplie également par boutures, mais sa maturation y exige de quinze a vingt mois. Dans l'Inde comme en Amérique, les tiges coupées au ras du sol émettent des rejetons dont la maturité s'effectue dans l'année; le même plant repousse Jusqu'à cinq fois, après quoi on le détruit, on retourne le champ, et on y replante de nouvelles boutures. Le sommet des tiges de la canne à sucre, beaucoup moins riche en sucre que le reste de cet organe, sert à faire les nouvelles boutures.

Pour extraire le sucre des cannes, les tiges mises en bottes sont écrasées, puis soumises à l'action d'une presse hydraulique; les résidus ou bagasses sont séchés et employés comme combustible, ou mis à fermenter ; c'est de là qu'on extrait par distillation une liqueur alcoolique appelée rhum. Le suc exprimé des cannes, ou vesou, est chauffé Jusqu'à 110* pour déterminer la coagulation des matières albuminoldes qu'il contient, puis concentré Jusqu'à consistance sirupeuse ; alors on l'unit à la chaux pour produire du saccharate de chaux, matière qui peut se conserver indéfiniment sans s'altérer, et dont on extrait le sucre à loisir par les mêmes procédés que pour la betterave. Tout le sucre de canne produit est expédié en Europe et mêlé au sucre extrait de la betterave.

5** Sorgho. -— La tige contient une assez forte proportion de sucre cristalltsable ; 11 est cultivé dans les environs de Marseille pour la fabrication de l'alcool.

6* Bambou, — Toutes les parties du bambou sont utiles ; la tige est employée pour faire des cannes* des étuis, des vases extrêmement légers et très solides, des meubles et des charpentes légères, voire même des conduites pour les eaux; les jeunes pousses sont comestibles. Dans l'Inde, les graines sont employées à la nourriture de la volaille.

GRAMMAIRE

GRAMMAIRE

Le» autres gprtminées, comme le bU (friVicum tfiiivum)y le seigle {Socale céréale) ^ Vor^ {Hwrdeum vulgare), V avoine (Avena satiwi),le rtz (Ortf%a saiha), le maïs (Zea mai») on bli de Turqme, sdnt cultiTÔes pour leurs fruits ; leurs tiges, sauf celles du mais, forment une paille employée aux usages les plus variés, litière, paillassons, tapis, chapeaux, etc., Toire même à la fabrication du papier. Outre leurs - usages alimentaires, les fruits de toutes ces plantes, broyés, puis délayés dans l'eau. et soumis à la fermentattim, produisent des liqueurs aloooti-

Sues très employées dans les pays du nord (eane^TÎede grains) et dans les pays tropicaux (rack). Toutes ces plantes sont originaires de l'ancien con-

rîn

tinent, à Texception du mais qui nous vient de rAœérique. — Vi Bléei Céréale*.

[G.-E. Bertraift

GaAMMAIRB. — Ce mot se rattache, par nn termédiaire de la basse latinité, à la racine qui exprime l'idée d'écrire, et dont uo dérivé, gramma, désignait, ches les Grecs, les caractères de l'alphabet. Entre les lettres, qui représentent les éléments des mots, et les mots eux-mêmes, ainsi que leurs formés diverses et leur emploi, il y a. une relation tellement étroite, que le terme qui dési» gnait les caractères de l'écriture servit à former le nom des maîtres qui apprenaient aux enfants à les tracer, et, par une extension toute naturelle, le nom de' la science mèose qui a pour objet Tétudè du langage.

Si l'on veut remonter aux orisines les plus lointaines d'où sortit, en Occident, la science gramma* tieale, et, en même temps, avoir une idéo de ce que la fantaisie ingénieuse du plus brillant des philosophes grecs pouvait imaginer sur cette matière^ à une époqueoù • l'on- avait perdu le secret de la synthèse qui a présidé à la formation des langues indo-européennes, il faut lire le dialogue que Platon a composé sur la propriété des noms. Parmi les explications, parfois très Justes^ beaucoup plus souvent spécieuses, que Socrate donne à Cratyle sur la formation de la langue greeque, plus d'une, hélas I ressemble à ces étymologies si Justement discréditées dont se moquait Voltaire, et atteste avec quelle facilité les plus puissants esprits peuvent s'égarer lorsque, dans une étude aussi positive que celle du langage^ ils substituent à la méthode scientifique leurs conceptions et leurs impressions individuelles.

Platon avait donné à ses explications sur Torigine et la propriété des noms la forme agréable du dialogue. Plus sévèrement exposées chez son disciple Aristote, les théories qui se rspportent à la constitution du langage ne forment point cependant un corps do doctrine complet. Le tout, comme le fait observer M. MCLller, se réduit à une sorte d'ébauche grammaticale. Platon avait distingué le nom et le verbe comme parties constitutives du discours. Aristote y joignit les conjonctions et les articles; il observa également la distinction des nombres et des cas. En un mot, les principaux éléments do la grammaire avaient été trouvés par les philosophes grecs; mais ils les avaient exposés sans les soumettre à une méthode rigoureuse, dans des livres qui n'avaient nullement pour objet l'enseignement de la grammaire. Pour trouver une grammaire véritablement digne de ce nom, il faut aller la demander à cette fameuse école d'Alexandrie, qui rendit à l'étude des lettres et des sciences de si éclatants services. Parmi les philologues les plus illustres du Musée, nous devons surtout citer Denys le Thrace, qui vint à Rome enseigner les lettres grecques environ cinquante ans avant Jésus- Christ, et publia la première grammaire qui ait été composée pour un enseignement vraiment pratique. n faut nommer aussi le savant Apollonius, qui vivait au ii» siècle de notre ère, et que la dureté de son caractère, ou peut-être même de son sl^e,

avait fait sumommer le Dificole, c*est-MiK, tt difficile.

Pour ce dernier, dont les ouvrages représentent certainement le plus haut degré de perfection oè soit arrivée, dans Tantiquité, Tétude du laagage, U grammaire est avant tout une science dobservatim. Apollonius considère la grammaire comme un ensemble de règles fondées sur Tétude eucte dei faits, et destinée à un but essentiellem«Bt pntique, qui est do corriger le maavais usago(Egger, Apollonius Dyseole).

La lecture des ouvrages qui nous resteetdece célèbre grammairien montre que les mots dont h compose la langue grecque avaient été loamlK, par les phiiolognes de l'école d'Alexandrie, à has classification rigoureuse. Les termes dont ils «e sont servis pour désigner les différentes parties do discours, enseignés par Denys le Thrace à U jeunesse romaine, et transmis, sons leur forme latine, par les grammairiens de Rome à ceux de U Renaissance, sont ceux-là mémos dont noui noos servons encore aa}ourd'hui. A ipart^^uelques modifications et quelques découvertes «de détûl (V. Loiseau, Histoire des progrés de Im grammairûy édlL E. Thorin), la science grammaticale ne fit point à Rome de notables progrès. La critique scmpaleuse qui avait présidé aux travaux de philologpei tels que les Anstarque, les Denys, les ApoUonius, la finesse» et môme la subtilité de leurs aoalyseï, ne laissaient guère de progrès à faire, dans uns science d'observation comme la grammaire, aox conceptions pures de l'esprit.

Nous indiquerons tout à l'heure la came de cette impuissance. Nous expliquerons du même coup comment il se fait que,- malgré la fioesse et la pénétration de leur esprit, des grammairiesi tels que les Solitaires de Port-Royal, las Da^n^ sais, les Beauzée, lesCondillac ont si peo élargi le cadre dans lequel les phiiolognes d'Alexandrie avaient renfermé la science grammaticale. Dépourvus des notions qui leur auraient permis d'étendre ce domaine, ceux que Ton a nommés parmi nous les grammairiens philosophes ont entrepris de le sonder et de le creuser dans toutes les directions : mais ce fut trop souvent aux dépens de la clarté. L'embarras et 1 obscurité des défloitioDS qui résultèrent de cet* examen minutieux dn laagagn; l'abus des termes abstraits; la subtilité dei distinctions; en un mot, tous ces défeutsque Toa a justement condamnés' en bloc sous le nom de métaphi/sique^ ne tardèrent pas à amener une réaction dont Lhomond fut le représentant le plai célèbre; réaction qui, natnrellement, dépassa le but et entretint, contre les «améliorations les plus louables, des préventions que \ti. grammaire comparée voit h son tour se dresser devant elle.

Quoi que l'on pense à i cet égard, voici à qooi avaient abouti toutes les recherches et tontes les études de vingt siècles : il y a dix ans, en France, toutes les grannnairee connues dans nos écoles se composaient encore, comme au temps de Donys le Thrace, de deux parties distinctes : 1* la Uxit»logie^ c^estrà-dire l'énumération des parties da discours, avec le tableau des formes sous lesaueUes peuvent se présenter les parties variables ; 2* ta syntaxe, c*est^-dire l'exposé dés règles qui président à l'emploi et à l'arrangement des mots.

Mais on chercherait en vain, dans tous ces onvrages, l'explication des* formes diverses que les mots peuvent revêtir. Ainsi, pour -nous borner à U lançue française, aucun grammairien n'exposait l'ongine de notre pluriel \ aucun ne rendait compte des prétendues anomalies* que la formation de ce pluriel présente; aucun n'expliquait l'origine des formes multiples « qui constituent U conjugaison. Enfin, dans les langues classiques, nul n'exposait pour quelle- cause le sujet se met, en latin, au nominatif, tandis que le oomplé-

GRAMMAIRE

Page 1