BX
BH^ BS..
BT..
Enfin, comme complément, donnons la liste de quelques idéogrammes dont les uns so prononcent, les autres servent de déterminatifs :
^— «, 1* [P£], ciel, plafond; a* élever, supérioriti.
"*^, 'jr, nuîl, obscurité.
O» 1* [RA] , soleil, lumière ou absence de lumière ; a* divisions du temps.
' «te*^ pays montagneux, par suite pays étrangers, TÉgypte étant
un pays de plaines.
Q, 1* circonscription de territoire; a* ville ou village.
SS, nome.
aB=e« S« Teau et toutes les idées d*arrosage, de lavage, de purification, de soif qui s'y rattachent
\^y le feu, la chaleur, la flamme.
yt^ sl« l*homme et la femme ordinaires.
y, ^, les dieux, les ancêtres, les rois, toutes les personnes vénérables.
Jl. toutes les actions : i* de la bouche, a* de la pensée.
Jb^ , le repos, la tranquillité, la faiblesse.
^, ^, radoratioik
Le tout forme un ensemble d'environ trois cent cinquante signe», avec lesquels on peut déchiffrer sans peine les textes de l'époque classique (XI«-XIir dynasties, XVII'-XXVI" dynasties). Les textes plus anciens renferment un nombre considérable d'idéogrammes ; les textes récents, ceux surtout de l'époque grecque et romaine, demandent une étude toute particulière et fournissent, sans compter les valeurs nouvelles d'anciens signes, près de deux mille signes entièrement nouveaux.
Ecritures cursives, - Les hiéroglyphes, par la variété et Télégance de leurs formes, se prêtent mieux que tout autre svstème à la décoration des monuments. Hais les Egyptiens n'écrivaient pas seulement au ciseau sur la pierre : ils se servaient des fibres du papyrus pour préparer un papier sur lequel ils traçaient les caractères à l'encre noire et rouge au moyen d'un brin de Jonc. L'inexpérience de la plupart des gens, la nécessité d'écrire rapidement altérèrent la forme des caractères : l'hiéroglyphe défiguré et abréjjé devint ce qu'on nomme improprement le caractère hiératique. Ainsi
la chouette ai (M) perdit ses pattes et son dos et
devint ^; la6oiicA« *=► (R) s'ouvrit ^, Vhomme
portant la main à la bouche jj^ ne fût plus que
la silhouette de lui-même ^ ^. Des ligatures
relièrent les signes superposés "* > Aa, "jf" ;
ou juxtaposés ^^^t Ou, ^J; ^''**|^,iimmQn,
i^l ii} ilSi} Jd/ Les caractères,
d'abord tracés avec un jonc assez gros, étaient dn dimensions relativement considérables, pir exemple dans le Papyrus Prisse de la Uiblioth6aue nationale. Ils se rapetissëroni do plus en plus à mesure qu'on s'éloigna des premiers temps.
2* Partie.
Les exemples ci-dessous (ainsi que ceux qui précèdent) nous montrent des caractères delà plus menus; les deux premiers appartiennent à la XIX* dynastie, et le troisième à l'époque gréco-romaine:
^•Mam
IfÛ N DA KHoPeRU DDT H'eR rA pA AD eau une être faire à Soieflle fat.
eW RaN oAs M NaKHTD de lui le nom [est] Thébaîdeen Force .
KnB èM BaK èM K KHoPRD NeK ARO
d'or épervier en ta transformation Tu as fait.
Le jonc devenant déplus en plus fin et l'écriture de plus en pins cursive, entre la XX* et la XXV1« dynastie, il se forma une sorte de Uchygrapliie du système hiératique, qu'on appelle l'écriture démotique ou populaire :
WN-AMWAOToPenMARaKH eWAN
en lui il était monde du le lien ne sut loi Point
L'écriture hiératique modifiée fut désormais employée pour les livre» de liturgie ; le démoiique
HIEROGLYPHES
fut employé de préférence poar les besoins ordinaires de la vie, pour la rédaction des contrats et des actes de Tétat civil, pour les œuvres littéraires, même sur la pierre à côté de l'écriture hiéroglyphique ou hiératique. Vers l'époque grecque et romaine, on peut dire que chacune des trois écritures répondait à un état différent de ia langue : les liiéroglyphes servaient à écrire la langue oniciello , qui était à la langue usuelle ce que le latin de l'époque classique est au français de nos jours ; Thiératlque était récriture de la langue liturgique, le démotlquâ celle de la langue courante. De là remploi sur certains monuments de deux et quelquefois trois écritures différentes ; le grec, pour les Grecs établis en Egypte, Thiéroglyphique, forme ofâcielle que devait revêtir tout acte émané d'une autorité civile et religieuse, le démotique, qui permettait aux contemporains de comprendre le sens du décret rédigé dans la langue officielle.
Les hiéroglyphes s'écrivent indifféremment de droite à gaucne ou de gauche à droite: Thicratique et le dcmotique s'écrivent toujours de droite à gauche.
Hatoire de l'écriture hiirogfyphique, — Sur les plus anciens monuments (vers la II* dynastie, 5000 ans avant notre ère) on trouve déjà le système bicroglyplûquo complètement formé. Quelques-uns des blocs de la pyramide de Chéops portent, tracés à la sanguine, des caractères moitié hiéroglyphiques, moitié liicratiques, et les tombeaux du temps montrent que les scribes avaient déjà une écriture cursive pour la comptabilité et pour les œuvres littéraires. 11 faut donc faire remonter roriglne et les développements de l'écriture hiéroglyphique à nombre de siècles plus haut, probablement aux époques qui précédèrent Menés et la fondation de la royauté /égyptienne.
Le dernier monument que nous connaissions de récriture hiéroglyphique est du temps de l'empereur Philippe (III* siècle après notre ère). Il semble que l'écriture démotique ait continué d'être en usage parmi les païens d'Egypte longtemps après "Ttte l'écriture hiéroglyphique eut cessé d'être employée. Elle fut remplacée chez les chrétiens par ralphabct grec, auquel on ajouta sept caractères empruntés à l'ancienne écriture pour les sons particuliers à l'égyptien. Cet alphabet est encore auiourd'hui employé par les chrétiens coptes pour les livres liturgiques; pour les usages courants de la vie, ih ne se servent plus depuis le commencement du XVII* siècle que de la langue et de récriture arabe.
La connaissance des hiéroglyphes une fois perdue, les peuples de l'Occident ne songèrent a la regagner qu'à partir du xvi* siècle. La publication d'un ouvrage du Grec Horapollon do Nilopolls, écrivain du m* siècle après notre ère, qui avait expliqué unt bien que mal une centaine des signes Idéographiques encore usités de son temps, attira l'atiPiuion sur les écritures égyptiennes, mais arrêta pour longtemps le progrès oes études. Los modernes crurent, comme les Romains et les Grecs avaient fait avant eux, que l'écriture hiéroglyphi- Que était purement symbolique, et essayèrent d'appliquer aux inscriptions les valeurs idéographiques d'Horapollon. Celui de tous qui s'avança le plus loin dans cette voie fut le jésuite Athanaso kircher, qui, vers le milieu du xvii* siècle, proposa un système d'explication symbolique complet. Le travail sérieux do déchiffrement ne commença qu'avec notre siècle.
En I7H9, un officier du génie, Boussard, chargé par le général Bonaparte de fortifier Rosette, découvrit une pierre qui portait trois inscription*, Tune mutilée, en hiéroglyphes, deux autres presque inuctes, en démotique et en grec : l'inscription grecque disait expressément que les trois textes
n'étaient que la reproduction en trois écritoref différentes d'un même décret rendu par les prétret en l'honneur d'un roi Ptoléméo et de sa uxm Cléopàtro. Le monument, pris par les Anglais eo 1800, fut déposé par eux au British Muséum oùîl est encore aujourd'hui ; mais des copies exactes des trois Inscriptions circulaient déjà dans toute l'Europe. Le Suédois Ackerblad, alors en mission dip^lomatique à Paris, et le Français Sylvestre de Sacy, furent les premiers à étudier l'inscripiion. Dès 1800. Ils avaient réussi à reconnaître, dans le texte démoiique, les noms royaux qu'il renfermait, à déchiffrer quelques mots et à composer un alphabet démotique assez exact. Leurs études furent reprises par le savant anglais Thomas Young, qui, après avoir examiné à fond rinscription démotique, s'attaqua résoliiment aux débris hiéroglyphiques. On savait par les travaux récenta du Suédois Zo6ga que les noms des souverains étaient enfermés dans une ellipse i i qu*on nomme cartouche, et par ceux du Français Etienne Qnatremère, que la langue copte usitée chez les cbrétieos d'Egypte était un dérive bâtard de randenne langue égyptienne. Ypung, sachant que les cartouches de rinscription de Rosette devaient renfermer le nom de Ptolémée, en l'honneur de qui avait été gravée l'inscription, chercha à retrouver dans le cartondie
(■ n ■marTTTS ^®* éléments du mot grec kl 1 1 1 1 ^toleniaios , et conclut que ■ :i£i;^z21^ et A étaient P et T; il prit pour un signe superflu, donna à .Aa la valeur
OLE, à
Un autre cartouche
ezs. la valeur ma, et à m la valeur os, osa. /*-; — ri 1 "T^ i'ii fournit les Icc-
2 tures i
= KE, KEN; j|, a et % étaient, suivant lai.
des signes de remplissage. Le résultat de ses recherches, publié en 1818, fut peu remarqué : il n'en fut pas de même de celui des découvertes de François ChampoUion, qu'on nomme Champollico le Jeune pour le distinguer de son frère aîné CbampoUion-Fiseac.
GhampoTlion, dès l'enfance, avait étudié les langues orientales et surtout le copte : Tétudc da copte le conduisit à celle des hiéroglyphes. Après de. longs tâtonnements, il découvrit enfin la clef da système perdu, et publia sa découverte dans une Lettre à M. Dacier, lue en septembre 1822 à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.Comme Young, il s'attaqua d'abord au cartouche de Ptolcméë. Il admit comme le savant anglais que 1. m vahieot
P, T, mais il lut ^ O, .JM L, ^<= M. I 1 1, jl S,
et prouva la légitimité de ses lectures par Texamen du cartouche
Ce cartouche renfermait .JM, jQ, f, dont les ts-
leurs étaient connues par le cartoucb ^ précédent, soit L,0,P. Il reconnut qu'il s'agissait de Cléo-
pâtre et lut Jl = K, I = £, V x= A, «=» = ft.
Le cartouche
déjà lu Bel étire par Young, lui donna ^ >■ B, 0mm, » N, 1 1 = I, '^ s= s, et celui de