HYDROSTATIQUE
HYGIÈNE
tour d*an axe vertical muni de deux tubes recourbés par où s'écoule l'eau; on lui donne le nom de tourniquet hydraulique. On a môme construit sur ce principe des roues qui utilisent la force de Teau et qu'on appelle des turbines.
Notons qu'un pareil effet se produit <}nand un
Î;az sort avec force d'un vase mobile qui le ren> érme : le recul des armes à feu et le mouvement des pièces d'artifice sont des phénomènes de ce genre.
Vases communiquants, — Lorsqu'on établit une communication entre deux ou plusieurs vases qui contiennent le même liquide, celui-ci se répand dans chacun d'eux jusqu'à ce que tous les niveaux soient sur le même plan horizontal. Cette proposition est une conséquence du principe de l'équilibre des liquides : si Ton considère dans la portion commune à deux vases une tranche horizontale, tous les éléments de cette tranche doivent supporter une égale pression ; il faut donc qu'au-dessus de chacun d'eux il y ait une môme hauteur du liquide, et par suite les niveaux supérieurs doivent appartenir au même plan horizontal. ^
La démonstration expérimentale se fait facilement à l'aide d'un grand vase muni à sa partie inférieure d'un tube latéral à robinet, sur lequel on peut fixer successivement des tubes de diverses formes. On met de l'eau colorée dans le grand vase, et sitôt que l'on ouvre le robinet, on voit l'eau monter dans le tube latéral à la même hauteur. Quand ce dernier tube n'est pas assez long pour que l'eau y atteigne le niveau du réservoir, le liquide s'écoule ou jaillit avec d'autant çlus de force que le réservoir est plus élevé, mais sans cependant monter à la hauteur où il monterait dans un tube, parce que les gouttes qui retombent enlèvent par leur frottement une partie de la force de celles qui s'élèvent. C'est ainsi que se produisent les jets d'eau naturels ou artificiels, sous quelque forme qu'ils se présentent.
Cette tendance do l'eau à reprendre son niveau trouve son application dans le jeu des écluses de canaux et dans la distribution de l'eau dans une ville. Dans ce dernier cas, si l'on n'a pas à sa disposition un réservoir naturel à niveau très élevé, on en construit un que l'on remplit à l'aide de machines hydrauliques. Du fond de ces réservoirs partent les tuyaux de conduite qui se ramifient dans les divers quartiers de la ville, se redressent pour aboutir aux fontaines publiques et aux étages des maisons moins élevées que le réservoir; 1 écoulement a lieu dans la forme que l'on donne à l'orifice de sortie du liquide.
Niveau d'eau, — Une autre application intéressante des vases communiquants, c'est le niveau d'eaUt instrument très ancien qui sert à mesurer la distance verticale de deux points peu éloignés. C'est un tube de fer blanc, long d'un mètre, recourbé à angle droit à ses deux extrémités et terminé par deux fioles en verre. On le place sur un pied à branches et on le remplit d'eau. Le liquide
f prend un niveau horizontal ; si donc on place œil près d'une des surfaces de l'eau et qu'on vise l'autre, la ligne de visée est horizontale. Si l'appareil est fixé entre les deux points dont on veut connaître la différence de niveau, un aide va successivement tenir en chaque point une règle verticale graduée contre laquelle glisse une petite plaque appelée voyant. L'opérateur fait placer ce voyant sur la ligne horizontale des deux niveaux de l'eau. On lit la distance du voyant au sol, et la différer^ des deux nombres trouvés donne la dU^^^^^^erticale de l'un des points au-dessus de
lusieurs liquides, — Si dans un môme
^ plusieurs liquides sans action chi-
r l'autre^ comme le mercure et l'eau
liuile, le plus lourd gagne le fond.
et la surface de niveau de chacun d'eux est horizontale. Il n'arrive pas toujours que deux liquides de poids différents se superposent : souvent ils se mélangent intimement, comme l'eau et l'alcool ; mais dans ce cas encore, on peut faire tenir le plus léger en dessus quand on Vv verse avec précauiion.
Dans un vase fermé qui contient des liquides et de Talr, le gaz occupe toujours le point le dIus élevé. C*est sur ce principe que repose le nipeàu à bulle ftair. Un tube très légèrement courbé oani le sens de sa longueur a été rempli presque entièrement d'alcool, puis fermé. La bulle d air qui y reste occupe toujours le point le pins haut du tube ; elle se place au milieu quand les deux extrémités du tube sont sur un plan horizontal. Le tube est enfermé dans une gaine qui ne laisse voir que le dessus de la courbure et qui repose ellemême sur une petite tablette bien drâssée. Le plan sur lequel l'appareil repose est horizontal quand la bulle d'air est au milieu de la partie visible. Ce petit instrument est aux mains de tous les ouvriers qui ont journellement besoin d^établir l'horizontalité d'un plan.
Expériences.— 1. Prendre un vase de fer blanc portant deux trous, l'un plus gros vers le bas, l'autre à la partie supérieure ; fermer le premier avec un bouchon, remplir complètement le vase d' eau ; mettre le second bouchon sans laisser d'air en-dessous ; en frappant sur ce dernier on fait sauter l'autre.
2. Fermer une des extrémités d'un très large tube avec une vessie bien tendue ; verser de l'eau dans le tube, la vessie se bombe au dehors à mesure que le niveau de l'eau monte.
3. Percer un trou dans la paroi près du fond d'un vase, fermer cet orifice avec une petite plaque do bois collée légèrement avec de la cire, remplir le vase d'eau, la plaque se détache sous la pression latérale du liquide.
4. Suspendre à une assez longue cnrde un flacon plein d'eau portant vers le bas une ouverture fermée par une cheville, la corde est verticale ; retirer la cheville avec précaution, le liquide s'écoule et le vase penche en sens inverse du jet.
6. Prendre un long tube doublement recourbé avec deux branches perpendiculaires à sa longueur, y mettre de l'eau et constater que quelle 3ue soit rinclinaison du tube, une règle posée ans la direction des deux niveaux de l'eau est toujours horizontale.
6. Vérifier l'horizontaUté d'une surface en plaçant un niveau à bulle d'air dans deux directions perpendiculaires. [Haraucourt.]
HYGIÈNE. — La vie moyenne, en France, natteint pas 40 ans : c'est moins de la moitié de ce que peut raisonnablement attendre l'homme civilisé.
Dans dix départements, sur 100 enfants qui naissent^ 11 n'en reste plus que 30 au bout de cinq ans : il serait possible de diminuer des deux tiers cette mortalité infantile, et de la ramener à la proportion, encore énorme, des départements les moins éprouvés.
La moitié des jeunes gens inscrits au tableau do conscription sont refusés pour défaut de développement ou pour infirmités : le nombre des réformés pour cause d'infirmités s'élève à 29 p. 100 des inscrits ; on a consuté d'ailleurs que le nombre des refusés par arrondissement suit à peu près la proportion des illettrés.
La France occupe l'avant-demier rang en Europe, pour l'accroissement de la population, et le dixième rang pour le nombre proportionnel d'hommes de quinze à trente ans.
Il n'y a pas besoin d'arguments plus nombreux pour montrer que Tétude de l'hygiène publique et privée s'impose à notre pays comme condition indispensable de prospérité et de puissance.
HYGIÈNE
HYGIÈNE
En Angleterre et en Italie, on agite sérieusement la question de créer un ministère do la santé publique, un vériuble ministère d'Iiygiène. Dans toutes les capitales, les savants se réunissent
Îtour fonder des sociétés d'hjrgiène, en vue de aire progresser et de vulgariser cette science. On vient de fonder à Londres, sons le patronage de la reine, un musée d'iiygiène où figureront les livres, les appareils et les méthodes d'enseignement dans tous les pays.
Plusieurs Éuts d'Europe et d'Amérique ont fait à rhygiène une place importante dans renseignement élémentaire. Ce sont justement les élèves des écoles primaires oui ont le plus grand besoin de rapprendre, pour rappliquer, plus tard, dans le milieu où ils sont appelés & vivre.
On peut enseigner les éléments de toutes les sciences à un auditoire non préparé, si Ton prend soin de lui parlei comme s il ne connaissait rien de ce qu'il faut savoir pour comprendre chaque point nouveau, et si l'on adopte un langage suffisamment familier.
11 y a une hygiène idéale, — celle que l'on enseigne d'ordinaire, — qui consiste à exposer dans quelles conditions de bien-être et de confort doit s écouler l'existence, pour se prolonger environ un siècle, à l'abri des maladies et des infirmités ; c'est l'hygiène des privilégiés, de ceux qui en ont le moins besoin.
Hais pour être pratique, pour remplir son rôle de science éminemment sociale, Tbygiène vulgarisée doit viser moins haut, ou du moins commencer plus bas. Il lui faut prendre les hommes et les choses tels Qu'elle les trouve, c'est-à-dire dans des conditions générales où presque tout est & faire. En pareil cas, avant de parler de l'idéal, n'est-il pas urgent de montrer comment atteindre le mieux? Il est à remarquer d'ailleurs, qu'en hygiène, comme en épargne, il n'y a que le premier pas qui coûte. Quand un homme a compris qu'il peut s'améliorer, au physique et au moral, s'il possède la force de caractère suffisante pour essayer, cet homme est sauvé.
Un laboratoire d'expériences pour les démonstrations d'un cours élémentaire ahygiène pratique pourrait s'installer d'une façon tout à fait primitive, dont la simplicité serait un charme de plus pour les auditeurs que rebute parfois l'aspect dos instruments compliqués. Il n'y aurait aucun inconvénient à ce que les appareils fonctionnassent dans des conditions oxtra-sclentifiques ; ce serait môme nn avantage, puisau'ils seraient destinés à des expériences applicables à la vie usuelle, dans la-
auelle nous ne sommes Jamais limités par les conitions rigoureuses d'expérimentation.
Dans la rédaction des leçons, il serait bon d'adopter, pour chaque expérience, un ordre précis qui en facilite l'intelligonce et en assure le souvenir : objet k démontrer, — énumération des pièces d'appareil à employer, — disposition des appareils, — manipulation et expérimentation, -- déductions pratiques. Chaque expérience étant ainsi détaillée, le maître même peu familiarisé avec les sciences naturelles serait immédiatement capable de les répéter, en les animant, selon les circonstances, par des commentaires dont l'à-propos délasse l'attention et vivifie l'impression reçue.
Nous avons adopté, pour l'enseignement de l'hygiène ainsi entendue et appropriée & son but pratique, la division de cette science en dix- sept chapitres. Chaque chapitre est lui-même susceptible do deux ou trois grandes divisions, de sorte que le cadre général peut suffire à un cours de 30 à 40 leçons.