‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 66 sur 562 · II. AMÉRIQUE OU NORD · texte numérisé non relu

II. AMÉRIQUE OU NORD

Oro^nland. — Le Groenland ne mérite plus aujourd'hui ce nom de Terre-Verte que les premiers navigateurs qui l'aperçurent lui donnèrent, sans doute avec raison, à en Juger par les restes fossiles d'arbres et de plantes qu'on y retrouve enfouis Jusque sous une latitude élevée. A la côte orientale est attachée, presque toute Tannée, une hanquise de glaçons qui s étend au nord de llslande et vers le Spitzberg; la côte ocddenule est seule habitée dans quelques fiords abrités du froid. Le sol s'élève rapidement à l'intérieur, pour former un plateau de plusieurs centaines de mètres d'altitude, d'où descendent les plus grands glaciers du monde. Aussi le pays est-il fort peu peuplé et sans grandes relations avec le reste du monde.

Chaque année, le gouvernement danois, dont dépend ce pays, envoie un navire ravitailler les postes échelonnés depuis le cap Farewell,« qui

termine le Groenland au sud, Jusqu^au delà di 70* de latitude. Quelques 'milliers d'Esquimaux convertis au christianisme par les frères moravcs entretiennent seuls quelque commerce. D'autres restés païens, vivent Jusque sous le 80« de latitude C'est une race de petite taille, dont on trouve de: représentants sur toutes les côtes de Tocéan Gla cial et dont la pèche et la diasse aux phoques foc la principale occupation. Canotiers intrépides, ili ont souvent fourni des auxiliaires fort atiles aui navires qui s'aventurent dans les mers arctiques On ignore si le Groenland est une lie, ou se rattache, au nord, à quelque continent encore in^ connu.

Terres arctiques. — A l'ouest, un canal qui pro* lonffe vers le nord la mer de BafQn. et par où les Américains Hayes et Hall et l'Anglais Nares ont en vain tAché d'atteindre le pôle, sépare le Groenland des archipels illustrés par les voyages de Mackenzie, de Parry. des deux Ross, de Franklin et de Mac- Clure, qui y découvrit, en 1850. le passage si recherche du nùrd-ouest, c'est-à-dire une voie navi-

fible contournant au nord le continent américain, outes ces terres et les bras de mer qui Jes séparent sont recouverts de glace d'une manière presque continue.

Amérique anglaise ou Nouvelle-Bretagne. — Au sud de ces archipels, l'empire britannique possède la Nouvelle-Bretagne, terre immense de neuf millions de kilom. carres, dont la partie septentrionale est frappée de stérilité. Cette contrée renferme les territoires de la baie d'Hudson, la Colombie (sur le Pacifique), le Canada, le Labrador, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, les tics du golfe Saint-Laurent et Terre-Neuve, pays qui appartiennent tous, sauf Terre-Neuve, au gouvernement qui porte le nom de Dominion ou Puissance du Canada.

Teriutoirb de la baib D^HoDsoif. — La baie d'Hudson est prise par les glaces pendant neuf mois de l'année, puis le dégel est si actif, qu'il engendre une masse énorme de vapeurs qui la recouvrent d'un brouillard impénétrable. Ce pays est par excellence le terrain de la chasse aux fourrures, et pendant louji^emps une compagnie anglaise particulière a Joui du monopole de ce commerce. Avant elle, les français, maîtres du Canada, avaient répandu au loin leur religion, leur langue et aussi leur descendance. Les noms des rivières, des lacs, des cascades, des stations rappellent partout leur souvenir. Le pays est parcouru par quelques dizaines de milliers d'Indiens ou de métis ayant souvent du sang français dans les veines et restés fidèles aa catholicisme.

Lacs et rivières, — Des lacs immenses, des rivières « aux eaux cristallines » sillonnent en grand nombre cette contrée. Le Mackenzie n'a pas moins de 4000 kilom. depuis la naissance de l'Athabasca au mont Brown, qui dresse sa cime de 500O mètres dans les montagnes Rocheuses sous le SI* de latitude, Jusqu'à l'embouchure du fleuve dans l'océan Glacial, sous le 69* de latitude. Le Mackenzie sert de déversoir au lac Athabasca, à celui des Esclaves, et au lac Grand-Ours, qui couvrent ensemble 100 000 kilom. carrés, la cinquième partie de la France, et il est grossi par les rivières de la Paix et aux Liards qui, nées à l'ouest des montagnes Rocheuses, les traversent par des caftons d'une sauvage grandeur.

Le Nelson porte de son côté à la baie d'Hudson une masse énorme d'eaux qui s'est rassemblée dans le grand lac Winnipeg, où se réunissent le Saskatchouan venu des montâmes Rocheuses, la rivière Rouge du nord venue des prairies du Minnesota, au nord des États-Unis, et les eaux que ia rivière Winnipeg ramasse dans une foule de petits^ lacs répandus entre le lac Supérieur et le lac. Winnipeg.

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Le long de ees lÎTières on rencontre de disUnce esdUbmce lea anciens postes de la Compagnie. Ce $ocl des magasina où les a^nts de la Compagnie d-^pMueot leoTS marchandises et opéraient leurs fcinoges. Des palissades les entourent pour les même k l'abri des pillards. D*immcnses intenralles it^utni souvent les postes les uns des antres. Mais les portages rendent les transports par eau uiex ladies, et les Indiens ne craignent point les npidet. Pendant Thiver, quand tons les lacs et les coon f eau sont gelés, et la terre courerte de neige, eesBénes Indiens, chaussés de légères raquettes, pirepoxent à pied d*un pas rapide des distances coflôdénbles. Et leurs cniens, déroués et infatiobltf, attelés aux traîneaux, trarersent d*un bout i l'aotre ce pays grand comme TEurope. Ces lonss vnfeM ne sont pas dépourrus de charmes. Si le «oleil n'apparaît plus qu un instant chaque Jour, on est dédommagé de la longueur des nuits par la poreté de Tatmosphère qui laisse Toir dans tout 100 éclat la voftte céleste toute scintillante d'étoiles n illoininée par la lueur des aurores boréales.

Plu on descend Tors le sud, plus le pays de- Tîeot soacepttble de culture. Deux colonies ont déjà été fondées depuis quelques années sur le territoire de la baie d'Hudson. La plus importante, ctUe de Manitoba, est sur les bords de la rivière RoQgedo Nord, afûaent du fleuve Nelson, non loin de U frontière des Euts^Unis. La colonie de Kewatin, qui ne fait que naître, est plus au nord, le long de la Siabtchouan, du lac Winnipeg et du fleuve IVekoD.

U Cakada. — La faible élévation qui porte le corn de Hauteur des Terres, sépare le bassm de la btted*HDdson de celui du Saint-Laurent. NéanmfiiBiQi'en écoule des masses d*eau considérables qoi it réanissent en lacs dans des cuvettes de gnoit, ra sein de forêts que n'a pas encore entanéeslftlMche du bûcheron. De là sortent l'Ottawa, leSiinfc^aurice, le Saguenav, dont les chutes mettait eo mouvement une foule d'usines et de sderies. Le pays qu*ils arrosent, c'est le Canada, qneU Fnmce a eu le malheur de perdre en 1763, maif où sa race et sa langue sont encore domioaotes sor plusieurs points.

Bout et Bai-Canada^ les Canadiens anglais et h Franco-Canadiens, — Le Canada comprend deox provinces, celle de Québec ou Bas-Canada, et celle a Ontario oa Haut-Canada. Les Franco-Canadiens, fidèles à la lanffue française, sont en majorité dans le Bas-Canada, qui occupe le bassin inférieur du Saint-Laurent et la rive gauche de l'Ottawa, tandis que la race anglo-saxonne et la Uflgoe anglaise remportent dans la province d'Ontario, limitée au nord par l'Ottawa, et au sud par le Saint-Laurent et les grands lacs. Ceux-ci modèrent les écarts de température tout autour d'eux, et le Haut-Canada Jouit aussi d'un climat plus égal qae le Bas-Canada. Hais, dans ce dernier, la rignev des hivers fortifie le tempérament des habiuntt, et la race franco-canadienne, beaucoup plus ngneose que l'anglo-saxonne, est en progrès et défriche de plus en plus la forêt pour s'y tailler des terres de labour. Cette province renferme les deux Tilles les plus populeuses du Canada, Mcnt^ Tid et Québec, dont la première compte déjà plus de cent mille habitants. La capitale du Dominion, ^(BBa, s'élève sur la limite des deux provinces. Pays de coltare et de forêts, le Canada n'a guère d'autres iDoustries que celles qui ont trait à l'exploiution dtt forêts, à la construction des navires et à la P^e. Sa population n'atteint pas encore S millions d'habitants.

te ScinMourenf. — Le Saint-Laurent se forme dtbord des torrents qui alimentent le lac Supéneor, U plus grande masse d'eau douce qui existe «it (nrf&ce de la terre. La superficie en équivaut à ttUe de 15 on 16 départements français, sa pro-

fondeur va jusqu à 200 mètres, et sa surface est agitée par les vagues comme celle de l'Océan. Par le sault Sainte-Marie, les eaux du lac Supérieur s'écoulent dans le lac Huron, qui couvre encore plus de 5 millions d'hectares et qui communique au nord-ouest par un canal resserré avec le lac Michigan, vaste nappe sur les rives de laquelle s'élèvent deux grandes villes des États-Unis, Chicago et Milwaukee. Du lac Huron, les eaux s'échappent par la rivière et le lac Saint-Clair, puis par la rivière Détroit, qui tombe dans un quatrième grand lac, le lac Ërié. C'est entre celui-ci et le lac Ontario que les eaux forment la fameuse cataracte du Niagara, qui est la plus célèbre de tout l'univers, si elle n en est pas la plus imposante. Le flot, d'un débit de 7500 mètres cubes par seconde, après avoir traversé de nombreux rapides, se précipite d'une hauteur verticale de 60 mètres sur une larseur de près de 900 mètres ou'une lie partage on deux bras inégaux. En aval du lac Onurio, le fleuve prend le nom de Saint-Laurent. Tantôt élargi en lac, tantôt resserré entre des rives escarpées, se brisant plusieurs fois sur des rapides, et se mssissant de plus en plus par les affluents qu'il reçoit au noni et au midi, le Saint Laurent est un des plus beaux fleuves du monde à son embouchure : là il est à 4000 kilom. de sa source, et il y déverse en moyenne 12 dOO mètres cubes d'eau par seconde dans l'Océan. Do grands navires en sillonnent les eaux, quand il n'est pas obstrué par les glaces, et tournant à l'aide de canaux les rapides

3u'ils ne pourraient pas remonter, ou les descenant sous la conduite d'intrépides pilotes, ils viennent charger à Québec et à Montréal les bois du Canada, ou au fond du lac Michigan les blés et les viandes salées de Chicago.

Latfrador. — Au nord-est du Canada, le Labrador n'est pas une terre favorable aux laboureurs, comme son nom semble le faire croire. Le climat en est trop rude et les roches trop nues pour que les rares habitants y puissent subsister autrement qu'avec les ressources de la pèche.

Terrb-Nedvb. — En frandiissant le détroit de Belle-Ile, on passe du Labrador sur l'Ile de Terre- Neuve, dont les rivages sont fréquentés chaque année par les pêcheurs anglais, américains, français qui viennent y chercher la morue. C'est un rude métier où s'aguerrissent les marins au milieu des brouillards et des tempêtes. Les petites lies de Saint-Pierre et Miquelon, au sud de Terre-Neuve, sont les derniers restes des possessions françaises dans ces parages. A l'est s*étend le banc sur lequel se fait la pêche. La formation en est due à la rencontre du courant polaire froid et du courant chaud du Gulfstreani qui a lieu dans ces parages. En fondant, les montagnes de glace laissent tomber, au fond de la mer, les blocs et les graviers qu'elles tenaient emprisonnés dans leur masse et comblent ainsi de plus en plus les abîmes.

Iles du oolfb Saint-Laurent. — La France a perdu au siècle dernier Vile du Prince-Edouard, et celle du cap Breton, qui possède de riches mines de houille, mais où les murailles de Louisbourg, élevées autrefois par nous à grands frais, ne renferment plus maintenant qu'un village. Dans toutes ces lies, la population clairsemée s'adonne à la pêche et à l'élevage du bétail plutôt qu'à la culture.

NoDVELLE-ÊcossB OU AcAoïB. ^ Sur lo contincnt, la presqu'île de la Nouvelle-Ecosse rappelle la terre européenne dont elle porte le nom par son aspect et son climat. A l'ouest, la baie de Fundy, qui la sépare du Nouveau-Brunswick, est agitée par des marées très-violentes. A l'est, sur la côte de l'Atlantique, l'excellent port d'Halifax s'ouvre le premier aux navires arrivant d'Europe. Quand elle nous appartenait, la Nouvelle-Ecosse s'appelait Acadie, et Longfellow a poétisé les malheurs des infortunés Canadiens français que les Anglais

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chassèrent Yiolemment de leurs foyers, quand la paix d^Ulrccht les rendit maîtres de ce territoire.

NouvEAn-BRimswiCK. — Le Nouveau-Brunswick ressemble au Bas-Canada par ses bols, ses lacs, ses cascades et ses rivières, dont la plus considérable, le SaintJean^ vient finir dans la baie do Fundy.

A eux deux, ia NouTelle-Ecosse ot le Nouveau* Brunswick ne renferment que 700 000 habitants. La population clairsemée ne dépasse pas 5 à 6 habiunts par kilomètre. La race française en constitue une notable proportion.

CoLOKBiB. — A Touest des montaçnes Rocheuses, la Colombie, abritée des vents froids du p/^le, Jouit d*un beau climat. Mais elle est trop couverte de montagnes pour offrir beaucoup de champs à dé- .frichor. Les bois et les prairies y dominent. Ce sont les riches mines d*or du Caribou, dans le bassin du Fraser, oui ont fait la fortune de la Colombie. A cette colonie se rattache Tlle de Vancouver, riche en mines de houille, en belles forêts, «n pêcheries fructueuses. Victoria, sa capitale, s*élève sur le détroit de Juan de Fuca, qui sépare rtle du territoire de Washington, appartenant aux États-Unis.

États-Unis. — Voir l'article spécial États-Unis,

ICeziqae- — Climat. Aspect général — Le long du golfe du Mexique, les rerres chaudes sont inondées par des orages diluviens, brûlées par un soleil ardent, mortelles pour les Européens à cause des pavaees qu'y fait la fièvre Jaune. A Fera-Crttz,8ltuéc -sur le littoral, où viennent atterrir les paquebots transatlantiques, et où débarquaient les transports de l'expédition française, on avait été obligé, à l'époque de la guerre du Mexique, de former la garnison avec un bataillon de nèpes du Darfour pour soustraire les soldats français à ce dangereux séjour.

Du côté du Pacifique, le climat est meilleur, surtout dans la Vieille-Californie ; cependant Acapulco, le port le plus important du Mexique sur le Pacifique, est un des points les plus chauds de ia terre. Entre les deux mers, le sol s'élève pour former un plateau de 3000 mètres, dominé par le Popocatepetl, et autres volcans de 4 à «SOOO mètres d'élévation. Depuis le littoral Jusqu'à ces hautes cimes, on passe par tous les chmats et par toutes les cultures, depuis la végétation des tropiques jusqu'aux sapins de nos Alpes. Le plateau s'abaisse dans Yisthme de Téhuantépec^ qui forme la limite physique entre l'Amérique septentrionale et l'Amérique centrale. Mais la république mexicaine renferme encore les Buts de YucaUn et de Chiapas de l'autre côté de cet isthme.

Les anciens Mexicains, — Lorsque Cortex et ses Espagnols firent la conquête du Mexique, il y a de cela trois siècleB et demi, ils y trouvèrent une race parvenue à un haut degré de civilisation. Les Aztèques t c'était leur nom, avaient succédé à d'autres peuples venus comme eux de TAmérique du nord, de la Floride, dit-on, et dont l'origine commune était sans doute TAsie. Ils avaient élevé des monuments, dont les ruines, retrouvées au Yucatan et ailleurs, nous frappent encore aujoui^ d'hui d'étonnement. Ds avaient bftti des villes de plusieurs centaines de mille âmes, Mexico et d'autres sur les bords des lacs voisins. Le pays était mieux cultivé, mieux policé et beaucoup plus peuplé qu'il ne l'est aujourd'hui. Malheureusement la religion des Aztèques était souillée par de hideux sacrifices humains.

Etat actuel, — Par la richesse de ses mines d'or, d'argent, de mercure, et autres métaux plus usuels tels que for, plomb, étain, le Mexique s fourni do grandes richesses à l'Espagne, sa métropMe. De-

Cuis' 1821, il s'est afl'ranchi et forme une répulique dont la situation est loin d'être prospère. On n'y compte que 9 millions d'habitants sur une surface de 2 millions de kilomètres carrés.

Les États-Unis lui ont enlevé ses plus belles pro* vinces sur la côte du Pacifique. De fréquentes guerres civiles, entretenues par les rivalités de races et de partis, y sont une cause perpétuelle d'agiution. Blancs, Indiens et métis forment trois éléments Jaloux les uns des autres et toujours prêts à en venir aux mains. On estime à S millions environ le nombre des Indiens, à I million celui des blancs purs de mélange. Le reste est formé de métis et de nègres. Depuis leur soumission aux Espagnols, les Indiens t>nt embrassé le catholicisme, et portent sur leurs traits cet air de gravité et de résignation qui convient aux races déchues sans espoir. D'autres mènent la vie errante ; cavaliers infatigables, ce sont de dangereux ennemis pour les maisons isolées qu'ils attaquent par surprise et dont ils emportent au loin les objets volés. Les travaux publics sont nuls ai Mexique, les routes y sont en moins bon état que sous les Aztèques, il n'y a pas une seule industrie bnportante en dehors de l'exploitation des mines, et Mexico est la seule ville dont la population dépasse cent mille âmes.

Amérique œntrale. *~ L'Amérique centrale, qui continue le Mexique au sud, est encore un pajrs de terrasses élevées, arrosées par des plaies diluviennes et dominées par de nombreux volcans, dont les commotions ébranlent le sol et renrersent les villes, quand les éruptions ne les ensevelissent pas sous la lave et les cendres. Le sol fertile y produit de l'indigo, du cacao et des bois précieux pour la teinture ou Tébénisterie.

Divisions politiques, — Politiquement, l'Amérique centrale est partagée en cinq républiques indépendantes : le Guatemala^ le Hondurtis, le Son Salvador^ le Nicaragua et le Costa Rica, Mais au point de vue géographique l'Amérique centrale s'étend jusqu'à Yisthme de Darien, sur lo G0« de longitude Est de Paris et comprend quelques provinces de la Colombie, au sud, de même qu elle renferme deux États mexicains au nord.

La population d'origme indienne domine dans l'Amérique centrale, qui renferme en tout 2 millions et demi d'habitants «et les commotions politiques y sont fréquentes.

Isthmes de V Amérique centrale, — Ce pays, situé entre deux mers voisines. Jouit de cette heureuse fortune que les chaînes de montagnes, oui le parcourent d'une extrémité à l'autre, sont brisées en face des isthmes les plus étroits de manière à offrir des sillons naturels qui ouvrent une voie facile entre 1^ mer des Antilles et le Pacifique. Ainsi le fond du golfe de Honduras, au sud du Yucatan, sur la mer des Antilles, n'est pas éloigné de la baie de Fonséca, qui s'ouvre sur le Pacifique, entre les trois Etats de San Salvador, de Honduras et de Nicaragua. Plus au sud, les lacs de Managua et de Nicaragua touchent de très-près le Pacifique et se déversent par le San-Juan dans la mer des Antilles. Le Costa Rica ot l'état colombion de Panama ne forment qu'une étroite bande de terre entre les deux mers. C'est là que passe le chemin de fer de Panama^ sUr le Pacifique,- à Colon ou Asninwall, sur la mer des Antilles, qui a Jusqu'à présent le monopole du trafic de transbordement. Aujourd'hui on projette d'ouvrir à la navigation maritime un canal comme celui de Suez. Et c'est dans le golfe de Darien qu'on le ferait probablement déboucher sur la mer des Antilles. Ce golfe reçoit le fleuve Atrato, dont les eaux sont fort abondantes, malgré la brièveté de son cours. Malheureusement on ne peut faire passer les navires de son bassin dans celui du Pacifique sans ouvrir un tunnel. Visthme de Nicaragua, de son côté, ne pourrait être traversé que par un canal à écluses.

Antilles. — Situation, — Les grandes Antilles s'étendent de l'ouest à l'esté au nord de la mer de même nom ; les petites Antilles sont au contraire

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orientées dn nord aa sud à Test de cette mer. Cuba, la plos occidentale des grandes Antilles, est séparée dn Yncatan oar le canal de Yucatan, et de la Floride par le canal de Bahama. G^est par ce dernier que les eaux, échauffées dans la chaudière que forme le golfe du Mexique, s*échappent dans l'Atlantique en formant U ùuif stream, ce fleuve aux eaux rhindes et abondantes, qui vient réchauffer ies f.'ites de la France et des Iles Britanniques, et dont linflnence se foit sendr Jusqu*au nora de la Nor-

Climat.0-^ Le climat des Antilles est généralement fjrt chaud comme le littoral qui leur fait face sur V. continent* Les pluies y sont très-abondantes et donoent à la végétation une vigueur incomparable ; suis en revandie le tempérament des nommes bUacsen soufl^ considérablement, et la fièvre Jatine V Tait de cruels ravages. Le BoPest généralement accidenté, car ces lies sont pour la plupart dues à d^soalèvements volcaniques, et elles offirsnt à TiiH térieur des plateaux élevés, qu*on appelle mornes^ où les blancs affaiblis vont reprendre un peu de vigueur. Tant que Tesdavage a subsisté, c'étaient les nègres qui travaillaient dans les plantations de socre, de café, de coton, de cacao, de vanille, de ubac Anjourd'hai on supplée à Tinsufiisance de !ear tnvail, depuis quMls ont recouvré la liberté, ^3 amenant des coolies chinois ou hindous.

Lorsque Colomb découvrit les Antilles, il crut itre arrivé aux Indes ; de là Tusage d'appeler sourent les Antilles les Indes Occidentales, par opposition aux Indes Orientales, qui sont en Asie. ^ififrmhiB politique. Populations. Langues, Les Antilles appartiennent pour la plupart aux Earopéens, Espagnols, Français, Anglais, Danois, Hollandais. Mais TUe d*J7at/t, qui appartenait autrefois i la France et à TEspagne, forme aujourd'hoi deux républiques indépendantes; à Test, Tandeone colonie espagnole forme la république de Saint-Domingue ; à l*ouest, la république d^Halti coicprend Tancienne colonie française. L*Espaene a été menacée de perdre Cuba, la perle des Antitlee, comme on rappelle, où une terrible insurrection vient de durer pinceurs années, et qui (>st on objet de convoitise continuel pour les Etats- Unis. La Havane, capitale de cette lie, célèbre par ^« dgares, est une ville de plus de 200 000 âmes. L'Espagne possède en outre Porto-Bieo; rAnglevtncMJmnaîque et laplupart des petites Antilles; les Danois, llle de Samt-Thomasy où se croisent 1<>8 paquebots transatlantif^ues. La Fi ance a conserré la Martinique ^ la Guadeloupe et quelques aatres petites Iles. Plusieurs de Ses anciennes possessions, telles que la Dominique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent, ont gardé leur nom français, et notre race y est encore dominante. Après l*espagnol, le français est la langue qn*on parle le plut ani Antilles. La population de tous ces archipels réonis est de 4 millions d'habiUnts.

tu. AlClIQiE 00 SOD.

Gûlembio. — Divisums politiques. — Au point de îse Dolitique, cette contrée, oui s'étend entre la merdes Antilles, les Guvanes. le Brésil et le Pérou, t phisieurs fois changé d'organisation depuis le commencement du siècle. Elle formait d'abord une f^piuinerie générale espagnole, puis s'insurgea contre sa métropole et forma une république qui se partagea en 1890 en trois républiques disânctes : eelle du Venezuela à Test, celle de la Nouvelle- ^nade au centre, et celle de TEquateur au sud. DtDi les deoi premières, on a oscillé entre la ronneQohah^ et la forme fédérative, et actuelle- "*"w ^ «ont composées chacune d'un certain nombre d'Euts indépendanU qui ont un gouver- 1 ^^tttsot distinct, mais sont réunis entre eux par le |

lien de la fédération, comme les Etats-Unis de TAmérique septentrionale ou les cantons suisses.

Nouvelle-Grenade, Colombie proprement dite. — Aspect physique. — L'isthme de Panama est recouvert d'une superbe végétation, dont les progrès sont si rapides, qu'il faut sans cesse défendre la voie ferrée contre les plantes qui menacent de la faire disparaître. Du cOté de l'est, le terrain se relève rapidement, et on rencontre bientAt les Andes, dont les chaînes parallèles courent an nord-nord-est. On voit se découper sur l'azur du ciel leurs cimes hautes de 3 et quelquefois de 6000 mètres, ou bien la fumée des volcans qui j brûlent encore. La zone littorale est étroite, ce qui est heureux, vu son insalubrité. C'est par milliers que sont morta les malheureux ouvriers chinois qui construisaient le chdmin de fer. Sur les plateaux, au contraire, les blancs s'accommodent aisément du climat et ils peuvent y cultiver des céréales. Il pleut dans ce pays autant que sur les ilancs de l'Himalaya; aussi les tivieres y roulent-elles des flots abon« danta. La Madeleine et son affluent le Cauca se dirigent au nord vers la mer des Antilles. Le Meta et le Guavlare se déversent à l'est dans l'Orénoque, tandis qu'au sud naissent le Yapure et le Rio-Negro, deux des grands affluenta septentrionaux de l'Amazone. Le tabac, le café, le quinquina, le coton, llndigo, le caoutchouc y poussent avec vigueur et forment les principaux objets du commerce d'exportation. On trouve dans fa Nouvelle-Grenade ne superbes émeraudes.

Lti Nouvelle-Grenade, qui porte aujourd'hui le nom ofSciel d'Etats-Unis de Colombie, comprend actuellement neuf Etato, dont celui de Panama.

Population, — On évalue leur superficie totale à 800 000 kilomètres carrés environ, une fois et demie la France, et leur population à 3 000 000 d'habitanta. Les Indiens y sont dominante, et appartiennent à l'ancienne race des Ghibchas, qui étaient contemporains des Aztèques du Mexique'. C'est un fait qui distingue l'Amérique méridionale de l'Amérique septentrionale, que les races indigènes s'y maintiennent, au lieu de disparaître comme les Peaux-Rougés des Etats-Unis. Dans la Colombie, ils forment la moitié de la population. Les blancs ne sont guère que 500 000. Le reste se compose de nègres, de mulâtres, ou de métis de nègres et d'Indiens, qu'on nomme des Zamàos,

La capitale fédérale, Bogota, située à 3600 mètres d'altitude, au pied de montagnes encore plus élevées, a 60 000 habitants. Panama en a une vinfi;taine de mille.

Equateur. — La république de l'Equateur est un peu plus étendue que la France et ne renferme qu'un million d'habitants^ dont la moitié d'Indiens. Les Andes dressent là des volcans et des sommeta fameux qui ont longtemps passé pour les plus élevés de la terre. Du cité du Pacifique, on ne rencontre que des torrento et d'étroites vallées. Sur le versant opposé, au contraire, le sol s'abaisse graduellement et les cours d'eau forment de larges nappes navi|^bles qui s'en vont à l'Amazone. La capitale, Quito, est située presque sous l'équateur. Mais, grâce à son altitude de 3000 mètres, on y Jouit ann bon climat et d'un panorama splendidc sur les montagnes qui l'entourent de tous côtés. Au sud-ouest, on aperçoit le Chimborazo^ haut de plus de 6000 mètre^, et au nord, le Pichincha, haut de 4800 mètres, comme notre Mont-Blanc, et dont le cratère descend à 750 mètres de profondeur. Sur la chaîne orientale, le Cotopaxi, haut de près de 6000 mètres, est le plus imposant des volcans en activité, et plus au sud, sur les flancs de l'Antisana, on visite à 4000 mètres une des maisons habitées les plus élevées du globe. L'Equateur ne renferme pas d'autre villo-^importante que Quito, oui a 80 000 habitante. Gu^vaquil est le principal port de commerce sur le Pa-

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clfique. Arec le cacao, la gomme et le café, le principal obiet d'exportation est fourni par les forêts de quinquinas.

VENEZUELA. — Le Venezuela forme actuellement TÎngt Etats, dont la superficie totale est double de celle de la France, et la population de 1 800 000 habitants. Sur la mer des Antilles, il offre une étroite bande de terres chaudes, dominée par une chaîne côtière qui est la partie la plus salubre et aussi la plus peuplée de toute la république. Là se trouve la capitale, Caracas, oue dominent des cimes de 3000 mètres, bien qu elle ne soit qu'à 35 kilomètres de ia Guayra, son port sur la mer des Antilles.

Les Uanos, ^ Au sud de la Sierra de Caracas s*étendent les llanos, rastes plaines qu'inondent les pluies tropicales, et que les rayons du soleil équatorial dessèchent ensuite en les recouvrant d'une somptueuse végétation. Là pullulent malheureusement les crocodiles, les jaguars, les reptiles, les moustiques et les plantes vénéneuses | en outre, les miasmes paludéens et fiévreux s'opposent à la prospérité de l'homme dans cette région.

UOrénoque, -^ Les Uanos du Venezuela déversent leurs eaux dans VOréfioque^ dont la rive droite baigne le pied dès hautes sierras qui bordent les épaisses forêts de la Guyane et dont la source encore inconnue doit se trouver sur les confins do la Guyane et du Brésil. L'Orénoque est un superbe cours d'eau, le plus grand fleuve de l'Amérique méridionale, après l'Amazone et le Rio de la Plau. La longueur de son cours dépasse 2000 kilomètres, et à 200 kilomètres de son embouchure, il commence à former un delta, où une dizaine de branches offi'ent un passage assez profond pour les ^ands navires. Dans le haut de son cours, le Gassiauiaré le fait communiquer avec le Rio Negro et le fleuve des Amazones, en offrant une des communications fluviales les plus curieuses du monde.

Comme les deux républiques voisines, le Venezuela est peuplé principalement d'Indiens et de sang-mêlé. Cependant sa situation maritime y attire depuis quelques années des immigrants européens, principalement des Allemands. La capitale Caracas, dont un tremblement de terre a fait périr ou disparaître la moitié de la population vers le commencement de ce siècle, renferme aujourd'hui 50 000 habitants, ou à peu près. La Guayra et Puerto-Cabello, sur la mer des Antilles, et Ciudad Bolivar, sur l'Orénoque, sont les principaux ports de commerce, qui exportent du café, du cacao, du coton, du sucre, de l'indigo, du Ubac, des bois de teinture et des peaux.

Guyane. — Situation. Aspect général, — On

Atlantique.

montagnes inexplorées, mais dont les plus élevées n'atteignent pas la moitié de l'altitude des grands sommets des Andes, y renferment de nombreuses sources ; celles-ci, bientôt grossies parles pluies diluviennes, apportent à la mer des fleuves qui, malgré la brièveté ae leur cours et le peu de place qu'ils occupent sur la carte, roulent autant d'eau que le Rhône ou le Rhin. Des forêts vierges remplies de bois précieux, des caUractes qui sont rangées parmi les plus imposantes du monde, le prestige d un eldorado introuvable, dont les fleuves entra! nent les paillettes qu'elles lui ont arrachées mysté> neusement, auraient depuis longtemps fait la richesse de ce pays, s'il n'offrait pas le climat le plus meurtrier sur ses rives où abordent les Européens. Des bancs de vase apportée par les cours d'eau, des marais pestilentiels peuplés de serpents, de crapauds et autres bêtes repoussantes, sont propres à se couvrir des plus riches cultures, mais rendent le séjour meurtrier pour les nègres euxmêmes.

Établissements européens. — Trois peuples européens possèdent des établissements en Guyane, dont le reste appartient au Venezuela et au Brésil. De l'ouest à l'est, la Guyane anglaise occupe 230 000 kilom. carrés, peuplés de 2t5 000 habitants, la Guyane hollandaise^ 120 000 kilom. carrés, peuplés de 70 000 habitants, et la Guyane française 120 000 kilom. carrés, peuplés de 2& 000 habitants. On ne peut évidemment pas comprendre dans ces recensements les nègres marrons qui vivent au fond des forêts.

Des nègres, des Hindous, des Chinois, cultivent les plantations de sucre, de café, de cacao, de poivre, de coton, etc. Mais ce sont encore les Portugais, originaires de Madère ou des Iles du Cuk vert qui, parmi les Européens, s^accommodent le mieux du climat et qui s'adonnent au commerce.

Georgetown, la capiule anglaise, sur le fleuve Demérarv, et Paramaribo, la capitale hollandaise, sur le fleuve Surinam, sont des villes de 20 à 25 000 habitants, entourées de belles plantations. Cayenne, la capitale française, est moins peuplée et sert de lieu de déportation. C'est non loin de là, à Sinnamary, qu'ont péri bien des victimes des discordes politiques à la fin du siècle dernier. Depuis, on transportait à Cayenne les condamnés aux travaux forcés. Aujourd'hui ce séjour est affecté uniquement aux condamnés arabes ou do couleur.

Brésil. — Situation, superficie, population, — Dépassant l'équateur au nord, et s'étendant au sud presque Jusqu à l'embouchure de la Plata, le Brésil forme après les empires britannique, russe, chinois et l'Union Américaine le plus vaste État du monde. Avec ses 8 millions de kilomètres carrés, il couvre près de la moitié de l'Amérique méridionale, 15 fois la superficie de la France, les quatre cinquièmes de celle de l'Europe, la seizième partie des terres émergées du globe. Sa population n'atteint oue 10 millions d'habitants, mais, avec la fertilité au sol, elle pourrait être presque centuplée.

Littoral et plateaux. — Situé presque en entier entre l'équateur et le tropique du Capricorne, le Brésil reçoit des masses énormes de pluie, qui développent le long du littoral de l'Atlantique une végétation luxuriante. Le sol se relève rapidement en hautes sierras qui dominent la magnifioue rade de Rio-de-Janeiro et forment le rebord du haut plateau qui occupe la plus grande partie de l'empire. Trop peu élevées pour que la neige y séjourne sous cette faible latitude, ces monti^nes ont au moUis l'avantage de fournir aux Européens des demeures salubres au lieu du séjour amollissant du littoral. On trouve dans la prorinCe de Minas- Geraes des mines de diamants et de métaux précieux, qui ont fait la réputation de richesse de cet empire, avant qu'on ne sût mettre à profit ses ressources agricoles.

Les nuages qui dépassant la baie de Rio vont s'abattre en pluie quelques heures plus tard sur les sommets voisins, donnent naissance à des cours d'eau qui, au lieu de revenir directement à l'Atlantique, s'écoulent en formant un grand détour au sud, par le Parana, l'un des grands affluents de la Plata, ou au nord par le San Francisco, dont les eaux s'abîment en cataractes bruyantes comme le tonnerre avant de s'unir aux flots de l'Océan.

A l'ouest de la province de Minas-Geraes, au sein des forêts épaisses du Matto-Grosso, le Paraeuay, afQuent de la Plata, le Guapore, affluent do U Madeira, et divers affluents de l'Amazone entremêlent leurs sources sur les hauteurs des Campos Parexls, qui se transforment par moments en un immense marais spongieux. Sans les rapides de la Madeira, le long desquels on a projeté la construction d'un chemin de fer, les bateaux pourraient naviguer ainsi presque sans interruption depuis l'embouchure de la Plata jusqu'à celle de l'Amazone.

L'Amazone, — Par la longueur de son cours, qui

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atteint prè« de 6000 kilomètres, par la largeur de soo lit qui est telle que aouTent on n*apercoit pas d'ane rife la nwe opposée, par sa profondeur qui le rend accessible aux plus grands navires Jusqu'à mille lieues de son embouchure, TAmazone est le premier fleuTe du monde. La marée y remonte jusqu'à 750 kilomètres de l'Océan, les tempêtes y soiilèTent des vagues énormes. Le flot qu'il déverse à son embouchure est de 100 millions de mètres cabes par seconde, et atteint quelquefois le double de ce volume. Et oonmie la pente est insensible depuis le pied des Andes Jusqu'à l'Atlantique, c'est sa masse qui entraîne ce déluge, plutôt que i'indinatson de son Ut. Ses affluents sont eux-mêmes d'énormes fleuves, et venant les uns du nord, les aau«8 dfl sud de Téquateur, ils passent à des époques diirérentes par leurs moments de crue, ce qui contribue à régulariser le débit de l'artère princidpale qui les reçoit. Changeant trois fois de nom, • appelant Maranon dans le Pérou, Solimœs en amont de son confluent avec le Rio-Negro, et Amazone près de son embouchure, ce fleuve se grossit de rivières plus puissantes que le Danube ou le Volga, dont les eaux sont bleues, laiteuses, vertes, noirei, suivant les roches dont elles entraînent les débris, ou les végétaux dont la décomposition les altère.

Les Andes de l'Equateur envoient à l'Amazone le SapOj le Putumayo et le Japure ; ce fleuve reçoit encore sur sa gauche le Rio-Néaro. qui s'alimente sur les Uanos de la Gotombie, ou Venezuela et des Gojincs. Sur sa rive droite, il reçoit TUcayalé, descendo des Andes de Cuzco, au Pérou ; le Yavari, qû fonne la limite entre le Pérou et le Brésil, le iata7,1e Pums, le Maddra, le Tapajos et le Xlngu, qui parcourent du sud au nord les plateaux de ce grand empire.

Arec leurs branches principales et les mille ramiliations qu'elles ont formées dans des moments duoodation, ces rivières forment le plus vaste réaeao de navigation du globe qui s*étend aux divenes extrémités d'un bassin grand douze fois comme la France. Des forêts superbes, dont les arbres ae relient les uns aux autres par dos lianes enchevêtrées dans leurs rameaux, y étendent partent leur ombrage et mettent le sol humide à l'abri dn soleil desséchant de l'équateur. Des myriades de poisMos, d'espèces plus variées que dans TOcéan même, pullulent dans ces eaux, d énormes tortues enfouissent leurs œufs dans les grèves de l'Amalone. L'homme seul manque pour animer ces panges. Les villages qui bordent l'Amazone sont disuntt les uns des autres de 200 kilomètres ; les Indiens, qui les habitent, vivent indolents et tranquilles sous ce climat, qui fournit abondamment à lem besoins, mais dont l'influence amollissante néreille ches eux aucune activité. Les vapeurs, qui sillonnent les eaux du fleuve en remontant JQsqn'au Pérou, depuis que le grand fleuve a été oavertau commerce de tous les pavillons, sont presque les seuls représentants de la civilisation dans ces parages.

Autres fleuves du Brésil. — Avec TAmazone et le San Francisco, le plus puissant fleuve du Brésil est 1« Tocantins, qui descend des Pyrénées de la province de Goyaz en chutes imposantes, se grossit à I onest de la grande rivière d'Araguay et roule dans

I Océan des flots assez forts pour soulever de gros oarires. Son embouchure, voisine de celle de l'Amaune, est balayée comme elle par les courants cétiers qni vont p'ossir les rivages de la Guyane des alluviona qu'ils entraînent.

tacts, " On évalue la population du Brésil à

II millions d'habiUnts. Les blancs issus des PortupU ou récemment arrivés des pays d'Europe, de i'AHemagne en paniculier, ne sont pas 4 millions. 1^ noirs, importés d'Afrique par les vaisseaux négriers ou nés au Brésil de parents esclaves, sont

au nombre de 3 millions, dont les trois quarts envûron n'ont pas encore recouvré la liberté. Les mulâtres sont de 3 à 4 millions. On a recensé 4 ou 500 000 Indiens soumis, et on évalue à 1 million ceux <}ui vivent indépendants dans les forêts de l'intérieur. Tant que l'esclavage subsistait au Brésil, les Indiens et les nègres étaient chargés du pénible travail des mines et des planutions. Maintenant tout enfant naît libre, et uid à quelaues années l'esclavage aura entièrement disparu de l'empire. Aussi le gouvernement du pays fait-il les plus grands efforts pour y attirer une population européenne de travailleurs.

Productions, — Pour le moment les principaux objets du commerce d'exportation sont : le café, le coton, le sucre, le cacao, le tabac, les peaux, les gommes, les diamants, les méuux précieux. Mais le sol est spte à produire toutes les céréales cultivées dans les pays tempérés; ses forêu, dont est sorti le bois de teinture, couleur de braise, qui a donné son nom au pays, renferment des richesses inépuisables.

Divisions et grandes villes. — L'empire qui s'est séparé du Portugal, dont il était une colonie, dans le premier quart de ce siècle, est divisé administrativement en 21 provinces. Sa capitale, Hio-de-Janeiro^

Îiui est une des plus belles villes du monde» renerme près de 300 000 habitants ; Bahia et Pemambouc, reliées l'une et l'autre par une voie ferrée au Rio San Francisco, qui débouche sur le littoral à distance égale de ces deux villes, renferment chacune plus de cent mille âmes.

Pérou. — A l'ouest du Brésil et au sud de la république de l'Equateur se dressent les hauts plateaux du Pérou et de la Bolivie, que dominent encore des pics gigantesques des Andes.

Littoral du Pacifique, — Entre le Pacifique et ces montagnes, le littoral est étroit, refroidi, malgré la latitude, par un courant froid qui vient du pôle sud, et désolé par une sécheresse perpétuelle. On cite tel point sur cette cête qui depuis trente ans n'a pas reçu une goutte de pluie; l'atmosphère est tellement desséchée que les Andes elles-mêmes ne s'y couvrent pas de neiges, ne donnent naissance à aucune source, et que les rares habitants de ces parages, attirés aux environs du tropique du Capricorne par des mines d'argent dune richesse incroyable, ou par des dépôts de salpêtre ou de sels minéraux propres à porter la fertilité sur un sol moins desséché, sont obligés de distiller l'eau de mer pour se désaltérer. De terribles tremblements de terre apportent en outre trop souvent la désolation dans ces parages et viennent presque périodiquement renverser les villes qui essaient de s'y fonder. £n s'élevant sur les plateaux des Andes, on trouve un climat moins énervant, des vallées fertiles, des forêts où l'on récolte le précieux quinquina, des villes qui avaient atteint avant l'arrivée des Européens un haut degré de prospérité.

Les Ineas, — Sous l'empire des Inbas, la nation des Quitchouas avait élevé des temples et des monuments magnifiques couverts de 1 or de leurs mines et malheureusementtrop propres à exciter l'envie des Espagnols pillards. Des routes magnifiques rayonnaient autour de Cusco, leur capitale. Leurs mœurs étaient douces, et aucun sacrifice humain ne ternissait les cérémonies de leur culte, comme chez les Aztèques du Mexique.

Versant de t Atlantique, — Après avoir franchi des co:s hauts comme notre Mont-Blanc, on atteint les sources de T Amazone, que 200 kilomètres à peine séparent des rivages du Pacifique, tandis qu'on ligne droite il y a 16 fois plus de chemin pour atteindre r Atlantique. Ce versant est couvert de forêts, les torrents y roulent de cascade en cascade, dont le nom d'Apurimac, le principal affluent du Maraiïon par rUcayalé, rappelle le Upage bruyant, et deviennent bientôt accessibles à la navigation. Les vapeurs

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de TAmaKone remontent ses affluents jusqu'à une

Ketite distance du Pacifique, et donneront bientôt L main aux chemins de fer qui franchissent les Andes, grâce aux travaux d*art les plus hardis qu*on ait encore vus en ce genre.

Volcans et lac Titicaca, — Ce n'est qu'au sud-est du Pérou qu on retrouve des volcans en activité, au voisinage du lac Titicaca^ vaste nappe d'eau de 800 000 hectares, qui n'est pas à moins de 3500 mètres d'altitude, mais que dominent des pics de a à 7000 mètres, parmi lesquels le volcan d'Aréquipa est le plus fameux, mais le Sahama le plus élevé. Malgré la masse de ses eaux, le Titicaca ne donne naissance qu'à une rivière, le Désaguadéro, qui est absorbée par une lagune de la Bolivie, sans atteindre rOcéan.

Superficie du Pérou. Population, — La république du Pérou a une étendue de 1 300 000 kilomètres carrés, un peu plus de 2 fois la France, et moins de 3 millions d'habitants. Les blancs forment la dixième partie de la population environ. Les noirs sont encore moins nombreux, tout le reste est composé de métis et d'Indiens Quitchouas ou Aymaras, dont la langue est encore vivante, bien que l'espagnol soit la langue administrative, et dont les mœurs ont conservé beaucoup des anciennes traditions, malgré leur conversion au catholicisme.

Villes principales et productions. — Le Pérou n'a qu'une seuie ville de cent mille &mes, sa capitale LimOt que quelques kilomètres séparent de Callaoy son port sur le Pacifique. Pendant longtemps les métaux précieux ont fait la réputation du Pérou et la fortune des aventuriers qui les exploitaient. Aujourd'hui le grand article d'exportation, celui dont le produit doit garantir les emprunts faits pour solder des dépenses hors de proportion avec la population du pays, c'est le guano des lies Chinchas, que des Chinois embarquent non loi de Callao. Le nitrate de soude, les métaux précieux, le sucre, la laine des vigognes et des alpacas qui paissent sur les hauts plateaux des Andes et l'écorce de Quinquina alimentent aussi un commerce de quelque importance.

Bolivie. — Aspect général, — Cette contrée, dont le nom rappelle le général Bolivar, fameux dans la lutte que les colonies espagnoles soutinrent contre la métropole pour conquérir leur indépendance, s'appelle aussi haut Pérou, et, de fait, il renferme des cimes gigantesques, riUimani et le Sorata, hauts de 6 à 7000 mètres, dos plateaux trop élevés pour que l'homme ne souffre pas en y respirant, des villes comme Potosi qui sont k plus de 4000 mètres d'altitude, mais dont les métaux précieux ont fait Torigine et la fortune. C'est là que naît le Pilcomayo, un des grands afQuents du Para- ;uay, tandis qu'au nord le Béni, le Mamoré et le ruaporé qui forme actuellement la frontière entre la Bolivie et le Brésil, portent au Madeira une masse d'eau cinq fois aussi considérable que celle du Rhône. Ces rivières arrivent bientôt à des vallées fertiles et chaudes, amollissantes pour les tempéraments, quoique couvertes de forêts et hantées par des laguars et autres bètes féroces. Mais, entre elles et les plateaux glacés où la neige tourbillonne et où plane le condor prêt à fondre sar sa proie, les teiTes d'élévation moyenne, de 1500 à V500ond0()0 mètres, sont propres h produire du blé et du mais, et à nourrir des troupeaux sous un climat convenant aux Européens.

Littoral du Pacifique. — La Bolivie est presque exclusivement continentale ; cependant elle possède sur le Pacifique une petite étendue de côtes, désolée par la sécheresse, mais renfermant les riches mines d'argent de Caracoles. Situées au milieu du désert d'Atacomat non loin de la région que caractérise suffisamment son nom local de Despoblado (Dépeuplée), elles ont longtemps échappé aux avides

mineurs. Et il faut leur richesse quasi fabuleuse pour décider ceux-ci à affronter les horreurs de solitudes où tout homme égaré ne tarde pas à pé rir de faim et de soif.

Villes, — C'est, au contraire, dans le haut pays que 86 trouvent les villes principales, la Paz, la capitale actuelle, peuplée de 75 000 habitants sur le haut Béni, et Cocbabamba, peuplée de 50000 habitants, sur le haut Mamoré.

Superficie. Population. Races. — La république de Bolivie a une superficie de 1 300 000 kiiomètr«8 carrés environ, peuplés de 1 800 000 habitants, appartenant pour la plus grande part aux races indiennes des Quitchouas et des Aymaras, comme au Pérou, et des Guaranis que nous retrouverons au Paraguay.

COiill. -^ Situation et climats, — Cette contrée occupe à l'ouest des Andes une étroite bande de terres qui s'étend le long du Pacifique, depuis les environs du tropique du Capricome jusqu'au 42« degré de latitude méridionale, et une série d'Iles qui y fait suite à l'ouest du littoral de la Patagonie. Les pluies abondantes qui l'arrosent et sa latitude moyenne rendent le dimat de ce pays fort doux, et le courant froid venu du pôle, qui suit ses rivages, en abaisse la température, tout comme les neiges qui couronnent les sommets des Andes et y forment des glaciers dont le pied vieat plonger jusque dans l'Océan.

Montagnes. — C'est au sud du Chili que la Cordillère des Andes prend naissance, mais elle atteint bien vite une grande altitude, et l'Aconcasiua, qui se dresse sur la frontière du Chili et de U république Argentine, entre 32* et 33* de latitude sud. atteint presque 7000 mètres. Les volcans ne sont pas aussi nombreux dans cette région qu'en Bolivie et dans l'Equateur, cependant les tremblements de terre agitent fréquemment le Chili et y causent de terribles désastres.

Productions et villes, — Entre la grande chaîne des Andes et la côte s'élèvent des montagnes et de» collines moins élevées qui accidentent Te terrain, y diversifient les altitudes et les expositions et le rendent propre à une plus grande variété de productions. Valparaiso^ le port le plus important et la seconde ville comme population (75000 habitantsl, a reçu un nom prétentieux qui le fait comparer au paradis. On trouve des palmiers autour de Scmtiago. la capitale (115 000 habitants). Le pays produit aussi beaucoup ae céréales qui s'écoutent Jusqu'en Europe. Au-dessus de ces champs se dressent des monts revêtus de belles forêts de hêtres, puis les glaciers et les pics impropres à toute veçétation.

Mines, •— La grande richesse du Chili lui vient surtout de ses mines. C'est un des plus grands marchés du monde pour la production du cuivre. L'argent y est aussi répandu. Cet État offre un contraste frappant, sous le rapport de la tranquillité politique, avec les autres rép 1 Amérique du Sud, d'origine espagnole blent des conflits continuels.

Population. — La population, dans les veines de laquelle coulent à la fois du sang indien et du sang espagnol, dépasse 3 millions d'habitants, pour un territoire un peu plus grand que la moitié de la France. Ce pays est trop éloigné des rivages européens, et la perspective de doubler le cap Horn effraie trop de caractères timides pour que l'immigration se porte en grande masse au Chili. Mais les naissances y sont nombreuses, et la population s'y accroîtrait très-rapidement, si un grand nombre de Chiliens ne s'expatriaient chaque année pour les contrées voisines, où ils vont porter le renfort de leurs bras vigoureux et de leurs caractères laborieux.

Araucans. — Au sud du Chili, 70000 Araucans représentent les restes d'une nation qui a résisté 250 ans aux Espagnols sans, se soumettre, comme

les autres républiques de Ole, que trou-

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les Axtèqnes du Mexique ou les Qultchoaas du Pérou» mais qui s*nsent aujourd*hui par leurs limites intestines et par les progrès de la ciTitisation qui gaçne tous les Jours sur leur territoirei sans qu^ils poissent s*y plier.

Le Chili élère la prétention de posséder la Patagoaie ju$Qu*au cap Hom, oui termine rAmérique méridionale du cdté de TOcéan austral. Le seul point où il ait fait acte de soureraineté est la petite colonie de PnnU-Arenas, sur le détruit de Maoellan, canal sinueux qui conduit les navires de VOcéan Atlantique dans le Pacifique, entre le rivage PatJLgonien et celui de la Terre de Feu. Sa position maritime donne seule quelque importance à cet éublissement, autour duquel on exploite quelques mines de houille, sous un ciel froid et inhospitalier.

RépubUciiio ou ConI6d6ration Argentine. — * Situaiion^ le fleuve de la Plata. — Cet Etat occupe entre les Andes chiliennes à Touest, la Bolivie au nord, les fleuves Paraguay et Uruguay, Tocéan Atlantique à Test, et le Rio-Negro au sud, une superficie de I 600 000 kilomètres carrés, qui est presque doublée en y joignant le territoire de la Patagonie, dont il dispute la. possession au Chili. Il est formé par la réunion de 14 Etats confédérés entre eux comme ceux de TUnlon-Américaine dans r.Vmérîque septentrionale.

Le fleuve de la Plata, qui donne souvent son nom à cette contrée, en constitue le principal caractère géographique. Les montagnes du Brésil méridional y versent Y Uruguay et le Parena^ le plus considérable de tous ses affluents, qui voient tous deux leur cours brisé par des cataractes infranchissables uHdessooe de leur sortie du Brésil. LelMatto<Grosso Toit naître le Paraguay, dont les flots portent au contraire des bateaux à vapeur jusquà plus de milie lieues de l'océan Atlantique. Tous ces cours deao, qui méritent le nom de grands fleuves, reçoivent un tribut' abondant des pays fréquemment arrosés par les pluies qu'ils traversent. Des Andes, au contraire, viennent le Pilcomayo. le Yerméjo, le Salado, qui traversent des pays brûlés par un soleil ardent, dont les rayons boivent une partie de ce que fournissent les neiges des Andes.

Montagnes. — Dans la partie méridionale, les Andes sont traversées par des cols relativement bas, que franchira sans doute bientôt un chemin de fer reliant Buenos-Ayres au Chili. Plus au nord, les Andes s'étalent au contraire en de puissants massifs. Avec les montagnes isolées do Cordova, ce sont les seules hautes terres de toute la Confédération.

Plaines, pampas. — Les plaines en occupont presque toute l'étendue. Elles sont très-fertiles sur les bords des erands fleuves, et particulièrement dans la péninsule comprise entre le Parana et TUrus^uiy* dans la Mésopotamie argentine, qui peut être comparée à la Mésopotamie babylonienne pour les qualités de son sol comme pour sa situation géographique. Les plaines les plus élevées de l'intérieur, qui portent le nom de pamj'as, se recouvrent, dans tous les endroits numides, d'herbes épaisses où vivent les plus grands troupeaux du monde ; ces plaines offrent au contraire, dans les régions desséchées du sud-ouest, un aspect monotone et aride , dont la laideur s*accrolt encore à mesure qu*on approche du climat plus froid de la Patagonie.

De ce côté errent de nombreuses bandes d'Indiens insoumis, dont les chevaux rapides servent admirablement les expéditions de pillage. La Confédération a fait élever une série de forts pour les surveiller et mettre les fermes isolées à l'abri de leur» surprises.

Population^ immigi^ation européenne. — L'immigration européenne apporte coaque année un contingent considérable à la population argentine,

qui atteint av^ourd'hui 1 800 000 âmes. Les luliens, les Espagnols, les Français y arrivent en plus grand nombre que les Anglais ou les Allemands. Les terres s'offrent à eux en abondance. Le climat est assez doux pour ou'on n'ait jamais éprouvé le besoin d'introduire de noirs dans cette ancienne colonie espagnole. -

Productions. — Les troupeaux de bœufs et de moutons trouvent dans les pampas de vastes espaces qui ne sont pas encore tous occupés, et leurs laines, leurs peaux, leur suif, leur viande même forment les principaux aliments du commerce d'exportation.

Ville principale. — Buénos-AyreSy la capitale, est une superoe ville de . près de 200 000 Ames, active, commerçante, bien située sur l'estuaire de la Plata et jouissant, comme son nom l'indique, d'un climat fort sain.

Uruguay. ^ De l'autre côté de la Plata, l'Uruguay forme un bien petit Eut, de 200 000 kilomètres carrés et de 400 000 habitanU, entre le vaste empire du Brésil et la Confédération Argentine. Le premier en convoite la possession, qui étendrait ses frontières Jusqu'au grand fleuve. Mais par sa population, composée d'Espasnols ou de nouveaux immigranU européens, l'Urusuay se rapproche beaucoup plus de la Confédération Argentine. Comme dans cet Etat, c'est l'exploiution des troupeaux qui y forme la principale industrie. Le pays est du reste bien arrosé, accidenté et fertile, et la population est appelée à s'y accroître rapidement, comme elle le fait déjà dans sa capitale, Montevideo^ qui dépasse 100 000 habitants.

Paraouay. — Seul de tous les ÉtaU d'Amérique qui ne touche nuUe part à l'Océan, le Paraguay a au moins deux granos fleuves narigables, qui le mettent en communication facile avec la mer. mais n*ont pas réussi à le mettre à l'abri des armées de ses puissanu voisUis. Sa population était composée presque exclusivement de Guaranis. Cette race douce, facile à plier à la discipline, était arrivée sous la direction des Jésuites à jouir pendant le siècle dernier d'une grande prospérité dans les établissemenU qu'ils avaient (ondes entre le Parana et r Uruguay. Depuis , la jalousie des peuples voisins a détruit ces utiles fondations. La population paraguéenne, soumise à un dicuteur ambitieux, qui, après avoir soulevé contre lui les forces réunies du Brésil, de la Confédération Argentine et de l'Uruguajr, a voulu tout anéantir dans sa ruine, a été réduite au quart de ce qu'elle était avant cette guerre terrible. On n'y trouve plus

3ue 230 000 habitante, en grande partie composés e femmes ou d'enfants. Le territoire a été réduit à moins de lôO 000 kilomètres carrés. La capitale, Asuncion, ne renferme plus que 20 000 habitante. Le pays est heureusement doué par la nature. Le climat en est chaud, le sol fertile produit du maté, espèce particulière de thé, des fruits, des céréales, du Ubac. Avec quelques années de tranquillité, il pourrait redevenir peuplé et prospère.

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