ANALYSE BOTANIQUE, PHYSIOLOGIQUE
ANATOMIQUE, HÉTÉOBOLOGIQUE. — V. Botanique, Anatomie, Physiologie, Minéralogie,
ANALYSE CHIMIQUE.— Chimie, I. — La chimie est, de toutes les sciences expérimentales, celle qui donne les exemples les plus nombreux et les plus frappants d'analyse réelle (Y. Analyse dans la V* Partie), comme aussi de syntfièse réelle [Y. Synthèse chimique). Ces deux mots ont pour le chimiste un sens parfaitement déterminé. M. Ghevreul les définit par un exemple qui résume, à peu près, tous les cas possibles :
« Le peroxvde de mercure est-il chauffé convenablement; l'eau est-elle soumise à un courant électrique de manière qu'on puisse recueillir sans perte les corps qui se séparent l'un de l'autre : on fait alors Vanttlyse du peroxyde de mercure et Vanalyse de l'eau.
u Unit-on l'oxygène avec le mercure, l'oxygène avec l'hydrogène : on fait alors des synthèses.
« Enfin chauffe-t-on du sulfate de mercure avec du fer dans une cornue, on expulse le mercure, et le soufre, qui lui était uni, se porte sur le fer, de sorte qu'on a fait tout à la fois une analyse et une synthèse, en unissant le soufre avec le fer.
a Dans les deux premiers exemples, pour connaître la composition des corps, on les avait décomposés par l'analyse ; dans les deux suivants, on a confirme les résultats de l'analyse par la synthèse. Dans le dernier, on a fait concourir l'analyse et la synthèse simultanément. »
Il ressort de cotte définition que l'analyse chimique est, pour ainsi dire, toute la chimie : la synthèse en est la contre-épreuve perpétuelle. On écrirait l'histoire môme de la chimie en racontant les essais et les perfectionnements successifs de l'analyse depuis les aldiimistes Jusqu'à Lavoisier, et depuis Lavoisier Jusqu'à nos Jours. (V. Chimie).
Bornons-nous à indiquer ici les différentes espèces d'analyses chimiques. Leur caractère commun est celui-ci : Toute analyse chimique consiste à réduire un corps composé à ses éléments simples, c'est-à-dire u à isoler les uns des autres ses différents principes constituants, de manière qu'ils re-
ANALYSE
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psinissent arec les propiiétés qui les caractérisent dans leur état primitii. » (Girardin.) Mais d*abord, soÎTant la natare des corps auxquels elle s'applique, snirant le but qu'elle se propose, enfin, snifant les modes d'investigation qu'elle emploie, faoalyse chimique prend divers noms et diverses formes.
D'après son objet, l'analyse chimique peut être minérale ou organique.
D'après le but qu'on poursuit» elle peut être ffuûlitatwe on qtumtitaiive.
D'après le mode d'opération qu'on emploie, elle est dite analyse par voie sèche ou par voie humide.
I. AKALrSE SANS LA CBIMIE INORGANtQVE OV AXALTSC CBIMIOOB PROPREMENT DITK. — V deoré
icmatyse : Détermination de la nature dun <orpi à taide de riandip. — La première opération, quand il s*açit d'analyser un corps dont on ignore la composition, c'est de cherchera déterminer les caractères distinctifs de ce corps, d'une manière de plus en plus précise. Pour y parvenir, l'analyse emploie d'abord les réactifs.
Ce sont les substances chimiques qui ont la propriété de provoquer^ au contact d'un autre rcrps^ certains phénomènes ou réactions caractéristiques. Os révèlent, en quelque sorte, la présence de tel oa tel corps.
Ine première indication permet de dire déjà à qaeUe |nnde classe appartient le corps en question; circonscrivant de plus en plus l'examen, on emploie d'entrés réactifs pour déterminer la subdiTiskm de eette classe à laquelle il se rattache, et ainsi, orogreseivement, on arrive à en déterminer 1« éloieote constitutifs eui-mêmes.
Ainsi, on me présente un liquide : Je saurai immédiitement si c'est un acide, une base ou un corps neutre : dans le premier cas, il rougira la teinture bleue de tournesol ; dans le second, il la ramèiera au bleu après qu'elle aura été rougie par nn adde ; dans le troisième, son action sera nulle. Yoilà nn commencement d'analyse; la teinture de {onmesol est un réactif suffisant pour cette première détermination.
Je suppose ^ae eette première expérience m'ait appris que J'ai sous les yeux un acide : je veux saToir en outre quel est cet acide; pour y parvenir, il faudra employer un réactif spécial qui mette en éTidence une propriété caractéristique, propre i ne faire reccmnaltre un acide à l'exclusion de toat autre. Si cet adde attaque vivement le enivre, on saura aussitôt que c'est de l'eau-forte (acide azotique) ; s'il dissout l'or, c'est l'eau-régale (mélange d'acides azotique et chloriiydriqueT; s'il atuqtie le verre, «'est de l'adde fluorhydnque, etc. Ooand il a ainsi découvert, à l'aide d'un réactif y la natare d'un corps, le chimiste cherche un agent capable d'en Caire la décomposition effective. Le réactif a fait apparaître un ou plusieurs des éléments dont il se compose ; l'agent d'analyse va les séparer.
Void deux exemples qui expliquent avec précision eette différence des réactifs et des agents iGirardin, Chimie générale, pour Venseionement fpécial et professionnel, notions préliminaires) :
« Si Je veux m'assurer qu'un liquide renferme a« ^argent. J'y verse quelques gouttes d'eat* salée, pute que la sdence m'apprend que l'un des canctères distinctifs de l'argent est de former avec cette eau des emmeaux blancs, abondants, qne Yalcali volatil fait ensuite complètement disparaître. Comme il n'y a que l'argent qui présente wi pareil phénomène, et que celui-ci est mis en eîiaence par l'eau salée et l'alcali volatil, je dis <|tte en deux substances sont des réactifs de l'argent Si, an lieu d eau salée. Je plongeais dans le proposé liquide d'argent une lame de cuivre, J'o- Pérenis la séparation complète de l'argent, qui se
déposerait alors sur la lame, sous îa forme de petits cristaux pulvérulents, blancs ot brillants. Dans ce cas, la lame de cuivre n'est plus un réactif, mais un agent d'analyse^
» De môme encore, lorsque je veux savoir si un liquide renferme du cuivre on dissolution, j'ai recours à une matière que le commerce nous fournit sous le nom de prussiate de potasse, parce que la science a découvert que, de tous les métaux, le cuivre est le seul qui, avec cette matière dissoute dans Teau, donne lieu à la production d'une poudre floconneuse d'un rouge cramoisi. — Le prussiate de potasse est donc le réactif du cuivre. — Et si maintenant, après avoir mis en évidence la présence du cuivre dans une liqueur ouelconque, je veux isoler complètement le métal et l'avoir avec ses caractères propres. Je plonge et je maintiens, pendant un temps suffisant, une lame de fer bien polie dans cette liqueur, parce que, sous l'hifluence de cet agent, tout le cuivre Se dépose en paillettes rouges et brillantes sur le fer; il n'en reste plus un atome dans la liqueur après quelque temps. »
Ainsi encore, la chaletur, qui est un des principaux agents d'analyse, n'est pas un réactif. L'cLeotricité est un autre puissant aoent d'analyse et de synthèse : témoin les merveilleux résultats de reudiomètre.
Tous les corps ont ainsi leurs réactifs propres. Nous indiquons les principaux d'entre ciixdans les articles spéciaux consacrés à chaqne corps ; nous n'avons ici qu'à montrer leur rôle au début de l'analyse chimique.
$• degré : Analyse qualitative. — C'est celle qui fait seulement reconnaître la qualité, c'est-à dire la nature des éléments qui constituent un corps, sans évaluation des proportions. On ne demande aux réactifs et aux agents employés dans ce cas que d'accuser les plus légères traces de chacun des corps simples qui peuvent entrer dans le cornpo«5é qu'on étudie. Ainsi le ferrocyanure de potassium permettra de voir à l'instant même si une liqueur contient du fer ou du cuivre, en si faible proportion qu'ils s'y trouvent, mais il ne permettrait pas de dire quelle est cette proportion.
3* degré : Analyse quantitative. — Celle-ci au contraire a pour but de doser, de mesurer la quantité de chaque corps simple que contient un corps composé. Il est évident qu'elle est infiniment plus délicate et demande des procédés très-complexes, très-précis, des opérations tout à fait techniques et dont l'exposé dépasserait le cadre de l'enseignement élémentaire.
L'analyse quantitative peut porter sur les volumes ou sur les poids. Ainsi la composition de l'air peut être énoncée ainsi :
Oxygène .
Azote . • . .
(nv roiDs) 23,13 76,87
(kn toluvb) 20,93 79,07
Analyse par voie sèche et par voie humide. — L'analyse par voie humide est celle qui emploie principalement les réactifs liquides, les dissolutions alcalines, acides et salines. L'analyse par vote sèche emploie les réactifs à l'état sec (solide ou gazeux); elle nécessite ordinairement l'action de la chaleur.
D'une manière générale, c'est un procédé essentiel de l'analyse de séparer les divers éléments d'un corps en les faisant passer à deux états différents, l'un liquide, par exemple, l'autre solide ou gazeux. L'art du chimiste consiste à trouver un réactif qui, agissant différemment sur les différents éléments, solidifie ou vaporise l'un, tandis qu'il laissera l'autre liquide ou vice versa.