X..., N..., etc
Nom» communs.
hommes, femmes, enfants, chiens, chats, perroquets.
Ileuves, ritières, ruisseaux, soldats, capitaines, colonels, etc.
enfants, élèves, garçons, filles, laboureurs, marchands, citoyens.
Ordre de V Abstrait (qualités).
Adjeetif» et verbesm kkne, nmgc. pâle, éclatant, md, large, long, épais. '
aoSde. dur, mou, Cragile.
ban, charitable, courageux, pieux, sincère.
r, snater, danser.
échanger,
|cr, rendre, acheter, gagner, perdre.
, hnir, désirer, admirer, espérer,
regnnler, écouter, traTailler, lire, Inpfcr, crier, parler, partir, arriver.
Noms abitrait».
blancheur, rongeur, pAleur, éclat, rotondité, longueur, largeur, épaisseur, solidité, dureté, mollesse, fragilité, bonté, charité, courage, piété, sincérité.
course, marche, saut, danse.
labourage, semailles, moisson.
échange, achat, vente, gain, perte.
amour, amitié, haine, désir, admiration,
espérance, crainte, tact, regard, ouïe, travail, lecture, coup,
cri, parole, départ, arrivée.
3« Diana.
Noms eoUeetifê.
humanité, règne animal, réseau fluvial, régiment, armée, classe, école, peuple.
Terme» giniratuc, couleur
surface, volume, étendue, consistance, vertu.
mouvement, agriculture.
sentiment, émotion, passion, action.
Comme il est facile de lo voir par cet aperçu, de même que tous les sabstantifs n'ont pas la même extension, toutes les idées abstraites ne sont pas énlement abstraites. Avoir l'idée d'une chose UancMe ou rouge, c*est un commencement d* abstraction ; coneevoir Tidée de blancheur ou de roupeter, c*est une abstraction plus forte, déjà plus éloignée de ce qui tombe immédiatement sous les sens ; oonceroir enfin Tidée tout à fait générale de eadtwr^ c'est Tabstraction consommée : Vidée générale est, dans Tordre des aualjtés, l'équivalent du nom colUvtif dans Tordre des substances.
Cest à cette marcbe progressive dans Tabstractîên que correspond exactement^ en pédagogie, la marche progressive que nous indiquons pour l'édncation intellectaeUe (Y. Abstraction dans la I^Pabtie). ,. ^
ACADEMIE FBV^ÇAISE. — Littérature francise, DL ; Histoire de France, XXIV. — « Les Académies, dit Voluire dans son Dictionnaire philosophifuti sont aux anciennes universités ce que Tàge mûr est h Tenfance, ce que Tart de bien parler est à la grammaire, ce que la politesse est aux premières leçons de cÎTillté... Telle eêiVAeadémie française.*
Il avait existé chez nous, à diverses reprises et sous direrses formes, des sociétés littéraires, dont quelques-unes avaient porté le nom déjà ancien d'académie (Y. I** Partie). La plus célèbre avait été la Pléiade, fondée par Ronsard et Baif.
Origine de V Académie française. — En 1630, un conseiller secrétaire du roi, Valentin Conrart, réunit chez loi un petit groupe d'hommes instruits et amis des lettre», parmi lesquels Tabbé de Boisrobert. Celui- et eut Toccasion de parler des travaux de la société au cardinal de Richelieu. Frappé immédiatement des services eue pourraient rendre aux lettres françaises ces études en commun poursuiries par de bons esprits, le cardinal fit offrir par B^srubert à U société naissante sa protection. Le
13 mars 1634, la docte compagnie rédigea ses statuts, que Richelieu et approuva; le 3 janvier 1635, elle fut constituée sous le nom à'Acndémie française par lettres patentes du roi ; elle réunit bientôt les 40 membres dont elle devait se composer.
Critique du Cid. — L'Académie dut reconnaître presQue aussitôt après sa fondation que la protection d'un maître aussi absolu aue le cardinal no lui laissait pas toute son indépendance. Richelieu, qui avait la faiblesse d'être jaloux de Corneille, demanda à TAcadémie de se prononcer contre le Cid.
Les académiciens ne partageaient pas, semble-t-il,. les préventions du cardinal; ils mirent plusieurs mois à le satisfaire ; un d'entre eux, poète alors célèbre et dont Boileau s'est souvent moqué, Cha-
ftelain, auteur de la Pucelle^ fut chargé de rédiger es Sentiments del Académie sur le Cicf (1637).C'était une critique minutieuse de ce chef-d'œuvre; Richelieu la trouva trop indulgente, le public infiniment trop sévère.
Travaux de l'Académie: Dictionnaire. — Malgré ce début malheureux, TAcadémie ne tarda pas à faire reconnaître Futilité et l'importance de ses travaux. Dès 1638, elle s'occupait, sur le plan projeté par Chapelain, du Dictionnaire de la fangue française. Cest Vaugelas qui fut chargé de sa rédaction, travail pour lequel Richelieu Ifii avait assigné uno pension de 20oO livres. La 1^* édition parut en 1694. L'Académie avait, on le voit, travaillé assez lentement, et Ton excuse les épigrammes que cette lenteur lui valut.
On sait qu'un des membres de TAcadémie, Furetière, entreprit de faire à lui seul un Dictionnaire. L'assemblée indignée raya de la liste de ses membres un collègue qu'elle accusait d'indélicatesse.
L'œuvre de Furetière, qui n'est pas sans mérite, ne parut que deux ans après la mort de son auteur, en 1690, mais quatre ans avant lo Dictionnaire dd TAcadémie, qui ne Teffaça pas complètement.
AGADÉMIK
ACCENTUATION
La deuxième édition du Dictionnaire de l'Académie parut en 1717, la troisième en 1740; la quatrième, « la seule importante pour Thistoire de notre langue, » dit Yillemain, publiée sous la direction de Duclos, parut en 1726, la cinquième en 1798, la sixième, précédée d'un discours de Villemain, en 1835. Une septième édition, confiée à M. Sylvestre de Sacy, a paru en 1877.
Outre ce dictionnaire qui, remanié, corrigé, rendu plus parfait à chaque nouvelle édition, fait aujourd'hui autorité, TAcadémie s'était proposé de publier une grammaire, une rhétorique et une poétique.
Le Traité de la grammaire française fut seul publié (1707) ; la rédaction en avait été confiée à Régnier-Desmarais.
L'Académie a depuis 1858 entrepris un Dictionnaire historique de la langue française, dont deux fascicules ont paru.
Discours de réception, — C'est de 1660 que date l'usage des discours de réception. Pendant longtemps il fut de règle de faire entrer dans ces discours réloge de Richelieu, fondateur de l'Académie, du chancelier Seguier, son second protecteur, et de Louis XIV, ce qui imposait à l'orateur un cadre et des développements ae convention . Voltaire contribua par ses Justes railleries à faire abandonner cette étiquette ; aujourd'hui le discours du récipiendaire se borne h l'éloge de son prédécesseur et à une sorte d'étude littéraire sur le genre où il a excellé.
Concours et prix, — Un des principaux services (^ue rend l'Académie française à notre littérature nationale est de récompenser et en quelque mesure de diriger les efforts des écrivains qu'elle Juge dignes d'encouragement et qu'elle croit devohr recommander à l'opinion publique.
C'est à l'un de nos premiers écrivains du xyii* siècle, Jean-Louis de Balzac, que revient l'idée, bl&mée f>ar les uns, approuvée par les autres, de couronner es meilleurs ouvrages littéraires. Il fonda en 1654 un prix d'éloquence religieuse. Pellisson créa plus tard un prix biennal de poésie ; d'autres suivirent. Mais le plus généreux des donateurs fut Montyon *,
3ui légua à l'Académie une somme de 600 000 francs ont le revenu devait être partagé chaque année entre l'auteur d'un « ouvrage dont il pourrait résulter un plus grand bien pour la société » et « un Français pauvre qui se serait fait remarquer par un acte de vertu ». C'est le plus populaire des prix que l'Académie décerne dans la séance annuelle du •2b août.
Aujourd'hui et grâce à de nouvelles et nombreuses libéralités, l'Académie décerne une vingtaine de prix dont voici la liste :
rRIX AIVIfCBLS.
1« Prix d'élognenee sur un sujet donné;
2* A. un ouvrage utile aux moeurs (prix Monty<Mi) ;
3* Prix de Tertu, 1000 Tr. (prix Moatyon);
4* Prix de vertu, do déTouemcnt, ete. (prix Souriau);
5* Prix de vertu, 6 médailles de 600 fr. (prix Marie Lasne);
6* Actes de courage ou de dévouement, iOOO fr.. (fondation Gemond) ;
7* Au morceau le plus éloquent sur l'histoire de France (prix Gobcrt) ;
8« Pour le meilleur ouvrage historique publié dans l'année précédente (prix Thérouane) ;
9» Prix Marcelin Guerin (5000 fr.), ouvrage propre à élever les idées, les mœurs, les caractères;
!0« Prix Archon-Uospérouses (4000 fr.), affecté aux ouvrage de philologie française ;
It* Prix Maillé-Latour-Lanary pour encourager un écrivain à suivre la carrière des lettres.
12* Prix de vertu, 350 fr. (prix Laussat).
PRIX BIiniTACrX.
!• Prix de Jouy (1500 fr.]. ouvrage ayant pour objet l'étude des mœurs actuelles de la France ;
2« Prix Mombine (3000 fr.), récompense d'un acte de probité, ou pour venir en aide à des personnes ayant suivi la carrière des lettres ou de l'enseignement.
raiX TKlBlfHADX.
!• Plnsieart prix de verta (fondation Honoré de Sussy, legs de 200 000 fr.) ;
2* Prix Thiera |>oar renconraffement de la littérature et des travaux historiques (3000 fr.) ;
3* Prix Guizot (3000 fr.), un ouTrage historique publié daos les trois années précédentes ;
4* Prix Jules Janin (3000 fr.), tradnction d'un ouvrag» latin.
raix QviirQoninfAi..
prix. Botta (revenu), ouvrage publié dans les cinq années précédentes sur la condition des femmes.
Organisation de l'Académie. — L'Académie procède au remplacement de ses membres par un scrutin secret. Elle a un secrétaire élu à vie qui porte le nom de secrétaire perpétuel (cette fonction a été remplie au xvni* siècle par Duclos, D' Alembert, Marmontel ; dans celui-ci par Suard, Raynouard, Auger, Andiieux, Amault, Villemain, Patin ; elle l'est depuis 1877 par M. Camille Doucet).
Un moment supprimée sous la Rérolution, l'Académie française nut partie depuis 1803 de l'Institut. Le dernier acte d'intervention et de pression de la part du gouvernement qu'elle ait eu à subir fut une ordonnance du 31 mars 1816 qui, en lui rendant son ancien nom, éliminait quinze de ses membres et lui imposait neuf académiciens choisis par le roi. Depuis lors, l'illustre assemblée a conservé sans atteinte ses privilèges et son indépendance du pouvoir, condition de son prestige littéraire.
Influence de VAbadémie, — Quelques critiques qu'elle se soit attirées, nul ne peut méconnaître la haute influence qu'a exercée 1 Académie sur l'esprit français, le grand nombre d'illustrations diverses qu'elle a contenues dans son sein, les heureux effets de la tradition qu'elle s'est efforcée de créer et de maintenir dans la langue et dans la littérature, les utiles encouragements qu'elle a prodigués aux ouvrages sérieux.
On a néanmoins répété souvent avec amertume que si l'on faisait la liste des écrivains de premier mérite qui n'ont pas fait partie de l'Académie, l'histoire de ce 41' fauteuil éclipserait sans peine Téclat de la plupart des 40.
Au xvn* siècle, Descartes, Pascal et Molière, pour ne citer que les plus grands ; au xyiii», J.-J. Rousseau, Diderot, Beaumarchais ; au xix% Paul-Louis Courier, Balzac, Lamennais, Béranger, Michelet ne furent pas de l'Académie.
Voici à titre de curiosité la liste des 40 académiciens qui siégeaient en 1877 sous la coupole du palais Mazarin, dans l'ordre et avec la date de leur élection :
Thiers (1833) ; — Mignet (1836) ; — Victor Hugo (184») ; -- Noailles (1H49} ; — Désiré Nisard (1850);
— Dupanloup (1854) ; — Sylvestre de Sacy (1854; ; — Legouvé (18o5) ; — Falloux (1856) ; — • Emile Augier (1857) ;— Laprade(1858); — Sandeau (1858); —duc de Broglie (1862); — Feuillet (1862); — Dufaure (1863) ; — Doucet (1865) ;—Cuvillier-FleuryC 1866) ;
- Jules Favre (1867) ; — Autran (1868) ;— Claude Bernard (1868) ; — Haussonvillo (1869) ; — Champagny ( 1 869) ; — Barbier (1869) ; - OlUvier ( 1 870) ; - Marmier (1870) ; — Duvergier de Hauranne (1870) ; — duc d'Aumale (1871) ; — Littré (1871); — • Camille Rousset (1871); — Loménie (1871); — Saint-René Taillandier (1873) ; — Viel-Castel (1873) ; — Mézières (1874); — Alexandre Dumas fils (1874) ; — Caro (1874); — John Lemoinne (1875) ; — J. B. Dumas '1875); — Jules Simon (1875); — Charles Blanc (1876) ; — Boissier (1876) ; — V. Sardou (1877). •
[Ch. F. Durand.] Pour les autres Académies, V. dans la I" Partie le mot Institut et l'article relatif à V Académie des sciences morales et politiques,
ACCENTUATION. — Grammaire, VI. - L'accentuation est la manière d'employer les accents. Vaccent (du latin accentus, intonation) est proprement l'élévation de la voix sur une syllabe ou
ACCENTUATION
ACCENTUATION
ssr on mot. Pmr une confusion regrettable, nons tppekms aussi accents quelques signes orthograpèiqoes qui chex les Grecs servaient bien à marquer réléTstlon de la voix sur une syllabe » mais qoi chez nous ne senrent qu'à modifier le son des
Tlies.
y a trois sortes d'accents : Taccent tonioue, rtccent grammatical, Tacoent oratoire. Nous allons les passer en rerue, et nous ajouterons quelques B9&S sur YBcemit provinciai, qui n'est pas une quatrième sorte d*accent, mais une modification le plus siRiTeQt incorrecte apportée aux trois autres par d«$ particularités de prononciation et d'intonation propres à chaque contrée.