I. L'anatomie humaine, appelée aussi Anthropo' tomie
II. L'anatomie des animaux ou Zootomiet taot qui signifie dissection des animaux.
ANATOMIE
ANATOMIE
Ces deux, sortes d*tnatomie, loraqu il ne s'agit que de Tbonime et des autres vertébrés , se divisent en plasieura chapitres, consacrés chacun à I étude d*ttn appareil spécial et dont Yoici l'énumêration :
1* Ucqçipareil locomoteur, qui est composé de deux sortes d*organes, les uns passifs, les os, les antres actifs, les inusc/es.L*ensemble des os forme le squelette, c*estrèrdire la charpente solide qui soutient les différentes parties du corps; leur étude constitue ce que Tgn appelle Vostéotogie (du grec o^teon, os). Mais le squelette n'est pas toujours osseux dans la série des vertébrés ; d*abord fibreux duis l'embryon, il devient ensuite cartilagineux, et il peat même conserver Tun de ces deux derniers états pendant toute la durée de l'existence de l'animal, comme cela se voit chex les derniers de tous les poissons.
^ 1/appareil digestif, plus ou moins compliqué dans la série des vertébrés, mais dans lequel on distingae le plus souvent un orifice antérieur précédant one cavité munie presque toujours d*organes destinés à triturer les aliments, les dents, cavité bientAt suivie d'un tube membraneux servant à conduire les substances ingérées dans l'estomac, d*où Us passent ensuite dans Tintestin grêle, puis dans le gros intestin^ pour être enfin rejetés au dehors par on orifice situé à la partie postérieure du corps.
A ces différentes parties du tube digestif quT ccmstitueni autant d'organes ou de réunions d'organes, s*en trouvent annexés d'autres, les uns trèsvolumineux, les autres infiniment petits, que l'on DOdiae glandes: ils sont destinés à agir par leurs sécrétions sur les principes susceptibles d'être assimilés; les plus importants de ces organes sont les glandes sallvaires, le foie, le pancréas, etc.
Cet appareil digestif, très-compliqué chez les iEîisaux Tertébrés, se dégrade à mesure que nous descendons les différents degrés de l'animalité et finit dans les derniers termes de la série par n'être plus représenté que par une rentrée de la peau, sorte deporïie revêtue d'épithélium, comme cela se voit ches les hydres ou ches d'autres animaux encore moins élevés en organisation.
S* V appareil circulatoire» Cet appareil se compose chez les animaux vertébrés d un organe central, le cœur, destiné à mettre le sang en mouvement. U est en communication avec deux ordres de vaisseaux : 1* les orfèref, destinées à conduire le sang chassé par lui vers les différents points de l'économie; 2* les veines, qui doivent reprendre ce sang dans les divers organes pour le ramener ensuite au coeur. Ces deux sortes de vaisseaux sont reliés entre eux par d'autres vaisseaux d'un calibre infiniment petit, les capillaires, qui ne sont à proprement parler que leurs parties les plus extrêmes.
A cêté de ce système de vaisseaux destinés & la circulstion du sang, se trouve le système des oaû- Houx lymphatiques et chgU/ires où circulent le chyle et Is lymphe.
4* Vappareil respiratoire. Cet appareil se compose ches rbomme et les autres vertébrés des trois premières classes, c*e8t>à-dire chez les mammifères, les oiseaux et les reptiles, de deux organes plus ou moins symétriques appelés poumons, qui conmiuniqucnt avec l'air extérieur par la trachéeartère. Chez les batraciens, les poumons existent aussi, mais SI peut y avoir, en outre, chez ces animaux un autre système d'organes, les branchies, qui sont placées do chaque cêté de la gorge, organes que l'on retrouve encore avec certaines modifications de formes chez les poissons, qui peuvent aussi avoir, mais par exception seulement, une sorte de poumon.
Chez les animaux invertébrés, l'appareil de la respiration subit de grandes modifications : nous le
voyons consister tantôt en trachées, sortes de tubes portant l'air dans tous les points du corps, comme cela se voit chez les insectes, tantOt en faux poumons^ par exemple choi les mollusques et cer* talnes arachnides. Plus bas dans l'échelle animale, nous trouvons encore des branchies, comme chez les mollusques et les crustacés, mais ellos ne rappellent en rien celles des batraciens et des poissons; enfin nous ne voyons plus d'appareil spécial de la respiration chez les animaux tout à fait inférieurs, où cette fonction ne s'exécute que par la muqueuse qui recouvre lo corps.
5" Vappareil urinaire. Cet appareil a pour organe essentiel le rein.
L'étude des quatre appareils digestif, circulatoire, respiratoire et urinaire, constitue ce que l'on appelle la splanchnologie, c'est-à-dire l'histoire des viscères.
6" Vappareil nerveux est constitué par deux sortes de systèmes ayant ensemble do fréquentes anastomoses, l'un appelé système de la vie de relation, l'autre dit de la vie de nutrition. Ces deux systèmes sont en rapport avec un organe central, le cerveau; ils sont tous deux composés de masses nerveuses, appelées ganglions, et de nerf^, sortes de cordons conducteurs mettant les organes en rapport avec ces ganglions, ces ganglions en rapport entre eux, puis avec le cerveau, qui centralise et iiiyterprète toutes les sensations, qu'elles soient générales ou spéciales.
Le système nerveux de la vie de nutrition a reçu le nom de système nerveux sympathique.
L'étude de l'ensemble de l'appareil nerveux a reçu le nom de névrologie.
Citons encore les appareils sensoriaux de l'olfaction, de la vue, de 1 ouie, du goût, du toucher, que l'on désigne souvent sous le nom d'organes des sens et qui seront décrits dans des articles spé* ciaux.
111. Vanatomie comparée, qui étudie les modifications do forme, de structure, etc., que chaque appareil subit dans la série animale suivant l'àgo de ces êtres, leur sexe et les espèces auxquelles ils appartiennent.
Vicq d'Azyr a vu qu'il y avait deux manières de faire cette anatomie : 1* en recherchant dans les différentes espèces animales les organes correspondants, ce qui constitue la recherche des analogues qui a si longtemps préoccupé Geoffroy Saint-Hilaire ; 2' en établissant pour un même animal les différentes sortes d'organes dont il est constitué, de manière à ramener ces derniers à un petit nombre de types homologues dont les modifications sont une des principales causes de la diversité des organismes : c'est la recherche des homologues,
L'anatomie comparée embrasse donc non«fleulement l'étude des animaux arrivés à l'état adulte, mais encore celle de la formation et du développement de leurs organes à partir de l'état embryonnaire, c'est-&-dire leur embryogénie.
L'étude de la structure de ces organes s'appelle histologie, histoire des tissus, science qui a fait en quelques années de très-rapides progrès.
Elle comprend aussi la paléontologie, qui est la détermination des espèces aujourd'hui éteintes qui ont peuplé le globe avant la période géologique actuelle; la tératologie, ou Thistoire des monstruosités; enfin Vaiuitomie philosophique, qui résume les différentes branches que nous venons d'énumèrer, cherche à expliquer les lois qui régissent l'organisme de l'homme et des animaux, leur variabilité, leur orisine, leur durée, et indique les principales conditions de leur existence.
Nous n'insisterons pas davantage sur les lions qui rattachent les unes aux autres ces différenies parties de l'an&tomie ; les remarques précédentes nous montrent assez combien l'étuoe de cette
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«e!(>nce est intimement unie à tontes celles dont Tensemblo constitue ce que Ton appelle la 6to/ogiCf c'est-à-dire de la science de la Tie ou Fétude des ôtres vivants.
Nous sortirions aussi des limites que nous nous sommes imposées, si nous voulions rappeler les services importants que les études anatomiques rendent tous les Jours à la chirurgioi à la médecine pratique, à la médecine légale, à Tart vétérinaii*e, aux beaux-arts, etc. [H. Gervais.]
ANE. — Agriculture, XIV. — {Èlym, : du vieax français asne^ du latin asxnus; en grec onos,) — L'âno appartient à l'ordre des Jumentés *, mammifères ongulés, caractérisés par un régime herbi Tore, non ruminants, pourvus de dents de trois sortes (incisives, canines et molaires). Il se rat- Uche, avec le zèbre, ie daw, ronagre, etc., à la famille des Éguidés, ayant pour type le cheval; famille qui se distingue, en outre du port général, à la forme du pied, terminé par un sabot ou ongle unique. Le genre Ane forme un groupe important de cette famille, et contient plusieurs espèces, sous-espèces et variétés.
L*âne nous est venu d'Orient. Les naturalistes rattachent son origine à deux sous-espèces distinctes, dont Tune vit encore à l'état sauvage en Asie; l'autre a l'Afrique pour patrie ; des sous-espèces ou variétés voisines se sont aussi mêlées par des croisements multipliés. L'une des souches principales, Vonagre, ou &ne sauvage (du grec onos, âne, a^riof, sauvage), habite depuis des temps immémoriaux l'Asie Mineure, la Perse, la Syrie et l'Arabie. Les onagres vont par troupes de quinse ou vingt, femelles et jeunes, sous la conduite d'un mâle adulte. Parfois des bandes distinctes se réunissent, pour former des multitudes innombrables, émigrant k travers les grands steppes. — Un peu plus grand )ue notre type vulgaire, l'âne sauvage asiatique a le port plus élégant, les membres plus fins, l'encolure plus souple et plus fière ; sa tète est osseuse, ses oreilles plus courtes. Sa robe, d'un gris isabello, blanche sous le ventre, est variée d'une double raie blanche le long de l'épine dorsale, croisée d'une raie transversale, blanche aussi, descendant sur les flancs. En somme, c'est un assez
ioli animal, plein de vivacité, léger, d'une rapidité i la course incroyable, d'un naturel craintif, défiant, capricieux et farouche, non sans malice, très difficile à dompter. La part faite aux différences ci-dessus indiquées, il répond au type de l'âne domestique : mais il ne porte pas sur le dos la croix légendaire; et, notes ceci, il fait fi des chardons 1
L'autre variété est plus rustique, et Je lui accorderais volontiers la prépondérance dans la constitution de nos races domestiques. L'âne sauvage africain a le pelage plus erossier que son frère d'Asie ; il porte très prononcée la croix dorsale caractéristique, ses pattes sont marquées de raies plus on moins nettes, rappelant la rayure du zèbre et du daw, A l'état sauvage, il habite à l'orient du Nil, vers la mer Rouge ; ses mœurs sont celles de Tonagre.
A côté de ceux-ci U faut citer enfin Vhémione, espèce bien distincte, de taille plus grande, plus fine de tète et plus élégante de membrure, se rapprochant davantage des formes du cheval. L'/«rfrnione (du grec hémi-onot^ demi-âne) vit à l'état de liberté dans llnde et en Mongolie; ses habitudes sont les mêmes que celles des autres espèces du genre; plus sauvage encore et plus rétif s'il est possible, on l'apprivoise à grand'peine, et surtout il est très difficile de le dresser au travail. Ces obstacles disparaissent après une ou deux générations de domesticité.
La domestication de l'âne en Orient remonte à Ja plus haute anticjuité. Les livres sacrés des vieux liiuduus, les inscriptions hîf^roglyphiques des an-
ciens Égyptiens, nous transmettent ses chartes de servitude; la Bible aussi fait mendon de cet animal. La race domestique eut pour origine, en AsiOy des ona;gre8 appnvoisés, plus on moins croisés d'hémioiies; et depuis les temps historiques, l'habitude s'est conservée dans l'Inde et dans la Perse de capturer et de dompter des ânes sauvages appartenant à ces deux espèces, pour les soumettre au travail, et surtout pour les réserver au rôle de reproducteurs, dans le but de relever sans cesse, par ces croisements, la race domestique, oui tend à déchoir. Ainsi agirent les Égyptiens 4 l'égard de l'âne sauvage africain. L'âne fut toujours tenu en haute estime chez les Orientaux, chez les peuples sémitiques notamment. Le fringant, le belliqueux et coûteux cheval convenait au guerrier ; sobre, tranquille et de petite dépense, l'âne, nullement mépriM ni vil, était la modeste monture des hommes pacifiques. Tout le monde connaît cette belle légende de l'entrée de Jésus à Jérusalem sur une ânesse « comme un roi pacifique, » dit le texte; et la naive imagination populaire a rattaché à cette circonstance la croix dorsale que notre âne d'Europe porte sur ses épaules, signe de sa descendance africaine.
Aujourd'hui encore, dans tout l'Orient, grâce aux croisements avec les individus pris à l'état sauvage, qui infusent un nouveau sang à la race, grâce aux bons soins, à l'importance qu'on attache au choix des reproducteurs, grâce surtout au climat qui est son climat natal, l'âne domestique a conservé beaucoup de ses qualités originelles. On ne dirait pas que ce lût le même animal que nous voyons chez nous, abêU et dégradé. En Perse notamment^ les beaux échantillons de la race sont fort recherchés, et se vendent très-cher, a Anes d'Arabie, dit le voyageur Chardin, jolies bêtes, poil fin et luisant, tête haute, pied léger. » Les ânes du Caire sont renommés pour leur vigueur et leur agilité. On sait avec quels soins les Orientaux élèvent leurs bêtes ; ils en sont récompensés, ainsi qu'il est Juste : ils ont les premiers chevaux et les plus beaux ânes du monde.
L'âne a dû passer en Europe à une époque extrêmement recalée, et se répandre, à demi-sauvage, dans les contrées méditerranéennes. D'autre part, les ânes domestiques ont été introduits en Grèce, et propagés dans tout l'Occident. Mais en Europe, la race a déchu profondément. Faute de croisements renouvelés avec les races libres, à force de négligence aussi et de mauvais traitements, le pauvre serviteur du paysan est tombé dans la dégénérescence et l'abjection. Mauvaise nourriture, abri insuffisant, surcharge, coups, absence de tout soin hygiénique, c*éUit assez pour abâtardir l'espèce ; mais la part, la grande part est à faire au climat dans les causes de décadence. Ces beaux ânes du Caire, dont nous parlions tout à l'heure, il ne faudrait pas croire que l'ânier leur épargne le bâton; pourtant la race se soutient. Dans le midi de l'Europe, en Grèce, en Sicile, en Espagne, dans nos départements méridionaux où ils ne sont pas mieux traités qu'ailleurs, ils ont beaucoup moins dégénéré que dans le Nord. Originaire des régions chaudes et sèches, cet animal supporte mal le froid et l'humidité ; dans nos climats brumeux sa vitalité se déprime; il perd tout feu, toute ardeur. On pourrait cependant relever la race et la maintenir à ui> bon niveau par des soins intelligents et uo choix convenable cie reproducteurs.
Faisons maintenant le portrait de notre moderne Aliboron.
Anatomiquement, l'âne diffère très-peu du cheval, type supérieur de la famille des Eguidés. Les mêmes mots sont consacrés à désigner les parties correspondantes du corps chez l'un et l'autre animal. Mais les formes de l'âne n'ont ni la même grâce, ni la mémo uobk'fso. L'âne est
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de uUIa plus petite; il a la tète plas grosse à proportion, osseuse da front; les naseaux plus cioms, la bouche plus molle, les lèvres an peu pendantes. Uespèce est caractérisée par une oneue plos longue que celle du choTal, fournie de longs oint vers Textrémlté, mais ne formant pas le beau panache touffu et flottant qui ajoute à la beauté du cheval. Sa crinière, formée de poils plus eoors et plus roides, au lieu de retomber ondoyante, se dresse hérissée, en bnmssaiUe, sur le sommet de la tète, et Tencolure se prolonge sur le dos par une raie de poils, croisée d*une raie semblable transversale sur les épaules : c'est ce qo on appelle la croix dorsaiCy plus ou moins marquée suivant les variétés, ordinairement plus apparente chez les mâles.
L'espèce se distingue surtout par ses oreilles longues, très mobiles, qui se portent tantôt en avant, tantôt en arrière, dressées ou humblement feadantes, — ces fameuses « longues oreilles », point de mire d'interminables quolibets. L*oreille externe, très développée et mobile, est un caractère qui appartient en général à des animaux timides et défiants ; c'est un signe de vigilance inquiète et non pas de stupidité, bien au contraire. Aussi l'àne, médiocrement doué sous le rapport du goût et du tact, a-t-il l'ouïe très fine, — je ne dis pas très musicale. L'Ane a le poil plus long généralement, et moins lustré que celui du cheval ; ainsi Qu'il arrive d* ordinaire aux espèces réduites en domesticité, les teintes de sa robe, sous la domination de l'homme, sont plus variées que chez les nces sauvages : le gris, le gris fauve, le gris brun sont les couleurs dominantes ; mais il y a des ânes blancs, brun foncé, d'autres brun-rouce, — ces ânes rouges qui ont la réputation, — méritée, je ne sais, — d^ôtre plus têtus que les autres.
Cet humble aniinal a de rustiques et solides qualités, dont on devrait lui tenir meilleur compte. Au point de vue de l'utilité, des services rendus, il ^e le cède à aucun autre serviteur de l'homme, pas môme au noble cheval. Si le rôle brillant est pour le premier, lui, il a en partage les travaux obscurs, pour lesquels il semble fait. Élevé avec quelques soins, non abruti par les conps ni brisé par des charges exorbitantes, l'iiie a le jarret souple, le pied sûr et ferme ; il tire avec rapidité une légère voiture, il porte assez lestement un cavalier qui parait lourd pour la taille de la monture. Si, déprimé par les mauvais traitements, accablé de travail, mal pansé, mal nourri, il deyient lent et lourd et stupide, est-ce donc sa faute ? Même alors il lui reste d'être rude à la peine, patient, résigné, de peu d'entretien, par-dessus tout sobre. Il accepte un maigre fourrage que le cheval dédaignerait ; il aime les herbes amères ; an besoin 11 se contente de simple paille ; les rudes chardons épineux sont pour lui un régal. GoDunent lait-fl pour ne pas se piquer la langue ? voos ètes-voTis demandé cent fois. — Je n'en sais pas plus long que vous. Difficile seulement pour la boisson, il veut l'eau fraîche et pure; il n*aime même pas à boire au ruisseau qui lui est inconnu ; il flaire, il goûte du bout des lèvres, il fait des façons ; plutôt que de toucher à une eau trouble et vaseuse, il souffrirait de la soif. Maltraité, il baisse l'oreille ; il ne songe pas à se venger, il n'est pas rancunier comme le cheval.
Mais à côté de ses bonnes qualités, l'&ne a ses défauts que je ne puis taire. Il est têtu, capricieox, obstiné sans raison ni mesure. S'il est patient, il n'est pas bon : ce n'est pas la même chose ; tt la résignation chez lui n'est pas doucetur ; s'il est soumis, ce n'est pas au'il mette en quoi que M>it de la bonne volonté ; il sent la nécessité et il plie. Il montre plus d'attachement pour les lieux qae pour les personnes ; il aime son étable, et Kste ordinairement fort indifférent à l'égard de son
maître, même 8*il en est pour traité. Pour être peu intelligent, il n'est pas bien cela sans malicD. Le spirituel écrivain Toussenel, dans un parallèle fantaisiste, se plaît à comparer l'&ne au paysan... soit; mais alors disons a certain paysan, normand, rustaud et finassier, ignorant, âîie s'il en fut jamais, routinier^ borné, et avec cela rusé, à qui vous ne ferez pas comprendre telle chose de» plus simples, et oui, en aflaires, nous roulera tous, vous et moi, et bien d'autres plus retors que vous et moi. Le cheval est capable d'obéir par affection, par une sorte de raison; il comprend ce qu'on demande de lui, accorde sa volonté à celle de son cavalier ; U s'attache fortement h un maître qui le soigne bien, le caresse, ne le corrige qu'avec des ménagements : maltraité, il s'indigne, il ne se rendra que de guerre lasse. L'&ne, voilà ce que je lui reproche, est soumis à qui le rudoie. A-t-il affaire à un maître qu'il sait, par expérience, disposé à souligner ses ordres avec un coup de bâton, il ira droit, soyez tranquille ; il baissera l'oreille et fera tout ce qu'on voudra sans essayer de résistance. A-t-il sur son dos un cavalier qu'il sait novice, ou faible, ou débonnaire, craignant do sévir, c'est à celui-là qu'il réserve mille farces pendables. C'est alors qu'il trouvera avec une perspicacité remarquable tout ce qui pourra mieux vous faire damner. C'est alors qu'il lui prendra fantaisie de s'arrêter tout court, et de rester là planté indéfiniment; — tant pis si vous êtes pressé ; ou bien il refusera de tourner au coin du chemin ; ou bien il décidera de suivre un autre âne de sa connaissance, et bon gré mal gré vous mènera là où vous ne voulez pas aller ; ou bien, sans souci de la personne ni ae la charge, il se roulera voluptueusement dans la poussière de la route, tant que cela lui fera plaisir, et derechef, si bon lui semble. Une autre fois, suivant un chemin creux, sans l'ombre d'un prétexte et sans rien qui puisse le faire prévoir, il choisira l'endroit le plus boueux ; et là, baissant la tête entre les jambes, à coups d'épaules il se débarrassera de son cavalier en le jettant en plein dans la mare... Parait le garçon de ferme avec sa trioue, et tout rentre dans l'ordre ; pas d'animal plus correct et plus bénévole. Ceci est l'ombre au tableau. Nous ne ferons pas raillerie de sa voix peu harmonieuse pour nos oreilles ; pour les oreilles de l'&ne, paraît-il, cette note a son agrément ; c'est sa façon à lui de témoigner sa belle humeur, d'exprimer ses sentiments de sociabilité et de bienveillance à l'égard de ses semblables, surtout de ses semblables de sexe différent. Volontiers il accueillera une ancienne connaissance par ces démonstrations bruyantes, auxquelles on manquera rarement de répondre : politesses rendues. Ces manifestations ont une vertu très eommunicative ; dans un lieu où plusieurs ânes sont rassemblés, si l'un d'entre eux, si surtout une ftnesse entonne sa chanson, presque toujours les autres répondront en chœur ; c'est une explosion d'allégresse.
Le baudet entier se montre très ardent. L'&nesse porte onze mois, et met bas un seul petit, rarement deux ; elle est fort attachée à son petit, le lèche, le caresse, et au besoin le défendrait avec fureur. Vânon doit être sevré vers le cinquième mois; longtemps après encore il suit sa mère et s'attache à ses pas. Le petit animal est. gai, fol&tre, il gambade avec une légèreté capricieuse, non sans gr&ce ; avec cela un certain air d'innocence confiante... Pauvre bête ! il ne sait pas ce qui l'attend 1 II se familiarise aisément avec les hommes, il se laisse dompter et dresser au travail sans difficulté. A deux ans l'&ne est adulte ; à trois, il est dans toute sa force. La naturft lui accorde quarante ou cinquante ans de vie ; mais les maux de l'esclavage et la rudesse du climat abrègent son existence ; en Europe, il dépasse rare-
ANGLETERRE
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ment dowe ou quinze ans. Son âge marque, comme pour le cheval, à sa dentition. — Dans nos pays où les routes sont empierrées de durs cailloux, il devient de plus en plus indispensable de ferrer râne de môme que le cheval, pour éviter 1 usure trop rapide du sabot. L*àne, comme le cheval, peut prendre des allures diverses ; son pas est un peu lent, mais très doux; son trot sec et heurté ; il pourrait tenir assex longtemps le galop moyennement allongé, si le poids du cavalier était dans la proportion de ses forces. Il orend assex facilement cotte allure artificielle quon nomme V amble, et qui est très douce pour le cavalier. L'âne est susceptible de certains vices correspondant à ceux du cheval ; il est surtout assez disposé à se montrer ombrageux ; il est sujet à des maladies analogues aussi a celles du cheval, mais il est d'un tempérament plus résistant ; il a, comme on dit, la vie dure.
En outre du travail obtenu, on tire encore parti de l'âne de diverses manières. Le lait de rânesse, celui qui par sa composition chimique s'éloime le moins du lait de la femme, et se fait tolérer même par les estomacs délabrés, convient d'une manière toute spéciale aux jeunes enfants, aux personnes épuisées. Il coûte toujours assez cher, parce que Tanimal en fournit relativement peu. La chair de l'âne est agréable et saine ; on en consomme une cerUine quantité en France, •ous forme de saucissons. Il est vrai qu'on se résignera difficilement, en temps ordinaire^ à abattre
l'Irlande, et si ce dernier bras de mer n'est g^ière plus large que le Pas de Calais, ses eaux sont du moins singulièrement plus profondes.
L'Irlande, plus petite que sa voisine, a encore plus de 84 000 kilom. carrés, et de son extrémiié occidentale, qui atteint 12» SO' environ de longiu ouest, part le câble télégraphique qui le premier a réuni l'Europe à l'Amérique.
Climat. — Par leur latitude, les Iles Britanniques jouissent d'un climat moins chaud que la France* en été; mais comme l'influence maritime e'y fait
Ï partout sentir, que leurs côtes sont baignées par e courant chaud nommé Gulf-Strcam, au*il ne s'y élève aucune montagne çlus haute que le Bon-Ncvis d'Ecosse, qui irattcint pas 1400 mètres, les hivers n'y sont jamais rigoureux, et l'on voit mfime dans la presqu'île de Cornouailles, qui s'avance entre la Manche et le canal de Bristol, des planter délicates, comme les lauriers, les myrtes, les orangers, rester toute l'année en pleine terre. Msdi les rayons du soleil ne sont pas assez chauds pour y faire mûrir les raisins et les fruits savoureux de notre France; les brouillards y sont fort épais ot presque constants, les pluies très fréquentes. Aussi les Iles Britanniques reçoivent une f^lle masse d'eau, que nulle part ailleurs on ne san* rait trouver une telle quantité de prairies verdoyantes, et des rivières qui roulent une aussi grande masse d'eaux relativement à la petitesse e leur bassin.
,^ Grâce à 1 absence de hautes montagnes, qui a
un animal précieux pour Te travail, dans le seul permis de relier facilement ces rivières entre elles but de manger sa chair; aussi ne livrera- t-on à par des canaux, à la marée qui par son flot fait rela consommation que des individus de peu de monter les navires loin de la pleine mer, à la forme
valeur — condition fâcheuse au point de vue du produit — ou des animaux qu'un accident irrémédiable aurait mis hors de service. La peau de l'âne, livrée au tanneur,foumit un cuir plus mince que celui du cheval, mais très convenable pour certains usages. IC. DelonJ
'des côtes qui sont partout découpées en golfes profonds, il n'est aucun point des Iles Britanniques qui ne soit à proximité d'un port de mer, ou d'une voie navigable qui y transporte économiquement ses produits.
OfiOGRAPHnS ET HTDR061IAPRIE. — MOMTAOmSS. —
Ar^GLETKRIlE. — Géographie générale, X; His- ! Le pays de Galles, — L'Angleterre n'oflt^ guère de
toire générale. XXVIIL .
1. GÊooRAPBTB PHTSiQUB. — Les Iles Britati" niques. — Situation. — Trente kilomètres à peine séparent la côte française de Calais de la côte anglaise de Douvres qui lui fait faire de l'autre côté du détroit. L'AngleteiTe forme, avec rËcosse qui la borne an nord, une île qui porte le nom do Grande-Bretagne en souvenir du peuple celte qui Je premier y a dominé, et qu'y trouva Jules César. Avec l'Ile voisine d'Irlande, et quelques autres archipels, les Shetland, les Orcades, les Hébrides, les lies de la mer d'Irlande, dont l'ensemble est connu sous le nom d'Iles Britan
montagnes à l'est du 4* degré de Ion gît. O. Entre la Tamise et la Manche s'étendent des collines qui accidentent agréablement la campagne et viennent finir sur la mer en falaises semblables à celles de notre Normandie. A l'ouest de la Severn, qui tombe dans le canal de Bristol, le pays de Galles est tout couvert de montagnes. On n'y trouve point de cimes élevées (le Snowdon n'a guère que lOOO mètres d'altitude), ni de cascades imposantos, ni de ces belles forêts qu'on admire dans les Alpes, les Vosges ou le Jura. Mais par la nature sombre de leurs roches, l'aspect sauvage de leurs landp* couvertes de bruyères, la tristesse de leur ciel
niques, la Grande-BreUgne forme le royaume- ' brumeux, les ruines antiques et les dolmens qui uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. C'est là le rappellent un culte et des mœurs aujourd'hui nom officiel de TÉUt ; mais comme l'Angleterre i oubliés, ces montagnes offrent encore quelque est le plus vaste, le plus peuplé, le plus riche des charme.
trois royaumes unis, et a successivement imposé | » Depuis les sources de la Scvcrn jusqu'à celles sa domination aux deux autres, on applique sou- j de la TVne, la séparation entre le bassin de la mer vent ce nom seul à l'ensemble du Royaume- du Nord et celui de la mer d'Irlande est formée
Uni.
Superficie. — La Grande-Bretagne, qui est la plus grande île de l'Europe, couvre une superficie de 230 000 kil. carrés environ. Le cap Lizard, qui en forme la pointe la plus méridionale au S.-O., et qui marque l'entrée de la Manche du côté de l'océan Atlantique, est situé par 50*" de lat N. environ, et la pomte la plus septentrionale de l'Ecosse, en face des Orcades, atteint S8« 40'. C'est aussi en Ecosse, en face des Hébrides, que se trouve, par 8* 20 environ de longit. O, le point le plus occidental de la Grande-Bretagne, tandis que le point le plus à l'Est est Yanuouth, situé à 0* 40' de longit. Est de Paris, sur la mer du Nord.
Lo canal Saint-Georges, la mer d'Irlande et le canal du Nord séparent la Grande-Bretagne de
par la chaîne Pennine, haute de quelques centaines de mètres seulement. A l'ouest de celle-ci, les monts du Gumberland offrent une série de lacs charmants, très-visités par les touristes.
Ecosse. — L'Ecosse est un pays montagneux ou de nombreux et beaux lacs remplissent le crcut des vallons. Au sud, les monts Cheviou forment la limite entre les deux royaumes d'Angleterre et d'Ecosse, réunis depuis l'avènement au trône d'Angleterre de Jacques I*', roi d'Ecosse, en 1603. Au centre de l'Ecosse, les monts Grampians couvrent le pavs de leurs ramifications. C'est là que se trouvent le Ben-Nevis, la plus haute dos cimes britanni- Sues, le lac Lomond, le plus vaste et le plus beau es lacs d'Ecosse, et la source de la Tay, qui roule des eaux plus abondantes que la Tamise et la Severn. Entre les Cheviots et les Grampians s'étendent les
ANGLETERRE
ANGLETERRE
towiands, on basses terres de TÉcosse, par opposition aux highiands, oa pays de montaenes, dont on nomme souvent les habitants highïanders, A Touest du Ben-Nevis, Tlle est trayersée par une ▼allée profonde qui va de Tocéan Atlantique à la mer du Nord. Là passe le canal Calédonien, ouTert aux marins de toutes les nations et dont le nom rappelle les antiques habitants de TÉcosso. De l'autre côté du canal Calédonien, les montagnes de l'Ecosse septentrionale appartiennent à xme chatoe capricieuse, dont le prolongement se relève au loin dans rOcéan, dans les archipels des Orcades et des Shetland. A Touest et au sud, cette région de rÉcosse est découpée en nombreux fjords, golfes profonds et étroits aux bords escarpés. Les Hébrides et on grand nombre d autres lies accompagnent cette côte, bordée d'abîmes profonds et à laqueUe de superbes colonnes de basalte donnent un aspect des plus grandioses. On a souvent célébré oans les poèmes anciens et les écrits des littérateurs les beautés de la grotte de Fingal, et la chaussée des Géants, qui lui fait pendant en Irlande, sur la five opposée du canal du Nord.
Irlande» — Llrlande n^offre de montagnes que sur quelques points isolés de son territoire. Le point culminant, voisin de 1000 mètres, est dans le fMTS de Killarney, près de Textrémlté S.-O. de l'Uo. Nâuimoins Tlrlande, qui reçoit encore plus d'eau que la Grande-Bretagne, renferme de nombreux ûcs, dont plusieurs de grande étendue, et surtout de grandes régions marécageuses et tourbeuses. Mais tout y est si vert, que c*est à luste titre qa*on rappelle la verte Érin ou encore rlle de TÉmeraude.
Auires iies. — L'Ile de Han et celle d'Anglesey, dans la mer d'Irlande, offrent des montagnes de quelques centaines de mètres d'élévation, ce qui est beanconp, relativement à leur petite surface. La dernière est séparée du pays de Galles par le détroit de Menay, bras de mer assez étroit pour que deux ponts le franchissent, et que les trains de chemins de fer y passent, sans Tébranler, dans un pont tnbulaire, sous lequel les navires voguent à pleine Toile.
RméRCs ET PORTS. — Bassin de la mer du Nord, — La Tamise n'est qu'une faible rivière courant au milieu des prairies Jusqu'à Londres, où, gonflée par la marée, elle devient assez forte pour former le port le plus fréquenté du monde.
L'Humber, qui débouche à Hull dans le golfe du Wasb, la Tyne sur laouelle se trouve Newcastle. le plus grand marché de nouille de la terre, la Tweed, qui forme la firontière de TÉcosse, sont, avec la Tamise, les principales rivières d'Angleterre qui débouchent dans la mer du Nord.
En Ecosse, le Forth, ()ui débouche dans le golfe d'Edimbourg, la Tay, qm passe à Dundee, la Dee, qui passe à Aberdeen, la Spey, qui tombe dans le ^oUe de Moray, sont les rivières les plus remarquables.
Bassin de la mer d'Irlande et de V Atlantique. — Du côté de la mer d'Irlande, la Clyde forme le port très-important de Glasgow, la première ville d'Ecosse par sa population, son industrie et son commerce.. En Angleterre, la Mersey forme le port de Liverpôol, le premier de ce royaume pour l'importance de ses exportations, le plus grand marehé de coton du monde, et le port d'Europe qui reçoit d'Amérique et y expédie le plus grand nombre de passagers. Enfin dans le canal de Bristol débouche la Sevem. Sur la rive septentrionale de son estuaire, Cardiff charge des milliers de narires de son charbon, tandis qu'au sud débouche l'A von, qui forme le srand port de Bristol.
Bassin de la Manche, — Pour achever de passer en revue les grands ports de l'Angleterre, nous n'aurions plus & citer que Douvres, à cause de l'importance de ses relations Journalières avec le con-
tinent, et en continuant à suivre à l'ouest la céte de la Manche : Brighton, plus connu encore comme séjour de bains de mer; Portsmouth^ le grand arsenal de la marine militaire anglaise, qui a pour rôle de protéger sur toutes les mers du globe la marine marchande la plus nombreuse et la plus active du monde; Southampton, voisin do Portsmouth, une des grandes tètes de lignes des paquebots de voyageurs. En face de Soutliampton et de Portsmouth s'élève la blanche lie de Wight, remplie de cottages charmants et très-lréquentée comme séjour de bains de mer. Dans la péninsule de Cornouailles, Plymouth et Falmouth sont encore des points de départ de paquebots pour l'Afrique, les Indes et TAustralle.
Mande, — De toutes les rivières des Iles Britanniques, c'est le Shannon qui porte à l'océan Atlantique le tribut le plus considérable. Il draine l'eau des lacs et des marais du centre de l'Irlande ; mais comme il franchit des rapides en aval do Limerick, à quelques kilomètres de son estuaire, il ne peut être remonté bien loin par les navires.
Du côté opposé de l'Ile, Dublin entretient spécialement les relations de conunerce avec la Grande- Bretagne, et Cork, ou son avant-port de Queenstown, sert de relâche aux navires d'Amérique qui se dirigent vers Liverpôol.
Canaux, — La Tamise, la Sevem, la Mersey et l'Humber sont reliés ensemble par un vaste système de canaux dont l'ensemble atteint 3000 kilomètres de développement et qui sont parcourus par de nombreux bateaux desservant le commerce intérieur,
2ui dispose en outre d'un réseau de 27 000 kilom. e lignes de chemins de fer. L'Angleterre n'est dépassée que par la Belgique et le grand- duché de Luxembourg sous le rapport de la longueur des voies ferrées comparée à la superficie du pajrs qu'elles desservent. A cet égard, elle est deux fois aussi avancée que la France.