‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 83 sur 562 · GEOGRAPHIE AGRICOLE ET INDUSTRIELLE · texte numérisé non relu

GEOGRAPHIE AGRICOLE ET INDUSTRIELLE

Population. — Peuplées aujourd'hui de 33 millions d'habitants, c'est-à-dire de plus de 100 habitants par kU. carré, proportion qui ne se trouve dépassée qu'en Belgiôue, dans les Pays-Bas et le Luxembourg, les Iles Britanniques ne peuvent tirer de leur sol de quoi nourrir cette population surabondante. Et cependant elle va toujours en s'accroissant, malgré les saignées qu'y lait ime émigration considérable.

Agriculture. — Mais si les Anglais sont obligés de tirer du dehors une grande partiii des denrées qu'ils consomment, leur pays est du moins un de ceux où la culture est le mieux entendue.

Grâce à l'humidité du climat, les prairies occupent la moitié du sol, et les racos de bétail sont perfectionnées et modifiées pour donner le maximum de produit utile. Les bœufs de la race de Durham, les

S ores du Yorkshire, les moutons Dishley du comté e Leicester et les souUidowns de l'Angleterre méridionale sont partout recherchés à cause de la masse de viande qu ils produisent. Qui n'a entendu vanter l'élégance et la rapidité des chevaux anglais, dont los luttes agitent tant l'amour-propre national? Giice à l'assolement employé et a l'abondanco des engrais, le rendement des terres cultivées en céréales est énorme : 30 hectolitres par hectare, et davantage. Le froment, l'avoine et l'orge sont les grains les plus répandus. La pomme de terre loue un grand rôle dans l'alimentation, surtout en Irlande, dont la population misérable n'a trouvé d*autre ressource ^ue d'émigrer en masse quand est venue la maladie de ce tubercule. La bière est la boisson principale des Anglais. Aussi plante^ t-on de grandes boublonnières, dont les produits alimentent les énormes brasseries de Londres. Dans le sud de l'Angleterre, comme on Normandie, les verffers produisent aussi beaucoup de cidre. En fait do plantes industrielles, on ne peut gaèro

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citer que le lin d'Irlande. Mais on distille beancoup de grains et de pommes de terre pour fournir l'alcool nécessaire dans IMndustrie ou consommé en boisson. Le gin et le whisky sont des eaux-de-vie de grains.

Forêts, — Bien que TAngleterre soit un pays de grandes propriétés par suite de la loi anglaise de succession qui attribue toute la fortune au flis aîné, les forêts sont presque une rareté en Angleterre. Mais on cite toujours l'élégance des parcs anglais qui entourent les manoirs des riches propriétaires, et où ceux-ci passent la plus grande partie de leur existence, jouant un grand rôle dans l'administration du pays et employant leurs loisirs aux exercices violents, comme la chasse au renard, seul fauve qui subsiste dans leur île.

Pêche, — La pèche est abondante en Angleterre et forme une des grandes ressources du pays. Les rivières d'Ecosse sont peuplées d'une si grande quantité de saumons, que ce poisson constitue une partio de l'alimentation des pauvres gens et est en outre exporté en grande quantité, soit frais et emballé dans de la glace, soit salé ou mis en boites de conserves. Partout les côtes sont habitées par des pécheurs qui poursuivent le hareng, le maquereau, le turbot et acquièrent dans la navigation pénible et dangereuse de leurs rivages de solides qualités de marins.

Industrie. — Mines de houille, — C'est l'industrie qui occupe le plus grand nombre de bras en Angleterre et fait la fortune de ce pays. Et c'est l'existence et la richesse des bassins houillers anglais qui en a permis le prodigieux développement. Il y a peu d'années, 800000 ouvriers y exploitaient 3000 mines, d'où ils retiraient annuellement 105 millions de tonnes. Mais ces chiffres vont en s'accroissant jusqu'à présent avec une rapidité surprenante. Le bassin de l'Ecosse entre Edimbourg et Glasgow donnait à lui seul 15 millions de tonnes ; celui de Newcastle, 35 millions, deux fois autant que toutes les mines françaises réunies. Les bassins des comtés de Lancaster et d'York, de Stafford et du pays de Galles ne sont pas moins riches que le bassin écossais.

Tout autour de ces bassins houillers s'élèvent des hauts fourneaux, des forges, des verreries, des usines de mille sortes qui vivent en s'approvisionnant sur place de ce pain de l'industrie. Le surplus sert à la consommation domestique et à la navigation à vapeur, ou est emporté dans toutes les parties du monde par les navires qui, après s'être déchargés dans les docks de Londres ou de Liverpool, trouvent dans la houille un lest avantageux. Dans tous les ports charbonniers, comme Newcastle ou ses voisins Sunderland et Hartlepool, on a élevé les engins les plus ingénieux pour charger en quelques heures la cale d'un navire de plusieurs centaines de tonneaux.

Mines de fer et forges, — Grftce à l'abondance de la houille et du minerai de fer et à la facilité de faire venir de l'étranger les minerais de qualité supérieure, l'Angleterre est le pays du monde qui produit le plus de fer, trois fois autant que la France ou les Etats-Unis. Glasgow en Ecosse, ShcfBeld et Birmingham au centre de l'Angleterre, Merthyr Tydvil dans le pays de Galles, non loin de Cardin, sont, avec divers autres lieux, les principaux centres du travail du fer. Là se trouvent rassemblés les hauts fourneaux d'où coule la fonte, les laminoirs et les marteaux-pilons qui travaillent le fer, les filières qui retirent, les ateliers de construction où on le transforme en machines de toutes sortes: en éléments de navires, en armes, en objets de coutellerie, en clous, en plumes, en aiguilles, en épingles.

Autres métaux, — La presqu'île de Cornouailles a l'avantage de posséder les seules mines d'étain de l'Europe qui soient exploitées, et on a souvent

pensé que les lies Sdlly, qui en sont le prolongement, séparées seulement par une faible distance, étaient les fameuses CassUérides où les anciens Phéniciens venaient s'approvisionner do ce méui. On trouve aussi dans le Cornouailles beaucoup de cuivre, et c'est à Swansea. au nord du canal de Bristol, qu'on grille ce minerai, ainsi que celui qui arrive de Suède on du Chili. Swansea est la plus grande usine à cuivre du monde.

Les Anglais fabriquent aussi beaucoup de poteries, faïences et creusets de toutes sortes. Le grand centre de cette industrie est à Stoke sur le Trent, entre Birmingham et Manchester, à proximité des bassins houillers du centre et de riches dépôts d'argile plastique.

Manufactures, — Travau du coton et de la laine, — Mais c'est surtout la filature et le tissage du coton et de la laine qui ont en Angleterre une importance considérable. Nulle part la population n'est aussi agglomérée que dans le Lancasnire, entre Liverpool, Manchester, ShefSeld, Leeds, Bradford. Chacune de ces villes renferme plusieurs centaines de mille habitants, et de l'une à l'autre les villes, les villages, les usines se suivent sans interruption. Liverpool est le grand port d'importation du coton Mancuester le met en œuvre, le file et le tisse. On a calculé que l'Angleterre fabriquait annuellement assez de mètres de cotonnades pour faire cent fois le tour du globe terrestre. Aussi de combien de bras cette industrie n'a-t-elle pas besoin ? Manchester avec ses annexes renferme plus de 500 000 habitants, tout comme Liverpool. En revanche, que de misères quand des crises commerciales ou des grèves viennent entrayer la production, ou aue la matière première lui fait défaut, ainsi qu'on Va vu à l'époque de la guerre de sécession aux Etats- Unis. Bradford et Leeds sont les grands centres du travail de la laine. La première est une ville de 1Ù0 000 habitants, et la deuxième de 800 000.

Mais ce n'est pas seulement dans le Lancashiro que tournent les broches des filatures et que battent les métiers des tisserands. Glasgow, la troisième ville des Iles Britanniques par sa population, est aussi un grand centre d'industrie, non-seulement à cause de ses chantiers de constructions navales, qui expédient de magniflgues navires aux pays étrangers, mais encore pour ses usines de toutes sortes, et Paisley, dans le voisinage, est renommé pour ses châles et ses mousselines.

En Irlande, c'est Belfast qui est le çrand centre du travail du lin. C'est une ville de près de 200 000 habitants.

Commerce, — Le commerce forme avec l'industrie la grande source de fortune des Anglais. Nonseulement ils ont à exporter au dehors des masses énormes de houille, do fers, de cotonnades, et à importer des grains, de la viande, des vins, des fruits, du thé, etc., dont ils ont besoin pour se nourrir^ le coton, la laine que réclament leurs filatures ; mais ils ont soin de faire eux-mêmes tous ces transports. Leur marine est la plus nombreuse du globe ; leur pavillon flottant sur 35 000 navires montés par 2 ou 300 OUO marins, se montre dans toutes lee mers, et leurs puissantes colonies ont de leur côté une marine fort nombreuse. C'est à leur situation insulaire, au développement de leurs côtes, à la sûreté de leurs ports que les Iles Britanniques doivent l'origine de cette marine. Et les institutions politiques et économiques ont tout fait pour la développer et assurer à l'Angleterre l'empire des mers, au point de vue militaire comme au point de vue rommercial. Par leurs nombreuses et vastes colonies, par la protection effective qu'ils accordent au moindre de leurs sujets sur n'importe quel point du globe, les Anglais ouvrent partout des débouchés à leurs manufactures et répandent de plus en plus l'influence et la langue de leur patrie. En outre, l'Angleterre est devenue le grand entrepôt du

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Rionde. Grice aux acheteurs quMIs sont sûra de tmaver et au fret de retour qui leur est assuré, les navires éti^ngers aussi bien que les vaisseaux an^'bis portent à Londres et aux autres grands entrepi'-j» de ce pays la plus grande partie des produits douire-mer qui sera consommée sur le continent. Ce»t à LiTcrpool que les filatures de Normandie, d? Flandre ou d* Alsace s^approvisionnent d'une partie de leur coton. Londres est le grand entrepôt des laines d'Australie ou du Cap de Bonne- Espérance, des épices et de Tindigo des Indes, de l'ivDire de l'Afrique et du tlié de la Cliinei dont une pirtie a traversé la France.

Gr.vides villes, — C'est ce qui explique l'accroisseaent continuel et prodigieux de cette capitale, qui eHipi'V.e sans cesse sur les campagnes voisines, en itâorbant les champs et les villages qu'elle couvre de mes, d'usines, d*habitations. Londres est au- ; rard'hni quatre ou cinq fois aussi vaste que Paris et sa population est de près de 4 millions d*habi- Unts. Dix-huit antres Tilles des Iles Britanniques d passent 100 000 habitants. Nous les avons nommées parmi les ports ou les villes d'industrie.

3. Géographie politique. — Races et religions. — La population bretonne que Jules César rencontra dans TAngleterre était de môme race que les Bas- Bretons français. Aujourd'hui elle est refoulée dans te paj8 de Galles, TÊcosse et l'Irlande. Ses mœurs ei sa langue se fondent de plus en plus avec ceux dës Anglais. Ceux-ci sont le produit des invasioQj saxonne et Scandinave qui se sont superposas aux anciens Bretons, et des Français dfe la France ocddentale qui accompagnaient Uuillaume leCoaquérant ou qu y ont appelés ses successeurs pendant qu'ils étaient maîtres d'une grande partie de notre pavs. Ces familles françaises, dotées au détriment des Saxons vaincus, ont été la souche de raristocratie anglaise, dont les cadets sortent natnrellement par le rang de leur naissance, tandis qoe le souverain y fait constamment entrer les hommes qui se sont illustrés dans les carrières politique, militaire ou scientifique.

L'aristocratie anglaise est maîtresse à elle seule de presque tout le territoire anglais et de celui de i Irlande. Là leur domination est particulièrement odieose, puis<|ue à Fantagonisme de races s'ajoute celû de religion. Les Irlandais sont restés catholiques romains , tandis qu'en Angleterre la religion anglicane, qui a conservé la hiérarchie romaine des évèquos, s'est séparée entièrement du pape. Depuis plusieurs années, du reste, la religion catholique fait de nombreux adhérents en Angleterre. Les Ecossais suivent pour la plupart la relieioB presbytérienne, organisée par paroisses et diricée par des comités appelés conseil des anciens de 'Iglise, et se rapprochant beaucoup du calvinisme.

Administration, gouvernement, — L'Angleterre est divisée en 40 comtés, y compris l'Ile de Wight et les Sorllngues ou Scilly ; le pays de Galles en 13, j eompris nie d'Anglesev ; l'Ecosse en 33, y compris les Shetland, les Orcades et les Hébrides; llrUnde en 32 comtés. L'Ile de Man et les lies de Jersey, Guemesey, Aurigny, derniers restes des possessions des rois d'Angleterre sur la côte de Normandie, ont une administration particulière.

le comté. — Dans chacun de ces comtés, il y a on lord-Ueutenant gouverneur du comté, nommé ptf la couronne à titre surtout honorifique. Le sbéiiff, nommé annuellement par la couronne, est chargé de maintenir la paix publique. Les attributifios des Juges de paix sont fort étendues. Ce sont ortSnairemeat de riches propriétaires qui remplissent ces fonctions.

f^ ioiaeram, — Le gouvernement est monar-

^ique, et la souveraineté peut être exercée par

«Q^ femme. Mais les Anglais sont très attachés au

'^gime parlemenuire, qui donne aux Chambres la

rentable autorité.

Le Parlement. — La Chambre basse ou des Communes comprend des députés de diverses provenances : députés des comtés, des bourgs, des cités ou des universités, qui ne sont pas élus par le suffrage universel. Il arrive aussi, contrairement à ce qui se passe dans notre pays, qu'un même électeur peut concourir à diverses élections s'il remplit les conditions voulues dans plusieurs collèges électoraux. Quant à la Chambre haute, elle comprend les lords d'Angleterre au titre héréditaire, un certain nombre de dignitaires ecclésiastiques, des pairs d'Irlande nommés h vie par la pairie d'Irlande, et des pairs d'Ecosse nommés à chaque législature par la pairie d'Ecosse. Ce n'est que depuis le commencement de ce siècle que le parlement d'Irlande a été fusionné dans les parlements d'Angleterre et d'Ecosse, réunis cent années plus tôt.

Armée, marine. — Depuis la guerre de Crimée, l'Angleterre n'a pris aucune part aux guerres du continent. Son armée, composée de volontaires et renforcée par les milices, est plutôt faite pour un rôle défensif. C'est sur mer que l'Angleterre tend à étendre sa puissance, et il ne s'écoule guère plusieurs années consécutives sans que son pavillon flotte sur quelque nouveau point stratégique destiné à assurer partout la libre circulation de sa flotte.

Possessions extérieures — En Europe, elle surveille l'embouchure de l'Elbe sur le rocher d'Helgoland. A Gibraltar, elle commande l'entrée de la Méditerranée ; à Malte, à Aden et à Singapore, la route de l'Orient. Par Hong-Kong, elle a pris pied en Chine ; par ses établissements du golfe de Guinée, elle est maltresse du commerce du Niger, et par le protectorat qu'elle exerce sur le sultan de Zanzibar, elle domine sur la côte africaine de la mer des Indes.

Ses immenses possessions du Canada et des Antilles en Amérique, du cap de Bonne-Espérance en Afrique, des Indes et de la Birmanie en Asie, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande en Océanie, lui assurent de grandes sources d'approvisionnements en matières premières, de grands débouchés pour ses manufactures, des terres à défricher pour ses émigrants, des carrières de toutes sortes pour ses cadets déshérités qui ont à faire fortune.

La reine d'Angleterre régnant aujourd'hui sur le plus bel empire du monde et le plus riche, s'il n*en est pas le plus étendu, ayant sous sa dépendance les puissants radjahs de l'Inde, s'est fait proclamer à juste titre impératrice des Indes. Si cette appellation n'ajoute rien à sa puissance matérielle, elle est pins en rapport avec les besoins, detf populations orientales, toujours amoureuses de faste, qui forment le plus grand nombre des sujets de 1 empire britannique.

auesUonnaire gôooraphlque. — 1* Sur la géographie physique. — Ouest située l'Anffleterre? — Quels sont les principaux groupes des Iles Britanniques?— Comment appelle-tron officiellement l'État qu'ils forment? — Quels sont les bras de mer qui les séparent? — La Grande-Bretagne est-elle plus petite ou plus srande que la France? — Quel est son climat? — Où sont situés les principaux groupes de montagnes des Des Britanniques? — Où est la cime la plus élevée? — Quels sont les principaux fleuves? — Les principaux ports qu'ils forment? — Quels sont les moyens de transport dont dispose le commerce?

2* Sur la géographie agricole et industrielle. — Les Iles Britanniques sont-elles plus ou .moins

Seuplées que la France relativement à leur supercie? — Quels sont les principaux produits de l'agriculture? les principales races de bétail? la principale boisson des habitants ? les principales cultures industrielles ? — Quelles ressources offre la pèche fluviale? — maritime? — Quels sont les

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principaux bassins houUlers ? — Quelle est Vimportance actuelle de leur production? — Quelles mines métalliques possèdent les lies Britanniques? — Quels sont les principaux centres qui utilisent leurs produits? — Quelles sont les principales manufactures? — Quel est le grand marché du coton brut? — Quelle est la ville qui en fait la plus 2;rande consommation? — Où sont les principales manufactures d'étoffe de laine? — Quelle est Timportanco de la marine marchande anglaise? des entrepôts de Londres ? — Quelles sont les grandes villes des Iles Britanniques et pour chacune d'elles quelle est la raison de son accroissement ?

3' Sur la Géographie politique. — Quelles sont les races qui ont contrioué à la formation de la nation anglaise actuelle? — Quel est le ^uvernement de rAneleterre ? le rôle du souverain ? du parlement? — Comment sont administrés les comtés? — Quelles sont les principales possessions extérieures de la Grande-Bretasno? — Quel est le nouveau titre de la reine d'Angleterre.

Problèmes géographiques. — La population des lies Britanniques est de 33800000 habitants, leur superficie de 314950 kil. carrés. Celles de la France sont 3G 900 000 habitants et 578 600 kil. carrés.

V Quelle serait la population de la France si elle était aussi peuplée que les Ues Britanniques relativement à sa superficie ?

2" L' Angleterre possède des colonies couvrant une superficie de 21000000 de kil. carrés et habitées par 204000000 d'habitants. Les possessions françaises couvrent 960 000 kil. carrés, peuplés de fi 100000 habiUnts.

Quelle est l'étendue des colonies anglaises relativement à celle des Iles Britanniques ? — Combien v a-t-il d'habitants des colonies anglaises pour un habitant des Iles Britanniques?

3° Poser les mêmes problèmes qu'à l'article Aile' magne sur les chemins de fer, les bureaux de poste, les lettres, étant donné que les Iles Britanniques possèdent 27 lô2kil. de chemins de fer, et 18447 bureaux de poste distribuant 1019 000 000 lettres.

4* Le commerce général des Iles Britanniques est de 15 000 000 000 de francs, celui de la France de 9 270 000 000. — Quelle est la proportion du commerce par tète d'individu en Angleterre? — en Franco?

Quelle serait l'importance du commerce de la France, si chacun, en moyenne, y faisait autant d'afîaires qu'en Angleterre, etc., etc. [G. Meissas.]

il. HISTOIRE

L'histoire d'Angleterre se partage en quatre périodes bien marquées :

- r Jusqu'en 10S6, quatre invasions successives forment le peuple anglais.

2" 1086-1455. La puissance des rois normands amène la rivalité avec la France, et la fusion des Anglo-Normands la conquête des libertés publiques.

3" 1455-1688. —La guerre des Deux-Roses affaiblit la noblesse au profit de la royauté absolue <^tti commence la Reforme ; mais le peuple anglais ne se laisse pas dépouiller : il poursuit en même temps la Réforme et la Révolution, et établit la monarchie tempérée.

4' 1 6^8-1880. Forte de ses libertés, TAngleterre constitue sa grandeur par la domination des mers.

Première période. — Invasions (55 av. Jéeus- (:iirist-l086). - Les Bretons. — L'an 55 avant Jésus-Christ, la Grande-Breta^e était l'Ile sacrée de la Celtique. Anglesey était un sanctuaire plus révéré que la forêt des Carnutes. a Les Celtes bretons poruient de longs cheveux flottants et de longues moustaches ; ils se tatouaient le corps avec une substance verte extraite des feuilles du pastel... A ce degré de civilisation, les formes de gouvernement devaient être simples et grossières...

Tous les membres, proches ou éloignés, de la même famille vivaient dans la plus étroite iaiimité : chasse, butin, propriété, tout était commun. » (A. Thierry). Venus de la Gaule, les breiou» avaient * chassé vers le nord les Calédoniens de race gallique et se partageaient le territoire, les Logriens à l'est et les Cambriens à l'ouest.

1' Expéditions romaines, — Les Romains ne connaissaient que vaguement la grande Ile de Bretagne. Pour y être descendu deux fois. César eut « le même prestige que Napoléon après ses victoires d'Egypte ». Depuis, Agrioola soumit ces tribus éner-

g'ques, mais isolées. La frontière romaine atteifniît Cl^de et s'arrêta devant les Calédoniens. Mais soumise en partie, convertie même au christianisme, la Breta^e ne fut jamais domptée, et le passage des Romains (78-4(iOj n'y laissa pas de traces. A leur départ se releva l'autorité des anciens chefs.

2" Invasions des Saxotis et des Angles. — Libres de la domination romaine, les Bretons ne surent pas se défendre contre les pirates saxons^ dont les bandes toujours renouvelées accouraient à cette proie facile. En 547, la population des Angles (peuple qui habitait originairement le Schleswig actuel) s'embarqua tout entière pour la Bretagne septentrionale. En 560, sept royaumes anglo-saxons étaient constitués. Us dirent réunis un instant sous Egbert, en 827-836.

Les Bretons dépouillés étaient esclaves ou chassés en exil dans les monts de Cambrie. Là ils luttaient. « Jamais les Kimris ne paieront le tribut, disent leurs vieux poèmes.,. Tu as beau faire, ni ta puissance, ni aucune autre, si ce n'est celle de Dieu, ne détruira notre nom, ni notre langue. » En effet, ce nom et cette langue subsistent, sur ce sol couvert de rocs et de grèves, comme un étrange et poétique monument d'énergie et de patriotisme. (Aug. Thierry.)

Introduction du christianisme. — Encouragé parles succès de l'Eglise en Gaule, Grégoire le Grand avait envoyé 40 moines évangéliser la Bretagne, c Vous êtes venus de loin pour me communiquer ce que vous jugez utile et vrai, leur dit le roi de Kent ; je vous laisserai libres de publier votre doctrine. » Us eurent bientôt des prosélytes. Dans le Northumberland, l'assemblée des Sages fut réunie, a O roi, dit un guerrier, dans nos &tins d'hiver, souvent vient un oiseau qui traverse la salle à tire d'ailes ; l'instant de ce trajet est pour lui plein de douceur ; il ne sent plus 1 orage. Mais l'instant est rapide et de l'hiver l'oiseau repasse dans l'hiver. Telle me semble la vie des hommes comparée k la longueur du temps qui la précède et I qui la suit. Ce temps est ténébreux. Si donc la , nouvelle doctrine peut nous en apprendre quelque . chose de plus certain, elle mérite que nous la suivions. » L'assemblée vota l'établissement du christianisme et bientôt les Angles se convertirent tous.

8« Invasion des Danois. — Depuis 150 ans, la Bretagne était devenue la terre des Anglo-Saxons, quand trois vaisseaux d'hommes inconnus abordèrent à l'orient. C'étaient les premiers Danois. Us venaient chanter aux Saxons la « messe des lances » . — « Nous avons frappé de nos épées le jour où j'ai vu des centaines d'hommes couchés sur le sable, près d'un promontoire d'Angleterre ; une rosée de sang dégouttait des épées. » Tel était le chant de mort d'un de ces rois de mer, Lodbrog, prisonnier et accablé de tortures (865). L'année suivante, ses fils accoururent le venger. Ce fut le troisième pUlage de l'Angleterre envahie. En I8 ans, elle était conquise.

AÏfired le Grand. — La valeur d'Alfred le Grand [871-901), qui , caché dans les marais de Cornouailles, souleva les Saxons exaspérés par la servitude, ses lois mêmes qui organisaient la résistance et constituaient le royaume (V. Alfred le Grand dans la I** Partie), suspendirent seulement les progrès

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dn Danois. En 10l3,Suénonsoumettaitle8 Anglo- Saxons ai son fils Kannt le Grand (1017-1036) était traître de U Scandinavie et de T Angleterre.

\» hvanon des Normands. — Mais les événements semblaient conspirer pour une quatrième invasion, U dernière, celle des Normands. Leur duc Guillaume I était très-sa^ à U manière du temps, c'est-à-dire brare et horriblement perfide . »Én vertu d'un serment eu il lui avait surpris, il attaqua Harold, que les Saxons venaient de proclamer. Ceux-ci n'avaient ris de forteresses ; vaincus, ils étalent perdus. tiuiUiume convoqua tous les aventuriers do TOccident; TAngleterre était la proie commune. Harold et les Anglais tombèrent à Hastings, au pied de leur étendard (1066). Près de la côte est une t> rre marécageuse et presque mouvante, Timpratirable Ile d'Ely, coupée de rivières. Ce fut le camp du Refuge, au milieu des joncs et des saules ; de là Ifs Saxons pillaient les pillards. Forcés en 1073, ipâ Oatlaw (bandits) se dispersèrent dans les bois, frrants, mais libres et pleins de T&me nationale. Souvent les flèches de Kobin Uood s'égaraient sur lo seigneur normiind.

Cept;ndant les vainqueurs avaient partagé la conquête. iiuiUaumej proclamé roi d'Angleterre, disuiboait les maisons, les abbayes, les terres. Tout titre de propriété antérieur à l'invasion était winulé, tout acte de pillage accompli par un Nor- □and était sanctionné par le roi. Le livre du derci<>r jugement (dooniesday book) forma le registre et le cadastre de la nouvelle féodalité (1086) ; et des lois atroces maintinrent la soumission.

Deoxltoie pfeiode (1086-1455). — A la mort de Guillaume (1087), l'Angleterre est constituée et son histoire propre commence. Deux grands faits qui KdéTeloppent à travers les siècles la dominent tout emitre : au dedans la lutte de l'aristocratie et des tilles contre la royauléf au dehors la rivalité ectt la France.

ExTÉuEUB ; GmsRRES AVEC LA FRANCE — Le roi d'Angleterre, en tant que duc de Normandie, était TU'al du roi de France, et il était plus puissant f'^Q lui : de là une longue suite de guerres. En li)>0. Philippe I*' possédait à peine l'Ile de France ; Guillaume avait l'Angleterre et la Normandie.

Mais bien des causes paralysèrent la puissance

ào roi d'Ànsleterre et de ses successeurs. D'abord,

Guillaume u%l Henri /•' (1087-1 135) ne firent rien,

par pcor des insurrections saxonnes. Sous Etienne

des discordes cruelles (1135-1154) ne permirent pas

de soDgcr à des luttes étrangères. Mais Tavéne-

meot ^Henri U Plantagenet (1154-1189), héritier

du Maine, de TAnjou et de la Touraine, puis le

nuriige de ce prince avec Eléonore, héritière de la

Gucogne, du Poitou, de TAunis et Saintonge, An-

pnunois, Marche et Périgord, vinrent porter à son

comble la puissance des rois d'Angleterre. Henri II

çouTeniait encore la Bretagne comme tuteur de

«on fils, fiancé à rbéritlère de ce duché. Enfin il

^nqnit r Irlande (1170) et imposa sa suzeraineté à

1 Ecosse. Heureusement les troubles intérieurs

eiciiéft par Thomas Becket, archevêque de Cantor-

Dcry, et les révoltes de ses fils, l'arrêtèrent plusieurs

fois dioi la lutte contre les rois de France. Son fils

Ric'>ardl^ Cœur deLion{l 189-99) porta dans la troi-

nème croisade son ardeur militaire (1190). D'un

«iul coup, il avait abattu la tète, l'épaule et le bras

droji d'un émir qui l'avait défié. C est lui qui prit

Memals. Deux ans captif de Tempereur HennVI,

! ^^"^ dev^cre son rival Philippe-Auguste quand

u périt d'une flèche en 1199 au siège de Chalus en

wmousin.Son frère Jean sans Terre y assassin d'Ar-

lùur de Bretagne son neveu, excommunié pour

â«aobéiasance au pape, en butte aux révoltes de

^ ujets, ne sut pas défendre ses possessions

wtontales saisies par Philippe-Auguste. Battu

* BouTioes(i2l4), il vit son royaume envahi par

^ Français alliés aux Anglais révoltés. Un instant

la Franco faillit conquérir l'Angletorro comme la Normandie ; mais la mort de Jean ramena les Anglais à son fils /fenn 7/7. Le nouveau roi fut battu à Taillebourg (1243). Mais il garda sur le continent l'Aquitaine, le Quercy, la moitié de la Saintonge et Agen, par le traité d'Abbeville.

II. Intérieur. — Lutte de l'aristocratie et des villes contre la royauté. Le roi et ses barons tenaient leurs biens de la conquête. Liés entre eux par la crainte des Anglais, les Normands étaient sous lo roi comme une armée héréditaire, écrasant et contenant les vaincus du haut de leurs forteresses. Anglais et Normands formaient deux nations ennemies, superposées, l'une maltresse, l'autre asservie et méprisée. Mais, après deux siècles de vie commune, la nationalité saxonne disparut; alors il no resta qu'un peuple foulé, comme les barons eux-mêmes, par une royauté avide et sans frein. Le faisceau des conquérants était brisé. Le péril d'une insurrection passé, la noblesse voulut reprendre sa liberté ; les barons disputèrent au roi son pouvoir. Ayant besoin d'appui, ils réclamèrent en même temps pour eux-mêmes, pour le peuple et le clergé. Sous le roi Jean, les revers extérieurs, la faveur de courtisans étrangers, l'excommunication, puis la soumission du roi devenu vassal du pape, enfin un despotisme honteux et avide soulevèrent toutes les classes, peuple, noblesse et clergé I Formés en « armée de Dieu et de l'Eglise », les révoltés entrèrent à Londres. Réduit à sept chevaliers pour tout cortège, Jean, malgré sa fureur, dut signer la Grande Charte (1215) : un conseil de vingt-cinq barons surveillerait la royauté et consentirait les impôts ; la libre élection des prélats, les franchises des villes étaient garanties, et le jury institué dans les comtés.

Les résistances de Jean vaincues par l'intervention de Philippe-Auguste, puis celles d'Henri III eurent pour résultat les statuts d*Oxford, qui confiaient le pouvoir aux barons et à leur chef Simon de Montfort, comte de Leicester (1258). Quoique Tambition de Leicester fût sans bornes, elle parait n'avoir été au delà ni de son courage, ni de son

Sénie. Vaincu à Evesham (1265), au cri de « point e quartier aux traîtres »« il tomba mort près de son fils. Mais la Grande Charte subsistait.

Cependant la haute et la basse noblesse s'étaient séparées. Le chevalier, moins riche que le baron, perdait sans cesse de son importance par le morcellement des héritages. Il se rapprochait ainsi du peuple. Pour contrebalancer les oarons, la royauté favorisa la gentry des chevaliers. Et, comme ceuxci, trop pauvres, ne venaient pas aux parlements, Edouard l^r j^g autorisa à y envoyer des députés chargés de les représenter.

En même temps les bourgeois des villes gagnaient chaque Jour en force et en richesse. Assemblés pour consentir les impôts, leurs délégués s'unirent aux députés de la gentry. Ainsi fut formée la Chambre des Communes. Les nobles apportaient leur droit de siéger, les bourgeois l'influence oue donnent le nombre et la richesse. A la faveu aes troubles sous Edouard II, et des guerres sous Edouard /77,les Communes virent grandir leurs privilèges. Elles sanctionnèrent la déposition de deux rois (1327 et 1399J ; sous la maison de Lancastre leur droit de voter l'impôt ne fut plus contesté.

m. Guerre de Cent Ans. — Cependant l'activité des princes anglais s'était détournée de la guerre française pour combattre des ennemis plus proches. Edouard l'r soumit les Gallois (1283), et vainouit les Ecossais à Falkirk. En 132m, la victoire d'Edouard m à Halidon-Hill rendit le trône à Baliol, son vassal.

Puis commença la Ruprro de Cent An s. Edouard m réclamait lo trône de France. En dix ans, les victoires de Crécy et de Poitiers livraient notre pays en proie aux bandes anglaises,' et le traité de

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Brétigny (1360) donnait à Edouard III la moitié da royaume. Après les règnes de Richard II et de Henn IV de Lanccutre, Henri V ramena ses troupeç à la victoire (Azincourt, 1415) et au pillage. Cette fois le traité de Troyes (1420) lui donnait la couronne. Mais elle tomba presque aussitôt sur la tète de Tenfant Henri F/, qui ne sut pas conserver/ les conquêtes de son père. En 1429 parut Jeanne Darc , et dès lors les Anglais ne connurent plus que les revers. Calais seul leur resuit en 1453.

Troisième période (1455-1688). — Guerre des Deux- Roses, Absolutisme. Réforme et révolutien, — Irrités de leurs défaites, privés du pillage de riches provinces, le peuple et les barons s'en prirent au malheureux Henri VI, faible d'esprit comme son grand-père Charles YI. Richard d'York prétendit au trône : ce fut la guen^e des Deux- RoseSy blanche pour York, rouge pour Lancastre. Marguerite d'Anjou conduisait les Lancastriens ; Wanvick, le a faiseur de rois », qui commandait à 30 OdO vassaux,la vainquit àTowton et nûtÈdouardlV fils de Richard, sur le trône (1461). La reine fuvalt avec son fils, livrée à la merci des brigands aans les bois du Nord ; ses partisans étaient en proie aux vainqueurs.

Mais Warwick, irrité contre Edouard, cherche à rétablir les Lancastre. Il meurtàBamet (1471). Marguerite est prisonnière àTowkesbury (1471) et voit poignarder son jeune fils dans la tente même du vainqueur. Cette alternative de succès et de revers avait livré tour à tour les seigneurs de cha(^ue parti aux meurtres et aux confiscations des vamqueurs. La noblesse, décimée, affaiblie, ne pouvait plus résister au despotisme. Après la mort d'Edouard lY, son frère Richard III assassina pour régner ses deux neveux,les enfants d* Edouard (1483). Henri VII Tudor. vainaueur du tyran usurpateur h Bosworth (1485), mit fin aux troubles, mais établit le pouvoir absolu.

Royauté absolue. Les Tudors (1485-1808). — Henri r///(i 509- 1547) fut l'arbitre de l'Europe, «ntre François I*' et Charles-Quint. A l'intérieur son pouvoir fut sans bornes, comme ses passions sans frein. Le pape lui refusait de consacrer son divorce: il rompit avec la papauté, et constitua l'Église angl(iise sous la suprématie royale; le chancelier Morus et bien d'autres périrent pour n'avoir pas voulu accepter cette révolution religieuse.

La Réforme s'établit en Angleterre, malgré la passagère persécution deMariela Sanglante (1553- 58) ; elle triompha sous le règne d'Elisabeth (1558- 1603). Cette reine, qui fut pour les protestants en Europe ce qu'était Philippe II d'Espagne pour, les catholiques, n'eut plus d^adversaires à redouter quand elle eut envoyé à l'échafaud Marie Stuart, reine d'Ecosse (1587), et quand le désastre de la grande Armada eut anéanti tous les projets du monarque espagnol (1588).

Souveraine maîtresse du pouvoir, elle excitait l'enthousiasme de ses sujets par l'éclat d'un règne pendant lequel l'Angleterre fondait sa marine et couvrait les mers de douze cents vaisseaux. A cette

f;loire extérieure l'Angleterre ajoutait celle des ettres : c'est sous Elisabeth que parut l'immortel Shakespeare, suivi bientôt par Bacon, l'un des pères de la philosophie moderne.

RÉVOLUTION (1603-1688) .^ Au début du xvn* siècle, la royauté absolue s'établissait dans presque toute l'Europe. Seuls les peuples protestants évitèrent co danger, par la guerre de Trente Ans et la révolution anglaise de 1648.

En Angleterre, la réforme d'Henri vm était incomplète. La révolution fut donc à la fois religieuse et politique; elle attaqua l'Église anglicane en môme temps que la royauté.

Los traditions du passé et l'absence d'armée

permanente facilitaient la résistance du peuple aux prétentions absolutistes des Stuarts, héritiers des Tudors (1603). « Les rois, disait Jacques YI d'Ecosse devenu Jacques /«' en Angleterre, sont appelés par Dieu même des dieux, comme étant ses lieutenants et représentants sur la terre. > Mais la timidité de. ce roi qui tremblait devant une épée, la faveur d'insolents courtisans, et l'abanaon de la glorieuse politique d'Elisabeth rendirent bientôt impopulaire ce gouvernement arrogant et faible. En 1625, les Communes n'accordaient que quelques subsides, et levés par ellesmêmes.

Charles I** (1625-48) était, comme son père, imbu des maximes du pouvoir absolu. Mais ramoar des libertés publiques, ranimé sous Jacques I*', et le progrès des sectes protestantes lui opposaient d'insurmontables obstacles. Le Parlement, énergique défenseur des droits de la nation, présenu la Pétition des droits qui interdisait les arrestations illégales et la levée d'impôts non consentis. Irrité, Charles résolut de gouverner sans parlement avec le ministère de Wentworth, anden chef de l'opposition, qu'il fit comte de Strafford.

Ministère de Strafford (1632-40). — Orateur éloquent et ministre habile, Strafford gouverna onze années arbitrairement. « Sa tyrannie fut la plus inique et la plus abusive qu'ait soufferte l'Angleterre. » (Guizot.) Ainsi un lord était condamné à mort pour insulte au premier ministre. Mais les impôts arbitraires, la vénalité de l'administration et surtout la persécution des sectes populaires exaspéraient lentement le peuple anglais. « Chrétiens, s'écriait un condamné à la prison perpétuelle, c'est pour votre liberté que noas perdons la nôtre ; pour vous, pour vos enfants, restez fidèles à la cause de Dieu et de la patrie. »

Beaucoup émigraient et allaient fonder des colonies sur les côtes encore désertes de l'Amérique. En mai 1687, huit vaisseaux d'émigrants étaient en partance ; sur l'un d'eux, raconte la tradition, étaient trois membres des derniers parlements, Hampden, Pym et Cromwell, — ils allaient partir. — Un ordre du roi empêcha le départ et retint ainsi sur le sol anglais ses trois plus redoutables ennemis.

Forcés à rester, les opposants luttèrent. Hampden en refusant l'impôt souleva l'opinion et commença la révolution. Le 23 juillet 1637 les protestants d'Ecosse révoltés signaient un co venant ou êactc d'union pour la défense de leur religion, ientôt deux échecs en Ecosse réduisaient Strafford à convoquer un parlement (1640), qui fut presque aussitôt disssous. liais la situation devenant de plus en plus menaçante pour la royauté, Charles se vit contraint, la même année, è convoquer de nouveau les représentants de la nation. Alors se réunit l'assemblée qui s*est inmiortalisée sous le nom de Long Parlement.

Le Long Parlement (1640-58). — Celui-ci prit aussitôt le pouvoir: les subsides votés furent confiés à des commissaires élus ; Strafford arrêté fut déclaré hors la loi, et Charles abandonna celui qui s'était perdu nour lui.

Mais la mort de strafford n*arrêta point les Communes ; Charles quitta Londres, et le I3 août 164? commença la guerre civile à Nottingham. La lutte dura plusieurs années. Yaincu enfin par les parlementaires, Charles dut se rendre (1647) et uevint prisonnier du Parlement.

Celui-ci gouvernait depuis quatre ans. D'abord dominé par les presbytériens,modérés en politique et en religion, il subissait alors l'influence des indépendants, qui niaient toute autorité religieuse et voulaient la république. Leur force étut l'armée, formée de cinquante mille volontaires fanatiques, habitués à délibérer et h décider sur les affaires publiques. Leur général était Cromwell, le vain-

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qoear de Naseby, politique ambitieux, fanatique €t fourbe. Le parlement négociait avec Cliarles ; I«s iodépendants enlevèrent le roi, et un ofSeier de Cromwell, avec deux régiments, interdit rentrée des communes à 143 membres, qui furent ensuite exduft. Les indépendants dominaient, mais à quel prii !

La Chambre nomma des Juges pour le prooès du roi, qui fut condamné. Sur Téchafaud, il parla longtemps avoc un calme singulier. Le discours 6ni : • Mes cheveux sontrils bien idnsi ?» — Oui, «ire, répondit le bourreau masqué. -* « Quand féiendrai les bras, alors.... » et il s'agenouilla. !:n poo après, il étendit les bras (30 lanvier 1649). lie roi mort, il fallait détruire les royalistes. L? parlement envoya CromwcU en Irlande. Celui-ci, dii Villemain, versa le sang comme Teau sur cette urre déjà toute sanglante et pacifia par la terreur IGSO . Charles II, héritier de son père, était descendu en Ecosse ; Cromwell le vainquit à Dunbar. U ciel était sombre et la bataille indécise. Tout à ecmp, un rayon de soleil : « C'est Dieu qui se ,lèTe • s'écria Cromwell; « et Tenneml ne fut plus qneda chaume devant nos épées. » Le prince dut (air l'Angleterre à travers mille dangers.

CtomweU (1663-68). — Par ses victoires, Cromvell était maître : il chassa le parlement réduit au dfiqiiième de ses lAembres et gouverna sous le titre de Protecteur (1653). La gloire du dehors semblait compenser la servitude du dedans. Allié de Maxarin, Cromwell vainquit la Hollande, prit Dookerque et la Jamalquo à rEspagjne. « Je rendm, disait-il, le nom d'Anglais aussi g^rand que le fm jadis celui do Romain. » Cependant il vivait au mlUen de complots et d'alarmes continuels, occupé icooiQDir les éléments de troubles qui menaçaient u dictature. Il mourut enfin en 1668.

Haiawrùtion (1660-88). — Peu ambitieux, son fils J^iebard fut bientôt renversé ; le général Monk eDtnni dans Londres avec une armée convoqua un pariement et fit appeler Charlet II* Les régicides (vent proscrits et le covenant brûlé parle bourreau. Reçu avec enthousiasme, le nouveau roi mécontenu bientôt son peuple par la corruption et la Ténalité de son gouvernement, par sa tolérance enfers les catholiques. Mais surtout, il vendait Oonkerque, conquête de Cromwell, et recevait de Unis XIV, chef du catholicisme européen, une pension qui lui permettait d'éluder le contrôle du parlement (l«-70). Celui-ci manifesta sa colère par des biUs qui excluaient les catholiques de toute fonction publique (1673) et qui garantissaient la liberté individuclle( 16*9). LesCommunes voulurent même eiclure du trône le catholique duc d'York, mais, grâce au refus des lords, Jac^ue» // put succéder a son frère (1686). Une persécution sanguinaire dirigée par le chancelier Jeffryes contre les ennemis du roi porta l'irritation à son comble. Useomplots éclatèrent; enfin en 1688 Guillaume d'Orange, staUiouder de Hollande et gendre de Jacques U, débarqua à Torbay avec une armée ; nr ses étendards, il avait écrit : « Je maintiendrai les libertés de l'Angleterre. » Jacques abandonné de tons s'enfuit en France, pendant qu'un parlement proclamait son rival sous le nom de Guilhame III, et rédigeait une nouvelle Déclaration de$droiii (1689). La « royauté consentie « succédât k la monarchie de droit divin : les prérogatives du parlement étaient définitivement assurées; la lévolution était terminée.

Cinquième pèariode. — liberté et grandeur de l'Angleterre (1603-1877). — Guillaume III (1688l'</3), s'il éuit roi en Hollande, disait-on, ne fut que stathottder à Londres ; le parlement voulut voter chaque année la liste civile et congédia la ^rde bolUndaise, comme menaçante pour la !!•

• i^e paraissaui psu aimer, Vigoureux génie sans 2« Paetib.

éclat, fier caractère sans attrait, grand homme sans séduction, » ce prince a était un homme de bronze étranger à tout sentiment de nature; il n'eut qu'une passion, mais atroce, la haine de la France. » Et son avènement fut le signal de nos revers. La victoire de la Boyne (1S90) lui livra l'Irlande que domptèrent des lois cruelles; notre glorieux désastre de la Hougue (1692) laissa la suprématie des mers aux Anglais qui venaient de xsréer leur compagnie des Indes. A Ryswick, Guillaume triomphait, mais il mourut* (1702) quand la guerre de la succession d'Espagne commençait.

Marlborongh, favori qui avait trahi Jacques II. dominait la reine Anne, par sa femme, et les whigs. Ce personnage méprtsablo citait un grand général. Avec Eugène de Savoie, il nous battit à Hochstedt (1704), à Hamillies (1706). à Oudenarde (l «08), à Malplaquet (1709), pendant que sir John Methuen assurait l'influence anglaise en PortugaU1703) et que Rooice prenait Gibraltar (1704). Disgracié pour les hauteurs de sa femme, il laissa le pouvoir au chef des torys, Bolingbroke^ qui traita à Utrecht (1713). L'An gleterre gagnait Terre-Neuve, l'Acadie, Gibraltar, la ruine de Dunkerque et la domination des mers. L'unité du pays s'était encore achevée par la réunion définitive de l'Ecosse (1704).

Georges l^^ (1714-27) de Hanovre ne parlait pas lais, il était méprisabib mais protestant ; il fut

Eféré, malgré les torys, au chevalier deSaintrges, fils de Jacques il. Pendant treize ans le ministre Walpole gouverna son maître par la flatterie, les légitimistes jacobites par la terreur et les parlements par la corruption. Il fut le « maquignon des consciences ». Partisan de la paix, il s'allia un instant à la France pour maintenir les traités de 1714 contre la fragile ambition d'Albéroni. Sous Georges //( 1727-60), l'opposition réveillée l'engagea dans une guerre malheureuse avec l'Espagne, puis dans la guerre de la succession d'Autriche. Victorieux à Dettingen (l748), Curoberland fut vaincu à Fontenoy (1745) et à Lawfeld (1747). Mais la victoire de Culloden (1746) avait ruiné la tenUtive de Charles-Edouard, petit-fils de Jacques II, et amené U soumission des montagnards écossais.

Walpcie avait réussi par la faveur et l'Intrigue ; William Pitt arriva au pouvoir par la droiture et lo talent. La dignité de son caractère et la force do son génie furent les seuls appuis du « grand député des Communes ; » serviteur passionné de son pays, il fut l'auteur de la guerre de Sept Ans. Vainqueurs en Europe à Crevelt et à Minden, au Canada, aux Antilles et aux Indes, les Anglais acquirent par la paix de Paris (1763) le bassin du Saint-Laurent, Tabago, Saint-Vincent, le Sénégal et la Floride.

Guerre d Amérique. — Ces traités mettaient l'Amérique dans la main des Anglais. Depuis deux siècles, tous les proscrits, protestants ou Jacobites, s'étaient réAigiés tour à tour sur la cOte américaine pour y fonder des établissements bientôt prospères, grâce à l'énergie du travail. Ces treize colonies formaient le plus beau fleuron de la couronne anglaise. Mais un ministère tory prétendit faire peser sur les colons des impôts exorbitants ; en vain Pitt et les whigs les défendirent : ce sont c les fils et non les b&Urds de l'Angleterre ».

A ces prétentions, le congrès américain répondit par la Déclaration des droits ("1774) : « Nos ancêtres, disaient-ils, possédaient tous les droits des Anglais et ne les ont pas perdus par l'émigration. » Un combat eut lieu et deux ans plus tard (4 juilJat 1776) les Américains proclamaient leur indépendance. Le succès de Saratoga (1777) et U prise d'Yorktown (1781) par Washington assurée par l'alliance de la France, — dont les iioaes, bat tues aux Antilles, étaient victorieuses aux Indes (1782), — amenèrent la paix de Versailles (1783). Les Êuts-Unts éuient libres ; on nous rendait la Sénégal, Tabago et Pondichéry.

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