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LEÇON ET DÉVELOPPEMENT A L'USAGE DES MAITRES

Abandonnées à elles-mêmes, les plantes ligneuses donneraient une partie des produits qui les font rechercher; mais ceux-ci ne seraient ni aussi abondants, ni d'aussi bonne Qualité que ceux des individus auxquels on applique certaines opérations qui, en modifiant leur développement normal, augmentent la quantité et la qualité de ces produits. Ce sont ces diverses opérations qui constituent la culture des plantes ligneuses, l'arboriculture.

Les espèces ligneuses soumises à la culture sont asses nombreuses et diffèrent entre elles quant à la nature de leurs produits. On les a réparties, sous ce rapport, entre les quatre groupes suivants, que nous adoptons pour présenter un tableau aussi sommaire que possible ae l'arboriculture :

1* Les arbres et arbrisseaux fruitiers ; 2* Les arbres et arbrisseaux économiques ; 3* Les arbres et arbrisseaux d'ornement; 4* Les arbres et arbrisseaux forestiers.

1* Arbses et arbrisseaux fruitiers. — Ce sont ceux dont les fruits servent à notre alimentation, sous quelque forme que ce soit. On peut les classer ainsi :

Arbres et arbrisseaux à fruits de table. — Pour les divers climats de notre territoire ces espèces sont les suivantes :

Poiriers.

Pommiers.

Fruits à pépins • J Cognassiers.

Orangers.

Grenadiers.

Pêchers.

Pruniers.

Cerisiers.

Fruits à noyau / Abricotiers .

Amandiers.

Jujubiers.

Pistachiers.

Vignes.

Groseillcrs.

Framboisiers.

Figuiers.

Fruits nuculaires. } Noyers.

Noisetiers.

Fruits à osselet Néfliers.

' Azerohers.

Fruits en capsule Châtaignier.

Fruits en baie .

ARBORICULTURE

ARBORICULTURE

Espèces à fruits propres aux boissons fermentées :

Vigne.

Pommier.

Poirier.

Cormier.

Arbres à fhdts oléagineux :

Olivier.

Noyer.

Pépinières» — Pour toutes cet espèces, de même que pour celles qui composent les trois autres groupes que nous étudions plus loin, il faut, lorsqu'on veut les soumettre a la culture, commencer à élever les jeunes sujets et ne les çlanter à demeure qu'alors qu'ils ont pris un certain développement. Le lieu où ces jeunes arbres sont ainsi élevés prend le nom de pjimnière. On choisit pour cette culture un sol ricne, abrité et peu exposé à la sécheresse. Les principales opérations pratiquées dans les pépinières sont d'abord la multiplication, qui comprend les semis, le marcoitagej le bouturage et le greffage. Le semis n'est employé que pour les espèces proprement dites, c'est-à dire pour les plantes qui se reproduisent ainsi avec les qualités qui les font rechercher. Les autres modes, et surtout le greffage, ne sont usités que pour les variétés, lesquelles ne conservent pas par le semis les caractères qui les distinguent. On pratique en outre dans les pépinières le repiauage, qui consiste à enlever les jeunes plants au carré des semis et à les replanter à plus grande distance, puis la formation de la tige des ieunes arbres de haut |et.

Les arbres et arbrisseaux fruitiers sont soumis à trois sj'stèmes de culture : les vergei^, le jardin et les vienobles. Dans tous les cas, mais surtout pour le jardin fruitier et le vignoble, la culture a l»our but de CxToriser le plufl possible la fhictification.

Vergers, — Ce sont des surfaces assez étendues, consacrées à la fois aux arbres fruitiers et aux plantes agricoles, telles que fourrages, céréales, etc. On donne à ces surfaces le nom de veraers agrestes lorsque les arbres sont associés sur les terres labourées aux céréales, aux fourrages artificiels, etc Si ces arbres sont plantés sur des prés naturels, cette culture prend le nom de prés verofrs. Dans l'un et l'autre cas, ces arbres sont placés à grande distance les uns des autres. Ils se composent d'un tronc plus ou moins élevé supportant une tète volumineuse. Les soins qu'on leur applique consistent surtout en quelques élagages destinés à placer sous l'action directe du soleil la plus grande étendue possible de leura ramifications pour augmenter leur fructification. Les vergers peuvent recevoir toutes les espèces indiquées ci-dessus, sauf les arbrisseaux. Les frais de création et d'entretien des vergers sont peu élevés, mais leur produit maximum se fait longtemps attendre ; les fruits ont peu de valeur, s'il s'agit d'espèces à fruits de table, et leur produit abondant n'a lieu en général que tous les deux ans.

Jardin fHiitier. — C'est un espace plus restreint que pour les vergers. Il est clos do murs, l'intérieur en est souvent divisé par des murs de refend, et il est uniquement destiné à la production des fruits de table. Là, les arbres, presque toujours très rapprochés les uns des autres, sont soumis à une taille annuelle,et les espèces délicates, palissées contre les murs, sont pourvues d'abris qui les défendent contre les intempéries du printemps.

La destination du jardin fruitier varie un peu suivant qu'il s'agit de celui qui cultive pour consommer ses produits, ou de l'industriel qui destine ses récoltes à la vente. Dans le premier cas, le jardin est organisé de façon à produire, pendant chacun des mois de Cannée^ la plus grande quan-

tité possible des meilleurs fruits, de façon à ce ^e la consommation puisse en être continue. Pour 1 industriel, il devra s'efforcer d'obtenir la plus grande quantité des fruits qui ont le plus de valeur sur le marché.

Dans le jardin, les arbres fruitiers sont soumis à une série d'opérations qui ont d'abord pour but d'imposer à leur charpente une forme telle que ces arbres occupent régulièrement tout l'espace réservé à chacun d'eux, soit contre les murs ou en espalier, soit en plein air, et qui permettent aussi d en obtenir le produit maximum dans le laps de temps le plus court. Ces opérations concourent aussi puissamment à augmenter le nombre des fruits et à augmenter leur volume. On donne le nom de taille à l'ensemble de ces opérations. Il y a la taille d'hiver pratiquée pendant le repos de la végétation, puis la taille d'été exécutée aux diverses époques Je la pousse des arbres.

Les frais de création et d'entretien du Jardin fruitier sont, à surface de terrain égale, beaucoup

glus élevés q ue pour les vergers. Mais aussi , par suite os soins donnes à ces arbres, leurs produits sont beaucoup plus beaux, ont plus de valeur et sont plus abondants. On peut comparer le mode de culture du jardin fruitier à ce qu'en agriculture on appelle culture intensive ^ c'est-àrdire une certaine somme de travail et un certain capital appliqués à une surface restreinte. Les vergers peuvent être assimilés à la culture extensive ; la même somme de travail et le même capital étant dépensés sur une surface beaucoup plus étendue. Les résultats donnés en agriculture par ces deux systèmes sont les mêmes pour la production fruitière, à savoir que le capital employé donne un intérêt d'autant plus élevé, qu'on l'applique à une surface plus restreinte.

Vignobles. •— C'est à la vigne que s'applique ce mode de culture auquel on a donné le nom de viti' culture et qui a pour but la production du vin. Notre climat permet d'établir des vignobles sur toute l'étendue de notre territoire, sauf dans les départements du nord, du nord-ouest et de la Bretagne. Là, les vignes ou ceps sont assez rapprochés les uns des autres. Le plus souvent on les maintient près de la surface du sol. Presque toujours, excepté dans le midi, ils sont pourvus de supports. On applique d'abord un mode de taille destiné à former convenablement la charpente des ceps, puis ensuite on les soumet à une taille annuelle, pratiquée sur les Ieunes rameaux ou sarments et qui a pour but d'assurer l'abondance et la qualité des produits, et de faire que cette production se renouvelle pendant le plus grand nombre d'années possible. — V. Vigne*

2« Arbres et arbrisseaux économiques. — Ce sont les espèces dont les produits diffèrent de ceux des trois autres groupes. Ces espèces sont particulièrement les suivantes :

Le mûrier blanc, cultivé pour la production des feuilles qui servent à nourrir les chenilles du bombyx qui nous donne la soie. La feuille étant le produit qu'on demande à cet arbre, on le soumet tous les ans ou tous les deux ans à uue taille rigoureuse» de façon à en obtenir un grand nombre de rameaux vigoureux qui donnent une grande quantité de feuilles amples et faciles à récolter.

Les chénes-liéges, — Ce sont de grands arbres dont récorce épaisse et spongieuse nous fournit le liège employé à des usages si divers. Ces arbres, groupés en grands massifs dans le midi et le sudouest, sont cultivés de façon à leur faire développer un tronc le plus gros et le plus élevé possible. La première récolte du liège ne peut avoir lieu que sur les arbres âgés d'environ 30 ans; et Von ne peut faire une nouvelle récolte sur les mêmes points du tronc de l'arbre que tous les 12 ans.

ARBOEIGULTURE

ARBORICULTURE

•fin de donner le tesotps aunoateau liège d*acqaérir ane épaisseur suffisante.

Le nunac des cùrroyeurs, *- Cette espèce est nn grand arbrisseau à racines traçantes qa*on caltire en osassif serré dans le midi. On coupe la ti.re tout près du sol. De nombreux et vigoureux bourgeons se développent alors. Vera te milieu de Vété on les coupe rez terre. Bourgeons et feuilles wnt léchés au soleil, puis pulvérisés par nn procédé mécanique. Cette poudre, très riche en tannin, est livrée au oommerce pour faire de la teinture ooire et surtout pour le tannage des cuirs.

Le cdprier. — Petit arbrisseau de la Provence, nimé pour la récolte de ses jeunes boutons à fleur qm« confits dans le vinaigre, sont employés comme condiment sous le nom de câpres, Los vola opérations annuelles, appliquées à cette plaoïe, consistent à la receper pour obtenir de nosbreux et Tigoureux bourgeons sur lesquels oaûeent les boutons k fleurs. '

L» saules à osier. -^ C'est une série d'espèces dont les jeunes rameaux longs et flexibles fourciisint la matière première à la vannerie. Ils sont aud très emploTOs sous forme de liens par un gnod nombre d'industries et notamment par les umoetiers. Chaque année, on coupe sur la souche, placée tout près du sol, les osiers développés peiiduit l'été précédent. U en résulte que, dès le printemps attiTssit, de nombreux et vigoureux b-var^ons apparaissent et fournissent une nou- TtUe récolte. Ges souches d'oaier sont placées près Us Qoes des autres sur un sol un peu frais, mais non marécageux.

Les arbres et arbrisseaux à parfums, — Ces espèces Mint particulièrement les suivantes qui toutes

nntcahivees dans les parties les plus chaudes de

la Pfweoce. On extrait de leurs fleurs des huiles emirtielles qui forment une partie des parfums employés dans Tindustrie.

l'onssger. — Cet arbre est à la fois un arbre fruitier et un arbre à parfums. Chaque année on lui eslAre une partie de ses fleurs à l'aide desquelles M (ait l'eau de fleur d'oranger.

Le rosier. — Les fleurs de cet arbrisseau fouriissent par la distillation l'essence de rose. On lonmet les rosiers à une taille annuelle des-* iioée à augmenter le nombre et le volume des fleors.

Le tVbmtrt dT Espagne et la cassie^ cultivés dan le même bat, sont soumis au même traitemeot. — V. en outre Plantes arbwtives,

P ASBEBS KT ABBaiSSEAUX D'ORNXlIElfT. —

Ces plantes comprennent toutes les espèces ligneuses qui peuvent concourir à Tomement de BM parcs et do nos jardins par l'éclat do leurs ilean, la beauté' de leur feuillage ou l'élégance de leur port.

Pour faire un emploi judicieux de ces diverses espèces , on a dû les partager en plusieurs grou-

ris: les opéœf résineuses ou non résineuses; celles feuilles persistantes, puis celles à feuilles caduques. Enfin chacun de ces groupes présente luimême des subdivisions caracténsées par les dimeoaions qu'acquiert habituellement chacune de CCI espèces.

Oo tient compte, lors de la répartition do ces pUntei dans les jardins, des besoins de chacune d'elles à l'égard du cUnoat, du sol et de Texposition qu'elles préfèrent; on les dispose aussi de façon à en tirer le meilleur parti possible pour Tomement oetporet oxLtardins symétrioues, des jardins pitiorâques, enfin des baulevaras créés dans le voisioa|e ou dans Thitérleur des villes, puis des avenues qu mempagnent souvent les grandes habitations mrales.

4* Aaaais bt asbbissiaux forbstibrs. — Ces ary^s «ont cultivés en vue de l'obtention de produits u^eax et ^es opérations qu'on leur applique ont

Sour but d'augmenter le plus possible cette prouction. On donne à cette culture spéciale le nom de sylviculture et celui de bois et forêts aux surfaces qui y sont consacrées. *- V. Forêts.

Pour obtenir les produits que nous venons d'Indiquer, les arbres et arbrisseaux forestiers sont soumis à des modes de culture différents.

Les futaies. — Ce sont de grandes surfaces sur lesquelles on élève les arbres forestiers de façon à leur faire développer un tronc à la fois le plus long et le plus g^os' possible et susceptible d^tre employé comme bois de construction. La culture de ces futaie» se borne à la suppression des arbrisseaux qui pourraient nuire au premier développement des jeunes plants, puis à des éclaircies successives, conduites de telle sorte que les arbres puissent acquérir leur plus grand développement. — Après chaque exploitation les futaies se régénèrent au moyen d'ensemencements naturels.

Les taillis ou bois-taillis diffèrent des futaies en ce que les arbres sont exploités dans un âge beaucoup moins avancé, lorsqu'ils n'ont que 9 à 30 ans. Le produit de cette culture fournit surtout du combustible. Lors de l'exploitation, les arbres ne sont pas arrachés, comme dans les futaies : on les coupe rez terre, et les souches fournissent de nouveaux produits qui sont périodiquement exploités pendant une longue suite d'années.

Les tailiis sous futaies. — C'est une association de la futaie avec le taillis, de façon à récolter à la fois du bois de construction et du combustible. Les arbres de futaie sont beaucoup moins serrés que dans la futaie proprement dite, afin qu'ils ne nuisent pas trop au développement du taillis.

Plantations de lignes forestières. — Dans ce cas ces mêmes arbres forestiers sont disposés on lignes, isolés et plantés à des distances qui leur permettent d'acquérir leur plus grand développement et de fournir ainsi du bois de service. Ces plantations sont établies le long des routes, des canaux ou sur les grands domaines. On soumet ces arbres à des élagages périodiques pour favoriser l'accroissement du tronc en grosseur et en longueur. Après l'exploitation, ces arbres sont renouvelés par de nouvelles plantations.

Les liaies vives. — C'est par extension qu'on a compris les haies vives dans la sylviculture, puisque ces haies vives servent uniquement de clôtures rurales.

Importance de l*abboricultore en France. — Le produit des plantes ligneuses cultivées en France a une très grande valeur. Les chiffres que nous donnons ci après ont été puisés à diverses sources et particulièrement à la statistique officielle de ragriculture.

Production.

Natar* in prodaits.

Fruits de table.

Fruita propret aux boissona fer-

YalearmaiftiiL 540 000 000 fr.

(Tins, cidres) 3130 800 00

Froitaoléagiiieiu 500 450 86

ProdniU ligneux (boia et forêts). t57 000 000 Prodoita économiquea (noua n'a-

vooa de renaeignementa que

pour lea fealllea de mûrier). . . M 470 777 Pioduita dea pépinièrea (paa de

TCnseigttemeiila) •

Total 4 457 721540

Les produits de notre agriculture étant évalués environ dix millards, on voit que l'arboriculture joue un rôle très important dans cette production.

Si nous considérons cette branche de ragriculture au point de vue de l'exporution, nous trouvons, par les diiffres suivants, empruntés à l'administration dos douanes, que l'ariioriculture contribue aussi puissamment à augmenter la fortune publique :

ARBORICULTDRB

ARGHIMÈDB

Exportation.

50 100 000 fr.

frtnt» de table

Boissons fermentécs (vins et cidres) 261375 000

Fruits oléagineux 3 416 000

Produits ligneux 37 500 000

Produits économiques 0 081 000

Produit des pépinières (pas de renseignements) »

Total

Il est vrai que nous importons des produits simlàires^surtout des bois do construction(l 86,838,000 f.) pour une valeur toUle de 261,726, 000 te. lien résulte néanmoins que ce compte se balance largement à notre avantage.

Bibliographie ARBoaicoLX. — Si renseignement ofllcicl de Tarboriculture est récent, il n'en est pas ainsi des publications qui traitent de cette matière. Nous indiquons ici les plus importants de ces ouvrages dans Tordre chronologique.

Au commencement du dix-septième siècle, on voit paraître Touvraço si remarquable d'Olivier de Serres, le Théâtre de l'agriculture,éina lequel Tauteur a fait une large part aux diverses parties de Tarboriculture.

Sous Louis XIV, de La Quintinie publie son livre sur les jardins fruitiers et potagers. Puis on vit paraître les ouvrages de Descombes, de la Bretonnerie sur la culture du pécher.

Après la Révolution, rarboriculture prit un nouvel essor et Ton vit augmenter aussi le nombre des traités sur cette matière ; tels sont surtout :

La Taille raisonnée des arbres fhiitiers du baron de Butret; le Traité des arbres fruitiers de Duha- : mol du Monceau ; la Pomone française du comto ' Lelieur; le Cours de culture d'André Thouin; la Culture des bois de Parade, directeur de Técole forestière de Nancy; les Vignobles français par le docteur Jules Guyot; enfin le Cours d'arboriculture du professeur Du Breuil, reproduction des leçons faites par Tauteur à Tlnstitut national agronomique (5 volumes, 9« édition). TDu Breuil.j

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