‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 93 sur 562 · ARABES · texte numérisé non relu

ARABES

ARACHNIDES

S0U8 les noms de miels ntrfins, miels fins et miels ordinaires.

Les abeilles sont parfois atteintes par des maladies, qui font des dégâts considérables. La plus redoutable est la dyssenterie. Les abeilles en sont atteintes généralement à la fin de Thiver ; elles répandent leurs excréments sur leurs rayons et em- § estent la ruche. C'est en aérant celle-ci et en onnant du bon miel en nourriture que Ton peut prévenir Toxtension de cette maladie.

L'apiculteur doit aussi reillcr sur le pillage des ruelles qui se fait quelquefois par les abeilles d'une ruche voisine. Le remède, ici, est de rétrécir l'ouverture de la ruche attaquée, de prendre des mesures pour remplacer la mère si elle est morte, et au besoin de fermer la ruche et de l'emporter.

[H. Sagnier.]

Ouvrages ft oonsalter. — Traité d'apiculture, par Hamot ; Guide de Vapiculteur, par Dcoeauvoys; te Manuel de Vapiculteur de M. de Ribaucourt; le Livre de la ferme et des maisons de campagne, par Joigneaux.

ARABES. — Histoire généraIe,XVII. — Pour la géographie de l'Arabie, V. Asie,

1<> Avant Mahomet, — « Je pars le matin, chantait le Bédouin, affamé comme un loup maigre, qu'une solitude conduit à une solitude ; sous mes pas rapides se touchent les deux bouts de la plaine, nue comme le dos d'un bouclier. » Telle était, depuis des siècles, la vie des Arabes. Ces Sémites pasteurs et nomades parcouraient obscurément leurs déserts. Ils étaient unis par la langue, la communauté de vie, d'origine et de tradition, mais il leur manquait une religion pour les former en faisceau ; Mahomet ^ vint la leur donner (622 ans après Jésus-Christ).

2» Conquêtes (G32-732). — ' Dès lors, c mus par le double besoin de s'étendre et de convertir, ayant Tavidité de la conquête et l'enthousiasme de la foi, l'organisation qui vient de l'armée et l'obéissance qui vient de Dieu, ils marchèrent à l'occupation du monde. » (Mignet.) En vingt ans (632o:)2), dans une course merveilleuse, ils avaient soumis la Syrie, la Perse, l'Arménie, Chypre, Rhodes, l'Egypte, la Cyrénaîque. Leur empire s'étendait du Tigre au golfe de Gabès. — V. halifat.

Mais déjà l'esprit militaire l'emportait sur la religion. Un général, Moaviah, descendant des Koreischites adversaires de Mahomet, mettait fin au khalifat purement religieux en renversant Ali, gendre du prophète ; il fondait à Damas la dynastie des Ommiades (660-750). L'élan de la conquête reprend alors son cours. Samarkande et Cordoue, la Géorgie et le Maroc sont envahis à leur tour. Constantinople est deux fois assiégée. Mais les Sémites viennent se briser contre les Aryas à Poitiers (732) et dans l'Inde. L'Islam s'arrête devant les Brahmanistes et les Chrétiens.

3* Civilisation, — Déshonorés par les revers, les Ommiades sont victimes des révolutions dont ils ont donné l'exemple. Les Abbassides forment à Bagdad une seconde djrnastie (750). L'empire et la gloire des Arabes atteignent alors leur apogée, sous de grands princes, comme Almanzor et Haroun al Raschid. Chefs politiques et religieux, ces khalifes s'appliquent à développer la civilisation. Pendant que la chrétienté est encore enveloppée dans le moyen âge, le luxe des arts produit des merveilles, l'éclat des lettres et des sciences éclaire l'Orient. « En communication avec les Grecs, les Hindous, les Chinois, les Arabes créèrent cette civilisation mélangée, sans originalité et sans profondeur, mais non sans utilité, qui rattache les unes aux autres les trois civilisations isolées. » (Mignet.) Sur les traces d'Aristote, qu ils introduisent en Europe, ils cultivent la philosophie et surtout les sciences naturelles, ils se signalent par l'emploi du papier pour écrire,

de la boussole pour naviguer, de la poudre pour combattre. Ils ont donc défriché le champ sctentifique que nous cultivons aujourd'hui.

4* Dissolution et décadence (756-1055). — Uais cette domination, de Gibraltar à l'Indus, était trop étendue pour être durable ; la nature divisait ce que la force avait uni un instant. L'affaiblissement de l'enthousiasme religieux, la décadence de l'esprit militaire qui amène la création de la garde turque, accélèrent la dissolution et la ruine. Déjà depuis 756 l'Espagne vit séparée sous les khalifes de Cordoue. L'Afrique entière s'affranchit bientôt, grice aux Fathimites d'Egypte (908) puis l'Orient sont les Ghaznévides (980;. Enfin le Seldjoukide Togml Beg, chef des Turcomans, enferme les derniers khalifes dans leur harem de Bagdad (1055). Mais bientôt dissous à son tour, l'empire seldjoukide se décompose en sultanies. Et les chrotiens profitent de ces divisions pour accomplir les Crotsadsi \

La direction de l'islamisme allait passer aux Ottomans, originaires du Turkestan. V. Turcs.

[Paul Sch&fer.]

ARACHNIDES. — Zoologie, XXV. — (Éti/m.

semblable aux araignées.)

Notions générales. — On donne ce nom à une datse d'animaux articulés dont le caractère fondamental est d'offrir, chez les adultes, huit pattes en quatre paires, articulées, avec hanche, cuisse. Jambe et urse propres à la locomotion (exception pour ta première paire chez les Phrynes). La tête et le thorax sont confondus en un seul organe nommé céphalothorax, portant en avant les pièces de la bouche et des antennes modifiées dans leur fonction et leur configuration, nommées chélicérei, dci yeux placés en dessus, toujours simples, variant de nombre et de disposition ; en On une paire de pattes spéciales, dites patteS'-mâctioires, servant non à la marche , mais à la préhension des alunents et à d'antres usages. Puis viennent les huit pattes locomotrices attachées sous le céphalothorax. Celui-ci n'offre jamais d'ailes en dessus comme chez les insectes. L'abdomen, qui vient après le céphalothorax, na pas d'appendices locomoteurs et sa segmentation ea anneaux est plus ou moins distincte. La bouche offre des pièces très-réduites et se trouve conformée exclusivement pour ta succion des liquides des animaux vivants, À l'exception des Tétranyques ou Acariens tisserands, qui attaquent le parenchyme des feuilles. Les Arachnides ne mangent pas de parties dures ni de chair, et vivent presque exclusivement à l'air libre. Parfois des glandes particulières, de position diverse, servent à sécréter un liquide venimeux qui tue ou engou> dit la victime ; sans cette précaution, la bouche, très réduite, ne pourrait exercer la succion. Une autre sécrétion qui i)eut se rencontrer encore est celle d'une liqueur visqueuse, qui s'étire et se solidifie à l'air en fils soyeux. Les sexes sont toujours séparés sur deux individus distincts, et les petits naissent à l'état d'œufs pondus par la femelle, éclosant généralement au dehors, sans mét8mo^ phoses (sauf chez les Acariens), révolution se bo^ nant à un accroissement de taille, à des mues oa changements de peau et au développement des o^ ganes reproducteurs. La plupart des Arachnides ont une vie libre et indépendante ; au contraire, dans l'ordre dégradé des Acariens, un grand nombre des espèces sont épizoîques, c'est-à-dire vivent fixées à la peau des animaux^ dans laquelle elles enfoncent un rostre de succion formé par les pièces buccales allongées.

Nous ne dirons que très-peu de chose sur l'anatomie interne des Arachnides. Le sang est incolore, légèrement blanchâtre, coagulable par solidification de sa fibrine, et tenant en suspension des corpuscules ou organites hématiques. Od cœur, situé à la région dorsale de l'Arachnide^ pousse es san^c d'arrière en avant.

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En laifstnt de eàté toute anatomle iateme, pour nepirler que de ce qui se voit au dehors à la Tue fimple, ou avec une loupe seulement si ranimai €st très petit, noua sommes pourtant oblleés de ère que les Arachnides respirent Tair en liature oa gueui, taDt6t par des trachées, c^est-à-dire éti tobes bisant drculer Tair dans tout le corps, snsi que chez les insectes et les mille-pieds, tmtftt par des organes qui ont été appelés poUr mau. Ce sont des poches placées sous Tabdomen et contenant des séries de lamelles aplaties et empilées dans lesqu^es Tair entre et sort ; ce sont réellement des trachées localisées et modifiées, de sorte qu'an fond U nW a qu*un seul type respiratoire. Diiition des Arachnides. — Les Arachnides se ptfti2ent en plusieurs ordres. Les deux ordres fopénenrs en organisation ont des poumons, parfois arec des trachées : ce sont les Aranéides ou AraipteffXaiqvLélA nous consacrons un article d- après, nl^P^malpes,

LesPédipalpes ont le bouclier du céphalothorax <fiia« seule pièce, avec deux yeux sur la ligne médiane et d autres plus petits en nombre varisr ble sor les cfttés. Les chéiicères sont petits et en forme de pince, sans issue pour le passage d'aunne sécrétion. L*abdomen est plus ou moins oUong ou orale et ne se termine Jamais par des filières à soie. Les organes respiratoires consistent en podies pulmonaires. 11 y a trois familles dans cet ordre.

Xoas ne dirons rien de deux d*entre elles qui «mt exotiques, les Phrvnes et les Télypkones. La troinème famille, plus intéressante pour nous, est celle des Scorpions. Leur abdomen, uni au thorax dans toute sa largeur, est ensuite rétréci en arrière en queue assez large et formée de six anneaux, dont le dernier se termine par un crochet aigu ou dard à Yenin. Les pattes mâchoires sont très grandes et se terminent par une robuste main à deux doigts formant pince, comme chez Técrevisse ; elles servent à saisir les victimes tuées par le venin et à les approcher de la bouche qui suce leur sang.

Il y a sous la région antérieure du ventre quatre paires de poches pulmonaires.

Les scorpions vivent à terre sous les Eierres, sous les arres renversés, dans les lieux sombres et humides Ils sont principalement des régions tropicales et un peu des pays tempérés-chauds des deux mondes , atteignant une grande taille et un aspect vraiment ^nyant dans les contrées très chaudes. On les 'oiiconrir très rite sur le sol, en tenant leur queue l^^éeauHlessusdu dos, soit pour atuquer la proie, «ttpoar se défendre. Us la lancent en la redressant F des saeeades brusques et précipitées, et l'alguil- ^0 qui perce la peau présente au-dessous de la PviQte plusieurs ouvertures qui communiquent avec

Scorpioo.

une glande venimeuse. Les grands scorpions des pays chauds tuent des animaux de la taille d*ua chien et passent pour redoutables à l'homme, bien qu'il y ait beaucoup d'exagération à ce sujet. U est toutefois certain que leur piqûre cause une inflammation locale, pouvant ôtre très rive, accompagnée d'engourdissement et de fièvre et parfois de vomissements, de tremblements et de douleurs dans tout le corps. Des cataplasmes émoUients sur la plaie et surtout la cautérisation à l'ammoniaque, qui neutralise le venin acide, sont reconunandés pour combattre ces accidents. Les scorpions sont ovovivipares, c'est-à-dire que les œufs édosent dans l'oriducte de la femelle, de sorte que los petits scorpions riennent au monde viyants. Dans les premiers temps de leur existence, ils se rassemblent sur le dos de leur mère, ainsi qu'on le voit aussi chez beaucoup de genres d'araignées, et la famille veille avec soin sur cette progéniture,

au'elle ne connaîtra plus par la suite et qui pourra evenir sa proie si elle est affamée.

Nous avons en France deux espèces de scorpions, au'il faut recommander aux enfants de ne pas écraser, car ce sont d'utiles chasseurs d'insectes, au service par conséquent de l'agriculture. L'une, indigène et répandue dans tous les lieux pierreux du Hidi, est le Scorpion d'Europe IScorpio Europœusj Linné). Il remonte Jusqu'à la latitude de 44*, et derient très conmiun en Espagne et en Italie. U a de 25 à 80 millimètres de longueur, est brun, avec six yeux et une queue plus courte que le corps. Sa piqûre n'est pas plus dangereuse ane celle d'une ffuèpe ou d'une abeille. Une seconde espèce, confinée dans la bordure méditerranéenne (Toulon, Fréjus, etc.) et importée de l'Afrique du nord où elle est commune, est le scorpion roussàtre ou occitanique, d'un Jaune roux un peu enfumé, bien plus grand que le précédent et à piqûre plus cruelle. Il appartient à un autre genre, a la queue plus longue que le reste du corps et porte huit yeux sur le devant du céphalothorax. G est le Buthus occitantts, Amoroux.

Les autres ordres des Arachnides respirent par des trachées disséminées, comme les insectes et les myriapodes ou mille-pieds.

Nous ne ferons que mentionner : l'ordre des Tétracères (4 antennes), représenté seulement par les Galéodes ou SolpugeSf dont une espèce se rencontre dans l'extrême midi de la France; — l'ordre des HoUtres, comprenant : P les Chélifères^ aussi nonmiés Pinces des livres^ Pinces des bibliothèques ^ qui se trouvent ordinairement dans les vieux papiers, les plantes sèches, etc., auxiliaires malheureusement trop rares, car ils font la chasse aux insectes, notamment aux rongeurs de bois ; 2* les Phalangiens ou Faucheurs, dont le principal genre est bien connu de tout le monde par ses pattes d'une longueur démesurée et très fines, que les enfants s'amusent souvent à arracher pour voir les mouvements de leurs articles, qui persistent

Quelque temps après leur séparation du corps, ^n voit souvent les Faucheurs courir par les chemins ou se chauifer au soleil sur le tronc des arbres, après la pluie, pendant des heures entières. Ce sont des Arachnides tout à fait inoffensives, suçant des insectes morts, des fruits tombés, des détritus divers ; — enfin l'ordre le plus dégradé, celui des Acariens, dont le caractère physiologique le plus important est celui des métamorphoses, qui manquent aux autres Arachnides. Les acariens en sortant de l'œuf n'ont que trois pahres de pattes, et ce caractère, larvaire chez eux, est au contraire celui des adultes chez les insectes. Plus tard, quand les acariens deviennent propres à la reproduction , ils acquièrent une quatnème paire de pattes, la postérieure, ce qui assigne leur place définitive parmi les Arachnides.

L*étude complète de cet ordre à espèces très

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péiiteB, presque microsoopUittes parfois, n*ett pas encore faite. Void quelques notions sur les Acariens utiles à connaître.

Les Trûmhidions nous rendent serriee en détruî* sant de petits articulés très nuisibles aux cultures, comme les thrfps flnseotos) et les acariens tisserands dont noiis allons parler. Cependant des auteurs admettent au contraire que ces trombidions adultes ne sucent que des véÎRétaux. A Tétat de larves à six pattes, les trombidions sont désagréables par leur mode d*existence. Dispersés sur les plantes, ils s*aecrochent aux animaux qui passent et vivent ensuite fixés à la peau de beaucoup d'a- Biroaux et môme de Thomme, causant des démangeaisons parfois assez douloureuses. On les nomme alors rougets, ooûtarUf leptes dtautmnne ; on les voit souvent, comme des points rouges, attachés au corselet de papillons, de mouches, autour des yeux et des oreilles des chiens ou des lapins, etc.

Les Tétranyaues ou Acarieru titserandt, ont

Eour espèce principale le Tetranychus lintearitu, inn. ou ieiorius, Hermann , epÂthètes qui se rapportent aux toiles que ces acariens tissent incessamment sur les végétaux, où ils vivent en innombrables légions. Ces fils sont si fins qu'ils ne se voient même pas à la loupe, mais leur ensemble, dû à Taction commune de milliers d*acarien8, finit par former un réseau apparent qui enveloppe les feuilles, les tiges et les fleurs, et dont les bouts, déchirés par les vents, flottent par^ fois au hasard. Sous ces abris, les tétranyques entament les feuilles et les jeunes tiges par leur suçoir buccal, muni de deux petites lancettes. La sève est aspirée par une multitude d'imperceptibles orifices, les feuilles épuisées se flétrissent, leurs bords se contournant en dessous, la face inférieure devenant blanchâtre et un peu luisante, la face supérieure Jaunâtre ou grisâtre, avec des parties plus claires formant des marbrures. En même temps, le naseau soyeux, qui arrête Tair nécessaire à la respiration du végétal et qui était d*abord blanchâtre, retient Teau et la poussière et forme à la plante une sorte d'enveloppe d'aspect sale et répugnant. L'action de ces toiles et les multiples piqûres des tétranyques font périr beaucoup de plantes, par la maladie que les jardiniers appellent la grise. Les toiles, qui empèchentle mouillage, rendent peu efficaces les injections de fleur oe soufre ou de Jus de tabac. Il faut couper et brikler les parties atteintes ou faire des lotions de polysuifure de calcium dissous ou de sulfocarbonate de potasse étendu, ces substances dégageant lentement des gax délétères.

Puis vient la famille des Ixodes, dont Tospèce la plus commune est VIxodes rtctm», auct. ou phan- Mttt, Dugès, nommé Tique ou Tiquet, C'est un des plus KPOS Acariens, de & miUim. de long, s'attaehant parfois à rbomme, très-fréquemment aux chiens, aux lapins, aux lièvres, etc. Ce sont les femelles qui se fixent ainsi et se gorgeat de sang par une succion continuelle, prenant un volume énorme, ressendslant à une graine de ridn (d'où le nom de Ridns donné par certains auteurs à ces animaux) ou â une petite fève lisse, luisante, d'un gris plombé. Les oreilles des ddens de diasse sont souvent garnies de ces dégoûtantes vésicules, qui crèvent entre les doigts et les imprègnent de sang. Il ne faut pas arracher les Ixodes, car leur bec se rompt et reste dans la plaie et n'en soit qu'après un travail de suppuration faisant plus de mal oue si F Acarien était demeuré tout entier atuché à sa proie. Si l'on toucàe le parasite avec une goutte d'essence de térébenthine, il tombe de lui-même. Ces tiques pondent des milliers d'œufs, d'où sortent des larves qui se dispersent et grimpent partout. Les chenils en sont souvent infestés. Il faut les échauder à l'eau bouillante, surtout aux plafonds et parois supérieures, car les larves ont

tendance à s'élever le plus qu'elles peuvent. Le» Ixodes et les genres voisins se trouvent sur beaucoup d'animaux différents, même sur des tortues, des serpents, etc. Une espèce nuit beaucoup aux bœufs et aux moutons, si on la laisse se multiplier, et elle peut rendre ces animaux très maigres et aflaiblis. Les bei^rs doivent visiter leur béuil avec soin et détruire leurs tiques, comme nous l'avons dit pour celles des chiens.

Les Acarides ont les pattes-mâchoires adhérentes et les pattes égales. Certains d'entre eux, les tyroglyphes, de l'ancien genre Acanu, sont ces petits animaux que les auteurs du dernier siècle nommaient les Cirons^ les Mites, les regardant oomme le dernier terme de la petitesse animale. C'est un Tyroglyphe, Tyroglyphus sirç, Latreille, qui pullule avec ses œufs et ses larves à six pattes dans les vieilles croûtes des fromages secs TTcoglypIie des fromAgcs (Gruyère, Roquefort, etc.); wcs.

u'autres Tyroglyphes vivent dans la fume, les provisions de bouche, les viandes desséchées, attaquent les collections d'insectes, etc.

Enfin les Sarcoptides. L'espèce Sarcopte de la gale {Sareojptes scabiei, Latr., Acarus humanus eubcutanetM,Unn.,Sarcop/esAomtfiis,Raspail, etc.) ritdans les galeries qu'elle se creuse sous la peau, non-seulement chez l'homme, mais chez le porc, le cheval, le renard, le loup, le chien, la chèvre, le chameau, le mouton, le lion, la hyène, l'ours, etc. , avec des variations de taille qui ont souvent fait croire à des espèces différentes. Parfois on a vu les sarcoptes passer de ces animaux à l'homme. Le bouton de gale est causé par la piqûre du rostre de sucdon; ce n'est pas dans ce bouton que réside P animalcule, mais dans un petit sillon à côté, ce qui faic que beaucoup de médecins l'ont nié, n'ayant pas su le découvrir. Il est pourtant bien constaté cbex l'homme depuis longtemps. Les sirons ou cirons des doigts étaient connus dès le onzième siècle, et des vieilles femmes savaient guérir la gale en déterrant l'animalcule dans son sillon cutané arec la pointe d'une fine aiguille. En Italie, Bonomo(1633) voyait les forçats et les esclaves du port de Livonme se rendre mutuellement ce service. Geoff'roy (Histoire abrégée des Insectes des environs de Paris, 1762) décrit cette petite opération, ainsi que le ciron de la gale, et le distingue de celui du fromage, et, à la fin du dix-huitième siècle, l'entomologiste Fabricius trouvait généralement répandu chez les indigènes du Groenland, entassés en hiver dans leurs huttes infectes, l'usage de l'extraction des sarcoptes avec une aieuille.

Cependant les médecins n'avalent pas la vraie notion de la nature exacte de l'affection psorique. C'était pour eux un exanthème pustuleux, résultant d'une altération générale des humeurs. Outre les lotions locales, on prescrivait souvent des traitementa généraux ; on se demandait même parfois s'il était prudent de guérir la gale, qui devenait oomme un exutoire propice. On trouve encore dans les campâmes ces idées absurdes relativement aux poux des enfants. Uy avait chez les médecins une erreur analogue à celle qui a fait regarder si lonfftemps le Phylloxéra comme n'étant pas la cause de Ta maladie de la vigne. Beaucoup de personnes ne se rendent pas compte des effeu immenses des petites forces simultanées, et, en présence des sraves lésions de la peau résultant des gales invétérées, on ne consentait pas à admettre comme leur

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aotenr un cbétif animalcaU dont les gros sujoto ont 2à I dixièmes de millimètre de longueur. ,,

Ed 1812, on étadUnt en pltannadej Galès, eut llspndeDce de montrer à ses examinateurs de pré- Modns Acares de U gale extraits, disait-il, des posoiles et qui n'étaient que le Tyroglyphe du froaage ; Raspail fit justice en 1829 de cette mystifia otioQ trop accentuée. Dans sa thèse, en 1834, un «radiant en médecine de la Corse, Renucci, se sou* venant des procédés des matrones de son pays, ïAdiqai le moyen de découvrir à coup sûr Tanioalcole. La même année, Raspail fit paraître une étodede graadA valeur sur cet Acarien, et la cornplétt pir celles de diverses autres espèces sur des animaux domestiques. On peut dire que depuis 1351 'Boorfsignen et Delafond) les affections psoriques wst éémoBtrées avoir pour cause unique des Acariens.

La boutons de gale ne tardent pas à s'excorier, urtoat k la suite des démangeaisons qui les acojmpignent, et les parties aj^eintes se couvrent de croûtes empêchant les fonctions de la peau . On a loogtemps employé pour guérir cette affection des Diiâgatioiis d'acide sulfureux, lé siget étant placé uns une boite d*où sort seulement la tète ; d'autres médecins se servaient de lotions alcooliques f]as OQ moins corrosives de mélisse, de menthe, etc., «a bien des ponunades mercurielles. On peut dire \w toos ces moyens curatifs étaient plus graves que le mal et altéraient profondément la peau. Il faut simplement surveiller rapparition aes premiers boutons, (^ui se fait d'ordinaire entre les doigts et aux poignets. En y maintenant pendant quelqaes heures des linges imprégnés de hcnzine, oa simplement de jus de tahac ou d'une pommade soQ&ie, les Acariens sont détruits, et tout disnanlt bientôt. Il importe d'appeler l'attention des isstituieors sur ce répugnant objet, car la gale est eocoretrop répandue dans les campagnes reculées, et leurs conseils auront une grande utilité. C'est pendant la nuit que les Sarcoptes sortent de leurs dapien cutanés, se promènent sur la peau, s'attadeat aux vêtements, aux draps de lit, aux coussins des voitures, etc. La promiscuité qui règne au époques des foins, des moissons, des ven'lan- ^, alon qu'une foule d'ouvriers dorment entassés dans des granges, propage activement la contagion purique. La connaissance de ce qui précède peut am^'oer rapidement une grande amélioration à cet i Égard. I

Le plus précieux de nos animaux domestiques, le cberal, est atuqué avec une intensité variée par (^eâ Sarcoptides de trois genres diflFérents; l'un, le moins dangereux, n'attaque que les membres, et «Qcore très lentement ; un autre, le Psoropte du <J»Tal {Psaroptes equi, P. Gervais), détermine ! affection connue des vétérinaires sous le nom de '^mx vieux ou de gale humide, se manifestant par àm boutons hémisphériques, d'abord au bord supé- 'i^ de l'encolure et à la queue. En cinq ou six ^, si on n'y porte pas remède, la peau tout entière da cheval sera envahie et la mort certaine par la suppression de la transpiration. Il est une ^ttième mahidie psorique du cheval, la gale sèche «0 ^pisootique, dont la vraie nature n'a été reciionae que dans ces dernières années. A lasuite de ^CBorre désastreuse de 1870-1871, une épizootie «flMhit les chevaux de l'armée française, avec des W^^mes qu'on regardait jusqu'alors comme <^wé8 exclusivement par le manque d'abri et de ♦«•ûs, les marches forcées, les mauvais four- ^, etc. La cause véritable était une variété du ^pte de la gale humaine {Sarcoptes scabiei, ^^\ '»• cqui, Gerlach) très dangereux par J* fécondité effrayante et pouvant en un mois seu- •^fiût se répandre sur toute la peau d'un cheval ^18 faire périr. Cet Acarien du cheval, à contagion '^o etr^ide, peut se transmettre à l'homme : ce

qui indique tout de suite les précautions à prendra

2uami on ^igne les chevaux qui en sont attehits. e traitement des diverses affections psoriques du

PsorapN de l^i galé au clievaL

cheval est le même. Si l'invasion est un peu étendue, il fauts'lnterdbe les lotions au pétrole ou à la benzine> qui causent, pendant plusieurs semaines, une irritation de la peau et provoquent l'apparition d'une affection artificielle qui a autant d'inconvénient au point de vue du travail du cheval que la gaie elle-même. On frictionnera aux parties atteintes et aux alentours l'animal avec le soufre mêlé ou non au goudron, ou bien le fus de tabac, ces acaricides étant incorporés dans des excipients doux, comme des corps gras, de la glycérine, des huiles non siccatives. Au bout de quelques Jours on lave le cheval à Teau de savon. Une précaution importante est d'isoler les chevaux galeux, et de désinfecter toutes les pièces du harnachement, les effets de pansage, les parois de la stalle d'écurie. C'est l'eau bouillante qui réussit le mieux à cet égard, car elle tue les Acariens errants cachés dans tous les recoins, et leurs œufs dont la vitalité persisterait sans cela pendant plusieurs mois.

Les chiens sont fréquemment attehits d'une gale particulière, la gaie folliculaire^ causée par un Acarien encore plus dégradé que les Sarcoptes, le Demodex fotliculorum ou Démodex des follicules, vivant dans les follicules pileux de toute la surface du corps, de forme allongée comme un Helminthe, avec huit pattes extrêmement courtes à la région antérieure. Cette maladie, que beaucoup de vétérinaires déclarent Uicurable, exiee de la persévérance et du zèle dans le traitement. On en vient sûrement à bout par des bains de Barèges administrés avec persistance, soigneusement et chaque jour, pendant un mois au moins, puis de huit jours en huit Jours pendant deux ou trois autres mois. Heureusement cette gale folliculaire ne se communique pas à l*homme.

Toutefois l'espèce humaine est attaquée par un Démodex, variété du précédent ou plutôt espèce très voisine ; mais il se loee seulement dans les follicules des poils follets du visage et les glandes sébacées de la même région, particulièrement des ailes du nez et du front. On voit ces parties cher beaucoup de personnes, surtout celles à teint grais-

ARAIGNÉES

ARAIGNÉES

seux ot Jaunâtre, couYertes de petits points noirâtres. Ce sont des loges de Démodex, qii*il est facile de faire sortir par la pression. On se débarrasse aisément de ces parasites de la peau par un lavage à l'eau de savon un peu caustique, comme celle du savon noir, ou mieux par des lotions avec des alcoolats de toilette, comme Teau de Cologne ou Teau de Botot [Maurice Girard J

ARAIGNÉES OU scientifiquement Aranéides (ordre des). — Zoologie, XXV. — Sous ce nom se trouve compris Ton&e le plus élevé de la classe des Arachnides, non pas seulement par son organisation, mais par ses instincts, nous dirons presque ses lueurs d'intelligence^ ses ruses de chasse et les piéees soyeux si variés qui servent aux araignées a capturer leurs victimes, et qui leur ont valu leur nom tiré du grec et consacré par la légende mythologique*. Arachné avait surpassé Minerve dans Tart de tisser à la navette les plus riches dessins. Outragée et frappée par rirasdble déesse, la jeune artiste se pendit do désespoir : Jupiter la fit revivre sous la forme de Taraignée, afin qu'elle pût continuer éternellement à filer et à tisser.

Nous ne répéterons pas les caractères des Arachnides ; nous indiquerons seulement les modifications spéciales à la classe des Aranéides. Le céphalothorax présente en dessus une plaque coriace nommée bouclier ^ large à sa partie moyenne et rétrécie en avant, où elle se recourbe pour former un rebord frontal sur lequel sont placés les yeux, généralement au nombre de huit, parfois seulement au nombre de six, et dont les grandeurs et la disposition relative varient suivant les genres et sont en rapport avec les habitudes et le mode de vie de l'araignée ; en arrière le bouclier est dé-

rrimé et plus ou moins échancré au-dessus de insertion de l'abdomen. En dessous du céphalothorax se trouve le plastron, oiirani des echancrures latérales pour l'insertion des pattes. En avant du bouclier céphalothoracique sont les chélicères. Ce sont les analogues des antennes, mais d'un usaee tout différent, car elles sont munies d'un crochet à venin pour tuer les victimes. Puis viennent les premiers appendices du thorax, les pattes-mâchoires t servant à saisir et à déclarer la proie. Leur tarse ou article terminal porte seulement chez la femelle deux petits crochets simples et rétractiles. Chez le mâle cet article se renfle en une large cupule renfermant un crochet considérable. Ces deux cupules renflées des bouts des pattes-mâchoires font tout de suite reconnaître les mâles des araignées, qui sont beaucoup plus rares que les femelles ; ils sont aussi en général bien plus petits et semblent avoir une existence assez malheureuse, car les araignées, qui sont des mères tendres et dévouées, sont d'ordinaire des épouses très cruelles, rendant fréquemment les mâles victimes de leur voracité féroce.

L'abdomen est attaché au thorax par un pédicule cylindrique. Sans annulations, il est le plus souvent ovale, renflé, variablement allongé, plus ou moins arrondi, plus gros en avant qu'en arrière, tout à fait globuleux dans quelques genres, triangulaire dans d'autres, enfin offrant parfois la partie postérieure la plus large et la plus grosse. La face ventrale de cet abdomen est le plus souvent plane; sa partie antérieure porte une ou deux paires d'opercules ou plaques larges qui recouvrent les orifices respiratoires ou poumons (trachées aplaties et groupées en lames multiples dans des cavités spéciales) ; entre ces opercules et au milieu de l'espace qui les sépare se voit une ouverture arrondie, orifice des or-

Êanes reproducteurs et par où sortent les œufs, a partie postérieure du dessous de l'abdomen présente l'ouverture anale placée au milieu d'un netit chaperon et entourée d'appendices destinés à donner nassage à la soie et pour cette raison

nommés filières. H sera très facile de voir, même à rœil nu, tous les organes que nous venons de décrire, en prenant une araignée des maisons à toute sa taille (tégénaûre) ; ou mieux encore une grosse araignée de Jardin (épeire) ; pour se Boa»> traire aux morsures des chélicères, an reste à peu près inoffensives pour Thomme, et surtout pour paralyser les mouvements qui rendent l'obsemtion difficile, il faudra tuer ou engourdir l'araignée par l'alcool ou le chloroforme.

Les filières sont de petits mamelons articulés, disposés en couronne et par paires autour du chaperon anal. Ils semblent tronqués à leor extrémité, et, si on soumet celle-ci au grossissement du microscope, on reconnaît que c'est une membrane molle et percée, comme un crible, d'une infinité de petits trous. La matière soyeuse sort de ces trous sous forme d'une petite gouttelette qui ne peut toucher un objet sans s'y fixer et y produire un fil que l'araignée tend en s'éloignant de ce point. Ainsi le fil de l'araignée, dont on admire U finesse, est formé par la reunion de centaines de filaments invisibles, simples d'abord et accolés ensemble après leur sortie de l'organe. Les filières sont au nombre de six ou de quatre et inégales de grandeur. Les unes sont destinées k filer les pièges de chasse, tandis que les autres donnent une soie différente, plus douce, servant à faire de moelleux cocons blancs, Jaunes, verts, etc., dans lesquels reposeront les œufs de l'araignée. Beaucoup d'espèces cachent ces cocons dans des refuges propices et les surveillent avec vigilance; certaines les emportent dans leurs courses attachées soas le corps, et alors les petites araignées qui éclnsent grimpent souvent sur le dos de leur mère.

Les toiles de chasse sont des plus rariées. II y a des araignées toujours errantes, sautant sur U proie qui passe (saltiques, lycoses, etc.) et chez lesquelles la soie ne sert qu'à faire les cocons ; d'autres se cachent en embuscade dans des cellules u-

eissées de soie (mygales, atypes, ségestries, daiones) et tendent seulement au dehors quelques fils isolés. La plupart des araignées font de véritables tissus continus et très variés, destinés k r64.anir les insectes au passage. Les uns sont irréguliers, à mailles lâches et entrecroisées (pholques) ; les autres se présentent sous la forme de larges nappes horizontales, ressemblant à des hamacs et artistement travaillées (tégénaires); les autres enfin, suspendus verticalement à travers les allées de nos Jardins, sont formés de rayons et de cercles concentriques, dont la régularité et la précision de travail sont toujours un sujet d'étonnement (épeire). Les filières servent à fournir la matière des tissus ; mais elle est assemblée par les bouts des pattes ou tarses, qui sont munis de poils raides, de peignes, de cardes, ustensiles de filature d'autant plus compliqués que les toiles sont plus parfaites.

L'examen des tarses à de fortes loupes permet de reconnaître si les araignées sont des tisserandsplas ou moins industrieux et ont fait donner aux pattes des espèces à réseaux bien travaillés le nom de piedstisseurs; on voit les araignées occupées à ajuster les uns aux autres avec leurs tarses les fils qui sortent des filières. On peut dire que la sécrétion de la soie Joue un rôle continuel dans la vie des araignées ; son usage intervient à tous les instants de leur existence. La soie sert aux araignées à marcher sans se heurter sur les corps les plus âpres, à se maintenir sur les plus lisses, à se précipiter à terre sans secousse sur le sol pour échapper ans ennemis, à tendre de longs fils au bout desquels elles se balancent pour atteindre un point éloigné, souvent avec l'aide du vent, à bâtir les coques d'abri, à tisser les toiles et les pièges sans lesquels elles périraient de faim. Dans le combat, c'est encore avec des fils que l'araignée enUce et garrotte

ARAIGNÉES

ARAIGNÉES

soo adfemire, el ce sont enfin des fils qui, au moment de la ponte, serrent à fabriquer soit des sacs feutrés et imperméables à Teau où reposent les cenfîB, soit de moelleux édredons qui les enveloppent et les protègent contre le refroidissement ooctome.

Les œufs, en sortant des OTsires, ont la forme de petites sphères très polies et lisses; quand il d't a pas de cocons, comme ehes les pholques, ils fmt couverts d'une matière visqueuse qui les lait adhérer ensemble en un petit paquet que la Bère tient sons le plastron, entre ses pattes-mftdMHies. La plupart des araignées font des pontes SDCceinves, debuitjours en huit Jours,et entourent chaque ponte d*un cocon spécial, tissé pour elle. Aa bout d*un mois environ, selon la température, \M jeunes anignées brisent la coque de Tœuf. EUet sont alors entièrement blanches et ont les pattes réunies et accolées sous le ventre : au bout d'une huitaine de jours environ a lieu une premiëemoe qui rend libres tous les appendices ; alors ks petites araignées se h&tent de sortir du cocon. DiDs beaucoup d'espèces, elles se dispersent, et docone choisit la place de sa demeure future ; dans certaines espèces elles restent encore ensemble qoelque temps, soit sur le dos de la mère, soit {ormiBt ces pelotons de petites araignées si communes dans les jardins. Cest en automne que se (sit l'édosion du plus ^and nombre des araigné». Lors de la dispersion des jeunes, toutes ces petites araignées laissent des fils sur leur passage, comnDtle terrain et les troncs d'arbres de leurs fiUiDents innombrables et tellement fins qu'ils ne sont visibles que lorsqu'ils réfléchissent la lumière du uleil. Cest aussi à cette époque que le vent piQiBène de toutes parts des filaments accolés et des flocons de ces fils, blanchis par la rosée, et qui forment m fUs de la Vierge si abondants dans les campâmes.

Les araignées sont ornées à la région dorsale de pigments de couleurs variées et elles ont d'habitude des teintes en rapport avec celles des objets sm lesquels elles doivent passer leur existence ; c'est là une harmonie d'imitation fréquente chez les animaux et qui sert à dérober l'araignée à la' Tue des insectes dont elle' fait sa proie, comme aussi à celle des pompiles et des pélopées (Hyménoptères fouisseurs), qui emportent les araignées dans leurs terriers comme provision pour leurs lures, et de divers Hyménoptères entomophages

n* Tiennent pondre dans leurs corps et surtout s leurs cocons à œufs ; ce sont les vengeurs dt: la race des insectes. Les araignées qui vivent <lafls la corolle des fleurs (thomises) sont parées de coolears rouges, jaunes ou violettes ; celUss des Ter^rs et des jardins (épeires, théridlons, attes) ont des couleurs et des dessins variés; les spansseSf qui chassent au printemps sur les gazons, wnt d'an vert émeraude. Les espèces établissant iears toiles dans des endroits obscurs, les grottes, W caves, les celliers, les écuries, les granges, etc., OBI des teintes foncées et uniformes (tégénaires, ségestries, drasses) ; celles qui se cachent sous Técorce des arbres ou dans des trous en terre, comme les dubioncs, les mygales, les atypes, sont brunes, plai on moins rougeâtresou verdàtres ; les lycoses, Us philodromes, les dolomèdes, qui courent à terre, ont la couleur du sable ou des feuilles Bèdies.

Us araignées ne peuvent pas absorber de matières solides et ne vivent que de sang et de sucs MJmanx; elles rejettent les parties dures et deswchées de leurs victimes et sont capables de supposer des jeiines de plusieurs mois, même en été, iortout chez les espèces sédenUires, obligées d'at- Jwîdrc une provende qui ne vient parfois qu'à de »Qgs intertaUes ; souvent l'araignée est obligée, P« U faim, de quitter une place mal choisie et de

tenter la fortune en des lieux plus propices. C'est dans ces moments de famine que les femelles dévorent leurs mâles ou se mangent entre elles; c'est ce qui empoche de faire travailler, en société, les araignées, comme on en a eu la pensée, afin d'utiliser les toiles et surtout les cocons à œufs de certaines espèces. Si Ton rapporte chez soi des araignées, pour l'étude ou la collection, il faut placer chacune dans un tube de verre séparé ou dans un cornet de fort papier, sous peine d'un prompt carnage dans lequel les plus faibles succombent.

Les araignées, en raison de leurs mœurs carnassières, sont des Articulés éminemment utiles et dont on doit protéger l'existence, en recommandant de ne pas les écraser et de respecter leurs pièges de chasse ; il n'y a d'exception que pour les grosses espèces qui se trouveraient dans le voisinage des ruches, car elles détruisent des abeilles capturées dans leurs toiles.

Espèces d* Araignées dont l'étude est à recomman* der en raison de leur utilité ou de leurs moeurs curieuses :

1* Araignées des maisons. — Les araignées qui habitent nos demeures d'une manière exclusive ou accidentelle, et qui nous délivrent d'un grand nombre d'insectes nuisibles de divers ordres, appartiennent à des genres difi'érents.

Les Tégénaires construisent dans les angles des murs et entre les solives des plafonds de larges toiles enfoncées dans leur milieu et en forme de hamacs, s'étendant parfois sur toute la largeur d'une fenêtre, qui sont d'abord d'un blanc éclatant, mais ne tardent pas à se couvrir de poussière. La vie des tégénaires est sédentaire et se passe dans un tube soyeux placé à l'un des angles de la toile, d'où elles guettent les insectes qui y tombent et les entraînent dans leur tulje pour les sucer. Pour la ponte de leurs œufs ronds et d'un blanc mat, laquelle se fait entêté, les tégénaires de nos maisons filent d'abord un flocon de soie d'un beau blanc et l'entourent d'un sac de fils bruns et lâches lesté avec des graviers et des débris d'insectes et attaéhé avec de nombreux fils dont certains communiquent à la toile. Les œufs sont alors pondus et enveloppés d'un cocon de soie fine et transparente que l'araignée transporte au centre du flocon. Elle en ferme l'ouverture, et, abandonnant sa grande tdlle et son tube, se pose sur le sac aux œufs, qu'elle surveille constamment jusqu'après la sortie de sa progéni* ture. Deux tégénaires vivent ainsi dans nos maisons. L'une atteint dans sa grande vieillesse, qui peut, dit-on, dépasser sept ans, une longueur de 2 centimètres et est la plus grande araignée des environs de Paris. C'est l'Araignée domestique {Tegenaria domestica, Linn.), à pattes longues et grêles, à couleur grise et obscure. Une autre espèce, de plus petite taille et d'une couleur brune plus vive, 1 Araignée civile [Tegenaria civilis, Walckenaér), a les mêmes habitudes. J'ai vu des tégénaires venant sucer des gouttes de sang humain sur les parquets ou dans une cuvette. Il faut, autant que possible, ne pas enlever les toiles des tégénaires dans les celliers, les granges, les écuries, les étables, les bergeries, etc., car elles détruisent les mouches domestiques, les mouches nuisibles aux grains [Chtorops, Oscinis), celles qui tourmentent le bétail, les œstres, les hypodermes, les ccphalémyies.

On voit souvent pendre aux plafonds et aux corniches des chambres des fils très-gluants fixés aux deux bouts, entrecroisés en tous sens et sur plusieurs plans. Se tiennent au milieu de ces fils des araignées à pattes extrêmement longues , ténues comme des fils, ressemblant à celles des faucheurs, à petit corselet circulaire, à long abdomen tronqué en arrière, à mouvements lents et d'une couleur blanc-grisâtre. Co sont les Phol-

ARAIGNEES

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qnes (Pholcus phaiangoides, Walk.)» M seccmant par fortes saccades des qu'un insecte se prend dans U toile, ou dès qu'on y touche. Dès qu'une mouche s'est colline aux fils gluants, le pholque s'avance lentement au-dessus d'elle, puis, le soutenant au moyen de ses six grandes pattes antérieures, l'enlace de fils nombreux comme d'un maillot, fils que ses pattes postérieures portent avec régulante des filières de l'araignée à la mouche. Puis le pholque fait monter la mouche Jusqu'à sa bouche au moyen de la troisième paire de pattes, l'applique sous son corps, la suce pendant plusieurs heures, détache ensuite le cadavre qu'il laisse tomber, de sorte que ses fils ne sont jamais souillés par les dépouilles des victimes. Les pholques femelles collent sous leur plastron leur paquet d'œufs agglutinés entre eux et sans cocon, le maintenant ainsi pendant tout le temps que mettent les Jeunes à éclore et à se développer ; la mère ne sort pas de sa toile, ne fait aucun mouvement, négligeant même de prendre de la nourriture Jusqu'à ce que le sort de sa postérité soit assuré.

On trouve encore dans les maisons, aux angles des murs, aux corniches, dans les armoires abandonnées, entre les interstices des poutres, des toiles très-lâches et à fils Isolés pendants, tissées par un Théridion dit triangulifère (Theridion trianguliferum, Walck.), petite araignée à abdomen renflé et luisant comme s'il était verni, d'un brun violacé, orné de trois lignes blanches formées par de petits triangles à la suite les uns des autres. Lourde et lente, elle se laisse prendre sans résistance en simulant la mort. Eue pond au printemps et en été, à divers intervalles, garnissant Un coin de sa toile d'une série de cocons d'un tissu transparent et pleins d'œufs ovales, et reste auprès de ces précieux dépôts, qu'elle surveille avec attention.

Un autre Théridionide, la Dlctyne civique (Dictyna civica, H. Lucas), à céphalothorax noir, à abdfomen gris avec une ligne de triangles noirs au milieu, établit des toiles en fils rayonnants et au milieu desquelles elle se tient sur les murs rugueux et non badigeonnés des maisons. Bientôt ces toiles, couvertes de poussière, ressemblent à des taches de boue desséchée de la grandeur d'une pièce d'argent de cinq francs. Les murs en moellons ou en pierre de taille des maisons de Paris sont parsemés de ces toiles maculées.

2* Araignéei des céréales, des prairies, des uîgnobles^des vergers et des jardins.^ On trouve en grande abondance dans tous les Jardins deux Clu* biones. L'une a le corselet et les pattes d'un blanc jaunâtre et l'abdomen d'un gris bleuâtre velouté et argenté : c'est la Clubione soyeuse {Clubione holosericea, Latreille) ; l'autre, avec l'abdomen rougeâtre, est la Clubione amarante {Clubione amarantay Latr.). Ces espèces vivent sur les feuilles des arbustes et des plantes basses des Jardins, entre les pétales des fleurs, sous les pierres et sous les plâtras des vieux murs, aussi bien que sous l'écorce à moitié détachée des arbres ; parfois, mais rarement, à Tintérieur des maisons champêtres peu habitées, particulièrement au haut des ndeaux ou dans les armoires abandonnées. Chaque clubione se file une coque en forme de cellule oblongue ou de tube allongé d'une soie très fine et très blanche, toujours fort propre. L'habitation a une ouverture par où sort l'araignée, soit pour la chasse, soit pour fuir si on atuque sa demeure. Elle se laisse alors tomber à terre sans se pendre à un fil, reste immobile quelques instants, puis se sauve avec rapidité pour aller construire ailleurs une autre coque d'abri. En automne, on ne peut pas agiter une branche de lilas dans un jardin sans voir tomber plusieurs clubiones de ces deux espèces, ordinairement gitées entre les feuilles et

lefe fruits de cet arbuste* Chei les dublonês, les mâles et les femelles sont de même taille» et par suite font bon ménage. Au moii de jaln, chaque coque renferme à cAté Vua de l'anlre on mâle et une femelle séparés par une cloison de soie. En juillet, la femelle restée seule enferme ses œufs dans un cocon aplati d'une soie lAche, déposé dans la coque, et devient alors hardie et eoaragevse pour défendre sa progéniture ; alors, au lieu de fuir si on déchire sa coque, elle mord violemment son ennemi.

On trouve au printemps et en été one antre clubione, dite nourrice {Cheiracanthiitsn nutrix, Walck.), dans les champs d'avoine, dans lee prairies, etc., à corselet d'un Jaune orangé chex la fo* melle, d'un riche vert rougeâtre chez le mâle. Ils vivent côte à côte dans une cooue blanche, iMlancce

{>ar le vent et exposée à la pleine lumière dv soéil, placée an haut des épis maintenus courbés sn demi-cercle par des fils de soie. Cette retraite, d*où les clubiones sortent pour attaquer avec courage les insectes les plus vigoureux, ressemble aa nid du mulot des moissons ou à celui de certaines cfae* nilles sociales. Le cocon à œufs est placé dans le nid où lès œufs éclosent en automne, la mère défendant ses petits comme elle protégeait les oeufs.

Un certain nombre de Théridionides nous rendent de grands services en raison de leur abondance. Du printemps à la fin de l'automne on rencontre dans les endroits abrités, sur les murs à l'ombre, sous le rebord des toits, à l'intérieur des bdiaeons, le Théridion slsyphe \Theridiim sisyphus, Walck.), dont la femelle, à abdomen énormément renflé, est variée de nohr, de rouge et de blanc; le mâle, fort diflérent et beaucoup plus petit, est entièrement noir. Ce théridion reste à l'affût, les pattes repliées sous le ventre, au milieu d'une toile assez licfae. Au moment de la ponte, la femelle fabrique en oe milieu une coque de soie Jaune, qu'elle soUdifle avec des feuilles sèches, du gravier, des grains de plâtre, destinés à la cacher, et elle dépose à l'intérieur ses œufs enveloppés d'une soie rougeâtre très soirée; la mère, couchée sur cette cooue, la garde avec vigilance et déchire avec ses chelicères l'enveloppe de soie serrée au moment où les petites araignées sortent des œufs. Une antre espèce, le Théridion à nervures (T. nervosvmj Walck.), dont l'abdomen est rayé ae fines lignes noires, établit sa toile en longs fils brillants, non plus dans les lieux abrités, mais à découvert dans les bois et dans les champs, se plaisant à l'extrémité des hautes herbes, sur les genôts, les bruyères, etc. Au sommet de la toile le théridion se construit un petit dômo d'abri, d'une soie fort^ et blanche, recouvert de débris de feuilles et de pétales desséchés, n y pond ses œufs dans un petit cocon sphérique et verdâtre, l'entoure de ses pattes dès que l'on touche à la toile, et remporte si on le poursuit.

Un vériuble protecteur de nos vignobles, détruisant beaucoup de pyrales de la vigne et de la grappe (autre espèce très nuisible), est le théridion bienfaisant {Dictyna benigna, Walck.). Cest mie petite araignée très commune, de couleur sombre, le gros abdomen de la femelle offrant au milieu une partie foncée qui se détache sur un fond gris. D'un courage excessif^ elle attaque tous les insectes destructeurs qui viennent sur les feuilles et les fruits pour les dévorer ou pour pondre des œufs d'où sortiront des larves funestes. La femelle est lente et sédentaire ; le mâle, tout noir et à longues pattes, ressemble à une fourmi. Il est toujours errant et saisit les insectes à la course. Au mois de juillet il se place sur la toile lâche de la femelle à côté d'elle dans une coque de soie très Ane ; pea après, la femelle, dont l'abdomen gonflé d'œufs est devenu énorme, pond cinq ou six paquets d'œufs, dans des cocons jaunes au dehors, très plau et

ARAIGNEES

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eoMfor les feÉilles. Il font biea se garder de détniro les toiles et les osufs de ces précieux anxibairei. In effet iU cboiselsseiit pour faire leur toilt les feuittet des plantes peu élerées, les fleurs deToder, de sureau, de lllas, etc., la surface des ptfKS et des pèches, les tapissant de fils Uches et jn^oliers croisés en tous sens, au milieu desù^Om se tient U femelle, les pattes relevées et reni4âDten haut. Il n'est personne qui, en mangeant da nisin, n'ait remarqué, et peutrôtre même avalé fftelques-unes de ces petites araignées, car sou- Test chaque grappe en loge plusieurs individus, tifc leors toiles et leurs cocons.

Lm araignées des jardins et des vergers par exeeUence sont les Êpeires. La plus importante est rSpeire diadème {Èpeira ou Neapwa diademaj Vilck.), d'une couleur jaune, plus ou moins rou-

Epeire» diadèmes inàie et temeïïe.

gcitie OU noirâtre, selon les variétés, et dont l'abdoMB est orné de petites Uches blanches dispoléa en croix, qui la font nommer par les jardiniers ptrit-^roix ou croix de Saint^Denis. L'espèce atlODttoatson développement au mois de septembre ; Fabdomeo gonflé des femelles est énorme, et elles aostndsent ces grandes toiles en cercles concentoques, qui pullulent partout entre les branches iesirbres firaitiers ou d'un arbusto à Tautre au Bîliea des jardins. L'épeire diadème se tient à dké de sa toile, dans un abri formé par plusieurs fesilles réunies par des fils de soie et d'où part un gras fil, sorte do câble se rendant au centre de la (Ole, et sur lequel l'araignée glisse, comme un trah,dè« qu'un insecte qui vole s'est empêtré dans Il toile. Si l'insecte est petit, elle l'entraîne dans u retiaite pour le sucer ; s'il est gros, elle le suce nr place après l'avoir enroulé dans ses ifils en le faisiot toomer entre ses pattes, à la façon d'un rtti à U broche. En octobre les épeires pondent de gras œufi ronds et jaunâtres, enveloppés d'une épiisse bourre de soie d'un jaune doré, ces cocons éiaot mis à l'abri pour l'hiver sous les pierres, sous les toits, dans les trous de mur au midi, etc. Les tttranomes utilisent les fins fils de ces cocons, afin do former par leur croisement le réticule des lunettes utronomiques, donnant un point sensiblement gionétrique pour relever la position des étoiles. U plupart des épeires adultes meurent aux pre- ■ien froids. Certaines passent l'hiver dans quel-

r creux abrité, et s'entourent alors d'une cqque soie blanche sans ouverture, d'un tissu très Mrré. Les œufs des cocons éclosent à la fin du prmtosps ; arant de se disperser, les petites épeires, isl sont alors d'un jaune uniforme avec une tache iMfrs ao-dt^ssus de l'anus, forment comme un gros Jocm de leurs fils do soie associés et fourmillant ''«signées ; dès qu'on y touche, le flocon s^agite, P^t par l'écart de ses fils, et de petites épeires M lauTent de toutes parts. 11 faut recommander aux <n^ts de ne pas détruire ces petites sociétés ujcases, si communes dans les jardins.

8* Araignées maçonnes, r-r Nous avons dans Textrème mioi de la France deux représentants de la famiUe des Mygalides fort curieux par leurs mœurs et de grande taille, bien moindre toutefois que celle des Mygales tropicales. Ce sont en Provence et dans

le midi du LanguedS^ la Mygale maçonne {Myqale tementaria^ Walck.), en Corse et en Sicile la Mygale pionnière (Mygale fodiene, Walck.). Ces deux espèces, avec quelques autres, forment, pour M. Eugène Simon , le genre Mygalodonte, avec de

Mygale pionnière.

très longues pattes-mâchoires concourant à la ma^> che avec les autres pattes, et des chélîcères por^ tant à leur extrémité une série de pointes coniées, formant un râteau au moyen duc^uel ces araignées creusent la terre. En effet leur mdustrie consiste à creuser des puits, sur les coteaux arides et exposés au soleil, dont les parois sont maçonnées de grains de terre agglutinés. Le dedans de ce tube cylindrique est tapissé d'une fine soie blanche et il est fermé en dessus par un couvercle circulaire, également en terre maçonnée,et garnie en dessons d'un épais Upis de soie blanche. La mygale se tient dans son tube, le couvercle légèrement soulevé, prête à s'élancer sur la proie qui passe. Si on cherche à la saisir, elle ferme l'opercule, et, si on veut le soulever, on éprouve une véritable résistance, car la mygale accroche ses griffes de devant dans une série de petits trous percés en cercle dans le upis de soie du couvercle, et retient avec force l'opercule protecteur.

Les Âtvpes sont des araignées maçonnes, à industrie dégradée. Elles vivent dans des tubes creusés en terre et à parois grossièrement maçonnées ; mais ces tubes n'ont pas de couvercle. Ils sont d'abord horizontaux, puis inclinés; tapissés de soie blanche , ils se prolongent au dehors en tuyaux de terre et de débris de branches, de mousse et de brins d'herbe, ayant parfois un déci* mètre. L'atype se tient immobile au fond de ce terrier, et y pond ses œufs en masse ovoïde, entourée d'une toile blanche et reposant sur un coussinet d'herbes sèches. L'espèce de France, habitant surtout les parties montagneuses du centre et de l'est, accidentelle près de Paris, est Yatjfpe deSultzer (Att/pa Sultzeri, Latreille)^ d'une temte noire, parfois bleuâtre ou rougcâtre.

4* Araignées d'eau. — Bien peu de personnes se doutent que des araignées peuvent vivre dans l'eau, et partageraient l'étonnement, et même peut-être reffroi, dont fut saisi l'abbé de Lignae, au milieu du siècle dernier, lorsque, en se baignant près du Mans, il se vit tout à coup entouré d'une

ARBITRAGE

ARBITRAGE

multitude d^araignées. Il venait de découvrir YArgyronète {Argyroneta aouo/tca, Walck. ) , qui se trouve dans les eaux froides des mares et des cours d'eau calmes de TEurope septentriiinale et moyenne,

ne paraissant pas 8*étendre chez nous au sud de la Loire, et devenant rare parce que les eaux sont trop fréquentées et troublées.

G*est une araignée d'un brun terne uniforme, revêtue d'un duvet qui retient une forte couche d'air, de sorte qu'elle séjourne et nage au sein de l'eau comme entourée d'une épaisse robe d'argent ( d'où lui vient son nom), ce qui lui permet de respirer l'air en nature comme toutes les autres araignées et non pas l'air dissous dans reau,à la façon des crustacés et des poissons.

Elle donne la

A :.» r 11 j X u chasse aux in-

Argjrronètc sur une feuille de nénuphar ^^^ aquatiet tous l'eau dans la cloche. ™- «„*J!ifJ: «1

^ues quelle entraîne dans sa demeure, suce les msectes tombés par accident à la surface de l'eau, et môme court sur le bord des mares en quête des insectes terrestres, mais a soin pour les manger de les entraîner toujours au fond de l'eau. Elle se file une très élégante cloche ovale, d'une belle soie blanche, une vraie cloche à plongeur, dont le dôme supérieur est plein d'air; des fils amarrent la cloche aux plantes aquatiques pour qu'elle ne monte pas au-dessus d'un certain niveau. Les œufs, entourés d'un cocon clair comme une pelure d'oignon, sont conservés sous la cloche. Entre les grandes cloches des femelles sont, çà et là, des cloches plus petites appartenant aux mâles, dont la taille est moindre. Ceux-ci établissent des tunnels ou corridors soyeux par où ils se rendent aux cloches des femelles, ces tunnels étant trop étroits pour laisser passer la femelle, dont ils ont fort à craindre la férocité. On peut élever les argyronètes dans des aquariums de salon ; mais elles se mangent entre elles.

On consultera : Eugène Simon, Histoire natui*eUe des Araignées; 1 vol. in-8'. Paris, Roret, 1864. [Maurice Girard.]

ARBITRAGE INTERNATIONAL. — Histoire générale, XL. — {Etym. : du lathi arbiter, arbitre, juge.) — L'arbitrage est le mandat conCéré à des tiers (nommés arbitres) par la volonté des parties pour juger sans appel un différend.

Nous n'avons pas à parler ici de l'arbitrage en matière de droit privé, mais seulement de l'arbitrage en matière de droit international.

C'est une idée bien simple que celle d'établir en cas do différend entre deux nations les mômes règles qu'on appliquerait entre de simples particuliers, c'est-à-dire ^ substituer le jugement d'un tiers éclairé et impartial à la lutte brutale et au droit du plus fort. Cette idée cependant n'a

prévalu que très rarement, et Ton ne oonnalt qu'un petit nombre de sentences arbitrales ayant roussi à prévenir ou à arrôter la guerre. U est bon de signaler les plus importantes : cette histoire malheureusement trop courte de l'arbitrage international est une des pages significatives de l'histoire de la civilisation.

Arbitrages de Saint Louis. — Il faut remonter an règne de saint Louis pour trouver les premier» exemples d'arbitrage public. Louis IX avait acquis la confiance et le respect non-seulement de son peuple, mais du monde entier, par cet esprit d'équité, de droiture et de conciliation oui le mettait au-dessus de son siècle. La légende qui nous le représente jugeant sous le chêne de Vincennes les débats mômes des particuliers rend bien le sentiment public et l'opinion des contemporains, puisque, à maintes reprises, des seignenrs français et étrangers, des princes, des rois voulurent lui déférer leurs querelles et demandèrent à comparaître devant lui comme de simples plaideurs de Vincennes.

C'est ainsi qu'il sut mettre un terme aux différends survenus entre les comtes de Chilons et de Bourgogne, entre ceux-ci et Thibault V, comte de Champagne, entre les comtes de Bar et de Luxembourg. C'est ainsi qu*en 1263 il fut choisi pour arbitre entre Henri III d'Angleterre et ses barons révoltés à l'occasion de diverses chartes de liberté accordées, puis révoquées par le roi.

On peut môme dire, — c'est ce ^ui frappa d^admiration ce monde habitué à la violence et k Tin justice, — que Louis IX sut être arbitre dans sa propre cause, par exemple quand il se récondlia avec le roi d'Angleterre en lui abandonnant une partie des provinces du Midi, avec le roi d'Aragon en lui rendant la Cerdagne et le RoussiUon.

Arbitrages du pape. — Plusieurs fois pendant le moyen âge les papes jouèrent le rêle d'arbitres entre des princes ou des rois ; quelquefois ils leur imposèrent ou la paix ou une trêve de longue durée ; souvent ils échouèrent dans leur médiation.

Un 1298, Philippe le Bel et Edouard ï- roi d'Angleterre s'en remettent à l'arbitrage de Boniface VIII. Mais la bulle conciliatoire du pape fut tellement contraire aux intérêts de la couronne de France que Philippe le Bel, après l'avoir déchirée et jetée au feu en présence de l'envoyé de Boniface, la fit condamner par le parlement.

En 1319, le pape Jean XXII, choisi pour arbitre entre les Flamands et Philippe le Bel, parvint à arrôter une guerre qui durait depuis déjà vingt ans.

Arbitrages par des laïques. — En 1380, à la mort de Charles V, les trois oncles paternels du nouveau roi, Louis d'Anjou, Jean de Berri et Philippe de Valois prétendent, le premier à 1 autorité sans partage, les deux autres à une part dans le gouvernement de l'État. La guerre civile est sur le point d'éclater, lorsque Jean Desmarets, avocat général au parlement de Paris, la prévint par une sentence arbitrale que les princes avaient demandée et qu'ils respectèrent.

En 1570, le roi d'Espagne et les Suisses prennent des arbitres pour terminer leurs différends au sujet des limites de la Franche-Comté.

En 1613, l'archiduc d'Autriche et le duc de Wurtemberg soumirent à l'arbitrage du parlement de Grenoble leurs prétentions sur le comté de Montbéliard.

Projets de Vabbé de Saint-Pierre. — A la fin du XVIII* siècle, un homme de bien, celui à qui l'on doit d'avoir introduit le mot bienfaisance dans notre langue , l'abbé de Saint-Pierre, développant jusqu'à l'utopie un beau rêve dont Henri IV paraît avoir eu la première idée, proposait d'établir un tribunal suprême des nations qui servirait d'arbitre permanent entre tous les peuples de l'Emrope et assurerait la paix perpétuelle.

ARBITRAGE

ARBORICULTURE

Si ce rêve ne B*est pas réalisé, du moins quelques grands éTénements de nos Jours semblent montrer que cette solution n'est pas toujours chimérique.

Sans nous arrêter à Quelques arbitrages interoitionanx soumis au roi des Belges Léopold, sans insister non plus sur le conflit qui s'était élevé entre le Portugal et l'Angleterre relativement aux limites de leurs possessions réciproques en Afrique et qui fut réglé par M. Thiers en qualité de pré- Ddent de la République française, nous arrivons à celai qui en ces dernières années a le plus vivement préoccupé l'opinion publiaue.

Arbitrage international dans Vaffaire de VAlihama. — Pendant la guerre de sécession (c'est-àdire la guerre civile entre les États-Unis du Nord et du Sud], les confédérés du Sud avaient armé des TiisKaux oui portaient la terreur dans tous les pannes de TAtlantique, brûlant et coulant bas tous le« bâtiments de commerce appartenant aux États du Nord qu'ils rencontraient. Entre tous ces écumeors de mer, un surtout, VÂlabama^ se distinguait par ses tristes exploits. Dans l'espace de deux mois llo'avaitpas captaré moins de 22 navires américains, rar lesquels 19, représentant une valeur de plurieurs millions de dollars, avaient été livrés aux

La conséquence de cette œuvre de destruction était double ; car si d'un côté elle ruinait le commerce de transport américain, de l'autre elle enhchiisait ce même commerce en Angleterre. Or c'est l'Angleterre qui équipait et armait les corsaires confédérés; des matelots anglais s'embarqviient sur ces Taisseaux du Sud avec la conni- Tence des ofBciers du gouvernement anglais et an mépris de la proclamation royale de neutralité.

Use drconstance survint qui montra combien était réelle, bien qu'inavouée, cette connivence de FAagleterre. Le 14 juin 1864, VAlabama, cerné dans le port de Cherbourg par le Keat*sage envoyé fcsa|K>ursuite, est obligé, pour sortir, de passer derant la corvette ennemie. Une bataille s'engage, lAlabœna vaincu abaisse son pavillon et ne tarde pa» à couler. Or un yacht de plaisance anglais se trouTa précisément là pour recueillir les pirates et les enlever à la Juridiction fédérale.

Si le gouvernement de Washington ne voulut pas Toir dans cet acte une violation de la neutralité promise, un casus belli, ce fut à cause de la lutte terrible dans laquelle Û se trouvait engagé.

Mais Quand, après la bataille de cinq Jours qui lim Ridimond aux troupes fédérales (3 avril 18G6) et entraîna la capitulation du général Loe, la iraerre dvile eut pris fin, alors les États-Unis se <-ouTinrent des dommages causés à leur commerce et demandèrent satisfaction à TAngleterre.

Des négociations s*engagèrent entre les deux norenements. Nous n'avons pas à suivre id les oirerses phases de ce débat que vint compliquer encore insurrection des Fenians protégés contre l'Angleterre par le gouvernement fédéral. Notons seulement le point en discussion. Les États-Unis prétendaient à des dommaf^es « directs et indirects » et à la reconnaissance du principe de ces dommages ;rAngleterre ne voulait accorder qu'une indeauiité pécuniaire réparant les pertes causées au commerce des États-Unis par la a négligence » de nn ministre de la marine et dont le consentement ne porte en aucune façon atteinte à son honneur.

La discussion, tantôt maintenue dans les termes du droit pur, tantôt prenant un caractère de gra- ^w tel que l'on voyait la guerre près d'éclater, ffitnaçaii de s'éterniser, lorsque les deux parties résohireot par un traité signé à Washington (1871) w sen remettre à la décision d'un tribunal arbi- J^ composé par le roi d'Italie, l'empereur du Brésil et le gouvernement suisse.

Après bien des ajournements, causés par les exigences des États-Unis et les hésiutions de l'Angleterre, los arbitres, réunis à Genève sous la présidence du comte Sclopis, représentant le roi d'Italie, en finirent avec la question de lAlaborna. Ils déddèrent qu'une indemnité de 15 millions et demi de dollars était due aux États-Unis par l'Angleterre (août 187?). En donnant ainsi une part de satisfaction à chacune des deux parties, Ils les mécontentèrent peut-être toutes deux, mais ils empêchèrent deux peuples d'en venir aux mains et montrèrent par un éclatant exemple qu'entre peuples cirilises l'arbitrage est destiné à remplacer la guerre. [C.-F. Durand.]

ARBORICULTURE. — Apiculture, IX et XX. — (Étym^ : du latin, culture des arbres.) — Ce mot indique tout ce qui se rattache à la culture des plantes. ligneuses, arbres et arbrisseaux. Les arbres sont les végétaux dont la tige ou tronc s'élève h une certaine hauteur sans se ramifier, vit pendant de longues années et acquiert un diamètre souvent considérable. Les arbrisseaux présentent une tige moins volumineuse, ramifiée dès sa base. Ils vivent» en général, moins longtemps que les arbres.

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