LA BIBLE DANS LES ÉCOLES ISRAÉLITES
La création d'écoles élémentaires pour les jeunes enfants remonte chez les Juifs aux derniers temps du second Temple. Ces établissements, déclarés obligatoires dans chaque communauté, prirent de bonne heure un assez grand développement, le désir d'instruction étant général dans toutes les classes de la société juive. L'enseignement qui s'adressait à la jeunesse avait naturellement pour base l'étude des Saintes Écritures, et surtout de la loi de Moïse. Suivant l'opinion d'un docteur du Talmud, qui a fait autorité dans la Synagogue, cette étude devait commencer pour les garçons dès l'âge de cinq ans. A partir de l'âge de dix ans, on abordait l'étude des volumineux recueils de la loi orale connus sous le nom de Mischna et de Guemara.
Dès les premiers temps de notre ère les traductions des Livres saints en langue grecque, chaldéenne, etc., faisaient probablement partie du programme des écoles élémentaires. Pendant le moyen âge, on ajouta encore à l'étude des textes la lecture des commentaires rabbiniques, qui étaient devenus très nombreux, et dont une grande partie furent composés en France. Le plus célèbre de ces commentaires est dû à un rabbin français du xie siècle, né à Troyes en Champagne et connu sous le nom de Raschi (Rabbi Salomon fils d'Isaac). Le commentaire de Raschi, d'une clarté parfaite, d'une précision admirable, s'inspire des lois d'une exégèse rationnelle, et doit à ces qualités toutes françaises d'avoir obtenu la plus grande autorité dans tous les pays, d'avoir trouvé place dans la plupart des manuscrits et des éditions imprimées de la Bible et d'être encore aujourd'hui étudié par les enfants des écoles isra élites, en même temps que le texte dont il semble ôtre inséparable.
Depuis que l'émancipation des Israélites en France a eu pour effet d'introduire dans les écoles de cette confession les programmes de l'Université, l'enseiguement de la Bible a été forcément réduit. Une heure par jour est consacrée aujourd'hui dans les écoles israélites à l'instruction religieuse. Celle-ci
BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE
comprend la lecture de l'hébreu, la traduction de la Bible, principalement du Peutateuque, l'histoire sainte et le catéchisme. Les garçons seuls traduisent la Bible, et arrivent au bout de leur séjour à l'école à lire couramment et à livre ouvert les passages faciles du Peutateuque et des prophètes. Ils doivent posséder en outre des notions élémentaires de grammaire hébraïque. Les jeunes filles des divisions supérieures se bornent à traduire les principaux passages du rituel des prières, mais sans apprendre la grammaire.
L'histoire sainte, enseignée dans les écoles israélites, s'arrête à la destruction du second Temple de Jérusalem par Titus. Les ouvrages adoptés dans ces écoles sont ceux de M. Mayer, rabbin (Leçons d'Histoire sainte, Paris, Blum) et de M. Isaac Lévy, grand rabbin (Histoire sainte (ibid).
L'enseignement du catéchisme est de date relativement récente dans les écoles israélites. Il comprend les matières suivantes : dogmes, culte, morale. Les ouvrages suivis sont ie Catéchisme ou éléments d'instruction religieuse et le Précis d'instruction religieuse par S. Ulmann (ibid.).
La sanction de l'instruction religieuse dans les écoles israélites se trouve dans les examens qui précèdent Y Initiation religieuse, cérémonie d'origine moderne, à laquelle prennent part les enfants de douze à quatorze ans, et qui constitue pour eux la majorité religieuse.
[Zadoc Kahn, grand-rabbin.]
BIBLIOGRAPHIE.— Sous ce titre, nous essayons de résumer le mouvement de la bibliographie française, en matière de pédagogie, d'éducation et d'instruction populaire.
Nous enregistrons les ouvrages, année par année, depuis le xvie siècle. Dans chaque année, nous suivons l'ordre alphabétique des noms d'auteurs. Les anonymes sont placés en dernier lieu.
Nous avons cru toutefois devoir renoncer à l'ordre alphabétique pour les nombreuses publications auxquelles ont donné lieu les débats de la Convention sur l'instruction publique; l'ordre chronologique, que nous avons rétabli autant qu'il nous a été possible, nous a paru mieux convenir à cette époque où les semaines furent souvent des années. On trouvera donc, aux années 1792 à 1795, ces publications groupées chronologiquement sous la rubrique spéciale Convention nationale.
Lorsque le nom d'un auteur est placé entre crochets [ ], ce signe indique que l'ouvrage a paru sans nom d'auteur.
Nous ne mentionnons chaque publication périodique qu'une seule fois, autant que possible à l'année de son apparition.
Malgré des recherches persévérantes, malgré le secours que nous avons trouvé dans les richesses de la Bibliothèque nationale et dans l'obligeance bien connue du personnel de cet établissement, cette nomenclature sera nécessairement incomplète. Qu'il nous soit permis d'espérer quelque indulgence pour les imperfections de ce travail ; c'est le premier essai fait jusqu'ici pour constituer le catalogue général de la littérature pédagogique française.
Un répertoire alphabétique, par noms d'auteurs, placé à la fin du présent article, est destiné à faciliter les recherches.
XVe SIÈCLE
On aurait ici à mentionner les petite ouvrages de Gerson*; celui du pape Pie II* (Aeneas Sylvius Piccolomini), De liberorum educatione, Cologne, in-4°. 1477, dédié au roi de Hongrie Ladislas, et dont il existe, selon M. Demkès, une traduction française que nous n'avons pu trouver; celui du
poète italien Maffeo Vegio *, De educatione liberorum et eorum claris moribus libri sex, Milan, în-4°, 1491, attribué à Philelphe* dans l'édition de Paris de 1508 ; Jean Lode en a publié une traduction française sous ce titre : Guidon des parents en l'instruction de leurs enfants. Paris, 1513.