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religieuses aux municipalités dont celles-ci dépendaient. Cette origine suffit pour expliquer l'abandon dans lequel les bibliothèques de province restèrent pendant longtemps ; composées presque exclusivement de traités théologiques et d'ouvrages d'érudition; les communes, ne voyant aucune utilité à en tirer, cessèrent bientôt de s'y intéresser et refusèrent d'accorder les fonds nécessaires à leur entretien. Une ordonnance royale du 22 février 1839 appela ces bibliothèques à participer aux distributions de livres faites par le ministère de l'instruction publique, et réclama le catalogue de chacune d'elles. Cette prescription fut éludée, et au mois de juin 1853, le ministre demanda à tous les préfets des rapports détaillés sur les bibliothèques de leur ressort. Les renseignements ne furent complets qu'à la fin de 1856, et dès l'année suivante le ministère publia un Tableau statistique des bibliothèques publiques des départements.
Les résultats généraux de cette statistique peuvent se résumer ainsi : Les départements possédaient alors 340 bibliothèques publiques, offrant, par semaine, 1,084 séances de lecture, et fréquentées chaque jour, en moyenne, par 3,746 lecteurs. On y trouvait 3, 778, (.06 volumes, dont 44,436 manuscrits et 3,734,1*0 imprimés. Les allocations faites par les villes s'élevaient à 417,918 fr. 50 c, dont 227,139 fr. pour le personnel et 190,779 fr. 50 c. pour le matériel. 37 bibliothèques prêtaient exclusivement les livres au dehors, et 42 avaient des séances du soir.
Sous le rapport du nombre des volumes, les villes qui occupaient le premier rang étaient : Strasbourg, 180,000 vol.; Lyon, 151,000 vol.; Bordeaux, 123,000 vol.; Rouen, 110,000 vol.; Troyes, 100,000 vol.; Aix, 95,000 vol.; Besançon et Grenoble, 80,000 vol.; Avignon, 60,000 vol.; Versailles, 56,000 vol. Marseille, Caen, Dijon, Nîmes, Toulouse, Rennes, Nantes, Le Mans et Amiens possédaient de 40 à 55,000 volumes. Enfin, les bibliothèques renfermant de 18,000 à 40,000 volumes étaient les suivantes : Soissons, Bourg, Moulins, Charlevilie, Rodez, La Rochelle, Saintes, Bourges, Bastia, Beaune, Valence, Chartres, Brest, Montpellier, Tours, Dôle, Blois, Orléans, Angers, Châlons, Reims, Chaumont, Nancy, Verdun, Metz, Cambrai, Douai, Lille, Arras, Boulogne, Clermont- Ferrand, Pau, Colmar, Vesoul, le Havre, Niort, Carpentras, Poitiers, Lpinal et Auxerre. Les deux bibliothèques les plus pauvres étaient celle de Ussel (Corrèze) avec 24 volumes -et celle de Loudun avec 37 volumes.
Les bibliothèques de Toulouse, Montpellier, Rennes et Neufchâteau avaient au moins 100 lecteurs par jour. Celles d'Aix, Caen, Dijon, Besançon, Nîmes, Bordeaux, Nantes, Cahors, Toul,Metz, Lille, Boulogne, Pau, Strasbourg, Lyon, le Havre, Montivilliers, Rouen et Amiens en recevaient de 30 à 80. En revanche les bibliothèques de Trévoux, Mirande, Cette, Loche, Lorient, Saint-Amand, etc., ouvraient tous les jours et n'avaient pas, en moyenne, un lecteur par séance.
21 bibliothèques ne recevaient rien des municipalités. 32 villes accordaient des fonds pour le le matériel seulement : le bibliothécaire était donc pris parmi les hommes de bonne volonté. Les municipalités qui dépensaient le plus pour le matériel de leur bibliothèque étaient celles de Lyon, 12.000 fr.; Bordeaux, 7,700 fr.; Alger, 6,640 fr. ; Rouen, 4,000 fr.; Dijon, 4,600 fr.; le Havre, 3, 700 fr.; Marseille. 3,600 fr.; Besançon et Rennes, 3,200 fr.; Toulouse, 3,150 fr.; Lille et Amiens, 3,000 fr. Quant aux bibliothécaires, les mieux payés étaient ceux de Lyon, 8,500 fr.; Marseille, 7,800 fr.; Bordeaux, 7,300 fr. et Rouen, 7,000 fr.
Sur bien des points, d'ailleurs, les chiffres fournis par la statistique de 1857 ont forcément cessé
d'être exacts, et M. Baudrillart, inspecteur général des bibliothèques, a recueilli depuis lors, dans ses tournées d'inspection, tous les éléments d'une nouvelle statistique que nous souhaitons de voir bientôt publiée. M. Baudrillart a bien voulu extraire de ses notes , pour nous les communiquer, les chiffres suivants, qui donnent le nombre exact des volumes aujourdhui possédés par les principales bibliothèques des départements : Bordeaux possède 160,000 volumes; Lyon, 150,000 vol.; Besançon, Grenoble et Aix, 120,000 vol.: Bouen, 112,000 vol.; Avignon, 96,000 vol.; Marseille, 80,000 vol. ; Nîmes, 72,000 vol. ; Amiens et Dijon, 70,000 vol.; Rennes, 65,000 vol.; Toulouse, (>4,000 vol.; Montpellier, 60,000 vol.; Chartres, 56,850 vol.; Orléans, 51,000 vol.; Tours, 40,000 vol.; Clermont-Ferrand, 44,500 vol.; Angers, 40,500 vol. ; le Mans, 40,000 vol.; Blois, 36,000 vol.; Brest, 32,000 vol.; Poitiers, 30,000 vol.; Moulins et Carpentras, 27,000 vol.; Pau, 25,000 vol.; Quimper, 24,000 vol.; la Rochelle, 21,000 vol. ; Angoulême, 16,500 vol.; Arles, 16,200 vol.; Lisieux, 14,000 vol. ; Bayonne, 13,500vol. [Alfred Franklin.]
PAYS ÉTRANGERS
Voici quelques indications très sommaires, mais qu'il peut être intéressant de trouver réunies ici à titre de renseignement, sur les plus grandes et les plus célèbres bibliothèques publiques du monde. Nous classons les pays par ordre alphabétique.
ALLEMAGNE. — Berlin ; Bibl. publ. fondée par l'électeur Frédéric-Guillaume (7 ou 800,000 vol., 5,000 man.); Bibl. de l'Université (100,000 vol.).
Dresde : Bibl. royale (300,000 vol., 5500 man.).
Goettingue : (300,000 vol., 5,000 man.).
Leipzig : Bibl. de l'Université, la plus ancienne de l'Allemagne, datant du quinzième siècle (150,000 vol., 2,000 man.); Bibl. de la ville (80,000 vol., 2,000 man.) ; Bibl. populaire très riche.
Munich: Bibl. roy. (800,000 vol., 20,000 man.. 12,000 incunables).
Stuttgart (200,000 vol.).
Puis viennent les bibliothèques publiques de Hambourg (150,000 vol.), Heidelberg (id.), Gotha (140,000 vol.), Cassel (100,000), Iéna, Francfort, Halle, Nuremberg, etc., etc. (50,000 vol.).
ANGLETERRE. — Bibl. du Bristish Muséum y à Londres (500,000 vol., 30,000 man., 20,000 médailles), fondée en 1753 et enrichie par l'adjonction de plusieurs collections d'une importance unique ; — la célèbre Bibliothèque Bodléienne, fondée en 1597 à Oxford par sir Thomas Bodley, et une foule de bibliothèques dans les grandes villes, les abbayes et églises cathédrales, etc.
ECOSSE. — Bibl. publ. d'Edimbourg (120,000 vol.)
AUTRICHE. — Vienne : Bibl. impériale fondée en 1480 par l'empereur Maximilien (350,000 vol., 20,000 man., 200,000 gravures; Bibl. de l'Université, 150,000 vol.) ; Bibl. de l'archiduc Albert, des princes de Lichtenstein, de Schwarzemberg, Esterhazy, etc., etc.
Prague : Bibl. de l'Université (140,000 vol., 8,000 man.).
Pesth : 100,000 vol., etc. ; la célèbre bibliotheca Corvina, fondée par Mathias Corvin, roi de Hongrie en 1499, a été dispersée dans les guerres du seizième et du dix-septième siècle.
BELGIQUE. — Bruxelles : Bibl. de Bourgogne (90,000 vol.) ; — Importantes Bibl. publ. à Anvers, Gand, Malines, Liège, etc.
Danemark. — Copenhague: Bibl. royale (50,000 vol., 15,000 man., 100,000 estampes); Bibl. de l'Université (20,000 vol., nombreux manuscrits Scandinaves); Bibl. Claesen.
ESPAGNE. — Madrid: Bibl. roy. (200,000 vol.); — Bibl. de l'Escurial fondée par Charles-Quint (un manuscrit fameux de 700 ans d'âge, dit le livre dOr, écrit sur velin en lettres d'or; 3,000 man.
BIBLIOTHÈQUES
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arabes) ; elle conserve, assure t-on, un exemplaire de tous les ouvrages brûlés par l'Inquisition.
HOLLANDE. — LBYDB : deux grandes Bibl. publ. ; — La Mayc (1 00 000 vol.).
ITALIE. — Rome : Bibl. du Vatican, la plus ancienne de l'Europe, qui possède une incomparable collection de manuscrits antiques ; — Bibl. Anyelina (90 000 vol., 3000 man.); — 14 autres Bibl., la plus récente est celle du Collegium romanum fondée par un des derniers ministres, M.Bonglii, et renfermant déjà de 3 à 400 000 volumes, la plupart provenant des couvents supprimés.
Florence : la Laurentienne, qui possède le plus ancien manuscrit connu, et plusieurs autres comptant ensemble près de 300 000 volumes.
Milan : la célèbre Bibliotbèque Ambrosiennc, fondée par le cardinal Frédéric Borromée (140 000 vol., 15 000 man.).
Venise : Bibl. de Saint-Marc (120 000vol., 10 000 man.).
Naples : la Borbonica (200 000 vol., 3000 man.! Plusieurs autres villes, Gènes, Ferrare, Turin, etc., ont de très importantes bibliothèques publiques.
PORTUGAL. — Lisbonne, 90 000 volumes.
RUSSIE. — Saint-Pétersbourg : Bibl. impériale 450 000 vol. ; Bibl. de l'Académie des Sciences, etc.
Kien : 320 000 vol.; Moscou : 1G0 000 vol. ; Cracovie : Bibl. Jagellone ; Varsovie : Bibl. Zalewski 250 000 vol.; Odessa 75 000 vol.; autres Bibl. 520 000 vol..
SUÉDE. — Stockholm : Bibl. du château fondée par la reine Christine (80 000) ; Upsal : Bibl. de l'Université (100 000 vol., (iOOO man.).
si ISSE. — Les principales sont celles de Zurich, Bâle, Berne, Genève ; mais presque toutes les villes de quelque importance ont une et souvent plusieurs bibliothèques publiques.
ÉTATS-UNIS. — Les plus grandes Bibliothèques des États-Unis sont celles de Boston, de New-York, de Saint-Louis, de Cincinnati ; celle de Philadelphie fondée par Franklin en 1731 (100 000 vol.) ; on vient d'achever à New-York la plus belle bibliothèque du Nouveau Monde, disposée pour recevoir un million de volumes et qui coûte 20 millions de francs.
BRÉSIL. — Rio de Janeiro : Bibl. impériale, 120 oOi) vol., et une dizaine d'autres. — Les Bibl. de tout l'Empire comptent ensemble 460 000 volumes.
JAPON. — Bibl. deTokio.
BIIILIOTHÈQUES SCOLAIRES. — L'instruction élémentaire ne peut avoir d'effet utile qu'autant que l'adulte, après avoir quitté les bancs de l'école, continue à s'instruire. C'est ce qui a décidé M. Duruy, durant son ministère, à créer et à encourager par tous les moyens possibles les cours d'adultes. La lecture aussi est un des moyens les plus efficaces pour instruire et moraliser le peuple. Rien de plus facile que de trouver des livres dans les villes et dans les grands centres, mais il en est tout autrement dans les communes rurales. A toutes les époques, on s'est préoccupé de cette question. La loi de 1791, les décrets de la Convention des 21 novembre 1793, 17 novembre 1794, 27 janvier 1795, la loi de brumaire an IV, la loi de l'an X, celle de 1806, le décret de 1808, et celui de 1811, en un mot touslesrèglements relatifs à l'instruction primaire témoignent de l'importance attachée aux livres et surtout aux moyen de les introduire dans les écoles.
En 1831, le ministre de l'instruction publique avait fait composer et distribuer un grand nombre d'ouvrages destinés à répandre jusque dans les moindres hameaux les notions de morale et les premières connaissances usuelles. On était alors tellement frappé de l'importance de cette mesure que M. Cousin composa lui-môme une sorte d'histoire sacrée à l'usage des enfants.
Diverses circulaires, notamment celles des 2 noir» Partie.
vembre 1831, 25 juin et 31 décembre 1832, et 13 juin 1833 contiennent des instructions sur ces distributions de volumes.
Le moyen ne réussit pas. Donner des livres ne suffit pas si l'on ne peut en assurer en môme temps la conservation.
De 18:53 h >84s, le gouvernement a distribué, par l'entremise des comités supérieurs d'arrondissement, pour plus d'un million de fr. de volumes. Os volumes que sont-ils devenus? En 18.'j(). on n'en trouvait plus trace dans les écoles. La négligence et l'insouciance des maîtres, le manque de surveillance de la part des inspecteurs, l'absence de tout contrôle exercé par l'administration relativement aux mesures prises pour la conservation des ouvrages, tout avait concouru à les faire disparaître.
C'est que la question est multiple. Elle peut se résumer en deux points : donner des volumes; en assurer la conservation en les remettant à un agent responsable et en les plaçant dans un local où ils soient en sûreté et à l'abri du gaspillage.
M. Rouland reprit l'idée qu'avaient eue ses devanciers. Seulement il la compléta et la perfectionna. Il se préoccupa surtout des adultes et des familles auxquels il voulait offrir un moyen de compléter leur éducation et d'acquérir des notions saines, tout en leur donnant la faculté de passer leur temps autrement qu'en fréquentant les cabarets. Ce qui a surtout donné à son œuvre les qualités de durée qui manquaient aux tentatives faites antérieurement c'est qu'il institua un agent responsable chargé de la garde des volumes et du prêt. Il pensa que les instituteurs étaient les bibliothécaires nés de ces sortes de dépôts dans les petites localités, et c'est là ce qui a permis de faire une œuvre durable. Sa première préoccupation a été la conservation des volumes ; question vitale comme nous l'avons vu. Une circulaire aux préfets du 31 mai 1860 exigea que, dans tout projet de construction d'école, on introduisît une bibliothèquearmoire.
En avril 1861, le ministre adressa une nouvelle circulaire aux préfets sur la nécessité d'organiser ces bibliothèques et enfin, le 1er juin 186.\ il prit un arrêté dont le premier article décrétait la création d'une bibliothèque dans chaque école de garçons. Deux circulaires, datées du 24 juin, l'une aux préfets, l'autre aux recteurs, développaient les intentions du chef de l'Université à cet égard.
Nous reproduisons ici le texte de l'arrêté du 1er juin 1862 :
uArt. 1er. — Il sera établi dans chaque école primaire publique une bibliothèque scolaire.
Art. 2. — Cette bibliothèque sera placée sous la surveillance de l'instituteur dans une des salles de l'école dont elle est la propriété.
Les livres seront rangés dans une armoire-bibliothèque conforme au modèle annexé à la circulaire du 31 mai 1860.
Art. 3. — La bibliothèque scolaire comprendra :
1° Le dépôt des livres de classe à l'usage de l'école ;
2° Les ouvrages concédés à l'école par le ministre de l'instruction publique;
3° Les livres donnés par les préfets au moyen de crédits votés par les conseils généraux ;
4° Les ouvrages donnés par les particuliers ;
5° Les ouvrages acquis au moyen des ressources propres à la bibliothèque (art. 7).
Art. 4. — Aucune concession de livres ne pourra être faite par le ministre à une bibliothèque scolaire si la commune ne peut justifier :
1° De la possession d'une armoire-bibliothèque;
2° De l'acquisition des livres de classe eu quantité suffisante pour les besoins des élèves gratuits
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Art. 5. — Les livres de classe seront prêtés aux moments convenables pour les exercices h tous les enfants portés sur la liste des admissions gratuites dressée conformément à l'article 45 de la loi du 15 mars 1850.
Les livres seront également mis entre les mains des élèves payants dont les parents auront souscrit la cotisation volontaire indiquée à l'article 7 du présent arrêté.
Les ouvrages mentionnés aux paragraphes 2, 3, 4 et 5 de l'article 3 pourront être prêtés aux familles, lesquelles prendront l'engagement de les rendre en bon état ou d'en restituer la valeur.
Art. 6. — Aucun des ouvrages mentionnés aux paragraphes 2, 3, 4 et 5 de l'article 3 ne peut être placé dans les bibliothèques scolaires, soit qu'il provienne d'acquisitions, soit qu'il provienne de dons faits par les particuliers, sans l'autorisation de l'inspecteur d'académie.
Art. 7 . — Les ressources de la bibliothèque scolaire se composent :
1° Des fonds spéciaux votés par les conseils municipaux ;
2° Des sommes portées au budget pour fourniture de livres aux enfants indigents, et que les conseils municipaux consentiraient à appliquer à la nouvelle fondation;
3° Du produit des souscriptions, dons ou legs destinés à ladite bibliothèque ;
4° Du produit des remboursements faits par les familles pour pertes ou dégradations de livres prêtés ;
5° D'une cotisation volontaire fournie par les familles des élèves payants, et dont le taux sera fixé chaque année par le conseil départemental, après avis du conseil municipal.
Art. 8. — L'instituteur communal tiendra trois registres conformes aux modèles ci-annexés :
1° Catalogue des livres (modèle n° 2);
2° Registre des recettes et des dépenses (modèle n° 3) ;
3° Registre d'entrée et de sortie des livres prêtés au dehors de l'école.
Ces registres, cotés et parafés par le maire, seront visés par l'inspecteur de l'instruction primaire lors de l'inspection de l'école.
Ils seront communiqués aux autorités scolaires à toute réquisition.
Art. 9. — L'instituteur conservera et classera, dans un ordre méthodique, les mémoires, quittances, lettres et toutes les pièces de correspondance relatifs à la bibliothèque scolaire.
Art. 10. — Chaque année, au 31 décembre, l'instituteur dresse, en présence du maire, la situation de la bibliothèque, ainsi que cellle de la caisse. Le procès-verbal constatant cette double opération est adressé à l'inspecteur d'académie par l'intermédiaire de l'inspecteur primaire (modèle n° 4).
Art. 11. — A chaque changement d'instituteur, le procès-verbal de récolement et de situation de la caisse est signé par l'instituteur sortant et son successeur.
L'instituteur sortant n'est déchargé de toute responsabilité qu'après avoir obtenu de l'inspecteur de l'instruction primaire un certificat constatant que les formalités sus-indiquées ont été remplies et la prise en charge par son successeur.
Art. 12. — A leur passage dans l'école, les inspecteurs de l'instruction primaire vérifient les divers registres énumérés à l'article 8. Ils s'assurent que l'acquisition des ouvrages a été faite conformément aux prescriptions de l'article 6, et que la bibliothèque ne contient aucun livre donné ou légué dont l'acceptation n'aurait pas été autorisée par l'inspecteur d'académie ; ils contrôlent les recettes et les dépenses, et constatent, s'il y a lieu, les irrégularités.
Art. 13. — A la fin de chaque annéo, l'inspecteur d'académie adresse au ministre de l'instruction publique, par l'intermédiaire du recteur, un rapport sur la situation des bibliothèques scolaires.»
En juillet 1862, le ministre institua une commission provisoire, chargée de désigner les ouvrages qui pourraient être achetés aux frais de l'État pour être distribués dans les bibliothèques scolaires et, le 15 juin 1863, il lui donna un caractère définitif par un arrêté ministériel instituant la commission permanente des bibliothèques scolaires. Elle avait pour président M. Pillet, chef de la division de l'instruction primaire, et pour secrétaire M. E. Gœpp, alors rédacteur au cabinet du ministre.
Quand M. Duruy arriva au ministère, il voulut donner à l'instruction primaire une nouvelle impulsion. Il créa des cours d'adultes, les encouragea, de toutes les façons possibles et obtint des résultats inespérés grâce aux subventions et aux encouragements donnés aux maîtres et aux élèves. Il comprit que les bibliothèques scolaires étaient le complément naturel et indispensable de ces cours. De fortes sommes furent consacrées â l'achat des volumes et, à la suite d'une adjudication publique, un intermédiaire fut chargé de procurer aux bibliothèques les ouvrages portés sur le catalogue officiel du ministère, et cela tout reliés et rendus franco à destination pour un prix inférieur au prix de vente de ces mêmes ouvrages.
Le ministre décida aussi (circulaire du 10 juin 1 865) que des concessions nouvelles ne seraient faites aux bibliothèques que lorsque ces établissements auraientdonné de bons résultats et que les conseils municipaux auraient contribué à leur développement en portant au budget de la commune une allocation pour achat de livres.
La commission a publié un catalogue de livres de lecture désignés aux choix des instituteurs pour les bibliothèques scolaires, qui comprend plus de 2000 ouvrages. Ce catalogue est divisé en quatorze séries, sous les rubriques suivantes : série A : Ouvrages généraux, grammaires et dictionnaires ; — série B : Morale et Pédagogie ; — série C : Histoire et Biographies ; — série D : Géographie et Voyages ; — série E : Classiques ;
— 6érie F : Littérature, Poésies, Romans, Contes et Théâtre ; — série G : Ouvrages destinés aux enfants ; — série H : Économie politique, Législation usuelle et Connaissances utiles ; — série J : Sciences physiques et naturelles ; — série K : Hygiène ; — série L : Industrie ; — série M : Agriculture, Horticulture, Sylviculture, Pisciculture, etc.
— série N : Beaux-Arts et musique.
Dès 1861, le ministre avait fait distribuer aux écoles près de 62 000 volumes pour une somme de 60 000 francs. En 1862, l'administration envoya 60 000 volumes achetés 85 000 fr.. et en 1863, ces chiffres se sont élevés pour les volumes à près de 200 000 et pour la dépense à plus de 200 000 fr. Depuis, chaque année, on a continué ces achats et ces distributions.
En 1867, un crédit spécial de 100 000 fr. fut inscrit au budget pour l'œuvre des bibliothèques scolaires et, plus tard, en 1868, ce crédit fut élevé par les Chambres à 120 000 fr. Il est actuellement (1878) de 200 000 fr.
Nous avons exposé la législation qui régit les bibliothèques scolaires ; nous avons vu les efforts faits par l'administration pour aider à leur développement ; il nous reste à constater les résultats obtenus. Il est juste de dire que ce mouvement provoqué par les ministres qui se sont succédé, a été puissamment aidé par le concours des conseils généraux et des conseils municipaux, des instituteurs et des populations elles-mêmes. Aussi
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le succès a-t-il couronné l'œuvre entreprise. Le tableau suivant permettra d'en juger.
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