‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 128 sur 547 · BLANCHISSAGE · texte numérisé non relu

BLANCHISSAGE

BOLLUD

BLANCHISSAGE DANS LES ECOLES NOIt-

HALES. — Le blanchissage, s'il n'est pas fait dans l'établissement, et le raccommodage peuvent être l'objet d'un marché, soit au mois, soit à l'année, soit à la pièce. Les élèves-maîtres et les gens de sens de service sont seuls blanchis au compte de l'école (décr.,26 décr. 1855, art. 22). La dépense est évaluée par tête d'élève dans le budget économique de l'école (id., art. 31). — V. Budget économi'/ue. [E. de Resbeoq.]

BLOCHMANN (Charles-Just). — Né àlleisclitœdt (Saxe) en 1786, mort a Genève en 1855. Il était fils d'un pasteur protestant, qui lui donna les premières leçons. Il acheva ses études au collège de Bautzen, puis à celui de Leipsi^, et alla ensuite passer quelques années (1809-1817), dans l'institut pédagogique d'Yverdon. De retour d'un voyage en Italie, il se fixa à Dresde, où il fut nommé sousdirecteur de l'école Frédéric-Auguste. Étant parvenu, en 1824, à faire accepter par le roi ses idées sur l'éducation, il ouvrit, sous les auspices du gouvernement, un établissement dit Institut de Blochmann, divisé en sept classes et comprenant l'école primaire, la Realschule, le collège et une école normale. Blochmann avait pour but de rendre l'éducation de l'internat aussi semblable que possible à celle de la famille ; son établissement,qui réalisait cet idéal dans une certaine mesure, atteignit une très grande prospérité. Blochmann se distingua parmi les disciples de Pestalozzi par le rôle qu'il assignait à l'instruction religieuse entendue au sens orthodoxe. Parmi le peu d'écrits laissés par Blochmann, on cite Principes, but et moyens démon institut pédagogique (1826) \Quelques traits de la vie de Pestalozzi (1846), en allemand, sans traduction française . j,A Demkès.]

BLÉS1TÉ,BLÈSEMENT. — Défaut de prononciation qui consiste à substituer une consonne à une autre, et le plus souvent une consonne douce à une consonne dure. On donne encore le nom de blésité à nombre de prononciations vicieuses de telle ou telle lettre. De là une confusion générale dans les classifications proposées par divers auteurs, classification où il faut citer le zézaiement : zouzou (joujou) ; le chuintement : chucre (sucre) ; la lallation : file (fille) ; Palis (Paris); le sessayement : zlïéro (zéro), sllucre (sucre), Jllan (Jean), chilien (chien), et les mots où s, z, sont prononcés du bout de la langue; le grassayement, prononciation gutturale de la lettre r. Tous ces défauts sont le résultat d'une mauvaise habitude contractée par nonchalance ou par imitation. (V. Prononciation.)

[A. Chervin.]

BOCQUILLON. — V. Wilhem.

BOHEME. — La Bohème est l'un des pays de l'Europe centrale où l'instruction primaire a pris le plus rapide développement. Dès le moyen âge Prague avait été le siège d'une université, la seconde en Europe après celle de Paris qui attirait de nombreux étudiants d'Allemagne, de Hongrie, de Pologne. Jean Hus en prêchant la réforme de l'Église substitua au latin l'idiome national, le tchèque, comme Elus tard Luther devait introduire dans l'église le aut allemand. Il fit de nombreux disciples qui habituèrent le peuple à lire les Écritures dans sa langue maternelle ; la secte austère des frères bohèmes, plus connue sous le nom de frères moraves, publia une remarquable traduction de la bible qui est aussi estimée chez les Slaves que celle de Luther chez les Allemands. Quand, au début du xvne siècle, la maison d'Autriche entreprit d'écraser a la fois le Hussitisme et la Réforme, le grand pédagogue Comenius*ou Komensky apparut. Son oeuvre n'est pour ainsi dire que la résultante du mouvement des esprits en Bohème depuis Jean Hus. On ne connaît guère en occident que ses œuvres latines, mais ii a beaucoup écrit dans sa langue maternelle; malheureusement pendant

la période de réaction politique et religieuse qui dura jusqu au règne de Joseph II, la Bohème vit anéantir les monuments de sa littérature nationale et dut livrer ses écoles aux jésuites. Joseph II les lui rendit, mais pour les germaniser. Son règne fut précisément le point de départ d'un mouvement qui continue encore aujourd'hui.

Les Tchèques à force d'énergie firent rentrer peu à peu leur idiome dans la politique, dans l'enseignement, dans l'école. Ils se rattachèrent à la tradition de Hus et de Komensky et forcèrent le gouvernement à reconnaître le principe de la Gleichherechtigung , c'est-à-dire l'égalité des diverses nations au point de vue de l'emploi de leur langue dans l'enseignement.

Le nombre des livres scolaires en langue tchèque a été croissant depuis une quarantaine d'années; en 1847 il s'élevait à 170 000 volumes environ, il était de 340 000 en 1865, et il s'est considérablement augmenté depuis que les idées libérales ent triomphé en Autriche.

Sans répéter ici les renseignements sommaires sur l'état de l'instruction qui se trouvent à l'article Autriche, nous devons signaler la rare aptitude des Tchèques pour la pédagogie. Leurs écoles primaires et professionnelles sont justement renommées, les séminaires pédagogiques de Prague, Briinn, etc., ne le cèdent en rien aux séminaires allemands ; vu leur facilité à s'assimiler les autres langues, lesTchèques fournissent des maîtres aux pays congénères, à la Croatie, à la Serbie, même à la Russie. Il paraît en langue tchèque, tant en Bohême qu'en Moravie, une douzaine de recueils pédagogiques fort bien faits, dont l'un porte le nom du grand pédagogue slave, Komensky. [L. Léger.]

BOITE A PEBBETTE. — On a longtemps désigné sous ce nom singulier une œuvre intéressante et très peu connue. Le célèbre janséniste Nicole*, l'auteur des Essais de Morale, avait recueilli quelques fonds destinés à l'éducation d'enfants pauvres et à la fondation d'écoles gratuites. Sur la fin de sa vieil en donna la gestion à sa gouvernante Perrette, femme d'un grand sens et d'une rare piété. De là le nom de « boîte à Perrette » . Cette « boîte » de charité anonyme reçut bientôt des dons considérables faits par des jansénistes. Elle eut dans la suite ses succursales à Paris, Auxerre, Aix, Toulouse et d'autres villes de France; le capital qui n'était d'abord que de 40 000 francs, s'éleva au xvme siècle à plus d'un million, d'après maître Liouville dans sa plaidoirie du 3 août 1827. La boite à Perrette passa successivement de Perrette à l'abbé Fouquet, puis à l'abbé d'Eaux-Bonnes, à M. de Tilletière et à l'abbé de Majainville. L'œuvre se reconstitua après 1800, par des legs nombreux, mais il est difficile de savoir aujourd'hui ce qu'elle est devenue. Les dépositaires de ces fonds ne formaient pas une société, ils ne se connaissaient pas entre eux. C'était un fidéicommis illégalement perpétué de génération en génération ; on assure qu'il n'en reste que fort peu de chose aujourd'hui, les derniers légataires n'ayant pu prendre des précautions nécessaires pour empêcher les biens de retourner à leur famille. [Aug. Demkès.]

BOLLUD (Marie-Françoise). — Née à Lyon le 4 septembre 1826, morte le 12 juin 1*65. Nommée à 17 ans adjointe au cours normal de Lyon, sa remarquable intelligence la faisait désigner trois ans plus tard pour occuper le poste de directrice laissé vacant par la mort de la titulaire, qui l'avait désignée elle-même comme la plus digne de lui succéder.

Le président de la Société d'instruction primaire du Rhône n'osa point pourtant confier à une jeune fille de vingt ans la direction du cours normal, et le 7 décembre 18 i(! il la nomma directrice conjointement avec Mlle Moriau, dont le père était proviseur au lycée de Lyon

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