BOUILLET
Nombre d'écoles. — Le département possède un total de 684 écoles, dont 393 laïques et 291 congréganistes. Sur ce nombre il y a 375 écoles publiques, dont 196 pour les garçons, 160 pour les filles et 19 mixtes, dans des hameaux. Il n'y a plus que 17 communes qui n'aient pas d'école spéciale de filles.
Personnel enseignant. — Les écoles publiques se divisent en 760 classes environ, elles occupent 401 instituteurs et 360 institutrices. Les écoles libres occupent 183 instituteurs et 505 institutrices (dont 298 religieuses). Dans l'enseignement public on ne compte que 57 adjoints et 35 adjoints laïques sansbrevet; chez les congréganistes, 131 instituteurs adjoints sur 152 et 502 institutrices sur 567 n'ont pas de brevet. Le traitement moyen des titulaires est de 1500 fr. pour les instituteurs, et de 1000 fr. pour les institutrices.
Population scolaire. — D'après le relevé des registres matricules en 1876-77, les écoles du département recevaient 32 253 garçons, 32 599 filles, total 64 852 enfants (dont un peu plus de 18 00i) dans les écoles libres). Il y a donc dans les écoles plus d'élèves .inscrits qu'il n'y a dans tout le pays d'enfants recensés de 6 à 13 ans, ce qui s'explique par le nombre considérable d'élèves admis les uns au-dessus, les autres au-dessous de l'âge scolaire. D'ailleurs ces chiffres ne représentent que le total brut des inscriptions dont la fréquentation effective n'atteint guère que les 85 centièmes.
Environ 45 000 enfants ou près des deux tiers de l'effectif total sont instruits gratuitement.
État des écoles. — Sauf un nombre d'exceptions qui décroît rapidement, les établissements scolaires sont, pour l'installation comme pour l'organisation pédagogique, dans une condition très satisfaisante. La situation et l'importance commerciale et industrielle du département , l'agglomération des centres, les vastes usines, les bassins houillers, les fabrications de toutes espèces, qui y amènent et y occupent des milliers de familles, surtout dans l'arrondissement de Marseille, les communications rendues faciles par l'excellent état des routes et les lignes ferrées qui rayonnent dans tous les sens, la profession agricole des populations des deux autres arrondissements, l'aisance marquée qui règne partout, contribuent à l'état prospère des écoles.
La ville de Marseille est à l'égard de l'instruction particulièrement favorisée. Outre les ressources qu'elle offre à l'instruction générale (lycée de lre classe, 15 sociétés savantes, bibliothèque publique de 80,000 volumes, Musée de peinture fondé en l'an VIII, Muséum d'histoire naturelle fondé en 1819, Galerie des antiques, du château Borely), la commune de Marseille n'a rien négligé pour l'instruction primaire proprement dite ; elle a établi la gratuité absolue dans ses 79 écoles communales (43 de garçons, 36 de filles), dans ses 17 salles d'asile et dans ses 25 cours d'adultes ou d'apprentis.
La ville, qui subvient elle-même à toutes les dépenses, consacre actuellement plus de 750,000 fr. au service de l'instruction primaire. Elle subventionne un certain nombre d'établissements privés.
Les instituteurs de la ville ainsi que ceux de la banlieue sont divisés en 4 classes et ont des traitements qui s'élèvent de 1400 fr. à 2200 fr., les instituteurs adjoints de 1000 fr. à 1800 fr. Les institutrices n'ont pas moins de 1200 fr. — L'administration ne confie le poste de directeur qu'à des maîtres expérimentés pourvus du brevet complet.
Arles possède la salle d'asile modèle du département. Cet établissement, fréquenté par tous les jeunes enfants de la ville, sans excepter ceux des premières familles, est supérieurement dirigé, et l'on en compte peu de pareils en France, de l'aveu
même de MM. les inspecteurs généraux qui l'ont visité. Il est destiné à servir de cours pratique des salles d'asile à l'instar de celui de Paris, pour former les futures directrices de la région.
Les établissements charitables sont très-nombreux. Marseille en a plus de 60 : Institutions des sourds-muets des deux sexes, institution des jeunes aveugles, orphelinats de garçons et de filles, œuvre du Refuge, crèche, société de charité maternelle, etc. Aix et Arles ne sont pas moins bien partagés.
Les sociétés de chant existent en grand nombre dans le département qui en compte 197, composées de près de 800o membres : Arles, 27 avec 1280 sociétaires ; Aix, 63 avec 2578 ; et Marseille 107 composées de 4295 membres, pour la plupart anciens élèves du Conservatoire, qui est une succursale de celui de Paris. En 1869, Marseille comptait 140 professeurs de chant et de piano. La plupart des communes ont leur corps de musique qui accompagnent, en été, dans leurs excursions aux sites pittoresques, les jeunes gens du pays.
Les salles d'asile, au nombre de 67 reçoivent Il 518 enfants, 1528 (les 9 dixièmes) gratuits, 990 payants.
Certaines de ces écoles maternelles ont un chiffre de fréquentation qui dépasse 400.
Plus de 6165 adultes suivent les cours du soir, mais le nombre en diminue chaque année, avec celui des illettrés, sans doute par suite de la bonne fréquentation des classes du jour. Les cours spéciaux, d'enseignement primaire supérieur de dessin, de comptabilité, etc., continuent cependant à attirer un grand nombre d'élèves.
Dans les localités rurales, où la langue provençale est le plus profondément implantée, on éprouve encore des difficultés à habituer les élèves à s'exprimer dans un français correct.
Le bibliothèques communales sont assez répandues ; mais l'institution si utile des bibliothèques pédagogiques est encore à créer dans ce département. Les caisses d'épargne scolaires, qui invitent les parents, comme les enfants, à l'économie, les certificats d'études, qui obligent les maîtres à porter une égale attention sur tous les enfants de tous les degrés, y existent à titre d'essai. Les caisses scolaire* déjà assez nombreuses rendent des services signalés surtout pour l'achat de livres et d'objets classiques à l'usage des enfants indigents.
Les excursions des maîtres accompagnés de leurs élèves s'introduisent lentement dans les mœurs scolaires ; pourtant ce département est un de ceux qui offrent le plus grand nombre de points non seulement intéressants, mais importants à visiter au point de vue de l'histoire et de l'archéologie aussi bien que comme curiosités naturelles ou comme établissements industriels.
L'enseignement agricole se propage de plus en plus dans les écoles. Un professeur départemental d'agriculture parcourt les centres agricoles les plus importants et y fait des cours et conférences publics. Le conseil général a voté 1200 fr. pour récompenser l'instituteur qui écrirait l'ouvrage le plus simple et le mieux approprié aux cultures spéciales du département. La société d'horticulture distribue chaque année des médailles et des livres aux instituteurs et à ceux de leurs élèves qui se signalent comme protecteurs des oiseaux à l'époque des nichées.
Eu résumé, le département des Bouches-du- Rhône a fait, accomplir à l'instruction primaire de réels progrès, et il continue à marcher dans la voie où il est heureusement engagé depuis quelques années. [Boyer.]
BOITILLET (Marie -Nicolas). — Lexicographe français, né à Paris en 1798 et mort en 1864. Il fut élève de l'École normale, enseigna pendant