‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 139 sur 547 · BRARD · texte numérisé non relu

BRARD

une portion do bourse supérieure h celle dont il fouissait, le pensionnaire libre appelé à la jouissance d'une bourse ou d'une portion de bourse ont également droit au remboursement de la somme que la famille a payée d'avance. Le décompte part du jour de l'entrée en jouissance de la bourse (Id. art. 12).

Sur le rapport du recteur et du préfet, et si la situation financière des écoles normales le permet, les familles qui sont hors d'état de payer les compléments de bourses et pensions à leur charge peuvent obtenir du ministre des dispenses de paiement (Id. art. 71).

Bourses au cours protique des salles d'asiles. — Elles sont accordées par le ministre sur la proposition de la commission de surveillance aux aspirantes qui ont été jugées dignes de cette faveur (Arr. 13 avr. 1849, art. 9).

Les aspirantes aux bourses doivent être âgées de 18 ans au moins et de 30 ans au plus, à moins de dispense spéciale (Arr. 30 juill. 1875, art. 3). La demande doit être faite sur papier timbré et accompagnée des pièces suivantes : 1° l'acte de naissance de l'aspirante ; 2° l'acte de mariage, si l'aspirante est mariée ; 3° l'acte de décès de son mari, si elle est veuve; 4° un certificat de moralité délivré par le maire de la commune et, à Paris, de l'arrondissement, et par le maire de chacune des communes ou de chacun des arrondissements que l'aspirante aura habité en dernier lieu dans le cours des trois dernières années. Le dernier certificat devra avoir au plus un mois de date ; 5° un certificat de médecin constatant que l'aspirante a été vaccinée et que sa santé lui permet de se livrer à l'enseignement (Id. art. 2). [E. de Resbecq.]

BOURSES D'APPRENTISSAGE. — Bourses éta blies dans certaines villes, notamment à Paris, pour aider à placer en apprentissage les élèves des écoles primaires qui se sont distingués dans leurs études. Cette institution, dont le principe était excellent, a donné lieu en général à de grandes difficultés quant au mode de distribution des bourses. Les décerne-t-on par voie de concours aux plus méritants ? Beaucoup de ceux qui en ont le plus grand besoin s'en voient privés. Les donne-t-on aux plus nécessiteux ? Elles ressemblent plus à une aumône qu'aune récompense scolaire. C'est ce double inconvénient qui a fait en 1872 supprimer à Paris les bourses d'apprentissage. Le Conseil municipal les a remplacées très-judicieusement à notre avis, par des livrets de caisse d'épargne- « à distribuer au concours aux élèves des écoles communales de garçons et de filles. » Un arrêté préfectoral d'organisation en date du 1er juillet 1872, et une circulaire du même jour, tous deux reproduisant les propositions de M. Gréard, directeur de l'enseignement de la Seine, expliquent fort bien les motifs de cette substitution d'un livret aune bourse et déterminent d'une façon parfaitement lucide le sens de la nouvelle institution. (V. Livret.) — Cf. le Mémoire de M. Gréard sur la création d'une école d'apprentis. BOURSIERS. — V. Bourses.

BRA1DWOOD (Thomas). — Un des nombreux instituteurs de sourds-muets auxquels on attribue l'invention de la méthode labiale (V. Pereire et les noms auxquels cet article renvoie) Braidwood était un Écossais né en 1715, mort à Hackney près Londres en 180(i. Son établissement de Dumbiedikes dans les environs d'Edimbourg passe pour la première école de sourds-muets qu'ait possédée la Grande-Bretagne. Son secret, qui ne fui divulgué qu'après sa mort, était d'enseigner aux sourdsmuets à comprendre et à imiter les sons en observant soigneusement les mouvements des lèvres. Le père d'un de ses élèves, un Américain, nommé Francis Green, rendit compte de cette méthode en 1783 dans un opuscule intitulé Vox oculis subiecta.—(Ç.Î.The Cyclopœdia of Education de Kiddle).

BRAILLE (Louis). — Né le 4 janvier 180CÎ, d'honnêtes artisans, à Coupvray (Seine-et-Marne). Il perdit la vue par accident à l'âge de trois ans, et devint, en 1819, élève de T'institution des jeunes aveugles de Paris. Il s'y fit vite remarquer, autant par la douceur de son caractère que par la finesse de son esprit et par son aptitude aux études intellectuelles et musicales. Il devint professeur dans l'institution môme, à la fin de 1828, et montra dans son enseignement une netteté parfaite d'exposition et une rare patience; il écrivit même pour ses élèves divers abrégés élémentaires, et surtout un Traité d'arithmétique très bien fait, qui fut imprimé en relief en 1858. — Mais c'est surtout par l'invention d'une écriture saillante que Bz*aille s'est rendu célèbre parmi les aveugles : Haiiy leur avait donné les moyens de lire des impressions typographiques en relief (V. Aveugles), Braille leur donna une écriture, en relief aussi, qu'ils purent lirent avec facilité, avec certitude, avec célérité. Un homme ingénieux, Charles Barbier, l'avait précédé dans la recherche d'une telle écriture ; il avait formé un tableau des sons de la langue française, qu'il réduisait à trente-six, et avait imaginé autant de signes en points saillants, qu'il formait au moyen d'une machine d'une extrême simplicité. Mais l'écriture en points de Barbier était défectueuse à bien des égards : c'était une écriture de convention dont les caractères prenaient beaucoup de place et ne pouvaient s'écrire et se lire que lentement, qui était d'ailleurs insuffisante, car elle ne donnait ni ponctuation ni chiffres. Louis Braille reprit l'idée première de Barbier, c'est-à-dire l'emploi de caractères en points saillants, et fut conduit d'essais en essais, de combinaison en combinaison, à un système plus prompt puisqu'il simplifie considérablement les caractères, plus grammatical puisqu'il représente non plus les sons de la langue parlée, mais les lettres mêmes de la langue écrite, plus général puisqu'il s'applique encore à tous les signes de ponctuation, aux chiffres et même à la musique.

Cette écriture de Braille, véritable trésor pour les aveugles, fut une révolution dans l'enseignement des aveugles et dans leur existence morale, car dès lors des livres nombreux furent imprimés dans ce système plus facile à lire pour les aveugles que le système typographique ordinaire, dès lors aussi furent écrits ou imprimés de nombreux et importants morceaux de musique, chose entièment nouvelle pour les aveugles, le système de notation musicale des voyants étant impraticable pour eux. Braille lui-même écrivit une explication de son système qui fut imprimée en relief typographique en 1829 sous le titre de Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points, à l'usage des aveugles. Cette écriture de Braille est adoptée aujourd'hui dans la plupart des institutions d'aveugles de tous les pays et doit certainement s'introduire dans toutes, car rien ne peut en tenir lieu. — Braille avait toujours été très faible de constitution ; il était souvent obligé de suspendre ses travaux et enfin il avait entièrement cessé de faire des classes depuis plusieurs mois lorsqu'il mourut le 6 janvier 1 852 à l'âge de quarante-trois ans. Par un mouvement spontané les élèves et les professeurs de l'institution demandèrent qu'un monument fût élevé dans l'établissement au moyen de leurs souscriptions, à la mémoire de leur maître vénéré et de leur collègue bien-aimé ; et l'on voit aujourd'hui dans le vestibule de l'institution des jeunes aveugles de Paris un buste en marbre de Louis Braille du au ciseau du sculpteur Jouffroy. [J. Guadet.]

BRARD (Cyprien-Prosper). — ( 1780-18 î8 |. Ce savant minéralogiste, né à Laigle (Orne), a été un des plus importants donateurs du Muséum dhistoire naturelle pour la section minéralogique. Son nom

BRASSAI

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