‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 140 sur 547 · BRAUN · texte numérisé non relu

BRAUN

mérite de figurer ici non-seulement pour les services qu'il a rendus à la science, mais aussi parce qu'il rappelle une des premières et des plus intéressantes tentatives faites en France en vue de Ignemeflt populaire des adultes. Sans énumérer ici les savants ouvrages de minéralogie qu'on doit à Brard, nous citerons quatre ouvrages dont les titres seuls indiquent les nobles efforts de l'auteur : Description de la qrande école gratuite en plein air de M. lirara à l'usage des ouvriers et de leurs enfants. Paris, 1 824 , in-8. — Compte rendu des travaux de la 1" année d'études de l'école gratuite des dimanches, fondée en faveur des ouvriers de la mine et de la verrerie du Lardin Dordognej, 1826, 8°; — Minéralogie populaire ou Avis aux cultivateurs et aux artisans sur les terres, les pierres, les sables, les métaux et les sels qu'ils emploient journellement, le charbon de terre, la richesse des mines, etc. 182G, in-18; — Dictionnaire usuel de chimie, de physique et d histoire naturelle, à l'usage des instituteurs, etc. (1838, 2 v. in-8).

BRASSAI (Samuel). — Pédagogue hongrois, né en l >00 à Toroczko (Hongrie). Après avoir fini ses études classiques à Kolozsvar (Clausembourg), il remplit pendant quelques années les fonctions de précepteur, il publia en 1834 son premier manuel : Introduction à lu géographie et devint professeur au collège des Unitaires à Kolozsvar. Il réorganisa l'école élémentaire et secondaire des Uniiaires. A l'école primaire il supprima l'enseignement en langue latine et la méthode scolastique pour y substituer une éducation en harmonie avec les lois générales de la nature humaine et particulière ment adaptée aux besoins nationaux.

En 1848, M. Brassai fut nommé professeur à l'Académie militaire de Buda-Pest, mais la tourmente révolutionnaire fit disparaître cet institut. M. Brassai resta néanmoins à Pesth pendant dix ans comme professeur dans l'institution Szonyé. En 1858 il retourna à Kolozsvar, puis devint directeur du Musée national de Transylvanie, et enfin en 1872 professeur de mathématiques élémentaires à la nouvelle Université royale de Kolozsvar.

Le but principal, que M. Brassai s'est proposé dans sa longue carrière pédagogique, c'est la réforme des méthodes. Son principe essentiel est que le véritable enseignement n'est pas celui qui dresse ou façonne le mieux les élèves, mais celui qui les aide à développer harmoniquement leur facultés intellectuelles. Ces principes sont développés et appliqués dans les nombreux traités et manuels de M. Brassai, dont les éditions nombreuses ont exercé une grande influence sur les écoles primaires, secondaires, normales et supérieures de la Hongrie.

Parmi ces écrits, celui qui intéresse le plus directement la pédagogie est son essai sur la Méthode, que nous regrettons de ne pouvoir analyser complètement, mais dont voici du moins les données essentielles. M. Brassai distingue dans rœuvrt du maître deux opérations principales: 1" Fournir des idées. 2° Les coordonner. Pour atteindre le premier but, il faut surtout suivre la méthode intuitive, montrer les. objets plutôt que les décrire minutieusement, et surtout se fier a la faculté naturelle d'assimilation qui est propre aux enfants; il n'est pas besoin pour cela de s'astreindre aux puériles minuties de la catéchétique allemande qui suivant l'expression de l'auteur tombe au dessous du niveau de l'entendement enfantin ; il faut bien plutôt provoquer, éveiller, guider l'esprit de recherche et d'observation spontanée. Pour la seconde moitié de l'œuvre pédagogique, le classement des idées, il y a lieu d'appliquer à l'enseignement les règles mêmes de la logique, la gradation, l'enchaînement méthodique des faits et

des démonstrations. Deux études sont particulièrement propres à former l'esprit tout en l'enrichissant de connaissances positives, ce sont les mathématiques d'une part, les langues de l'autre. Pour la nourriture de l'esprit, selon M. Brassai, ces deux sciences sont les alimerts substantiels, le reste est l'accessoire. Aussi est-ce sur l'organisation de ces deux séries d'études que le pédagogue hongrois à principalement porté ses efforts et attiré l'attention de ses compatriotes. Ses livret d'arithmétique, depuis l'Arithmétique des enfanti jusqu'à l'Algèbre, ont pour but d'appliquer la méthode naturelle et de forcer rélève sinon à découvrir lui-même la vérité, du moins à prendre une part active à sa découverte. Ses grammaires, entre autres sa Grammaire française à l'usage dei Hongrois, sont conçues dans le même esprit. Elles commencent non par le mot isolé, mais par la proposition simple ; c'est en l'analysant, c'est en comparant les formes diverses qu'y revêtent les différents éléments de la pensée, que l'élève se rend compte peu à peu des flexions grammaticales et des règles de l'orthographe.

<iet aperçu sommaire permet d'apprécier li portée pédagogique et l'originalité de l'œuvre de M. Brassai, dont nous avons à dessin laissé de côté les mérites comme savant et comme écrivain national. [L. Felméri.]

BRASSEUR. — Ancien prêtre de Bocquemont près Neufchâtel, auteur d'un « Plan d'éducation républicaine dédié à la Convention nationale et aux amis de la liberté. » Dans cette brochure assez diffuse et déclamatoire, Brasseur a rencontré quelques idées justes qu'on est presque étonné de trouver parmi tant de phrases vides ; celles-ci par exemple : « Avant d'établir une école de citoyens, il faudrait peut-être établir une école d'instituteurs. . . Tous les arts ont leur apprentissage, excepté celui de former des hommes. » Il recommande de prendre de préférence pour instituteurs des pères de famille : a La Bépublique n'étant elle-même qu'une grande famille, on doit bien plus attendre de ceux en qui le doux nom de père a fortifié par l'habitude et par l'expérience l'amour des devoirs et les soins de la paternité. »

Il essaie ensuite de tracer le programme des nouvelles écoles, « dégagées des formes barbares usitées depuis le ixe siècle. » Il commence toute éducation par « un épitome court et facile sur l'existence du grand régisseur de l'univers et sur la morale qui en découle. Il insiste ensuite sur l'éducation patriotique et compose la série de ses « cours académiques » des branches suivantes : la grammaire,* clef de toutes les langues », en ajoutant toutefois «que la grammaire française doit subir desréformes et prendre elle-même une physionomie républicaine ; » les langues étrangères, la géographie recommandée par cette phrase significative : « Les Français qui ont eu les premiers le courane de briser leurs 1ers et d'élever des autels à la liberté et à l'égalité, sont sans doute aussi destinés à être les libérateurs des autres nations. On ne peut donc donner aux élèves de la patrie des connaissances trop détaillées des pays qui doivent être le succès de leurs armes victorieuses. Il faut que les chemins de Londres, de Vienne et de Madrid leur soient aussi connus que les rues qui conduisent aux écoles de la patrie et qu'ils trouvent aussi sûrement les trônes des tyrans qui siègent dans ces villes que la chaire de leurs instituteurs; » puis Yhistoire et les mathématiques en se bornant aux « sciences préliminaires, » enfin la gi/>nnastiqut\ compvena.ni les évolutions militaires, à limitation de la Suisse, la danse et la natation.

BRAIW (Henri). — Premier organisateur des écoles de Bavière. Né le 17 mars 1732, à Tiossberg, mort le 8 novembre 1792. Il entra en 1750 dans l'ordre des Bénédictins, fut appelé à Munich par

Page 1