‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 144 sur 547 · BRUNSWICK · texte numérisé non relu

BRUNSWICK

portent à la législation et à l'économie commerciale, industrielle et agricole sont remplacées par les épreuves prescrites pour le certificat d'aptitude à l'enseignement des langues vivantes.

Les candidats peuvent, s'ils en font préalablement la demande, être interrogés sur les matières de l'enseignement secondaire spécial qui ne sont pas comprises dans les programmes de leur examen. Mention est faite au diplôme des matières de la série choisie par le candidat, ainsi que des autres matières sur lesquelles il a répondu d'une manière satisfaisante. (Arr. 26 février 1869.)

[L. Armagnac]

BR1DGMAN (Lnura). — Un des plus remarquables exemples des prodiges que peuvent accomplir la patience et le dévouement en matière d'éducation. Laura Bridgman, née dans le New-Hampshire aux Etats-Unis en 1829, avait perdu l'ouie et la vue avant de savoir parler, à l'âge de moins de deux ans. Le Dr Samuel Howe, directeur du grand établissement d'aveugles de Boston (Perkins institution), entreprit l'éducation de cet enfant aveugle, sourde et muette. Il parvint à lui faire apprendre à lire par le seul sens du toucher, il lui enseigna l'alphabet manuel, elle apprit ensuite à écrire, puis à jouer du piano, à coudre, etc. — Cf. Séances et travaux de V Académie des sciences moral es et politiques, compte rendu pour M. Vergé, t. VIII, p. 437.

BROCKHAUS (Frédéric-Arnold). — Fondateur d'une des librairies les plus renommées de l'Allemagne, né en 1772 à Dortmund (Westphalie), mort en 1823. Après avoir publié en Hollande différentes revues d'un caractère libéral, Brockhaus entreprit la grande publication qui devait faire sa renommée, le Conversalions-Lexikon (1811). Cette œuvre encyclopédique, que nous n'avons pas à étudier ici, doit du moins être mentionnée comme un fait considérable dans l'histoire de l'instruction en général. C'est, après la grande Encyclopédie française du xvm' siècle, le premier livre qui a sinon absolument popularisé, du moins mis à la portée d'un plus grand nombre le résumé de toutes les connaissances humaines. Ce magnifique monument de vulgarisation obtint dès le premier moment un immense succès. Il a eu depuis lors d'innombrables éditions, il a été imité dans toutes les langues, sous toutes les formes et, d'année en année, il se transforme et se complète encore.

Depuis lors, la maison Brockhaus de Leipzig n'a cessé de grandir et de rendre les plus grands services à l'enseignement à tous les degrés. Outre le Conversations-Lexihon, dont elle a répandu plus de 300,000 exemplaires, elle a entrepris, entre autres publications capitales, la volumineuse encyclopédie d'Ersch et Gruber, qui n'est pas achevée bien qu'elle soit commencée depuis 1831, et une foule d'éditions classiques, notamment de nombreux ouvrages pour l'enseignement des langues vivantes [L. Rieffcl.]

BROUGHAM (lord Henry).— Nous n'avons pas à étudier la longue carrière politique de ce célèbre homme d'État écossais (né en 1779, mort en ! 868); mais on ne saurait sans ingratitude omettre son nom dans ce Dictionnaire : au moment même où les affaires, la littérature et la politique semblaient l'absorber tout entier, Henry Brougham soulevait un des premiers en Angleterre la question alors absolument négligée de l'éducation populaire. Dès 1816, il avait fait nommer par la Chambre des Communes un comité d'enquête sur l'état de l'instruction dans les classes ouvrières ; ce comité n'eut pas de peine à établir que plus de cen*, mille enfants grandissaient annuellement à Londres sans recevoir aucune instruction. Brougham ne se lassa pas de revenir à la charge pour que des mesures législatives fussent prises en vue d'améliorer cette situation. Il fut, avec Birbeck*, un des fondateurs des écoles d'adultes, des « Mcchanics' institutes »

(1823); M. Mignet, faisant son éloge à l'Académie des sciences morales et politiques dont il étail membre depuis 1833, dit de lui « qu'il fut à un certain moment le patron universel de ces instituts des arts mécaniques. » {Séa?ices et trav. de Cacad., t. 96).

Lord Brougham fut aussi l'un des principaux fondateurs et le premier président de la Société pour la diffusion des connaissances utiles (1827), en vue de laquelle il écrivit, entre autres opuscules, son discours : Sur le but, les avantages et les plaisirs de la science. Mais la plus connue de ses publications en faveur de l'enseignement populaire est sa brochure de 1S25, répandue à plus de cinquante mille exemplaires et traduite en français : Observations pratiques sur l'éducation du peuple (1826). On sait que cette publication contribua puissamment à faire triompher la cause à laquelle Brougham, lord Russell et quelques autres s'étaient voués avec ardeur ; c'est sous leur énergique pression que le Parlement anglais se décida à voter le premier budget de l'instruction primaire, 1833 (V. Angleterre). On a souvent cité cette phrase de lord Brougham, un peu hyperbolique sans doute, mais qui n'est pas sans quelque vérité : «Le temps vient où l'instituteur et non plus le canon sera l'arbitre du monde. »

BROW.N (John). — Pasteur de Priesthill dans les montagnes de l'Ecosse, premier fondateur des Ecoles du Dimanche vers 1680. — V. Dimanche (écoles du) et Raikes.

BRUJNET (Perrine). — Née le 6 novembre 1654, à la Chapelle au Riboul (Mayenne), se dévoua, après la mort de son mari ( 1 679), à la double mission d'instruire les enfants et de soigner les malades des campagnes. Elle fonda une communauté, qui fut autorisée par lettres patentes du roi sous le nom de « Sœurs de la charité de Sillé. » Les devoirs des maîtresses sont clairement définis dans les chapitres xi et xn : « elles éviteront en parlant aux enfants de se servir de termes bas, injurieux, ou méprisants, elles ne les châtieront point par humeur, impatience ou colère, etc. » Supprimée en 1790, rétablie en l'an XII, dans l'abbaye d'Evron, cette association a rendu et rend encore de nombreux services dans les communes de la Mayenne et des départements voisins. Les archives de Laval (série V, Congrégations religieuses) possèdent des documents curieux sur l'organisation de cet institut, le procès-verbal de l'enquête de commodo et incommodo faite à la sénéchaussée du Mans, en conséquence d'un arrêt du Parlement pour l'enregistrement de ses statuts, etc. [L. Maggiolo.l

BRUNSWICK (comtesse Thérèse de). — Née à Pozsony, Hongrie, en 1775, morte à Pesth en 1861. Elle fut pour la Hongrie ce qu'a été pour l'Allemagne Mme de Marenholz, l'initiatrice du mouvement en faveur de l'éducation des petits enfants. Devenue veuve, elle fit un voyage en Suisse, où elle visita l'institut de Pestalozzi à Yverdon ; elle alla plus tard visiter en Angleterre les salles d'asile de Wilderspin. C'est d'après ce modèle qu'elle fonda en 1828 la première salle d'asile hongroise à Pesth, institut auquel elle donna le nom d'Angyalkert (Jardin des anges). C'est sur ce modèle que furent fondées plus tard sous son inspiration treize autres salles d'asile ; la Hongrie en compte aujourd'hui plus de deux cents. Non contente de faire le bien par elle même, la comtesse de Brunswick voulait et savait y associer les autres : c'est elle qui créa la première société hongroise pour la fondation des salle* d'asile. [L. Felméri.]

BRUNSWICK (duché de). — Le duché de Brunswick est l'un des Etats qui constituent l'empire d'Allemagne. Il a son souverain particulier et sa législation propre. La population était au dernier recensement de 3*27,493 habitants, dont 300.195 luthériens.

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