‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 156 sur 547 · CABARETS · texte numérisé non relu

CABARETS

gués, qui lui firent une réputation européenne Deux anecdotes suffisent à résumer ce que son système d'éducation a pour nous d'intéressant.

Un jour Charles II, qui avait pour lui les plus vives sympathies, vint visiter son école; Busby conduisit son royal visiteur dons les classes, mais en le précédant toujours le chapeau sur la tête, tandis que le roi tenait le sien sous le bras. La visite finie, comme Charles II allait se retirer, Busby lui dit avec humilité : « Sire, j'espère que Votre Majesté me pardonnera mon manque de respect ; mais, véritablement, si mes élèves allaient s'imaginer qu'il y a un homme au-dessus de moi dans le royaume, je n'en saurais plus venir à bout. » — Une autre fois on lui reprochait l'excessive rigueur de la discipline qu'il avait établie et l'usage constant qu'il faisait de la canne et du fouet ; il répondit en prenant la liste de ses anciens élèves et en montrant que quatorze des évêques alors en exercice avaient été instruits par lui : « S'ils sont devenus ce qu'ils sont, ajoutait-il, c'est grâce aux verges. »

BUTET (P.-R.-F.), plus connu sous le nom de BUTET DE LA SARTHE. — Grammairien français, né à Tuffé en 1*369, mort à Paris en 1825. Parmi les écrits de Butet et les vives discussions qu'ils soulevèrent, en particulier à l'Institut, nous n'avons à relever ici qu'un point important. Dans son Cours théorique d'instruction élémentaire, Butet s'est prononcé l'un des premiers et par d'excellentes raisons pour l'enseignement simultané do l'écriture et de la lecture. II veut même « que l'enseignement de l'écriture précède celui de la lecture ». En effet, dit-il, « on a parlé avant d'écrire, et on a écrit avant de lire, car on ne lit que ce qui a été écrit et l'on n'écrit que ce qui a été préalablement dit. Or l'ordre suivi dans les écoles est absolument opposé à la marche de l'instruction primitive : on n'y enseigne à écrire qu'après ayoir enseigné à lire et 1 on n'y enseigne à parler qu'après avoir enseigné à lire et à écrire. » Il fait ensuite une très judicieuse critique de la méthode de lecture par l'épellation et montre que s'il est nécessaire d'exercer les enfants à reconnaître les signes aussi bien qu'à distinguer les sons, il est absurde d'étourdir leurs oreilles d'une multitude de sons avant de les affecter de celui qu'ils doivent produire à l'inspection des caractères qui frappent leurs yeux, a Ainsi, ajoute-t-il, pour arriver à renonciation du son trê, finale du mot ils entraient, l'épellation leur fait dire :

Té + ère -f- a + i -f- é + enne + té = trê

11 faut avouer que cela présente une équation assez bizarre. » Le Cours pratique, adopté par la Société d'instruction élémentaire, et qui était destiné, d'après le titre, « à l'usage de toutes les écoles primaires françaises et spécialement des classes élémentaires de l'école polymathique » (fondée par Butet à Paris, rue de Clichy), est conçu d'après les principes du cours théorique et contient plusieurs parties qui sont encore aujourd'hui dignes d'étude.

CABARETS et CAFÉS. — On ne verra jamais les instituteurs dans les cabarets, dans les cafés, dans aucun lieu, dans aucune société qui ne conviendrait point à la gravité et à la dignité de leurs fonctions. (Rég. mod. 17 août 1851, art. 3.)

Ces prescriptions sont inscrites dans chacun des règlements départementaux; les instituteurs s'ex-

poseraient, en les oubliant, à des peines disciplinaires.

De tout temps, cette règle a existé ; de nombreux synodes interdisaient aux maîtres d'écoles la danse et la fréquentation des cabarets, sous peine d'interdiction de leur charge. Le synode tenu à Boulogne-sur-Mer, en 1744, s'exprimait ainsi : « 11 est

CAGOGRAPHIE

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