CADRAN
défendu aux maîtres d'école, sous peine de révocation, de boire ou de manger dans les cabarets de leur résidence, à plus forte raison de tenir euxmêmes cabarets, de vendre del'eau-de-vie ou autres liqueurs, de fréquenter de mauvaises compagnies, d'aller aux veilles ou séries, aux danses et autres divertissements publics, de faire aucun trafic messéant à leur état. »
Des conseils et des prescriptions analogues se retrouvent dans les règlements scolaires de presque tous les pays. [E. de Resbecq.]
CACOGRAPHIE. — On désigneet on a souvent employé dans l'enseignement primaire sous le nom de cacographie une méthode consistant à enseigner la grammaire et l'orthographe au moyen de phrases et de mots écrits incorrectement et qu'on charge l'élève de corriger. On cite quelques exemples très anciens de cacographie, Larousse en mentionne une de 1752 et Littré une autre de Joubert en 1579, mais c'est seulement depuis le commencement de notre siècle que l'usage de ces exercices s'est généralisé.
Le procès de la cacographie n'est plus à faire; ses rares partisans ne la défendent plus même que comme un « mal nécessaire », et l'usage s'en détourne décidément à tous les degrés et dans tous les systèmes pédagogiques. L'expérience a également condamné sans appel les deux modes d'exer cices cacographiques qui ont été autrefois employés, l'un qui pouvait s'appeler la cacographie à outrance et jusqu'à l'absurde, l'autre qui se nommait la cacographie méthodique et qui était au moins graduée de façon à ne présenter qu'un genre particulier de fautes dans chaque exercice. Estropier les mots, semer au hasard dans un texte quelconque ce que les imprimeurs appellent des « coquilles », ou bien habituer les enfants à voir toujours écrits au rebours de ce qu'ils devraient être les mots qui présentent une difficulté de forme, de flexion, d'accord ou de régime, c'est compliquer à plaisir la tâche de l'instituteur et celle de l'élève.
Cependant, aujourd'hui que les exercices cacographiques, cacologiques, cacophoniques et autres de même goût ne sont plus à redouter, il est peutêtre à propos de remarquer qu'au fond de cette malencontreuse invention il y avait sinon l'idée, du moins le sentiment très juste d'un des besoins les plus réels de l'enseignement primaire. On voulait rompre avec la monotonie de l'exercice grammatical sous la forme de copies de verbe, de dictées et d'analyses sans fin et sans variété. On sentait qu'il faut retourner de vingt manières différentes la phrase à écrire, la règle à appliquer, la difficulté orthographique à résoudre, si l'on veut être sûr que l'enfant y fasse attention et en soit vraiment maître. Et l'on avait raison de penser qu'une des formes les plus propres à mettre un peu de mouvement et d'imprévu dans l'étude de la grammaire est celle qui fait passer l'enfant du rôle d'élève à celui de maître : les Américains en font encore aujourd'hui un heureux usage dans leurs exercices de criticisme, où les élèves changeant de cahiers se corrigent les uns les autres, pratique excellente, pourvu qu'elle soit bien dirigée.
Nos modernes livres scolaires sont inspirés de cette môme tendance à rajeunir et à diversifier l'exercice orthographique; on peut même dire qu'ils doivent quelque chose à la cacographie. Seulement ils en ont supprimé les inconvénients en substituant au mot mal écrit le mot non écrit, ou le mot écrit à demi, ou encore le mot écrit comme dans le dictionnaire avec la forme primitive et entre parenthèses. Au lieu d'écrire par exemple : « si tu lui désobéit, ta mère te puniras, » comme le ferait la cacographie, on écrit : si tu « lui désobé..., ta mère te [punir, au futur de l'indicatif].» De la sorte on garde tout le piquant de l'exercice
cacographique, sans faire violence à l'œil de l'enfan t.
CADEAUX. — Il est interdit aux directrices, sous-directrices et femmes de service des salles d'asile d'accepter des parents aucune espèce de cadeaux. (Dec. 22 mars 1865. art 24.)
En ce qui concerne les instituteurs et institutrices, aucune disposition réglementaire n'a pris soin de leur interdire de recevoir des cadeaux de leurs élèves ou des parents de ceux-ci. Il n'était, d'ailleurs, pas besoin pour cela d'une prescription formelle. Le sentiment de la dignité et des convenances suffit pour inspirer aux maîtres la plus grande réserve à cet égard. Nous croyons donc inutile d'insister. [L. Armagnac]
— L'usage des cadeaux au maître ou à la maîtresse d'école avait autrefois sa raison d'être dans l'habitude des paiements en nature. Souvent les cadeaux ou les quêtes d'oeufs, de blé, de légumes étaient une partie importante du traitement. Aujourd'hui le traitement s'est élevé et s'est régularisé presque partout, et les cadeaux disparaissent avec les abus auxquels ils donnaient lieu.
Dans plusieurs pays où l'ancien usage tend à persister, surtout à la campagne, les règlements sont très stricts et font de l'acceptation de cadeaux un cas de suspension ou de révocation.
En Prusse, plusieurs règlements provinciaux (notamment la circulaire du gouvernement de la Prusse rhénane, 6 fév. 1867) défendent aux instituteurs d'accepter de leurs élèves aucun cadeau à l'occasion soit du jour de l'an, soit de leur anniversaire.
Dans quelques parties des Etats-Unis (par exemple à Cleveland, règlement du 1877), la même interdiction est faite aux instituteurs, avec cette réserve : sauf le cas d'autorisation par une décision spéciale du School Board.
CADETS (écoles de). — Nous n'aurions pas a parler de cette institution qui existe dans plusieurs pays, mais qui appartient à l'éducation spéciale des jeunes gens de famille noble, si la Suisse n'avait relevé ce mot pour l'appliquer à une institution tout à fait populaire.
Les enfants des classes moyennes et supérieures des collèges et des écoles industrielles correspondant à notre enseignement primaire supérieur sont enrôlés sous le nom de cadets pour faire des exercices gymnastiques et militaires. Ils ont un petit uniforme imitant celui des soldats, des tambours, des fusils et des sabres à leur taille, et toute une petite organisation à l'image de celle de l'armée. Quelques sous-officiers et quelques officiers leur servent d'instructeurs. A certaines époques, ils passent des revues, font des excursions de plusieurs jours, le sac au dos, font quelquefois la petite guerre et vont prendre d'assaut quelque vieux château où ies attendent un joyeux accueil et une ample collation. Cette institution, qui a passé par des alternatives de faveur et de discrédit, est une de celles qui caractérisent le mieux l'esprit de l'éducation populaire en Suisse.
CADRAN SOLAIRE. — Cet instrument, véritable horloge naturelle, est peu employé aujourd'hui dans l'usage commun. Cependant on s'est efforcé dans ces dernières années, en Belgique notamment, d'apprendre aux élèves d'école normale le principe de la construction des cadrans solaires. Un professeur de mathématiques, M. Stroesser, est arrivé à rendre cette construction simple et très peu coûteuse.
On ne saurait qu'approuver chez nous des tentatives semblables, non seulement à cause de l'utilité du cadran solaire, mais surtout parce que cette construction faite par les maîtres et par les élèves serait un excellent exercice de révision pratique de plusieurs parties des études cosmographiques, actuellement trop négligées. Le Manuel général