V. l'article suivant (dernier paragraphe
AGRICULTURE (Enseignement de 1*). — Nous donnons ri-dessous, d'abord pour les pays étrangers, des renseignements succincts sur l'état de cet enseignement dans les écoles primaires et dans desécoles spéciales, ensuite pour la France et avec des détails plus étendus, la législation et l'historique de l'enseignement agricole : 1° dans les établissements d'instruction primaire, 2° dans les établissements spéciaux placés sous l'autorité du ministère de l'agriculture et du commerce, 3° dans les établissements privés et sous les auspices des sociétés libres.
PAYS ÉTRANGERS
ALLEMAGNE. — L'enseignement agricole, d'introduction récente encore dans plusieurs parties de l'empire, n'a pas partout la même organisation. On a fait remarquer avec raison que nulle part erv Europe l'enseignement agricole ne présente une plus grande diversité d'une région à l'autre; on pourrait presque dire que chaque État, chaque commune a ses institutions propres, et telle de ces institutions, après avoir merveilleusement fonctionné dans un pays, ne parvient pas à s'acclimater dans l'autre ; par exemple les belles écoles complémentaires du Wurtemberg n'ont pas réussi dans l'Allemagne du Nord ; les écoles élémentaires d'agriculture pratique, prospères dans le duché de Bade et dans la Bavière, n'existent pas en Saxe, etc.
Alsace-Lorraine. — Depuis l'annexion, trois écoles moyennes d'agriculture ont été ouvertes, à Haguenau, à Colmar et à Saint-Avold; uneécole de pisciculture, d'arboriculture et d'horticuiture a été fondée en 1873 ; des écoles agronomiques d'hiver, c'est-à-dire dont les cours durent de novembre à mars, ont été établies dans presque tous les chefslieux de canton.
Bade. — Le grand-duché possède une école supérieure d'agronomie à Heidelberg, quinze écoles moyennes d'agriculture, quatre écoles d'horticulture et d'arboriculture, une école pratique pour le drainage, une autre pour la maréchalerie; enfin des professeurs nomades d'agriculture.
Bavière. — L'arboriculture figure dans le programme de l'enseignement primaire.
Il y a trois professeurs nomades et 26 établissements d'enseignement agricole, savoir : l'école royale d'agriculture de Weihenstephen, près de Munich, fondée en 1S22; — sept écoles régionales d'agriculture; — une école régionale de praticulture, à Oberpfal ; — une école pratique d'agriculture pour les fils de paysans, à Wiirzbourg; — neuf écoles d'horticulture et d'arboriculture ; — trois écoles de bergers; — deux cours de pratique pour la distillation ; — enfin, un enseignement pratique pour la fromagerie à Sonthofen.
Il faut ajouter que l'école polytechnique de Munich renferme une division spéciale pour l'enseignement supérieur de l'agriculture. Plusieurs écoles professionnelles, notamment celles de Kaiserslautern et de Freising, ont une section ou des cours d'agriculture théorique et pratique.
Depuis 1807 un grand nombre de cours de répétition ou d'écoles complémentaires sont spécialement agricoles.
Un très intéressant Mémorandum publié par le gouvernement en 1809 fit connaître l'avis des autorités et des hommes compétents qu'on a consultés sur l'état de l'enseignement agricole, à peu près comme en France dans l'enquête de ls07. Les réponses sont unanimes pour constater les rapides succès des écoles complémentaires récemment affectées à l'enseignement agricole. Mais, contrairement peut-être à l'attente du gouvernement, la très grande majorité des voix est opposée à l'introduction de renseignement agricole dans l'école primaire, dont le programme paraît déjà trop chargé.
Hesse. — Depuis 1867, les sociétés spéciales entretiennent des cours de G semaines chaque année
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pour donner aux instituteurs des notions d'enseignement agricole. Chaque instituteur est tenu de suivre ces cours deux ans de suite. Il existe aussi des écoles de répétition ou cours du soir où l'enseignement de l'agriculture tient une grande place, enfin 4 écoles spéciales d'agriculture, une école supérieure libre à Worms et un institut agricole annexé à l'université de Giessen.
Prusse. — L'horticulture et l'arboriculture, mais non l'agriculture, figurent dans les programmes des écoles normales.
Quant aux écoles d'agriculture, elles sont trèsnombreuses. Ce sont d'abord quatre instituts agronomiques de haut enseignement, formant des facultés distinctes dans les universités de Berlin, Halle, Gœttingue et Kœnigsberg ; chacun compte de 16 à 20 professeurs. Viennent ensuite trois académies royales à Eldena (Poméranie), Poppelsdorf près Bonn et Proskau iSchleswig); cette dernière possède un domaine agricole de 1000 hectares et 6000 hectares environ de forêts.
En outre, la Prusse a 4l écoles moyennes d'agriculture et fermes-écoles, 2 instituts de haut enseignement de l'horticulture, 12 écoles secondaires et pratiques pour les mêmes objets et pour la viticulture, 7 écoles spéciales pour la praticulture, les irrigations et les cultures industrielles, une pour chacun des objets suivants : drainage, maréchalerie, sériciculture, apiculture, pisciculture.
Saxe. — L'université de Leipzig renferme une faculté de haut enseignement d'agronomie, où se font vingt cours d'agriculture On compte quatre écoles d'agriculture : à Burgsted, Plagwitz, Dœpeln, et Tharandt; cette dernière, qui est, en même temps, école forestière, a été fondée en 181 1. Il y a, en outre, des professeurs nomades d'agriculture.
Les jeunes gens des campagnes, sortis de l'école primaire, reçoivent dans de très-nombreuses écoles du soir ou du dimanche les notions fondamentales de l'histoire naturelle et de l'agriculture. Depuis 1872, la fréquentation de ces écoles est obligatoire pour eux pendant les deux ou trois années qui précèdent leur entrée dans l'armée.
Wurtemberg. — Ce petit royaume compte 16 établissements d'enseignement agricole. C'est d'abord l'institut agronomique de Hohenheim, près de Stuttgart, qui date de 18 18 et auquel sont annexées une ferme-école, plusieurs écoles pratiques (d'horticulture, de drainage et d'irrigation, de bergers, de maréchalerie), des bibliothèques, des collections, des laboratoires, des stations d'expériences agronomiques et forestières, etc.
Au-dessous se trouvent trois autres écoles moyennes et une école pratique de viticulture.
Il y a deux professeurs nomades d'agriculture; depuis 18' 9, cinq écoles agricoles d hiver fonctionnent quelques heures par semaine, comme dans la Saxe. Les leçons sont données par des hommes spéciaux ou par des instituteurs ayant suivi un cours dans une école d'agriculture. Les sociétés d'agriculture ont un droit formel de surveillance sur ces écoles agricoles, et l'exercent par leurs délégués, de concert avec les autorités locales.
Le Règlement, du Ie' février 1866 a créé deux sortes de cours complémentaires agricoles, les uns obligatoires pour les jeunes gens encore tenus de fréquenter l'école complémentaire, les autres facultatifs pour les adultes. Les uns et les autres ont pris un très-grand développement.
ANGLETERRE, ECOSSE, Irlande. - Le programme de l'enseignement étant libre, beaucoup d'écoles y ont introduit les notions élémentaires de l'agriculture.
Une école spéciale d'agriculture ^théorique et pratique) a été fondée, en 1845, à Cirencester aux frais de quelques particuliers, avec un domaine de 2(>0 hectares. Klle est en pleine prospérité (90 élèves; prix de la pension, 31 »5 fr.». — On
songe h établir une seconde école d'un degré inférieur. Citons encore quelques établissements moins importants : la Grammar sckool agricole et commerciale de Dursley (Glouccstershire), le Home school de Littlemore près Oxford 80 pensionnaires à 700 fr.), le Suffolk agricultural collège à Bury-Saint-Edmond (18 i 4), enfin les orphelinats agricoles (notamment le Boys' home, dirigé par un comité que préside l'évêquè de Londres).
L'université d'Edimbourg a une chaire d'agriculture, le collège d'Aberdeen des lectures agricoles *.
En Irlande, depuis 1847, le gouvernement a établi des cours gratuits d'agriculture pour répandre l'instruction agricole parmi les fermiers. Il existe (depuis 1827 à Templemoyle et depuis 1838 à Glasnevin) deux écoles supérieures d'agriculture.
AUTRICHE-HONGRIE. — L'Autriche possède 27 écoles simples d'agriculture, 9 écoles moyennes d'économie rurale, 'l écoles supérieures d'économie rurale, 6 écoles forestières, 18 écoles d'horticulture, de pomologie et de viticulture, 1 école de brasserie,
I école linière et 1 école de distillerie. Sur ces 65 établissements, 20 écoles ont été créées depuis 1870. Une fondation toute récente, l'école supérieure d'agriculture de Vienne, a eu dès son début un éclatant succès. Le grand établissement de viticulture de Klosterneuburg, fondé en 1860 et dirigé par le baron Babo, a une réputation européenne.
L'agriculture est enseignée dans les écoles normales. Suivant les besoins locaux, il peut être annexé aux écoles populaires des cours spéciaux d'enseignement agricole. (L. 14 mai 1*09.) En 1873 environ 2000 écoles primaires avaient des cours d'agriculture, 3000 d'arboriculture, 1500 d'apiculture, 7c0 de sériciculture.
Les écoles complémentaires propagent depuis quelques années l'enseignement agricole surtout dans la Basse-Autriche.
Le docteur Erasme Schwab, à la tête d'un groupe de pédagogues, a fait une propagande très-heureuse en faveur des jardins scolaires *, qui ont pris une grande extension dans les communes rurales.
En Hongrie, le ministre de l'instruction publique fait faire un cours de haut enseignement d'agriculture à l'école polytechnique de Pesth, et des cours d'agriculture dans un grand nombre d'écoles primaires et d'écoles normales.
L'enseignement spécial agricole compte 4 écoles supérieures d'agronomie, 4 écoles moyennes, 6 fermes-écoles, 2 écoles de viticulture, de nombreux professeurs d'agriculture ou conférenciers.
L'enseignement pratique de l'agriculture et de l'horticulture est une des matières obligatoires des écoles communales élémentaires. (L. 5 déc. 1868.)
BELGIQUE. — L'enseignement agricole, à tous ses degrés, est très-prospère en Belgique. Il y a trente ans , on comptait 8 écoles d'agriculture et 1 d'horticulture fondées et organisées par le gouvernement. C'était trop pour ce petit pays.
II possède aujourd'hui un institut agricole , à Gembloux (enseignement théorique et pratique ; vaste domaine ; 53 élèves, dont 38 Belges et 15 étrangers, en 1875), et deux écoles d'horticulture, à Vilvorde et à Gand (comptant ensemble 68 élèves en 1875).
Les conférences agricoles et horticoles instituées par la loi du 18 juillet 1S00 sont très-suivies. On y traite l'agriculture, l'horticulture, l'arboriculture fruitière et forestière, la botanique, la zootechnie, etc. En 187.S, il y uvaitou, dans 180 localités, 1069 conférences tant en français qu'en flamand, suivies par ls 669 auditeurs. C'est dans le Hainaut que cette institution est le plus florissante. Toutes les écoles normales enseignent l'agriculture et l'arboriculture.
DANEMARK. — Ce petit pays est un de ceux où renseignement agricole est le plus en honneur. 11 a un grand institut agronomique à Copenhague,
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plusieurs fermes-écoles et, à. l'école polytechnique, des cours d'agriculture.
Depuis quelques années ont été organisées des écoles spéciales de laiterie qui reçoivent alternativement des jeunes garçons et des jeunes filles, et leur apprennent les principes du traitement du lait, de la fabrication des beurres et des fromages.
ESPAGNE. — Une loi rendue en 1850, mais restée à peu près lettre morte, a dressé le plan de l'enseignement agricole en Espagne à trois degrés : élémentaire, de perfectionnement, et supérieur d'application. En 1876, une nouvelle loi a rendu l'enseignement agricole obligatoire dans toutes les écoles et fait entrer l'agriculture dans le programme du baccalauréat. Des conférences doivent être faites, chaque dimanche, sur un sujet agricole, dans les capitales de toutes les provinces.
Une école supérieure d'agriculture a été créée sur le domaine de la Florida, près de Madrid. Il existe quelques instituts agricoles et des fermes-écoles.
GRECE. —La loi du 6 février 1834 place l'agriculture (y compris l'arboriculture, l'élève des vers à soie et des abeilles) au nombre des connaissances que doit enseigner l'école primaire. Une circulaire du 30 janvier 1849 recommande aux instituteurs d'apporter à cet enseignement un soin particulier, et en fait ressortir l'importance pratique.
HOLLANDE. — L'enseignement agricole n'est pas très prospère dans les Pays-Bas. Une loi du 2 mai 18G3, qui avait décidé la création d'une école nationale d'agriculture, est demeurée lettre morte. L'école d'économie rurale de Groningue a disparu depuis 1871. Des cours d'agriculture sont annexés aux écoles supérieures, mais ils sont peu suivis. L'horticulture est surtout représentée par l'École Linné, fondée en 1866 à Watersgrafmer près Amsterdam.
L'enseignement par les conférences dans les principaux centres se propage, à l'exemple de la Belgique, sur une grande échelle. En 1873 et 1874 quelques professeurs ont fait jusqu'à 80 conférences par an. Les sociétés agricoles font des sacrifices importants pour développer ces conférences, qui obvient, en quelque mesure, au défaut presque absolu d'enseignement agricole spécial.
Dans les écoles primaires, les éléments de l'agriculture sont mentionnés au nombre des objets d'enseignement primaire. (L. 13 août 1857.) Cependant, nous apprend le rapport de la commission royale (Leyde, 1876), l'agriculture n'est enseignée nulle part comme branche séparée. Dans quelques écoles, dont les instituteurs ont un certificat de capacité pour cette branche, on consacre quelques heures à des leçons d'agriculture, ou au moins incidemment à l'étude des matières agricoles que contiennent les livres de lecture.
ITALIE. — L'enseignement de l'agriculture 6e propage dans les écoles normales primaires et dans les écoles primaires : en 1876, dix écoles normales avaient des cours réguliers d'agriculture.
L'Italie compte 2 écoles supérieures d'agriculture, à Milan et à Portici; un certain nombre d'écoles de degré inférieur, 1 école forestière à Vallombrosa, 1 école de viticulture et d'oenologie à Gonegliano, 1 école d'horticulture à, Naples.
PORTUGAL. — Des cours d'agriculture sont professés aux écoles polytechniques de Lisbonne et de Porto ; un institut général d'agriculture à Lisbonne, divisé en deux sections (degré supérieur et degré inférieur) ; une école de viticulture à Coïmbrc.
L'agriculture ni l'arboriculture ne font partie du programme de l'enseignement primaire.
ROUMANIE. — Des cours d'agriculture sont professés dans tous les séminaires. En outre, il existe une école d'agriculture à Ferestro, et à Jassy une école spéciale pour la fabrication et l'étude des machines agricoles. L'établissement d'autres écoles d'agriculture est projeté dans plusieurs districts. lro Partie.
RUSSIE.— L'enseignement primaire ne comporte ni l'agriculture, ni l'horticulture. Mais ce pays compte un grand nombre d'écoles spéciales d a culture, dont les premières furent créées en 1833.
Aujourd'hui on compte en Russie : 2 établissements d'enseignement supérieur, l'un à Petrowsky, près Moscou, l'autre à Pétersbourg ; 6 écoles d'agriculture, qui en 1875 comptaient 849 élèves. L'une d'elles, celle d'Oumane, est en même temps école supérieure d'horticulture. Il y a, en outre, 3 écoles d'horticulture, dont l'une, située sur la côte méridionale de Grimée, à Nikitsky, est aussi école de viticulture.
En dehors de ces écoles en quelque sorte générales, la Russie compte une école de fabrication de fromage et de beurre, créée en 1871 à Edimonovo, une école de sériciculture, établie dans le Turkestan en 1873, une école de vachers et de vachères, fondée en 1874 à Pétersbourg, une école d'apiculture à Paltchiki. La plupart des écoles d'agriculture ont des fermes plus ou moins étendues qui reçoivent des élèves-ouvriers, comme le font aussi le jardin impérial de Nikitsky et le jardin botanique de Pétersbourg. Enfin, au musée agricole du ministère des domaines, à Pétersbourg, des professeurs spéciaux font des cours sur différentes branches de l'agriculture, et des expériences publiques sur le fonctionnement des machines et instruments perfectionnés.
SUÈDE et NORVÈGE. — L'enseignement de l'agriculture ne figure pas dans les programmes primaires, mais l'horticulture y est une des branches facultatives. En 1873, sur 4400 écoles on en comptait 2166 qui avaient des jardins établis pour servir à cet enseignement élémentaire. La loi en fait désormais une obligation aux communes. L'arboriculture entre dans le programme des écoles normales.
L'enseignement spécial de l'agriculture est donné dans deux instituts agricoles supérieurs, situés l'un à, Utuna, près d'Upsal, et l'autre à Alnarp, près de Lund, et dans 27 écoles inférieures d' agriculture. Les instituts agricoles donnent un enseignement scientifique, tandis que les écoles agricoles ont principalement pour but de former, par un enseignement pratique, de bons ouvriers. En 1872, le nombre des élèves était de 63, celui des apprentis de 61 dans les instituts, de 367 dans les écoles.
La Suède a en outre deux écoles spéciales de laiterie créées avec le concours de l'État; l'école d'horticulture de Bergius fondée en 17 84; une école de jardiniers fondée en 1 832 par la Société d'horticulture ; un institut forestier près de Stockholm.créé en 1828, et six établissements gratuits d'un degré inférieur, dits écoles forestières.
En Norvège, le programme de l'école primaire ne porte ni agriculture ni horticulture.
Une ferme-modèle, en même temps école d'agriculture, a été créée à Aas. Plusieurs colonies agricoles servent aussi à l'enseignement spécial.
SUISSE. — Les établissements spéciaux sont ; 1° une académie agricole et forestière, qui fait partie du Polytechnikum de Zurich ; — 2° deux écoles agricoles théoriques et pratiques, à Ruti. près de Berne, et à Strickhof, près de Zurich (les cours s'y font principalement en hiver) ; — 3° des cours agricoles, durant l'hiver, dans les différents cantons; — 4° des écoles agricoles, comme continuation de l'école primaire, principalement dans le canton de Thurgovie; — 5° des conférences agricoles, données par les professeurs, les vétérinaires, etc.; — 6° un institut agiicole, à Lausanne, qui fait ses cours de l'automne au printemps (par arrêté du 7 sept. 1877, les étrangers y sont admis gratuitement) ; — 7" la station fédérale laitière, à Lausanne, qui avait été créée antérieurement a- Thun; — 8° l'école de Hofwyl.
Le budget fédéral et les différents budgets can-
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tonaux supportent une dépense moyenne, par an, de 450 000 à 500 000 fr. pour ces établissements.
Le programme des écoles primaires ne mentionne formellement l'agriculture que dans les cantons du Tessin et du Valais. Neuchâtel fait enseigner « l'économie agricole », et Genève, dans les écoles rurales, « l'économie rurale ». Dans la plupart des autres cantons, l'agriculture n'entre dans le programme que comme annexe de l'histoire naturelle. Plusieurs écoles normales consacrent un temps relativement considérable aux exercices pratiques d'agriculture (12 heures par semaine à l'école de Kussnacht). La Suisse a de nombreux orphelinats agricoles auxquels l'établissement de la Baechtelen près Berne sert en partie d'école normale.
Le canton de ïhurgovie a seul l'institution spéciale des écoles complémentaires d'économie rurale; l'enseignement y est d'au moins 3 heures par semaine, et comprend l'économie agricole, la physique, la tenue des livres, le calcul, l'étude de la constitution, le dessin. Les leçons sont données par les maîtres primaires et secondaires du cercle scolaire. En 1872, il y avait 44 de ces écoles.
ÉTA.TS-1'NIS D'AMÉRIQUE. — - De grands efforts ont été faits, depuis quinze ans, pour développer l'enseignement agricole. La loi du 2 juillet 1862 a accordé à chaque État de l'Union une dotation sur le domaine public, à raison de 15 000 hectares par 120 000 âmes de population (30 000 acres par représentant au congrès), pour la création d'écoles d'agriculture et de commerce {agricultural collèges), à la condition que les fonds nécessaires pour la construction des bâtiments et les frais de premier établissement seraient souscrits par l'État, la province ou les particuliers.
Très discutée et même vivement combattue lorsqu'elle fut proposée par le sénateur Justin Morrill, cette loi est une de celles qui ont eu le plus immédiat et le plus éclatant succès. Elle répondait à un besoin national, elle constituait pour les Etats-Unis un genre d'instruction absolument indispensable et qui est une véritable source de richesse pour le pays.
Jusqu'alors le collège de Lansing (Michigan) était le seul qui aux études ordinaires joignît un enseignement agricole. Aujourd'hui tous les Etats, sauf la Louisiane, la Floride, la Caroline du Nord, le Texas et les deux territoires récemment érigés en Etats (Nevada et Colorado), possèdent leur Agricultural collège; une quinzaine de ces établissements forment une section de l'université de l'Etat, les autres sont des établissements à part, dont l'organisation varie d'Etat à Etat. Outre la dotation fédérale qui leur a permis de naître, ces établissements ont reçu de la générosité privée des dons de toute sorte, que M. Kiddle {('yclopseclia of Education) évalue à 25 millions de francs. C'est grâce à ces libéralités que plusieurs de ces collèges ont pu offrir l'enseignement gratuit, créer des bourses, ouvrir aux étudiants des pensions à bas prix, et d'autre part doter richement leurs laboratoires et leurs collections. Sur environ 7000 élèves qu'ils avaient reçus en 1876, on avait compté un dixième de femmes. Dans presque tous ces collèges, l'étudiant peut, en dehors des cours, s'occuper dans les ateliers de l'établissement à un travail manuel qui est rémunéré ; dans quelques-uns môme ce travail est obligatoire. Pour l'exploitation agricole pratique, les collèges possèdent plusieurs milliers d'hectares dp terres cultivées, de jardins, de bois, d'herbages, et des troupeaux considérables. Tous possèdent des laboratoires de cliimie agricole ; la moitié environ y joignent des laboratoires de physiefue, de botanique, de géologie, d'anatomic vétérinaire, etc.
BRÉSIL. — Le Brésil est entré, depuis quelques années, dans la même voie que les États-Unis. Trois instituts agricoles ont été fondés à Rio-de- Taneiro, Bahia et Fernambuco, sur l'initiative des
municipes ou de sociétés, avec l'aide du gouvernement central.
CHILI. — Les éléments d'agriculture font partie du programme des écoles normales et des examens du brevet de capacité. [H. Sagnier.]
FRANCE
1; L'agriculture dans l'enseignement primaire- — Législation. — L'agriculture élémentaire fait partie des matières facultatives de l'enseignement dans les écoles primaires (L. 15 mars 1850, art. 23). Les instituteurs des communes rurales doivent s'efforcer de donner, par le choix des dictées, des lectures et des problèmes, une direction agricole à leur enseignement, soit dans la classe du jour, soit dans celle du soir, et faire de temps en temps, dans leurs cours d'adultes, après les leçons ordinaires d'écriture, de calcul et d'orthographe, des lectures agricoles accompagnées d'explications et de conseils. Les instituteurs doivent faire tous leurs efforts pour annexer un jardin à leur école, afin d'exercer les enfants à la pratique de l'horticulture (Instr. 31 déc. 1867).
L'agriculture fait partie de l'enseignement donné dans les écoles normales primaires (Décr. 2 juillet 1866, art. 1er). Elle est comprise dans les matières facultatives du brevet (Arr. 3 juillet 1866, art. 17).
Une commission pour favoriser le développement de l'enseignement de l'agriculture dans les écoles normales et dans les écoles primaires siège au ministère de l'instruction publique. Elle est composée de députés connus par les succès qu'ils ont remportés dans les concours agricoles, d'inspecteurs généraux de l'agriculture et de l'enseignement primaire, etc.
Statistique des résultats obtenus. — Une circulaire du 31 décembre 1873 a prescrit une enquête sur les résultats de renseignement de l'agriculture dans les écoles normales et dans les écoles primaires.
Des renseignements fournis par les recteurs en réponse à cette circulaire, il résulte qu'au commencement de 1874 le programme d'études agricoles, fixé par l'arrêté du 30 décembre 1867, était suivi dans 76 écoles normales et 8800 écoles primaires.
Dans 42 départements le conseil départemental avait autorisé, dans les heures de classe et la date des vacances, les modifications propres à concilier les exercices classiques avec les travaux des champs.
Dans 1 6 départements on avait fixé un programme spécial approprié aux conditions de la culture locale.
Dans 45 écoles normales il existait un cours d'agriculture et d'horticulture approprié aux besoins du département.
Dans 9 écoles normales, des élèves montrant des aptitudes spéciales pour l'enseignement agricole avaient été envoyés dans une école d'agriculture. 4 écoles normales possédaient une exploitation agricole ; 22 autres possédaient un champ d'expériences (dont la superficie variait de 32 ares h 4 hect.). 65 écoles normales avaient un jardin (superficie de 3 ares à 2 hectares, la plupart audessus de 50 ares) ; le revenu brut du jardin variait de 40 francs à 2000 francs : il était, dans 15 écoles, égal ou supérieur à 1000 francs. Le revenu net variait de 0 à 1200 francs; dans 10 écoles il était supérieur h 500 francs. Dans 7 écoles, le jardin coûtait plus qu'il ne rapportait.
27 900 écoles primaires possédaient un jardin.
Dans 74 départements les instituteurs s'efforçaient de donner une direction agricole à leur enseignement par le choix des dictées, des problèmes, etc.
[E. de Resbecq.]
Historique. — La première mention que nous connaissions en France d'un vœu et d'une tentative en faveur de renseignement agricole se trouve dans le testament du président Godran, du par-
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tement de Dijon, en 1581. Mais c'est seulement à la fin du dix-huitième siècle que l'idée de répandre dans les campagnes des connaissances pratiques en agriculture commence à s'exprimer de divers côtés. Les faits suivants, que nous empruntons a une curieuse monographie de M. Soulice (Dr ï Enseignement agricole dans les écoles rurales, 1874), marquent pour ainsi dire les origines de la question. En 1753, l'Académie des sciences admet pour la première fois les " observations d'agriculture » parmi les travaux pouvant donner droit au titre de correspondant. En 1762, de Goyon, autour de la France agricole et marchande, propose de créer des écoles d'agriculture pour retenir les fils do cultivateurs dans les campagues. En 1765, le supérieur du séminaire d'Angoulôme entreprend d'inspirer le goût de l'agriculture à ses élèves, « afin qu'ils répandent de saines notions dans les paroisses où ils exerceront leur ministère » ; un projet analogue préoccupait en 1 77H la Société d'agriculture de Soissons De 1700 à 1800, parmi les innombrables brochures publiées sous le titre de Plan d'éducation, un très grand nombre faisaient une place à l'enseignement populaire de l'agriculture.
En 1767, Moreau de la Rochette * fondait, avec vingt-quatre enfants trouvés, la première école d'agriculture ou plus exactement d'arboriculture qui ait existé en France, mais l'établissement fut fermé en 1780. Il trouva quelques imitateurs : en 177 l,Panelier, propriétaire du domaine d'Anol près de Compiègne, y fonda avec l'appui du ministère Bertin une école pratique d'agriculture qui devait recevoir 12 élèves par an, mais qui ne survécut pas \ ce ministère. Les efforts de l'abbé Rozier*, et ses projets législatifs, sans aboutir à des résultats bien précis, curent pour résultat d'intéresser à cette question l'opinion publique. Dans les Assemblées de 1789 à 1802, la création d'un enseignement agricole pour le peuple est un des sujets dont on parle le plus souvent, mais rien ne se fonde encore, car on ne peut considérer comme ayant eu un effet réel ni le projet de décret du 12 déc. 1792 qui prescrit « de donner aux enfants des deux sexes des connaissances sur la culture », ni ceux du 20 vendémiaire et du 29 frimaire an II, qui disaient : « On rendra souvent les enfants témoins des travaux champêtres, et ils y prendront part autant que leur âge le permet. » Il faut encore signaler, mais comme des efforts plus méritoires qu'efficaces, les leçons d'économie rurale de Thouin au Muséum d'histoire naturelle ; le plan général de Talleyrand, qui demande la création de chaires d'agriculture ; celui du tribun Chassiron * ; celui de François * de Neufchâteau, qui inspira en l'au VII à quelques professeurs de lycées et d'écoles centrales l'idée de constituer un cours normal d'agriculture ; le projet de fermes expérimentales soumis on l'an VIII à l'Institut par John Sinclair, etc. En l'an IX et dans les années suivantes, la statistique des préfets* signale dans plusieurs départements le besoin d'un enseignement agricole populaire; mais ni l'Empire ni la Restauration n'eurent le loisir de l'organiser. Heureusement deux nobles et généreuses initiatives firent beaucoup pour gagner à cette cause l'opinion publique. En lv22, Mathieu do Dombasle organisa l'école modèle d'agriculture de Roville, et en 1826 Auguste Bella fonda celle de Grignon \
La loi de 1833 ne mit expressément l'agriculture dans la liste des matières obligatoires ni pour renseignement élémentaire ni pour l'enseignement primaire supérieur. Une circulaire du 18 août 1838 l'admit en principe dans les écoles normales ; mais l'arrêté du 2 août 1839 ajoutait : « Ces cours spéciaux d'agriculture ne seront autorisés que sous ces deux conditions : 1° qu'il y aura près de l'école normale une ferme particulièrement destinée à montrer aux élèves-maîtres la pratique des théories qui leur seront enseignées à l'école •
2° qu'un professeur spécial sera chargé dudit cours, avec un traitement convenaiJe payé sur les fonds du département. »
C'est dans les projets de loi de 1847-1848 que l'agriculture apparaît comme partie intégrante du programme primaire, d'abord dans le projet de Salvandy (12 août 1847), puis dans celui de Carnot : « L'enseignement primaire comprend les faits principaux de l'agriculture, » et dans celui de Barthélémy Saint-Hilairc : « L'instruction primaire supérieure comprend nécessairement des notions de sciences physiques et d'histoire naturelle applicables à l'agriculture. »
La loi de 1850 n'alla pas jusque-là : elle plaça l'agriculture parmi les matières facultatives ; c'était peu encore, mais c'était un progrès. Le décret du 20 mars 1851 fit entrer des « instructions élémentaires sur l'agriculture » dans le programme des écoles normales; il est vrai que, d'après l'arrêté du 31 juillet, elles ne s'adressaient qu'aux élèves de troisième année et étaient comprises dans les trois heures consacrées aux notions de sciences physiques et d'histoire naturelle.
En 1853 une commission est instituée auprès du ministère de l'instruction publique pour organiser et surveiller cet enseignement de l'agriculture, à peine ébauché dans quelques écoles ; plusieurs circulaires ministérielles le rappellent a la sollicitude des recteurs. Le rapport à l'Empereur, du 18 février 1856, demande qu'un maître spécial soit chargé de cette branche dans chaque école normale. Dans l'enquête scolaire ordonnée par M. Rouland en 1860, la presque totalité des 601)0 instituteurs qui y prennent part émettent spontanément le vœu que l'agriculture entre dans le programme obligatoire.
Mais c'est de 1866 que datent les mesures décisives qui devaient réaliser en partie l'enseignement , agricole depuis si longtemps à l'état de projet.
L'enseignement de l'agriculture et de l'horticulture dans les écoles normales, au lieu de se borner à la troisième année, est réparti sur les trois ans (Décr. du 2 juillet 1866); la surveillance de cet enseignement avait été confiée dès le 24 décembre 1864 aux inspecteurs généraux de l'agriculture : de nouvelles mesures sont prises pour la rendre plus sérieuse. Enfin la grande enquête agricole * de cette année 1866 fit connaître d'une manière éclatante les sentiments des populations rurales, qui appellent de tous leurs vœux l'introduction de l'enseignement agricole dans les écoles primaires.
Une des questions posées était celle-ci : a L'instruction primaire est-elle dirigée dans un sens favorable à l'agriculture, et quelle est son influence sur le choix des professions? »
M. Pinet, alors inspecteur de l'enseignement primaire, a eu l'heureuse idée de tirer de cette énorme collection de témoignages un très intéressant volume qu'il a intitulé : Y Enseigneynent primaire en présence de l'enquête agricole. Il faut parcourir ce recueil d'extraits authentiques pour voir avec quelle unanimité, avec quelle netteté de vues les cultivateurs, les propriétaires, les conseillers généraux s'accordent à demander la réforme de l'enseignement primaire dans le sens des applications agricoles pratiques et usuelles, seul moyen d'attacher à la fois l'enfant à l'école et le jeune homme au pays.
Aussi, quelques mois après, à la suite d'un très important rapport de M. de Forcade la Roquette, indépendamment des mesures prises de concert par les deux ministres de l'agriculture et de l'instruction publique pour multiplier les chaires départementales (V. ci-dessous), une commission spéciale est chargée, sous les auspices des deux ministres, d'étudier et de proposera les mesures nécessaire? pour développer les connaissances agricoles et horticoles dans les écoles normales , les écoles communales et les cours d'adultes » (Décr. du 12fév. 1867). La a commission agricole », comme
AGRICULTURE
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on la nomme, se mot à l'œuvre le 8 avril; ses travaux (résumés dans les n°» 136, 139, 140, 143 et 164 du tome VII du Bulletin administratif du Ministère, 1867) aboutissent à de bonnes mesures pratiques, dont les principales furent : l'arrêté du 29 décembre 1867 laissant aux conseils départementaux la latitude de fixer les vacances et les heures de classe de façon a faciliter une certaine participation des enfants au travail agricole ; — l'arrêté nommant comme professeurs d'agriculture dans les écoles normales quelques-uns des titulaires les plus distingués de chaires départementales (31 déc.) ; — l'instruction sur les moyens pratiques d'organiser l'enseignement agricole, en le spécialisant suivant les besoins de la région, en le faisant expressément compter pour quelque chose soit dans les examens du brevet de capacité, soit dans la discussion des titres d'instituteurs concurrents, en multipliant et en encourageant les jardins d'école*, en introduisant dans les délégations cantonales des hommes compétents en agriculture; — enfin l'adoption d'un programme d'enseignement agricole (30 déc.) supérieur à tout ce qu'on avait proposé jusque-là. C'est ce programme qui sera suivi dans ce dictionnaire, (V. IIe Partie, Agriculture). Dans chaque région, on peut dire presque dans chaque département, ce programme doit être modifié par les instituteurs suivant les nécessités locales ; mais, dans ses lignes générales, il est partout applicable.
Ce fut encore en vue de former de bons professeurs d'agriculture pour les écoles normales que M. Duruy essaya d'établir ou plutôt de rétablir au Muséum un cours supérieur d'agronomie auquel seraient envoyés les meilleurs élèves-maîtres (Cire. 20 mars 1869), mais cette tentative échoua.
Depuis lors, de nouveaux encouragements ont été donnés à l'enseignement agricole. Tous les ministres qui se sont succédé ont saisi l'occasion de s'y montrer favorables. L'un d'eux, M. Jules Simon, dit dans sa circulaire du 4 mai 1872 : « Destinés à vivre au milieu des champs, il importe que les instituteurs s'intéressent aux choses agricoles et qu'ils trouvent dans cet ordre d'études une source de plaisir et de considération. » — Le décret du 31 octobre 1872, relatif aux conditions d'admission au volontariat d'un an, a fait de l'agriculture une des trois séries d'examen entre lesquelles les candidats se répartissent, et il détermine un programme d'examen oral sur les connaissances agricoles Enfin, la loi du 30 juillet 1875 (V. ci-dessous) a organisé les écoles pratiques d'agriculture, dont l'action, bien qu'indirecte, ne laissera pas de se faire sentir sur les écoles normales et primaires.
Un certain nombre de publicistes et de pédagogues souhaitent qu'on fasse plus encore, que l'enseignement agricole et horticole soit rendu obligatoire, qu'il fasse partie des objets d'examen pour l'obtention du brevet simple. On peut lire un vif et substantiel plaidoyer en faveur de cette innovation dans le livre de M. Pinet, V Enseignement primaire en présence de l'enquête agricole. [B.]
2. L'enseignement spécial de l'agriculture. — La France possède aujourd'hui toute une série d'établissements spéciaux correspondant aux divers degrés et aux diverses formes de l'enseignement agricole.
L'enseignement professionnel de l'agriculture est régi par la loi du 3 octobre 1848, loi préparée par Flocon, présentée par Tourret (1 7 juillet), et dont le rapporteur fut un homme d'une haute compétence en agronomie, M. Richard (du Cantalj.
Les documents principaux pour l'histoire de la fondation de cet enseignement en France se trouvent réunis dans le Compte-rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848 publié par le ministère de l'agriculture et du commerce (Paris, 1850, 1 v. in-4°, 672 p.). Ce volume contient en outre de pré-
cieux détails sur l'état de l'enseignement agricole à l'étranger.
D'après les dispositions de la loi de 1848, il devait être créé : 1° un institut supérieur agronomique, où seraient enseignées les sciences dans leurs applications à l'agriculture ; 2° un certain nombre d'écoles régionales d'agriculture, véritables établissements d'enseignement secondaire, où l'instruction devait avoir à la fois un caractère théorique et pratique; 3° des fermes-écoles, où l'enseignement serait élémentaire et pratique.
Institut national agronomique. — Créé par la loi du 3 octobre 1848, il devait ouvrir des cours publics et gratuits, et l'État y entretenait des boursiers, au nombre maximum de 40. Établi à Versailles en 1849, il jeta un grand éclat dès sa création; mais il fut supprimé en 1852. Rétabli sur de nouvelles bases par la loi du 9 août 1876, il a été annexé au Conservatoire des arts et métiers. Son but est d'élever le niveau de la science dans ses rapports avec toutes les branches de la production animale et végétale, en formant : soit des agriculteurs et des propriétaires qui aient les connaissances scientifiques nécessaires pour la meilleure exploitation du sol, soit des administrateurs pour les divers services publics ou privés dans lesquels les intérêts agricoles sont engagés, soit des professeurs spéciaux pour l'enseignement agricole et des directeurs de stations agronomiques. Outre les cours faits dans les bâtiments du Conservatoire des arts et, métiers, l'Institut agronomique poursuit ce but L l'aide d'un grand établissement de recherches et d'expérimentations créé à la ferme de Vincennes. Les cours ont commencé au mois de novembre 1876. La durée des études est de deux ans, après lesquels l'élève qui en est jugé digne reçoit le diplôme de l'enseignement supérieur de l'agriculture.
Ecoles d'agriculture. — D'après la loi de 1848, il devait y avoir « dans chaque région culturale de la France une école régionale d'agriculture servant à l'exploitation expérimentale et modèle pour la région 5>. Ces écoles devaient recevoir des élèves payant pension et être régies au compte de l'État. Il n'y en a jamais eu que 3 : celles de Grignon (Seine-et-Oise), de Grand-Jouan (Loire-Inférieure), de la Saulsaie (Ain). Ces trois écoles avaient été primitivement fondées par l'initiative privée. L'école de la Saulsaie a disparu en 1868 elle a été remplacée par celle de Montpellier (Hérault). Les écoles d'agriculture ont perdu le caractère d'écoles régionales ; chacune peut recevoir des élèves appartenant à toutes les parties de la France et de l'étranger. L'enseignement y a pris un caractère tout à fait géuéral et élevé.
L'école de Grignon* occupe le premier rang parm. nos écoles d'agriculture, et soutient dignement la comparaison avec les meilleurs établissements des autres pays. Celle de Montpellier ajoute à l'agriculture générale l'étude théorique et pratique des cultures spéciales de la région méditerranéenne (deux stations, séricicole et viticole). Enfin celle de Grand-Jouan, qui date de 1841, étudie spécialement la mise en valeur des terres incultes, la culture pastorale, les spéculations animales et les cultures industrielles de l'Ouest.
Ces trois écoles font subir aux élèves sortants un examen de fin d'études à la suite duquel ils peuvent obtenir un certificat d'instruction agricole et être admis ultérieurement à concourir pour l'obtention du diplôme d'ingénieur agricole.
Fermes-écoles. — Les fermes-écoles sont des exploitations conduites aux risques et périls des propriétaires et des fermiers, et qui doivent servir de modèles. Les élèves, désignés sous le nom d'apprentis, y sont reçus gratuitement après examen; l'État paie leur pension et les traitements du personnel enseignant.
Les premières fermes-écoles ont été créées en
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1832. La loi de 1848 disait : « Il en sera établi d'abord une dans chaque département; cette organisation sera successivement étendue à chaque arrondissement. » Ce nombre n'a jamais été atteint. A part quelques heureuses exceptions, cette institution n'a pas été bien florissante. Il a été créé successivement environ 70 fermes-écoles dans autant de départements; en 1877, il n'en existe plus que 27. La durée de l'apprentissage est de trois ans; les élèves qui en ont été jugés dignes reçoivent un pécule à leur sortie.
L'organisation des fermes-écoles a été modifiée par la loi du 30 juillet 1875.
Ecoles pratiques d'agriculture. — La loi du 3D juillet 1875 a organisé l'enseignement élémentaire pratique de l'agriculture. Il est donné : 1° dans les fermes-écoles ; 2" dans les établissements d'enseignement professionnel qui portent le nom d'écoles pratiques d'agriculture.
Les instituteurs brevetés et les professeurs de l'Université peuvent réaliser leur engagement décennal * en enseignant dans les fermes-écoles et dans les écoles pratiques d'agriculture.
Le brevet de capacité délivré à la sortie de ces établissements donne droit, sans autre épreuve, aux bénéfices du volontariat d'un an.
La rétribution de tout le personnel dirigeant et enseignant des écoles pratiques d'agriculture et les frais accessoires de l'enseignement sont à la charge de l'Etat. L'Etat, les départements et les communes peuvent y entretenir des élèves avec des bourses entières ou partielles. Le prix de la pension est réglé par le ministre de l'agriculture.
Le programme des études est réglé par le ministre, pour chaque école, selon la spécialité culturale de la contrée et après avis du comité de surveillance et de perfectionnement. Ce comité est ainsi composé : 1° l'inspecteur général de l'agriculture attaché à la région ; 2° un professeur de sciences nommé par le ministre ; 3° trois membres du conseil général délégués par lui chaque année ; 4° deux membres choisis par le ministre parmi les notabilités agricoles du département.
Ei-.oles pour des branches spéciales {horticulture, arboriculture, drainage^ bergers). — Depuis de longues années, on s'est préoccupé de faire pénétrer en France l'enseignement de l'horticulture. Ce but a été atteint par l'ouverture de l'école nationale d'horticulture, créée au potager de Versailles par l'Assemblée nationale en 1874. L'enseignement (théorique et pratique) comprend l'arboriculture, la culture potagère et maraîchère, lafloriculture, l'architecture des jardins et des serres. L'instruction est donnée gratuitement; tous les élèves sont externes. La durée des études est de 3 ans.
L'école pratique d'irrigation et de drainage du Lézardeau (Finistère) a pour but de former des praticiens connaissant bien les opérations relatives à l'usage et à l'aménagement des eaux. L'instruction est gratuite, et la durée des études est d'un an.
Enfin, une école pratique pour les apprentis bergers est annexée à la bergerie nationale de Bambouillet (Seine-et-Oise).
Pourles écoles vétérinaires, \. Ecoles vétérinav-es.
Chaires départementales. —Afin d'assurer un enseignement fructueux de l'agriculture non-seulemen t aux élèves-maîtres des écoles normales piimaires, mais aussi aux cultivateurs, des chaires d'agriculture ont été créées depuis 1838 dans un certain nombre de départements.
Les professeurs sont chargés des leçons d'agriculture et d'horticulture à l'école normale, et doivent en outre faire des cours publics ou des conférences aux chefs-lieux d'arrondissement, de canton et dans les communes importantes.
« Ils choisissent de préférence les jours de foires
et de marchés ou les dimanches, de manière à avoir, outre les instituteurs, le plus grand nombre d'auditeurs possible. Dans ces cours, ils traitent, soit de l'application générale de la science, soit un sujet spécial intéressant plus particulièrement les agriculteurs de la localité ou ayant un intérêt d'actualité... ils exposent les avantages des machines, instruments et outils nouveaux dont l'emploi est le plus économique » (Cire. 31 déc. 1867).
Le traitement des professeurs d'agriculture est payé par les deux ministères de l'instruction publique et de l'agriculture. Mais aucune création de chaire ne peut avoir lieu sans que le conseil général ait garanti au titulaire une indemnité annuelle pour ses frais de tournée (Cire. 17 octobre 1874).
30 départements possèdent aujourd'hui de3 professeurs départementaux d'agriculture : ce sont les suivants : Aveyron, Cher, Corse, Côte-d'Or, Côtesdu-Nord, Doubs , Finistère , Gironde, Haute-Garonne, Indre-et-Loire, Jura, Landes, Loiret, Marne, Haute-Marne, Mayenne, Nord, Oise, Basses-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Haute-Savoie, Seine-et- Marne, Seine-Inférieure, Somme, Tarn, Vendée, Vienne, Haute-Vienne, Vaucluse, Yonne. Des cours d'arboriculture ont été créés à Paris, dans la Loire et dans la Vienne ; des cours de chimie agricole, à Bordeaux, Caen, Nancy, Bennes et Magnac-Laval (Haute- Vienne).
Cette organisation prend chaque année plus d'extension. Il est à souhaiter que bientôt tous les départements aient leur chaire départementale. Tout le monde sait quels services ont rendus depuis 30 ans, pour ne citer que ces deux exemples de long dévouement, M. Isidore Pierre dans sa chaire de chimie agricole à Caen et M. Du Breuil dans sa chaire nomade d'arboriculture.
3. L'agriculture dans les établissements privés et les sociétés libres. — En dehors des établissements d'enseignement agricole régis par l'Etat, il existe quelques écoles libres. Le premier rang appartient ici à Yinstitut agricole de Beauvais, fondé en 1855 par les Frères des écoles chrétiennes, grâce à l'initiative de M. Éd. de Tocqueville et aux efforts persévérants de M. Louis Gossin.
Cet établissement, annexé à un vaste pensionnat et à une école normale, et possédant une ferme importante, réunit principalement des fils de riches fermiers et de grands propriétaires. Le prix de pension est élevé ; il n'y a qu'une seule bourse à la disposition du département. Il reçoit depuis l'origine une subvention annuelle de l'État et une du département de l'Oise. L'enseignement y est donné par les Frères et par des professeurs laïques, en tête desquels se trouve M. L. Gossin.
Par rapport au volontariat militaire, les élèves ont, comme ceux des écoles nationales, droit au sursis de service jusqu'à la fin de leurs études. A leur sortie, ils peuvent obtenir, après examen, un diplôme de capacité agricole. Ceux qui se destinent à l'enseignement subissent une seconde série d'épreuves pour obtenir un brevet d'aptitude au professorat. Les examens sont présidés par un délégué de l'administration.
Grâce à cette action combinée des diverses forces, laïques et religieuses, publiques et privées, l'institut de Beauvais a pu, sans exiger de grands sacrifices, devenir un établissement de premier ordre.
Nous parlerons ailleurs des services plus modestes mais bien réels que rendent à l'agriculture les asiles* et les orphelinats* agricoles.
Les Comices agricoles et les Sociétés d'agriculture sont appelés à exercer une grande influence sur cet enseignement. Par les encouragements et les récompenses qu'ils distribuent, soit aux instituteurs eux-mêmes, soit à leurs élèves, ils peuvent contribuer à propager partout les notions élémentaires d'agriculture et d'horticulture. Presque tous les comices accordent aujourd'hui des récompenses
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