‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 17 sur 547 · AHN · texte numérisé non relu

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aux instituteurs qui ont eu le plus de succès dans leur enseignement agricole. Les divers départements marchent dans cette voie d un pas inégal. En première ligne, il faut placer ceux du Nord, du Pas-de-Calais, de la Haute-Marne, du Calvados, de la Dordogne. Mais c'est peut-être dans le département du Calvados que les plus beaux résultats ont été obtenus. Sous l'active initiative de M, Isidore Pierre, doyen de la faculté des sciences de Caen, la Société d'agriculture de cette ville a ouvert des concours réellement remarquables. En 1876 seulement, 184 écoles y ont pris part, et présenté 145G élèves : 17S instituteurs ou institutrices et 453 élèves ont été récompensés. Et ces chiffres ne représentent que le tiers à peu près des écoles où l'agriculture soit enseignée. On ne saurait trop rendre hommage à l'impulsion désintéressée des hommes de bien qui obtiennent de semblables résultats.

Pour l'arboriculture et l'horticulture, des efforts analogues sont faits par quelques associations. C'est ainsi que, dans Eure-et-Loir, sous la direction de la Société d'horticulture et de viticulture, 18 chargés de cours ont parcouru, en 1876, autant de cantons, et y ont fait plus de cent conférences, suivies de démonstrations pratiques dans des jardins spéciaux. Ainsi encore, dans les Bouches-du-Rhône, sous l'impulsion do la Société d'agriculture, un professeur spécial d'arboriculture a fait, en 1877, deux conférences dans 41 communes, réparties dans les diverses parties du département- La Société centrale d'agriculture de France, véritable académie de l'agriculture, récompense par des médailles les travaux faits par les instituteurs en vue de l'enseignement agricole.

Enfin la Société des agriculteurs de France, peu de temps après sa création, dans sa session de 1870, a émis, sur le rapport de M. Gandon, un ensemble de vœux qui sont en quelque sorte le programme de l'organisation de l'enseignement agricole, et qui, à ce titre, doivent être reproduits ici. Ce sont les suivants :

1° Modifier le règlement des écoles primaires de telle sorte que, dans chaque commune, on puisse, par la fixation des heures de classe et de l'époque des vacances, concilier les exercices classiques avec les travaux des champs ;

2° Fixer un programme général d'enseignement agricole qui sera approprié, dans chaque département, aux conditions de la culture locale ;

3° Organiser un cours d'agriculture et d'horticulture approprié aux départements, dans toutes les écoles normales, et annexer à ces établissements les champs d'expérience nécessaires pour l'étude pratique de la culture locale ;

4° Créer dans chaque département un emploi de professeur d'agriculture qui sera chargé de l'enseignement agricole dans l'école normale, le lycée ou le collège, et de conférences qui pourront être faites aux instituteurs et aux cultivateurs ;

5° Provoquer et encourager l'annexion d'un jardin aux écoles normales et aux écoles primaires rurales qui n'en possèdent pas encore, instituer des promenades agricoles avec un objet d'études qui corresponde aux travaux de la saison ;

6° Recommander aux instituteurs des communes rurales de donner, par le choix des dictées, des lectures et des problèmes, une direction agricole à leur enseignement, soit dans la classe du jour, soit dans celle du soir ; de faire de temps en temps, dans leurs cours d'adultes, des lectures agricoles, accompagnées d'explications et de conseils ; encourager la publication de bons livres pour l'enseignement dans les écoles rurales;

7° Placer, autant que possible, les instituteurs possédant des connaissances spéciales d'agriculture dans les contrées où ces connaissances peuvent être plus particulièrement utilisées ;

8° Provoquer et encourager des concours an-

nuels entre les élèves, soit des écoles primaires, soit des cours d'adultes, et mettre au nombre des sujets d'examen les questions agricoles ; s'efforcer d'assurer aux instituteurs, pour ce dernier objet et en dehors des récompenses honorifiques ordinaires, une rémunération réglée d'après le nombre des élèves admis au concours et d'après le degré et le nombre des récompenses obtenues par eux.

Une proposition plus restreinte, mais plus facile aussi à. mettre en pratique, a été faite à une des dernières sessions de la Société des agriculteurs de France par M. Duruy (20 janvier 1873). Ce serait d'obtenir des deux ministres de l'agriculture et de l'instruction publique l'organisation d'une section agricole à l'école normale de Cluny agrandie du haras qui en est limitrophe (projet préparé, quatre ou cinq ans avant, par le ministère de l'instruction publique de concert avec l'administration des haras). Il faudrait peu de chose pour compléter le matériel de l'établissement; un cours de deux années suivi d'exercices pratiques et d'un voyage agronomique, permettrait de former un excellent personnel de professeurs ; une agrégation des sciences agricoles pourrait leur assurer des avantages analogues à ceux des autres agrégations. Ce vœu a été unanimement accueilli par la société, ainsi que plusieurs propositions subsidiaires tendant à populariser et à, améliorer l'enseignement agricole.

Si tous les articles de ce programme ne sont pas encore réalisés administrativement, si quelquesuns même ne doivent pas l'être de longtemps, on n'en doit pas moins reconnaître que, sur plusieurs points, la réforme est commencée et en voie de développement. [H. Sagnier.]

AHN (Johann-Franz). — Né le 15 décembre 1796 à Aix-la-Chapelle, mort en 1865. Sur le désir de ses parents, il se livra d'abord au commerce, mais l'abandonna en 1824 pour entrer dans l'enseignement. Après avoir pendant deux ans enseigné les langues vivantes au gymnase d'Aix-la-Chapelle, il fonda une institution pour les jeunes gens destinés à l'industrie et au commerce, premier essai d'écoles professionnelles dans les provinces rhénanes. Il ferma sa maison après douze ans de sacrifices ruineux et fut de 1843 à 1863 professeur à la Realschule de Reuss.

C'est en 1834 qu'il publia (en allemand) sa « Méthode pratique pour l'étude rapide et facile du français » . L'ouvrage eut un succès immense : il est arrivé à la 200e édition et a été traduit ou imité dans presque toutes les langues.

Comme Ahn le dit lui-même dans la préface de ses livres, son idée principale était d'appliquer à l'étude des langues étrangères les mêmes procédés que suit naturellement l'enfant pour apprendre sa langue maternelle. Point de grammaire pour commencer, point de difficultés dès le début. La méthode Ahn est divisée en trois cours progressifs. Le 1er se compose de petits exercices (versions et thèmes) en tête desquels se trouvent quelquesuns des mots les plus usités que l'élève doit apprendre ; la version et le thème ne sont qu'une récapitulation de ces mots arrangés en phrases, la difficulté augmentant graduellement. Le 2e cours est la partie grammaticale (théorique et pratique), d'après le plan du 1er cours (versions et thèmes). Le 3e est un recueil d'historiettes, chacune suivie d'un vocabulaire des mots difficiles.

Ahn s'était inspiré des procédés du docteur Seidcnstûcker*; toutefois la méthode Ahn est surtout analytique, tandis que celle de son devancier est synthétique. A son tour il a eu d'innombrables imitateurs, dont plusieurs ont altéré sa méthode.

Les principaux ouvrages de J. F. Ahn sont : Métliodepour apprendre la langue française (Ier cours 1834, 2e cours l.s'40. Cologne) ; Méthodes pour les langues anglaise, italic?me, allemande, espag?wle (suc-

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