Établissements d'instruction de diverse nature
On peut résumer de la manière suivante le principe général sur lequel repose le système scolaire d'Ontario :
1° Les écoles sont ouvertes gratuitement à tous les élèves, de l'âge de cinq ans à celui de seize.
2° Les frais de l'instruction publique doivent être supportés entièrement par les contribuables de la province, en tant qu'ils ne sont pas couverts par l'allocation législative annuelle (qui a été de 1>52,000 dollars en 1877).
3° Chaque enfant est tenu par la loi à recevoir l'instruction pendant quatre mois de l'année au moins, soit à l'école, soit à la maison.
4° Les parents qui négligent ou qui refusent de donner à leurs enfants les facilités nécessaires pour acquérir cette instruction, seront passibles d'une amende qui peut être transformée en une contribution mensuelle.
5° Les trustées et les localités doivent pourvoir à l'installation d'écoles suffisantes pour tous les enfants qui résident dans une localité.
G" Les bureaux d'éducation {boards of éducation) des townships ont à remanier les divisions actuelles des districts scolaires.
7" Nul instituteur autre que ceux possédant les qualités requises par la loi ne doit être employé dans les écoles. Les brevets de premier et de deuxième degré ne peuvent être délivrés qu'à des candidats préparés à l'école normale; l'instruction à l'école normale est gratuite, et des secours doivent être accordés aux élèves-instituteurs.
8° Les écoles doivent être dûment inspectées, et ne peuvent participer à l'allocation gouvernementale qu'à proportion de la fréquentation moyenne des élèves.
9° L'instruction religieuse peut être donnée aux élèves par les ministres ou autres représentants des diverses confessions ; la classe doit commencer et finir par des exercices religieux auxquels nul élève ne peut être contraint d'assister ; les dix commandements doivent être récités par les élèves une fois par semaine.
10° Les catholiques romains ont le droit d'avoir des écoles séparées.
Il faut noter ici, à l'égard de ces dernières écoles, que, lors de la réunion des provinces du Haut-
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et du Bas Canada en 1840, la législature admit le principe des écoles séparées en faveur des catholiques. Elle décida en outre que lorsque l'instituteur d'une école serait catholique, les protestants auraient aussi le droit d'établir des écoles séparées. Grâce à cette concession qui a écarté un élément de discorde, les protestants de toutes les églises et beaucoup de catholiques sont d'accord pour appuyer cordialement le système d'instruction publique; et ceux des catholiques à qui leur conscience ne permet pas d'appuyer ce système ont le droit d'établir des écoles particulières. Ces écoles, organisées conformément à la loi et officiellement reconnues, ont droit à participer à l'allocation scolaire législative, non à proportion du chiffre de la population catholique, mais à proportion du nombre d'élèves qu'elles instruisent et du temps durant lequel elles sont ouvertes. Les adhérents de ces écoles sont exempts des taxes scolaires municipales, et, en conséquence, ils n'ont point droit aux ressources provenant de ces taxes : ils ne peuvent non plus participer aux élections et aux assemblées concernant les écoles publiques. Par contre, les écoles séparées peuvent lever des taxes sur leurs adhérents, mais non sur ceux des catholiques qui se rattachent à l'école publique.
Il est bon d'indiquer ici une modification longtemps réclamée par le clergé catholique, mais qui n'a pas été accordée, au principe sur lequel sont basées les écoles catholiques séparées. Le clergé demandait que l'allocation attribuée aux écoles catholiques séparées fût calculée non à raison du nombre des élèves qui fréquentent ces écoles, mais à raison du chiffre de la population catholique tout entière. Cette prétention a été repoussée par les raisons suivantes : 1° la reconnaître eût été reconnaître d'une façon générale, aux diverses confessions religieuses, le droit de participer comme telles à l'allocation scolaire, sans avoir égard aux services qu'elles auraient ou non rendus à l'éducation ; 2° si le droit des catholiques romains à participer comme tels à l'allocation scolaire était admis, la législature ne pourrait pas trancher la question en leur faveur et refuser le même droit aux autres congrégations religieuses ; 3° agir d'après un pareil principe serait, en réalité, accorder une dotation à des congrégations religieuses, au lieu de pourvoir exclusivement aux frais de l'éducation de la jeunesse, ce qui est le but que se propose la législature. On a compris en outre que si, dans un pays à institutions libres, comme le Canada, les convictions religieuses et la conscience de tous les citoyens doivent être respectées, d'autre part une allocation librement votée, à titre de privilège, ne doit pas être transformée en un droit absolu et oppressif, au détriment manifeste des intérêts généraux du corps politique.
Il existe deux excellentes écoles normales pour l'éducation des instituteurs, établies toutes les deux par le gouvernement : l'une à Toronto, fondée en 1847, l'autre à Ottawa, fondée en 1.S75. L'une et l'autre ont pour annexes des écoles modèles, servantà l'étude pratique de l'enseignement. En 1877, on a en outre créé dans chaque comté une école modèle pour l'éducation des instituteurs du troisième degré.
Quant aux écoles moyennes <High Schools), on peut les grouper en trois classes :
i° Les écoles qui portent le nom de Collegiate lnstitutes, dans lesquelles on donne une éducation classique et on prépare les étudiants pour l'université. Chacun de ces établissements ne doit pas avoir moins de quatre maîtres, et une fréquentation moyenne d'au moins soixante élèves (garçons) apprenant le grec et le latin. Ces lnstitutes ont droit à une allocation de 750 dollars chacun ;
2° Les High Sc/tools donnant l'instruction à des "élèves des deux sexes, selon un programme classique ;
3° Les High Schools donnant l'instruction à des élèves des deux sexes, selon un programme qui ne comprend pas l'étude des langues anciennes.
Ni les Collegiate lnstitutes ni les Hi</h Schools ne sont gratuits. Leurs dépenses sont couvertes en première ligne par l'allocation législative (78,000 dollars en 1877), la contribution du comté, et les rétributions des élèves ; le surplus est couvert par une taxe locale levée dans les municipalités où se trouve l'établissement.
Les maîtres principaux de ces écoles doivent être des gradués universitaires, ayant fait déjà leurs preuves dans l'enseignement.
Il y a, dans le système d'éducation d'Ontario, quelques particularités d'importance secondaire, qui ont un caractère trop local pour être relevées. Mais je dois mentionner d'autres faits assez importants, entre autres:
1° La série d'observations météorologiques, qui, depuis plusieurs années, se font quotidiennement dans dix stations différentes de la province ; 2° Le Musée d'éducation, fondé à Toronto ; 3° La fourniture de cartes, d'instruments, de livres destinés à être donnés en prix ou à accroître les bibliothèques scolaires ;
4° Le fonds pour les pensions des instituteurs retraités.
A l'égard des observations météorologiques, il faut ajouter que huit des stations sont placées su* le circuit de la frontière de la province, et les deux autres à l'intérieur. Des observations spéciales sont faites en outre à l'observatoire de Queen's Collège à Kingston, et à l'observatoire provincial à Toronto.
Le Musée d'éducation a été institué sur le modèle du South Kensington Muséum, à Londres. Il comprend : une collection de matériel scolaire pour les écoles primaires et moyennes ; des modèles d'instruments agricoles et autres; des spécimens de l'histoire naturelle du pays ; des copies de statues antiques et modernes, choisies dans les principaux musées de l'Europe, y compris les bustes des principaux personnages de l'histoire de l'Angleterre et de la France, ainsi que des copies de (|uelques-uncs des œuvres des grands maîtres hollandais, flamands et espagnols, et spécialement des œuvres de l'école italienne.
C'est en 1 851 qu'a été établi, au Département d'éducation, un dépôt destiné à fournir aux écoles primaires et moyennes des cartes, des appareils et des livres. Si l'on adresse au dépôt une demande accompagnée d'une somme quelconque, 5, 10 ou 15 dollars, le ministre de l'éducation ajoute à cet envoi d'argent une somme égale, et le bureau expédie des objets pour une valeur de 10, 20 ou 3;) dollars, soit pour une valeur double de celle de la somme qui lui a été envoyée.
Il y a vingt ans environ que la législature a constitué un fonds destiné à servir des pensions de retraite aux instituteurs invalides. Chaque instituteur est tenu de verser à ce fonds 4 dollars par an, et, à 60 ans, il a le droit de prendre sa retraite avec une pension annuelle de 6 dollars pour chaque année de service dans la province.
Le progrès de l'instruction publique dans Ontario peut se résumer dans ce tableau :
Nombre des maires en.
écoles pri-
Recettes des écoles primaires en
434 488 doll
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Sombre des élèves des écoles primaires en. . .
lâl 891 301 164 421 866 480537
Nombre des Grammar
Scbools ou Higti schools
Nombre des élèves de ces établissements en....
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Le directeur actuel du Département d'éducation d'Ontario est M. Adam Crooks, ministre de l'Éducation, avec siège dans le cabinet et à la Législature; il a pour suppléant (Hoputy Minister) M. George Ilodgins, et pour secrétaire M. Alex. Marling.
Il existe dans Ontario sept institutions ayant le caractère d'universités. Les plus importantes sont 1 Université de Toronto ; celle de Victoria Collège, de Cobourg, de Queen's Collège à Kingston, de Trinity Collège à Toronto, et l'Albert University à Belleville. L'Université de Toronto a reçu de George III une riche dotation de terres, et elle est une des plus importantes universités anglaises en Amérique. Victoria Collège est une institution méthodiste en pleine prospérité ; Queen's Collège appartient aux presbytériens, Albert University aux méthodistes épiscopaux, et Trinity Collège à l'église anglicane. Il y a deux universités catholiques, l'une à Kingston, et l'autre à Ottawa. Toronto a en outre une Grammar School royale, richement dotée en terres, et qui porte le titre de « Upper Canada Collège. » Les séminaires de théologie sont Trinity Collège, à Huron, et Evangelical Collège à Toronto, appartenant à l'Eglise d'Angleterre ; Victoria Collège, méthodiste ; Knox Collège, presbytérien ; Saint- Michaels Collège à Regiopolis, et Assumption Collège, à Ottawa, catholiques ; et Woodstock Literary Institute, baptiste. Il existe huit collèges pour les jeunes demoiselles, appartenant à diverses congrégations, autant de pensionnats dans des couvents, et diverses écoles supérieures privées pour des jeunes gens des deux sexes; des écoles du dimanche, etc.
Outre les facultés de droit des universités, il y a une Ecole de droit (Law School), par laquelle tous les candidats à la profession de barrister, solicitor et attorney doivent passer avant d'être admis à pratiquer. En addition aux facultés de médecine des universités, il y a aussi un Collège royal de médecine, qui délivre des diplômes de docteur ; une Ecole de pharmacie, une Ecole de dentistes et une Ecole de vétérinaires. A Kingston se trouve le Collège militaire royal de la Puissance avec école ri' artillerie, dans lequel on forme des officiers. Une Ecole des sciences pratiques est jointe à l'université de Toronto; et un établissement qui porte le nom Faraday Science Hall forme une annexe de Victoria University. Une École d'agriculture a été établie par le gouvernement à Guelph, ainsi que des institutions pour l'éducation des aveugles et des sourds-muets à Brantford et a Belleville. Il existe aussi une École de réformation pour les garçons, des refuges pour les orphelins et les orphelines, etc. Ajoutons de nombreux cours d'adultes (Mcchanics Imtitutes), des écoles de commerce, des instituts et des associations littéraires, artistiques et scientifiques, et des écoles de divers genres pour 1 ;s Indiens.
Québec. — Le système d'éducation de la province de Québec remonte à l'époque de la première co-
lonisation. Le premier soin des Pères franciscains et jésuites, lors de leur arrivée au Canada, fut d'établir des écoles pour les Indiens. La plus ancienne école de la province fut établie, vers 1616, parle père Dupb ssisà Trois-Bivières entre Québec et Montréal). Le père Lejeune en ou» rit une seconde uébec en 1632. Le Collège des jésuites à Québec fut fondé en 1635 sous le nom de Séminaire de Notre-Dame des Anges. Mme de la Peltrie établit le couvent des Ursulines à Québec en 1639 ; et en 1 64 7 le clergé de Saint-Sulpice à Paris fonda leséminaire de Montréal. En 1663, un prélat distingué, monseigneur de Laval, fonda le grand séminaire de Québec, qui porte aujourd'hui le nom de Université Lavai. Entre 1653 et K97, les jésuites, les Bécollets, les Ursulines, et les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame établirent des couvents et des écoles à Montréal, Trois-Bivières et Québec. Comme on le voit, durant le premier siècle de l'occupation française, les divers ordres religieux se vouèrent avec beaucoup de zèle à l'œuvre de l'éducation dans la colonie. En 1737, le séminaire de Saint-Sulpice de Montréal fit venir de France trois Frères de l'institut des écoles chrétiennes, qui établirent la première des écoles de cet ordre, aujourd'hui nombreuses et florissantes au Canada. En 1774, l'ordre des jésuites fut supprimé; ses propriétés, confisquées par le gouvernement, furent consacrées au service de l'instruction publique. Peu de progrès furent réalisés jusqu'en 1K01, époque où la législature adopta un « Acte pour l'avancement de l'instruction ■ ; mais cette loi manqua son but, faute de ressources financières, et parce que le plan qui y était tracé n'était pas exécutable. En 1824 fut voté 1' « Acte des fabriques », qui autorisa le curé et les fabriques de paroisse à établir une école pour chaque groupe de cent famiiies. En 1829, une autre loi scolaire autorisa l'installation d'un instituteur dans toutes les paroisses où il n'existait pas d'école. Aucune autre mesure importante ne fut prise jusqu'à l'union du Haut et du Bas Canada (provinces d'Ontario et de Québec) en 1840. En i s41 fut adopté un Acte très développé, qui sert de base au système actuel, et qui a été amendé à diverses reprises. Il statue que le fonds provenant des biens des jésuites doit être appliqué à l'instruction supérieure ; ce fonds sera accru par une contribution versée par le fonds général des écoles, de manière à constituer un revenu annuel de 88,000 dollars, a répartir entre les écoles moyennes, collèges et universités, proportionnellement au chiffre de la population protestante et catholique. Belativement aux écoles primaires publiques, l'acte stipule que dans chaque municipalité les écoles seront administrées par cinq commissaires élus. Les écoles de dissidents sont autorisées. La minorité dissidente a le droit d'élire trois trustées, ayant les mômes pouvoirs que les commissaires, pour administrer son école. Les écoles dissidentes ont droit à l'allocation gouvernementale, et les enfants de non-résidents, appartenant à la confession de l'école, peuvent la fréquenter. Dans toutes les écoles, « le curé ou ministre desservant a le droit exclusif de choisir les livres relatifs à la religion et à la morale, pour l'usage des enfants de sa confession respective. » L'allocation gouvernementale est répartie entre les comtés à proportion de leur population totale, et entre les écoles des deux classes, à proportion du chiffre respectif de la population, protestante et catholique. Des commissions d'examen, chargées de délivrer aux instituteurs les brevets de capacité, sont nommées par le lieutenant gouverneur dans les comtés et les cités ; tout instituteur en fonctions doit posséder un brevet officiel. Tout prêtre, ministre, ou membre d'une corporation religieuse enseignante, est exempt de l'examen. Les inspecteurs d'école sont nommés par le lieutenant-gou-
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verneur, et reçoivent un salaire annuel de 1,?00 dollars au maximum. (Dans Ontario, ces fonctionnaires reçoivent 10 dollars pour chaque école placée sous leurs surveillance, outre un certain nombre d'émoluments spéciaux. Le chiffre maximum des écoles placées ssus la surveillance d'un même inspecteur est limité dans Ontario à l'20.) Des pensions de retraite sont allouées aux instituteurs invalides.
Le département d'éducation de la province de Québec est administré par un surintendant de l'éducation placé sous la direction d'un conseil de l'Instruction publique. Ce conseil est divisé en deux comités. Le comité catholique est composé des évoques ou administrateurs des divers diocèses, et d'un nombre égal de membres laïques. Le nombre des membres du comité protestant est inférieur de moitié à celui des membres du comité catholique. Le surintendant actuel est M. Gédéon Ouimet, qui est en même temps président du conseil de l'Instruction publique; les secrétaires sont MM. le Dr Girard et Miles.
Le premier surintendant fut le Dr Meilleur, qui occupa ce poste de 1841 à 1855. Il eut pour successeur M. P.-J.-O. Chauveau , administrateur capable et énergique, qui reçut le titre de ministre de l'instruction publique avec un siège dans le cabinet, de 1S67 à 1873. Les fonctions de ministre furent ensuite occupées par MM. Gédéon Ouimet et G.-B. de Boucherville. En 1875, le poste de ministre fut aboli, et la charge de surintendant fut rétablie comme précédemment.
Il existe trois excellentes écoles normales : l'école Laval à Québec, les écoles Jacques Cartier et Mac-Gill à Montréal. Dans la plupart des paroisses sont établies en outre des écoles modèles.
La province a trois universités : celle de Laval (catholique), à Québec, qui a des facultés de théologie, des arts, de droit et de médecine, et possède des musées de peinture et d'histoire naturelle ; neuf collèges, séminaires et écoles lui sont affiliés ; — celle de Mac-Gill (protestante), à Montréal, qui a des facultés des arts, de droit et de médecine, et une excellente école de sciences pratiques et appliquées ; quatre collèges lui sont affiliés; — enfin celle de Bishop's Collège (église d'Angleterre), à Lennoxville. En 1874, une École polytechnique a été fondée à Montréal par M. Gédéon Ouimet, alors ministre de l'instruction publique.
La province possède en outre 39 collèges, 17 écoles classiques, et 22 écoles industrielles. Les écoles de théologie sont les quatre grands séminaires catholiques de Québec, Montréal, Sainte-Anne et Saint-Germain de Rimouski, et les séminaires anglicans de Lennoxville et de Montréal. Les presbytériens, les méthodistes et les congrégatkmnalistes ont chacun un collège de théologie à Montréal. Il existe aussi des écoles de médecine et de pharmacie et une école d'artillerie, plusieurs excellentes écoles de jeunes filles, des couvents avec des pensionnats de demoiselles, et des écoles moyennes pour les jeunes gens, ainsi que des écoles d'aveugles et de sourds-muets. Québec possède depuis longtemps une Société d'histoire ; Montréal en a une aussi, et on compte dans la province plusieurs institutions et associations littéraires et scientifiques, qui témoignent d'une vie intellectuelle active.
Voici, en résumé, les chiffres statistiques relatifs à la province de Québec :
Nombre des districts scolaires en 1857. 2 508
Nombre des élèves en 1870. 247 090
Nombre des instituteurs en. . . . 1870. 1 188 Nombre des institutrices en. . . . 1870. 4 001
Nombre des instituteurs congréganistes. 530 Nombre des institutrice* congréganistes. 787
L'allocation scolaire législative a été en 1870 de 149 083 dollars, et le produit des taxes scolaires municipales de,l 421 842 dollars.
Nouvelle-Ecosse. — Le premier effort public fait en Nouvelle-Ecosse en faveur de l'éducation, fut le vote par la législature, en 1780, d'une somme de (i 000 dollars pour l'érection d'une école supérieure à Halifax, et de 000 dollars pour deux maîtres. Une académie fut fondée en 1787 sous le nom de King's Collège (église d'Angleterre) ; et la fondation de Dalhousie Collège (presbytérien) fut due en 1817 à une allocation législative de 39 000 dollars, prise sur le fonds du baron de Custine. En 1811 la législature vota la première loi scolaire ; plusieurs collèges et académies de comtés furent ensuite établis et subventionnés par la législature. En 1820, la province fut divisée en districts scolaires. L'école normale de Truro fut fondée en 1S54, et les écoles primaires publiques furent grandement améliorées sous la surintendance du Dr Dawson, qui est aujourd'hui recteur de l'université Mac-Gill à Montréal.
L'organisation de l'instruction publique dans la Nouvelle-Ecosse est semblable à celle de l'Ontario. Elle en diffère néanmoins sur les points suivants : 1° Les 10 inspecteurs decomtésont nommés par le gouvernement; 2° la taxe scolaire de comté est une capitation fixée à 30 cents par tête ; la taxe locale, qui doit être consentie par les contribuables, est aussi une capitation de 1 dollar par habitant mâle ; si des ressources supplémentaires sont nécessaires, les trustées lèvent une taxe sur la propriété (dans Ontario, toutes les taxes scolaires sont des taxes sur la propriété, et le consentement des contribuables n'est pas nécessaire); 3° les attributions des conseils de townships et de comtés sont presque toutes dévolues, dans la Nouvelle-Ecosse, à une commission de comté Countt/ Board) nommée par le gouvernement ; 4° les livres d'école sont achetés par les trustées à des prix fixés par l'autorité, et prêtés aux élèves ; 5° il y a pour la province quatre examinateurs pour les brevets d'instituteurs, et un examinateur délégué pour chaque comté ; 0° les écoles normales forment aussi des maîtres pour les High Schoots, et leur donnent une instruction classique; 7° il existe des écoles du soir qui reçoivent de, subventions du gouvernement ; 8° les instituteurss outre un salaire fixe proportionné au degré de leurs brevets, reçoivent des allocations spéciales, et après cinq ans de service ont droit à une augmentation annuelle de salaire; 9° le surintendant de l'éducation est secrétaire du Conseil gouvernemental d'éducation ; 10° il n'existe aucune disposi tion relative à des écoles séparées pour les catholiques.
Il y a une bonne école normale à Truro. Chacune des dix académies de comté reçoit 000 dollars annuellement. Il y a deux universités : King's Collège à Windsor, fondé en 1787, et Dalhousie Collège. Il existe quatre collèges appartenant à des congrégations religieuses, six académies spéciales, et un institut de sourds-muets. La statistique scolaire donne les résultats suivants pour 1870 :
Nombre des écoles primaires 1 744
— des élèves des écoles primaires. 94 162
— des maîtres 1881
L'allocation législative a été de 173 397 dollars; le produit des taxes scolaires de comté, de 100 781 dollars, et celui des taxes de district, de 3 '8 838 dollars, total : 01 9, 010 dollars. — Les dépenses des écoles normales et écoles modèles ont été de 8 715 dollars; celles des académies spéciales, de 55,209 dollars ; et celles des collèges, de 34 374
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dollars, total : 717 374 dollars. En 1875, elles avaient été de 707 470 dollars ; augmentation, 9 904 dollars.
Nouveau- Brunswick. — Comme dans l'Ontario, le premier acte accompli dans le Nouveau-Brunswick en faveur de l'éducation fut la création d'une université, qui eut lieu en 1800. En 1833 fut votée la première loi scolaire, qui divisa la province en districts d'écoles; le gouvernement accorda une allocation annuelle de 80 dollars à chaque école dirigée par un instituteur, et de 40 dollars à chaque école dirigée par une institutrice. De grandes améliorations furent introduites ultérieurement dans la loi, et les traitements des instituteurs furent considérablement augmentés ; des écoles primaires supérieures (grammar schools) et des académies furent créées, et actuellement le système scolaire est en bonne voie de progrès. Les traits généraux de l'organisation scolaire sont les mêmes que dans Ontario, sauf les différences suivantes : 1° le recteur de l'université et le surintendant de l'éducation sont membres du bureau provincial d'éducation {Provincial Board of Education), qui correspond au département d'éducation d'Ontario, et qui est formé du lieutenant-gouverneur et de son conseil ; 2° l'inspecteur sanctionne les décisions prises par les trustées relativement à l'emplacement des écoles, et dans certains cas la nomination des trustées eux-mêmes lui appartient ; 3° le salaire des instituteurs est déterminé, comme dans la Nouvelle-Ecosse, par la qualité de l'instruction donnée et par le degré du brevet; 4° des subventions spéciales sont accordées à une catégorie d'écoles supérieure aux écoles élémentaires et inférieure aux grammar schools ; 5° les écoles du soir sont encouragées ; 6° la loi n'autorise pas d'écoles séparées pour les catholiques.
Une école normale a été ouverte à Fredricton, en 1870.
Le surintendant actuel de l'éducation est le Dr Rand, qui a rempli précédemment les mêmes fonctions dans la Nouvelle-Ecosse.
Les chiffres de la statistique scolaire sont les suivants :
Nombre des écoles primaires en 1876. 1 174
Nombre de leurs élèves — 64 (589
Nombre des instituteurs — 1217
L'allocation législative en faveur de ces écoles a été en 1876 de 107,370 dollars, plus une allocation de 6,550 dollars en faveur des écoles d'indigents (Poor schools). La taxe scolaire des comtés a produit en 1876 79,152 dollars en faveur des écoles primaires, et 3,118 dollars en faveur des écoles d'indigents. L'allocation législative en faveur des écoles supérieures a été de 6,946 dollars ; celle en faveur des grammar schools, de 6,074 dollars ; et celle en faveur des écoles normales, de 4/200 dollars.
Ile du Prince Edouard. — La condition de cette île a été, jusqu'à une époque récente, particulière et anormale. En 1767, le territoire de l'île fut distribué par la voie du sort entre un certain nombre d'officiers de l'armée et de la marine, créanciers du gouvernement, sous certaines conditions de colonisation et de paiement d'une rente foncière. L'île demeura pendant longtemps sous la fâcheuse influence de ce système de main-morte. En faisant la distribution, le lieutenant-gouverneur, lord Campbell, avait réservé dans chaque township 8-1 acres de terre pour un instituteur. Mais il n'exista aucune école jusqu'en 18.-1, et ce ne fut qu'en 1836 qu'une académie centrale fut fondée. En 1852 fut votée une loi établissant l'instruction gratuite ; I elle donna une grande impulsion aux écoles de ' lue. En 1856 une école normale fut établie à Charlottetown. En 1837, il n'y avait dans l'île que
51 écoles; aujourd'hui elle compte 417 districts scolaires avec 335 écoles.
L'instruction publique est placée sous la surveillance d'un surintendant de l'éducation et d'un bureau provincial d'éducation composé de 11 membres. Chaque école a 5 trustées. Il y a deux examinateurs provinciaux pour les candidats instituteurs, et les examens ont lieu tous les deux mois; l'île a en outre trois inspecteurs d'école. Une disposition de la loi scolaire porte que « nul instituteur ne peut exercer la profession de cabaretier. »
La statistique scolaire de 1876 donne les chiffres que nous résumons ci-dessous :
Nombre des districts scolaires. 417
Nombre des élèves 15 431
Salaires de 344 instituteurs .. 52 000 dollars.
Ile de Terre-Neuve. — Cette île n'est pas encore incorporée au Canada, quoiqu'elle soit la plus ancienne des colonies anglaises d'Amérique. Le progrès de l'éducation y a été lent. En 1803, le lieutenant-gouverneur Gambier, avec le concours de l'évêque catholique et du clergé protestant, y établit un système d'écoles de charité. En 1823, une association y fonda des écoles gratuites, et en 1843 fut votée la première loi organisant un système d'écoles pour cette province : une somme annuelle de 25,500 dollars fut affectée au service de l'éducation. Les écoles de l'île sont placées, suivant la confession à laquelle elles appartiennent, sous la surveillance du bureau catholique ou du bureau protestant, ainsi que de l'inspecteur catholique ou de l'inspecteur protestant. Il y a plusieurs bonnes académies appartenant à des congrégations religieuses et recevant une subvention de la législature. Le nombre des écoles de l'île est d environ 3 )0, et elles sont fréquentées par près de 20,000 élèves.
Columbie anglaise. — Le surintendant actuel de l'éducation dans la province de British Columbia est M. John Jessup, élève distingué de l'école normale d'Ontario. Il a cherché en conséquence à modeler, autant que les circonstances le permettaient, les institutions scolaires de cette province sur celles d'Ontario, et il y a réussi. C'est la découverte de gisements aurifères qui a attiré l'attention sur cette région en 1857, et peu après deux colonies y ont été fondées, celle de l'île de Vancouver, et celle de British Columbia sur le continent ; elles ont le même gouverneur, et le siège du gouvernement est à Victoria, à l'extrémité méridionale de l'île.
Quelques écoles furent établies en premier lieu par l'initiative privée. Mais en 1869, une ordonnance sur les écoles (Common schools Ordinancé) fut rendue par le gouverneur en conseil. En 1870, elle fut amendée et les dispositions en furent élargies. En 1872, la législature vota une loi scolaire dont beaucoup de dispositions ont été textuellement empruntées à la loi en vigueur dans Ontario. Cette loi a été amendée en 1873 et 1874, et définitivement révisée en 1876. Le principe de la fréquentation obligatoire y est inscrit. La loi stipule en outre que dans chaque district scolaire le gouverneur doit réserver a une certaine quantité de terres incultes appartenant à la couronne, afin de pourvoir aux dépenses scolaires dans ce district. »
Il y a en ce moment, dans la province de British Columbia, 40 écoles avec un personnel de "27 instituteurs et de 23 institutrices. Le nombre des élèves est de 1685, dont 907 garçons et 77S filles. L'allocation législative est de 40,55(5 dollars, le produit des taxes scolaires locales de 25,269 dollars ; total : 6ô,825 dollars.
Manitoba. — Cette province comptant un grand nombre de catholiques d'origine française, la pre-