CHANOINES
CHANT
<T autre. Aussi ne faut-il pas s'étonner si Channing •soutint avec ardeur les efforts tentés par Horace Mann pour répandre l'éducation parmi tous les rangs de la société. Imbus tous deux des idées évangéliques, ne reconnaissant entre les hommes aucune distinction religieuse ni naturelle, convaincus que la vérité est faite pour tous et doit être mise à la portée de tous, ils en arrivaient à demander h la société de remplir un devoir fraternel en portant la lumière dans les ténèbres, en combattant l'ignorance comme un danger public, en fondant des écoles ouvertes à tous en dehors de tout esprit de secte et de parti.
Les idées de Channing et d'Horace Mann ont triomphé depuis longtemps aux Etats-Unis ; elles •commencent à pénétrer dans la vieille Europe ; on comprend que dans un pays de libre suffrage l'Etat repose sur le concours de citoyens éclairés ; on sent que chez un peuple ignorant la liberté et les droits des citoyens sont à la merci du charlatanisme et de la violence. Répandre largement l'éducation dans les conditions les plus infimes, c'est préparer l'avènement d'une société plus heureuse, plus morale et plus sage ; c'est assurer a la fois la prospérité de l'individu et la paix de l'Etat.
Ces idées, qui seront la gloire de notre temps comme l'idée de l'humanité a été l'honneur du ■dix-huitième siècle, on les trouvera admirablement exposées et défendues dans deux écrits célèbres -de Channing intitulés De la culture de soi-même •et De l'élévation tles classes laborieuses. Ces deux conférences ont été traduites en français et publiées dans les Œuvres sociales de Channing, Paris, 1854, in- 12. Il y a un très bon exposé des doctrines morales du pasteur américain dans la Vie de Channing avec une 'préface de M. de Rémusat, Paris, 185(5, in-12 ; on y peut joindre Channinfj, sa vie et sa doctrine, par René Lavallée, Paris, 1876.
[Ed. Laboulaye.]
CHANOINES RÉGULIERS. — Recommandé par les papes Etienne III et Léon III, propagé par •Chrodegang, évoque de Metz (760), l'institut des chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin fonda, du neuvième au quatorzième siècle, un grand nombre de monastères et de hautes écoles, «dont l'annexe obligée, il ne faut pas l'oublier, était toujours « la division des abécédaires », la petite école où l'on enseignait aux pauvres et aux riches, avec « la créance, leur alphabeton et escripture, matines et chant pour chanter à l'église seulement. » Les chanoines réguliers eurent une grande part d'influence sur l'instruction secondaire ; ils dirigèrent, depuis 1515, à Paris, le collège de Beauvais. En 15G0, Pierre Fourrier, le grand instituteur des •écoles, réforme après de longues luttes les abbayes de Lorraine, et leur donne le nom de chanoines réguliers de Nôtre-Sauveur. Au dix-septième siècle, on les retrouve dans le midi, occupés toujours de l'éducation de la jeunesse. Après l'expulsion des jésuites, ils les remplacent dans un grand nombre de collèges. Partout, les réguliers sont favorables à la création des écoles, et ils en fondent plusieurs de leurs deniers (archives de Requeil, fondation Jean de Launay, 10 avril 1676, etc.).
[L. Maggiolo.]
CHANT. — I. Bonne influence de l'enseignement du chant dans les écoles. — Le chant, si l'on en juge par l'importance que lui ont donnée les nations les plus avancées pour l'enseignement primaire, est, au point do vue de l'éducation générale, une partie intégrante, presque nécessaire de cet enseignement.
On n a pas encore suffisamment compris dans notre pays son véritable rôle. Il est certain que son emploi presque universel dans les cérémonies religieuses des diverses contrées en fait l'objet d'une attention spéciale, là surtout où les autorités de l'enseignement se confondent
ou s'allient avec les autorités religieuses, dans la plupart des communautés protestantes, par exemple.
Dans nos bourgs ou villages de province, c'est à ce point de vue trop étroit quo son utilité est ordinairement comprise, de sorte que son enseignement se réduit le plus souvent à la simple lecture de « la note » du plain-cbant, et à la répétition par cœur de quelques cantiques plus ou moins populaires, qui sont plutôt criés que chantes par les enfanls aux catéchismes.
On peut dire de l'enseignement du chant à l'école que c'est un moyen d'éducation générale d une puissance étonnante, mais malheureusement encore trop peu connu et trop peu employé en France.
Chez beaucoup de nations, même de celles où les domaines religieux et scolaire sont bien nettement séparés, comme en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Ï nis, l'élément d'attrait qu'apporte le chant au progrès des éducations disciplinaire, intellectuelle et morale, a été utilisé par les écoles avec un soin, une persévérance et un succès qui doivent être pour les instituteurs français un précieux enseignement et un puissant exemple.
L'impression extraordinaire produite par la musique sur l'organisation humaine, impression dont les cérémonies religieuses tirent une si grande action, peut être utilisée partout où il y a besoin d'élever les cœurs et les esprits, de fixer l'attention et de préparer la volonté.
La musique, cette langue étrange, exprime • les idées intraduisibles, qui semblent être d'un autre monde, mais son charme inexplicab! a réveille toujours ce qu'il y a de meilleur dans notre âme, et elle est toujours sinon comprise, du moins aimée des petits comme des grands, des ignorants comme des savants. Ces rapports simples, ces rhythmes réguliers que perçoit le sens de l'ouïe, se transforment sans doute pour l'âme en un sentiment instinctif de Tordre, de la mesure, de la grandeur, de la beauté. Or, c'est un des premiers que l'éducation ait mission de développer.
Au point de vue disciplinaire, la musique, introduite au milieu des exercices scolaires dans des conditions capables de satisfaire le sens esthétique de l'enfant, lui fera certainement aimer l'école, les exercices où le chant se mêle et les maîtres qui les dirigent.
Au point de vue intellectuel, la musique a pour résultat certain d'élever l'esprit, de donner le goût du beau dont elle est un exemple, le plus sensible peut-être, et de mener du goût du beau à l'amour de l'étude, qui donnera de plusieurs autres manières satisfaction à ce goût. A cet égard, la musique est un auxiliaire des plus puissants, qui fait gagner du temps au lieu d'en perdre, qui ouvre la voie aux choses de l'esprit, aux choses délicates et relevées. Dans l'instruction primaire, c'est elle qui représente la première le côté esthétique de l'éducation, si nécessaire à mêler au terre-à-terre des premiers éléments ; c'est elle qui, mieux comprise et plus vite saisie que la beauté littéraire, permet le plus facilement aux enfants de sentir le charme et l'émotion produits par ce qu'ils ont su bien dire, et la satisfaction délicieuse d'avoir eu leur part dans la production de quelque chose de beau. L'importance de telles impressions pour les progrès d'une intelligence d'enfant n'est pas nécessaire a démontrer, certainement, pour des éducateurs sérieux, mais on comprend qu elles exigent chez celui qui veut les produire au moins ce sentiment profond de Tart, qu'on appelle 1<^ goût, et qu'elles excluent nécessairement la prétention et le charlatanisme.
CHANT
CHANT
Au point de vue moral, les effets do la musique ne sont pas moins précieux. Elle peut devenir pour les jeunes gens le préservatif le plus puissant contre les dangers d'autres plaisirs, mais à la condition qu'on ait, en choisissant avec soin, dès le début, les exemples donnés, en ne laissant pénétrer dans l'école que les œuvres d'un sentiment pur et élevé, en ne craignant pas de s'adresser autant que possible aux grands maîtres, qu'on ait, dis -je, développé suffisamment la notion de la vraie beauté musicale, le goût de ce que l'on nomme avec raison la musique classique.
II. ÏL Y A UN GEMîE SPÉCIAL DE MUSIQUE QUI CON- VIENT seul aux écoles. — Ce nom de musique classique indique la musique des classes, la musique de l'enseignement. Aujourd'hui on semble ne désigner sous ce nom que quelque chose de très élevé, de très compliqué, de très savant, que peu de personnes s'exposent à regarder en face. Mais, disons-le bien haut, il y a une musique classique élémentaire comme il y a une musique classique supérieure; il y a une musique classique à la portée des enfants, qui élève les cœurs comme les intelligences, qui ne transige pas avec les passions humaines, avec les mauvais côtés de notre civilisation, qui charme les ignorants aussi bien que les esprits les dIus cultivés. Il y a, en un mot, une musique classique pO' pulaire.
En France même, à Paris, elle a prouvé sa valeur éducatrice dans ces derniers temps, en se manifestant, pour commencer, par son côté le plus élevé. C'est un fait qui aura sa place dans l'histoire de nos jours que des concerts intitulés « Concerts populaires classiques » aient pu réussir à Paris, au point de devenir une part nécessaire de l'existence parisienne pour les personnes intelligentes, et cela non pas dans le milieu des classes riches, non pas par le concours des personnes de la haute société, mais par le concours des travailleurs, des familles de la classe moyenne et souvent de la classe ouvrière, qui ne peuvent payer cher leurs places. Aux concerts fondés il y a vingt-cinq ans par Pasdeloup, comme à ceux plus récents de Lamoureux et de Colonne, les plus intelligents et les plus sympathiques auditeurs, ceux qui ont formé l'opinion, ont toujours été surtout les habitués des places à bon marché.
Un fait certain, c'est que cette musique-là, comme celle qui en représente les éléments et peut en produire l'effet dans" nos écoles, ne peut supporter le contact de ce qui n'a pas l'élévation morale.
Il y a deux mots qui ne peuvent pas rimer ensemble, quelques efforts que fasse l'industrie contemporaine pour les joindre : ce sont les mots musique et cabaret.
Le cabaret est l'ennemi de la musique et ne 1 peut pas lui servir d'asile. Pour sauver nos orphéons qui sont en souffrance, pour faire cesser leur stérilité, au point de vue musical comme au point de vue moral, les instituteurs ont une belle tâche à remplir, celle de les ramener à l'école, qui doit être à. la fois leur lieu d'origine et leur siège habituel.
Pour cela, il suffit aux maîtres de se rendre aussi capables de les diriger au point de vue musical qu'ils en sont dignes au point de vue moral. Mais pour cela aussi il est. nécessaire de rester dans la voie de la vraie belle musique, de la musique classique. Celle-là seule est incompatible avec le cabaret, notamment avec sa forme nouvelle, le café-concert, cette honteuse invention qui se répand dans notre pays comme une lèpre, et qui est partout devenue non seulement la ruine <ies mœurs, mais certainement aussi la ruine de la musique.
III. L'enseignement scolaire du chant dans les pays étrangers. — Dans les pays où l'éducation musicale est exigée de tous les instituteurs, où elle est introduite d'une manière obligatoire dans leur éducation normale et dans les examen? du degré le plus élémentaire, le chant est devenu de fait partie intégrante de renseignement primaire, soit que la loi ait rendu son enseignement obligatoire, soit que la coutume ait sanctionné son emploi disciplinaire et esthétique.
Il en est ainsi en Allemagne, en Autriche-Hongrie, en Suisse, en Danemark, en Suède, en Nurvège, en Hollande, en Russie pour les écoles urbaines, aux Etats-Unis.
Le résultat est que la population entière est musicienne, et que l'exécution chorale vraiment artistique, rare chez nous, y est une chose ordinaire, non seulement dans les villes, mais dans les campagnes.
Il n'y a pas de voyageur qui n'ait rencontré, dans les Alpes suisses ou autrichiennes, ces bandes de moissonneurs faisant retentir les échos des montagnes de chœurs chantés à quatre parties, avec une justesse, un goût, une expression artistique qu'on applaudirait dans un concert parisien.
Nous avons entendu avec ravissement à l'Exposition de 187.S, et applaudi cordialement les admirables chœurs des étudiants suédois et norvégiens. Nous eussions pu applaudir presque à titre égal des chœurs de paysans de ces deux contrées, s'il leur eût été aussi facile de faire le même voyage.
Nous avions eu, huit ans auparavant, et trop souvent, hélas ! la triste occasion d'entendre les chœurs desPrussiens, Saxons, Bavarois et autres Allemands, quand ils avaient envahi la moitié de notre pays. On ne s'en souvient qu'avec un serrement de cœur, mais on ne pouvait s'empêcher de rendre justice à la puissante influence patriotique de ce côté de leur éducation nationale, quand on entendait s'élever, le soir, du fond des bois qui les abritaient, et se répondre d'une colline à l'autre, les chants harmonieux qu'ont écrits pour eux, et contre nous, leurs plus grands poètes et leurs plus célèbres compositeurs , et qu'ils apprennent h chanter à l'école avant d'y avoir pu encore apprendre à lire et à écrire.
Mais les États-Unis d'Amérique nous présentent à cet égard un exemple plus frappant encore pour nous, parce qu'il s'applique à un peuple qui a accompli récemment la réforme que nous avons à faire, créant pour ainsi dire tout d'une pièce son système d'éducation, et nous montrant combien il faut peu de temps à de bonnes lois et à de bonnes institutions pour modifier d'une manière sensible, en une seule génération, les mœurs d'une nation tout entière.
La commission envoyée en 1876 par le ministère français de l'instruction publique à l'Exposition de Philadelphie nous a rapporté à cet égard de précieux détails.
Dans les écoles d'Amérique, le chant est enseigné dès l'âge de six ans, bien avant qu'il ne soit question de solfège. Les enfants apprennent par cœur de petits morceaux coupés par strophes très courtes, dont les paroles instructives et attachantes se gravent facilement dans la mémoire. Ces chants sont toujours exécutés à l'unisson, mais la maîtresse (il n'y a que des maîtresses dans les petites classes) les accompagne au piano, en donnant les plus grands soins à former chez les enfants un timbre de voix très doux, et à leur fairo nuancer avec goût l'expression de chaque strophe.
Les plus pauvres écoles, celles des plus misérables quartiers de New-York par exemple, où
CHANT
CHANT
grouillent pieds nus les petits Irlandais, valent à cet égard celles des quartiers riches.
chants s'exécutent le plus souvent par l'ensemble des enfants, dans la grande salle de réunion dite Chapel (c'est là qu'on lit la Bible), souvent formée par la disparition rapide, à un signal donné, des cloisons mobiles qui divisaient cette salle en classes séparées.
On n'entreprend d'exécutions à plusieurs parties que dans les classes supérieures, quand les enfants ont complètement profité d'un intelligent enseignement du solfège.
Toutes les écoles ont pour soutenir le chant un grand piano à queue extrêmement sonore, comme ceux que l'Exposition de 1867 a rendus célèbres en Europe. Le signal des mouvements y est donné par des accords, ce qui est plus harmonieux que le sifflet de nos écoles françaises. Le défilé des enfants se fait silencieusement au pas, mais au son d'une marche jouée sur le piano par le maître ou par la maîtresse.
L'impression produite sur les enfants est profonde et salutaire. Les nouveaux venus paraissent ravis, et les visiteurs étrangers sont unanimes pour témoigner de l'intérêt de ce spectacle. Dans les grandes écoles normales mixtes qui forment les futurs instituteurs et institutrices, l'effet des chants d'ensemble est réellement admirable. La commission cite aussi, comme exemple à cet égard, l'école primaire des Frères moraves à Bethléem, où des chants religieux et patriotiques, dits avec âme par les enfants et accompagnés par un grand orgue à tuyaux, ont fait partager aux visiteurs l'émotion qu'ils excitaient chez les petits chanteurs.
Partout, l'enseignement de la musique aux plus grands élèves, comme celui du chant élémentaire au\ plus petits, est fait par les instituteurs euxmêmes, et ils y apportent un entrain et un zèle qui expliquent les résultats obtenus: à peine deux ou trois enfants sur cent restent rebelles à la culture musicale, quand ils ont été pris assez jeunes. On constate en même temps que « partout où l'enseignement musical est développé et florissant, les autres enseignements sont eux-mêmes remarquablement élevés. »
IV. L'enseignement du chant dans notre législation scolaire. — Arrivons maintenant à la France, et pour établir la question sur des bases légales, commençons par chercher ce que disent, au sujet de renseignement du chant dans les écoles primaires, les lois fondamentales qui nous régissent aujourd'hui.
Partons de l'organisation primitive en Fiance de l'enseignement primaire par la loi du 28 juin 1833. Bcmarquons que cette loi met tout d'abord le chant au nombre des matières obligatoires de l'instruction primaire qu'elle nomme supérieure, au même rang que l'histoire et la géographie. Nous trouvons en effet dans l'article Ier: « L'enseignement primaire supérieur comprend nécessairement, en outre, les éléments de la géométrie et ses applications usuelles, spécialement le dessin linéaire et l'arpentage; des notions de sciences physiques et naturelles applicables aux usages de la vie, le chant, les éléments de l'histoire et de la géographie et surtout la géographie de la France. »
A cette époque, l'instruction primaire élémentaire ne comprenait que les six matières suivantes : instruction morale et religieuse, lecture, écriture, éléments de langue française, éléments de calcul, | système des poids et mesures.
Le brevet de capacité élémentaire n'indiquait pas le chant pour les instituteurs, mais il l'exigeait pour les institutrices (arr. du 28 juin 1836).
Le brevet de capacité supérieur pour les insti- ! tuteurs exigeait « des connaissances théoriques et pratiques sur la musique et le plain-chant ». I L article 16, visant l'insuffisance présente de l'en- I
seignement, donnait trois fins seulement de délai pour que cette partie de l'examen devînt obligar toire.
Le J5 mai 1838, après deux ans de cette obligation, une décision du conseil de l'instruction publique permettait « aux candidats qui manquerai* nt de voix d'y suppléer au moyen de la musique instrumentale, sans préjudice de l'examen théorique sur la matière. »
La décision du 4 mai 1838 qui créait des cours d'adultes dans la ville de Paris portait dans l'article 4 : « Le chant continuera à être enseigné sous la direction et d'après la méthode de H. Wilbem. »
Le projet de loi du 31 mai ISi7. article 13, voulait rendre l'enseignement du chant obligatoire aussi bien dans les écoles élémentaires que dans les écoles d'instruction primaire supérieure, mais la révolution de février l'a empêché d'aboutir.
La loi du 15 mars 1850 marque un mouvement de recul. Le chant est mis avec la gymnastiq dernier rang des connaissances que « ]>eut prendre en outre » l'enseignement primaire, lequel n'est plus divisé qu'en matières obligatoire i facultatives. Il n'y a plus de chant dans les épreuves d'aucun brevet élémentaire. Au brevet supérieur, il n'est plus ordinairement l'objet d'une attention assez sérieuse.
Il faut attendre quinze ans pour trouver une mesure réparatrice. Un arrêté du 30 janvier 1865 rend l'enseignement du chant obligatoire dans toutes les écoles normales, et lui donne cinq heures par semaine, en y comprenant le plain-chant ! pour les catholiques, et le chant religieux pour les i autres communions.
Nous devons signaler aussi un arrêté du 8 février 1867, instituant au ministère de l'instruction publique un « comité de patronage pour développer l'enseignement du chant dans les écoles de l'empire et encourager les orphéons dirigés par les instituteurs . »
Il paraît que, dès ce moment, les orphéons commençaient à quitter l'école pour aller au cabaret.
La loi du 10 avril 1867, qui ajoute les éléments de l'histoire et de la géographie de la France aux matières obligatoires de l'instruction primaire, ne dit pas un mot de l'enseignement du chant.
Depuis, aucune mesure générale. Les encouragements donnés aux orphéons ont quelquefois, mais rarement, compris les chœurs d'enfants des écoles, mais l'allure ordinaire des concours et fêtes orphéoniques n'est pas faite pour y attirer les instituteurs, et le genre de musique qu'on y couronne le plus souvent n'est pas celui qui convient aux enfants des écoles.
Les autorités de l'éducation publique et l'élément pédagogique ne sont pas suffisamment représentés dans les commissions d'organisation. Le choix des morceaux n'est inspiré, ni au point de vue des paroles, ni à celui de la musique, par de* considérations d'intérêt scolaire. La musique classique des grands maîtres y a cédé le pas aux œuvres de fantaisie, et les intérêts de l'éducation publique à d'autres moins graves.
En ce moment, où une nouvelle modification de nos lois d'instruction primaire semble prochaine, nous ne pouvons qu'exprimer l'espérance de voir ce point compris dans les améliorations qu'on y doit apporter.
Il suffirait peut-être, pour assurer l'avenir à cet égard, d'une seule disposition : rendre la musique obligatoire a, l'examen d'entrée des écoles normales, de manière à rendre fructueuses les trois années d'étude qui doivent faire d'un élève un maître, à ce point de vue comme aux autres.