CHRONOLOGIE
tion primaire pour apprendre à lire et à écrire, et fit des cours gratuits pour cet enseignement. Il appliquait le mode simultané et le procédé omniphonique. Sa méthode supérieure à la plupart de celles qui existaient alors fut adoptée plus tard dans les écoles d'enseignement mutuel. [A. Demkès.]
CHOSES. — V. Leçons de choses. — V. aussi Carpentier, Dupont de Nemours et les autres nom6 indiqués dans l'article Leçons de choses.
La préoccupation de mettre les enfants aux prises avec les choses et non plus seulement avec les mots, a trouvé non sa première, mais sa plus éloquente expression dans V Emile. Mais tandis que cette idée n'a longtemps inspiré chez nous que des utopistes ou des penseurs isolés, elle a pris corps en quelque sorte dans la pédagogie allemande par un terme scolaire qui n'a pas d'équivalent chez nous, le mot liealien, qui est beaucoup plus précis que le mot choses, mais beaucoup plus général que Leçons de choses et beaucoup plus élevé que enseignement par les yeux.
Les Realien des Allemands (littéralement choses réelles, connaissance des réalités) désignent un ensemble de branches d'enseignement formant un groupe qu'on oppose d'une part aux connaissances purement linguistiques, telles que la lecture et l'écriture, de l'autre aux sciences mathématiques pures ou appliquées, telles que l'arithmétique, la géométrie, la mécanique.
Ainsi la loi scolaire du Wurtemberg trace dans le programme de l'enseignement primaire quatre grandes divisions, qui sont la religion, la langue (lecture, écriture, grammaire), le calcul, et les Realien : cette dernière rubrique embrasse la géographie et la sphère, les éléments de la physique et de l'histoire naturelle, l'histoire générale et nationale. Dans toute l'Allemagne, cet emploi du mot Realien est habituel : l'ordonnance ministérielle prussienne du 15 octobre 1872, qui fixe le programme obligatoire de l'enseignement primaire, après avoir mentionné expressément et séparément l'histoire, la géographie et les sciences naturelles (Naturkunde) comme branches spéciales, les réunit quelques lignes plus bas sous la dénomination commune de Realien, et dispose que six heures par semaine seront consacrées à l'enseignement de ces Realien.
La loi scolaire autrichienne, bien qu'elle n'emploie pas dans son texte l'expression liealien, réunit néanmoins dans une même formule les branches que ce terme générique sert à désigner, « les éléments des sciences naturelles, de la géographie et de l'histoire. »
La dénomination de Real-Sc/iule*doit son origine à l'emploi consacré, dans la langue allemande, de l'expression que nous venons d'expliquer.
Le Realien-Buch, usité dans bon nombre de pays allemands comme principal livre de lecture scolaire, est le manuel comprenant tous les matériaux d'études de la division « réalistique » (sciences historiques , sciences physiques et naturelles) en opposition à la division « humanistique » (langues, littératures) et à celle des sciences exactes ou mathématiques.
CHRESTOMATHIE. — Ce terme (composé de deux mots grecs, l'un signifiant utile, u<uel, l'autre étude), désigne aujourd'hui un recueil de morceaux choisis dans les bons auteurs et que l'on recommande spécialement à l'étude de la jeunesse.
Les anciens avaient déjà des chrestomathies, qui paraissent avoir été des espèces d'encyclopédies, condensant sous un volume restreint les connaissances utiles éparses dans un grand nombre d'auteur.
Chez les modernes, ce fut un Allemand, Johann Mathias Gesner, qui reprit au xvme siècle cette expression tombée en désuétude, pour en faire le titre de deux anthologies, l'une de Cicéron, l'autre des
classiques grecs, destinées aux écoles. Bientôt les littératures modernes purent offrir à leur tour la matière de recueils semblables, et l'on vit paraître des chrestomathies allemandes, françaises, italiennes. Le plus célèbre, et de beaucoup aussi le plus digne de l'être, parmi les ouvrages de ce g^nre, est la Chrestomathie française, en trois volumes gradués, d'Alexandre Vinet (V. ce nom).
On a eu récemment l'heureuse idée de composer une Chrestomathie pédagogique. L'auteur de ce recueil est un des pédagogues les plus autorisés de l'Allemagne contemporaine, le docteur J.-Chr.- Gottlob Schumann, directeur du séminaire (école normale) d'Alfeld. Le premier volume de sa Pàdagogische Chrestomathie fur die Privatlectùre (édit. Cari Meyer, à Hanovre), contient les morceaux relatifs à l'Orient et à la Grèce antique.
CHRÉTIENNES (Écoles). — En 1678, un religieux de l'ordre des Minimes*,le P. Barré, réunit, à Paris, des personnes de l'un et de l'autre sexe destinées à instruire les unes les garçons, les autres les filles. Telle est l'origine des écoles dites chrétiennes ; aux termes des statuts volontairement acceptés par les membres de l'association , ils vivent en communauté sans faire de vœux, sous la direction d'un supérieur auquel ils ont promis obéissance. Le but des maîtres et des maîtresses est de travailler à leur sanctification, de combattre l'erreur; leur emploi principal est de « tenir des écoles pour les enfants pauvres et indigents et de leur enseigner le catéchisme et la religion. » Les frères ne peuvent recevoir, en leurs écoles, de filles de quelque âge qu'elles soient, ni les sœurs de garçons si jeunes qu'ils puissent être ; il est interdit aux frères comme aux sœurs d'aller dans les maisons pour enseigner à lire, à écrire, à travailler, sous quelque prétexte que ce soit; ils changeront de résidence et a ils iront faire école aux lieux et aux person?ies que les supérieurs jugeront à propos; à l'imitation du Christ, qui enseignait dans les bourgs et les villages, partout où l'appelait la gloire de son Père. » L'instruction sera gratuite, on ne recevra rien des parents riches ou pauvres, à plus forte raison on ne demandera rien ni directement ni indirectement. Les dimanches et fêtes, les frères feront des conférences chrétiennes pour les hommes et les garçons âgés qui voudront y venir; les sœurs en feront aussi pour les filles et les femmes. Quoiqu'on ne fasse ni vœu d'obéissance ni vœu de pauvreté, on ne peut rien posséder à l'insu des supérieurs, ni disposer de rien sans leur permission.
En 1686, à la mort du fondateur, il y avait un grand nombre de ces écoles charitables et chrétiennes, à Paris, au faubourg Saint-Germain, et dans les provinces du centre et de l'Est surtout. On remarquait particulièrement le zèle et l'intelligence des religieuses. Aussi lorsque Louis XIV fonda l'établissement de Saint-Cyr (1686), madame de Maintenon choisit quelques-unes des sœurs du P. Barré pour y diriger l'éducation des jeunes demoiselles. [L. Maggiolo.l
Pour les écoles tenues aujourd'hui par l'Institut des Frères des écoles chrétiennes, V. La Salle et l'article Frères des écoles chrétiennes.
CHRISTIANISME. — V. le môme mot dans la IIe Partie. — V. en outre, dans cette I'e Partie, l'article Instruction publique, les articles consacrés aux diverses congrégations enseignantes, l'article Protestantisme, et ceux auxquels ils renvoient.
CHRONOLOGIE. — La chronologie (science des temps, c'est-à-dire des dates) est un auxiliaire indispensable de l'histoire. Un adage de l'ancienne pédagogie disait : La chronologie et la géographie i août les deux yeux de l'histoire. Et, en effet,