CHUINTEMENT
CIRCONSCRIPTION
prendre les faits à part, isolément, sans les rattacner au temps et au lieu où ils se sont produits, c'est leur faire perdre beaucoup de leur netteté, de leur signification, de leur portée réelle ; c'est quelquefois les dénaturer, c'eut toujours les obscurcir.
Est-ce à dire que la chronologie ancienne avec ses lacunes et ses incertitudes considérables, ou la chronologie moderne avec son infini détail, doivent, puissent entrer pour une large part dans l'enseignement primaire ? Nous ne le pensons pas. Grands faiis, grands noms et grandes dates : telle doit être la leçon d'histoire dans nos écoles, ainsi que nous l'expliquons à l'article Histoire.
En ce qui concerne spécialement la chronologie, un double écueil est à éviter. L'un est de laisser les enfants dans un vague absolu quant à la succession des temps; on ne se doute pas du chaos qui peut régner dans ces petites têtes quand le maître n'a pas eu soin de fixer à grands traits les époques et d'y échelonner les événements principaux. L'autre danger, tout en provenant d'un mode d'enseignement tout opposé, aboutit au même résultat : c'est de laisser l'esprit se perdra dans un dédale de dates.
Il n'est pas rare de voir des élèves qui savent imperturbablement les deux derniers chiffres de la date et qui se tromperont de deux ou trois siècles sur les deux autres. A part une douzaine de grands faits de l'histoire de France ou de l'histoire générale dont la date rigoureuse doit être gravée dans la mémoire, la chronologie de l'enseignement primaire ne devrait insister que sur les siècles, mais y insister sérieusement, laissant à plus tard le détail des années. Qu'un enfant ait l'idée de l'état du monde chrétien ou au moins de la France au siècle de Charlemagne, au onzième, au treizième, au seizième siècle, c'est une connaissance profitable et vraiment instructive. Mais qu'il sache par cœur une longue suite de dates relatant l'avènement et la mort des rois ou les batailles célèbres, c'est un effort de mémoire dont il ne lui restera rien au bout de quelques années. Il ne faut pas se dissimuler du reste que cette étude raisonnée de la chronologie par grandes divisions, par tableaux séculaires en quelque sorte, demande au maître beaucoup plus de méthode, à l'élève bien plus d'application que la machinale récitation des dates.
CHUINTEMENT. — V. Prononciation.
CIRCONSCRIPTION SCOLAIRE. — Nous désignons sous ce nom la division administrative du premier degré, ayant pour centre une ou plusieurs écoles primaires, et qui dans la plupart des cas coïncide avec la commune civile.