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que d'avair attiré moins de 2000 enfants dans nos écoles de tous ordres, sur une population de plus de deux millions d'habitants. Une action permanente sur les jeunes générations est nécessaire pour consolider les conquêtes, et modifier les mœurs d'un peuple ; sans cet appui, on bâtit sur le sable.
3° Ecoles musulmanes. — Parmi les écoles uniquement fréquentées par les indigènes et où l'enseignement se donne à peu près exclusivement en arabe, on doit placer en première ligne les médraça, établissements importants que nous croyons devoir signaler ici, bien qu'on les classe dans l'enseignement supérieur. Trois médraça ont été fondées par nous, à Alger, à Gonstantine et à Tlemcen ; un arrêté du 16 février 1876 les place, en ce qui concerne l'enseignement, sous l'autorité académique et modifie leur programme de manière à donner une grande place à l'étude du français.
Dans les tribus et môme dans les villes existent, en outre, installées d'ordinaire à l'intérieur des mosquées, un grand nombre d'écoles élémentaires nommées zaouïas et derrer, où des thabebs (maîtres) enseignent la lecture et l'écriture de l'arabe, le calcul et le partage des successions, toujours compliqué en pays de polygamie. Le Coran est le seul livre de lecture, et l'écriture se fait sur des planchettes en bois, comparables à nos ardoises. Le nombre de ces écoles n'est pas inférieur à 2000 et elles sont fréquentées par 28 000 élèves environ. M. Largeau a trouvé 82 zaouïas, réunissant 1632 élèves, dans l'alghalik de Tougourth, les caîdats de Temacir. d'Oulad Saïah et le Kalifat du Soûl. Ces établissements relèvent tous de l'administration militaire ; l'académie ne serait pas en mesure d'exercer sur eux un contrôle efficace. [E. de Salve.]
ALIMENTATION. — V. Repas dans l'école, Internats, Réfectoire et dans la IIe Partie le mot Alimentation.
ALLEMAGNE. — L'Allemagne est, comme on sait, la terre classique de la pédagogie et le berceau de l'école primaire. Si l'on cherche les causes de ce développement particulier pris par l'école, on en peut indiquer trois principales : 1° le protestantisme, 2° le morcellement du pays en petits Etats, 3° la présence de grandes universités.
Pour montrer la part du protestantisme, on peut citer d'abord les propres paroles de Luther : «Si je n'étais ministre de l'Évangile, je voudrais être maître d'école ; encore ne sais-je lequel vaut le mieux. L'homme du peuple no comprend pas que, s'il a un enfant de quelque moyen, il doit à Dieu et à la cité de lui faire suivre l'école et de l'instruire. La chrétienté n'est aujourd'hui si déchue que parce qu'on a délaissé l'enfance : c'est par celle-ci qu'il
faut recommencer Puisqu'il faut annuellement
tant dépenser pour arquebuses, routes, escaliers, digues, etc., afin qu'une ville ait la paix et la commodité temporelles, à plus forte raison devonsnous dépenser en faveur de la pauvre jeunesse nécessiteuse, pour entretenir un habile homme ou deux comme maîtres d'école. Toute la force et la puissance de la chrétienté est dans sa postérité, et si l'on néglige la jeunesse, il en sera des églises chrétiennes comme d'un jardin qui est négligé au printemps. On trouve des gens qui servent Dieu par beaucoup de pratiques étranges : ils jeûnent, portent des cilices et font mille choses par piété ; mais ils manquent au vrai service divin, qui est de bien élever leurs enfants, et ils font comme autrefois les Juifs qui abandonnèrent le temple de Dieu pour sacrifier sur les hauteurs... Mon opinion est que l'autorité est tenue de forcer les sujets d'envoyer leurs enfants & l'école... Si elle peut obliger les sujets valides à porter la lance et l'arquebuse, à. monter sur les remparts et à faire tout le service de guerre, à plus forte raison peut-elle et doit-elle forcer les sujets d'envoyer leurs enfants à l'école,
parce qu'ici il s'agit d'une guerre bien plus terrible avec le démon. » Le réformateur protestant ne pouvait tenir un autre langage ; en rendant l'homme responsable de sa foi et en plaçant la source de cette foi dans l'Écriture sainte, la Réforme contractait l'obligation de mettre chacun en état de se sauver par la lecture et par l'intelligence de la Bible. Nous voyons ce principe porter ses fruits durant les siècles qui suivirent : non-seulement des écoles furent fondées par les soins du clergé protestant, mais l'enseignement prit une variété et une solidité qu'il devait à cette origine. Ainsi la nécessité d'expliquer et de commenter le catéchisme fut pour les maîtres une obligation d'apprendre à exposer une idée et à la décomposer en ses éléments. L'étude de la langue maternelle, celle du chant, se rattachèrent à la lecture de la Bible et au service religieux. De nombreux Ré'/lements d'école, dont Cn\ a fait de nos jours des recueils (V. par exemple, Vormbaum, Evangelische Schulordnungen, 1860), montrent l'importance que les fondateurs de la Réforme, Luther, Mélanchthon, qui mérita le surnom de Vrxceptor Germanise, Bugenhagen, ainsi que les princes et les villes qui avaient adopté la foi nouvelle, attachèrent à l'enseignement de l'école.
Cette influence du protestantisme fut combattue et quelquefois neutralisée par les événements, en particulier parla guerre de Trente Ans, qui désola et appauvrit l'Allemagne ; mais elle ne s'en continua pas moins, d'une manière plus ou moins ouverte, pendant 200 ans, pour se montrer au jour tout à fait à partir du second tiers du xvme siècle, où elle se manifesta d'abord par Francke (V. ce nom) et les piétistes, puis par un grand nombre d'hommes distingués et zélés, au premier rang desquels il faut nommer Schleiermacher (V. ce nom), qui étaient pour la plupart hommes d'église en môme temps qu'hommes d'école. Encore aujourd'hui où d'autres influences sont venues se joindre à celle du protestantisme, l'enseignement primaire garde une couleur religieuse assez prononcée, les écoles sont confessionnelles, et une notable différence en ce qui concerne le développement de l'instruction, peut être constatée entre les pays catholiques et les pays protestants de l'Allemagne.
La seconde cause est le fractionnement en un grand nombre de petits Etats indépendants. Des souverains placés par l'exiguïté de leur territoire plus près de leurs sujets pouvaient mieux voir ce qui manquait à la culture générale ; parmi les nombreuses familles régnantes, il s'en trouvait toujours quelqu'une qui comptait dans son sein un protecteur ou une protectrice de l'instruction populaire c'est ainsi que les école* du Wurtemberg durent une vive impulsion au duc Christophe, celles de la Prusse à Frédéric Ier et à Frédéric II, celles de la Saxe à Frédéric-Auguste Itr. Des Villes libre? donnaient l'exemple par leurs règlements et par le prix qu'elles attachaient à la bonne tenue des écoles. Une sorte d'émulation s'établit et les perfectionnements réalisés sur un point profitaient peu à peu à la nation entière. Les idées nouvelles émises par J.-J. Rousseau dans son Emile trouvaient accueil chez le prince régnant du petit Etat deDcssau ; le gouvernement de Frédéric II encourageait les efforts de Hecker et se prêtait aux perfectionnements suggérés par Rochow. Encore aujourd'hui cette émulation continue : on remarque qu'en général les petits Etats ont l'avance sur les grands. Un tableau publié pour 1875-76 parles soins du bureau statistique de l'Empire allemand classe les conscrits des armées de terre et de mer selon les connaissances qu'ils apportent en arrivant sous les drapeaux. En tète du tableau se trouve le Wurtemberg, où la proportion des conscrits illettrés est de 0,00 pour 100. Viennent ensuite la Saxe, 0,30 ; la Hesse, 0,48, le grand-duché de Bade, 0,82. 1.esder-
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nicrs rangs sont occupés par la Poméranie, 6,75, et la Prusse orientale et occidentale 9,86.
La troisième cause que nous avons signalée est la présence de grandes universités donnant renseignement supérieur. La cohésion qui existe en Allemagne entre les trois degrés de l'enseignement (supérieur, secondaire, primaire) n'a pas peu contribué au développement de l'école : aussi voyonsnous qu'aux époques où les universités sont florissantes (xvie siècle, seconde moitié du xvme siècle, xixe siècle), l'instruction primaire prend une vigueur particulière. Cette influence s'exerce surtout au moyen des séminaires d'instituteurs (l'équivalent de nos écoles normales), dans lesquels viennent enseigner des professeurs sortis des universités et qui ont pour directeurs des hommes considérables par le savoir. De cette façon les progrès réalisés dans les régions supérieures de l'enseignement ne tardent pas à se faire sentir dans la préparation des jeunes maîtres et descendent rapidement jusqu'à l'écolier. Un autre moyen d'action résulte des conférences d'instituteurs régulièrement organisées dans chaque district, et dirigées par des hommes occupant une place éminente dans l'enseignement (Schulrûthe). Les nombreux recueils pédagogiques (journaux, encyclopédies, traités spéciaux) mettent constamment en communication les hommes de science et les maîtres de la jeunesse. Enfin la partie élevée de la société allemande a toujours témoigné à l'école un intérêt qui en a aidé le développement, si bien que le célèbre philologue Jacob Grimm a pu dire que l'Allemagne est le pays des maîtres d'école , comme l'Italie ou l'Espagne celui des moines.
Depuis la création de l'empire allemand des mesures ont été prises pour préparer l'unification de l'Allemagne en ce qui concerne le système scolaire. Une commission scolaire impériale a été instituée en 1871, où la Prusse, la Bavière, la Saxe, le Wurtemberg, Bade doivent être représentés chacun par un délégué. Une conférence a été tenue à Dresde en 1872 pour délibérer sur un certain nombre de réformes : l'une des mesures les plus discutées est celle qui consisterait à enlever aux écoles leur caractère confessionnel pour leur attribuer uniquement le caractère d'écoles laïques régies et surveillées par l'État.
Malgré ces efforts et quelques autres, faits en ces dernières années pour hâter l'unification, il règne encore aujourd'hui entre les divers États une assez grande diversité en ce qui concerne l'administration et les règlements scolaires, le niveau et la nature de l'instruction. Aussi ne saurait-il être question ici de donner un tableau général. Nous renvoyons pour chaque pays aux articles spéciaux, Prusse, Bavière, Saxe, Wurtemberg , etc. Toutefois les traits suivants peuvent être notés : 1° L'enseignement obligatoire établi dans toute l'Allemagne (en Prusse depuis 1736; Saxe, 1764; Bavière, 1«02, etc.). Cette obligation a passé dans les mœurs et ne soulève plus aucune opposition. Elle est sanctionnée par des amendes et même par la prison, prononcées contre les parents et tuteurs. En Prusse, sur 19 millions d'habitants, le nombre total des condamnations monte annuellement à quelques centaines, et le total des amendes à 2000 ou 3000 francs. 2° L'enseignement primaire supérieur établi depuis le commencement du siècle à côté de l'enseignement primaire proprement dit, sous le nom de Bùr g ersc/mlen, Rcalschule?is Geweroeschulen, etc. La limite d'âge inférieure à laquelle î écolier quitte l'école est généralement fixée à 14 ans. 3° L'enseignement des filles partout établi parallèlement à celui des garçons, et à peu près dans les mêmes conditions. « L'Ecriture sainte, dit déjà le Règlement ecclésiastique de Halle (1526), n'appartient pas seulement aux hommes, elle appartient aussi aux femmes, qui atten-
dent comme eux le ciel et la vie éternelle. » Aussi les Règlements du xvie siècle prescrivent-ils la création d'écoles de filles. Si beaucoup de ces écoles se sont fait longtemps attendre, elles existent partout aujourd'hui. Il est peut-être bon de remarquer qu'à l'envers des Etats-Unis qui confient l'éducation des garçons aux femmes, l'Allemagne n'a employé presque partout jusqu'en ces derniers temps que des hommes comme instituteurs et directeurs des écoles de filles. Les écoles normales d'institutrices sont encore des innovations très rares. 4° L'enseignement complémentaire partout organisé d'une façon beaucoup plus méthodique qu'il ne l'a été ailleurs sous la forme de cours d'adultes. [1 est dans la plupart des États facultatif et encouragé seulement par des sociétés, dont une entre autres, le Bildungsverein, a étendu son action sur toute l'Allemagne ; dans quelques autres il est obligatoire jusqu'à l'âge de 14, 16 et même 18 ans, sous peine d'amende soit pour l'apprenti, soit pour le patron. V. Complémentaire (Enseignement) 5° Les règlements sur l'enseignement mis en rapport avec l'édifice administratif et avec les lois militaires. Suivant le nombre des classes qu'elles possèdent, et suivant l'état des études, les écoles obtiennent le droit de délivrer des certificats qui conduisent à certaines places, emplois dans l'administration des postes, des télégraphes, dans l'intendance, ou à certaines prérogatives dans l'armée (volontariat d'un an). Ainsi la persévérance à suivre les cours de l'école et à aller jusqu'au bout des classes trouve un puissant stimulant ; l'autorité des maîtres est singulièrement accrue ; enfin les pères de famille et les communes ont intérêt à mettre et à maintenir les écoles dans un état qui leur procure ces privilèges. La littérature pédagogique est d'une grande richesse. Sans parler d'écrivains plus anciens, comme Wolfgang Ratich (1571-1631)) ou Amos Comenius (1592-1G71), il s'est produit au dix-huitième siècle, sous l'action des idées de Locke et de Rousseau, un mouvement auquel ont pris part les plus grands esprits de l'Allemagne, comme Schiller (surtout dans ses Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme), comme Herder et Jean Paul (son livre sur l'éducation intitulé Levana); les philosophes Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Herbart, ont écrit sur l'enfant, sur la manière dont il naît à la vie intellectuelle et morale, sur le rôle de l'éducation, des pages qui comptent parmi les plus profondes et les plus belles de la littérature pédagogique. D'autres ont joint la pratique à la théorie : il faut citer surtout Basedow, Campe, Pestalozzi (Suisse d'origine, mais dont les écrits sont en allemand), Salzmann, Niemeyer, Frœbel, Diesterweg. Le principe fondamental de ces écrits, lequel, malgré les différences des tendances individuelles, se retrouve dans toute la pédagogique allemande, c'est qu'il faut éveiller et exercer par l'usage toutes les facultés de l'enfant, en réduisant autant que possible le rôle du maître à celui d'un directeur qui pose des questions, redresse les erreurs, guide la réflexion, fait naître les occasions d'apprendre, et au lieu de songer surtout à la répression, s'occupe de provoquer l'activité intellectuelle, morale, physique, et de fortifier la volonté et l'initiât' ve. Ce principe, poursuivi dans ses dernières applications, depuis l'enseignement supérieur jusqu'aux jardins d'enfant, fait que les écrits des hommes d'école [Schulmwmer) allemands sont une mine précieuse de bons préceptes et de modèles à suivre. La pédagogie allemande n'est pas restée toutefois sans reproche : un de ses défauts, c'est ce mélange de ferveur et d'hypocrisie qui a fait prendre une signification douteuse au nom des piétistes. Un autre travers, plus récent, est de dénigrer les nations étrangères et de chercher à produire artificiellement l'orgueil de race.
L'enseignement allemand présente co caractère
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particulier qu'il a eu un rôle dans la politique intérieure et extérieure. En un tomps où l'Allemagne, souffrant do son morcellement, aspirait à l'unité, ces aspirations se sont fait jour d'abord dans les universités et dans les écoles, de sorte que les professeurs et les instituteurs ont préparé les voies aux diplomates et aux généraux de la Prusse. C'est à l'école aussi que le patriotisme germanique a été nourri, depuis 1806, par l'enseignement de l'histoire, de la littérature, par le chant, par les associations de gymnastique, par les fûtes nationales. « Il faut, disait après la défaite d'Iéna le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III, que l'Etat regagne en force intellectuelle ce qu'il a perdu en force physique. A cet effet, je veux qu'on fasse tout pour étendre et perfectionner l'enseignementdupeuple. » — Do son côté, le ministre Stein écrivait : « Nous sommes partis de l'idée qu'il fallait inspirer à la nation entière un esprit de moralité, de religion, de patriotisme. » C'est dans ces espérances que le ministre Altenstein envoie une série de maîtres distingués àPestalozzi, pour qu'ils s'approprient sa méthode et la rapportent aux écoles allemandes. Fichtc réclamait comme un droit pour l'Etat l'éducation de tous les enfants. Ces idées ont porté leurs fruits. Il n'est pas douteux que la pédagogie, se faisant en quelque sorte l'auxiliaire et la préparatrice de la discipline militaire, est parvenue sur certains points à modifier le caractère de la nation. Les événements accomplis depuis 1866 et depuis 1870 n'ont fait qu'accroître l'importance de son rôle. L'Etat, voyant dans l'école un moyen de gouvernement et de propagande, s'exagérant peut-être la vérité de l'adage : « Qui tient l'école, tient l'avenir, » s'en est rendu exclusivement le maître, et s'en est fait un allie dans la lutte contre le clergé catholique, un instrument d'assimilation pour ses récentes conquêtes. Une loi votée par les Chambres prussiennes le 11 mars 1872 déclare que l'Etat a l'inspection de tous les établissements d'instruction, non-seulement publics, mais privés. L'influence laissée jusque-là au clergé a été restreinte. Les conférences d'instituteurs ont été employées à la discussion de sujets d'actualité. Dans les pays récemment annexés (Schleswig-Holstein, Alsace-Lorraine), l'intention de germaniser les populations au moyen de l'école a été hautement annoncée. L'Etat intervenant dans la rédaction des programmes, des préoccupations politiques ont pris place dans l'enseignement de la langue, de l'histoire, du chant, dans le choix des livres de lecture courante, dans la célébration des fêtes scolaires. L'avenir peut seul nous dire ce que produira cette nouvelle période où sont entrées l'école et la pédagogie allemandes.
Sur l'état de l'enseignement en Allemagne, on peut consulter : les célèbres rapports de M. Cousin (ÏS32), le rapport de M. Baudouin (1865) ; Frédéric Monnier, l'Instruction populaire en Allemagne, en Suisse et dans les pays Scandinaves (1866) ; de Laveleye, V Instruction du peuple (1872). Les ouvrages allemands abondent : V. surtout Heppe, Geschichte des deutschen Volksschidwesens ; Kehr, Geschichte der Methodik des deutschen Volksschulunterrichts. Stoy, Encyclopédie der Pûdaqogik ; K. A. Sehmid, Encycloplxiie des gesammten Erziehungs- und Unterrichtsv)esens (io volumes).
[Michel Bréal.]
ALLIANCE ISRAÉLITE UNIVERSELLE (OEuvre des écoles de 1'). — Dans le courant de l'année 1800, six israélites de Paris, un rabbin, deux professeurs, un avocat, un ingénieur et un négociant, frappés de l'état d'isolement dans lequel vivaient les israélites du monde entier, de la force des préjugés dont ils étaient encore victimes dans certains pays, de l'ignorance à laquelle ils semblaient condamnés en Orient, du peu d'influence dont jouissaient pour le bien commun ceux qui, plus favorisés, habitaient des pays libres, résolurent de jeter les
bases d'une association sans caractère politique, sans préoccupation religieuse exclusive, uniquement destinée à réunir dans un intérêt de progrès général et de protection mutuelle leurs corclig'onnaires dispersés sur tous les points du globe. Le plan de l'Alliance Israélite universelle fut élaboré : les statuts furent rédigés; la société était appelée à devenir « un foyer de progrès moral, de solidarité, de protection pour ceux qui souffrent à cause de leur qualité d'israélites ». L'émancipation était le but poursuivi; l'instruction, le moyen employé. Un chaleureux appel, traduit dans toutes les langues, fut adressé à tous les israélites notables; les adhérents répondirent avec empressement; un comité central fut constitué à Paris, des comités locaux ou régionaux dans les autres pays où la population juive est nombreuse. Au bout de quelques années, les membres de l'Alliance se comptèrent par milliers ; et les gouvernements prêtèrent à l'œuvre naissante un appui sympathique. Nous n'avons à exposer ici que le rôle de l'Alliance Israélite en matière d'instruction. Les premières écoles de X Alliance furent fondées au Maroc, à Tanger et à Tétuan. En 1865, un nouvel appel recruta des souscripteurs pour l'œuvre spéciale des écoles. « Des écoles! disait le comité de l'Alliance Israélite; d'un bout du monde à l'autre, c'est le cri de l'époque. L'homme mûr ne se prête plus aux enseignements nouveaux ; le vieillard les redoute ; le fanatique les repousse ; l'enfant est une terre bénie, prête à. recevoir la bonne semence; l'enfant sera le salut de ces peuples déshérités ! »
Les commencements furent pénibles ; il fallait vaincre les préjugés des israélites de l'Orient et du Maroc, louer, à distance, des locaux, trouver des maîtres disposés à s'expatrier, envoyer de Paris le matériel et les livres, intéresser à l'œuvre les riches indigènes, les autorités locales, les représentants des gouvernements européens. On pourvut à tout comme on put, grâce à l'activité du comité central, présidé par M. Adolphe Crémieux, qui avait succédé au savant M. Munk. Les libéralités du baron de Hirsch, banquier israélite de Constantinople, qui fît don d'un million à l'œuvre, permirent de lui donner une extension plus grande, et les écoles se multiplièrent dans les centres israélites, voués jusqu'alors à l'ignorance et à la dégradation.
La difficulté principale était de trouver des maîtres sachant le français et se faisant comprendre de ces populations arabes, turques, espagnoles, si peu préparées à recevoir l'instruction primaire. On décida de faire venir à Paris, dans une école préparatoire fondée par l'Allimice, quelques-uns des meilleurs élèves des écoles déjà créées, et d'en faire les instituteurs futurs des nouvelles écoles : c'était garantir le recrutement du personnel dans les conditions les plus avantageuses ; on forma de la même façon des institutrices, venues de l'Orient et de l'Afrique, et placées à Paris dans une institution spéciale, pour s'y préparer aux examens de la Ville, comme les garçons.
Voici quelles étaient en 1877 les écoles créées et entretenues par l'Alliance israélite universelle, avec le concours des notables indigènes et sous la protection des autorités consulaires et autres. La gratuité en est le principe ; mais les frais considérables qu'imposent ces écoles ont fait admettre la rétribution scolaire partout où une portion de la population était en état de la payer. L'école préparatoire est toute gratuite. Dans les autres écoles, le comité central pourvoit à, la plus grande partie des dépenses, loue ou fait construire les maisons d'école, nomme les maîtres, achète les livres, reçoit des rapports détaillés, fait procéder à des inspections, etc. Outre les directeurs, qui sont professeurs de français, d'histoire, de géographie et de sciences élémentaires, il y a des maîtres d'hébreu, ordinai-
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renient des rabbins, puis des professeurs de turc, d'arabe, d'anglais, d'espagnol, selon les localités; dans les écoles de filles, des maîtresses de couture.
Ecoles préparatoires de Paris. — 1° Ecole de garçons. Personnel, un directeur, professeur de français, deux prof, d'hébreu, huit prof, (littérature, mathématiques, physique et histoire naturelle, histoire et géographie, pédagogie, dessin, chant, gymnastique); dépenses : environ 36 000 fr. par an. Nombre actuel des élèves, Î4, dont 4 de Bagdad, 2 de Choumla, 3 de Constantinople, 4 de Smyrne, 2 de Bourtelouk, 2 de Salonique, 2 de Samakofif, 1 de Jérusalem, 1 de Tanger, 1 de Tétuan, l de Volo. On y reste de trois à quatre ans. — 2° Ecole de filles. La fondation BischofTsheim, de Paris, reçoit les jeunes filles de l'Alliance, moyennant une pension de GoO francs par an. Il y en a 10, venues de divers points du Maroc et de la Turquie. Les élèves ne sont chargées de diriger des écoles qu'après avoir obtenu le brevet de capacité.
Ecole agricole de Jaffa. Elle est destinée à enseigner l'agriculture aux jeunes israélites de la Palestine ; elle est dirigée par un ancien élève de l'école préparatoire, secondé par plusieurs professeurs et par un jardinier en chef. Les élèves sont au nombre de 40, dont plusieurs orphelins. L'établissement coûte 40000 à 50 000 francs par an.
Ecoles primaires. — En voici le relevé par ordre alphabétique, avec le nombre moyen des élèves, la proportion des gratuits et la date de la fondation :
Alep. — École de garçons (1869), 50 élèves dont 30 gratuits. Andrinople. — Éc. de garçons (1847), 111 èl., 47 gr. — Éc. de.
filles (1875;, 100 él., 40 gr.
Bagdad. — Ec de garçons (1865), 290 él-, 120 gr. Choumla. — Éc. de garçons (1867), 160 él., 93 gr. — Ec. de
filles (1874), 60 él. 30 gr.
Constantinople (1875). — Ec. de garçons de Balata : 124 él.,
64 gr. — Deux éc. de garçons de Daghamami : 170 él. —
Ec. de garçons de Galata : 80 él., 50 gr. — Éc. de garçons,
de Haskeuî, subventionnée, 80 él. — Éc. de filles deffas-
keuï : 80 él., 40 gr.
Larache. — Éc. de garçons (1863), 75 él. gr. — Cours pour
les jeunes filles.
Mogador. — Éc. de garçons (1875), 105 él., 81 gr. — Ec. de
filles, en formation.
Roustchouk. — Éc. de garçons (1873), 209 él., 75 gr. — Ec. de
filles (1874), 60 él., 20 gr.
Salonique. — Éc. de garçons (1873), 230 él., 52 gr. — Ec. de
de filles (1874), 164 él., 55 gr.
SamakolT. — Éc. de garçons (1873), 110 él. gr. Smyrne. — Éc. de garçons (1873), 137 él., 55 gr. Tanger. — Éc. de garçons (1864), 285 él., 150 gr. — Ec. de
filles (1866), 116 él., 47 gr.
Tétuan. — Éc. de garçons (1862). 365 él. gr. — Ec. de filles
(1866), 125 él. gr.
Volo. — Éc. mixte (1865), 60 él., 36 gr. parmi lesquels des
grecs et des catholiques romains.
Widdin. — Éc. de garçons (1872), 170 él., 158 gr. — Cours de
jeunes filles, 14 él., 10 gr.
En outre, le comité de Y Alliance subventionne, à Bagdad, à Samakoff, à Tanger et à Tétuan un certain nombre d'anciens élèves mis en apprentissage, chez des patrons locaux, surveillés par un comité spécial; il y a 20 élèves par ville; cette mesure sera étendue à toutes les écoles.
Ainsi, les écoles de ï Alliance israélite universelle instruisent actuellement environ 3400 jeunes israélites des deux sexes, les initient aux langues, aux connaissances et à la civilisation de l'Occident, les mettent en mesure de gagner leur vie, d'entrer môme dans les carrières libérales. Par U se transformeront insensiblement des populations très intelligentes, mais jusqu'ici ignorantes et misérables, victimes toutes préparées pour la persécution, et qui, chaque jour, s'émancipent par le savoir et le travail, en attendant que l'émancipation civile et politique leur soit définitivement assurée. Cette grande œuvre fait honneur au judaïsme contemporain ; l'esprit en est essentiellement libéral ; les résultats, en 15 ans, ont dépassé toutes les espé-
rances des fondateurs. C'est une force civilisatrice de premier ordre. [Eugène Manuel.]
ALLIER (Département de 1'). — Superficie, 730 830 hectares; pop., 405 743 hab.; 4 arrond. ; 28 cantons ; 317 communes.
Population d'âge scolaire. — D'après le recensement de 1876, l'Allier compte 56 282 enfants de 6 à 13 ans (28 892 garçons, 27 396 filles), il en comptait 54 115 en 1872 (27 924 g.; 26 191 f.).
1. Historique de l'instruction primaire. — Avant 1789. — L'ancien Bourbonnais faisait partie des diocèses d'Autun, de Bourges et de Clermont, diocèses qui n'ont jamais été considérés comme les plus arriérés de l'ancienne France. L'école d'Autun, dont on fait remonter l'origine au Ier siècle de l'ère chrétienne, fut de tout temps un des principaux centres d'instruction. Celle de Bourges, qui devint université, et celle de Clermont, classées parmi les plus florissantes des écoles épiscopales du vie au vme siècle (Guizot, Uist. de la civilis., ive et xvie leçons), celles de Cluny, de Menât, d'Issoire, de Thiers, tinrent aussi un rang honorable parmi les écoles monastiques (Hist. littér. de la FrajiC').
Il serait donc singulier que le Bourbonnais fût resté étranger aux progrès de tous les diocèses dont il relevait. Dès le xvie siècle, il possède un collège important, celui de Moulins (Cf. Histoire du collège de Moulins, par E. Bouchard), et d'autres petits collèges à Montluçon, à Gannat, à Cusset (Rolland et l'abbé Terray, Comptes rendus au parlement en 17o'2). Ces établissements secondaires n'auraient pu se recruter s'il n'y avait pas eu dans le pays des écoles inférieures. Les prescriptions si précises des Ordonnances synodales du diocèse d'Autun (V. Bourgogne), celles du Rituel de Bourges (V. Berry), concordent avec les résultats péremptoires des savantes recherches de M. A. de Charmasse sur Y état de l'instruction primaire dans l'ancien diocèse d'A utun aux X VIIe et X VI If6 siècles.
Bien que la plupart des paroisses auxquelles se rapportent les procès-verbaux de visite des archidiacres publiés par M. de Charmasse, soient en dehors du Bourbonnais, rien ne permet de supposer que cette partie du diocèse fût dépourvue de tous les moyens d'instruction dont jouissaient les paroisses environnantes. Au contraire, les quelques localités sur lesquelles on a trouvé des documents possèdent des écoles : à Diou, en 1 669, « il y a un maistre d'école qui enseigne à lire, à écrire, l'arithmétique et les principes de la langue latine; il a 14 ou 15 écoliers de l'un et l'autre sexe qui sont ensemble, n'y estant qu'une classe ; » à Saligny, en 1693, « petite école tenue par le sieur curé; » à Moulins, en 1737, la paroisse de Saint-Pierre a 6 maîtres et 12 maîtresses d'école; celle de la Madeleine 1 maître et 1 maîtresse (A. de Charmasse, p. 90-100). On trouve encore dans ce mémoire des détails très intéressants sur la fondation des écoles charitables à Moulins par l'abbé Aubery, qui y établit, en 1862, les frères des écoles chrétiennes pour les garçons, et les Filles de la Croix pour les Allés.
M. Bouchard (Hist. du coll. de Moulins, p. 7-13) a prouvé par des extraits des registres de la ville, aux dates de 1424, 1445, 1516, 1529, 1534, etc., qu'il existait dès ces époques des écoles importantes à Moulins; il trouve de même un redor scholarum à Jaligny au xine siècle, etc. Ces localités n'étaient certainement pas les seules en possession d'écoles et de maîtres : Ebreuil, Cusset, Saint-Pourçain, Sauvigny, etc., qui possédaient depuis longtemps des monastères, plusieurs autres qui avaient des collégiales, devaient, comme dans toutes les autres parties de la France, entretenir un certain nombre d'écoles élémentaires. D'un autre côté, il était pourvu t\ l'éducation des filles par les Dames de la Visitation, établies à Moulins en 1617: Dar les Ursulines. établies à Moulins en
ALLIER
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1620, et à Montluçon en 1045. En résumé, il y avait des écoles déjà nombreuses et en voie d'accroissement dans le Bourbonnais quand éclata la Révolution française.
Depuis 1789. — Pour la période qui s'étend de la Révolution à la loi de 1833, les documents sont très-insuffisants. Le Tableau de situation du département, publié en 1802 dans la Statistique des préfets*, m consacre pas môme un paragraphe aux écoles. Ce silence en matière d'instruction confirme peut-être indirectement ce que dit le préfet à plusieurs reprises sur « le peu d'aptitude, l'insouciance pour toutes nouvelles entreprises, l'inertie et l'apathie qui constituent essentiellement le caractère de l'habitant ».
h'Almanach de l'Université en 1813 n'attribue au département que 71 écoles primaires ; un des premiers préfets de la Restauration n'y connaît que 50 instituteurs.
Depuis 1833 l'instruction primaire dans l'Allier fait des progrès continus, mais trop lents pour que le département se rapproche beaucoup de la moyenne. A toutes les époques nous le trouvons parmi les derniers, comme on pourra le voir dans chacun des paragraphes suivants et par le tableau d'ensemble que nous tirons des diverses statistiques officielles depuis 1829 :
Commune»
École*. Elèves. pourvues, dépourvues. Total.
18iO 256 10,429 182 141 323
[A. Fayet.] 2. État actuel de l'instruction primaire. — Le département de l'Allier est arrivé à pourvoir d'écoles toutes ses -communes, sauf 3 ; mais il n'a pas encore assez d'écoles de hameau.
Sur ses 317 communes, 288 sont propriétaires de leurs maisons d'école ; elles en possèdent ensemble 328. On n'en comptait que 28 en 1833.
Nombre d'établissements scolaires. — Le nombre des écoles primaires communales était de 90 en 1833, de 142 en 1840, d'environ 230 en 1850, de 264 en 1867, de 427 en 1812, de 481 en 1877.
Le nombre des écoles libres, qui était de 66 en 1833, de 135 en 1867, était de 141 en 1877.
Le département possède, en outre, 22 salles d'asile, qui comptaient 3347 élèves en 1875 et 3629 en
Population scolaire. — Le rapport de l'inspecteur d'académie pour 1877 comptait 38 419 enfants dans les écoles publiques, 14 146 dans les écoles libres ; total : 52 565 enfants inscrits à l'école, soit près de 16 enfants sur KiO habitants.
Il n'y en avait que 10 429 en 1840 sur 309 260 habitants, soit un peu plus de 3 élèves sur 100 habitants. Il y en avait 15 000 environ en 1850; la population scolaire a donc plus que triplé en 15 ans, tandis que le nombre des écoles n'a pas tout à fait ioublé (de 320 écoles à 612).
Personnel enseignant. — Le nombre des instituteurs publics était en 1876 de 291 laïques et 11 congréganistes ; celui des institutrices, de 77 laïques et 102 congréganistes (dont 23 brevetées). Nous voilà bien loin de la statistique du conseil général de 1843, qui ne comptait dans le département que 19 institutrices, « la plupart religieuses des hospices, plus recommandables par leur dévouement que par leur capacité. »
Le traitement moyen des instituteurs titulaires variait en 1875 de 1196 (arrond. de La Palisse) à
1405 (Montluçon) ; celui des institutrices de 670 (Moulins; à 890 (Gannat), d'après M. J. Laurent (Annuaire de l'instruction publique dans l'Allier, 1876). Aujourd'hui, d'après les chiffre., que veut bien nous communiquer M. l'inspecteur d'académie, les traitements moyens varient de 1146 fr. 59 (La Palisse) à 1423 fr. 76 (Montluçon) pour les instituteurs; de 876 fr. 88 (Montluçon) à 955 fr. 00 (Moulins) pour les institutrices.
Maisons d'école et matériel scolaire. — Ce département est un de ceux où il reste le plus à faire pour donner aux écoles une installation convenable. Un des derniers inspecteurs d'académie a fait à cet égard une enquête dont les résultats, communiqués au conseil général, étaient qualifiés de « lamentables ». Il n'est pas rare, disait-il encore un an après cette enquête, « de rencontrer dans des salles, dans des granges, dans de vieilles chapelles abandonnées, d'une superficie de 30 à 40 mètres carrés, cent et jusqu'à cent vingt-cinq enfants entassés. » Il est juste de dire que c'est précisément l'accroissement rapide de la population scolaire en ces dernières années qui est en partis cause de cette insuffisance des locaux.
Le conseil général se préoccupe avec une sollicitude constante d'améliorer cette situation ; il inscrit à son budget des sommes considérables (30 000 fr. en 1875, 44 000 fr. en 1876, 48 000 fr. en 1877), pour constructions et réparations d'écoles. De 1872 à 1877, il a voté 247 032 fr. 43.
Ecoles normales. — Fondée en 1833, l'école normale d'instituteurs n'a fourni, en moyenne, qu'une douzaine d'instituteurs par an jusqu'en 1873. Elle compte depuis lors 14 élèves-maîtres.
Pour la préparation des institutrices, l'Allier n'eut de 1844 à 1873 que le cours normal fait par les dames Augustines, qui rendit pendant cette période les plus grands services : le département y entretenait 6 boursières ; l'Etat y entretient actuellement 20 bourses, distribuées sans concours à des religieuses du Tiers Ordre par la supérieure de la maison. L'école normale laïque d'institutrices , créée en 1873, eut des débuts assez pénibles. Elle compte 21 boursières du département; le conseil général se propose d'en augmenter le nombre.
Mode d'enseignement. — Sauf les villes, où l'on a pu composer plusieurs classes d'enfants ayant le même degré d'instruction et donner avec succès l'enseignement simultané, le mode d'enseignement suivi dans les écoles de l'Allier est le modo mixte, c'est-à-dire que l'instituteur, pendant qu'il donne une leçon à une division, se fait remplacer dans les autres par des moniteurs. Encore cetto manière de procéder est-elle entravée par le manque d'installation convenable : les tables, les tableaux noirs, les cartes, les livres, font trop souvent défaut , même dans des écoles de plus de 100 élèves. Il en résulte que maîtres et maîtresses sont obligés de revenir au mode individuel, notamment pour la lecture, au grand détriment de l'école. Dans le seul arrondissement de La Palisse, sur environ 6000 élèves, il y en a 1700 au moins qui attendent un an et souvent plus, qu'une place devienne vacante aux tables ; alors seulement commence le mode mixte ou plutôt l'école pour ces pauvres enfants. Il serait aussi puéril qu'inceste de rendre les instituteurs responsables de cetkj «ituation ; il faut plutôt s'étonner qu'ils en tirent, somme toute, d'aussi bons résultats. (Rapport de l'inspecteur d'académie 1876.)
Gymnastique. — Les exercices du corps seraient doublement nécessaires dans ces écoles où les enfants ne trouvent pas les conditions hygiéniques désirables. Aussi l'administration a-t-efle cherché à développer l'enseignement élémentaire de la gymnastique ; mais ni les communes ni les instituteurs, sauf de rares et méritoires exceptions, ne semblent répondre jusqu'ici à cet appel.
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