CORRESPONDANCE
et environ quatre cents étudiants. Cornell voulut que l'enseignement y eût un caractère d'utilité pratique ; qu'aux professeurs ordinaires fussent adjoints des conférenciers apportant des idées nouvelles ; enfin, que les cours pussent être suivis par ceux qui, déjà pourvus d'un emploi dans l'industrie et l'agriculture, désireraient étendre ou fortifier leur instruction. En 1872, les jeunes filles furent admises à suivre les cours de l'Université à partir de l'âge de dix-huit ans, aux mêmes conditions que les jeunes gens. Un bâtiment spécial a été consacré à leur habitation : il est dû aux libéralités de M. H. Sage de Brooklyn, et peut recevoir 100 jeunes personnes. Ezra Cornell mourut le 9 décembre 1874. On n'évalue pas à moins d'un million de dollars le montant total des sommes qu'il a consacrées à la fondation et au développement de l'Université d'Ithaca.
L'Université Cornell est placée dans un des plus beaux sites du Nouveau-Monde, à l'extrémité sud du lac Cayuga. Le voisinage des mines d'anthracite de la Pensylvanie et la fertilité du sol de la région y permettent un enseignement pratique approfondi de l'industrie et à l'agriculture. Les terres provenant de la fondation d Ezra Cornell, ajoutées à celles concédées par le gouvernement de l'Union, forment un domaine de 990 000 acres (415 800 hectares), et les bâtiments ont une valeur de 700 000 dollars (3 500 000 francs) .
L'Etat de New- York y a fondé des bourses en nombre égal à celui des assemblées de district, soit 128 par année, et, comme les études ordinaires embrassent quatre années, 512 étudiants sont ainsi instruits gratuitement. Ces bourses sont données à la suite d'un concours entre les élèves des deux sexes des diverses écoles publiques et privées de l'Etat de New- York. La gratuité existe encore pour tous ceux qui se consacrent à l'agriculture, et pour ceux qui, après avoir été gradués, continuent leurs études pendant deux années. Les autres étudiants paient une rétribution scolaire de 20 dollars par terme ou de 60 dollars par an.
Ce qui caractérise l'Université Cornell et la distingue des autres établissements d'instruction des Etats-Unis, peut être résumé ainsi: 1° aux professeurs ordinaires ou résidents de l'université sont adjoints des conférenciers qui viennent faire des lectures ou conférences sur les matières où ils ont acquis un renom spécial ; 2° il est laissé aux étudiants la plus grande liberté dans le choix des cours; 3° on recherche surtout dans l'enseignement les applications pratiques; 4° il n'est pas donné de place ou de rang de mérite aux étudiants ; 5° un certain nombre d'étudiants peuvent tout ensemble achever leurs études générales et professionnelles, et gagner par leur travail manuel dans les ateliers mêmes de l'établissement tout ou partie de leur entretien ; 6° l'institution est ouverte à tous les cultes (non sectarian character).
L'Université comprend deux grandes divisions : l° La division des cours généraux dans la littérature, les sciences et la philosophie; elle conduit aux diplômes de bacheliers es arts, es sciences, ou en philosophie : c'est l'équivalent des classes supérieures des lettres et des sciences dans nos lycées français.
2° La division des cours spéciaux, qui a surtout en vue les applications pratiques de l'industrie, et où Ton enseigne les matières suivantes :
1° Agriculture, 2° Architecture, 3° Physique et chimie, 4° Génie civil, 5° Histoire et économie politique, 6° Langues anciennes de l'orient et langues vivantes, 7° Mathématiques et astronomie, 8° Arts mécaniques, 9° Génie militaire, 10° Histoire naturelle et paléontologie, 11° Philosophie et littérature anglaise.
Le programme des cours est très large et se prête à toutes les innovations reconnues utiles.
En 1875-76, le personnel enseignant comprenait 23 professeurs résidents et 8 non résidents, 12 professeurs auxiliaires et 10 répétiteurs. Depuis l'ouverture de l'Université, M. Andrew D. White en est le président.
La bibliothèque comprend près de 50,000 volumes, et les collections pour les sciences et les arts y sont très riches. [B. Berger.]
CORNE VIN (Jean). — Né à Meaulin (Haute-Marne) te 17 avril 1808, mort le 3 août 1855. 11 n'avait que 21 ans lorsqu'il fut appelé à la direction de l'école Cochin dans l'ancien douzième arrondissement de Paris. Animé du feu sacré de l'enseignement, cet instituteur donna une énergique impulsion à l'établissement qui lui était confié ; sous son habile direction, l'école compta bientôt plus de 400 élèves dans les différentes divisions de la classe du jour, et plus de 300 dans la classe d'adultes. Toujours à la recherche des moyens d'améliorer son école, Cornevin porta dans son enseignement des perfectionnements qui ont profité à l'instruction primaire en général. Il fut notamment l'un des premiers à peindre sur les murs- des classes des cartes géographiques de grande dimension, des tableaux du système métrique et autres, qui rendent les leçon s plus faciles et se conservent mieux que sur toile ou sur papier. L'un des premiers aussi, il sépara les élèves les plus âgés des plus jeunes en créant une classe monitoriale, destinée à former spécialement des aides pouvant remplir les fonctions de moniteurs. Il fit de son école une espèce d'école normale où se sont formés un grand nombre d'instituteurs et de maîtres-adjoints, et, pour relier entre eux les élèves qui avaient fréquenté son éta blissement au moins pendant trois ans, il fonda une association de famille ou société de secours mutuels. Cornevin fut récompensé de ses services par la médaille d'argent, par le titre d'officier d'académie en 1847, et par celui d'officier de l'instruction publique en 1853. On doit à Cornevin une méthode d'écriture presque oubliée aujourd'hui. [A. Demkès.]
CORPORATIONS ENSEIGNANTES. — V. Congrégations religieuses. V. aussi Bénédictiîi», Doctrine chrétienne {Pères de la), Jésuites, Oratoire, etc.
CORRECTIONS MANUELLES. — V. Punitions.
CORRESPONDANCE ADMINISTRATIVE. — V. Franchise postale.
CORRESPONDANCE SCOLAIRE. — Exercer les enfants à s'exprimer correctement par écrit, à échanger leurs idées, tel est le but que poursuivent les instituteurs qui ont organisé ce qu'on appelle la Correspondance scolaire.
Certains instituteurs, les uns spontanément, les autres déférant aux conseils de l'inspection, ont imaginé, de concert avec quelques-uns de leurs collègues d'autres communes, d'organiser entre les élèves de leurs écoles respectives un échange de lettres dont le sujet est fourni par les petits faits de la vie scolaire, ou suggéré par les maîtres ; les lettres reçues d'une école sont lues à haute voix dans une autre, commentées sous la direction de l'instituteur, corrigées, s'il y a lieu; et le talent du maître est de provoquer, sans l'indiquer, la correctiCJa à faire. Le soin de répondre est confié ou bien à un élève choisi par l'instituteur, ou bien à la collaboration d'un groupe, mode qui semble préférable, puisqu'il associe plusieurs enfants à un travail qu'ils font avec goût et où l'émulation est active.
Pour que la correspondance scolaire produise ses meilleurs effets, il importe que le maître se fasse une loi stricte de ne pas aider ses élèves, de ne pas corriger les lettres des correspondants ; l'esprit critique, si difficile à éveiller et à développer chez nos enfants des écoles rurales, et qu'il est si nécessaire d'éclairer et de rectifier chez nos en-