AMENDEMENT
ALSACIENNE (École). Ce nom est porté par une école fondée à Pans en 1872 et qui a sa place marquée dans ce Dictionnaire comme l'une des premières tentatives pour rattacher plus étroitement l'instruction primaire à l'enseignement secondaire. Créée par l'initiative ds quelques pères de famille, l'École alsacienne se composa d'abord d'une seule classe, comprenant une douzaine d'enfants de sept à neuf ans. L'enseignement était donné par M. Braunig, instituteur qui avait été remarqué pour ses aptitudes pédagogiques par les deux premiers fondateurs, MM. Friedel et de Clermont. En 1874, une division latine fut jointe à la division élémentaire, et la direction de l'ensemble fut confiée à M. Rieder, agrégé de l'Université, ancien professeur aux lycées de Strasbourg et de Nancy, tandis que M. Braunig devint le chef de la division élémentaire. En même temps une société par actions fut établie pour subvenir aux frais d'installation. Aujourd'hui l'École alsacienne, placée dans deux maisons (rue d'Assas, 92 et 86), comprend quatre classes dans la division inférieure, et six classes dans la division latine. Il n'y a pas d'internat, mais un certain nombre d'élèves sont reçus dans les familles des professeurs. Un conseil d'administration gère les intérêts matériels et un comité d'études surveille l'enseignement.
L'École alsacienne se propose de donner pour base à l'enseignement secondaire un enseignement primaire largement développé. Le calcul mental, la géographie locale, l'histoire de France, les leçons de choses, les éléments des sciences naturelles, le chant, ont leur place à côté des autres matières enseignées dans les classes correspondantes des lycées. Dans la division supérieure, le latin et le grec, commencés vers l'âge de onze ou douze ans, sont répartis sur un moins grand nombre d'années qu'au collège ; ils doivent toutefois être conduits aussi loin. « Nos élèves, dit le programme de 1877-78, seront peut-être moins brillants, mais ils seront plus égaux entre eux, et ils auront, dans les sciences, la pratique du calcul et un certain esprit de curiosité et d'observation, dans les lettres, l'habitude de lire les auteurs et d'y chercher non pas seulement des mots, mais des faits et des idées. »
Par certains côtés, l'École alsacienne se rapproche de Y école Monge*, mais elle en diffère par son cadre plus restreint, par l'absence d'internat et par des innovations moins profondes dans l'enseignement. [Michel Bréal.]
ALTERNATIF (Système). — Système qui consiste à recevoir alternativement en classe le matin la moitié des élèves, le soir l'autre moitié.
Il s'applique surtout dans certaines villes d'Angleterre, d'Ecosse et des Etats-Unis, soit pour les très jeunes enfants, soit pour les apprentis, soit à titre provisoire quand les locaux scolaires sont insuffisants. — V. Demi-temps.
ALUMNEUM ou alumnot. — Ce mot (dérivé du latin alumnus) est employé en Allemagne et dans quelques parties des Etats-Unis pour désigner les établissements d'éducation dans lesquels les élèves, outre l'instruction, reçoivent la nourriture et le logement. Il se dit surtout des gymnases, de certains établissements d'instruction secondaire et de quelques séminaires ou écoles normales. — V. Internat.
AMBULATOIRES (Écoles). — Cett^ institution existe en Norvège et en Danemark. La loi norvégienne du 16 mai 1860 sur l'enseignement du peuple à la campagne explique le caractère de ces écoles en disant que « dans les localités où les habitations sont trop disséminées, ou lorsque la direction du diocèse, sur les représentations de la commission scolaire, juge que d'autres considérations s'opposent à l'établissement de l'école dans une maison spéciale, l'école pourra être ambula-
toire, h condition toutefois qu'il sera consciencieusement veillé au choix du local. » L'instituteur se transporte successivement sur différents points du cercle scolaire, où il réunit les élèves par groupes durant un certain nombre de semaines. En Danemark, dans les landes et les bruyères où la population est très disséminée, un instituteur ambulant (Omgangs/ tirer) dessert deux ou trois districts, dans un ordre déterminé, et reçoit successivement des habitants le logement, la pension et un local pour ses leçons.
En Prusse, l'école ambulatoire (Wanderschule) existe aussi; mais elle n'est pas comprise au nombre des institutions scolaires normales, et le gouvernement cherche à la remplacer partout par des écoles stables.
En Hongrie, la loi du 5 décembre 1868 stipule que les communes sont tenues de pourvoir à l'instruction des enfants de la campagne, soit en érigeant des écoles rurales, soit à l'aide d'instituteurs ambulants.
En Espagne aussi, dans certains districts où les chemins sont impraticables en hiver pour les enfants, un jeune instituteur se rend de ferme en ferme pendant la mauvaise saison ; on improvise une école dans la chambre la plus spacieuse, et on y réunit les enfants des environs durant quelques semaines. Le maître est logé et nourri dans la maison où se tient l'école, et reçoit une gratification proportionnelle au nombre de leçons qu'il a données.
En France, l'école ambulatoire n'existe plus même dans les pays de montagne; elle subsiste en Corse dans certaines communes où l'apparition de la malaria amène chaque année une émigration du 1er au 15 juin; l'école suit le village.
Il ne faut pas confondre les écoles ambulatoires avec les écoles temporaires *.
AMENDE (L. 1850). — Tout chef d'établissement primaire ou secondaire qui refusera de se soumettre à la surveillance de l'État, ou qui aura ouvert un établissement sans se soumettre aux prescriptions de la loi de 1850, sera traduit devant le tribunal correctionnel de l'arrondissement, et condamné à une amende de 50 fr. à 1000 fr. (L. 15 mars 1850, art. 22, 29 et 66). En cas de récidive, l'amende sera de 500 fr. ou de 1000 fr. à 3000 fr. Les poursuites pour le recouvrement de ces amendes sont faites, au nom du procureur de la république, par le directeur de l'enregistrement et des domaines. Les condamnés peuvent être contraints dans leurs biens et leurs personnes (Code pén,, art. 52, Code civ., art. 2092). La loi du 22 juillet 1867 a maintenu la contrainte par corps pour le payement des amendes.
[E. de Resbecq.]
AMENDEMENT. — On appelle ainsi, en économie sociale, le but que poursuit la réforme pénitentiaire dans son application aux détenus ; nous le considérerons ici exclusivement en ce qui concerne l'amélioration des jeunes délinquants.
La pédagogie, qui comprend l'instruction et l'éducation de l'enfant, ou en d'autres termes l'instruction éducative, ne s'est guère occupée jusqu'ici que de l'éducation qui est à faire chez l'enfant en général et non de celle qui est à refaire chez l'enfant tombé dans le délit ou dans le crime.
Cette éducation régénératrice est un nouvel horizon ouvert à la pédagogie. C'est un grand problème qui demande à notre temps sa solution, théorique et pratique. Il est d'autant plus difficile qu'il est plus complexe : il ne s'agit pas seulement d'élever ou de relever l'enfant qui a failli, mais de le priver de la liberté dont il a fait un coupable abus, de le détenir en un mot ; et le but est ainsi Y amendement des jeunes détenus, qui constitue la meilleure espérance de la réforme pénitentiaire.
Or par quelle voie le poursuivre et l'atteindre? C'est ce que nous étudierons dans les articles