IMPARTIE
Bibliothèques scolaires. — En 1863, le département possédait 82 bibliothèques scolaires avec 10 8G2 volumes; en 1877-76, il en possédait 129 avec 13 60 1 volumes.
Bulletin scolaire départemental. — Le bulletin départemental a été créé en 1868. Il reçoit du Conseil général une subvention annuelle de 350 francs.
COTES-DU-NORD
COTES-DU-NORD
Société de secours mutuels. — Une société de secours mutuels pour le personnel enseignant primaire a été fondée en 1868. Elle a distribué, depuis sa fondation jusqu'en 1878 inclusivement, en secours de toute nature, une somme de 17 273 francs.
Nombre des conscrits, sachant au moins lire, de 1827 à 1877 inclusivement.
Pour 100 du déJSfment
De 1827 à 1820 22,9 77°
Proportion des conjoints qui ont signé leur acte de mariage, de 1854 à 1877 inclusivement.
Dates 1854-1855..
Hommes 31,5 39,5 40,7 47,2 49,5 55,7
Femmes 21 »
Hommes et femmes 26,2 33,4 33,3 41,2 46 »
Au xvnc siècle (1686-1690), suivant les recherches de M. Maggiolo, la proportion était de 8.87 pour 100; au xviiic siècle (1786-1790), de 16.19; et pour la période quinquennale 1816-20, de 18.97 pour 100.
Budget de l'instruction primaire. — Voici le tableau des dépenses de l'instruction primaire, pour les années 1854 à 1878 :
DEPARTEMENT
ETAT
Nous décomposons ci-dessous, pour les années 1S55, 1865, et 1878, les chiffres de la colonne Comn.v?ies, qui sont formés de trois éléments bien distincts combinés en proportions variables: 1° les dons et legs ; 2° le montant des ressources communales proprement dites (revenus ordinaires, centimes spéciaux, et centimes extraordinaires) appliquées aux dépenses ordinaires de l'instructioi primaire ; 3° le produit de la rétribution scolaire :
Dons et legs
Ressources communales.
Pétribution scolaire. . . .
Totaux 159 092 05 254 220 01 41 4 467 20
2. État actuel de 1 instruction primaire. — Voici la situation actuelle de l'instruction primaire dans les Cètes-du-Nord :
Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires, publiques et libres, est de 798 (693 écoles publiques et 105 écoles libres), soit onze de plus que l'année précédente. Trois communes seulement sont entièrement dépourvues d'écoles ; 58 communes de plus de 500 âmes n'ont pas encore d'écoles de filles (ce nombre était de 62 en 1877). Sur ces 798 écoles, il y a 413 écoles laïques (213 écoles de garçons, 121 écoles de filles, 79 écoles mixtes), et 385 écoles congréganistes (100 écoles de garçons, 236 écoles de filles, 49 écoles mixtes).
Nombre d'élèves. — Le nombre total des élèves inscrits dans les écoles primaires, publiques et libres, du département en 1878 est de 75 381 : c'est un accroissement de 1240 sur 1877 et de 3084 sur 1876. Si l'on rapproche ce chiffre de celui des enfants en âge scolaire recensés en 1876 (94 339 enfants), on pourrait être tenté de croire que le nombre des enfants d'âge scolaire qui ne sont inscrits dans aucune école est de 19 000 seulemenU 11 n'en est rien, car il faut déduire du nombre total des enfants reçus dans les écoles le nombre de ceux qui ont moins de six ans ou plus de treize ans ; on obtient ainsi le chiffre réel des élèves d'âge scolaire inscrits : et on s'aperçoit alors que l'écart entre ce chiffre et celui des enfants d'âge scolaire existant dans le département est beaucoup plus grand qu'il n'eût semblé au premier abord.
Nous ne possédons pas la statistique scolaire détaillée de 1878 ; nous sommes donc obligés denous contenter, pour notre calcul, des chiffres de 1877 imprimés dans la Statistique de l enseignement primaire; mais ces chiffres sont encore assez récents pour que le résultat qu'ils fournissent puisse être utilisé.
En 1877, le nombre des élèves inscrits était de 72 291, dont 59 265 seulement étaient d'âge scolaire ; le surplus, 13 032, se composait d"enfants de moins de six ans ou de plus de treize ans. Le nombre des enfants de six à treize ans, vivants et recensés, étant de 94 339, il existait en 1877, dans les Gôtes-du-Nord, 35 074 enfants d'âge scolaire qui n'étaient pas inscrits dans une école primaire. Mais il y a des enfants d'âge scolaire qui se trouvent inscrits soit dans les salles d'asile, soit dans les établissements d'instruction secondaire. Les salles d'asile comptaient, en 1877, 799 élèves de plus de six ans, et les établissements d'instruction secondaire, 645 élevés de moins de treize ans. Ajoutons ces deux nombres à celui des 59 265 enfants inscrits aux écoles primaires : nous aurons ainsi un total général de 60 709, ce qui donne une proportion de 64.3 enfants d'âge scolaire inscrits dans une école quelconque, sur 100 enfants d'âge scolaire vivants. Cette proportion plaçait les Côtesdu-Nord, en 1877, au 82e rang parmi les départements.
Depuis, le nombre des élèves inscrits dans les écoles primaires s'est accru de 1240 ; mais, en admettant même que l>augmentation ait porté tout entière sur des enfants d'âge scolaire, il n'en serait pas moins resté en 1878, dans les Côtes-du-Nord, près de 34 000 enfants de six à treize ans qui ne sont pas inscrits dans les écoles primaires, ni probablement dans aucune école quelconque.
Gratuité. —En 1878, 41 279 enfants, c'est-à-dire plus de la moitié des élèves inscrits, ont été admis à recevoir l'instruction gratuite. Mais, fait observer le rapport de l'inspecteur d'académie, « ce sont toujours les élèves reçus gratuitement qui manquent le plus d'assiduité. »
Fréquentation. — De l'inscription à la fréquenquentation, il y a toute la distance qui sépare l'apparence de la réalité. Ainsi, pour nous en tenir au\ I écoles publiques et aux chiffres de l'année scolaire
COTES-DU NORD
COTES-DU-NOUD
1876-77, les plus récents que nous possédions relativement à ce point spécial, nous constatons que sur 64 349 élèves inscrits, le maximum des présences a élé de 57 577 (en février), et le minimum de 42 399 (en septembre); au mois de juillet les écoles comptaient encore 52 994 élèves présents.
La moyenne des présences a été, pendant le premier semestre (de septembre à février), de 51 872 ; pendant le second semestre (de mars à juillet), de 5i i>9(> ; et pour toute l'année, de £3,292.
De ces chiffres il résulte que les écoles des Côlesdu-Nord sont plus suivies du mois de mars au mois de juillet que du mois de septembre au mois de février.
Personnel enseignant. — L'enseignement primaire a employé, dans l'année scolaire 1878-79, 310 instituteurs titulaires (dont 10 dans des écoles libres), 196 adjoints (dont 26 dans des écoles libres), plus 2 adjoints dirigeant des écoles de hameau ; et 466 institutrices titulaires (dont 95 dans des écoles libres) ,399 adjointes (dont 224 dans des écoles libres1» , et 20 adjointes dirigeant des écoles de hameau.
Parmi les instituteurs et adjoints laïques, au nombre de 300, 1 titulaire et 19 adjoints n'avaient pas de brevets, tandis que chez les congréganistes, au nombre de 208, 3 titulaires et 97 adjoints étaient dépourvus de ce titre.
Sur 241 institutrices et adjointes laïques, 10 seulement n'avaient pas de brevet, tandis que sur les 6i4 institutrices et adjointes congréganistes, 351 n'exerçaient qu'en vertu de la lettre d'obédience.
Si nous recherchons la proportion des titulaires et des adjoints ou adjointes, nous trouvons un total de 776 instituteurs ou institutrices titulaires (395 laïques, 381 congréganistes), et de 616 adjoints ou adjointes (146 laïques, 471 congréganistes). Il résulte de ces chiffres que, chez les congréganistes, il y a proportionnellement beaucoup plus d'adjoints qu'il n'y en a dans le personnel laïque.
Maisons d'école. — Une statistique du 15 octobre 1876 fait connaître la situation matérielle des locaux scolaires à cette date : 302 étaient jugés convenables, et 431 laissaient à désirer. Depuis cette époque, grâce au concours de l'État et du département, un certain nombre d'améliorations ont été réalisées. « La loi sur la caisse des écoles et sur les subventions aux communes, dit le rapport que nous avons déjà cité, est faite pour donner à l'œuvre si importante de l'appropriation, comme de la multiplication des maisons d'école, une impulsion puissante : elle a besoin d'être vigoureusement appliquée. »
Voici le nombre des communes qui ont reçu une subvention de l'État pour construction de maisons d'école, et le chiffre total des subventions accordées, durant ces trois dernières années :
Total des subventions.
Salles d'asile. — Le département comptait, en 187S, 33 salles d'asile (une de moins qu'en 1877), avec 4 514 enfants. Les directrices ou sous-directrices, toutes congréganistes, étaient en 1877 au nombre de 34 ; une seule directrice était munie du brevet d'aptitude ; les 33 autres directrices ou sous-directrices n'avaient que la lettre d'obédience.
Cours d'adultes. — Les cours d'adultes ont été en 1878 au nombre de 411 (au lieu de 434 en 1877): 221 ont été suivis par 6 437 jeunes gens, et 190 par 3 922 jeunes filles.
Le département n'a pas d'écoles d'apprentis.
Les ouvroirs, au nombre de 16, y sont réunis aux écoles, et reçoivent une moyenne de 700 à 800 jeunes personnes.
Nombre des communes.
Cours normaux. — Le département des Côtesdu-Xord n'a pas encore d'école normale. Le cours normal d'instituteurs, à Lamballe, avec ses 30 boursiers, est loin de suffire au recrutement du personnel enseignant laïque ; aussi est-L question de la création prochaine d'une école normale d'instituteurs au chef-lieu du département.
Pour les institutrices, il y a un cours normal à Lannion, avec 5 boursières.
Enseignement agricole. — Les enfants reçoivent dans un grand nombre d'écoles des notions d'agriculture et d'horticulture, mais cet enseignement n'est pas pratique. Les instituteurs se bornent à faire faire des lectures dans un traité élémentaire d'agriculture et à profiter de ces lectures pour donner aux enfants quelques explications et leur faire ensuite résumer par écrit ou verbalement les connaissances acquises. Plusieurs cependant, mettant à profit les instructions et les excellente conseils contenus dans la circulaire ministérielle du 31 décembre 1867, s'efforcent, parle choix des lectures, des dictées, des problèmes, de donner à leur enseignement une direction agricole, soit dans la classe du jour, soit dans le cours d'adultes.
Institutions auxiliaires. — Des conférences pédagogiques ont lieu depuis quatre ans dans le département. La plus récente que mentionne le rapport de l'inspecteur d'académie (à Saint-Brieuc, le 30 juillet 1878) a réuni plus de 400 instituteurs et institutrices.
Quatre bibliothèques pédagogiques cantonales ont été créées.
Les bibliothèques scolaires se sont élevées en 1878 au chiffre de 131, avec 18 475 volumes. Par contre, les prêts des ouvrages sont tombés, de 5 576 en 1877, à 3 7C5 en 1878. L'indifférence des populations, le défaut de ressources des communes, mais surtout le peu de zèle et de sympathie que montrent les autorités locales en faveur de cette œuvre si utile, sont les causes principales du peu de succès des bibliothèques scolaires dans le département. Les instituteurs, à qui la garde de ces bibliothèques est confiée, n'ont pas toujours toute l'ardeur que l'on pourrait souhaiter pour inspirer à leurs anciens élèves le goût des bonnes lectures. Ajoutons que jusqu'à présentie choix des ouvrages n'a pas toujours été fait de manière à intéresser les lecteurs.
L'institution des musées scolaires n'a pas encore été organisée dans le département, non plus que celle de la caisse des écoles.
Quant aux caisses d'épargne scolaires, elles existaient en 1877 dans 8 écoles seulement: 220 élèves, possédant 136 livrets, avaient Yersé une somme de 1279 fr. 35 c.
La société de secours mutuels des instituteurs et institutrices possédait, au 1er janvier 1879, un avoir de 4452 fr. 26 c.
Le département possède en outre un certain nombre d'autres institutions intéressant et secondant l'instruction générale. Il existe au chef-lieu une Société archéologique, fondée en 1842, et une Société d'émulation, autorisée depuis le 6 février 1861. Le département compte deux musées (à Saint-Brieuc et à Dinan), et trois bibliothèques publiques (Saint-Brieuc, 30 000 volumes ; Dinan, 3000 volumes; Guingamp, 2 000 volumes.)
Délégations cantonales. — Il existe dans chacun des 48 cantons une délégation cantonale ; mais, sauf de rares exceptions, elles ne fonctionnent pas.
Conclusion. — En résumé, bien que le département se soit transformé littéralement depuis un demi-siècle, il est encore loin d'avoir triomphé dos difficultés particulières qui résultent de sa situation géographique et économique. A certains égards, il a encore beaucoup à faire ; mais après les progrès que nous venons de constater, il n'est pas permis de douter des autres : le bon vouloir des populations