‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 279 sur 547 · COUPPE · texte numérisé non relu

COUPPE

répondra aux efforts de l'administration, au zèle du corps enseignant et au généreux appui de l'Etat.

Le département compte déjà bon nombre d'insfcituteurs délite qui sont entrés et persévèrent dans la voie rationnelle. Que les autres suivent cet exemple, qu'ils substituent de plus en plus, à l'enseignement routinier, mécanique, et à la discipline sèche, remploi de tous les moyens qui, parlant aux yeux, intéressent l'imagination, l'esprit et le cœur, une parole sympathique, des leçons bien préparées, solides, attrayantes, appropriées aux besoins locaux ; il n'en faudra pas davantage pour élever sensiblement en quelques années le niveau général de l'instruction populaire dans le département.

fJ. Rousselot.]

COULEUR. — V. Vue.

COUPE ET ASSEMBLAGE. — On désigne sous ce nom l'art de dessiner le patron d'un vêtement, de couper ensuite l'étoffe et d'assembler les pièces ainsi préparées.

Cet art si utile, et qui serait d'une si grande ressource pour la plupart des ménagères, a été jusqu'ici l'apanage presque exclusif des tailleurs. Les couturières de profession, elles-mêmes, n'ont pas recours d'ordinaire aux formules précises, aux règles géométriques, grâce auxquelles il devient facile d'établir correctement un patron : elles se contentent presque toujours d'une routine qui exige de longues années d'apprentissage, et avec laquelle on n'arrive qu'à des à peu près.

11 existe pourtant des méthodes fort simples, qui mettent la coupe et l'assemblage à la portée de toutes les personnes désireuses de s'initier à ce travail. Divers ouvrages ont été écrits dans ces dernières années pour en vulgariser la connaissance : citons entre autres la Méthode de coupe et de confection, par MUe Elisa Hirtz (Paris, librairie Hetzel, 2e édition, 1868), et la Méthode de coupe et d'assemblage de robes (Paris, librairie Delagrave, 1878). L'art jadis réservé aux tailleurs et à un petit nombre de couturières d'élite, ayant cessé d'être un mystère inaccessible aux profanes, et se trouvant désormais formulé en règles faciles à comprendre et à appliquer, on a dû se demander s'il ne serait pas à propos d'introduire dans les écoles primaires l'enseignement de la coupe et de l'assemblage. Des essais ont été tentés, et ils ont pleinement réussi. L'expérience a démontré qu'il était possible à une institutrice d'apprendre à ses élèves, non plus seulement à tricoter un bas ou à ourler un mouchoir, mais à couper, elles-mêmes toutes les pièces d'un vêtement de femme.

Afin de permettre au personnel enseignant des écoles primaires de filles d'acquérir les connaissances théoriques indispensables pour un semblable enseignement, il a été nécessaire de créer des cours à l'usage des institutrices. Une circulaire de la direction de l'enseignement primaire du département de la Seine, en date du 24 mai 1879, a annoncé en ces termes l'ouverture de ces cours pour la ville de Paris : « Désormais aucune maîtresse ne pourra être chargée de la direction d'un cours de coupe et d'assemblage dans les écoles communales, si elle n'a obtenu un certificat d'aptitude qui ne sera délivré qu'après un examen constatant que la maîtresse postulante a acquis les connaissances nécessaires pour cet enseignement spécial. Afin de faciliter aux institutrices la préparation à cet examen, il vient d'être créé deux cours normaux de coupe et d'assemblage, destinés à l'étude des deux méthodes dont l'emploi a été autorisé dans les écoles communales. Les institutrices des écoles communales sont invitées à suivre l'un ou l'autre des deux cours normaux, et à se mettre en état de faire le service de la classe de coupe et d'assemblage au cas où l'administration jugerait :onvenable de le leur confier. »

Les examens subis par les institutrices qui se

sont fait inscrire à ces cours ont donné des résultats très satisfaisants. « On peut considérer , désormais comme un fait acquis, dit à ce sujet Mœe Bonnet de Malherbe, qu'un cours de quinze leçons, données par des maîtresses expérimentées, mettra des personnes studieuses, intelligentes, possédant déjà les éléments de la couture et quelques notions du dessin, au moins linéaire, en état de passer de très bons examens et de pouvoir enseigner à leur tour. »

COUPPE. — Jean-Marie Couppé, dit de l'Ois*, pour le distinguer d'un autre Couppé député des Côtes-du-Nord, homme politique français, né vers 1733, était curé de Sermaise avant la Révolution, dont il embrassa les doctrines avec ardeur. Le département de l'Oise l'envoya comme un de ses représentants, d'abord à la Législative en 1791, puis à la Convention en 17 92. Couppé siégea parmi les Montagnards, et vota la mort de Louis XVI.

On lui doit une mention dans ce Dictionnaire à cause de la part qu'il prit, après le 31 mai 1793, aux débats sur l'organisation de l'instruction publique : mais si le nom de ce conventionnel revient assez souvent dans les discussions, il faut convenir que son rôle n'est en réalité ni important ni bien intéressant.

Dans la séance du 2 juillet 1793, après avoir combattu le projet présenté par Lakanal au nom du Comité d'instruction publique, il avait proposé un plan de sa façon, sous la forme d'un projet de décret divisé en 15 titres, comme suit : Ecoles primaires, écoles de district, écoles de département, écoles des ports de mer et des villes de guerre, Université ou cours généraux des sciences et des arts, élèves de la patrie, entretien des écoles, des musées et bibliothèques, tenue des écoles, discipline des écoles, concours et nominations, des honoraires (il veut qu'on donne aux instituteurs primaires 400 livres par an et le logement, aux institutrices 300 livres et le logement), fêtes nationales, exercices publics, prix et honneurs publics, spectacles. (Motion d'ordre sur la discussion publique du 2 juillet 1793, par J.-M. Couppé. Paris, Imprimerie nationale.)

Nommé, le lendemain, l'un des six commissaires pour le projet de décret sur l'éducation publique (V. Convention, p. 534), et ne pouvant faire adopter son plan, il se dédommagea en critiquant successivement tous ceux qui fixèrent l'attention publique, depuis celui de Lakanal jusqu'à la pétition du département de Paris.

Dans ses Observations sur les différents projets d'instruction publique (Imprimerie nationale , sans date), il rappelle qu'il a déposé un plan d'instruction publique, en opposition à celui de Lepelletier, « trop plato?iique », et à celui de Condorcet, à propos duquel il dit : « Nous ne voulons pas faire de la France l'empire des académiciens et des savants. » Mais le motif principal qui lui fait prendre la plume, c'est le désir de protester contre « une proposition qui a été faite (par qui ? il ne le dit pas) de placer l'enseignement des hautes sciences, les professeurs et leurs élèves, dans les palais des rois que nous venons de proscrire. »

Couppé de l'Oise, futur thermidorien comme Fourcroy et tant d'autres dont l'exaltation eu 1793 ne connut pas de bornes, écrit à ce sujet :

« Au lieu d'effacer jusqu'au souvenir de ces palais scandaleux, vous iriez y placer votre jeunesse, et en entretenir son imagination d'âge en âge? Les instituteurs austères de la République ne doivent point habiter sous des lambris dorés. Les leçons de vertu se donnent sous le chaume. Nous ne serons libres que quand nous habiterons tous sous un humble toit. Quant à ces palais, si vous continuez de les admirer, si vous ne savez pas encore ce que vous en devez ordonner, si vous n'avez pas la force...., puisse un tremblement de terre nous en délivrer I »

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