‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 280 sur 547 · COUR D'APPEL · texte numérisé non relu

COUR D'APPEL

COURDIN

Lors du mouvement populaire contre le culte; (novembre 179:5), Couppé déposa ses lettres de prêtrise, mais blâma en même temps, dans un écrit intitulé Des préjugés (Imprimerie nationale, sans date), les « philosophes présomptueux » qui ne savaient pas respecter certains préjugés utiles. Expulsé du club des jacobins en frimaire an II, parce qu'il désapprouvait le mariage des prêtres, il conserva cependant les fonctions de membre du Comité d'instruction publique; et en cette qualité il fit adopter (!) pluviôse) un décret instituant dans chaque district une bibliothèque nationale.

Après le 1) thermidor, Couppé de l'Oise obtint de rentrer aux jacobins, en môme temps que Tallien et Fouché; mais il cessa de s'occuper de politique proprement dite, pour se consacrer tout entier à une question spéciale, fort importante d'ailleurs, le développement de l'agriculture, à laquelle il eût désiré voir donner une place d'honneur dans le système d'éducation nationale. Dans une brochure publiée en vendémiaire an III (De la détermination à donner à V instruction publique vers V agriculture), il propose d'installer, près de chaque bibliothèque publique de district, un cabinet d'histoire naturelle et de physique, et un jardin destiné à la culture des plantes usuelles nécessaires. Deux professeurs, attachés à chacun de ces établissements, y auraient donné un enseignement tout pratique par les choses mêmes : « Au lieu de la science qui s'enferme dans les cabinets, de l'opulence qui s'élève à la domination, rendons les hommes vrais enfants de la terre, exerçant leurs membres par un travail salutaire, se nourrissant d'aliments sains qu'ils cultivent euxmêmes. » Durant le cours de l'an III, il rédigea en grand nombre des projets et des instructions concernant l'agriculture, l'arboriculture et la chimie agricole.

En thermidor et fructidor an III, nous le voyons revenir un instant à ses plans d'éducation nationale, par la publication de trois brochures intitulées : De l'instruction littéraire, De l'éducation, De la morale. Dans le premier de ces écrits, il oppose, au plan d'instruction publique élaboré par Daunou et la commission des Onze, un contreprojet dont le seul trait remarquable est la création proposée d'instituts littéraires (correspondant aux anciens collèges d'humanité)dans tous les chefslieux de district. La Convention ne jugea pas les idées de Couppé dignes de son attention.

En 1795, Couppé de l'Oise devint membre du Conseil des Cinq Cents. Mais il n'y joua qu'un rôle effacé, et en sortit en 1797 pour rentrer dans la vie privée. Il mourut en 1818, à l'âge de 85 ans.

COUH D'APPEL. — Le procureur général près la Cour d'appel, dans les villes où siège une Cour d'appel, et dans les autres, le procureur de la République près le tribunal de première instance, font partie du Conseil départemental.

Un membre de la Cour, désigné par le ministre, ou, à défaut de Cour d'appel, un membre du tribunal de première instance, désigné de la même façon, fait partie du même Conseil (L. 1850, art. 10, et décr. 9 mars 1852, art. 9).

A Paris, le procureur général ou un membre désigné par lui fait partie du Conseil départemental de la Seine, ainsi qu'un membre de la Cour et un membre du tribunal de première instance désignés par le ministre (Id., art. 11, et Id., art. 85).

|E. de Resbcq.]

COUR DE RÉCRÉATION. — V. Maisons d'école.

COURDIN (J.l. — Cet auteur, bien oublié aujourd'hui et qui n'est guère connu que par ses Entretiens patriotiques sur la constitution civile du clergé (Paris etBéziers, 1791, in-8°), avait publié en 1792 un autre opuscule intitulé Observations philosophiques sur la réforme de l'éducation pu-

blique, dédiées à MM. les administrateurs du département de l'Hérault (Montpellier, in-s°, 116 p.). On rencontre, dans cet ouvrage, quelques idées remarquables comme tentative d'application pratique de la méthode naturelle, inspirée par l'Emile. Courdin ramène le problème de l'éducation à ces termes : « déterminer les moyens de faire naître, dans les Français, des qualités physiques et morales en rapport avec la nouvelle constitution. » Pour atteindre ce but, Courdin n'enseigne pas, il fait découvrir; môme en morale, il substitue l'initiative de l'élève à la prescription du maître; ce n'est pas par un catéchisme de morale qu'il formera les futurs citoyens, c'est « en les environnant d'exemples et d'objets qui les accoutumeront à penser et à sentir patriotiquement. »

Il va si loin dans cette foi à la « méthode de la nature et de l'expérience, » qu'il veut faire faire aux enfants l'apprentissage de la vie civique en les organisant comme une sorte de république en miniature : « Elevez cette multitude dans le sein d'une égalité parfaite, ne mettant entre les, individus d'autre distinction que celle de la vertu et de la science. Que tous les enfants soient récompensés en argent, selon leur mérite et leurs travaux de corps et d'esprit. Obligez-les d'acheter de leurs gains des choses nécessaires à leur entretien (par exemple leurs habits en tout ou en partie, ou d'autres objets dont ils ne peuvent se passer), de payer les services qu'ils exigeront des domestiques, d'acquitter une contribution pour les dépenses générales de leur gouvernement social. Alors les enfants se trouveront dans une telle position, qu'ils seront punis de leur paresse par les privations qui en seront la suite nécessaire, qu'ils sentiront le besoin de l'application du travail, de l'économie, de se donner des secours mutuels, de tenir inviolablement leurs engagements, de faire des sacrifices pour le bien commun de tous, d'obéir à la loi, expression de la volonté générale, etc. »

Ailleurs (p. 77), il cite le passage suivant du rapport du Comité de constitution : « Pour se disposer aux fonctions qu'ils auront à remplir un jour, les jeunes gens traiteront des questions contradictoirement, tant de vive voix que par écrit. Quelquefois ils formeront une sorte de tribunal, d'assemblée administrative ou municipale : ils y rempliront tour à tour les fonctions de juges, d'accusateurs publics, de jurés, d'officiers municipaux, etc. Chacun d'eux sera obligé d'énoncer à haute voix son opinion » (Rapport du Comité, p. 133, édit. in-4); et tout en applaudissant à cette excellente idée, il fait remarquer que pour la mettre en pratique autrement que par une déclamation vide, il faut que l'école forme une petite société modelée à peu près sur le plan de la grande (idée qui reparaîtra plus tard dans le plan Sieyès-Lakanal ; V. les art. 30-36 de ce projet, p. 582 du Dictionnaire).

De même dans toutes les parties de l'enseignement, il se préoccupe, non des connaissances à acquérir, mais « de la méthode à suivre pour faire contracter à l'esprit des habitudes productrices des talents. » Ainsi en grammaire, « la pratique de la langue française et non la théorie » ; en matière de sciences, « le nom viendra toujours après l'objet observé et jamais avant; l'idée viendra du fait et après le fait observé ; et le mot ne viendra jamais avant, mais après l'idée qu'il doit énoncer, conserver et peindre ». C'est ainsi, dit l'auteur, que procédait alors Chaptal dans ses cours de chimie à Montpellier; il se félicite d'être son disciple. « On a jusqu'ici, dit-il, fait tout au rebours. On commence par de longs discours, de longues explications qui ne fixent guère l'attention des jeunes gens : on ne montre point de choses aux sens ; mais on dit beaucoup de mots et les élèves

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