GOURET DE VILLENEUVE
COURS
les reçoivent, les adoptent, les répètent sans les avoir entendus, et ce n'est pas leur faute. Sans voir la chose représentée, comment attacher une juste valeur aux signes représentants?.. Ainsi les enfants apprennent à parler sans penser, se font des idées fausses ou défectueuses, et ne savent jamais ni penser avec précision, ni raisonner avec justesse. Dans mon système d'éducation, les élèves verront les objets de toutes les sciences, et ils les verront dans tous les objets qui les environnent. C'est sur ces objets et non sur les livres qu'ils étudieront à l'aide de mes leçons. »
De plus, les élèves qui se destinent à des métiers « iront dès l'âge de neuf ans travailler dans l'atelier d'un maître et contracter dès l'enfance des habitudes relatives à la profession qu'ils veulent embrasser. »
Citons encore deux traits qui font honneur à Courdin. Il croit à l'avenir de la pédagogie : « La science de l'éducation, qui est encore au berceau, se développera si on laisse un libre essor au génie des instituteurs. » Enfin, plus avancé que beaucoup de ses contemporains, il fait la part aussi large à l'instruction des femmes qu'à celle des hommes : -i Pour le développement des facultés morales et Intellectuelles, dit-il, je ne connais pas deux méthodes différentes. Cultivez le cœur et l'esprit des filles comme on cultive aujourd'hui leur figure... et la moitié de la vie que les femmes passent à la toilette, elles la passeront à penser, à réfléchir, à élever leurs enfants.... » — Mais, sous le nouveau régime, « quels seront les ministres de l'éducation des filles ? — Des hommes mariés et leurs femmes. »
COURET DE VILLENEUVE (L.-P.). — Homme de lettres et éducateur français, né en 1749 à Orléans, où. son père était imprimeur. Il exerça luimême la profession paternelle jusqu'à la Révolution. A cette époque, s'étant vu ruiné par de mauvaises spéculations, il vint à Paris, et obtint d'abord un emploi dans les bureaux d'un ministère. Lors de la fondation de l'école centrale de Gand (cette ville était alors le chef-lieu du département français de l'Escaut), il y fut nommé professeur de grammaire générale, et conserva ces fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en 1806. On a de lui quelques traités de grammaire, qui ne renferment pas de vues originales; et un recueil intitulé l'Ami de l'enfance et de la jeunesse, ou choix de lectures contenant des anecdotes, des trait" d'histoire, des fables, etc., en un petit volume in- 18. L'Ami de V enfance et de la jeunesse obtint un certain succès, et eut plusieurs éditions : nous avons eu sous les yeux la deuxième, qui est de l'an VI, et la cinquième, de 1826. On cite aussi de Couret de Villeneuve une Lettre au citoyen Sicard sur les écoles primawes, publiée en 1797.
COURNOT (Augustin). — Né à Gray (Haute- Saône), le 28 août 1801, mort à Paris le 30 mars 1877. Après de fortes études à l'École normale supérieure, Cournot devint successivement professeur de mathématiques à la Faculté de Lyon et à celle de Grenoble, recteur de l'académie de Grenoble, puis recteur de l'académie de Dijon, et inspecteur général des études. Savant distingué, on lui doit, outre des travaux originaux en mathématiques, diverses publications sur des questions d'économie politique et de philosophie. Mais nous devons signaler particulièrement, comme se rattachant, plus directement à la pédagogie, son livre sur les Institutions d'instruction publique en France Paris, 1864, in-8, Hachette et Cie) Dans ce volume intéressant et substantiel, il donne à ses lecteurs « le résultat des études qu'il a faites dans une carrière dévouée à l'intérêt général. » La plupart des chapitres dont se compose l'ouvrage avaient paru, sous la forme d'articles détachés, dans la Revue de l'instruction publique. Bien que ces questions étudiées par Cournot concernent
surtout l'enseignement secondaire et supérieur, son livre contient aussi bon nombre de pages consacrées à l'éducation en général et à l'instruction primaire en particulier; citons entre autres les chapitres traitant « De l'objet et du but de l'instruction primaire », et « De nos modernes institutions d'instruction primaire. » Ces études, écrites en dehors de tout esprit de parti, ont une réelle valeur ; on y retrouve, pour nous servir des expressions mêmes de Cournot, « ce ton de franchise un peu rude avec lequel il a toujours soutenu sous tous les régimes, devant les pouvoirs qu'il servait et dont il dépendait, ce qui lui paraissait être la cause du bon sens et du bon droit. »
COURS D'ADULTES. —V. Adultes,
COURS DU SOIR. — V. Adultes et Apprentis. V. aussi Soir.
COURS ÉDUCATIF DE LANGUE MATER- NELLE. — V. Girard.