‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 287 sur 547 · COUTURE · texte numérisé non relu

COUTURE

liste de candidats présentée par la Faculté où la vacance aurait lieu, par l'Académie des sciences et par l'Académie de médecine ; 2° il combattit la suppression de6 officiers de santé, proposée par le gouvernement.

Après la révolution de février, M. Cousin fit partie de la commission chargée par M. de Falloux de préparer le projet qui est devenu la loi du 15 mars

Telle est la suite des travaux relatifs à l'enseignement, qui auraient assuré à M. Cousin une illustration durable, quand bien même d'autres titres ne recommanderaient pas sa mémoire aux âges futurs. Le trait dominant de sa vie administrative, c'est le dévouement à l'Université ; son affection pour elle se confondait avec l'amour du pays, dont elle était à son avis la représentation dans le service de l'instruction publique. Ses convictions n'ont pas été sur tous les points victorieuses ; les générations nouvelles se sont montrées souvent infidèles à ses conseils, et ont témoigné peu de respect pour les institutions qu'il avait le plus vivement défendues et aimées ; mais, quelle qu'ait été la destinée de ses doctrines universitaires, il sera toujours compté parmi les serviteurs les plus infatigables, les plus éloquents et les plus utiles de l'enseignement public dans notre pays.

Les rapports, discours et écrits divers de M. Cousin relatifs à l'instruction publique ont été par laimême réunis dans la cinquième série de ses œuvres publiée en 1850 ; Paris, Pagnerre, 3 vol. in-12. 11 faut y joindre deux autres ouvrages : De l'instruction publique dans quelques pays de l'Allemagne et particulièrement en Prusse, 2 vol. in-8l, 3e éd., 1840 ; — De l'instruction publique en Hollande, 1 vol. in-8°, 1837. [Cb. Jourdain.]

COUSTEL (Pierre). — Pédagogue français, né à Beauvais en 1621. Il termina ses études à Paris d'une façon si brillante, que, tout jeune encore, il obtint la chaire de seconde au collège de sa ville natale. En 1645, il accompagna à Rome Henri Arnauld, depuis évêque d'Angers, et à son retour, il fut choisi par Nicole*et Lancelot*pour enseigner les humanités à Port-Royal*: il s'acquitta de ses fonctions d'une manière remarquable, et eut la gloire de compter Racine au nombre de ses élèves. Après la dispersion des écoles (1660), il devint précepteur des neveux du cardinal de Furstemberg, puis il fut chargé, au collège des Grassins, de la direction d'enfants de bonne famille ; il retourna ensuite à Beauvais où il passa les dernières années de sa vieillesse. « Tel qui le vit un jour pouvait dire qu'il l'avait vu tous les jours de sa vie.... Cette uniformité et régularité dans le silence, dit Sainte-Beuve, fait la marque distinctive de la pure race de Port-Royal. Une fièvre lente arrêta tout à la fin ce doux vieillard qui cheminait à petits pas.» Coustel mourut le 16 octobre 1704, à l'âge de quatre-vingt-trois ans.

Il a laissé sur les questions d'enseignement plusieurs ouvrages manuscrits très intéressants. Il a publié Les Règles de l'éducation des enfants, 16S7, 2 vol. in-12. Cet ouvrage, qui a dû servir à Rollin pour son Traité des études, a été reproduit en 1749 sous le titre de Traité d'éducation chrétienne et littéraire, avec une préface de l'abbé Goujat et un abrégé de la vie de l'auteur. Les Régies de l'éducation des enfants expriment fidèlement l'esprit pédagogique des petites écoles de Port-Royal. L'auteur y examine assez longuement la question de savoir s'il vaut mieux élever les enfants dans les maisons religieuses, ou chez les parents, ou dans les collèges. Dans le premier cas k la piété est plus garantie » ; dans le second, la civilité est mieux observée ; dans le troisième, létude a le dessus. Ainsi : piété et vertu ; belles-lettres et sciences ; civilité ou cachet extérieur de

l'honnête homme : ce sont là les trois parties d'uno complète éducation.

Il est difficile de les combiner ; chacun de cessystèmes a beaucoup d'inconvénients : il faut donc en trouver un autre. « Il y a longtemps qu'Erasme a témoigné que, pour éviter la plupart des inconvénients des collèges et de la maison paternelle, il fallait mettre cinq ou six enfants avec un honnête homme ou deux dans une maison particulière. Beaucoup de personnes, dit Erasme, ont adopté une sorte de voie moyenne, qui consiste à placer cinq ou six enfants sous un précepteur; ainsi on procure la vie en commun à cet âge auquel convient la gaieté et l'enjouement, et en même temps l'attention du précepteur peut se porter sur chaque enfant en particulier; et enfin l'on évite facilement la corruption qui naît du trop grand nombre. » Cette voie moyenne préconisée par Erasme fut adoptée par Port-Royal, où elle produisit, comme on sait, les meilleurs résultats.

[A. Demkès.]

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