COUTRE, COUSTRE, COUTOUR OU CUSTODE
— Noms donnés aux maîtres d'école dans les diocèses de Reims, de Saint-Quentin, de Belgique et de l'Allemagne rhénane. Le custode (custos) est un prêtre habitué ou un clerc chargé de faire sonner les cloches, de garder les clefs de l'église, de prendre soin du luminaire. Le coutour est marguillier : « le suppliant fut faict et ordonné coutour ou marreglier de l'église et paroisse de Cuercy, 1397. » (Ducange.) Dans la liste des chanoines de la métropole de Mayence, on voit un kustor, de l'allemand Kuster. Une chronique fait mention de privilèges accordés par l'empereur Charles-Quint à une corporation de maîtres appelée Kosterlyken-Eendragt , Union des coutres. Le concile de Courtray défend au coutre d'exercer tout métier qui l'empêcherait de montrer à lire et à écrire ; il l'autorise même, si son salaire est trop faible, à accepter 3 sous de chaque enfant ou jeune homme; mais il résulte de l'examen des baux et traités, que partout, dans les campagnes, le maître d'école recevait des gaiges et salaires pour le concours qu'il prêtait au curé dans l'exercice de ses fonctions. Dans son Histoire de Roubaix, M. Buridan donne la liste des coutres de cette ville, depuis le milieu du xve siècle; ils sont chargés d'instruire la jeunesse, ils jouissent d'une prébende et d'une maison, dite ae la coutrerie, sur un fonds appartenant à l'église. On trouve aussi de curieux renseignements sur l'existence et la condition des coutres dans le remarquable ouvrage de M. le comte de Fontaine de Resbccq sur l'histoire de l'enseignement primaire, avant 1789, dans les communes qui ont formé le département du Nord. Le mot cuistre est une des formes du mot coutre.— V. AJargutllter, Sacristain. [L. Maggiolo.]
COUTURE. — Par ce mot couture, on entend généralement dans nos classes toutes les sortes d'ouvrages de femme qui se font à l'aiguille ou aux aiguilles, au fuseau, à la navette, etc. : marque, tapisserie, broderie, tricot, filet, crochet, frivolité ou mignardise, guipure, cluny, etc., mais principalement les ouvrages d'assemblage et de consolidation qui servent à la confection et à l'entretien du linge et des vêtements.
On dit : la classe de couture, qu'on y travaille à la tapisserie, qu'on y brode, qu'on y fasse du crochet, qu'on y reprise des chaussettes, qu'on y ourle des mouchoirs, qu'on y apprenne la guipure ou la dentelle, comme cela se fait dans certaines communes du nord et de l'est de la France, où la dentelle est l'industrie locale.
Certes, la tapisserie, le crochet, les travaux d'agrément en général, ont aussi leur mérite que nous ne songeons pas à contester, et les loisirs d'une jeune fille seront mieux occupés à une distraction de ce genre qu'à U lecture de roojans