‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 3 sur 547 · ABONNEMENT · texte numérisé non relu

ABONNEMENT

cote paroissiale, de la Salle substitue l'enseignement simultané ; des tableaux, par conséquent, viennent prendre la place du livret, et ces tableaux sont relativement moins surchargés.

« Les écoliers qui n'ont encore rien appris, dit la Conduite, ne se serviront pas de livre pour lire jusqu'à ce qu'ils commencent à bien épeler des syllabes de deux et trois lettres.

» Pour ce sujet, dans la première classe (celle des commençants) il y aura deux grandes tables attachées à la muraille, à la hauteur de six à sept pieds à prendre depuis le haut des tables jusqu'à terre. L'une des tables sera remplie de simples lettres petites et grandes, diphthongues et lettres liées, et l'autre des syllabes à deux et trois lettres. »

U abécédaire (Ier tableau) est disposé comme suit:

lr.

PAIVTIE

PAIITIE

se

ft

ff

ffl

fi

Même méthode d'ailleurs, ou à peu près, que dans YÉcole paroissiale.

« Tous les écoliers qui liront dans l'alphabet n'auront pour leçon qu'une ligne des petites ou des grandes lettres, et ne liront point à la ligne suivante qu'ils ne sçachent bien celle qu'ils ont à apprendre; afin cependant qu'ils n'oublient pas les lignes précédentes qu'ils auront apprises, ils suivront et diront bas, regardant avec attention les lettres que prononcera haut celui qui lit. Chaque écolier de cette leçon lira seul et en particulier au moins trois fois toutes les lettres petites et grandes de la ligne qu'il a pour leçon, une fois de suite et les deux autres fois sans ordre, afin de ne les pas sçavoir seulement par routine.

» Lorsqu'un écolier ne sçaura pas dire une lettre, si c'est la petite, le maistre lui montrera la grande qui se nomme de même, et s'il ne sçait ni l'une ni l'autre, il la fera dire par un qui la sçache bien, et quelquefois même qui ne soit pas de la même leçon, et il ne souffrira pas qu'un écolier nomme plus de deux fois une lettre pour une autre, comme seroit de dire b, g, p, pour dire d, et ainsi des autres.

» Lorsque quelqu'un aura de la peine à retenir une lettre, il la lui faudra faire répéter plusieurs fois de suite, et on ne le changera point de ligne qu'il ne sçache parfaitement cette lettre aussi bien que les autres.

» Quand un écolier aura appris toutes les lignes de l'alphabet, avant que de le mettre aux syllabes, il aura pour leçon jusqu'à la fin du mois l'alphabet tout entier, dont on lui fera lire les lettres sans aucun ordre, afin de connoître s'il les sçait toutes ; il ne sera point changé de cette leçon qu'il ne sçache toutes les lettres très-particulièrement.

» Il faut remarquer qu'il est dune très-grande conséquence de ne pas faire cesser un écolier d'apprendre l'alphabet, qu'il ne le sçache très-parfaitement ; car sans cela il ne pourra jamais sçavoir bien lire, et les maistres qui en seront chargés dans la suite en auront bien de la peine. »

De bonne heure on a cherché les moyens d'abréger et de simplifier ce premier travail de la lecture, si pénible pour l'enfant.

C'est cette pensée qui fit inventer ou retrouver à Pascal la méthode de la nouvelle appellation des lettres (V. Lecture, p. 1537, et Pascal), dont le résultat devait être de faire marcher de front aussi vite que possible l'étude de l'abécédaire et celle du syllabaire, en faisant connaître d'abord à l'enfant

les sons pleins ou voyelles et en l'accoutumant à y joindre les articulations ramenées £. leur valeur phonétique réelle ou à peu près.

Malheureusement, cette méthode, bien que signalée dans la Grammaire générale, et hautement approuvée par Duclos (1756), par Domergue '1796), ne paraît guère avoir été mise en pratique que dans l'enceinte même de Port-Royal, où on en avait fait l'essai, ainsi que l'atteste une lettre de la sœur Sainte-Euphémie Jacqueline Pascal', chargée de la direction des petites écoles des solitaires. C'est de notre temps seulement que l'invention de Pascal a été estimée à sa valeur.

D'autres ont voulu substituer à l'abécédaire primitif en livret ou en tableaux des moyens d'apprendre les lettres destinés à mettre en œuvre la curiosité et l'imagination des enfants.

On s'est servi, par exemple, de figures en bois ou en ivoire représentant des lettres, que l'enfant peut toucher, regarder, nommer. Quintilien dit que ce moyen était connu de son temps, et saint Jérôme, dans sa Lettre à Lseta, le recommande.

Rollin, persuadé que la lecture devrait n'être pour les enfants « qu'un jeu et un amusement » et que « cela n'est pas si difficile qu'on le pense », est d'avis qu'on peut « écrire proprement les lettres sur différentes cartes, afin qu'ils puissent les manier, et les accoutumer à jeter ces cartes sur une table, en nommant la lettre qui se présente ». « Il y a des maîtres, dit-il encore, qui se servent de deux boules de bois ou d'ivoire, dont ils font tailler la première à cinq facettes, sur chacune desquelles ils écrivent une voyelle. Ils font tailler la seconde à dix-huit facettes, sur chacune desquelles est une consonne. L'enfant jette l'une ou l'autre de ces deux boules, et s'accoutume à nommer la lettre qui paraît en haut. Puis, les jetant l'une et l'autre ensemble, il s'accoutume de même à assembler la consonne et la voyelle.

Outre ces jeux, plutôt faits pour la famille que pour l'école, Rollin décrit encore le bureau typographique* de Louis Dumas*.

Mentionnons encore parmi les moyens imaginés pour faciliter l'étude des lettres : les abécédaires illustrés ou alphabets en images, qui mettent la lettre à apprendre en regard d'un objet bien connu dont le nom commence par cette lettre; — les procédés de la méthode phonomimiaue* de M. Grosselin*, qui joint le geste à la voix par une sorte d'onomatopée en action; — enfin ceux de la méthode simultanée d'écriture-lccture*, qui apprend à lire les lettres en les faisant écrire.

Quelque procédé qu'on emploie, le but à atteindre est de conduire l'élève le plus rapidement possible à former des syllabes et des mots. Il faut donc, au rebours de l'ancienne méthode, ne pas considérer, en quelque sorte, l'abécédaire comme un exercice à part, mais se presser d'y joindre là syllabation, et en appeler, sous les formes qui paraîtront les meilleures, à l'activité personnelle, à la curiosité de l'enfant. [Ch. Defodon.]

ABEILLE (L'). — Revue pédagogique mensuelle, fondée, en 185s, par M. Th. Braun, professeur de pédagogie et de méthodologie à l'Ecole normale de l'Etat à Nivelles Belgique), actuellement inspecteur des écoles normales. L'Abeille, qui a atteint en 1885 sa 30e année d'existence, comprend deux parties : la première est consacrée aux questions de pédagogie, de méthode, de didactique; la seconde reproduit les documents officiels Cette revue reçoit un subside du gouvernement. Elle est, avec Le Progrès*, publié par la Société centrale des instituteurs belles, l'un des principaux organes de renseignement élémentaire en Belgique.

ABELARD. - V. Moyen âge, Hcolastique.

ABONNEMENT. — On appelle abo?inement, dans le langage administratif, une convention faite entre l'administration et les contribuables et pir laquelle

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