ABONNEMENT
on fixe à une somme déterminée et pour un temps limité le montant de certains droits éventuels à la charge des contribuables. L'abonnement permet d'éviter les nombreuses formalités qu'entraînerait la perception au détail.
1. Législation. — Le système de l'abonnement était employé dans l'enseignement primaire pour le paiement de la rétribution scolaire.
Depuis que la loi du 16 juin 1881 a établi la gratuité, les prescriptions relatives à l'abonnement n'ont plus qu'un intérêt rétrospectif. Nous les donnons néanmoins à titre de renseignement historique.
Les percepteurs municipaux devaient tenir un registre d'abonnement, mais ce registre n'était dressé « que pour des abonnements finissant au 31 décembre. Toute autre échéance ne pourrait être admise sans laisser un vaste champ à la confusion. Tout parent qui ne sera pas abonné au commencement de l'année et qui ne présentera son enfant à l'école qu'en avril ou en mai, par exemple, aura à choisir entre le paiement de l'abonnement entier pour l'année ou le paiement de la rétribution par mois. » (Cire. 5 décembre 1860.)
La somme annuelle ainsi donnée pour l'écolage était un peu moins forte qu'elle ne l'aurait été si la rétribution eût été payée mois par mois, mais elle était due pour l'année entière, lors même que l'enfant se fût absenté de l'école, ce qui arrivait trop souvent pendant les mois d'été. En recommandant ce système, 1 administration de l'instruction publique avait eu surtout pour but de combattre la désertion des écoles communales à certaines époques de l'année ; en effet, les familles qui s'étaient engagées à un sacrifice annuel devaient désirer que leurs enfants en profitassent chaque jour.
L'abonnement donnait à reniant le droit de fréquenter l'école communale jusqu'à la fin de l'année, quelles que fussent les circonstances qui so produiraient dans la commune ; mais, en revanche, le décès même d'un élève abonné ne libérait pas les parents de l'obligation de payer le prix de l'abonnement. Si les parents étaient dans la gêne, ils pou vaient adresser au préfet une demande en décharge ; mais l'instituteur devait maintenir l'enfant sur le rôle tant que la décharge n'avait pas été accordée.
Aucune défalcation ne pouvait être faite par l'instituteur sur le prix de l'abonnement, pour quelque cause que ce fût.
Dans un certain nombre de départements, il existait plusieurs taux d'abonnement correspondant à l'âge des élèves au jour de leur entrée à 1 école. L'année suivante, l'élève était porté dans la catégorie correspondante à l'âge qu'il avait atteint.
[E. de Resbecq.]
3. Historique. — L'institution de l'abonnement était née d'une expérience qu'on avait pu faire partout, notamment dans les campagnes. L'art. 26 du décr. du 7 oct. 18â0 déchargeait les parents de la rétribution scolaire non pas à partir du jour où l'enfant quitte l'école, mais seulement à partir «du premier jour du mois suivant ». Eu d'autres termes, « tout mois commencé était dû en eutier. » On constata que cette disposition avait un effet très sensible sur la conduite des parents : ils veillaient, à l'assiduité de leurs enfants pendant le mois pour lequel ils étaient obligés de payer quanti même, et, en outre, ils ne les retiraient pas de l'école, quelquefois malgré des besoins pressants, avant que ce mois fût entièrement écoulé. Cette remarque amena la pensée de substituer un taux annuel de rétribution au taux mensuel, d'abonner un enfant à l'école moyennant une somme que ses parents s'engageraient à payer nonobstant les absences et les interruptions.
Mais, d'une part, à défaut d'une disposition spé-
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ciale de la loi, l'acquiescement des familles devait rester entièrement libre : de là l'envoi dans les écoles d'un registre destiné à recevoir l'expression écrite de leur volonté et l'engagement qu'ils prenaient en conséquence (registre d'abonnement annexé à la cire, du 5 déc. 1860). D'autre part, il fallait que l'abonnement offrit aux familles un avantage sérieux, sans compromettre les intérêts de l'instituteur. C'est ce qu'obtinrent les conseils départementaux, en fixant deux taux de rétribution : an taux mensuel répondant aux prescriptions primitives de la loi, et un taux annuel permettant d'appliquer le nouveau mode, l'abonnement. Ces deux taux furent combinés de telle sorte que le père de famille, en se ménageant, au moyen de l'abonnement, la faculté d'envoyer son enfant toute l'année à l'école, dépensât à peine quelques francs de plus qu'en la lui faisant seulement fréquenter six ou sept mois sous le régime du taux mensuel; de telle sorte aussi que l'instituteur, le département et l'Etat, pussent regagner sur les enfants qui étaient dans l'habitude de demeurer absents durant quatre, cinq ou même six mois, ce que leur ferait perdre l'infériorité du taux d'abonnement que les enfants assidus s'empresseraient d'adopter.
Le créateur du système de l'abonnement scolaire en France fut M. Camille Villemereux, aujourd'hui inspecteur général honoraire de l'instruction publique, auquel sont dues en outre d'importantes simplifications apportées, en 18.S9, à la comptabilité de l'instruction primaire. M. Villemereux commença l'essai de l'abonnement en 1S.S5 et 1856 dans le département du Loiret; il en obtint comme résultat immédiat une augmentation considérable dans les mois de présence à l'école, sans que le produit de la rétribution y perdît, tant s'en faut.
Du Loiret, l'abonnement scolaire gagna de proche en proche et fit rapidement son chemin, car, dans sa circulaire du 5 décembre 1*60, M. Rouland, en lui donnant la consécration officielle, déclare « qu'il s'est généralisé ».
C'est qu'en effet le système d'abonnement présentait des avantages sérieux. Sans compliquer en rien les écritures, — le montant en était inscrit avec la plus grande facilité sur les rôles et sur le registre matricule pour être ensuite perçu par douzièmes dans la forme ordinaire, — sans diminuer les ressources de l'école, sans gêner la liberté des parents, il a exercé l'influence la plus heureuse sur la fréquentation de l'école : une fois l'engagement pris d'acquitter le taux annuel de rétribution, le père de famille avait de puissantes raisons pour ne pas déranger son enfant sans motif grave. C'est l'o6/igation anticipée qu'il s'était imposée, la meilleure, puisqu'il en trouvait la sanction dans son propre intérêt et que chaque jour d'absence qu'il tolérait ou qu'il autorisait était un vol qu'il se faisait à lui-même. Aussi l'abonnement est-il resté, jusqu'en 1881, le modèle plus avantageux, pour toutes les parties, de percevoir la rétribution scolaire.
[E. Brouard.]
ABRAHAMSON (Chevalier d'). — Fondateur de l'enseignement mutuel en Danemark. Il créa de ses deniers en • 8 1 9 la première école-modèle d'enseignement mutuel et, avec le concours dévoué de l'évêque islandais Monster, propagea la nouvelle méthode et obtint les encouragements du roi : l'ordonnance du 3 septembre 182*2, sans imposer l'enseignement mutuel, l'introduisait dans les séminaires normaux et lui assurait l'appui déclaré de l'administration.
La commission royale dont Abrahamson était l'âme organisa le nouvel enseignement, en régla tous les détails, en dressa, par des recherches en partie originales, l'histoire, la statistique et la bibliographie dans les cinq parties du monde. Abrahamson et Monster publièrent de 1822 à 1829 en 3 volumes in-8° le résumé de leurs travaux, sous le