DEMI-TEMPS
DEMKÈS
lus, de fréquenter l'école en la façon établie par le Factory Act de 1844, savoir : 1° Si l'enfant est employé on allemate days, c'est à-dire de deux jours l'un, il doit, à chacun desjoursoùil ne travaille pas, se rendre en classe perdant cinq heures au moins, entre 8 heures du matin et G heures du soir (article 31) ; 2° si l'enfant est employé quotidiennement, il doit avoir chaque jour au moins trois heures de classe, soit le matin, entre 8 heures et l heure, soit l'après-midi, entre l heure et 6 heures (article 38). Les jeunes garçons employés dans les mines doivent fréquenter l'école jusqu'à l'âge de douze ans, de façon à recevoir au moins vingt heures de leçons en deux semaines.
Tout récemment, une décision du département d'éducation a apporté, au profit de l'instruction élémentaire des enfants soumis à ce régime, une nouvelle modification au système du h>df-time. Voici à quel propos. Les Factory Acts, nous venons de le dire, autorisaient l'enfant, dès rage de dix ans, à ne plus fréquenter l'école que la moitié de la journée ou qu'un jour sur deux. Or, un certain nombre de Sc/tool Boards se sont montrés, dans leurs règlements locaux ou bye-laws, plus exigeants que les Factory Acts, et ont fait dépendre la dispense de demi-temps non plus seulement de l'âge de l'élève, mais aussi de son degré d'instruction : ce n'est que lorsque l'élève a passé l'examen du quatrième ou même du cinquième standard ou degré, que ces règlements l'autorisent à prendre rang parmi les half-ttmers, quel que soit d'ailleurs son âge. Ces dispositions ayant soulevé des réclamations, le département d'éducation a pris parti pour les School Boards, et a décidé que « dans tous les districts scolaires possédant un règlement local, ce règlement doit prévaloir sur les dispositions des Factory Acts ; et que par conséquent, tout élève qui serait placé dans la catégorie des half-timers avant d'avoir subi l'examen exigé à cet effet par le règlement local, ne pourra être porté en compte pour le calcul du chiffre de la subvention parlementaire à allouer à l'école. »
En France, une application du système du halftime à l'enseignement pratique de l'agriculture fut tentée en 1850 par Louis-Napoléon, alors président de la République. « Il mit à la disposition de vingt instituteurs, dit M. Ph. Pompée, une somme importante qu'il prit sur sa cassette particulière, pour permettre à chacun d'eux de louer deux hectares de terre propres à la culture et destinés à être exploités, sous leur surveillance, par les enfants qui fréquentaient leurs écoles. Son but était de faire essayer ce système désigné sous le nom de deyni-temp*, qui emploie la moitié de la journée à l'étude de la lecture, de l'écriture et des autres branches de l'enseignement primaire, et qui réserve l'autre moitié aux travaux manuels. « L'allocation de M. le président de la Républi- « que, disait le Moniteur en annonçant ce don, « permettra de tenter cette expérience sur divers « points de la France, soit auprès des grandes « villes et des centres manufacturiers, soit dans « les communes rurales proprement dites; si elle « réussit en France, comme il en a été dans les « pays qui nous avoisinent, elle aura ouvert une « voie nouvelle tant à la bienfaisance publique « qu'à la charité privée. » Nous ignorons, ajoute M. Pompée, quels ont été les résultats de cet essai qui se continua encore aux frais de l'empereur pendant les années 1853 et 1854; les décisions qui furent prises plus tard contre l'introduction de i'ensoignement agricole pratique dans les écoles primaires doivent faire supposer que la nature des choses s'opposa au succès. »
Le système du demi -temps n'est pas o ffieiellement organisé, à notre connaissance, ailleurs qu'en Angleterre. Il ne faut pas le confondre avec celui du demi-jour *, appliqué dans les écoles de divers pays
à raison du chiffre trop élevé des élèves confiés à un instituteur unique; les écoles de demi-jour ne nous offrent qu'un cas particulier de la division d'une école en classes ; le système du demi-ten,]tout autre chose : c'est une tentative de solution du problème complexe, à la fois éducatif, économique et politique, créé par les exigences de l'industrie manufacturière moderne.
Nous indiquons, aux articles Apprentis 'Instruction primaire des) et Enfants (Travail des , ies prescriptions édictées en France par la loi du 19 mai 1874, et garantissant aux enfants employés dans les ateliers et manufactures le temps nécessaire pour compléter leur instruction élémentaire.
DOIKÈS (Jean-Jérôme-Auguste). — Instituteur français, né à Belfort en 1828, mort à Paris le 10 mai 1877. Orphelin de bonne heure, Demkès, élevé dans une institution de Seine-ct-Oise, à Saint-Lambert, dut à son travail assidu et ses aptitudes pédagogiques de se voir placé, à l'âge de vingt-deux ans, à la tête de l'école communale de Batignolles-Monceaux, qu'il a dirigée avec un remarquable succès jusqu'à sa mort. Son établissement, fréquemment visité par des personnages éminents de la France et de l'étranger, fut Bignalé comme école modèle à plus d'un titre dans de nombreux rapports, consignés dans un registre qui était le livre d'or de l'école, ou dans les diverses revues de l'enseignement, notamment en P»ussie et en Angleterre.
Auguste Demkès a publié divers ouvrages didactiques, parmi lesquels nous citerons : Sténographie des écoles primaires, 1850; Arithmétique des élèves, 1857 ; Mémento du système métrique et des autres mesures usitées en France, 1859; Tableau des anciennes provinces, 1868 ; Tableau des départements, 1869; Mémento de géométrie pratique, 1876. Il a en outre imaginé plusieurs appareils pour l'enseignement : l'escalier métrique ; l'escalier géométrique ; le comparateur métrique; la carlolégie; le composteur orthographique; le cycloïdographe, etc. Il collabora depuis 1872 au Manuel général de l'instruction primaire, où il publia un cours de calcul mental et d'arithmétique élémentaire pour les élèves, un cours d'arithmétique supérieure et d'algèbre pour les maîtres, diverses biographies pédagogiques, et des éphémérides classiques. Notre Dictionnaire le comptait aussi au nombre de ses collaborateurs.
Son activité infatigable trouvait encore du temps à consacrer à des œuvres d'utilité publique ou de bienfaisance: c'est ainsi qu'il fut le fondateur et le vice-président de la Société de secours mutuels du 17e arrondissement, membre de la Commission de statistique du département de la Seine, membre du conseil d'administration de la Société pour l'instruction élémentaire, administrateur de la Caisse d'Epargne, membre-correspondant de la British and Foreign School Society, etc.
Auguste Demkès a obtenu successivement toutes les récompenses accordées aux instituteurs, entre autres la première médaille d'or donnée à Paris pour les cours d'adultes (186G); plus de dix médailles (or, argentet bronze) décernées par diverses sociétés, les palmes d'officier d'académie (185S) et d'officier de l'instruction publique (186 enfin la croix de la Légion d'honneur (1869) : il fut le troisième instituteur de Paris honoré de cette dernière distinction.
Vers les derniers temps de la longue maladie à laquelle il a succombé, craignant de se voir paralysé totalement, il s'exerçait quelquefois 11 main en écrivant une ou deux lignes. Voici ce que nous avons lu un jour écrit de sa main au milieu d'une page blanche, peu de temps avant sa fin : J'aime tes enfant*, je veux mourir au milieu d'eux. 11 eut en effet la consolation de mourir près de ses élèves anciens et nouveaux, laissant à tous ceux
DÉMOGRAPHIE
DÉMOGRAPHIE
qui l'avaient connu le souvenir d'un homme de bien. [S. Maire.]
DÔfOGRAPIIIE. — Etym. : de deux mots grecs signifiant description des peuples. — Il convient d'ajouter à cette définition étymologique, que, dans la description de la vie et des mœurs des populations, la démographie ne fait usage, autant que possible, que de données numériques.
Nous exposons avec plus de détail, dans la IIe Pautie de ce Dictionnaire, à l'article Populatio?i, les principaux résultats de cette science. Il nous suffira ici d'en tracer le cadre, et d'indiquer en quoi elle intéresse plus particulièrement les instituteurs.
La première tâche du démographe, dans la description d'un peuple, c'est de donner la description physique des hommes qui le constituent.
La taille des hommes, les proportions de leur corps, leurs caractères anthropologiques, leur force musculaire, sont les principales questions que comprend cette première partie. Les données sur la taille sont fournies par les comptes- rendus du recrutement. Les caractères anthropologiques et la croissance méritent une attention spéciale : les instituteurs peuvent beaucoup pour faire avancer sur ce point la science démographique. Il suffit, pour s'en convaincre, de prendre connaissance des travaux qui ont été faits dans les écoles de Suisse et d'Allemagne ; on y a noté la couleur des cheveux et des yeux des enfants ; et delà proportion des blonds et des bruns dans les différentes parties du pays, on a tiré des conclusions très importantes pour l'histoire des origines nationales. La ville de Buda-Pest a suivi cet exemple. La ville de Bruxelles a entrepris depuis peu une recherche de même nature, mais plus complète.
La croissance (proportion du corps aux différents âges) est un phénomène encore mal connu. M. Pagliani, de Turin, a fait dans les écoles des recherches très intéressantes : il a prouvé que les enfants pauvres se développent plus lentement que ceux des familles aisées, sont moins forts, etc.
Dans un arrondissement du département de Loir-et-Cher, un inspecteur primaire avait entrepris en 1880, avec l'aide des instituteurs, des recherches de cet ordre. C'est là un exemple qui mérite d'être signalé, et que nous souhaiterions vivement de voir suivi.
Ayant ainsi décrit physiquement les individus qui composent une nation, la démographie détermine le milieu immédiat dans lequel ils vivent. Les octrois des villes, etc., font connaître quelle est leur alimentation (combien chaque habitant consomme en moyenne de viande, de légumes, de pain, etc.). La consommation des liquides est aussi très importante à connaître. En général, dans les pays où l'on boit du vin, les hommes sont moins sujets à l'ivrognerie, à la folie, au suicide, que dans ceux où 1 on boit du cidre, de la bière et de l'eau-de-vie. On a dit que c'est au vin que le Français doit peut-être ses meilleures qualités.
Le vêtement devrait être aussi évalué statistiquement. Moheau nous apprend que de son temps (1778) la plupart des paysans n'avaient par tous les temps que des vêtements de toile; dans notre siècle même, les paysans ont longtemps marché nu-pieds. Malheureusement les progrès si importants accomplis dans cet ordre de choses sont difficiles à déterminer par des statistiques exactes. Le logement (nombre de personnes par pièce habitée, par fenêtre, par cheminée), le blanchissage sont encore des éléments importants à connaître et qu'on a évalués statistiquement.
Nous venons d'indiquer, par quelques exemples, ccr.irnent on peut apprécier numériquement, les dualités physiques d'une population. Ses qualités morales et ses qualités intellectuelles peuvent parfois être mesurées de même. La criminalité * donne
une notion (incomplète à vrai dire) de l'état moral d'un peuple. L'état intellectuel peut être considéré sous un grand nombre d'aspects différents, pour plusieurs desquels la statistique donne des renseignements précieux. Par exemple, on consultera, à ce point de vue, les statistiques de l'instruction, que ce Dictionnaire donne en leur lieu. Le courant d'idées religieuses ou philosophique» dans lequel vit une population est indiqué numériquement par le nombre des communions, des baptêmes, des mariages religieux, par le chiffre du denier de Saint-Pierre, etc. La part que la nation prend aux affaires publiques est mesurée par le chiffre des abstentions dans les élections : il est remarquable que la France, pays de suffrage universel, soit pourtant le pays où les abstentions sont proportionnellement le moins nombreuses (25 pour 10t> en 1876). La quantité de papier consommé dans un pays peut donner une idée de l'activité avec laquelle on y lit et on y écrit, et peut servir à mesurer l'activité intellectuelle d'une population. C'est ici aussi que se place l'étude de la population par professions.
Les exemples que nous venons de citer sont destinés à indiquer le but de la démographie plutôt qu'à en marquer les bornes exactes.
La partie la plus importante de la démographie consiste dans 1 étude des mouvements de population, tids qu'ils résultent de l'état civil et de» recensements.
On calcule la nuptialité (ou chance de se marier), en divisant le nombre annuel des mariés par le nombre des mariables (veufs et célibataires) de 15 à 60 ans que décèle le dénombrement: en multipliant le résultat par 10Û0, on a un chiffre qui exprime combien il se conclut de mariages annuels sur 10)0 mariables. Si l'on veut étudier l'âge des époux, on divisera de même le nombre annuel des mariés de chaque âge par le nombre des mariables du même âge. On peut faire ce dernier calcul séparément pour les célibataires et pour les veufs : on voit alors que ceux-ci ont une nuptialité très considérable.
La méthode que nous venons d'indiquer pour le calcul de la nuptialité par âges et par états civils, on l'a appliquée à la tendance au suicide, au crime, à la folie, etc. On a constaté à ce point de vue la supériorité de l'état de mariage sur le célibat et sur le veuvage.
La natalité (chance de procréer un enfant) se calcule par un procédé analogue à la nup.ialité : en divisant le nombre annuel des naissances par la population féminine en âge d'avoir des enfants (de 15 à 50 ans). On calcule aussi séparément la natalité légitime et la natalité illégitime. La natalité française est malheureusement d'une faiblesse extrême.
On compare le nombre des naissances masculines avec celui des naissances féminines. Pour quelques pays, on a pu faire cette comparaison suivant la profession des parents, suivant leur âge, suivant la durée de leur mariage. Chacune de ces recherches a produit des résultats très dignes d'intérêt.
La mortinatalité, ou proportion des mort-nés, se calcule en divisant le nombre annuel des mortnés par le nombre des naissances. Une cause grave d'erreur se rencontre en France : on y confond les vrais mort-nés (ceux qui sont morts ava?it d'avoir respiré) avec les enfants, très nombreux, qui meurent après leur naissance, mais avant leur inscription sur le registre des naissances. On rectifie cette cause d'erreur par le calcul. On calcule la mortinatalité suivant le sexe, suivant l'état civil, etc.
La mortalité ou proportion des décès ne doit jamais être étudiée sans faire la distinction des âges. On doit distinguer notamment la mortalité
DEMOYENCOURT
DBNZEL
des jeunes enfants (de 0 à 1 an) qui est très considérable, car un enfant qui vient de naître a autant de chance de mourir qu'un vieillard de 00 ans (178 décès par 1000 naissances). On a découvert que l'industrie des nourrices mercenaires contribue pour beaucoup à grossir la mortalité des nouveau-nés : la loi du 2» déc. 1874 (loi Théoph. Roussel), qui est destinée à les protéger contre cette cause de mort, impose aux nourrices et aux parents des nourrissons certaines formalités que les employés de mairie ne sauraient mettre trop de zèle à faire remplir exactement.
Les enfants de 1 à 5 ans sont frappés, autour de la Méditerranée, par une mortalité considérable, dont on n'a pu déterminer la cause; des études locales y parviendraient sans doute aisément.
C'est de 10 à 15 ans que la mortalité atteint son minimum.
Nous renvoyons à la IIe Partie de ce Dictionnaire (article Population), pour l'étude de la mortalité aux autres âges : elle intéresse moins directement les instituteurs et les secrétaires de mairie.
La revue très sommaire et très incomplète que nous avons passée des principales parties de la démographie indique le programme de cette science importante. Elle suffit pour montrer que les instituteurs, qui sont souvent secrétaires de mairie, ne sauraient apporter trop de soin à la rédaction des relevés statistiques de l'état civil. Ces documents constituent l'élément primordial de notre science.
Comme on le voit, la démographie essaie de mesurer tous les éléments qui constituent la vie et les mœurs d'un peuple. Depuis quelque temps, les historiens ont senti la nécessité de renouveler, à ce point de vue, l'étude de l'histoire, qui pendant des siècles ne s'était occupée que des actes des souverains et des grands personnages, des batailles, des conquêtes et des négociations diplomatiques. La démographie ne possède pas les éléments nécessaires pour appliquer sa méthode aux temps passés; mais son but est d'y réussir pour les temps actuels.
Le Congrès de démographie tenu à Paris en 1878 s'est demandé dans quelle mesure il convient d'enseigner la démographie. On est tombé d'accord que l'étude de cette science doit être réservée à l'enseignement supérieur, au moins jusqu'à ce qu'elle soit complètement constituée. Mais tous les orateurs ont émis le vœu de voir les principes élémentaires de la science démographique associés, dans les écoles secondaires et primaires, à l'enseignement de la géographie, par exemple. Le Congrès a surtout exprimé le désir que les instituteurs apprissent à leurs élèves l'importance des relevés statistiques, relevés qui n'ont rien de commun avec une mesure fiscale, et que tout bon citoyen doit contribuer à rendre exacts en ce qui le concerne.
[Jacques Bertillon.]
DEMOYENCOURT (Antoine-François). — Educateur français, né à Paris en 1797, mort en 1857. Il se destinait à l'Ecole polytechnique; mais les événements de 1815 le détournèrent d'embrasser la carrière des armes, et il préféra se vouer à l'enseignement primaire. Elève de l'abbé Gaultier, il fut placé en 1816 à la tête de l'école gratuite fondée par la duchesse de Duras dans son hôtel, puis dirigea avec succès diverses écoles mutuelles jusqu'en 1830. Il créa ensuite à ses frais une institution destinée à l'enseignement primaire supérieur et à l'enseignement secondaire, suivant le système de l'abbé Gaultier : ce fut la première institution de ce genre fondée en France. En 1848, il fut nommé inspecteur de l'enseignement primaire du département de la Seine, et conserva jusqu'à sa mort ces fonctions, qu'il remplit avec distinction. Membre de la Société pour
l'instruction élémentaire et du comité central d'instruction primaire de Paris, il fit un grand nombre de rapports sur toutes 'es branches 'le l'éducatign, visita les écoles d'Angleterre et de Belgique, et prit une part active aux travaux de la commission des livres et des méthodes, et de la commission de renseignement du chant. Parmi les ouvrages qu'il a publiés, nous citerons: Situation des écoles primaires de Londres comparée» avec les é:oles primaires de Paris ; Notice sur les écoles primaires de Bruxelles et de Lié .e ; Agenda du visiteur des éco es ; Lectures instructives., pour faire suite aux lectures graduées de l'abbé Gaultier; En' retiens sur le système léqal des poids et mesu> es; Entretiens sur la météorologie ; Discours sur la vie et sur les ouvrages de l'abbé Gaultier ; Résumé d'histoire de France en vers techniques; Résumé d'histoire sainte en vers techniques: Guide des délégués cantonaux et communaux chargés de la surveillance des établissements de l'insti w tion primaire. Demoyencourt avait été créé, en 1838, chevalier de la Légion d'honneur. [S. Maire.]
DEVIER DES ECOLES (Fédération du. — Association belge fondée en 1872, en opposition au denier de Saint-Pierre, et qui a pour but de soutenir les écoles laïques. Les recettes sont obtenues à l'aide de troncs placés dans les établissements publics par des groupes de collecteurs qui se sont réunis en fédération en 1875. Tous les mois, ces troncs sont levés et ieur contenu est versé dans la caisse de la fédération. Le comité détermine la part assignée à chaque école, d'après ses besoins; il est éclairé sur la marche des écoles par une inspection sérieuse organisée par la L>gue de l'enseignement. Les écoles soutenues par le denier sont : l'école modèle et l'école professionnelle de Bruxelles, les 'écoles moyennes de province, qui avaient été supprimées par les administrations cléricales, à Alost, Ninove, Termonde, Bruges, Lokeren, Audenarde, Courtrai, et, enfin , les écoles laïques de Mons, d'Anvers, de Frameries et d'Ellezelles. Depuis son origine jusqu'au 31 décembre 1879, le denier des écoles a recueilli un million de francs. Des comités de collecteurs fonctionnent à Bruxelles, Liège, Ath, Gand, Charleroi, Huy, Alost, Mons et Verviers. Ils déploient tous une très grande activité. Les comités de Bruxelles organisent chaque année, au carnaval, des cortèges sur le parcours desquels ils font des collectes ; la somme recueillie ainsi, en mars 1 879, s'est élevée à 40 000 fr. Un trait de mœurs propre au pays, ce sont les noms bizarres que se donnent ces comités, tels que les Académiciens debout, les Cinq-Lia>dst les Marçunvins, les Imperméables, les Broukenguils, etc. [Ch. Buis.]
La quête du denier des écoles, à l'imitation de ce qui se fait en Belgique, a été introduite à Paris et dans plusieurs autres villes de France, par les administrations des écoles laïques libres et gratuites, sous le nom de sou des écoles. Des troncs sont placés dans les ateliers, les théâtres, les salles de concert ou de réunions, etc. ; le produit de ces troncs est affecté à l'entretien des écoles laïques libres. — V. Société du sou des écoles laïques.
DENZEL (Bernard-Gottlieb). — Pédagogue et théologien allemand, né à Stuttgart en 17 73, mort à Essling en 1838. Denzel fut un des premiers parmi ceux qui cherchèrent en Allemagne à faire passer les idées de Pestalozzi dans la pratique scolaire. Après avoir achevé ses études de théologie, il avait obtenu une place de vicaire dans une paroisse du canton de Sciiaffhouse (1802). Ce séjour en Suisse décida de sa vocation de pédagogue en lui fournissant l'occasion de se lier avec Pestalozzi, qu'il alla visiter à Yverdon. En 18'i6, il fut nommé pasteur à Pleidelsheim, près de Marbach, sur le Neckar, et introduisit aus-
DÉPARTEMENT
DÉPENSES
sitôt dans l'école de ce village les méthodes pestalozziennes. Cette réforme ne fut pas du goût d'une partie de ses paroissiens, et une plainte contre le novateur fut adressée directement au roi de Wurtemberg. Mais le monarque donna raison à Denzel. qui put continuer son œuvre, et chercha à répandre les principes de la pédagogie nouvelle au moyen de conférences faites aux instituteurs. Il acquit bientôt une certaine notoriété, et, lorsque la première école normale d'instituteurs qu'ait possédée le Wurtemberg fut fondée à Essling en 1811, Denzel en fut nommé directeur. Il occupa ce poste jusqu'à sa mort. Sa réputation avait bientôt franchi les limites du petit Etat wurtembcrgeois, et Denzel fut regardé dans toute l'Allemagne, durant le quart de siècle pendant lequel il dirigea l'école normale d'Essling, comme une autorité pédagogique. Il fut appelé à deux reprises dans le duché de Nassau : en 1816, pour y donner une série de conférences aux instituteurs; et, en 1818, pour y organiser l'école normale d'Idstcin. Diesterweg lui dédia en 1838 le premier volume de la seconde édition de son Wegweiser. En 1832, .Denzel avait obtenu, en récompense de ses travaux, la dignité de prélat.
Denzel a laissé quelques ouvrages, dont le principal est une Introduction à la science de l'éducation et de l'enseignement psur les instituteurs primaires [Einleitung in die Ersiehungs- und U/derric/itslehre fur Volksscbullehrer) , publié en 18'20en trois parties. Cet écrit ne renferme pas de vues originales ; mais c'est un bon résumé des doctrines pédagogiques de l'époque.
DÉPARTEMENT. — Le département est la principale division administrative de la France. Cette division a été établie par un décret de l'Assemblée nationale du 2.2 décembre 1 789, à la place des anciennes provinces et généralités.
Le département est représenté par une assemblée élective, le Conseil général *, qui vote les fonds et en surveille l'emploi; il est administré par un préfet, assisté d'un Conseil de préfecture.
Chaque département est divisé en arrondissements et en cantons. La France compte actuellement 87 départements, l'Algérie en forme trois.
La loi du 15 mars 1850 avait établi (art. 7) une académie dans chaque département. Chaque académie était administrée par un recteur, assisté d'un ou de plusieurs inspecteurs, et par un conseil académique. (Ibid., art. 2.)
La loi du 14 juin 1854 a divisé la France en seize circonscriptions académiques seulement; chaque recteur est assisté d'autant d'inspecteurs d'académie qu'il y a de départements dans la circonscription. Il y a au chef-lieu de chaque académie un Conseil académique, au chef-lieu de chaque département un Conseil départemental de l'instruction publique.
On trouvera dans ce Dictionnaire, au nom de chaque département, des détails très complets sur la situation de l'enseignement primaire. En ce qui concerne les obligations et les attributions du département, on pourra consulter les articles spéciaux sur chaque matière. V. notamment Budget, Conseil départemental, Dépenses, Normales {Écoles), Inspecteurs d'académie, Instituteurs, Maisons d'école, Préfet, Règlements scolaires, etc.
[L. Armagnac]
DÉPARTEMENTAL ( Conseil J. — V. Conseil départemental.
DÉPARTEMENTAL (Recteur». — V. Départementr et Académies.